ntrée par Facebook. Nous avons parlé un peu au téléphone. Son profil m'intéressait parce que non contente de faire du hard, elle se dit d' "extrême gauche" et engagée contre la religion
(comme vous le savez, si politiquement je soutiens le dialogue avec les religions dans les sociétés postcoloniales, notamment l'Islam, philosophiquement je suis athée). A y regarder d'un peu près,
c'est une hardeuse un peu "hors circuit", même si elle a fait pas mal de plateaux TV.
La Cinéaste (40 ans, à propos de l'inscription de son court-métrage à des festivals) : "En fait, c'est moi même qui inscrit le film aux festivals. Vieil adage: on n'est jamais mieux servi que
par soi même. Je préfère faire un maximum de choses toute seule, autant qu'il est possible, parce que évidemment on ne peut pas tout faire tout seul. Ainsi je m'en prends qu'à moi même lorsque ça
ne marche pas. On vit une époque profondément individualiste et narcissique, même si j'avais payé des gens, il n'est pas sûr qu'ils se seraient investis autant que je m'investis. Le capitalisme
en soi n'est pas une mauvaise chose, à petites doses. Je préfère être mon propre patron. Ensuite il s'agit juste de ne pas avoir de mecs dans les parages parce qu'ils prennent beaucoup d'énérgie
et de temps, de s'autodiscipliner. Le revers de la médaille pour ce temps et cette disponibilité est que je me suis affranchie d'une certaine normalité, (enfants, couples, crédits). Il
n'est pas forcément facile d'être un Robinson Crusoe"
L'Historienne (35 ans) : "Yesterday another dinner in Bridget's style...unfortunately no mark darcy around but only discussions about kids, weddings, and the annoying rest...that is: how come
you are not married? don't you want a baby? are you a lesbian? you know motherhood is natural for women. funny was that I was struggling to explain the discourse behind all these questions but
nobody seemed to understand. I then embraced a bottle of rum and fell asleep on a wonderful designed sofa."
Deux messages lus en 48 h. Deux femmes entre 35 et 40 ans qui renoncent à la maternité, à la vie de famille, pour poursuivre un projet personnel (avec toujours le risque que ce soit une chimère,
et le risque d'être taxées d'égoïsme ou de "déviance" au sens de la psychologie sociale). Et qui s'inventent un discours ou un imaginaire légitimant leurs actes. L'une Robinson Crusoe, l'autre
Bridget Jones et le constructivisme sociologique à la mode chez les intellos ("struggling to explain the discourse behind all these questions"). Moi qui ai fait partie des pères qui ont
consenti tardivement à la procréation, sous la pression de la mère de mon fils qui y tenait absolument, je ne peux que m'interroger sur la manière dont le renoncement à l'enfant s'articule
chez ces femmes (et j'en connais pas mal comme ça, surtout dans le milieu militant).
Je ne puis prétendre avoir de réponse complète à ce genre de questionnement (il y en a autant que d'individus, et nul individu ne sait lui-même comment s'agence en lui tel ou tel choix de vie). Je ne puis que collecter les mots, les paroles de justification. Drôle de pari que celui de renoncer à la descendance pour l'oeuvre. Est-ce un pari conscient ? délibéré ou contraint ? ne conduit-il pas au choix de l'éternelle adolescence avec les atouts mais aussi les faiblesses (l'inconstance, le solipsisme) que cela implique ?
Souvenir des mots durs de Friedrich Nietzsche contre "les feministes qui ne veulent plus que la femme procrée" - des mots qui visaient le "niilisme" moderne. Souvenir des sectes chrétiennes au 1er siècle qui prônaient l'arrêt complet de la procréation pour hâter l'Apocalypse. Les propos malthusiens récents d'Yves Cochet contre la procréation m'y font penser. Un problème d'une complexité vertigineuse.
Pourquoi ai-je consacré mon dernier compte-rendu dans Parutions.com au livre de Jean-Paul Benglia qui n'est qu'un petit manuel
grand public pour aider les gens à dépasser leur timidité, plutôt qu'à des livres "sérieux" comme "Pourquoi les chimpanzés ne parlent pas
La photo figure sur http://www.exile.ru/blog/detail.php?BLOG_ID=16585&AUTHOR_ID=
Le titre "Vacationing Russians Experience Culture Clash"
Le sous-titre "Hurgada culture clash: A Russian slut dry humps her drunk vacation-sponsor's tailbone (foreground), while in the background, a fully-burqa'd Egyptian woman drowns herself to
avoid the shame of watching her daughter Go Russian."
Benjamin Barthe"
D'un point de vue féministe, où est la véritable libération, la véritable dignité, de la femme ? dans l'invasion capitaliste qui a démultiplié la prostitution en Europe de l'Est, ou dans la censure morale des islamistes ? D'un point de vue de gauche où est le véritable progrès social : dans les plages seins-nus de la bourgeoisie de l'OLP, ou dans les plages populaires du Hamas où il faut garder le voile ? Réflexe naturel des intellectuels occidentaux sur ce sujet : "ni ni". Ni le foulard, ni la prostitution (cela vous rappelle un slogan n'est ce pas ?). Mais dans la vie réelle, au jour le jour, les peuples doivent choisir. La Troisième Voie idéale dont un maître de conf ou un journaliste bien nourris aiment à rêver dans un bureau n'a pas de moyens concrets de s'imposer dans les faits (ce serait justement au journaliste, au maître de conf, de travailler à sa voie de réalisation concrète s'il voulait y penser d'une manière responsable). Alors, où est le choix raisonnable ?
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