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Le blog de Frédéric Delorca

Un mail abkhaze

20 Janvier 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Abkhazie

Bon, reconnaissez qu'il peut être sympathique le matin après s'être entassé dans un RER pour aller retrouver l'ambiance tristounette du boulot de trouver dans sa boîte mail, comme cela m'est arrivé aujourd'hui, le message suivant :

 

P1020569

"Bonjour,
Je suis une traductrice Turque qui vit en Abkhazie. Mon mari est un Abkhaze rapatrié. J’avais vu la présentation de votre livre « Abkhazie » sur votre blogue, j’ai réussi enfin à le procurer et je l’ai lu avec intérêt. Je voudrais savoir quel sont les commentaires des lecteurs du livre en France.
A vrai dire, j’ai pensé un moment de le traduire vers le Turc mais le diaspora Abkhaze est aussi « fier » que le peuple d’ici :) Il est possible que certains parties du livre leur déplaisent. Et il y a un proverbe turque qui dit « Çerkes Abaza allah muhafaza », si on le traduit mot-à-mot : « Le circassien, l’Abkhaze, que dieu vous en garde ! » :)
Cordialement"

 

Voilà, c'est le genre de mail agréable, plein d'humour, de fraîcheur, et en même temps complètement improbable : un mail turc d'Abkhazie écrit dans un français presque parfait, sur un livre qui n'est pas encore vraiment connu en France, près d'un an après sa publication. Je n'ai pas seulement aimé ce mail parce qu'il vient d'un univers très éloigné de la culture française (la France ne connaît rien au Caucase), ni seulement parce qu'il était improbable, mais parce que c'est un regard turc sur un livre qui a approché Soukhoumi par le côté russe et que ça fait longtemps que j'essaie de deviner ce que peut-être l'Abkhazie du point de vue de la Turquie. Je dois dire que, de ce point de vue là, le proverbe cité sur un ton plaisant comble en grande partie ma curiosité à ce sujet !

 

Bref je trouve tout cela délicieux. Et ce genre de mail donne plus de raisons d'être à l'écriture de mes livres que mille recensions académiques aussi médiocres que prétentieuses, et aussi prétentieuses qu'ennuyeuses ! Mes amis Français vous avez tort de choisir des destinations banales comme Agadir, New York, Rome ou les Maldives pour vos vacances ! C'est à Soukhoumi qu'il faut aller !

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C
Deja 1: l faut préciser que ankhazie c est la georgie comme adjara imereti samegrelo svaneti exetera.les vres abkhases sont des georgiens qui vivé en sukhumi(majoritermen des megreliens) 70% de la populations qui sai fai chassé par les separatistes pro russe ' aidé par les traitres armeniens tchetchens éxetera.c son du peuple apsua.ils ont arrivé sur cette terre apré 17 '18 eme siecle.pour trouvé les petits boulo faire la monche exetera,on les as accoeuille on les a doné a mangé on les a prie comme nos freres et soeurs (come on avai fai aux armeniens aussi ) et voila comment ils nous ont remercié.ils on fai la genocide oui ca etai une G E N O C I D E contre peuple georgiens par les apsuas aidé par les armenians les ruse exetera.alors quand vous commencai d ecrire sur la terre georgie s 'il vous lpai ecrivé la verité et pas des monsonge come ces armeniens ces traficeure et voleurs de l histoire.<br /> Merci
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F
Le livre que j'ai publié mentionne à la fois le point de vue des Abkhazes (Apsua comme vous dites) et celui des Géorgiens. Deux versions de l'histoire inconciliables qu'en effet il faut faire connaitre au public français.
C
<br /> <br /> Bon, je dois préciser que pour se rendre en Abkhazie soit sur la Russie soit sur la Géorgie, vous devez obtenir un visa abkhaze. Pour l’information sur le visa voir http://www.mfaabkhazia.net/en/visa<br /> <br /> <br /> A propos des relations Géorgiennes-Abkhazes, pour voir un autre point de vue géorgien je vous conseillerais de lire l’article en Anglais de M. Ucha Nanuashvili, directeur exécutif de la Centre des droits de l’homme de la<br /> Géorgie et initiateur de « la campagne de pardon» et pour une autre lecture de l’histoire, l’article en Anglais de Prof. George Hewitt. <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Merci pour cette contribution au débat Canan et pour ces précisions pratiques qui seront sans doute utiles à ceux qui voudront visiter Soukhoumi !<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Monsieur Delorca,<br /> <br /> <br /> J'ai bien compris votre point de vue émis dans votre réponse (je n'ai pas encore lu votre livre mais ça ne saurait tarder s'il est disponible en Belgique), point de vue tout à fait logique mais<br /> qui me semble fort optimiste. Surtout concernant les "peurs" dont vous parlez. J'ai passé 14 ans en Géorgie, plusieurs mois par an, et j'ai pu y rencontrer toute sorte de personnalités, et de<br /> sensibilités. J'étais présent près de Gori lors de la guerre de 2008, et la peur a été ressentie jusqu'au plus profond de mon être, pour moi, pour ma famille, pour mes amis géorgiens et pour le<br /> régime pro-occidental de Saakashvili. La peur de la Russie fut légitime, réelle, justifiée : l'extrême brutalité subie par les géorgiens d'Ossétie d'abord (chassés de leurs villages entre le 4 et<br /> le 8 août, avant le "début des ostilités" officielles justifiant l'intervention géorgienne sur leur propre territoire et non l'intervention russe disproportionnée dans un pays souverain) et de<br /> Gori ensuite (les bombardements et les pillages subits furent des plus brutaux). Parce que chacun sait que Moscou a toujours soutenu les séparatismes dans un but géopolitique basé sur les<br /> resources de la région, en armant les séparatistes tout à fait illégalement... Un rôle non seulement de provocateurs, mais aussi d'entretien idéologique extrêmement dangereux pour l'équilibre<br /> dans la région.<br /> <br /> <br /> Dire que la Russie n'est pas un danger pour l'équilibre de la planète n'est ni juste ni faux. Mais elle est un danger évident et éprouvant pour la démocratie dans le Caucase et, d'ailleurs, aussi<br /> pour la démocratie en Russie elle-même. Et sous-estimer ces peurs serait une grave erreur. Ce que propose la Géorgie aux Abkhazes comme aux Ossètes n'est pas différent que ce qui fut vécu par les<br /> Adjares : démocratie, libertés, respect des minorités, reconstruction et modernisation des infrastructures, etc... La peur des Russes est justifiée, la peur des Géorgiens de la part des Abkhazes<br /> ne l'est plus au moins depuis la démocratisation de la Géorgie et des promesses faites par Tbilissi à toutes les minorités du pays. C'est de cela que la Russie, elle, a peur. Elle a bien plus à<br /> perdre que la petite Abkhazie.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Intéressant votre témoignage sur l'Ossétie du Sud en 2008, M. Prager. Je lirai votre blog dans quelques jours. Bien cordialement FD<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Il y a quelques temps, le cinéaste géorgien Merab Kokotchashvili m'écrivait une note sur l'Abkhazie que j'ai traduite pour mon blog consacré à la guerre russo-géorgienne (entre autre mais<br /> principalement). Pour ne pas vous imposer la lecture de l'ensemble du blog, je me permets de vous l'envoyer ici.<br /> <br /> <br /> Mais auparavant, j'aimerais comprendre une chose: comment pouvez-vous proposer à vos lecteurs de se rendre en Abkhazie occupée s'il n'y a aucun moyen légal de s'y rendre? A qui allez-vous<br /> demander un visa? A l'ambassade de Russie, qui occupe le territoire illégalement, ou à l'ambassade de Géorgie seule habilitée à vous l'octroyer légalement? De plus, se rendre à Soukhoumi, bien<br /> que se soit une destination en effet très intéressante à bien des égards, serait quelque peu provocateur pour le peuple géorgien, à tout le moins.<br /> <br /> <br /> Voici donc le texte de ce grand réalisateur géorgien Merab Kokotchachvili à propos de l'Abkhazie.<br /> <br /> <br /> La Géorgie est sans doute un petit pays,<br /> mais géo-politiquement c'est un pays particulièrement intéressant : le Sud-Caucase, c'est le pont entre est et ouest, et entre nord et sud. Dès lors, toutes<br /> les puissances essayent de mettre la main sur cette région.<br /> <br /> <br /> L'Abkhazie, c'est un tout petit territoire, 15 % de la Géorgie. Comprenant différentes ethnies, la plus importante étant<br /> les géorgiens (d'après les Abkhazes, aujourd'hui, on compte entre 40 et 60.000 géorgiens en Abkhazie), les Abkhaziens sont entre 20 et 25 % de la population totale<br /> d'Abkhazie.<br /> <br /> <br /> 250,000 géorgiens ont été déportés durant la guerre de 1992...<br /> <br /> <br /> Ce territoire a toujours intéressé les grandes puissances. Les grecs, les romains, les byzantins, les turcs,... l'ont<br /> conquise avec les méthodes "diviser pour régner". Plusieurs ethnies, facilement manipulables pour créer des séparatismes, y ont toujours cohabité. Quand les grandes puissances conquérantes<br /> s'affaiblissaient, la Géorgie en profitait pour se réunifier et recontrôler l'ensemble du territoire. Et c'est pour ça que dans les organisations mondiales, aujourd'hui, ce territoire est reconnu<br /> comme la Géorgie, car cela a toujours été ainsi.<br /> <br /> <br /> Quand la Géorgie était faible (économiquement ou politiquement), elle se divisait en différents royaumes. Le royaume<br /> Kartli et Kakhétie, Samegrelo, Guria, Imérétie, Abkhazie. Par contre, les bases religieuses et de langue était toujours les mêmes. Ces ethnies qui ont leur "patois", la base de ce "patois" est<br /> toujours géorgien. En ce qui concerne la langue Abkhaze, elle a la base de la langue caucasienne tout comme le géorgien. Cette base culturelle, linguistique ou religieuse a toujours existé comme<br /> force d'unification, et tant qu'existaient les conditions pour se réunir, les différents royaumes s'unifiaient. Par exemple, entre le 8ème et 9ème siècle, le processus de réunification débuta en<br /> Abkhazie. Le chef abkhaze de l'époque, Léon II, a commencé le processus avec l'aide de l'ethnie Kazar, du Nord-Caucase, de réunification des différents royaumes de Géorgie; ce processus a pris<br /> presque 2 siècles et au 12ème siècle, David le Bâtisseur a fait de la Géorgie un état très puissant. Son titre était "Le Roi d'Abkhazie, de Kakhétie, d'Imeretie, de Samegrelo,<br /> etc..."<br /> <br /> <br /> Après l'arrivée des Mongols, qui ont envahi tout l'Orient et une partie de l'Occident, les Russes ont commencé à devenir<br /> une puissance importante. C'est à cette époque que les forces turques ont détruit Byzance . Byzance était Chrétienne, les Turcs étaient<br /> Musulmans.<br /> <br /> <br /> La partie orientale de Géorgie était sous l'influence perse (Iran). L'influence de l'Islam était mortelle pour la partie occidentale de Géorgie, car cela voulait dire perdre la religion. Dans ces conditions,<br /> les Géorgiens ont cherché l'aide parmi les chrétiens, avec la Russie qui nous inspirait plus d'espoir. Mais pour les Russes, très intéressés par le Caucase pour diverses raisons géopolitiques,<br /> c'était très important de prendre la Géorgie en main, et comme Byzance, prendre en main l'Orient, les Balkans, le Bosphore, les Dardannelles, puis accéder à la Méditerranée. Ainsi, la Russie<br /> pouvait avoir le contrôle des routes Nord - Sud, et Est - Ouest.<br /> <br /> <br /> La Russie, pour réaliser ses plans, avait besoin de la Géorgie, et des Géorgiens comme esclaves, car en cas de refus de<br /> la part des Géorgiens, la Russie diviserait à nouveau le pays en petites provinces (diviser pour régner).<br /> <br /> <br /> Aujourd'hui, c'est exactement ce que la Russie est en train de faire avec la Géorgie. En premier lieu, la Russie a créé<br /> en Abkhazie et en Ossétie du Sud des séparatismes, et après, (NDLR : en "colonisant" les territoires avec des citoyens russes, en distribuant des passeports russes, en organisant des provocations<br /> entre les parties, et enfin en faisant intervenir 60.000 hommes et 3000 blindés, en bombardant des villes - Tskhinvali, Gori et Poti   entre autres) sans aucun droit, a reconnu ces<br /> territoires comme étant indépendants, et y a placé les armées russes.<br /> <br /> <br /> Cette action peut toujours déclencher une guerre plus importante dans la région. La Géorgie n'acceptera jamais la terre enlevée par les Russes, et quand la situation le permettra, la Géorgie récupèrera ses<br /> territoires.<br /> <br /> <br /> Aujourd'hui, le plus grand agresseur mondial, c'est la Russie. Si le monde a un peu de lucidité, il doit politiquement<br /> tout faire pour arrêter ces actions illégales des Russes. Les Abkhazes, avec la Géorgie, ont toujours eu les moyens et les droits de développer leur culture, leur économie, la religion, leur<br /> langue et d'autres intérêts propres. Ils avaient les écoles et les universités, les théâtres, la littérature, les rites religieux, même l'administration, tout était fait dans leur langue.<br /> Aujourd'hui, dans les écoles, cela se passe en Russe.<br /> <br /> <br /> Il faut dire ici que c'est justement les Russes qui ont déportés et tués les musulmans Abkhazes durant la guerre<br /> Russie-Turquie dans les années 1876-1879, et seuls les Géorgiens défendaient les droits des musulmans Abkhazes, comme par exemple l'écrivain poète Ilia Chavchavadzé (qui fut<br /> assassiné).<br /> <br /> <br /> Il y a peu, les Géorgiens ont proposé aux Abkhazes de créer une zone de libre-échange, de développer le tourisme, et de<br /> plus le poste de vice-premier ministre dans le gouvernement géorgien. Dans la constitution géorgienne existe le droit de se présenter pour le poste présidentiel pour tous, peu importe l'ethnie<br /> d'origine. En 1991, le parlement abkhazien avait le droit d'avoir plus de sièges de députés dans le parlement que<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Bonjour, merci pour ce commentaire. Ce blog (tout comme mon livre sur l'Abkhazie, qui consacre un chapitre au point de vue géorgien) est ouvert au débat contradictoire, et aux arguments aussi<br /> bien pro-géorgiens que pro-abkhazes (ou "pro-apsua" comme disent certains géorgiens). Je crois que dans l'affaire abkhaze on a affaire à une série de peurs en cascade (l'Abkhazie a peur de la<br /> Géorgie, la Géorgie de la Russie, la Russie des Etats-Unis), et, bien que je sois bien loin d'être un inconditionnel de la Russie, je ne crois pas que sa puissance militaire soit un danger<br /> particulier au niveau mondial - la plus grande puissance reste celle des Etats-Unis et elle est une cause majeure d'agressions aux quatre coins du globe, alors que la Russie a pu jouer<br /> occasionnellement un rôle modérateur, au Proche-Orient par exemple). La difficulté est de désamorcer les peurs, et je reconnais que c'est difficile pour des entités culturelles comme l'Abkhazie<br /> et la Géorgie qui ont failli chacune disparaître complètement au XXe siècle sous le poids de diverses politiques assimilationnistes. En effet j'encourage les gens à aller voir sur place, pour<br /> l'Abkhazie comme pour les territoires occupés de Palestine (bien qu'ils soient occupés), et pour les territoire libres, car on ne se fait jamais d'idées aussi précises que lorsque l'on voit par<br /> ses propres yeux. Je ne comprends pas pourquoi les Géorgiens trouvent "provocateur" que l'on visite l'Abkhazie. Entre 1870 et 1918, l'Alsace-Moselle était "occupée" par les Allemands (du point de<br /> vue des Français). Je ne crois pas pour autant que les Français aient jugé "provocateur" que des Anglais ou des Italiens s'y rendent. Pour les visas je ne sais pas comment ça se passe. Les<br /> Abkhazes sur place disent que c'est plus facile qu'on ne croit mais, m'y étant rendu dans le cadre d'un contrôle électoral, j'ignore quelle est la procédure de droit commun. Je lirai votre blog<br /> avec intérêt à l'occasion. Bien cordialementFD<br /> <br /> <br /> <br />
B
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Bonjour<br /> <br /> <br /> Je suis un Abkhaz qui vit en Suisse depuis dix ans. J'ai vu votre livre dans l'internet. J'ai tout<br /> de suite commandé. Enfin j'ai reçu aujourd'hui. Je commence à lire avec beaucoup d’intérêt. J’ai vu premier fois un livre français sur l’Abkhazie. Je vous remercie beaucoup.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J’étais en Abkhazie entre 1992-1993, pendant la guerre. J’ai participé de défendre mon pays. Après<br /> la guerre je suis resté quelque temps.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> En 2010 j’ai écrit un livre. J’ai raconté pendant la guerre ceux que j’ai vécus. Ce n’est pas un<br /> livre documentaire. Mes sentiments et à l’époque qu’est qui c’était passé dans mon entourage.  Si je fait traduire en français est-ce que c’est<br /> possible de publier ? Vous pouvez m’aidé ?<br /> <br /> <br /> Abkhazie est ma raison de vivre.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci beaucoup et meilleur salutation.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> P.S. : j’espère que vous comprenez ce que j’ai écrit avec mon mauvais français. Je suis<br /> désolé.<br /> <br /> <br /> P.S. : J’ai voulu contacter avec la traductrice qui avait fait un commentaire dans votre blog.<br /> Si vous pouvez l’envoyez mon adresse e-mail je serais très content.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre