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Le blog de Frédéric Delorca

Mme Tiercelin, Mme Lagarde, Mme Rousseff et M. Hollande, AREVA, Sahara, etcetera

25 Mai 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

J'ai acheté le bouquin de Mme Tiercelin du Collège de France "Le ciment des choses" essentiellement parce qu'elle est brocardée par le Nouvel obs et l'ai ouvert avec une sorte de crainte et d'attirance superstitieuse comme cela m'arrive souvent avec les livres de philosophes. Je me suis demandé si je le commencerais par le milieu comme je le fais souvent en suivant le conseil de Gilles Deleuze ou par le début. Classiquement j'ai choisi la seconde option.

Première satisfaction : Tiercelin dès le début descend le néo-kantisme comme je le faisais dans ma contribution au Cahier de L'Herne de Chomsky en 2007. Puis une déception : elle ne cite aucun scientifique dans sa bibliographie, no non plus David Stove. Le directeur du Cahier de L'Herne n'aurait sans doute pas aimé l'idée que le réalisme soit une "métaphysique". Et puis ce style mes amis, ce style "Machin a bien vu que", "Truc a bien vu que". Ca ne sent pas le bon philosophe pour deux sous ! Il y a un endroit où Julien Benda s'insurge contre l'idée selon laquelle un philosophe devrait être admiré pour son style. Selon lui Descartes n'a pas de style, une bonne logique n'a pas à être élégante, elle doit être vraie. Mais faire l'effort de tourner autrement ses phrases qu'avec "Machin a bien vu que", "Truc a bien vu que" ne coûte pas cher, et, sans verser dans les élégances artificielles, suffirait simplement à révéler chez l'auteur un respect pour sa langue - ce qui fut toujours le cas de tous les philosophes jusqu'ici... Je me réserve ce livre pour cet été où j'aurai le temps d'une lecture plus approfondie. Mais je soupçonne déjà sur deux pages Mme Tiercelin de n'être, comme beaucoup de nos universitaires, qu'une lectrice laborieuse. Genre "Moi y en a à avoir lu les auteurs d'Outre-Atlantique pour vous parce que moi y en a à avoir plus de temps que vous, et y en a à me débrouiller mieux en anglais, et moi y en a à vous les expliquer en faisant semblant d'avoir une philosophie à moi". Ajoutez à cela un petit positionnement audacieux sur un créneau non-conformiste (juste assez pour énerver le Nouvel Obs), le petit soutien qui va bien (comme on disait à l'armée jadis) du père Bouveresse, et un petit statut de femme bien utile dans un milieu de philosophes très masculin (à la Sorbonne en 1990-92 tous mes profs était des hommes et une majorité des étudiants aussi sauf quelques filles moustachues), et hop, le tour est joué : entrée directe au Collège de France, et Babette Babich mangera son chapeau...

A part ça une belle image : Mme Lagarde s'expliquant à la sortie de son audition devant la Cour de Justice de la République. Une image qu'on aime se passer en boucle, comme naguère Strauss-Kahn entre deux flics (z'avez vu ? Dom est maintenant au Sud Soudan ! Il ne perd pas son temps le bougre !). Jeudi pris un verre avec un journaliste républicain qui me racontait toute la fallite du système Hollande, les sarkzoystes qui n'ont pas été virés ni du Quai d'Orsay, ni de la TV publique, les petite têtes de potirons pas mûrs à la Apathie ou à la Taddei qui se la jouent "je veux faire mon buzz", les vrais experts de la République délaissés dont le téléphone ne sonne plus. Il me raconte comment la France s'est grillée auprès du Brésil (le membre des BRICS le plus proche de nous) en soutenant in extremis uniquement parce que le Royaume Uni nous le demandait la candidature du Mexique à la direction de l'OMC au mépris des promesses que nous avions faites à Dilma Rousseff. Je pense qu'on finira par accoucher d'un vrai projet lui et moi à force de brainstormer ensemble tous les trois mois. Mais pour l'heure mes yeux sont rivés sur l'Asie, la partie froide et la partie chaude. Je vais peut-être bientôt prendre des billets d'avion pour ces contrées. Avez-vous remarqué qu'à force d'européisme la France ne s'intéresse plus à l'Asie ? Nous n'avons plus rien à dire sur ce continent. Enfermés en Afrique à jouer les pourchasseurs façon Benny Hill contre les djihadistes, du Sud de la Tunisie aux installations d'Areva au Niger. Sahara Nights en version moins romantique. Une pensée pour nos amis algériens qui doivent se demander une fois de plus à quelle sauce l'histoire "avec une grande hache" les mangera quand Bouteflika ne sera plus... Sigue el combate !

 

 

 

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