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Le blog de Frédéric Delorca

Savoir par le corps, savoir par l'âme : zwei Frauen

16 Juillet 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Actualisation 2019 : Le massage dans le taoïsme chinois est identifié comme un moyen d'entrer en contact avec des démons par l'ouverture du troisième oeil. Il avait une fonction assimilable à la sorcellerie en Mésopotamie. De nos jours la plupart des masseuses européennes travaillent en partenariat avec des médiums spirites ou ont elles-mêmes des dons de médiumnité. Il en va de même des masseuses chinoises. Evitez donc ces pratiques qui vous mettent à votre insu en contact avec des forces obscures, et, en outre, encouragent en vous un démon de masturbation qui, sur le long terme, rend votre personnalité plus instable et crée une grave dépendance. Comme vous le voyez à l'époque la fréquentation des salons de massage chinois m'avait même mis sur la piste du contact avec des satanistes et je ne voyais même pas quel problème cela posait ! Je les trouvais poétiques ! Evitez tout cet univers là, sinon vous aurez de gros problèmes .  

Il y a quelque temps je vous ai parlé de Khadidjatou. J'ai rencontré deux femmes sur Paris au cours des derniers mois dans le cadre de me petites investigations sociologiques spontanées - disons qu'il s'agit de rencontres pour tenter de rester en prise avec la réalité sociale, je choisis des cas un peu atypique, l'atypisme révélant pour ainsi dire les "bords" du cadre dans lequel chacun compose le tableau de son existence, dans le slimites de ce qu'une société peut admettre (pour dire tout ça en des termes rapides et fort peu sociologiques).

 

Ces deux femmes, comme Khadidjatou, illustrent, je trouve, le Paris "globalisé" ou le Paris-monde de notre époque (encore du vocabulaire à la mode, j'ai lu que la Seine-Saint-Denis affirme être un département-monde, et Sevran une ville-monde parce que toutes les nationalités sont représentées).

 

china.jpg

Il y a d'abord Yi, rencontrée par l'intermédiaire de l'Amateur de massages. Yi tient un salon de manucure dans le beaux quartiers. Mais elle fait aussi des massages. Apparemment quand on insiste un peu, on peut obtenir diverses choses : la finition du sexe à la main, bien sûr, mais aussi qu'elle vous masse toute nue. Elle en parle d'ailleur assez librement. Elle a une vraie connaissance des corps de ce qu'ils attendent, elle sait quel point du pied correspond au foie, quel point correspond à la colonne vertébrale. Difficile d'être plus "dans le corps" que cette dame chinoise.

 

Elle est née à Shanghaï en 1970. Avant elle travaillait dans une usine de télévisions à Shanghai, elle vivait avec ses parents, sa soeur, son premier mari chinois, ses enfants. Elle est arrivée il y a 6 ans. Je ne lui demande pas pourquoi elle a choisi la France. Elle n'a pas vu ses enfants depuis 2 ans. Elle les a au téléphone de temps en temps. Il a l'air de faire assez froid dans sa vie. Elle a épousé un Français il y a deux ans. Mais ça n'a pas l'air d'aller très fort entre eux.

 

Lui ne sait pas qu'elle se déshabille sur commande dans son salon. "Il croit que c'est juste massage. Heureusement car lui très jaloux". Elle dit aussi que c'est bien qu'elle parle mal la langue française car ainsi elle ne comprend pas quand son mari la dispute. A un moment, je ne sais plus trop comment, elle parle des sexe des Européens. Elle dit que les grands sexes des hommes européens doivent plaire aux femmes d'ici, mais que elle ça la gêne dans ses rapports physiques avec son mari, ça lui fait mal. Décidément pas terrible comme relation.

 

Elle fait de l'ethnologie comparative spontanée, comme beaucoup de gens dans le monde globalisé. Elle a des mots stéréotypés sur les Asiatiques et les Français. "Toi devoir prendre femme asiatique : parce que femme asiatique plus douce que femme européenne" dit-elle. Je pense qu'elle dit douce en partie dans le sens de discrète et soumise.

 

Elle se considère avant tout comme masseuse. Elle explique que souvent les clients débarquent et s'exclament "allez hop, je veux un massage avec finition". Dans ces cas là elle dit "non ici on ne fait que massage", car "c'est massage plus important" ajoute-t-elle. J'ai l'impression qu'il y a un enjeu de reconnaissance professionnelle derrière ça. Puis elle ajoute, mais comme second argument : "il y a des salons ou presque pas massage, juste tout pour sexe,mais c'est pas bon, c'est interdit et puis vous aller avec une puis autre, attrapper maladie". Les arguments sont pragmatiques. A la fin on ne sait plus trop si c'est la fierté de savoir masser ou la peur des maladies qui lui font considérer la dimension sexuelle de son job comme secondaire voire anecdotique.

 

Elle est à la pointe de la dimension charnelle de notre époque, dans sa version consumériste, mais matinée de traditions asiatiques rassurantes. C'est étrange.

 

galaxy-copie-1.jpgA l'opposé de Yi, il y a Masha (surnommons la ainsi), née en 1977 à Léningrad, arrivée à Paris avec sa petite fille qu'elle a eue avec un Français. Je prends un verre avec elle sur la rive droite. Elle habite le quartier des antiquaires. Elle a étudié l'histoire de l'art en Russie, elle a l'air financièrement aisée, elle fréquente beaucoup les galeries, on a du mal à identifier le milieu social auquel elle est liée, mais ce n'est pas pour ça que je la rencontre. Si j'ai voulu lui parler, c'est parce que sur Internet elle se dit sorcière, c'est son métier : elle est l'intermédiaire avec le monde des esprits. Si Yi est une experte du corps, Masha est experte des âmes. Elle s'est faite initier dans une campagne russe à des rites sibériens. Elle dit qu'elle n'est pas très gradée dans la hiérarchie des jeteurs de sort, que, dans les campagnes russes, une vieille dame peut débarquer dans un village, faire des rituels et tout le monde meurt. Elle connaît le vrai sens du monde. Elle sait que Satan, qui est le frère de Jésus, mais le frère rebelle, est le dieu le plus puissant et que c'est lui qui triomphera à la fin des temps. Et cette fin est proche dit-elle, parce qu'en ce moment des sorciers qui ne se connaissaient pas commencent à se réunir et ça c'est un signe. Satan n'est pas mauvais dit-elle, la preuve c'est que dans la Bible il est dit qu'au moment de la tentation au désert il à dit à Jésus qu'il laisserait tous les peuples qu'il voyait là en paix si Jésus se soumettait à lui. Jésus aurait dû se soumettre. A part ça, la Bible ce ne sont que des arnaques, comme cet Eglise orthodoxe qui cherche à posséder des terres, des immeubles. Elle, elle fait des rituels dans les églises catholiques ou orthodoxes : quand le prêtre lit une prière, elle, elle en lit une à elle. Parfois elle en fait sur des tombes, mais pas la nuit car les cimetières parisiens ferment à partir de 22 h. De temps en temps elle rentre en Russie pour voir sa mère et y faire ce qu'on ne peut pas faire ici : par exemple s'asperger du sang d'un mouton qu'on a égorgé sur les bords d'un lac, parce qu'ici, en France, il est interdit de tuer des bêtes (nos lois nous privent décidément d'une dimension poétique de la vie, quel dommage...)

 

Masha raconte ça très calmement, avec un fort accent russe, et un léger bégaiement qu'elle semble tenir de son enfance. Elle a des yeux très clairs, c'est une grande fille mince, très slave. Nous buvons deux chablis en terrasse du café. C'est agréable d'être transporté dans son univers. Elle explique que les esprits sont hiérarchisés comme les êtres humains, que chacun a sa spécialité, qu'il faut surtout ne pas avoir peur car sinon l'esprit te joue de mauvais tours pour se moquer de toi. Elle trouve que certaines sorcelleries vaudou marchent bien, mais qu'il faudrait qu'on connaisse mieux la sorcellerie russe à Paris. Evidemment elle critique tous les faux astrologues et voyants qui sont légion. Elle, elle a des gens qui viennent lui demander de faire revenir une épouse qui a divorcé, une attractivité sexuelle disparue etc. Je lui demande quel est le sens de la vie "matérielle", la vie ici-bas, pour quelqu'un comme elle. Elle me dit que c'est comme une campagne électorale. Les esprits te testent, il faut arriver à devancer les autres. Je lui fais remarquer qu'alors cette vie ne doit servir à rien pour des millions de gens qui n'ont même pas conscience d'être testés. Elle répond que l'occasion leur sera donné, un jour ou l'autre. Ca doit être étrange de se sentir, chaque matin qu'on se lève, partie prenante d'une campagne électorale devant les esprits, une élection dont le résultat sera proclamé le jour des funérailles.

 

En parlant avec Yi, j'ai pensé au besoin d'enracinement dans le corps qu'éprouve notre époque. Avec Masha à toutes ces croyances populaires de plus en plus présentes à des endroits où on ne les soupçonnerait guère, dans les beaux quartiers comme dans les banlieues, favorisées peut-être par toutes les défaites des structures rationnalistes, à commencer par celle de l'école publique dont me parlait encore une enseignante hier soir.

 

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F
<br /> <br /> Je viens d'entendre Onfray dire que l'âme existe, et que c'est une âme matérielle qui "enveloppe" le corps. La preuve qu'elle existe : Lucrèce l'a dit. A ce rythme il va bientôt disserter sur<br /> l'éther et sur la pierre philosophale.<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Je suis jeune, je m'emporte... ;)<br /> <br /> Mais, pour parler sérieusement, je suis un fervent partisan de la liberté de copie numérique (via les licences creative commons). Penses-tu que ton éditeur puisse accepter un contrat<br /> numérique-gratuit/papier-payant ? (il faudrait aussi voir avec l'éditeur de la version originale, c'est pas simple). Bon, ne brûlons pas les étapes. Il faut d'abord que je lise l'auteur en<br /> question.<br /> <br /> En tout cas, merci pour la proposition. Y compris pour la préface de Bricmont (c'est sympa de t'engager pour lui ! t'es plus fâché avec lui ?).<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> On n'a jamais été fâchés. Il sait ce que je pense de ce qu'il a fait et de ce qu'il n'a pas fait, de ce qu'il a dit et n'a pas dit,  mais on a toujours gardé le contact. Et je pense que pour<br /> la bonne cause (la publication d'un bon auteur complètement ignoré en France) il acceptera d"écrire un texte. A vérifier. L'éditeur ne verse pas de droits d'auteur avant la 300ème ou la 500ème<br /> vente. Il est peut être possible de négocier avec lui la publication partielle gratuite sur le Net parallèlement à la version papier, faut voir. Comme tu dis le plus dur est la négociation des<br /> droits avec l'éditeur anglosaxon... et bien sûr le travail de traduction, qui, à mon avis, est accessible à quiconque lit à peu près l'anglais, mais qui prend du temps. Le bouquin est en vente<br /> sur Amazon. Tiens moi au courant ! A+<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> Oui, il faudra que je le lise ce David Stove. Ton mini compte rendu de son "Plato cult" m'avait mis l'eau à la bouche. Qualifier Popper d'irationaliste (titre d'un de ses bouquins) c'est un peu<br /> abuser, mais sa réflexion sur la validité de l'induction doit tout de même être intéressante. Quand je serai sorti de la précarité (deux ans déjà... mais j'ai bon espoir), je traduirai des<br /> chapitres pour les mettre sur internet (je n'ai pas envie de travailler pour une maison d'édition qui me paiera au lance-pierres et limitera la diffusion à quelques imprimés moisissant dans les<br /> librairies spécialisées).<br /> <br /> <br /> .<br /> <br /> <br /> Bon week end !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Fais gaffe son éditeur pourrait te faire un procès. Ce serait mieux qu'on place ta traduction chez mon éditeur (le Cyge) - au besoin même avec une préface de Bricmont. Comme ça ton bouquin serait<br /> dans les biblis universitaires pour les chercheurs des nouvelles générations (quelles que soient mes préventions contre l'université). Fais moi signe quand tu te sentiras l'envie de te lancer là<br /> dedans.<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> Merci pour ce commentaire, Frédéric. Je suis d'accord pour dire qu'Onfray a un style trop  "inspiré", qu'il fait trop dans la rhétorique. Stylistiquement, c'est parfois lourd, et du point de<br /> vue argumentatif ce n'est pas ce qu'il y a de mieux (trop d'effets de manche = parasitage de la démonstration). Le choix de présenter ses thèses sur un mode systématiquement anti-machin anti-truc<br /> donne un aspect superficiellement simpliste à sa pensée (je dis "superficiellement simpliste" car au fond il a quand même quelques idées intéressantes). Mais bon ça a l'air de plaire au public...<br /> <br /> <br /> .<br /> <br /> <br /> Ceci dit, je trouve qu'Onfray a fait un effort pour s'ouvrir à la culture scientifique : par exemple, dans son ouvrage sur Freud, il se réfère à une récente étude de l'Inserm qui compare<br /> l'efficacité des différentes psychothérapies (la psychanalyse arrive à la dernière place), il renvoie à Georges Politzer (qui propose une psychologie "concrète" intéressante), etc... Bref, s'il<br /> n'est pas aussi féru de littérature scientifique que Bricmont, il n'est quand même pas aussi obscurantiste que Quiniou (qui, avec son continuum Darwin-Marx-Nietzsche-Freud béât, transforme en<br /> effet le matérialisme en une bouillie éclectique *).<br /> <br /> <br /> .<br /> <br /> <br /> La critique de la psychanalyse (et, plus largement, des pseudo-sciences) aide à passer de la philo "pure" à la la science. (Ce fut le cas de Jacques Van Rillaer, un ex-psychanalyste aujourd'hui<br /> poppérien.) D'ailleurs, Onfray souhaite favoriser, au sein des universités populaires, le dialogue entre les différents courants psychothérapeutiques ; cela préfigure, en ce qui concerne la<br /> trajectoire intellectuelle du personnage, un approfondissement de ses connaissances dans le domaine des sciences psychologiques.<br /> <br /> <br /> .<br /> <br /> <br /> * Onfray y met un peu plus de subtilité et de contradictions : cf. la préface de son Freud.<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Tu as sans doute raison pour l'évolution d'Onfray. Il faut dire aussi qu'à la base son "style" comme tu dis est assez commun à l'ensemble de sa profession : on ne met pas de notes de bas de page,<br /> on s'approprie en les simplifiant les idées des autres, on est sélectif dans les auteurs qu'on cite (Bricmont, encore lui, trouvait aberrant qu'on puisse faire un traité sur l'athéisme sans citer<br /> Marx, en ajoutant d'ailleur que c'était bien pour garder la sympathie des médias), tous ces défauts sont largement communs à tous es philosophes français. Ce qui est plus embêtant sur le plan<br /> philosophique, c'est quand on ne perçoit plus les grands philosophes qu'à travers le prime : "croyait-il en Dieu ou pas ?" "son éthique était-elle tournée vers le plaisir ou vers le devoir ?"<br /> Enfin, comme tu dis, à défaut d'être profond philosophiquement on peut espérer qu'Onfray en vienne à ouvrir la philo aux sciences, mais je n'en suis pas sûr parce que c'est un boulot long,<br /> ingrat, et Onfray, au stade où il en est, a besoin de publier beaucoup pour asseoir son image de gourou. Je trouve dommage quand même que le système français produise un Onfray quand le<br /> système anglo-saxon produit un Dawkins. On va quand même plus loin avec le second qu'avec le premier.<br /> <br /> <br /> Mais tu as raison, il ne faut pas être trop sévère. Après tout Onfray alimente la flamme de la liberté sexuelle, et ça, ce n'est pas si mal en ces temps de pessimisme. Par exemple il montre au<br /> public que le shivaïsme ressemble au dionysisme (même s'il le fait toujours à sa manière en feignant d'avoir mieux copris en trois heures que les experts en 30 ans, et en omettant que Dionysos<br /> fut aussi le nom d'une vision très conservatrice et conventionnelle de la sexualité - voir les fresques de la Villa des Mystères à Pompeï). Alors que le shivaïsme, à part Daniélou, tout le monde<br /> s'en foutait.<br /> <br /> <br /> Au fait, je l'ai déjà dit à un commentateur, mais si tu veux faire oeuvre de salubrité publique en ce moment, il y a un auteur matérialiste anglosaxon (australien) contemporain qui devrait<br /> absolument être traduit : c'est David Stove. La difficulté est qu'il est politiquement conservateur. Mais sa vision de la philo et des sciences mérite le détour.<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> Au fait, une fois de plus, un petit gauchiste a décidé d'ajouter son petit crachat mesquin à la mare de saletés anti-Onfray (cela devient une tradition, peut-être s'agit-il d'un rite initiatique<br /> ? *). C'est sur le site de "Politis" ( http://www.politis.fr/La-mort-d-Onfray,11147.html) et c'est assez drôle si on ignore<br /> l'arrière-plan haîneux. Je suis certain que, chez ce type de gens, l'une des causes essentielles de la détestation d'Onfray réside en son matérialisme intégral. C'est le socialisme<br /> sentimentaliste contre le socialisme rationaliste, et c'est l'une des origines du gauchisme.<br /> <br /> <br /> .<br /> <br /> <br /> * Dans le genre minable, cf. par exemple (il y en a bien d'autres) : http://lmsi.net/spip.php?article1006<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Personnellement je suis de plus en plus sévère à l'égard d'Onfray (dont j'avais pourtant adoré le livre "L'Art de jouir" quand j'avais 24 ans). J'ai déjà dit pourquoi sur ce blog, et j'ai aussi<br /> commenté cette pétition il y a quelques semaines. Je te raconte une anecdote : il y a 6 ans (je crois), j'assiste à une conférence avec Bricmont sur le matérialisme. Et c'est Quiniou qui parle,<br /> prof de khâgne marxo-nietzschéen qui a ses entrées dans les colonnes de l'Humanité. Quand il a fini, Bricmont prend la parole dans l'assistance 2 minutes. En 2 minutes il casse tout ce qu'a dit<br /> Quiniou, et conclut sur une phrase "On ne peut pas se dire matérialiste si on n'a pas une démarche scientifique et sans se référer à la science. Parce ce que la matière, ça obéit aux lois de la<br /> physique. Sinon ce n'est plus de la matière, et alors on peut construire un Dieu dont on va dire qu'il est matériel ce qui nous permettra de continuer à nous dire matérialistes. Ce n'est pas<br /> ça le matérialisme" Cette déclaration m'a frappée. J'y repense à chaque fois qu'un matérialiste parle avec un style subjectif et inspiré. En tout cas ça s'applique complètement à Onfray, qui n'a<br /> jamais e une démarche scientifique et n'est donc pas un matérialiste. Et c'est pourquoi moi même, à l'inverse, j'essaie toujours de raccrocher mon propos à des écoles de pensées scientifiques<br /> (comme la psychologie évolutionnistes), à garder à l'esprit la connexion que ce que je dis avec les neurosciences, avec l'étude des hormones, avec la primatologie. Sinon on s'envole dans l'éther,<br /> ce n'est pas bon.<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> Le dernier paragraphe me rend triste.<br /> <br /> <br /> Ailleurs ("Res Publica"), tu parles de créer un républicanisme de la diversité, en rupture avec les ségrégations — un patriotisme honnête. Ici, ton article montre combien il est important<br /> d'articuler ce projet avec celui d'un réveil de l'esprit rationaliste (matérialiste et socialiste). Sinon, ça finira mal, c'est inévitable.<br /> <br /> <br /> <br />
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