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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

La pertinence de ce qu'on écrit

28 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Abkhazie

don_quichote300.jpgDans un monde où les plus grands médias sont aussi les plus grands menteurs et où les livres qui se vendent le mieux sont souvent les plus faux et les plus ridicules, quand il n'y a plus d'autorité académique ou administrative à laquelle on puisse se fier, il devient très difficile d'apprécier la valeur de ce que soi-même on produit. On ne peut s'en remettre qu'à quelques indices intuitifs.

Par exemple quand cet après-midi Claudine Pôlet me demande très aimablement  l'autorisation de publier mon article "L'Otan à la conquête de l'Arctique" dans le bulletin trimestriel du Comité Surveillance Otan, je sais que c'est un signe que je n'ai pas travaillé pour rien, car, quoique son collectif belge soit de taille réduite, je n'ignore pas que ce sont des gens très au fait de l'actualité, et qui, depuis la guerre du Kosovo ont un regard très affuté sur la géopolitique eurasienne. Mon travail (qui en synthétisait d'autres, notamment un article de mondialisation.ca que je cite en référence) leur est utile pour avancer et ce sont des gens qui sont dans le vrai. Tant pis à la limite si les masses ne les suivent pas. Qu'au moins les éclaireurs demeurent informés.

Un autre signe du fait que mon travail suit une bonne orientation : depuis mon retour d'Abkhazie, j'essaie de faire un livre sur mon voyage là bas comme me le demande mon éditeur. Je sais que mon séjour à Soukhoumi a été un peu trop court pour faire un ouvrage complet et donc je vais compléter mon journal de voyage par une seconde partie (comme je l'avais fait sur la Transnistrie) Je vais utiliser dans cette seconde partie des échanges que j'ai à travers Facebook avec 3 femmes qui vivent en Abkhazie (1 arménienne et 2 abkhazes)
 
L'une d'elles j'ai réussi à la voir en chair et en os dans des conditions un peu rocambolesques à Soukhoumi pendant quelques minutes - elle s'appelle G.
 
Je vais interviewer les trois via Skype et enregistrer ce qu'elles diront (elles m'ont déjà dit pas mal de trucs par mail). Après, je verrai si dans cette fameuse seconde partie du livre, je restitue leurs interviews brut de décoffrage sous un titre du genre "paroles de femmes d'Abkhazie" ou si j'en fais une synthèse sous forme d'article.
 
Comme je proposais à G de l'interroger le 8 janvier prochain, voici ce qu'elle m'a répondu (ci dessous). Je trouve que les précautions qu'elle prend avant l'interview en disent long, une fois de plus sur la responsabilité que nous avons, mon éditeur en tant qu'éditeur indépendant et moi en tant qu'auteur indépendant, à l'égard de peuples qui, au terme de conflits meurtriers, ont toujours été victimes de la désinformation de la part des grands médias occidentaux (désinformation liée au manque de temps pour enquêter sur place, ou à des biais idéologiques parce que ces peuples ont la malchance de se battre contre des pays qui sont nos alliés). Dès que nous allons vers eux, nous nous trouvons dans la position d'être pratiquement les seuls "médias" occidentaux (même si nous sommes des "micro-médias") en situation d'être en prise avec un aspect du réel que les autres n'ont pas voulu voir. Je trouve que cela charge notre rôle d'une bien grave responsabilité. Nous n'avons pas le droit de décevoir ces gens que les autres médias ne veulent pas entendre.
 
"Dear F,

8 th january sounds ok. Before we start our communication there is something I'd like to tell you. You wrote to me that you are writing a artice about your trip to Abkhazia. In this connection I'd like to share my thoughts and experience in reading some articles about Abkhazia . I hope you will not be offeneded if I say that almost all western media is pro georgian, either they do not know our history and are unable to reflect the present and past situation. I do know if this is your first time in Abkhazia and what exactly you want to know from me. I will be more than happy to help you if the article you are going to wirte will be fair. If not , than , sorry I will not be of assistance.

All the best.

G"

Voilà en tout cas pour moi encore un signe que sur le dossier abkhaze je ne travaille pas pour rien, et tant pis si le livre ne se vend pas, si personne ne s'y intéresse. Il y aura eu au moins là un geste, quelque chose, qui me plaçait dans le vrai, dans un registre d'existence plus juste et plus profond que le suivi grégaire des préoccupations des lecteurs ordinaires de la grande presse

On peut en dire autant de Diana Johnstone (quels que soient mes désaccords avec elle et avec son style de militantisme) : sa "Croisade des Fous" qui est un livre d'une richesse étonnante sur la guerre de Yougoslavie restera un livre de référence. Même si le Temps des Cerises ne se donne plus la peine de l'imprimer, même si moins de 500 personnes en France l'auront lu, Diana Johnstone aura fait pour son époque oeuvre plus utile que tous les BH Lévy et tous les Finkilekraut avec leurs tonnes de bestsellers.

Je ne prétends pas du tout écrire le "Croisade des Fous" de l'Abkhazie. Ca n'aurait pas grand sens de composer un ouvrage érudit sur le sort cruel d'un petit peuple de 200 000 personnes. J'aurais presque le sentiment de m'offrir un plaisir d'entomologiste sans rapport avec l'importance réelle de ce pays pour le destin de l'humanité. Un peu comme ce linguiste qui après l'attaque géorgienne contre les Ossètes du Sud se passionna sur un mode monomaniaque pour la défense de ce peuple microscopique en leur consacrant un site hyper-documenté qui absorbait ses jours et ses nuits tout en refusant d'élargir le sujet en créant des coopérations avec des sites comme celui de l'Atlas alternatif. Parler trop des souffrances d'un pays minuscule peut constituer une insulte à celles des grands. Les Abkhazes ne méritent peut-être pas un Fools'crusade, mais un journal de voyage qui sonne juste, qui dit quelque chose de vrai sur leur histoire ancienne ou récente et sur leur vision de l'avenir, contre l'océan de désinformation que Géorgiens et Occidentaux diffusent sur eux, sur Wikipedia notamment, oui, je crois que cela en vaut la peine.
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Quelques mots d'un diplomate cubain

24 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Discussion avec un diplomate cubain lundi soir. Il me disait : "J'ai été à Moscou de 1987 à 1991. J'ai vu leur système effondrer."
Moi : "L'effondrement est-il dû à la résistance des conservateurs aux réformes comme le prétend Gorbatchev ?
Lui - Non, c'est Gorbatchev qui a planifié l'effondrement de l'URSS, avec Reagan et Thatcher. D'ailleurs après ce sont les cadres du Parti, ses proches, qui ont acheté les actions des usines privatisées.
- Mais il n'y a pas eu de résistance des ouvriers pour défendre les acquis du socialisme. Des cadres de la CGT dans les années 1990 me disaient que les syndicats russes n'avaient aucun sens de la lutte des classes.
- C'est vrai. C'était un pays très fermé. Les ouvriers russes ne savaient rien de l'Occident. Ils ont donc eu un capitalisme avec une des mafias les plus dures. A Cuba on connaît bien le capitalisme. On sait que si nous laissons sombrer le système socialiste, ce n'est pas le capitalisme civilisé des Suédois que nous aurons, mais le plus dur : celui du reste des Antilles".

Sur l'ignorance des Russes à propos de l'Occident, je peux en témoigner au vu de ce que j'ai vu en Transnistrie.

Avec ce diplomate nous avons aussi parlé de la condition des Noirs, des femmes, et des homosexuels à Cuba. C'était une discussion des plus intéressantes. "Comme disait le Che, à l'impérialisme il ne faut rien lâcher, même pas un petit peu" a dit le diplomate.

Nous parlions aussi du groupe d'amitié France-Cuba à l'Assemblée nationale, ceux qui le font fonctionner, ceux qui le freinent. Le lobbying de Reporter sans frontières dans cette assemblée. Nous avons même évoqué la maladie de Fidel Castro qui naguère était secrète, mais ne l'est plus semble-t-il. Et aussi les gens de Tchernobyl soignés à La Havane : "Ca a coûté une fortune à notre système de santé. Les cancers ne se soignent pas comme des rhumes".
fidel-castro.jpg
On spécule dans mon entourage sur les chances qu'a le Venezuela de tenir face aux nouveaux assauts de l'impérialisme étatsunien, le Venezuela, et avec lui le Nicaragua, l'Equateur, la Bolivie (les élections à Caracs sont pour 2012 je crois). Déjà la gauche molle chilienne est vaincue par la droite, quid des autres pays ? L'avenir de l'Amérique latine est des plus incertains. Une nouvelle crise financière aux Etats-Unis, pourrait faire reculer encore l'oncle Sam, et, peut-être, faire basculer le Mexique à gauche (même si la gauche mexicaine est assez modérée). Les effets de domino sont possibles dans un sens comme dans l'autre.
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Ouvrage sur le métier

21 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Je m'étais engagé à ne plus publier d'ouvrage, mais je dois faire une petite exception à cet engagement pendant quelques mois car j'ai deux livres de commande à terminer.

Le premier est mon journal de voyage en Abkhazie que mon éditeur veut avoir dans ses collections. Le deuxième est un livre sur une résistante de la banlieue nord de Paris, que je co-signerai avec deux autres personnes. A cela devrait s'ajouter la publication chez L'Harmattan sous mon nom d'état civil d'une petite réflexion sur la contingence de l'histoire.

Bien évidemment ne vous attendez pas à ce qu'aucun média ou site Internet en parle. Et, comme je n'ai nullement l'intention d'aller implorer les journalistes, vous n'aurez des renseignements sur ces livres que sur ce blog.mon-bureau.jpg

 

Nous réfléchissons également, toujours dans la banlieue nord de Paris, avec quelques amis, à la création d'une sorte d'association d'éducation populaire et de mobilisation contre le Zeitsgeist néocolonialiste qui domine notre monde. Tout cela se fera hors d'Internet et des réseaux éditoriaux, mais aura peut-être un plus d'ancrage dans le réel, qui sait, que ce flux de bruit, d'articles inconsistants et de paperasse en tout genre qui innonde chaque jour les ondes, les écrans, les kiosques à journaux. Si le sujet vous intéresse faites me le savoir.

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Chante-t-on encore l'Internationale en Chine ?

19 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Apparemment oui...

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De retour d'Abkhazie

14 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Abkhazie

Me voilà de retour d'Abkhazie où j'ai fait du contrôle électoral avec plusieurs dizaines d'observateurs de différentes nationalités. Je voulais vous livrer en exclusivité deux photos - une photo du petit comité restreint de journalistes (dont moi) qui avons pu interviewer le président de la République Bagapch qui a été réelu (je suis juste à côté de lui), et une photo de dessins d'enfants. Mais je garde l'exclusivité de tout ça pour mon bouquin de récit de voyage sur cet Etat autoproclamé.
P1020569
Pour vous faire une idée de ce pays, imaginez un petit territoire sous les palmiers et les eucalyptus, en partie montagneux, qui a été bombardé pendant des semaines en 1992 et où partout les maisons détruites, les fenêtres cassées, les toits défoncés seraient restés intacts parce qu'il n'y a pas d'argent et aussi parce que beaucoup de géorgiens ont abandonné leurs maisons dans cette guerre civile (un pays qui a failli connaître à nouveau ce cauchemar en 2008, car Saakachvili devait au départ l'attaquer plutôt que l'Ossétie du Sud). Une ambiance assez surréaliste. Les écoles sont tapissées de dessins d'enfants qui évoquent la guerre, les terres sont encore collectivisées car ce peuple caucasien (déjà hostile à la propriété privée avant la révolution bolchévique) refuse les investissements étrangers (même dans les banques, les services, il n'y a pas là bas d'équivalent au trust Shériff de Transnistrie).

A suivre donc...


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L'espoir

7 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Jeudi prochain si tout va bien je partirai pour l'Abkhazie (mission de contrôle électoral pour la présidentielle). J'ai prévenu que je ne cautionnerai pas l'indépendance de l'Abkhazie pour autant. L'Abkhazie, une "côte d'azur en guerre" come ils disent dans Le Figaro. J'espère qu'il s'agit là de mon dernier voyage politique. Ce genre d'expédition cause beaucoup d'ennuis (l'obtention des visas, les ordres et contre ordres sur la composition des délégations) et ne sert à rien. Une ou deux personnes dont mon éditeur sont contentes que j'y aille. Mais c'est mon dernier périple de cette sorte.

De même je vais espacer mes contacts avec les intellos parisiens révolutionnaires distingués de la mouvance du Temps des Cerises qui me fatiguent aussi.

Je préfère le réel : ma commune de la banlieue nord dont je n'ai plus de droit de vous parler - devoir de réserve oblige. Savez vous ce que j'y fais ? J'y interviewe une vieille résistante communiste pour écrire un livre dessus. Et surtout : j'encourage l'émergence d'actions associatives solides dans les milieux populaires (notamment ceux d'origine immigrée - là bas on appelle ça du terme moche "les communautés"). Dans des jeux politiques locaux aussi bloqués qu'au niveau national, l'espoir véritable est là : dans la capacité des citoyens, surtout des plus jeunes, à créer des associations artistiques, sportives, des associations de coopération avec le Tiers-Monde, de soutien à la Palestine etc, de fédérer toutes ces initiatives, de les faire converger sur des bases politiques novatrices, c'est ainsi que nous aurons des peuples et des leaders à même de changer la donne.

Un lecteur de ce site m'a accusé de vouloir ratisser des voix d'immigrés au profit de la vieille classe politique. Rien n'est plus faux. Je crois que dans les communes les institutions doivent être au service de l'émancipation des consciences et non l'inverse. Quand je parle d'alliance entre petite bourgeoisie de gauche et classes populaires issues de l'immigration, je ne songe à aucune inféodation. Il faut une relève complète au système actuel paralysé.
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Restos du coeur et minarets

5 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

"Les restos du coeur font salle comble cette année, ça me remue rien que de le dire" me disait une responsable locale de cette association cette semaine. Au même moment on débat de l'identité nationale, on interdit les minarets en Suisse, et "Ni putes ni soumises" propose aux municipalités des spectacles clé-en-main pour diviser les couches populaires issues de l'immigration autour du droit des femmes. Un ami m'écrivait hier : "Toutes ces affaires "islamiques" manipulées ont du bon : il semblerait d'après ce que je suis sur les différentes organisations implantées en banlieues, que même les organisations musulmanes les moins "sociales" et donc les plus "identitaires", comme celle-ci, comprennent désormais, à l'image de Tariq Ramadan se référant ouvertement au marxisme, que ces campagnes de stigmatisation style antisémitisme des années 1930 ne sont qu'un écran de fumée visant à éviter le débat sur la crise économique, la crise sociale et la crise du capitalisme. On peut donc remercier les Besson, Sarko et extrême droite suisse pour l'excellent cours de marxisme réel qu'ils donnent aux populations de nos banlieues, toutes origines confondues ...Ce qui ne veut pas dire qu'ils n'arment pas en même temps une future extrême droite dure ("blanche" par exemple sioniste ou "islamo-identitaire") qui leur servira de gros bras lors de la phase dure de la lutte des classes qui se profile à l'horizon."

Pour la lutte des classes "dure" qui s'annonce je ne sais pas trop. Je me méfie toujours du wishful thinking et des eschatologies.Je traduis en ce moment pour un bouquin un texte d'un marxiste argentin qui annonce une nouvelle apocalypse financière pour 2010. Je suis un anti-finaliste (et pour cette raison un peu marxien, mais très peu marxiste). En éthique je deviens kantien (et d'autant plus que je vieillis). On doit agir selon les impératifs qu'on se donne, marqués du sceau de l'inconditionné, et de l'universel, et pas en fonction d'un Grand Soir téléologique et théologique, puéril et dépourvu de tout intérêt. Mais pour ce qui est du jeu entre le social et l'identitaire il crève en effet les yeux. Et tant mieux si les gens ne tombent pas dans ce piège grossier.
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Esthétique réac, Cohn Bendit, Chavez

2 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

Cela m'attriste toujours. Quand je tombe sur un livre bien écrit, plein d'idées, et que je découvre que son auteur appartient à la droite de la droite, à cette mouvance un peu bizarre qui s'est formée autour d'Alain de Benoist et d'autres. Je me demande alors ce que je peux faire de ce genre de livre, comment en parler. C'est le cas de Ludovic Maubreuil, qui a son blog à quelques clics d'ici. Son bouquin "Le cinéma de se rend pas" publié chez un petit éditeur de ma contrée d'origine n'est pas mauvais dutout. Je lis les 40 premières pages, je suis d'accord avec tout. J'apprécie surtout la précision du style. Son descriptif des techniques de mise en scène de l'érotisme dans le cinéma contemporain est un modèle du genre. Ce qu'il dit du rapport du cinéma classique au style X est intéressant, quoique le présupposé de départ soit aux antipodes de Julien Servois que j'aime beaucoup aussi (mais il faudrait parvenir à faire dialoguer les deux approches entre elles pour voir à quoi cela mènerait).

Je me dis : "C'est lui qui se fourvoie, parce qu'on ne peut pas clamer son amour de Bunuel comme le fait ce type à longueur de pages et fricoter avec l'extrême droite". C'est un argument évidemment que les benoistiens ne peuvent pas entendre parce qu'ils sont tellement dans une "fin de l'histoire" postmoderne, qu'ils sont convaincus que Bunuel et Franco ont des choses à se dire outretombe. Mais non, je sais ce qui est à droite de la droite dans son texte, même si ça ne ressort jamais de son vocabulaire. C'est que justement il n'est pas du bord de Servois. Il défend une mystique de l'érotisme à la Marzano, au fond, alors que je suis sans doute davantage prêt à suivre Servois dans sa banalisation de la sexualité. En fait nous sommes au seuil du Styx. Le libéralisme a ouvert la voie d'une instrumentalisation de la sexualité à des fins consuméristes. Servois relève le défi en prétendant pouvoir tourner cet acquis vers autre chose. Notez que c'était déjà la position de Marx à l'égard de toutes les autres transformations causées par le capitalisme libéral. Maubreuil lui reste sur la berge, regarde avec nostalgie vers le passé. C'est ce qui fait de lui un réac. Tous ces gens gardent une peur du progrès, c'est leur trait caractéristique, une méfiance à l'égard de l'homme. Ouf, ça y est, je suis sauvé, je retrouve ce qui m'oppose à son esthétique. Mais cela ne m'a pas sauté aux yeux tout de suite. Parce que personne aujourd'hui ne peut être révolutionnaire spontanément, honnêtement, sans crainte. Personne n'est prêt à s'embarquer sur le Styx. Personne n'est sûr de pouvoir détourner le Styx vers des cieux plus cléments comme Staline l'était de détourner les fleuves sibériens.

Non content d'avoir mieux compris aujourd'hui le dur cheminement qui peut me distinguer des réacs, j'ai aussi mieux saisi la philosophie de tous ces gens qui crachent sur la démocratie à longueur de journée. Je veux dire les chouchous de nos medias. Ce matin en lisant que Cohn-Bendit voulait faire revoter les Suisses sur l'affaire des minarets j'ai sursauté. J'y ai vu une caricature de ce qu'avait été la position des oui-ouiste à l'égard des différents référendums sur l'Europe - le mépris de la souveraineté populaire. Quand Cohn-Bendit dit "la démocratie directe ne doit pas être le prétexte pour s’en prendre à une communauté et la blesser", je dois reconnaître qu'il a raison. Je n'accepte pas un référendum contre les musulmans, pas plus que contre les homosexuels, contre les types qui portent des bottes rouges, contre les gens qui veulent quitter la planète à tout prix etc. Mais alors quoi, si je suis prêt à faire invalider un référendum qui me semble totalitaire parce qu'attentatoire à la dignité d'une minorité, pourquoi serais-je hostile à la remise en cause des résultats d'autres référendums, sur d'autres sujets ? Mais dans l'embarras par Maubreuil, je le suis aussi par Cohn-Bendit. Me voilà bien.

Le serai-je aussi par Chavez ? Il nous annonce la création d'une cinquième internationale socialiste. On aimerait y croire. Mais malgré toute la sympathie que j'éprouve pour les initiatives "bolivariennes" du gouvernement de Caracas, je reste un peu sceptique. Il y a un risque que la cinquième ne fonctionne pas mieux que la quatrième, dont le bilan est à mes yeux risible. Elle sera sans doute moins dogmatique que les deux précédentes en tout cas, du moins si c'est le Venezuela qui les inspire. Peut-être un atout, qui sait...

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Bailando

29 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

J'intervenais hier sur la Côte d'Azur dans un colloque organisé par le département de danse d'une université régionale dont la plupart des membres sont des danseurs et chorégraphes qui essaient de théoriser leur activité. Les professionnels d'une activité qui se mettent à la théorie sont généralement très appliqués à adopter le vocabulaire dominant des autres disciplines mais aussi souvent frustrés par les limites de l'apport de ces disciplines appliqué à leur domaie de pratique, et donc toujours ouverts à de nouveaux apports théoriques pour combler ce manque. C'est ce qui m'a permis de placer dans cet espace mes théories liées à la psychologie évolutionniste. Ma thèse selon laquelle la culture n'est qu'un sous-ensemble de la nature, et le mot qu'on applique finalement à la partie des interactions et représentations naturelles les plus complexes et les plus difficiles à expliquer par la seule méthode des sciences naturelles ordinaires a intéressé, bien que l'auditoire fût loin de pouvoir en tirer toutes les conséquences (seule une partie était prête à accepter l'idée que les singes dansent aussi, par exemple, mais une partie c'est déjà bien. On m'a invité à revenir ce qui est bon signe.

Dans la journée j'avais assisté à des sessions de recherche appliquée, notamment une dans laquelle un directeur de département chorégraphique déployait toutes ses installations techniques (informatiques) pour "capter" la présence sensorielle du danseur au delà de son enveloppe charnelle et la faire exister dans l'espace simultanément à sa performance.

L'idée est intéressante (c'est presque de la métaphysique appliquée, ou du Eric Olson appliqué, bien que le théoricien n'eût pas du tout ce genre de référence en tête), mais il est étonnant de constater que des gens consacrent des mois, des années de leur vie à cela, en balançant du Spinoza et du Deleuze pour le justifier (d'ailleurs pourquoi depuis quarante ans tout le monde est il resté sur ce vocabulaire et ces références, y compris chez les plus jeune ? n'est-ce pas le signe d'une "panne" intellectuelle de la philosophie française ?).

Quel rôle ces gens jouent-ils dans la société ? J'ai songé à ces prêtres que toutes les sociétés ont nourris pour remplir des rituels, c'est à dire des actes quotidiens de préservation d'un ordre symbolique. Maintenant que l'ordre (religieux) de nos valeurs s'est inversé, que l'innovation a remplacé la préservation comme dogme qui fonde l'ordre social, les nouveaux prêtres (ou une partie des nouveaux prêtres car il y a plusieurs congragations) sont cette caste de théoriciens qui branchent des percepteurs sensoriels sur le corps de leurs danseuses, ou tentent de faire de la peinture en équilibre au dessus du vide ou que sais je encore. Toutes sortes d'organismes nationaux et régionaux les paient pour cela, ils courent d'un colloque à l'autre, pour exposer leur activité et les conséquences théoriques qu'ils en tirent. Le profit cognitif (et même le gain philosophique) de leur activité est faible mais ils participent d'un rituel, et à ce titre, confortent la solidité symbolique d'une société qui veut se penser comme perpétuellement en mouvement, en recherche, en création, autant que les sociétés anciennes se voulaient attachées à la conservation de ce que Dieu ou les dieux leur avaient donné.
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Le Guernika sans Picasso et revue de presse

25 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

En 2005 Bricmont avait qualifié Foulloujah en Irak de "Guernika sans Picasso" pour souligner combien dans le monde actuel les pires crimes pouvaient être commis dans l'indifférence et même l'ignorance générales. L'article http://www.rebelion.org/noticia.php?id=95588 sur les bébés difformes qui naissent dans cette ville à cause des armes américaines qui ...y ont été utilisées ne fait que confirmer cette triste réalité. Si vous ne lisez pas l'espagnol, utilisez le traducteur Altavista. Un jour vos enfants vous demanderont ce que vous avez fait pour dénoncer les crimes américains en Irak.

A part cela notons en vrac des articles intéressants sur les divisions du monde arabe révélées par le dernier match de foot Algérie-Egypte, et un non moins intéressant article de Ian Hamel sur le dernier livre d'Esther Benbassa "Comment peut-on être juif après Gaza ?"

A noter aussi (parce que nous commémorons les 30 ans de la chute de Pol Pot), cet article de Pilger sur les liens entre l'Occident et les Khmers rouges et le rôle libérateur (toujours minimisé) des communistes vietnamiens au Cambodge.

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Blogs, définition d'une juste voix, communautarismes, cohésion globale

24 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

J'ai reçu depuis avant-hier divers courriers me reprochant ma décision de suspendre les activités de ce blog. Certains m'ont fait remarquer, à juste titre, que si les blogs enferment auteurs et lecteurs dans le virtuel, supprimer son blog ne fera pas revenir les gens dans le réel pour autant, et laissera plus de latitude à d'autres blogs, moins justes (même si personne ne peut prétendre avoir le "ton juste" par excellence).

J'avoue que je suis sensible à leur argument, et j'admets qu'un abandon pur et simple serait par trop égoïste.

Faire de la politique sur la place publique, définir une position et en témoigner, est un art difficile.Je vous ai parlé il y a quelques mois d'une amie qui dirige un asile d'aliénés (ça ne s'appelle plus comme ça mais peu importe). Elle m'écrivait encore récemment qu'elle ne comprenait rien à la politique même si elle en subissait les conséquences chaque jour en termes de réduction des crédits pour son intitutions et pour le soin des malades. Je ne comprends pas qu'on puisse se vanter de refuser la politique. Car c'est une facilité. En revanche je conçois qu'on la trouve compliquée. Car c'est en effet un exercice délicat. Les questions ne sont jamais simples. On ne peut pas se contenter de dénoncer les crimes qu'on constate chaque jour. Il faut imaginer des alternatives, et concevoir des moyens pour que ces alternatives entraînent "un peu moins de crimes" que le système auquel on s'oppose (la politique n'a rien à voir avec des solutions idéales).

Trouver le ton juste pour des alternatives réellement défendables, ou du moins essayer, est un devoir auquel il est trop facile de se dérober. Et il faut le faire sur Internet aussi, parce que là aussi se rencontrent des errements auxquels il faut savoir résister. Et donc à cause de ça je reprends ce blog.

Ce soir je lisais sur Facebook un commentaire d'un garçon qui disait "Il y a vieil adage algérien qui dit que "Si tu es vraiment détesté, tu le resteras même si tu te tremps dans du miel". Il vaut mieux que Tariq Ramadan cesse de tenter de se faire passer pour une sorte de "fourest compatible"!". C'était une réaction à une citation de Khaled Satour : "Faire montre, donner des gages, voilà d’ailleurs à quoi Tariq Ramadan s’est appliqué sans cesse : il adore la culture et la littérature françaises, il est un défenseur de la laïcité, il aime la France, il voudrait même devenir français. Autant d’aveux qui lui furent arrachés dans un climat de discussion de comptoir tournant parfois à l’interrogatoire de garde à vue où les sommations pleuvaient sur lui de toutes parts. Aura-t-il pour autant convaincu ses détracteurs ? Ne sait-il pas, depuis si longtemps, que ses assauts d’honorabilité télévisuels s’apparentent à l’épreuve de Sisyphe et que son incontestable talent de débatteur ne lui fera jamais remporter que des victoires médiatiques sans lendemain ?"

Je sais que la question de la compromission médiatique est très sérieuse (aussi sérieuse que celle de la compromission internautique). Mais je ne comprends pas la formulation de Satour. Reproche-t-il à Ramadan d'afficher son intérêt pour la culture française ? Personnellement je ne trouve pas que Ramadan se montre "fourest compatible", et il a raison de ne pas se lancer dans des stratégies de rupture stériles. S'il aime la culture française ce n'est pas une honte, et il aurait tort de le renier. Toussaint Louverture aussi a aimé la culture française dans ce qu'elle a de potentiellement universel. Je l'ai aimée aussi bien qu'elle ait interdit à une moitié de ma famille de parler l'occitan et ait placé une autre moitié dans des camps de concentration en 1939 (des réfugiés espagnols) - je précise cela pour ceux qui seraient un peu trop tentés de m'envoyer au diable du fait que j'aurais moins subi les effets négatifs de l'impérialisme français qu'eux. Il est bon de savoir être soi même tout en étant ouvert aux autres, y compris à ses persécuteurs. C'est un signe de force morale. Je vois beaucoup de gens parmi les intellectuels issus de l'immigration postcoloniale (on ne sait plus comment nommer cette catégorie sociale) refuser agressivement l'universalisme. Ce n'est pas la bonne approche. Bien sûr l'universalisme abstrait ne vaut rien, mais dire que seules les femmes violées peuvent dire quelque chose de pertinent sur le viol, seul les noirs issus de famille d'esclaves peuvent parler de la traite etc tout cela n'a pas de sens, et ne mènera à rien. De même que ne mène à rien par exemple cette indignation sélective d'un collectif musulman contre des exécutions d'Ouïgours et de Tibétains en oubliant bizarrement (et dans une logique bien communautariste) de citer aussi les Hans qui ont été exécutés, comme si eux n'étaient pas aussi dignes de solidarité (voir l'intéressant prolongement de cette réflexion sur le blog de Bernard Fischer en terme de vision du rapport entre Chinois et Musulmans). Et voilà le genre de propos qu'il faut tenir sur un blog pour contribuer à garder ce qu'on considère comme un juste cap, et un ton juste, dans le combat anti-impérialiste.

J'aurais beaucoup de choses à vous dire en ce moment car ce que je vis au jour le jour est très riche. C'est une des raisons lesquelles d'ailleurs je voulais abandonner ce blog, mais ne le puis. Il y a tous ces paradoxes des identités postcoloniales que j'affronte dans la ville ou je travaille.

Il y a tous ces gens d'origine maghrébine qui me parlent de leurs aïeux morts pour la France et rappellent qu'à cause de cela ils sont "plus français que Sarkozy". Il y a ce responsable d'une association de "hip hop" (ça existe encore) dont je ne connais pas l'origine culturelle (probablement l'Afrique subsaharienne) mais qui rêve de mener une action de coopération avec le Maroc. Quand je lui dis "Nous on voudrait organiser quelque chose sur l'Algérie". Il me répond : "ah oui, l'Algérie, oui pourquoi pas ? j'avoue que nous on a pensé au Maroc principalement à cause des publicités pour le tourisme". N'y a t il pas là une perversion de l'élan de solidarité par le capitalisme ?

Personnellement je n'apprécie guère la coopération nord-sud telle qu'elle existe (car c'est de la charité, et de la charité intéressée). C'est pourquoi je vais peut-être faire prochainement la recension du livre "En finir avec la dépendance à l’aide" de Yash Tandon (http://www.cetim.ch/fr/publications_details.php?pid=172). Mais je dois reconnaître qu'elle est actuellement un moyen essentiel d'initier les jeunes à l'internationalisme et de défragmenter leur imaginaire. Dans l'action concrète on ne peut faire l'économie d'un investissement dans cette dimension. C'est d'ailleurs ce que font aussi les Cubains, qui eux ont inventé semble-t-il une coopération vraiment altruiste, non condescendante, puisqu'ils lui consacrent une part très substantielle de leurs faibles ressources économiques. L'ambassadeur cubain Orlando Requeijo que j'ai rencontré il y a peu décrivait avec lyrisme ces centaines de pauvres descendus des montagnes en Haïti pour se faire soigner à l'hôpital cubain bien que les médias de droite sur les radios privés accusassent les chirurgiens cubains d'être des bouchers et de "casser le marché de la santé".

 

Et l'espace d'action pour la coopération est infini. Une dame hier qui mène un projet dans l'Est du Sénégal parlait de ces contrées horribles où il fait 48 degrés à l'ombre, où des mouches "pisseuses" infligent sur la peau des brûlures au cinquième degré, où seulement 150 enfants sur 500 ont accès à l'école, où les savoirs sont si déstructurés que les lits sont bancals parce qu'on ne sait pas mesurer les planches, et personne ne sait changer une rustine. D'un point de vue philosophique le sens de la vie de cette partie là de l'humanité - et ils sont des centaines de millions - pose autant de questions que celui du type qui a vécu 25 ans dans un état diagnostiqué à tort comme comateux, alors qu'il était conscient de tout mais ne pouvait rien exprimer. Or aucun système politique digne de ce nom ne devrait légitimement ignorer ce "poids mort" de l'humanité, toute cette masse de gens qui vivent dans un état pire que celui de nos bêtes, et ce à quelques kilomètres seulement des quartiers très riches de Dakkar. Des hommes comme Hugo Chavez ont fait de ces pauvres, de ces sans-voix, la boussole de leur politique, au niveau national, mais aussi international (il s'intéresse d'ailleurs de plus en plus à l'Afrique à cause de cela). Tout politicien digne de ce nom devrait faire de même. Et plutôt que de placer le soldat Shalit (voyez la glorieuse visite de Kouchner à sa famille au mépris de celle de Salah Hamouri) ou le bien être de nos banques au centre de leurs préoccupations, c'est à la reconstruction de la cohésion de notre humanité que nos gouvernants devraient travailler en priorité. C'est sur ce critère là que toute la réflexion devrait s'articuler.

Mais comme nous en sommes loin, et comme les idées restent confuses ! La lectrice de ce blog Catherine attirait mon attention avant hier sur le texte d'un Russe en faveur d'une réorientation de nos économies libérales(http://globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=16200). La semaine dernière je recevais une délégation chinoise qui voulait copier le système de protection sociale français, mais ils prônaient aussi dans le même temps la privatisation de la gestion des parcs d'activité industrielle au nom du "pragmatisme". Chez beaucoup la cohérence semble très difficile à tenir.

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Fermeture du blog

22 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

L'activité de ce blog est suspendue sine die. Je remercie celles et ceux qui l'ont lu, commenté et soutenu depuis sa date de création le 21 octobre 2006.

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Recalibrage de mes activités

19 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Je m'en excuse auprès des lecteurs de ce blog qui le consultent pour avoir des informations générales sur le monde, mais ce site est censé aussi informer les lecteurs du devenir de mes petits livres et de mon itinéraire.

Je fais donc le point ce soir (ou ce matin, puisqu'il est presqu'1 heure du matin), de retour d'une séance de signatures à laquelle presque personne n'est venu (malgré 50 promesses de visites sur Facebook). Je vais recalibrer mes activités en format très réduit et souterrain. J'ai envoyé à mon éditeur mes deux derniers manuscrits (qu'il ne publiera pas avant longtemps de toute façon, compte tenu de la faible affluence des lecteurs vers mes livres) et renonce pour longtemps à ce travail d'écriture auquel j'avais presque failli croire lors de la publication de "La révolution des montagnes". J'écrirai peut-être à l'occasion sous forme de livre un petit compte rendu de voyage en Abkhazie s'il est confirmé que je m'y rende prochainement (mais ce n'est pas sûr), et rien de plus (seuls ces petits travaux de journaliste sont appréciés par les lecteurs à cause de leur contenu informatif mais je les trouve personnellement assez dépourvus d'intérêt à la longue). De même je continuerai à l'échelle artisanale mon activité anti-impérialiste à Brosseville. Mais très modestement, et avec beaucoup de scepticisme (vu tous les biais que je découvre dans les stratégies et tactiques des groupes de "résistants"). Conséquence de mon recalibrage d'activité à un niveau très humble et invisible, le présent blog devrait prochainement se tarir, de sorte que j'invite d'ores-et-déjà ses rares lecteurs à l'éliminer de leurs signets et se reporter sur des sites plus utiles.
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Retour de la directive Bolkestein et recul du souverainisme du Conseil d'Etat

17 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Pour faire court, je renvoie sur ces deux sujets au billet d'Edgar (http://www.lalettrevolee.net/article-fran-ois-hollande-en-piste-pour-matignon-39519959.html) sur son blog, qui cite une bonne analyse de Mélenchon sur le premier sujet et un blog bruxellois sur le second. Quusque tandem Hollande Sarkozy Royal Bayrou Fillon Cohn-Bendit Lelouche Valls abutere patientia nostra ?
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