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Le blog de Frédéric Delorca

Triste société

14 Septembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Reçu ce matin dans le cadre de mes fonctions quatre jeunes des cités qui menaçaient de tout casser si on ne leur trouvait pas un job. J'ai juste pu hausser les épaules :" hé oui, je sais bien, mais c'est comme ça, on ne peut rien faire, faites des formations, essayez de trouver d'autres portes d'entrée". Discours lâche qu'ils entendent à longueur de journée, de ces petites lâchetés dont nous sommes tous complices, la même qui nous fait tolérer l'occupation de l'Irak et de l'Afghanistan et l'existence du FMI et de l'OMC.

 

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Dans leur bouche à eux je trouve un sens très aigu de la justice : "Machin a eu un job par piston, pas moi, on n'intéresse les politiciens qu'au moment des élections". Bien sûr je sais qu'ils ne sont pas des anges, que si on leur donnait un job peut-être tireraient-ils au flanc ou se lanceraient-ils dans des magouilles. Habitués à une position de méfiance à l'égard de l'ordre social, ils n'ont peut-être pas un sens suffisant de l'auto-discipline pour s'y faire une place et tenter de le subvertir de l'intérieur. Mais ils ont ce sens de la justice, cette précision dans les mots quand ils parlent du "deux poids deux mesures". Et nous, nous n'avons rien à leur répondre, parce que nous savons parfaitement que le deux poids deux mesures existe, et que nous le tolérons. Pas seulement le deux poids deux mesures entre le type qui naît brun dans une cité de banlieue, et le blondinet de Neuilly. Le deux poids deux mesures au sein même de la cité entre le type qu'un élu local a inclus dans son réseau de clientèle et celui qui n'est pas dedans.

 

On ne peut pas rester les bras croisés devant cela. Il faut aider ces gens à se structurer, pas pour les mettre au service du système social inique, mais à leur propre service, pour qu'ils apprennent à servir leurs propres intérêts (sans se renier) autrement que par leurs menaces de "tout casser" qui ne font que les enfoncer dans la marginalité, et qu'ils parviennent de la sorte efficacement à amender les pouvoirs corrompus auxquels ils s'opposent.

 

Mais tout est difficile. Il faut une patience d'acier. Depuis des mois je suis en contact avec une association politique du Val de Marne. Nous ne trouvons même pas des créneaux pour nous rencontrer.

 

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