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Le blog de Frédéric Delorca

Parler de ses livres

15 Mars 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Ce soir je suis tombé par hasard sur le blog d'un publiciste connu qui disait comme moi : "J'arrive au terme d'un cycle de mon oeuvre, il faut que j'arrête d'écrire, sans quoi je me répèterais, il faut que je recommence à vivre un peu". Sauf que lui ajoutait "j'arrive à un cap, celui de la cinquantaine", alors que moi je dis "j'arrive à un cap, celui de la quarantaine". A part ça les mots étaient tellement les mêmes que je me suis demandé si ce n'était pas l'époque qui nous poussait à mettre en scène notre suicide scriptural, plutôt qu'un mouvement personnel en nous. Cela fait longtemps que je dis que c'est le statut même de l'écriture qui rend vaine sa poursuite aujourd'hui, ou du moins sa poursuite au delà d'un certain seuil de publication (disons de septième ou du dixième livre écrit selon les cas).
couverture-incursion.jpg
Je mesure aussi en écoutant ce publiciste (qui se filme en vidéo), tout le ridicule qu'il y a à dire "mon oeuvre". Ce garçon qui plus est se compare à Mishima, puis in fine attaque un de ses collègues contemporains. Un peu minable. On devrait prohiber le mot "oeuvre", la référence aux grands prédécesseurs, et d'une manière générale les airs inspirés sur ce qu'on écrit. Voire on devrait interdire aux journalistes de poser des questions aux auteurs. Le livre devrait parler pour lui-même.

En ce moment je suis en train de choisir la couleur de la couverture de mon bouquin sur les aléas de l'histoire qui paraîtra sous mon nom d'état civil bientôt. Je découvre que mon "incursion en classes lettrées" a été commandée par quatre bibliothèques universitaires alors que je n'ai jamais fait aucune pub pour ce livre (on ne devrait jamais chercher à promouvoir une autobiographie, ni, plus généralement, sa propre existence, on l'écrit et voilà tout). Alors que "10 ans sur la planète résistante" dont j'ai beaucoup parlé (et qui a 650 supporters sur Facebook) a été boycotté par les biblis. C'est bizarre, parce que les idées que j'exprime dans l'un et l'autre bouquins sont assez voisines.

 

Marianne2 m'a interviewé vendredi sur mes travaux de sociologie du corps. C'est le seul domaine sur lequel plusieurs médias de masse aiment à m'interroger. Parce que je travaille sur des thèmes qui touchent à leur "actu" comme on dit. Au départ je ne prenais pas très au sérieux ces sollicitations de grands médias qui allaient du Figaro Madame à France 2, tant j'étais convaincu que ce genre de fenêtre participaient uniquement du "bruit ambiant". Maintenant que Sarkozy a remué l'opinion avec son "débat sur l'identité nationale" avec ses comparses Gérin et Raoult sur la burqa, ouvrant un joli boulevard au Front national comme l'ont montré les élections d'hier, je commence à faire attention. D'autant qu'on me questionne précisément sur le voile assez souvent, et que l'autorité académique que me confère le livre leste d'un certain poids mes réponses, qui oblige même les plus "mainstream" des medias à prendre en compte mon point de vue. Je ne dois donc pas négliger ce que je fais passer sur ce terrain là aussi, ne pas seulement considérer ces interviews comme de simples services rendus à mon éditeur, voire des corvées.

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