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Le blog de Frédéric Delorca

Les goûts et les couleurs

22 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Une histoire qu'on m'a racontée à propos de Brosseville (dans le 9-3, où j'officiais l'an dernier) : la ville (qui compte beaucoup de musulmans) a mutualisé ses cantines scolaires avec celles de trois autres villes du département. Le maire de gauche a refusé de proposer deux plats au choix, au motif que cela revenait trop cher (ce qui aurait permis aux musulmans d'éviter le porc). Quelques mois après ce refus, il s'est avéré en pratique que les cantines à plat unique de Brosseville s'alignaient désormais sur le régime alimentaire des musulmans. Résultat il n'y a plus de porc à la cantine, et les parents des enfants non musulmans se plaignent du fait qu'il n'y a pas de porc aux repas. "Moralité, me dit la personne qui me racontait l'anecdote, le maire aurait dû être plus souple dès le départ et accepter le principe du double repas. A défaut de cela, il a attisé le racisme".

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nationalistejacobin 24/04/2013 10:03


Je suis d'accord avec vous: la question des interdits alimentaires n'est pas anecdotique, car elle pèse fortement sur le vivre-ensemble. Si deux populations ne peuvent plus se retrouver à table,
elles auront du mal à constituer une communauté soudée.


 


"Mais il faut faire avec..."


C'est je crois notre point de divergence. Plus nous cédons, plus nous encourageons les revendications communautaristes.


 


"C'est le reflet de l'échec du projet national français"


Oui, mais il est impossible de se résigner. Sinon, on accepte que la France (et pas seulement au sens politique, mais aussi au sens de culture, de civilisation) disparaisse pour laisser place au
magma multiculturaliste. 


 


"Un maire doit s'adapter à sa population"


Jusqu'à quel point? Si sa population veut des tribunaux islamiques ou la charia, si sa population veut des horaires de piscine spécifiques pour les femmes, doit-on céder? Et si la population veut
une mosquée, faut-il que la municipalité la finance (directement ou indirectement)? Où placer le curseur? Vous dites: il y a 50 % de gens de tradition musulmane à Brosseville. Et les 50 %
restant? Ne comptent-ils pas? Pourquoi devraient-ils se soumettre aux volontés des musulmans?


 


Merci en tout cas pour cet éclairage, et bonne continuation (je vous lis régulièrement, et souvent avec profit, même si je commente peu).

Frédéric Delorca 24/04/2013 12:37



Merci beaucoup pour vos encouragements, et n'hésitez pas à poster des commentaires quand vous le souhaitez. Je dirai juste sur cette question des communautarismes qu'heureusement il existe encore
un pouvoir réglementaire et législatif qui peut empêcher un alignement complet sur les particularismes. Mais dans une ville à presque majorité musulmane ou hindouiste ou catho etc un maire ne
peut tout simplement pas faire autre chose que la politique de sa démographie comme disait Napoléon. Sinon il est tout simplement battu aux élections suivantes par quelqu'un d'autre qui, lui,
s'adaptera au particularisme.



nationalistejacobin 23/04/2013 23:27


Bonsoir,


 


Anecdote intéressante.


Et vous-mêmes, quelle est votre opinion sur cette affaire?

Frédéric Delorca 23/04/2013 23:55



Bonsoir,


A vrai dire si je livre l'anecdote sans commentaire, c'est parce que je ne trouve pas mon opinion sur le sujet très intéressante. Je crois que c'est la complexité du problème qui compte le plus.
L'exposition des maires en première ligne sur l'intégration, les enjeux du vivre ensemble qui se nouent autour du repas en commun (comme à l'époque du premier christianisme)


Mon premier réflexe est de regretter qu'on en soit là. Cela me rappelle une autre anecdote. Lors du lancement de la semaine du Maroc à Brosseville en 2009, l'association qui organisait
l'événement pour la municipalité faisait le couscous et n'avait pas prévu de vin à table. Exclamation d'un vieux journaliste marocain à côté de moi : "les musulmans français déconnent
complètement, de mon temps on buvait du vin aux repas, même au Maroc, spécialement quand il y avait des officiels français à table, ça fait partie de la tradition républicaine française, il
faut s'y plier". Je regrette que les musulmans aient durci leurs tabous alimentaires. Mais il faut faire avec.... C'est le reflet de l'échec du projet national français entre, disons 1968 et
aujourd'hui.


La personne qui m'a présenté l'anecdote sur les cantines m'a dit au début "Prévoir dès le départ deux repas au choix n'aurait pas coûté plus cher car les enfants auraient gaspillé moins." Mais
l'argument est faux car les repas sont pré-payés me dit-on aujourd'hui. Même si le double repas est plus cher, cela valait le coup de jouer cette carte dès le départ pour éviter les conflits (et
aussi pour certains enfants qui ont des allergies). Brosseville a près de 50 % de gens de culture musulmane. Un maire doit s'adapter à sa population. Les Quicks et les Mac Do, eux,font du
halal dans ce coin et l'affichent. Les élus de DLR se plaignent qu'il ne se trouve plus de sandwich au jambon dans les boulangeries.


On retrouve là la polémique de la campagne présidentielle sur le fait que tous les abattoirs sont désormais halal en ile de france (en fait je ne suis pas sûr que ce soit du vrai halal, mais
enfin). Polémique qui n'avait rien d'accessoire - la nourriture compte beaucoup dans le rapport à soi et aux autres. Un type de Seine et Marne me disait il y a peu que les producteurs de son coin
disent que l'animal tué selon une méthode "halal" est moins bonne (l'animal est stressé, lessuc gastriques ressortent etc), et, que certains poru cette raison font abattre leurs bêtes dans la
Marne pour avoir des procédés plus doux...