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Le blog de Frédéric Delorca

Les salons de massage chinois et le fascisme ordinaire

12 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

P1000173Qu'on me pardonne l'usage approximatif dans ce titre qui se veut être un clin d'oeil aux Sixties à l'heure où l'on ressort une interview de Pasolini, qui juge la société de consommation capitaliste pire que le fascisme italien.

 

Je voudrais dire un mot de l'article du journal 20minutes d'avant-hier et des réactions qu'il suscite. Je crois qu'il est utile de rappeler que les salons de massage des beaux quartier que l'on a déjà évoqués sur ce blog ne gènent absolument personne (ils sont plus discrets que le prostituées, et d'ailleurs la prostitution est légale en France), et remplissent une fonction d'initiation à des expériences sensuelles nouvelles (notamment un dépassement de la frontière sexualité génitale/reste du corps que contribue à instaurer le hardcore audiovisuel).

 

On aurait envie de commenter les réactions stupides que suscite cet article :

 

- Le petit con qui n'a jamais osé pousser une porte de salon de massage et qui déploie une argumentation raciste très semblable à l'argumentaire de Dupont-Aignan sur l'argent chinois par définition "sale".

 

"hcristian34

Il faut que les policiers fassent des investigations, quitte à donner de leur personne pour aller chercher des preuves, et fermer les salon qui font autre chose que des massages. Il en est de même pour les agents du fisc.
Ces salons de massages ont deux vertus pour ceux quilles tiennent, passer outre toute la législation sur la prostitution et travailler tranquillement sous couvert d'une activité légale, et blanchir de l'argent sale."

 

- Le même genre d'abruti, version juriste, qui s'imagine en plus qu'il se passe des trucs abominables derrière ces portes (alors qu'il semble que dans 80 % des cas ce ne sont que des "finitions manuelles"), mais apparemment la sexualité cachée nourrit toujours des terreurs.

 

"JDif

 

La loi française entretient l'ambiguïté et l'hypocrisie. Puisque la prostitution n'est pas interdite en France et que c'est seulement le racolage et l'argent gagné sur la prostitution des autres, c'est-à-dire le proxénétisme, qui sont sanctionnés, qu'est-ce qui interdit à une fille qui travaille dans un salon de massage de se prostituer pour son propre compte, ce qui ne constituerait pas un délit, et comment savoir si le tenancier des lieux n'en tire aucun profit, ce qui en serait un? Comment oser affirmer qu'un massage nu et avec les seins est dépourvu de toute connotation sexuelle?"

 

- La petite idiote frustrée d'être exclue de ce domaine de plaisir masculin (les "regards hostiles"), et qui préfèrerait qu'il y ait plus de magasins de fringues à Paris (comme s'il n'y en avait pas déjà assez), parce qu'il vaut mieux pour elle être esclave du système marchand (ce sont les soldes en ce moment !) plutôt que d'ouvrir ses horizons sensoriels (à moins qu'il ne s'agisse de réserver le sensoriel aux femmes : manucure, salons de beauté).

 

 

"MookieOne

 

Pfffff....
Jhabite justement du coté de cette rue, pareil pour les rues voisines....en 2 ans j'ai compté 5 ouvertures. Les devantures sont bizarres et le regard hostile quand on est une fille...
C'est d'autant plus chiant quand ce salon à remplacé un petit commerce..."

 

Ce genre d'expression de la bêtise totalitaire moderne, la bêtise lettrée qui s'étale dans les forums avec des arguments nobles et sans faute d'orthographe, me fait autant gerber en ce moment que les attaques du microcosme médiatique parisien contre la ministre plébéienne Nadine Morano. Dans tous les cas c'est toujours l'arrogance liberticide de cette petite bourgeoisie hypocrite, bardée de faux idéaux, de principes vermoulus, prête à lancer ses fatwa à tout vent, à voter Mussolini quand on la conditionne pour rêver à l'empire romain, à flinguer tout le monde et tous les plaisirs aujourd'hui au nom de la protction de la nature ou des droits de l'homme et des droits des victimes (victimes souvent imaginaires d'ailleurs, ici les "pauvres prostituées" alors que beaucoup de Chinoises travailent à leur compte), pour le droit à garder son magasin de fringues franchisé (et là , il n'y a pas d'exploitation ? et les Chinoises qui bossent 15 h par jour pour des salaires de misères à fabriquer vos robes sans voir leurs enfants, elles ne souffrent pas plus que les salariées de la finition manuelle ?) et surtout le droit sacré pour ces idiots de se glisser dans la peau du justicier. Leur vie est si vide, si plate. Il faut qu'ils s'en prennent à l'autre en nous mêmes, le truc mystérieux venu d'ailleurs, là, de l'autre côté de la rue, le truc qu'on ne voit pas et qui fait donc forcément des choses très sales avec de l'argent sale.

 

Quelle tristesse....

 

 

 

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