Les Stazinis

Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 15:40
Les étudiants du garçon que j'appelle "Boris" dans 10 ans sur la planète résistante ont monté sur Facebook un groupe de soutien à sa cause parce qu'il a été viré d'une université californienne - un peu comme Graeber de Yale il y a quelques années. Selon eux le licenciement serait dû à ses idées anarchistes.

Ses étudiants écrivent : "He is a Professor in the Sociology department, and for the last year has taught Intro. to Globalization, Social Movements, Globalization and Resistance, and a handful of independent study courses. He is being let go because there is no 'space' for him to teach, even when the most popular classes at USF-- yes, usually those examining globalization-- are over-enrolled and leave many students out. Grubacic is from the Former Yugoslavia and, as a result, has a work visa. If he's let go and cannot find other employment, he will most likely not be allowed to stay in the US."

Ma correpondante italienne qui enseigne aux Etats-Unis a eu ce commentaire :"I'm pissed when people do such things... such as being "the tormented professor from yugoslavia". This group was created by students adoring this professor. Now, American students are pretty orientalistic with foreign professors. They always treat us as the exoticized (from exotic) "other". Do you know what I’m saying? Especially in the case of this guy the fact that he is from former Yugoslavia makes him even more “sexy” to the American leftist gaze. Sorry perhaps I’m not clear but these things drive me insane. It’s the totalitarianism of politically correctness. Like the University of Wisconsin where I wasn’t Jewish enough (*), lesbian enough, war refugee enough to get funding… "

J'ai trouvé cet avis très instructif.

Au fait je viens de créer un groupe autour du livre "10 ans"...

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(*) (Je précise que cette phrase n'est pas antisémite son auteure étant elle-même d'origine sépharade, mais non pratiquante)
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /2009 09:44
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /2009 04:20

Leonard Peltier est un militant amérindien Anishinaabe/Lakota, né le 12 septembre 1944, incarcéré depuis 1976 et condamné à deux peines à perpétuité. Il est membre de l'American Indian Movement. L'organisation Amnesty international le considère comme un prisonnier politique, qui "devrait être libéré immédiatement et sans condition" nous dit Wikipedia. Un certain Jean Marc Bertet a écrit sur sa situation dans Le Monde Diplo de décembre 2002. En surfant sur le web je tombe sur un site consacré à sa cause et abandonné en 2004 par son créateur visiblement amer (http://membres.lycos.fr/freepeltier/). On y apprend que le Comité Francophone pour la Libération de Leonard Peltier a été dissout en 2003. Il y a un autre comité de soutien en France sur http://freepeltier.free.fr/. Une pétition circule en sa faveur. Renaud a chanté pour lui. Le comité de soutien états-unien est sur http://www.whoisleonardpeltier.info/.

Pourquoi vous parlé-je de cette affaire aujourd'hui ? Parce que l'indépendantisme des Lakota m'intéresse. A toute personne qui défend l'indépendance du Tibet, il faudrait proposer de défendre d'abord celle des Lakota, car si la culture tibétaine en Chine décline pour cause d'industialisation, celle des Lakota a été parquée, après une spoliation massive des terres. L'injustice dont les Sioux lakota furent victimes est donc de plus grande ampleur. En outre, si l'espérance de vie au Tibet est de 67 ans, elle est de seulement 44 ans chez les Sioux lakota aux Etats-unis.

 

Si l'on en croit certaines précisions sur Daily Kos, Russell Means  qui a proclamé la sécession, ne représenterait qu'une faction des Sioux. Sa tribu située dans la réserve de Pine Ridge à Porcupine n'est qu'une branche de la tribu Oglaga. L'AFP dans sa dépêche du 23 décembre 2007 reprise par le site de l'Atlas alternatif aurait  un peu trop vite présenté Russell Means comme le représentant légitime des Lakota. Mais Russell considère les représentants élus des Lakota comme des vendus.

En surfant sur le Net, je trouve encore un reportage sur les propos de Russell Means à propos de Gaza, et un site de soutien. Je ne suis pas certain que tout le programme politique de Russell Means soit crédible. Mais je crois que le mouvement qu'il essaie de lancer est intéressant.

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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /2009 14:27

Je recommande aux lecteurs français l'article de Pat Buchanan en défense de Charles Freeman, un homme de Kissinger qui a dirigé le Middle East Policy Council. Le lobby AIPAC l'a attaqué de front pour ses positions "pro-arabes" et ses liens avec l'Arabie Saoudite et la Chine, empêchant sa nomination au National Intelligence Council. L'article illustre une fois de plus l'hostilité des conservateurs états-uniens "de la vieille école" au dévoiement de la politique états-unienne au service d'Israël. Cela rappelle ce que nous disions sur Paul Craig Roberts devenu la coqueluche des anti-impérialistes français, même à gauche. Dans la même veine voir Doug Bandow "So-Called Isolationists Are the True Internationalists"

Au fait, puisqu'on parle de ce que font la droite et la gauche contre l'impérialisme, pourquoi est-ce Dupont-Aignan et pas un parti de gauche qui lance cette semaine une pétition contre la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN ?

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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /2009 12:26
Les Inrockuptibles l'annonçaient le 11 mars dernier et d'autresorganes de presse avec eux : Dans une tribune publiée sur le site « World Net Daily », Chuck Norris, héros de Delta Force et de la série Walker, Texas Ranger, affirme que dirigé par un gouverneur « qui en a » le Texas pourrait faire sécession. Et ce gouverneur, ça pourrait être lui.

Ce "buzz" médiatique a été pris très au sérieux par la bande à Meyssan du Réseau Voltaire qui en profite pour ressortir la vieille thèse d'Igor Panarin (ancien directeur adjoint du KGB puis porte-parole de l’Agence spatiale russe, actuel doyen de la faculté de Relations internationales de l’Académie diplomatique de Moscou, auteur d’un ouvrage sur l’œuvre de Thierry Meyssan) étudie la possible dislocation des USA sur le modèle de l’effondrement de l’Union soviétique. D'après lui, cet éclatement devrait débuter en 2010, pour aboutir à une fragmentation en pays distincts :
 la côte Pacifique (dominée par la population d’origine chinoise),
 le Sud (dominé par la population d’origine mexicaine),
 le Texas (comme république autonome),
 la côte Atlantique (dominée par la population d’origine européenne, susceptible de se scinder en deux avec les anglo-saxons et latins),
 les grandes plaines (qui reviendraient alors aux Indiens).
 en outre, l’Alaska pourrait retourner à la Russie et Hawaï au Japon.

Une vision passablement "racialiste" de l'identité états-unienne à laquelle je ne crois guère. Kadhafi dans les années 1980 avait suggéré d'une façon encore plus grossière que les Etats-Unis pourraient être divisés en 3 Etats (indiens - la moitié Ouest -, blanc au Nord Est, noir au sud-est).

Mais il est vrai que ces fantasmes sécessionnistes disent quelque chose de notre époque, et, aux Etats-Unis, ils expriment la fragilité du lien social dans ce pays. J'avais fait un dossier en décembre 2007 pour le blog de l'Atlas alternatif sur le sécessionnisme des Indiens Lakota qui tendaient la main à Chavez.Je suis tombé ce matin sur Joseph Lafferty, chef sioux lakota, qui rend compte de l'accueil que lui a réservé Chavez en janvier 2008. L'histoire ne dit pas s'ils ont obtenu l'aide financière qu'ils sollicitaient.
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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /2008 14:10
Quoi que l'on pense des doctrines économiques du libertarien Pat Buchanan, ses analyses internationales sont toujours pertinentes. Je conseille donc la lecture de son intéressant article sur ce qu'Obama devrait faire pour améliorer à court terme les relations russo-américaines : http://www.antiwar.com/pat/?articleid=13811.
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Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /2008 17:34
On voit la haine anti-russe enfler dans les journaux, comme la haine anti-chinoise à la veille des JO. Toujours la même aversion des Occidentaux contre tout ce qui s'oppose à leurs intérêts économiques et militaires. Toujours la même mauvaise foi de la propagande : on veut nous faire croire que les Russes ont attaqué, alors que la chronologie des événements montre les provocations géorgiennes en juillet, et l'invasion GEORGIENNE dans la nuit du 7 au 8 août. Mais les médias se foutent des faits. Nous nageons dans un totalitarisme mou bien écoeurant.

Un ami m'envoie un article " Israel backs Georgia in Caspian Oil Pipeline Battle with Russia‏". Je ne crois pas du tout que le sionisme ait joué un rôle important dans cette affaire (même si les radars géorgiens viennent d'Israël). Nous n'avons pas besoin du sionisme pour chercher querelle à la Russie : les grandes puissances eurasiatiques gênent nos intérêts, nous faisons donc tout ce que nous pouvons pour les gêner, provoquer des guerres en leur sein, les discréditer. C'est tout. Quand  je dis "nous" évidemment, il y a des nuances. Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères dans La Stampa aujourd'hui met en garde contre une "coalition anti-russe". "Nous" ce sont les Occidentaux dirigés par les Anglo-saxons, comme toujours. Mais des puissances comme l'Italie et l'Allemagne, qui ont moins intérêt au bras de fer avec les Russes (pas seulement pour le gaz), renâclent. La fête anti-serbe il y a dix ans leur plaisait. La fête anti-russe aujourd'hui les inquiète.

Une amie russe évoquait hier dans un mail les atrocités commises par les soldats géorgiens : "one woman saw how a Georgian tank killed an old woman with two little children by weels, another saw how a Georgian solder cut a 1,5 years old boy with a knife and so on" (une femme a vu un tank géorgien tuer une vieille dame et deux enfants sous ses chenilles, une autre a vu un soldat géorgien découper un enfant d'un an et demi avec un couteau). Vrai ou faux, allez savoir. Il est vrai que les atrocités se déchaînent pendant les guerres. Rien de nouveau à ce sujet. Et, dans le Caucase, les moeurs ne sont pas tendres, tout le monde le sait également. Mais bon, allez, gageons que de toute façon Bernard-Henry Lévy, Glucksman, et les autres intellectuels à gage ne feront pas campagne pour qu'on connaisse les crimes de guerre commis par l'armée géorgienne (les Ossètes du Sud parlent de 1 600 civils tués en 24 h, sur une population de 99 400 habitants, dont un tiers avaient d'ailleurs été évacués !).

Les Etats-unis aident les Géorgiens : leurs avions de transport de troupes ont rapatrié les 2 000 soldats géorgiens stationnés en Irak (http://fr.rian.ru/world/20080811/115952146.html).

Selon le cabinet de conseil Stratfor Washington avait sous-estimé l'armée russe (http://www.stratfor.com/memberships/121623). Le conflit en Ossétie du Sud a démontré la capacité de Moscou à mener des opérations militaires et à s'imposer face aux troupes formées par des instructeurs américains, ce que les Etats-Unis n'avaient pas cru possible. C. J. Chivers  du New-York Times parle aujourd'hui d'une possible catastrophe pour les USA et fait état des doutes de certains spécialistes sur le soutien apporté à Saakachvili (http://www.iht.com/articles/2008/08/11/europe/11ticktock.php?page=1). Si tel était le cas, au moins ce conflit pourrait jouer un rôle dissuasif pour l'avenir. En tout cas il y aurait tout lieu de se réjouir si le régime de la "révolution des Roses" s'effondrait dans l'offensive qu'il a provoquée. Plus les têtes-brûlées qui se croient tout permis du fait du soutien que leur accorde Washington se briseront les ailes plus nous aurons des chances de pouvoir rétablir des ponts entre les peuples et faire reculer la logique du "choc des civilisations".

FD

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Mercredi 11 juin 2008 3 11 /06 /2008 10:34

Dans l'Hommage à la Catalogne, Orwell raconte comment la garde civile (si je me souviens bien), qu'il assimile à une police politique communiste, car c'est l'époque de la République espagnole finissante très liée à l'URSS, débarque chez lui et sa maîtresse à Barcelone. Il observe que ces hommes ont malgré tout la retenue de ne pas aller fouiller sous son lit, et en conclut (on est en 1938) que même si l'Espagne devenait une République soviétique, elle ne serait pas totalitaire, car sa police garde une sorte de respect de la personne humaine. A la lecture de la dépêche ci dessous, on comprendra que ce respect ne caractérise pas le système étatsunien qui vient de franchir un nouveau seuil dans le mépris pour l'individu. The land of the free est un pays où je souhaite ne jamais me rendre tant qu'il sera gouverné par ce genre de fascisme.

FD

Etats-Unis: des scanners d'aéroports qui voient sous les vêtements

NEW YORK (AFP) - Dix aéroports américains, dont JFK à New York et l'aéroport international de Los Angeles, ont commencé à installer des scanners qui permettent de voir sous les vêtements des passagers, a annoncé le Département américain des Transports.

Ces cabines transparentes se referment complètement sur le passager, et émettent des "ondes millimétriques" qui percent les tissus à la recherche de métaux, céramiques, plastiques, matériaux chimiques ou explosifs, précise l'autorité de sécurité aérienne sur le site internet du Département des transports.

L'image en trois dimensions, transmise à un agent dans une pièce séparée et fermée, brouille le visage, poursuit le texte.

L'opération dure quelques secondes et doit remplacer les fouilles au corps. Mais Barry Steinhardt, directeur du programme "technologie et libertés" à l'association de défense des libertés ACLU, a déclaré à l'AFP que "les gens n'ont aucune idée à quel point les images sont graphiques", et assure qu'on peut notamment distinguer les formes d'un passager et notamment son sexe.

L'association souligne sur son site que l'appareil révèle des "détails hautement personnels du corps, tels que des traces de mastectomies, des sacs pour colostomies, des implants pour pénis, des tubes cathéter ou la taille des seins ou appareils génitaux".

Lara Uselding, du Département des Transports, rappelle cependant à l'AFP que les passagers ont toujours le choix "entre l'imagerie corporelle et la fouille au corps" traditionnelle.

Le gouvernement américain prévoit l'installation de 30 appareils supplémentaires avant la fin de l'année. En Europe, l'aéroport d'Amsterdam Schiphol utilise déjà ces scanners

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Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /2007 17:47
Une mention positive aujourd'hui pour la question du citoyen d'une petite ville du nord de l'Iowa Randall Rolph  à Hillary Clinton, après que celle-ci ait voté le 3 octobre au Sénat l'amendement Kyl-Lieberman qui classe les Gardiens de la Révolution iraniens parmi les organisations terroristes. Rolph a demandé à Mrs Clinton : "Pourquoi soutiendrais-je votre candidature s'il apparaît que vous n'avez pas tiré les leçons des erreurs du passé ?" Selon Rolph en effet le vote de l'amendement implique naturellement un droit d'attaque militaire de l'Iran.

Les bonnes questions se reconnaissent au fait qu'elles fâchent. Mrs Clinton a perdu son sang froid, en accusant Rolph de lire une question "que manifestement quelqu'un lui a envoyé". Rolph a correctement répliqué à cette attaque très basse, qui laissait entendre que Rolph était manipulé (comme Connie Mack avait accusé Charles Barron d'être acheté par Chavez - cf http://delorca.over-blog.com/article-6779493.html)
  



Les sénateurs démocrates Joe Biden et Christopher Dodd challengers de Mme Clinton à l'investiture ont voté contre l'amendement Kyl-Lieberman.

Pour une déclaration de Mme Clinton à la tribune du lobby pro-israëlien (AIPAC) qui n'exclut "aucune option" contre l'Iran ("No option can be taken off the table"), cliquer sur la vidéo ci-dessous. La sénatrice Clinton apparaît de plus en plus comme la candidate du parti belliciste aux Etats-Unis, pour prendre la relève de Bush.

 

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Dimanche 2 septembre 2007 7 02 /09 /2007 12:30
Le succès du film et de la série télévisée Les Simpsons en Occident en ce moment : comme un appel à l'aide des classes moyennes, petites bourgeoises. Soumises au productivisme, aux normes d'optimisation dans tous les domaines (le travail, le sexe, la consommation, l'éducation des enfants), elles cherchent un contremodèle fantasmatique : Homer Simpson, le loser délirant, et le petit monde de Springsfield.
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Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /2007 14:27

J’apprends toujours beaucoup sur notre monde en rédigeant les nouvelles du blog de l’Atlas alternatif. Hier j’ai découvert d’existence de Charles Barron, conseiller municipal démocrate du 42 ème district de New York, et son débat bref mais intense avec le député républicain de Floride Connie Mack, l'homme du lobby des millionnaires cubains de Miami sur Fox News (repris sur You tube). Il suffisait de regarder la tête de ces deux hommes pour voir lequel des deux était le plus honnête. Et, bien sûr, cela se confirmait en les entendant. J’ai découvert sans grande surprise que le député de Miami avait été à l’initiative de tout ce qui, au cours des quinze dernières années, en matière de dispositif légal imposé par les USA, avait pu nuire au peuple cubain et à l’émancipation des peuples d’Amérique latine.

Je me suis renseigné du coup sur Charles Barron. J’ai appris qu’il avait été membre des Black Panthers. J’avoue ne pas connaître grand-chose à ce mouvement, bien que le Temps des Cerises, si je me souviens bien, leur a consacré un bouquin. Je me souviens que Diana Johnstone en avait connu certains militants, et n’en disait pas que tu mal. Romain Gary aussi (un gaulliste pourtant) les traite avec une certaine sympathie, je crois, dans Chien Blanc, alors que l’histoire officielle passe son temps à stigmatiser leur « extrémisme ». Depuis ma jeunesse je n’entendais jamais parler que de « repentis » de ce mouvement. Avec Charles Barron nous avons au moins un homme qui essaie de faire quelque chose de constructif sans renier son credo anti-impérialiste de jeunesse. Pas étonnant donc que les textes qui parlent de lui sur Internet l’accusent de toutes sortes de maux, à commencer par le « racialisme » - certains parlent surtout de racisme.

J’observe tout d’abord qu’il ne doit pas être facile de faire de la politique en tant que noir aux Etats-Unis, même aujourd’hui, et même quand on est un « oncle Tom » - ainsi les appelait Mugabe – comme Collin Powell ou Condolezza Rice. Il doit falloir se faire une bonne autosuggestion quotidienne pour se dire qu’on est à sa place, qu’on est malgré tout fidèle à ses ancêtres, que les Etats-Unis peuvent devenir un jour, sans révolution de ses structures, un pays réellement multiracial, un pays qui pourra cesser d’avoir 50 % de Noirs dans sa population carcérale, et qui cessera d’opprimer les Noirs d’Amérique du Sud et d’Afrique. Ce doit être d’autant plus dur quand on a face à soi en permanence des Connie Mack qui, comme le dit Barron dans le débat, incarne la « suprématie de l’homme blanc » avec la pire des arrogances, et une horrible mauvaise foi.

On m’objectera peut-être qu’un engagement universaliste à gauche ne devrait pas prendre en compte la spécificité des couleurs de peau, le racialisme étant l’anti-chambre d’une dérive vers l’extrême-droite. Mais ce serait faire preuve d’un irréalisme complet. On ne peut pas faire comme si les gens n’avaient pas de couleur, ni comme si un député noir valait un député blanc dans l’imaginaire des gens ordinaires. Le communisme soviétique a échoué à éradiquer le racisme de sa sphère d’influence à force de l’ignorer et de le noyer dans un internationalisme artificiel. Pour affronter le problème des discriminations raciales, comme des discriminations de genre, il faut commencer par les intégrer comme des données identitaires importantes du débat politique. Et, même si les militants de la cause noire, comme les militants du féminisme, dérapent parfois dans le communautarisme, on ne peut pas en tirer argument pour nier cette dimension objective des rapports humains dans le débat politique.

Puisque nous parlions du Venezuela dans cet article, j’observe que la révolution bolivarienne elle-même a décidé de prendre en charge cette thématique. Je crois me souvenir qu’il y a quelques mois un article de la revue du MRAP abordait cette question : Chavez, en jouant de son propre métissage, se pose en défenseur des gens de couleur. Je ne crois pas qu’on doive l’en blâmer. Le réalisme l’y oblige. Il ne peut pas faire comme si les gens les plus opprimés de son pays n’étaient pas en même temps les plus colorés.

A part cette question du racialisme, on reproche à Barron ses accointances avec Mugabe et Castro. Mugabe et Castro sont sur la scène mondiale dans la même position d’un Charles Barron face à un Connie Mack sur la scène de Fox News. Ils jouent une partie inégale face à un joueur malhonnête (le système politico-économique issu de la révolution capitaliste occidentale) qui a tous les atouts dans sa manche. On peut facilement ensuite leur reprocher leurs faux pas. C’est comme si l’on organisait une course entre un homme à pied et un homme à cheval et si l’on reprochait au premier de chanceler après avoir franchi la ligne d’arrivée. Moi, je trouve que l’alliance entre Barron, Castro et Mugabe – qui n’est d’ailleurs sans doute pas une alliance solide, forgée à coups de dollars comme l’en accuse Connie Mack – a quelque chose de profondément respectable, au milieu du cynisme de ce monde, quels que soient les défauts respectifs de ces trois hommes et des politiques qu’ils incarnent.

J’observe au passage que nous n’avons pas, nous, en France, des élus qui ont conquis de haute lutte des districts miséreux, composés d’underdogs, de laissés-pour-compte basanés, et qui portent une voix anti-impérialiste dans les grands médias. Aux Etats-Unis il y a Charles Barron, en Grande-Bretagne George Galloway. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, que je garde pour une autre fois.

Pour terminer je voudrais signaler aussi à quel point nous ignorons l’histoire des dominés, la façon dont ils l’ont vécue, la manière dont ils la racontent. J’en ai pris conscience davantage encore samedi dernier en allant voir le très bon film de Barbet Schroeder sur Me Vergès. Le film parle abondamment de Jamila Bouhired (qui fut l’épouse de Me Vergès), ce qu’elle a représenté pour les indépendantistes algériens, pour les Palestiniens, pour tout le Tiers-monde en révolte au tournant des années 1960. J’avoue ne jamais en avoir entendu parler auparavant. Il est vrai que j’ai grandi dans la culture bourgeoise de Sciences Po et des médias. Mais j’ai regardé sur Internet. Les mentions de ce nom y sont des plus rares. J’ai regardé le livre d’Annie Cohen-Solal sur la vie de Sartre. Elle y détaille sur trois pages le procès du réseau Janson (dont Barbet Schroeder ne dit rien), fait référence au rôle qu’y tint Vergès, mais ne cite le nom de Jamila Bouhired qu’une fois en passant dans la liste de condamnés à mort sans un mot sur le symbole qu’elle a représenté.

Cette ignorance de l’histoire des peuples colonisés devrait inciter tout le monde (et notamment les dominants) à la plus grande modestie à leur de se prononcer sur les grands problèmes de notre temps…

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Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /2006 09:45

A signaler, un article intéressant sur les pertes militaires états-uniennes en Irak depuis 2003. Evaluées officiellement à 3 000 hommes tués, ce chiffre pourrait être en réalité de 15 000 voire 25 000 sur les 144 000 soldats états-uniens présents en Irak. Le bilan réel des guerres n'est généralement connu que longtemps après. Ainsi, une association d'anciens combattants de la guerre du Vietnam aux Etats-Unis a-t-elle récemment réévalué à 78 000, au lieu des 58 182 officiellement reconnus, le bilan des pertes états-uniennes pendant cette guerre - source www.albasrah.net .

A noter aussi qu'en ce moment le Premier Ministre du gouvernement collaborationniste irakien, Maliki, fait l'objet de nombreuses critiques de la part du gouvernement Bush, critiques dont la grande presse occidentale se fait l'écho. Selon des sources irakiennes de Falouja l'occupant étatsunien préparerait un coup d'Etat contre son protégé, accusé de se rapprocher trop nettement de Damas et de Téhéran - source http://www.quibla.net/iraq2006/Iraq9.htm.

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