Pour faire court, je renvoie sur ces deux sujets au billet d'Edgar (http://www.lalettrevolee.net/article-fran-ois-hollande-en-piste-pour-matignon-39519959.html) sur
son blog, qui cite une bonne analyse de Mélenchon sur le premier sujet et un blog
bruxellois sur le second. Quusque tandem Hollande Sarkozy Royal Bayrou Fillon Cohn-Bendit Lelouche Valls abutere patientia nostra ?
Je recevais récemment le témoignage suivant d’un militant de gauche polonais :
"On peut réfléchir sur le cas de X (un dissident polonais célèbre) qui dirige la
cellule du Parti communiste à la section parisienne de l'Académie polonaise des sciences dans les années 1960, en charge donc de surveiller les intellectuels et scientifiques polonais en séjour à
Paris, et qui, par le biais de ses contacts avec l'EHESS (créée par des financements US pour contrer l'influence "communiste" du CNRS et où officie jusqu'au début des années 1960 Negroponte
chargé du ...recrutement du personnel), passe petit à petit vers l'anticommunisme, officialisé en 1968, ...ce qui va lui assurer de meilleurs revenus. Toucher des honoraires en devises pour des
bouquins ou interviews qu'on donne à l'ouest grâce à ses relations, fait de chaque Polonais dans ce cas un quasi millionnaire avec le change parallèle ...et si en plus on a l'auréole du martyr
tout en s'achetant maisons, bagnoles, etc !!!
La question est pourquoi les pouvoirs polonais acceptent cela et ne le licencient pas de ses postes universitaires en Pologne, ou ne le marginalisent pas au moins, ce que l'URSS ou la RDA vont pratiquer plus longtemps.
Je ne suis pas un adepte de l'histoire policière pour expliquer les processus historique, mais je ne peux nier qu'ils ont été accompagnés par des agents qui ont pu appuyer ces processus
sociaux.
Et cela donne sans doute en partie raison à Staline (pas sur les méthodes certes, mais sur l'analyse des phénomènes et l'omniprésence d'ennemis là où ils pouvaient se manifester). Il
connaissait bien aussi, et pour cause, l'immense servilité des intellectuels. Et comme "patron" recruteur, les USA avaient plus de moyens que l'URSS, et ont donc pu mieux jouer sur la servilité
de ceux qui, étant connus "mondialement" (grâce à qui ???), ne pouvaient pas subir de vraies répressions, à la différence des petits opposants.
Il faut savoir que, dans le cas de Solidarnosc par exemple, il y a quand même des flots de dollars qui ont afflué. Il était plus rentable économiquement pour un Polonais de se voir publier entre 1982 et 1989 par les éditions clandestines qui assuraient des droits d'auteur que par les éditions officielles. J'ai été témoins de ces conversations avec des universitaires de Cracovie à l'hôtel cinq étoiles Cracovia en 1983 ...et ces universitaires étaient admiratifs devant les "capacités d'organisation de ces clandestins qui organisent des maisons d'édition professionnelles et qui payent mieux que les éditions d'Etat" ...naïveté ??? l'argent tombait-il du ciel ou simplement des ventes. Ils semblaient le croire !!!!
J'ai une amie de Poznan médecin émigrée en France qui m'a dit qu'elle a décidé d'émigrer, dégoûtée, quand elle est arrivée à Varsovie au milieu des années 1980, dans le cadre de ses activités clandestines à Poznan et qu'elle a débarqué dans un milieu dissident d'une richesse incomparable, avec celui des classes moyennes polonaises. Elle a compris alors qu'elle s'était faite avoir en trimant la nuit à sortir des tracts au nez de la police, et qu'il y avait beaucoup d'argent à Varsovie chez ses chefs, que les grands pontes de la dissidence se le partageaient ...sous les regards de la police d'Etat qui en récupérait aussi une partie à l'occasion de certaines fouilles, mais sans tuer la poule aux oeufs d'or, la source occidentale : CISL-AFL/CIO-NED-CIA."
Le 24 septembre dernier s’est tenue
à l’école militaire sous le titre « les nécessaires progrès de l’Europe de la défense » une de ces réunions de famille où le centre-droit euro-fédéraliste peut savourer ses petites victoires : de
ces réunions entre gens bien élevés et contents d’eux-mêmes, où ministres et présentatrices se font la bise et se tutoient, sous le « haut patronage » du président de la République (absent), de
la Fondation Robert Schuman, du Constantinos Karamanlis Institute for Democracy et du Center for European Studies.
A défaut de Nicolas Sarkozy, le ministre de la défense Hervé Morin était présent pour clamer avec enthousiasme que, contrairement à ce qu’a déclaré le néoconservateur Robert Kagan – que l’Amérique vient de Mars et l’Europe de Vénus –, « l’Europe peut être tout à la fois Mars et Vénus en même temps ! ». Certes, a reconnu l’ancien conseiller technique de François Léotard, pour des raisons historiques après 1945 notre continent a reculé devant l’usage de la force au-delà de ses frontières, lui préférant le « soft power », mais il n’y a pas de raison pour que cela perdure. Selon lui, l’Europe incarne un message, des valeurs. « Le modèle de société européen, a martelé le ministre à la fin de son intervention, n’est ni celui des Etats-Unis, ni celui de la Chine ou de l’Inde (il a failli dire « encore moins »). Et ce modèle est le plus beau qui existe à la surface de la planète ». L’Europe vaut donc bien quelques dépenses militaires communes.
Après cette profession de foi lyrique partagée par tout l’auditoire un quart de l’amphithéâtre Foch s’est vidé (les hauts gradés obligés d’assister au discours du ministre). Restait aux spécialistes à décortiquer les modalités de construction de cette Europe de la Défense voulue par les fédéralistes comme le moule d’une « nouvelle citoyenneté » de la Mer Baltique à Tamanrasset (ou presque).
Et là, force fut de constater que le tour d’horizon des succès de ce volet de la politique européenne était assez vite effectué : une relève européenne de l’OTAN en Bosnie et en Macédoine, une mission d’interposition en Géorgie montée en seulement trois semaines en 2008, une opération Atalante contre les pirates au large des côtes de Somalie, un projet commun d’espionnage spatial (MUSIS), un ERASMUS militaire, une force commune de transport aérien.
Les difficultés, elles, sont de taille,
et revenaient à demi-mots d’un « panel » de discussion à l’autre : la résistance des britanniques à accepter la création d’un « HQD » (un quartier général permanent) pour les opérations civiles
et militaires, une manie des pays européens (sauf la France) à baisser les budgets de défense à la première crise financière venue, la réticence des opinions publiques à tolérer que des soldats
meurent, le conflit turco-chypriote qui pourrit les relations avec Ankara, pièce importante du dispositif stratégique.
Mais qu’importe. Un bon européiste est un fédéraliste pragmatique : les objectifs sont ajustés au (maigre) champ des possibles. Pas question d’opposer la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) à l’OTAN – l’entrée de la France dans le commandement intégré a mis fin à ce « vieux débat ». Au contraire : tout doit être basé sur la complémentarité. L’Union européenne est fière de savoir conjuguer dans la gestion des crises la dimension civile et l’action militaire d’une manière intégrée, elle pourrait l’enseigner au partenaire étatsunien. Ainsi en Somalie nos accord juridiques nous permettent de livrer les pirates appréhendés sous le drapeau de l’UE dans le cadre d’Atatante aux autorités kenyanes, alors que les Américains, dans le cadre de l’opération parallèle de l’OTAN Ocean Shield sont obligés de les relâcher. Si bien, allait déclarer avec fierté le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes Pierre Lellouche qu’Ocean Shield a périclité et que le SACEUR de l’OTAN aujourd’hui reconnaît que sa structure « complète » celle de l’Union européenne dans la corne de l’Afrique et non l’inverse. A la limite les remarques de plusieurs intervenants laissaient entendre que plus l’OTAN (qui est enlisée dans beaucoup de problèmes bureaucratiques) sollicitera une action de la PESD, plus cela la légitimera… Autrement dit rien ne se fera sans le soutien de l’Amérique. De ce point de vue là l’empêtrement de Washington en Afghanistan serait presque une aubaine pour faire émerger un besoin de PESD sur d’autres théâtres d’opérations – notamment ceux où les soldats américains ne sont plus acceptés comme l’Afrique et le Proche-Orient –, si toutefois cette même crise afghane n’absorbait par ailleurs aussi vainement une bonne part des budgets européens, refroidissant ainsi l’ardeur interventionniste de tout le monde. Et du reste pour l’instant la PESD indiffère à ce point l’OTAN qu’il n’existe même pas d’interconnexion entre les missions de l’une et de l’autre sur leurs théâtres d’opérations (à Kaboul, et au Kosovo).
Après la pause déjeuner devant un auditoire franchement clairsemé les vérités désagréables ont ressurgi dans le panel consacré au marché de l’armement. Cette fois la tonalité devenait franchement amère : l’ardeur libéralisatrice de la commission, exprimée par une directive récente, a dû s’arrêter aux particularités de ces « marchandises » que sont les armes au regard de la souveraineté des Etats a souligné le représentant de la Délégation générale à l’armement. La recherche et développement en ce domaine reste l’affaire de trois ou quatre Etats pas plus. Les Etats membres ont quand même accepté le principe de préférence communautaire a reconnu le directeur général international de Dassaut Aviation Eric Trappier, ce qui peut laisser espérer que certains parmi les plus atlantistes cessent de s’approvisionner en armes américaines… sauf, a-t-il immédiatement déploré, que la moitié des dépenses de recherche aujourd’hui vont dans le projet d’avion anglo-américain JSF (Joint Strike Fighter) que la firme américaine Lockheed. Il n’y a plus, a reconnu le secrétaire d’Etat Pierre Lellouche en conclusion, de grands programmes d’armement comme dans les années 1990. L’Europe, qui investit trois fois moins dans ses programmes que les Etats-Unis, disperse ses dépenses sur trois programmes d’avions, six programmes de sous-marins, une vingtaine de programmes de blindés. Quand on sait comme disait le secrétaire d’Etat que « sans grand programme d’armement il n’y a pas d’industrie d’armement, et sans industrie d’armement il n’y a pas de défense européenne », les chantres de l’Europe de la défense paraissaient soudain un peu nus… heureusement, à cet heure tardive de l’après-midi, il n’y avait plus grand monde pour entendre ces dures vérités.
différents sur le plan
politique veulent aller où se rendent les jeunes filles et cela crée une masse critique dans les manifestations pour provoquer une perte de confiance dans la capacité d'un régime à faire
prévaloir son point de vue. Pour paraphraser Marx, les jeunes hommes sentent qu'ils n'ont rien à perdre sauf leur virginité (...) Les élections en Moldavie ont été le remake des élections d'avril
qui ont poussé 10 000 manifestants dans les rues contre les communistes au pouvoir Les organisateurs du premier jour de manifestations pacifiques incluaient Natalia Morar, qui a répandu sur
les websites de création de réseaux le mot d'ordre de défense de la démocratie. Natalia est jeune et indéniablement attirante, mais elle expose aussi les imites de cette théorie. La beauté
seule ne suffit pas - il faut aussi un cerveau, de l'engagement et du courage. Natalia a pris des risques personnels pour défir le régime ".
Des pays méridionaux comme l'Espagne en sont beaucoup plus conscients, pour ne pas parler de
l'Italie dont la moitié nord est infiniment marquée par la culture allemande catholique méridionale, celle de Bavière et d'Autriche (je pense à une aostienne que j'ai connue et qui était folle de
Falco qui est, à mon avis, dans le bouillon postmoderne commercial la trace la plus vivace et la plus nostalgique de la cacanie habsbourgeoise).
Le texte part d'un bon sentiment : critiquer les écologistes et leurs tendances
obscurantistes. Mais est-il opportun d'utiliser cet angle d'attaque : le soutien écologiste au nationalisme catalan ?
"When British Prime Minister Gordon Brown heard about Susan Boyle's collapse, he
phoned the judges of Britain's Got Talent and spoke to Piers Morgan and Simon Cowell to make sure that she was all right.
That's very reassuring. But he would have been attacked for being unfeeling if he hadn't. It seems impossible for politicians not to get sucked in to the mob hysteria of a cultural
event.
Politics -- which should be about reason, ethics and debate -- has been dragged into the swamp of emotions. "
Nicci Gerrard , Her sadness and our shame, Irish independent
news, 3 juin 2009 (l'ensemble de l'article est très bien sur les hystéries médiatiques)
Comme un militant du parti de Dupont-Aignan (DLR, gaulliste, parti fort maltraité par les
médias) appelait, comme au temps de Chevènement, à une alliance gauche-droite, du Front de gauche aux gaullistes, j'ai fait les remarques suivantes dans un commentaire libre :
Parcouru hier "L'Europe sociale n'aura pas lieu" du camarade Denord (que j'ai un peu connu naguère) et de François Schwartz (chez Raisons d'agir). Un bouquin pas
terrible, journalistique (Bourdieu ne doit plus trop reconnaître les siens). Mais le titre à lui seul rejoint ma thèse : il faut envisager une sortie de l'UE si l'on veut pouvoir construire quelque
chose sur ses ruines ...
Ce n'est pas parce que les médias ne disent rien qu'il ne se passe rien. Béatrice Guelpa au
téléphone ce matin me signalait que les F16 israéliens bombardent encore régulièrement des tunels et divers autres objectifs à Gaza.
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