"Iran : nouvelle
provocation Test d’un missile de longue portée Shahab 3" titre Yahoo!-la-voix-de-son-maître ce matin. Comme s'il n'était pas légitime qu'un pays assiégé, et menacé d'être
bombardé, teste ses armes pour au moins savoir s'il pourra répliquer à l'agression. Selon la rhétorique journalistique il faut toujours accepter d'être anéanti. Se défendre est une provocation
par Frédéric Delorca
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J'ai posté la petite remarque suivante sur
http://lalettrevolee.net/.
"J'ai le sentiment que les européistes sont si convaincus que les souverainetés nationales sont dépassées qu'ils traitent le "non" français de 2006 comme une sorte de sécessionisme à la manière de
celle des partisans de la Padanie en Italie. Plus ou moins consciemment (mais cela transparaît bien dans leur discours conscient), ils se disent que la France est un pays riche, notamment
riche de ses politiques sociales, de son système de santé (une "Union soviétique de luxe" disait The Economist*) et qu'à ce titre il est normal qu'elle veuille faire sécession, comme la Padanie
veut quitter l'Italie, parce qu'elle est plus riche (en valeur ajoutée) que le Sud. Mais à leurs yeux un principe premier d'unité légitime qu'on ignore le "non" français à l'Europe, comme aux
yeux des Italiens est inacceptable le "non" padanien à l'Italie qui pourrait émerger si un référendum y était organisé. Nous sommes devenus les Padaniens de l'Europe... "
* en fait l'expression "luxury Soviet Union" à propos de la France figure dans le Sunday Times du 12 août 2007 sous la plume de
Matthew Campbell (
http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article2241652.ece?print=yes&randnum=1186920036640).
Mais je suis pratiquement sûr de l'avoir lue dans "the Economist" auparavant.
par Frédéric Delorca
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Que restera-t-il de notre époque ? Que restera-t-il de toute cette écume
journalistique, et notamment du journalisme politique de Finkielkraut, si superficiel, dont j'entendais encore une émission ce matin ? - Finkielkraut dit la même chose depuis 20 ans, par exemple
sur l'opposition entre le 68 tchèque et celui de Paris, c'est de la pure propagande. Que restera-t-il aussi de ce journalisme ampoulé de Ramonet qui dit des choses justes mais les gâche avec des
"en quelque sorte", "d'une certaine manière" qui donnent le sentiment qu'il ne croit pas en ce qu'il dit - parce qu'à Paris il est toujours important de ne jamais trop croire (voir les
vidéos ci dessous).
Mais poser la question de cette manière, c'est peut-être déjà faire preuve d'un trop grand optimisme. C'est penser que quelque chose de l'intellect humain survivra à la contamination
journalistique pour pouvoir un jour la dépasser et la juger rétrospectivement comme un accident du passé, or rien dans les institutions (dont toutes peuvent être balayées par la démagogie et le
marché souverain) ne garantit la moindre survie d'une indépendance intellectuelle l'égard de ce phénomène.
Il y a un risque dans le slogan "don't hate the medias, be the medias" : que tout le monde se résigne à n'avoir qu'une approche médiatique du monde, même sur un mode alternatif.
par Frédéric Delorca
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Par chance je ne regarde pas la TV en ce moment, mais je perçois à travers Yahoo! , la curieuse image que la France se donne d'elle-même à travers des titres comme "Ingrid rentre chez elle" ou
"Ingrid Betancourt respire à nouveau l'air de sa "douce France" " qui était le titre de l'AFP hier, et les photos qui vont avec. A vrai dire je trouve cela de plus mauvais goût encore que les
clichés de la coupe du monde de football de 1998. La presse aime les effusions émotionnelles, c'est bien connu. L'esthétique qui en résulte laisse à désirer. Il serait dommage qu'ensuite
notre pays ne puisse se penser lui-même, se représenter lui-même, inconsciemment, que sous ces traits-là.
Non sans raison certains de mes proches nomment Ingrid "bête en cour". Dans quelques années, si les gens ne sont pas complètement abrutis, ils riront des enthousiasmes de nos médias pour cet
individu. Voir
http://lesesprits-de-l-escalier.20minutes-blogs.fr/archive/2008/07/03/ingrid-bete-en-cour.html
par Frédéric Delorca
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J'ai rendu visite avec quelques amis mardi dernier à l'Association Républicaine
des Anciens Combattants (ARAC) à Villejuif.
C'est une structure très intéressante fondée par Henri Barbusse après la Première-Guerre mondiale. Ce fut longtemps un syndicat d'anciens combattants attaché au Parti communiste français. Son nom
complet aujourd'hui est "Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, des Combattants pour l’Amitié, la Solidarité, la Mémoire, l’Antifascisme et la Paix." C'est
typiquement le genre d'institution dont notre société, et particulièrement, en son sein, le mouvement anti-guerre, ont besoin. Ancrée dans le passé, elle ne se contente pas de défendre les
intérêts de ceux des anciens combattants qui en sont membres (j'ignore quelle part des 4 millions cela représente), mais elle défend aussi une mémoire que les forces impérialistes, notamment sous
l'impulsion actuelle de Sarkozy, cherchent à réécrire. Ayant moi-même été très attentif au témoignage de mon grand-père, ancien combattant de la guerre civile espagnole, qui d'ailleurs portait
celui de son propre père, combattant à Cuba en 1898, je puis dire que ces hommes qui ont été traités comme du bétail (et ils le furent dans tous les pays et dans toutes les guerres) lorsqu'ils
ont le courage d'assumer un point de vue critique, pacifiste, de gauche, ont une force considérable pour dénoncer les intérêts financiers qui ont poussé les peuples aux conflits, le cynisme avec
lequel l'humanité est instrumentalisée en pareil contexte, et leur voix, à ce titre, est absolument essentielle.
Le passé compte comme socle de compréhension du monde tel qu'il nous est donné. Il
est aussi, dans le cas de l'ARAC, une source d'inspiration pour une action sur l'avenir. "Non à la mondialisation capitaliste par les profits et par les armes... Oui à la mondialisation par
la paix et par la solidarité des peuples" proclame leur document d'orientation de janvier 2006 (http://www.arac-et-mutuelle.com/Arac/article.php3?id_article=82). Cette action, si j'en ai bien compris la philosophie, passe
par une solidarité avec les peuples résistants que la France et ses alliés ont persécutés. Il ne s'agit pas seulement de rendre hommage aux victimes de la folie impériale de nos dirigeants, mais
de contribuer à réparer leurs fautes pour construire un avenir planétaire sur de meilleures bases fraternelles. L'initiative que l'ARAC met le plus en avant est le Village de l'Amitié (image à
gauche) créé en 1994 en collaboration avec des associations d'anciens combattants d'autres puissances occidentales. Son objectif est d’aider, soutenir et héberger des enfants et des adultes
victimes de l’effet du défoliant appelé " l’agent orange " (Dioxine), déversé sur les campagnes et les forêts vietnamiennes par les troupes états-uniennes (la France, elle, avait débuté le
processus en balançant du Napalm sur la population indochinoise comme elle l'avait fait aussi en Algérie). Une grosse centaine de personnes (mais le nombre total de victimes qui pourraient
prétendre à un traitement s'élève à 700 000 voire 800 000) y sont soignées chaque année. L'ARAC a aussi des projets d'actions de solidarité avec d'autres pays victimes encore
aujourd'hui du cynisme planétaire comme la Serbie où l'on entretient, dans l'ignorance complète de l'opinion publique française, les tombes des anciens combattants français morts dans
les Balkans entre 1914 et 1918, et Cuba, qui compte un grand nombre de vétérans de guerre qui menèrent un combat illustre en Afrique contre l'apartheid.
par Frédéric Delorca
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J'ai assisté hier à la "Rencontre franco-vénézuélienne de solidarité" organisée par l'Ambassade du Vénézuéla à la Maison d'Amérique latine à Paris. Le panel des invités montre que le régime
bolivarien bénéficie de soutiens dans un évantail très large de la gauche institutionnelle française puisque se trouvaient là outre Jack Lang ancien ministre socialiste, des représentants du
PCF, du MDC, de PRS, de l'UNEF, sans oublier Ignacio Ramonet ancien patron du Monde Diplomatique. La soirée était introduite par une exposé du professeur Miguel Angel Perez Pirela. En voici, ci
dessous, quelques extraits.
par Frédéric Delorca
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On lit dans Aporrea aujourd'hui que
Villepin est en visite privée chez Chavez au Vénézuéla. Pourquoi ?
On lit aussi qu'il n'y aurait pas eu un suicide sur le tarmac de l'aéroport israélien au moment du départ de Sarkozy était en réalité un assassinat
dixit le Service de la Sécurité Fédérale
de la Fédération de Russie. Mais je doute du bien fondé de cette information.
par Frédéric Delorca
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Chaque repas avec mes collègues de bureau (des lecteurs assidus du
Monde) est un supplice. On y entend toujours les mêmes sottises sur ces "peuples qui vivent dans l'obscurantisme
avec leur voile islamique" et sur ces dictateurs infâmes "populistes" sanguinaires qui menacent l'Occident. Tristes certitudes de gens tristes.

En ce moment je vois que "Yahoo !" et sans doute toute la presse s'excitent
contre Mugabe. Ils ont trouvé leur nouveau "boucher", le nouvel "ennemi du genre humain". Que l'ancien héros de la résistance à l'apartheid devienne le diable de notre époque n'étonnera personne.
Cela tient moins au fait qu'il réprime ses opposants (le gouvernement d'Ethiopie, celui du Cameroun, celui du Tchad le font aussi, mais ce sont nos alliés), qu'à sa courageuse action contre
les riches fermiers blancs. L'Angleterre n'a pas apprécié, les droits-de-l'hommistes l'ont suivi sur le sentier de la guerre. Aujourd'hui nous portons au pinacle l'opposant au régime qui, contre
tout sens de la dignité nationale, appelle à une intervention militaire étrangère contre son pays. Voilà bien longtemps que les Occidentaux auraient renversé Mugabe, si l'Afrique du Sud, l'Angola,
le Mozambique avaient donné leur feu vert. A défaut, ils attendent un prétexte : un massacre même un peu trafiqué à la Timisoara. Comme en Corée du Nord, comme à Cuba, ils préfèreraient que le
gouvernement s'effondre de lui-même. Oui, mais voilà, le régime plie mais ne rompt pas. Nous ne sommes pas à Belgrade en 2000, pas encore. Pourquoi ? les gens sont ils trop désespérés pour se
révolter ? craignent-ils qu'un régime pro-occidental soit pire que Mugabe ? ou bien gardent-ils un attachement affectif à l'idée de souveraineté et à ce que Mugabe leur a permis de gagner sur le
front de l'honneur, de la dignité ? Comme souvent dans l'ordre international, dignité et dollars deviennent exclusifs l'un de l'autre. On aimerait être sur place, pour comprendre ce que les gens
pensent vraiment.
Je lis
The Herald ce matin. Il détaille les plans d'attaque des Pro-Occidentaux contre le régime :
"MDC-T was planning to disrupt the elections after the arrest of five suspected MDC-T
youth activists in Gweru yesterday who revealed the opposition party’s plans to disrupt the elections./The suspects confessed that an MDC-T elected official had told them that their party’s
leadership had realised that they had no support and that they should disrupt the elections by burning down polling stations so that voters would have no place to cast their votes in(...) Britain
and America were planning to use MDC-T and civic organisations such as Women of Zimbabwe Arise, Zimbabwe Election Support Network, the Zimbabwe Lawyers NGO Forum and others to stage violent
demonstrations in order to disrupt the presidential election run-off. " (
http://www.herald.co.zw/inside.aspx?sectid=727&cat=1)
Sans doute y a-t-il une part d'intox dans ce genre d'article. Tout gouvernement assiégé a intérêt à exagérer les menaces qui pèsent sur lui. Mais le siège du Zimbabwe, lui, est bien réel. Il suffit
de lire l'hystérie médiatique anti-Mugabe pour s'en convaincre. Une pression injustifiée, inique... et qui pourtant va si bien avec l'esprit de notre époque hélas...
par Frédéric Delorca
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