Le quotidien

Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 05:16

Je m'étais engagé à ne plus publier d'ouvrage, mais je dois faire une petite exception à cet engagement pendant quelques mois car j'ai deux livres de commande à terminer.

Le premier est mon journal de voyage en Abkhazie que mon éditeur veut avoir dans ses collections. Le deuxième est un livre sur une résistante de la banlieue nord de Paris, que je co-signerai avec deux autres personnes. A cela devrait s'ajouter la publication chez L'Harmattan sous mon nom d'état civil d'une petite réflexion sur la contingence de l'histoire.

Bien évidemment ne vous attendez pas à ce qu'aucun média ou site Internet en parle. Et, comme je n'ai nullement l'intention d'aller implorer les journalistes, vous n'aurez des renseignements sur ces livres que sur ce blog.mon-bureau.jpg

 

Nous réfléchissons également, toujours dans la banlieue nord de Paris, avec quelques amis, à la création d'une sorte d'association d'éducation populaire et de mobilisation contre le Zeitsgeist néocolonialiste qui domine notre monde. Tout cela se fera hors d'Internet et des réseaux éditoriaux, mais aura peut-être un plus d'ancrage dans le réel, qui sait, que ce flux de bruit, d'articles inconsistants et de paperasse en tout genre qui innonde chaque jour les ondes, les écrans, les kiosques à journaux. Si le sujet vous intéresse faites me le savoir.

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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 20:46
Me voilà de retour d'Abkhazie où j'ai fait du contrôle électoral avec plusieurs dizaines d'observateurs de différentes nationalités. Je voulais vous livrer en exclusivité deux photos - une photo du petit comité restreint de journalistes (dont moi) qui avons pu interviewer le président de la République Bagapch qui a été réelu (je suis juste à côté de lui), et une photo de dessins d'enfants. Mais je garde l'exclusivité de tout ça pour mon bouquin de récit de voyage sur cet Etat autoproclamé.
P1020569
Pour vous faire une idée de ce pays, imaginez un petit territoire sous les palmiers et les eucalyptus, en partie montagneux, qui a été bombardé pendant des semaines en 1992 et où partout les maisons détruites, les fenêtres cassées, les toits défoncés seraient restés intacts parce qu'il n'y a pas d'argent et aussi parce que beaucoup de géorgiens ont abandonné leurs maisons dans cette guerre civile (un pays qui a failli connaître à nouveau ce cauchemar en 2008, car Saakachvili devait au départ l'attaquer plutôt que l'Ossétie du Sud). Une ambiance assez surréaliste. Les écoles sont tapissées de dessins d'enfants qui évoquent la guerre, les terres sont encore collectivisées car ce peuple caucasien (déjà hostile à la propriété privée avant la révolution bolchévique) refuse les investissements étrangers (même dans les banques, les services, il n'y a pas là bas d'équivalent au trust Shériff de Transnistrie).

A suivre donc...


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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 14:45
Je signale aux connaisseurs un débat passionnant sur You Tube sur la question de savoir qui de Raf ou de Laura Branigan a chanté en premier Self Control. Moi je vote pour Raf (je n'ai jamais aimé la version de Laura Branigan)

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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 23:38

Day

Dans le bestiaire de la semaine : le petit normalien en province aigri qui a raté les trains de la réussite universitaire (mais n'est ce pas un oxymore aujourd'hui ?), qui ne publie rien, et qui, la bouche en cul de poule me dit : "pourquoi as-tu décidé de publier encore un livre ? who cares ? et puis soigne le détail, l'écriture notamment !", le vieux tiersmondiste rouge-brun paumé qui après avoir entraîné quelques rêveurs dans ses égarements me traite de "trou du cul", parce que je lui reproche d'avoir forwardé mes mails sans ma permission ("trou du cul" est son insulte favorite, qu'il réserve en général aux journalistes médiatiques), une journaliste de 27 ans (la connerie n'attend pas le nombre des années) qui juge "très déplacé" mon mail lui demandant quand elle entend publier mon interview sur la Transnistrie, il y a aussi le gars qui a menacé le dir cab de ma commune avec un flingue ce matin, et puis encore cette blogueuse qui me balance que son blog "est le plus libre de la blogosphère : la preuve Arte l'a reconnu, ils vont m'interviewer" (ne riez pas, il y a des gens qui pensent comme ça). Au fait, à propos de trou du cul, ma disciple (qui m'énerve tellement que je la renie déjà) me disait jeudi : "la recherche c'est tourner son doigt dans son cul" - c'est beau comme les sciences humaines croient encore en elles mêmes.

Sur le versant lumineux, ma petite interview dans la presse bourgeoise vendredi où je cite pour le fun Kierkegaard à propos du collagène (normal que ça plaise à Neuilly, j'attends les courriers enthouisastes des lectrices), il y a ce groupe d'historiens qui décortique les mémoires de mon grand père sur la guerre d'Espagne pour reconstituer une micro-bataille en Aragon. Il y a des toutes, toutes petites choses. Ca ne tue pas la mélancolie de la fraîcheur automnale, des impasses de la vie personnelle, du midi de la vie. Mais ça existe tout de même.

Un pote me dit  à propos du prix littéraire accordé à Beigbéder : "A ce qu'il raconte dans son bouquin, ses grands-parents étaient propriétaires de la Villa Navarre à Trespoey.Quand il est venu à Pau, il était accompagné et cornaqué par Patrick de Stampa, actuel propriétaire de la villa (qui est devenue un hôtel 4 étoiles) et président de la CCI Pau Béarn et Pays de l'Adour, ancien président du MEDEF et candidat RPR à la mairie de Pau en 2001". Il n'appelait plus à voter Robert Hue. De toute façon, Hue, lui, n'appelle plus non plus à voter Hue non plus et passe au Parti socialiste.

Et Marie N'Daye, c'est quoi ses réseaux à elle qui l'ont conduite chez Gallimard ?
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 08:32

On me rapportait hier les propos de Patricia Latour, auteure d'un livre sur la question : "En 1936, les femmes françaises ne demandaient pas le droit de vote. Elles avaient d'abord des revendications plus concrètes à satisfaire comme celles d'obtenir des clés dans les toilettes des usines pour que les contremaîtres arrêtent d'ouvrir les portes pour se rincer l'oeil".

L'histoire prend un aspect particulier quand on la considère sous l'angle du corps. Marx l'avait déjà relevé même s'il n'employait pas le mot "corps".

J'observe que le corps sous l'angle sexuel est à la mode en philo. Le Cinéma pornographique de Servois aux éditions Vrin. La prêtresse Marzano a publié un "La philosophie du corps" en Que-sais-je? l'an dernier. Une correspondante doctorante de retour des rencontres d'histoire de Blois m'écrivait lundi : "J'ai vu notre grande amie, Marzano elle intervenait dans une conférence sur la nudité et la pudeur, alors je ne sais pas comment j'ai pu l'utiliser dans mes travaux, j'ai trouvé son discours axé uniquement sur l'image de la femme humiliée dans les médias, le besoin du voile de pudeur sur le corps (blablabla). effectivement c'est un discours très réducteur de la nudité et je comprends mieux quand tu disais que les sciences sociales regorgent de curé - en l'occurrence ici il s'agit d'une bonne sœur. "

Hier sur la place de la Sorbonne, j'ai constaté que, comme on le redoutait depuis des années, un magasin de fringues est venu à bout de la librairie des PUF. Triste époque. A 18 ans quand je suis parti pour Paris mon prof de philo m'avait dit : "Vous verrez la Sorbonne, la librairie Vrin, celle des PUF, vous ne voudrez plus revenir le Sud-Ouest après". Aujourd'hui on ne peut pas dire la même chose à un jeune cadet de Gascogne. Il a déjà la philo et le porno sur son ordinateur (c'est-à-dire tout ce qu'il faut pour survivre intellectuellement en ce bas monde). Dans le Quartier latin il n'y a plus que les magasins de nipes qu'il trouve aussi dans son chef-lieu d'arrondissement. So what ? Il n'a plus d'intérêt à se ruer sur le Boul'Mich, ni non plus à rêver d'explorer le pôle nord : il n'y aura plus de calotte glacière dans 20 ans.

Ah il faudrait aussi que je vous dise un mot de Claude Allègre et de tous ces savants qui ont la bonne idée de critiquer les dogmes écolos du moment. Une autre fois.

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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 00:01

Rattrappé par le spleen ce soir après une journée vide et insignifiante à Brosseville, un mauvais coup que me fait une journaliste écervelée de la presse féminine, qui, malgré ses promesses, squeeze mon interview après deux soirées de travail sur son sujet (le plus horripilant n'est pas le manque total de respect, mais le fait que cette goujaterie émane d'une imbécile), et une soirée encore plus pénible avec un petit cercle communiste dont le chef redécouvre tous les ans mes origines espagnoles (malgré un livre que je lui ai offert là dessus il y a un an, mais ce n'est qu'un signe parmi mille du fait qu'il se fout complètement de mon existence et veut juste m'instrumentaliser), je tombe sur des vidéos marrantes d'un éditeur d'extrême droite sioniste sur son blog. Ce qui est rigolo, c'est qu'il utilise un procédé que j'ai expérimenté le mois dernier (le remplacement de l'écrit par la vidéo) et surtout qu'à travers ses vidéos s'exprime un besoin maladif de reconnaissance (il ne cesse de demander des débats à Soral, à Blanrue etc). Le pauvre !

 

Ces jeunes types de la nouvelle extrême droite, qu'ils soient prosionistes ou antisionistes sont des accros aux caméras, des shootés de l'interview, au point qu'ils passent leur temps à poser devant des camescopes dans l'attente d'être invités par Taddei. Rien à voir avec mon petit jeu actuel qui consiste à aller parler de seins siliconés dans des revues pour dames. Eux veulent vraiment pouvoir exposer urbi et orbi au peuple français si le danger vient d'Israël ou des Musulmans, de Poutine ou d'Obama (dans des grandes considérations géopolitiques qui du reste ignorent largement la question sociale). Tout cela semble souligner l'urgence de vendre son ordinateur et sa télé et d'aller élever des chèvres dans les Alpes comme mon ami Fonseca !

En parlant de question sociale, un jeune gars de l'équipe municipale de Brosseville m'a dit  mardi :"Je préfère ce que représente Chomsky que ce que représente Bourdieu. Bourdieu j'ai essayé de le lire, mais je n'ai jamais pu aller jusqu'au bout. Ca m'a paru très foid et désagréable. Chomsky est beaucoup plus agréable".

Depuis qu'il n'est plus physiquement là pour défendre ses écrits l'étoile de Bourdieu pâlit à grande vitesse. Une seconde mort en quelque sorte. Bientôt on se demandera ce que les gens des années 1970-80 ont bien pu lui trouver. Sic transit gloria mundi.

Donc fuir la reconnaissance oui. Je fais une séance de signature de mes livres le 19 novembre. La dernière de l'année. Après basta. Je serai tout acquis à la tristesse de mes quarante ans. Il faut savoir la savourer dans une austère solitude.

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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 22:31

J'étais censé aider une hardeuse dissidente à publier son autobiographie fin septembre. Mais elle est passée à Paris en "oubliant" de me contacter, et en ne répondant pas à mon SMS. Parallèlement comme je rencontrais une blogueuse très introduite dans la com' des multinationales qui veut bien contribuer un peu à donner de la "visibilité" à mes bouquins, du coup j'ai proposé à cette dame de l'aider à publier ses nouvelles érotiques, ce qui ne me permettra plus d'aider la hardeuse et éloigne la perspective (un peu folle, mais qui avait sa logique interne) que j'avais envisagée cet été de devenir le préfacier d'un livre d'une star du X. Ainsi va la vie.

Des "amis" remuent le couteau dans la plaie en me demandant en ce moment si je vais faire qualifier ma thèse devant le Conseil national des universités. Une fois de plus, la troisième depuis 2006, je reporte l'échéance. C'est peut-être suicidaire moi qui viens de passer mon 39ème anniversaire. Mais de toute façon n'ayant même plus de contact avec mon ex directeur de thèse, à quoi bon chercher la moindre reconnaissance de ce côté là ? Tous les universitaires que j'ai croisés, y compris les membres de mon jury de thèse, me voient comme un diplômé des grandes écoles qu'ils envient un peu, qui est venu s'amuser chez eux, mais dont la présence parmi eux les gènerait plutôt qu'autre chose, alors à quoi bon ? A quoi bon monter sur leur Titanic ? Ma nouvelle vie professionnelle en Seine Saint Denis ne sera peut-être pas rose, mais je la considère comme la Sibérie que tous ces braves gens bien intentionnés m'ont réservée. Le choix est entre faire ça où aller candidater d'une fac à l'autre pour devenir maître de conf, être payé deux fois moins qu'aujourd'hui (avec tous les problèmes pour l'éducation du gamin) et enseigner Durkheim... Ce serait une forme de stabilité oui (alors que la Seine Saint Denis offre un avenir très précaire). Mais l'entrée à l'université présente un rapport coût/avantage bien plus défavorable encore, me semble-t-il.

Pour le moment, tout est suspendu à ma prise de fonctions dans le 9-3 jeudi prochain, y compris la publication de mon prochain livre "Incursion en classes lettrées" que mon éditeur adressera à l'imprimeur à ce moment-là. Je n'ai aucune visibilité sur mon emploi du temps au delà du 1er octobre (à part ma participation au salon du premier roman de Draveil et à une conférence universitaire sur la nudité à Cannes en novembre).

Je sais gré à certains lecteurs d'entretenir la flamme de ma réflexion par des suggestions de lecture comme les livres de Christian Arnsperger (dont je vais peut-être tenter de faire une recension pour Parutions.com, au moins pour le plus récent d'entre eux). Je suis voué, je crois, à rester dans l'expérimentation en free lance.

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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 19:05

DFE 1
 
NB cf du rap en latin sur http://www.ista-latina.de/demos/Odietamo.mp3
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /2009 19:52
Vu mon éditeur ce soir. C'était la première rencontre réelle. "Chaque livre vendu est une victoire" a-t-il dit.

J'aurais plutôt dit : "Chaque centaine de livres vendue est une victoire". Mais je sais que c'est lui qui a raison. Je raisonne en stratège. J'ai des ambitions décalées par rapport au réel.

Quand je vois les gens dans le métro jouir tranquillement d'une conversation téléphonique, de la lecture d'un journal, je me dis que je devrais faire comme eux. Arrêter de courir après des projets stupides. Porter un regard d'écrivain sur le monde. Sur le millier d'amis du "réseau Atlas alternatif" sur Facebook, 80 ont annoncé qu'ils viendront à la Fête de l'Humanité dimanche pour ma séance de dédicaces, 170 ont dit "peut-être". Je devrais tranquillement décortiquer les fiches de ces gens, surtout celles des jolies femmes, et me réjouir à l'idée d'échanger quelques mots avec eux entre deux verres de mojito, sans me soucier déjà du prochain livre à paraître, du prochain mouvement politique à construire. On n'a qu'une vie après tout.
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 10:41
Une lectrice m'incite à écrire un peu plus sur ce blog (ah ! que serais-je sans mes lectrices ?). Mais je ne suis pas sûr que le sujets qui m'inspirent en ce moment soient d'intérêt général, et je n'aime pas la dictature de l'actualisation qui caractérise les blogs.

En ce moment, je termine ma petite autobiographie intellectuelle qui paraîtra sans doute fin septembre. Je retravaille aussi le témoignage d'une passion amoureuse que je publierai peut-être l'an prochain. Mes tout derniers ouvrages avant une longue période de silence, je pense. Ce blog sera mon seul exutoire scriptural avec mon journal papier (et bien sûr le blog de l'Atlas alternatif - au fait merci au Grand soir, et bien d'autres sites d'avoir repris mon article "Colombie"). Je prépare la fête de l'Huma. Comme les Editions du Cygnes ne sont pas, d'ordinaire, présentes dans ce cénacle, je dois trouver des moyens personnels d'y introduire mes livres. Le samedi sera consacré aux 70 ans de la "retirada" des républicains espagnols. Mon ami le Sandiniste essaie de voir avec une association de Républicains si je peux y placer les mémoires de mon grand père que beaucoup de gens trouvent intéressantes et utiles (le groupe sur Facebook consacré à ce livre a dépassé les 100 adhérents en 48 heures). Je reste un outsider de ces réseaux, à la différence de mon compatriote le maître de conférences Jean Ortiz.

En parlant de compatriote, Frédéric Beigbéder, à qui j'avais envoyé mon roman en vain, est dans une grande entreprise de conquête du Béarn de ses ancêtres. Deux pages lui étaient consacrées dans La République des Pyrénées la semaine dernière. Ca c'est de la promo ! Ce que c'est que d'avoir une bonne attachée de presse... J'essaie de compenser à mon niveau artisanal par quelques initiatives désordonnées. J'ai reçu ce matin un mail d'un ami d'une chanteuse de renommée nationale originaire de mon coin aussi (je vous dirai peut-être qui, dans quelque temps, si cette affaire a une suite) me confirmant qu'elle a reçu La Révolution de montagnes. L'histoire ne dit pas si elle l'a aimé. Je me suis toujours dit que si ce livre devenait un film, elle pourrait jouer le premier rôle, quoiqu'elle ait peut être un peu passé l'âge désormais. Le temps nous piège. Cette chanteuse a pris une photo avec le livre m'a-t-on dit... J'attends qu'elleme l'envoie, voilà qui serait bien pour l'image de ce petit bouquin. Cela me fait penser à Blanrue qui demande à tous ses lecteurs de poser en photo avec un livre sur Sarkozy et les Juifs sur Facebook (un livre interdit de diffusion en France semble-t-il). Je n'ai pas d'opinion sur ce livre dont Parutions.com ne souhaite pas que je fasse une recension car il est trop ancien (je serai de toute façon déjà assez occupé par la recension du dernier livre de Collon). Mais je trouve sa campagne de diffusion originale et, semble-t-il, efficace (jouer les auteurs censurés, et surtout censurés par Sarko, est payant de toute façon, un magistrat refoulé par Michalon et condamné à publier chez L'Harmattan a joué cette carte aussi après l'élection de notre nouveau Napoléon-le-petit). J'admire le gens qui parviennent à mobiliser des équipes en ordre de bataille. J'en suis bien incapable.

La semaine dernière j'ai vu Les derniers jours du monde, un film qui se passe dans le Sud Ouest. Sa complaisance dans le catastrophisme et le nihilisme écolo ne m'a pas plu (c'était peut-être du second degré, mais trop lourd à mon goût). Il est tiré d'un roman.... publié il y a 18 ans... Cela laisse un espoir pour le mien !

Savez vous où j'aimerais être demain ? A Tripoli pour le 40 ème anniversaire de la Révolution libyenne. El comandante Chavez y sera. J'aimerais être dans une délégation officielle. Saisir les ambiances, écouter dans les halls d'hôtels ce que Vénézuéliens, Chinois, Syriens et Russes se racontent.

Score moyen du Parti communiste japonais hier, loin de la percée que les médias anglosaxons redoutaient. Vijay Prashad aujourd'hui sur Facebook (et peut-être sur d'autres médias, je n'ai pas regardé) essaie d'entretenir l'illusion qu'une dynamique de progression demeure au sein de ce parti. Mais pour l'heure le seul constat objectif est qu'il a conservé ses 9 sièges voilà tout. Peut-être le "vote utile" lui a-t-il nuis, comme en Inde. De mon côté je n'ai pas reçu de nouvelles depuis un bout de temps mes petits camarades communistes (de l'aile "gauche" du parti). Quand je n'écris pas des choses qui vont dans leur sens ils m'oublient, même en veille de fête de l'Huma. Et ce qui va "dans leur sens" en ce moment, ce sont des infos sur l'implication des USA dans la "révolution verte iranienne" par exemple. Mais j'avoue que ce sujet n'est pas au centre de mes intérêts. J'ai dit tout ce que j'avais à dire là dessus. Une responsable des Indigènes de la République m'a en revanche nvité à visiter leur stand "sauvage" à la fête de l'Huma. Je ne suis pas sûr d'approuver cette notion de stand "sauvage". Est-ce bien fair play ? Mais je ne connais pas les tenants et aboutissants de la constitution de ce stand dans le cas d'espèce, donc je suspends mon jugement.

J'ai regardé l'émission Strip tease de 2004 que la militante d'Acrimed m'a transmise sur Facebook à propos d'une visite d'une délégation belge en Corée du Nord (elle est en 3 parties sur Dailymotion). Les réflexions de Belges sont instructives. Deux des membres socialistes de la délégation ont une propension à adhérer à ce qu'ils voient qui est assez étrange (le premier le fait visiblement par intérêt, le second qui s'enthousiasme pour une école où règne la discipline dans la troisième partie est peut-être tout simplement rattrappé par son goût de l'ordre dans l'éternel débat sur "ordre ou liberté à l'école"). Beaucoup de leurs débat internes, de leurs tentatives pour pouvoir rencontrer des "vrais gens" m'ont rappelé l'ambiance de notre propre délégation en Transnistrie (sauf que nous, nous avions des interprètes qui critiquaient ouvertement le gouvernement, et nous avons obtenu le droit de rencontrer les gens de la rue sans trop de problèmes). Je trouve inadmissible que les Flammands révisionnistes comparent les Coréens aux Hitlerjungern (relisons le roman de Klaus "Le chagrin des belges" sur la Flandre collaborationniste et nazie - un véritable joyau) La Corée du Nord est quand même un pays qui a été martyrisé par l'impérialisme américain et qui n'a jamais agressé personne. Que des descendants de la collabos la comparent au 3 ème Reich est typique de la folie de notre époque qui met un signe d'égalité bien commode entre communisme et fascisme pour légitimer son propre cynisme.
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ps : une vidéo d'une inauguration d'une librairie d'un de mes éditeurs - l'Atlas alternatif s'y trouve sans doute


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Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /2009 13:20
Délaissant les débats enflammés sur l'avenir de l'Iran (Paul Veyne a bien raion : aujourd'hui tout le monde cherche à avoir un avis sur le relations internationales comme au temps de Sénèque tout le monde devait avoir un avis sur les dipositions de l'âme, une scène de Bridget Jones dit aussi cela je crois), j'ai dîné hier en célibataire au Pakistanais près de chez moi. J'avais amené le livre "Histoire du Bouddhisme tibétain : La Compassion des Puissants" d'Elisabeth Martens, un ouvrage pas terrible qui part d'un bon sentiment (dénoncer notre engouement pour le Dalaï Lama) mais qui se perd trop dans des rappels "neutres" de l'histoire antique, et, sur des points essentiels de l'époque contemporaine, renvoie à d'autres livres sans les résumer, comme si nous avions le temps de nous y reporter, sans parler des familiarités de langage assez déplacées que le livre s'autorise.

Le chef a repéré ce livre dans mes mains. Le dialogue s'est engagé :

"C'est quoi que vous lisez ? le bouddhisme ?
- Oui.
- Vous êtes bouddhiste ?
- Non, je le lis par curiosité.
- C'est de quelle époque le bouddhisme ?
- Il y a 2 500 ans.
- Ah oui ?"


A ce moment là j'avais oublié que le patron était pakistanais, je pensais qu'il allait comparer le bouddhisme à l'hindouïsme. Mais il est juste resté là pensif; puis il a enchaîné :

"Et Adam, quand il a quitté le Paradis terrestre, c'était quand ?"

J'ai songé qu'il était peut-être un chrétien d'Inde. J'ai juste dit
"Oh ça, Adam c'est la religion chrétienne"

Il s'est exclamé "Oh oui, oui, mais pour moi toutes les religions me conviennent !".
Et il a poursuivi : "J'ai un livre à la maison : toute l'histoire depuis Adam au dernier président Musharaf. Mais j'ai toujours du mal à dater les choses.A chaque fois je me dis ' c'était quand ?' "

Je n'ai pas voulu heurter sa foi. J'ai seulement répondu "Adam on ne peut pas savoir quand il  existé"
Ma réponse a eu l'air de le satisfaire. La réflexion de ce type "toutes les religions me conviennent" m'a rappelé M. Rachid. Toujour scet Islam englobant qui peut s'accomoder de tout puisqu'il est censé avoir le dernier mot sur tout, être le dernier mot de tout. N'empêche que les petits commerçants orientaux m'étonnent toujours : l'endroit où ils placent leur curiosité, la façon dont ils l'expriment.

A propos de l'Islam, le Dissident internationaliste hier m'a sorti toute une théorie politique : "La notion de pouvoir de droit divin, m'a-t-il dit, est une notion chrétienne, pas musulmane . Les musulmans ne peuvent pas considérer qu'un pouvoir vient de Dieu, c'est de la mécréance à leurs yeux. Ils pensent que les hommes doivent construire un pouvoir s'appuyant sur les règles divines, ce qui est autre chose, puisque les règles divines sont établies en principe à partir d'une libre discussion des textes divins et les non musulmans sont censés pouvoir se gouverner selon leurs propres lois au sein d'une société musulmane. (cette liberté est dans les faits entravée très souvent certes, et pour les musulmans et pour les non musulmans !!!) 

On peut évidemment discuter ces principes aussi, mais ce n'est quand même pas la même chose que le pouvoir de droit divin, puisque le droit à la révolte contre un souverain injuste est censée être la base de l'islam (certains disent que c'est la raison des dictatures, car aucun musulman ne peut accepter longtemps de se soumettre à un pouvoir, alors il doit être doublement autoritaire pour imposer la peur puisqu'il ne peut pas imposer la servitude volontaire).

Il y a un hadith qui dit :
 
' Quand tu te trouves devant un souverain injuste, lève ta main contre lui, et Dieu sera de ton côté
Si tu ne peux pas le faire, alors lève la parole contre lui, et Dieu sera de ton côté
 Si tu ne peux pas le faire, alors pense contre lui, et Dieu sera de ton côté (mais cela sera compté comme le plus petit degré de la foi).'

La différence fondamentale avec le christianisme, un peu comme dans les pays de l'Est avant 1989, est qu'on apprenait aux gens qu'ils sont libres et ne doivent aucune soumission au pouvoir humain ...après quoi on verrouille. Mais le point de départ reste quelque part le droit à la révolte.

Chez les chrétiens traditionnels (pauliniens disons) on verrouille au niveau du surmoi (et ensuite de la police), chez les autres on verrouille au niveau de la police.

C'est même une des thèses des évolutions dictatoriales de ces sociétés musulmanes (ou bolchéviques ?). Puisqu'au départ on annonce aux gens leur droit à une liberté totale, de peur qu'ils en profitent, on verrouille totalement le pouvoir, encore plus durement. 

C'est un argument qu'on retrouve par exemple presque clairement chez Saddam Hussein qui parlait de ce peuple libre d'Irak qu'il es difficile de canaliser sans réprimer ...Et Rafsjandjani il y a quelques années dans une interview assez franche portant sur l'Irak en guerre civile avait dit quelque chose du genre : avec un peuple libre comme les Irakiens, pour qu'il marche à peu près droit, il n'y a que des dirigeants comme Saddam Hussein qui en sont capables..."


J'ai fait remarquer que la question restait de savoir si cette "philosophie" de Saddam hussein ou de Rafsandjani puise vraiment ses racines dans la conception musulmane de l'homme, ou s'il ne s'agit pas d'une croyance de café du commerce comme quand Pétain disait qu'avec un peuple querelleur (et donc libre) comme les gaulois/français il fallait une main de fer pour les encadrer (et j'ai entendu ça aussi chez les Serbes).

Mon pote que nous appellerons dorénavant "le Sandiniste" est revenu de Savoie où il a passé le weekend avec l'Octogénaire révolutionnaire (un type qui a combattu aux côtés de Castro et du Che et qui bosse encore pour la société venezuélienne Petrocaribe). Il m'a passé un coup de fil. L'Octogénaire lui a donné plein d'idées sur ce que nous pouvons faire pour notre mouvement anti-impérialiste, et le Sandiniste en est revenu requinqué.


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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /2009 23:38
Le Dissident internationaliste m'a annoncé cette semaine qu'il commencerait sans doute à écrire un livre cet été : "des scènes de vie pour parler de gens que j'ai croisés dans mon itinéraire, des gens rencontrés dans des circonstances exceptionnelles, et qui eux-mêmes ne peuvent pas parler parce qu'ils subissent d'énormes censures, professionnelles ou autres".

Ecrire sur les sans voix, pour les sans voix, qui avait été aussi le but de mon premier livre, et la raison pour laquelle je suis devenu sociologue plutôt que philosophe ou historien. Exercice difficile. Je ne suis pas étonné d'entendre cela dans la bouche du Dissident internationaliste, plutôt que dans celle des intarrissables donneurs de leçon (comme il y en a notamment dans la bande à Chomsky).

Je suis fatigué des pauseurs qui n'ont rien à dire. Les auteurs de livres bourdieusiens à la Denord qui enthousiasment les petits cercles libéraux "contestataires" comme le blog d'Edgar. Tous ces gens s'aveuglent. Même feu-Castoriadis que je réécoutais cet après-midi sur Là-bas si j' y suis m'emmerde et, rétrospectivement, je ne m'étonne point qu'il ait été trotskard à l'heure où la classe ouvrière grecque risquait sa peau à être stalinienne.

Les sans voix, eux, croyez le ou non, se trouvent à tous les échelons de la société. Songez que ma chef, dans mon job de juriste, me racontait avant hier comment elle a été chargée dans le cadre d'une de ses missions d'écrire le droit de l'urbanisme du Royaume du Cambodge il y a quelques années. Elle décrivait avec passion les pauvres tenus pour moins que rien, le ministre qui à la télévision dit qu'il ne faut pas les instruire parce qu'ils sont sources d'agitation, et l'introduction de la propriété privée dans ce pays dans les années 1990, oui, vous avez bien lu : la fin du 20 ème siècle, parce qu'avant, le pays était communiste, et auparavant encore, les terres étaient toutes propriétés du roi comme dans l'Empire inca ou l'Egypte des Pharaons. "Le gouvernement cambodgien a décrété que la propriété appartiendrait à celui qui la cultive. Or les analphabètes n'ont pas su démontrer qu'ils cultivaient leur terre et se la sont faite voler".

Bon sang qui dit cela ? Notre distingué auteur de l'article "Cambodge" de l'Atlas alternatif (qui a fait tant parler de lui par la suite et n'a jamais mentionné l'Atlas alternatif dans sa biblio) l'a-t-il dit ? Hé bien cette dame aussi est à sa manière une sans voix, parce que son statut professionnel lui interdit absolument d'écrire ce genre de chose.

Alors lisez les bourdieusiens en chef, ou les chomskyens en chef, ou les castoriadisiens en chef si ça vous chante. Mais je vous le dis : toute cette engeance m'emmerde profondément. Je leur préfère cent fois les sans-voix, les gens qui ne savent pas faire la promotion de leur livre comme le Dissident internationaliste (et qui n'ont pas leur groupe de fans sur Facebook), les éditeurs qui n'arrivent pas à approvisionner la Fnac dès que dix livres sont vendus, les animateurs de radio qui savent mille fois plus choses sur un pays en guerre (et les mille intrigues prosaïque qu'il y a derrière cette guerre) que les pontes de Sciences Po mais qui n'osent pas écrire là dessus parce qu'on ne les invite pas dans des colloques. Ces gens sont des gens vrais, des gens plus près du réel que les pauseurs. Et tant pis pour ceux qui ne le comprennent pas.
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