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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Une fille bien à Düsseldorf

24 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Je reçois cet article par mail ce matin :

"ALLEMAGNE: UNE DEPUTEE COMMUNISTE DE CHOC ...Une députée communiste dans la Ruhr

Les élections législatives ont eut lieu il y a quelques semaines en Allemange, Die Linke a obtenu 11,9% des voix. Coup de projecteur sur la nouvelle députée de Düsseldorf (région de la Ruhr), la communiste Sahra Wagenknecht

Avec 13.244 voix et 9,9% (+4 points) pour Die Linke sur la circonscription de Düsseldorf-Sud, Sahra Wagenknecht fait son entrée au Bundestag. Ancienne députée européenne du PDS (Parti du Socialisme Démocratique - ex SED), elle a placé sa campagne électorale sur la nécessité d'organiser de la riposte sociale contre la loi Hartz IV, la retraite à 67 ans et contre les coupes sociales justifiées au nom de la crise. Tout en défendant la taxation des millionnaires, des revenus très élevés et des transactions boursières Sahra Wagenknecht place le socialisme au coeur du projet politique de Die Linke, elle insiste sur la nécessité de surmonter les contradictions dans les rapports de production capitaliste.

Sahra Wagenknecht (née le 16 juillet 1969 à Jena en ex-RDA) adhérente au Parti Socialiste Unifié d'Allemagne (SED) en 1989, elle co-anime la plate forme communiste au sein du PDS (Parti du Socialisme Démocratique successeur de la SED) et aujourd'hui de Die Linke, ainsi que la plate forme de la gauche anticapitaliste. Elle met en avant les expériences positives du socialisme réel (tout en tirant les erreurs de ce dernier) afin de mettre à bas le capitalisme. Ses positions l'ont souvent opposée à Gregor Gysi et Michael Leutert l'accusant de rejeter l'expérience de la RDA sous couvert d'accusation d'être "stalinien".

La presse allemande la considère comme un faucon au sein de Die Linke et ses positions sont claires : socialisme, marxisme, pas d'alliances avec le SPD et les verts, solidarité avec Cuba et le Venezuela, anti-racisme, anti-fascisme, lutte contre l'anti-communisme, pacifisme. Elle n'hésite pas critiquer Oskar Lafontaine (co-président de Die Linke) et les positions réformistes de ce même parti.

Ainsi la députée communiste de la Ruhr place l'objectif du socialisme comme moyen pour dépasser le capitalisme. Comme quoi tout n'est pas à jeter à Die Linke."


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Le dernier livre de Christian Arnsperger

20 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

"Ethique de l'existence post-capitaliste" - Lu sur les conseils d'un lecteur de ce blog, je l'ai commenté pour Parutions.com ici :
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=94&ida=11529
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Pour une sociologie des organisations politiques immigrées en France

20 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Je jette juste quelques notes sur ce blog pour mémoire.

Le site des Indigènes de la République publie une interview d'un de leurs intellectuels Sadri Khiari que j'ai rencontré hier soir pour un bref échange de vues. On peut voir un bon dossier sur Sadri Khiari ici, ainsi qu'une vidéo ci dessous.


Parmi les associations politiques et culturelles qui doivent être prises en compte dans une sociologie de l'engagement des immigrés, il convient de noter les organisations suivantes :

- Dans la veine progressiste laïque

Le Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB) est une organisation fondée en France en 1995. Elle est issue de la marche des beurs de 1984 et des émeutes du début des années 1990. Le MIB dénonce le racisme institutionnel dont seraient victimes les enfants d'immigrés et en particulier les bavures policières. Le MIB s’est notamment mobilisé contre la double peine. Le MIB condamne le recours à la violence et inscrit son combat dans un cadre légal, au nom de la justice et de l'égalité des droits. Le MIB dénonce aussi bien la politique de la droite que celle du Parti socialiste, se démarquant ainsi de SOS Racisme.Son responsable est Tarik Kawtari

De l'avis de beaucoup c'est un mouvement vieillissant. Longtemps snobbé par la gauche et notamment le PCF, il est maintenant mieux accepté par celui-ci. Un de ses leaders Nordine Iznasni, porte-parole de José Bové lors de la campagne présidentielle de 2007, est devenu élu conseiller municipal PCF à Nanterre en mars 2008.

En 2007, il a initié avec DiverCité et Les Motivés le Forum Social des Quartiers Populaires (FSQP). Il s'agit d'une manifestation annuelle qui rassemble les associations et collectifs autour des problèmes des banlieues, l'objectif est de faire émerger un mouvement social, culturel, politique qui parle des quartiers populaires.

- Dans une veine plus religieuse

Espérance musulmane de la jeunesse française (EMJF) basée à Aulnay-sous-Bois. Sur Dailymotion, elle affiche le discours du vendredi à la mosquée d'Aubervilliers. Invité par l'UAM 93 Sheikh Anouar Ghadhoum est l'imam de la Mosquée Okacha à Dubai (Émirats Arabe Unis). Ils ont été liés à la municipalité UMP d'Aulnay, elle est maintenant proche de sa municipalité socialiste.

EMJF est membre de l'UAM93. Son président, Hassen Farsadou est président des deux associations. L'UAM93 organise des réunions équivalentes du dîner annuel du CRIF à l'échelle départementale mais y accueille aussi des responsables d'envergure nationale comme François Bayrou récemment (je note au niveau local que le maire PCF de Bagnolet Marc Everbecq qui est parfois accusé d'être trop proche des organisations musulmanes fait partie de leur réseau d'amis sur Facebook, c'est d'aileurs à Bagnolet qu'était initialement basée UAM93). Lors des émeutes de novembre 2005, ils ont organisé des rondes de nuits de pères de famille "pour ramener les jeunes à la raison". Le 14 mai dernier, ils accueillaient le préfet  93 à dîner, voici la vidéo.



Le Collectif des musulmans de France de Karim Azzouz, ex Collectif des Jeunes Musulmans de France  né en 1992, devenu CMF en 2002 "ne cherche nullement à devenir une instance représentative" et "tente de lutter contre tous les extrémismes, et d'amener tant les citoyens de confession musulmane que les pouvoirs publics et la société en général, à une responsabilisation sur les enjeux futurs"

Force des mixités, association fondée en 2005 et présidée par Abdellah Boudour dit Don Sano. Cette association se présente comme "engagée dans le social depuis l’année 2005 dans divers actions: aides aux sans abris, dons alimentaires, collectes de vêtements, soutien scolaire, aides à l’insertion pour les jeunes, actions contre les violences faites aux femmes…" Ils ont été très courtisés par la gauche à Argenteuil aux municipales de 2008 et boudés par la droite.

- Dans une veine plus radicale et communautariste

Le Mouvement des damnés de l'impérialisme (MDI) est un groupuscule politique lancé officiellement le 22 mars 2008, présidé par Kémi Séba. Créé à la suite de la dissolution légale et judiciaire de ses anciennes organisations (Tribu Ka puis Génération Kémi Séba), il se définit comme « ethno-différencialiste et anti-impérialiste », et se classerait, selon l'asbl belge RésistanceS, à l'extrême droite de l'échiquier politique français. 

Le Parti antisioniste, le Centre Zahra et la Fédération des chiites de France de Yahia Gouasmi (alliés à Dieudonné).

- Dans une veine plus liée au sarkozysme (ou au sarkozo-strausskahnisme)

Le Conseil représentatif des organisations noires de France de Patric Lozès, le Comité Marche 98 de Pierrick-Serge Romana, le Collectif DOM de Patrick Karam (devenu délégué interministériel à l'égalité des chances de Sarkozy).
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Revue de presse

19 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Le Monde accorde une tribune à Howard Zinn aujourd'hui contre le Prix Nobel de la paix décerné à Obama. Le Parisien fait ses gros titres sur les fraudes à la retraite et le renouveau de l'ultra-gauche. Pointer les petits fraudeurs et la recrudescense du péril rouge à l'heure où les banques réengrangent des bénéfices indus et se lancent à nouveau des spéculations qui mettront une nouvelle fois nos économies à genoux, voilà qui est caractéristique de la presse conservatrice. Le Monde s'énerve contre le népotisme de Sarko, Libé contre Pékin, contre les fichiers d'Hortefeux et le Kindle d'Amazon... Au fait : mon éditeur est en délicatesse avec Amazon. Inutile d'essayer de leur acheter mes livres donc.
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L'ami syrien

16 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Le Dissident internationaliste est revenu enthousiaste de Damas où il avait été invité ainsi que 1400 personnalités du monde entier pour protester contre l'annexion du Golan par Israël et où il a rencontré le leader du Hamas en exil. Il était notamment très emballé par le ministre de l'information syrien Mohsen Bilal : "Il a dans son bureau une photo de lui avec la fille de Chavez, et une avec la fille du Che dont il affiche par ailleurs un portrait. On a tout de suite compris qu'il était des nôtres, ce qui n'est pas le cas de tous les dignitaires de ce pays. Il nous a raconté qu'il était étudiant dans une université italienne en 1968 et qu'il était monté à Paris spécialement en mai pour participer aux manifs. Il admire beaucoup ce que fait la Chine en ce moment".

Du fait de son parcours au PCF dans les années 1970-80, le Dissident aime bien les révolutionnaires qui dirigent des structures bureaucratiques. Il pense qu'ils ont un certain pouvoir, une certaine efficacité, qui peut se combiner avec celle de ceux qui mènent la lutte armée, qui font grève, qui se battent. Beaucoup d'anarchistes que je connais mettraient en doute cette position, mais chacun réagit en fonction de sa culture. Pour ma part j'enregistre ce genre de témoignage sans former aucun jugement. Je trouve intriguant qu'un régime comme celui du Baas syrien ait une aile "guévariste". On devrait faire une sociologie des gens qui ont accroché le portrait du Che dans leur bureau. Je pense qu'on aurait des surprises.
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Rapports corporels

16 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

On me rapportait hier les propos de Patricia Latour, auteure d'un livre sur la question : "En 1936, les femmes françaises ne demandaient pas le droit de vote. Elles avaient d'abord des revendications plus concrètes à satisfaire comme celles d'obtenir des clés dans les toilettes des usines pour que les contremaîtres arrêtent d'ouvrir les portes pour se rincer l'oeil".

L'histoire prend un aspect particulier quand on la considère sous l'angle du corps. Marx l'avait déjà relevé même s'il n'employait pas le mot "corps".

J'observe que le corps sous l'angle sexuel est à la mode en philo. Le Cinéma pornographique de Servois aux éditions Vrin. La prêtresse Marzano a publié un "La philosophie du corps" en Que-sais-je? l'an dernier. Une correspondante doctorante de retour des rencontres d'histoire de Blois m'écrivait lundi : "J'ai vu notre grande amie, Marzano elle intervenait dans une conférence sur la nudité et la pudeur, alors je ne sais pas comment j'ai pu l'utiliser dans mes travaux, j'ai trouvé son discours axé uniquement sur l'image de la femme humiliée dans les médias, le besoin du voile de pudeur sur le corps (blablabla). effectivement c'est un discours très réducteur de la nudité et je comprends mieux quand tu disais que les sciences sociales regorgent de curé - en l'occurrence ici il s'agit d'une bonne sœur. "

Hier sur la place de la Sorbonne, j'ai constaté que, comme on le redoutait depuis des années, un magasin de fringues est venu à bout de la librairie des PUF. Triste époque. A 18 ans quand je suis parti pour Paris mon prof de philo m'avait dit : "Vous verrez la Sorbonne, la librairie Vrin, celle des PUF, vous ne voudrez plus revenir le Sud-Ouest après". Aujourd'hui on ne peut pas dire la même chose à un jeune cadet de Gascogne. Il a déjà la philo et le porno sur son ordinateur (c'est-à-dire tout ce qu'il faut pour survivre intellectuellement en ce bas monde). Dans le Quartier latin il n'y a plus que les magasins de nipes qu'il trouve aussi dans son chef-lieu d'arrondissement. So what ? Il n'a plus d'intérêt à se ruer sur le Boul'Mich, ni non plus à rêver d'explorer le pôle nord : il n'y aura plus de calotte glacière dans 20 ans.

Ah il faudrait aussi que je vous dise un mot de Claude Allègre et de tous ces savants qui ont la bonne idée de critiquer les dogmes écolos du moment. Une autre fois.

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Fuir la reconnaissance

15 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Rattrappé par le spleen ce soir après une journée vide et insignifiante à Brosseville, un mauvais coup que me fait une journaliste écervelée de la presse féminine, qui, malgré ses promesses, squeeze mon interview après deux soirées de travail sur son sujet (le plus horripilant n'est pas le manque total de respect, mais le fait que cette goujaterie émane d'une imbécile), et une soirée encore plus pénible avec un petit cercle communiste dont le chef redécouvre tous les ans mes origines espagnoles (malgré un livre que je lui ai offert là dessus il y a un an, mais ce n'est qu'un signe parmi mille du fait qu'il se fout complètement de mon existence et veut juste m'instrumentaliser), je tombe sur des vidéos marrantes d'un éditeur d'extrême droite sioniste sur son blog. Ce qui est rigolo, c'est qu'il utilise un procédé que j'ai expérimenté le mois dernier (le remplacement de l'écrit par la vidéo) et surtout qu'à travers ses vidéos s'exprime un besoin maladif de reconnaissance (il ne cesse de demander des débats à Soral, à Blanrue etc). Le pauvre !

 

Ces jeunes types de la nouvelle extrême droite, qu'ils soient prosionistes ou antisionistes sont des accros aux caméras, des shootés de l'interview, au point qu'ils passent leur temps à poser devant des camescopes dans l'attente d'être invités par Taddei. Rien à voir avec mon petit jeu actuel qui consiste à aller parler de seins siliconés dans des revues pour dames. Eux veulent vraiment pouvoir exposer urbi et orbi au peuple français si le danger vient d'Israël ou des Musulmans, de Poutine ou d'Obama (dans des grandes considérations géopolitiques qui du reste ignorent largement la question sociale). Tout cela semble souligner l'urgence de vendre son ordinateur et sa télé et d'aller élever des chèvres dans les Alpes comme mon ami Fonseca !

En parlant de question sociale, un jeune gars de l'équipe municipale de Brosseville m'a dit  mardi :"Je préfère ce que représente Chomsky que ce que représente Bourdieu. Bourdieu j'ai essayé de le lire, mais je n'ai jamais pu aller jusqu'au bout. Ca m'a paru très foid et désagréable. Chomsky est beaucoup plus agréable".

Depuis qu'il n'est plus physiquement là pour défendre ses écrits l'étoile de Bourdieu pâlit à grande vitesse. Une seconde mort en quelque sorte. Bientôt on se demandera ce que les gens des années 1970-80 ont bien pu lui trouver. Sic transit gloria mundi.

Donc fuir la reconnaissance oui. Je fais une séance de signature de mes livres le 19 novembre. La dernière de l'année. Après basta. Je serai tout acquis à la tristesse de mes quarante ans. Il faut savoir la savourer dans une austère solitude.

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Le retour du libéralisme

12 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Dans Le Monde aujourd'hui :
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O
n avait peut-être conclu un peu trop vite au retour de l'Etat à la faveur de la crise des subprimes, après des décennies de libéralisme effréné, de dérégulation et de déréglementation à tout-va, de privatisations non-stop. On avait peut-être crié un peu rapidement à la mort du marché et à la résurrection du politique dans la vie des affaires.

Cette impression avait culminé à l'occasion du G20 de Londres, en avril, où l'on avait vu des chefs d'Etat et de gouvernement, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy, grisés par leur sentiment de puissance. Comme ivres du pouvoir reconquis aux dépens du marché. Mais six mois plus tard, à Pittsburgh, et malgré le retour de la croissance, nos maîtres du monde avaient perdu de leur superbe.


On promettait un Etat fort et actif, on voit des gouvernements qui se dérobent ou qui renoncent. On prétendait reconstruire le capitalisme, on n'ose même pas se rendre à Gandrange. Dans le match qui les opposait aux banques centrales, d'abord, les politiques ont perdu par KO. C'est à elles - à travers le Conseil de stabilité financière - qu'a été confiée la tâche de fixer les règles en matière d'attribution des bonus des traders, à elles aussi le soin d'en vérifier la bonne application.


C'est aussi aux banques centrales indépendantes et à leurs techniciens que la nouvelle supervision bancaire et financière fait la part belle, au détriment des ministères des finances. Il n'y a guère que le patron de la Banque mondiale, Robert Zoellick, ancien de l'équipe Bush, un comble, pour s'émouvoir de cette démission du politique.

Il n'a pas fallu non plus six mois pour que les opinions publiques commencent à regretter le temps où le marché était sans doute trop libre et trop puissant, mais où l'Etat se montrait moins prédateur. Elles n'ont pas eu de mal à comprendre que le retour de l'Etat dans la vie des affaires, cela voulait dire d'abord et avant tout le retour des déficits. Et donc le retour des hausses d'impôts (comme en Espagne), du gel des salaires des fonctionnaires (comme en Grande-Bretagne), de leur baisse (comme en Irlande), l'allongement de l'âge du départ à la retraite (comme en Suède), etc. Partout, du sang, de la sueur et des larmes - sauf en France où le gouvernement tente de faire croire que le nuage radioactif des déficits ne franchira pas les frontières.


L'envolée des dettes publiques signifie que les grands pays industrialisés ont perdu, et pour longtemps, toute marge de manoeuvre budgétaire. Les arbitrages des lois de finances des prochaines années, peut-être des décennies, se résumeront à ceci : savoir où faire des coupes, où dégager des économies, quelles catégories socioprofessionnelles sacrifier, quelles dépenses et quels avantages supprimer, où trouver des recettes. Plus de place pour des mesures de relance supplémentaires ou de nouveaux cadeaux fiscaux, plus de place pour des avancées sociales coûteuses. Trop de keynésianisme tue le keynésianisme et rend l'Etat impuissant.


Leurs endettements record vont ligoter les Etats et les livrer au bon vouloir des marchés financiers. Car il va bien falloir vendre et écouler tous ces emprunts du Trésor émis par milliers de milliards de dollars. Et donc séduire ces financiers dont on avait pourtant cru se débarrasser une bonne fois pour toutes - traders, gestionnaires de hedge funds ou de fonds de pension, banquiers sans foi ni loi.


Les gouvernements vont devoir leur donner des gages d'orthodoxie budgétaire ou leur offrir des rendements élevés. Ou les deux. Et malheur au pays dont les emprunts d'Etat ne trouveront pas grâce aux yeux des investisseurs : les taux d'intérêt à long terme s'y envoleront, cassant la croissance. La "dictature" des marchés financiers a de beaux jours devant elle.


Surtout, la crise des subprimes a montré que les gouvernements n'avaient au fond, contrairement à ce qu'ils faisaient croire, aucune intention véritable de reprendre la main, aucune envie réelle de voir la puissance publique reconquérir des parts de marché face au privé.


Ils avaient une occasion inespérée de le faire dans le secteur bancaire mais ils s'en sont bien gardés. Après avoir sauvé les banques du naufrage, leur avoir prêté et garanti tout l'argent dont elles avaient besoin, les avoir aidés à renforcer leurs fonds propres, les Etats se retrouvaient en position de force inédite.

Ils auraient pu choisir de rester durablement au capital de ces établissements pour les contraindre à distribuer du crédit, pour contrôler les risques pris sur les marchés financiers ou encadrer étroitement les rémunérations des traders. Des esprits peu suspects de dérive gauchisante, tels Thomas Hoenig, patron de la Fed de Kansas City, avaient même légitimé idéologiquement des nationalisations bancaires, arguant des risques spécifiques du secteur.


Au lieu de cela, les Etats se sont empressés de se désengager des banques dès que celles-ci ont été en mesure de rembourser les aides publiques qu'elles avaient reçues. Les "nationalisations" bancaires n'ont été que de courtes parenthèses, vite refermées, sans que personne ne s'en offusque.


De façon irréelle, on a même vu les socialistes français reprocher au gouvernement de ne pas avoir spéculé sur la hausse des titres bancaires et de ne pas avoir "fait" assez d'argent dans ces opérations ! Pauvre Karl ! Vingt ans après la chute du mur de Berlin, c'est bien la deuxième mort du socialisme, avec la crise des subprimes, à laquelle on assiste.

 


Pierre-Antoine Delhommais
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Al Jazeera révèle un plan colombien pour assassiner Chavez

11 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

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Article sur la conférence « Les nécessaires progrès de l’Europe de la défense »

10 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Voici dans son intégralité (avant les coupes de Pierre Lévy) mon article que le journal eurocritique Bastille-République-Nations n°45 (6 octobre 2009) vient de publier en p. 10 sous le titre "Vénus en petite tenue" et que j'avais intitulé initialement "Aux armes Vénus européenne !". J'avais signalé sur ce blog le 24 septembre ma "mission" dans le 7 ème arrondissement de Paris pour assister à cette conférence.

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Le 24 septembre dernier s’est tenue à l’école militaire sous le titre « les nécessaires progrès de l’Europe de la défense » une de ces réunions de famille où le centre-droit euro-fédéraliste peut savourer ses petites victoires : de ces réunions entre gens bien élevés et contents d’eux-mêmes, où ministres et présentatrices se font la bise et se tutoient, sous le « haut patronage » du président de la République (absent), de la Fondation Robert Schuman, du Constantinos Karamanlis Institute for Democracy et du Center for European Studies.

 

A défaut de Nicolas Sarkozy, le ministre de la défense Hervé Morin était présent pour clamer avec enthousiasme que, contrairement à ce qu’a déclaré le néoconservateur Robert Kagan – que l’Amérique vient de Mars et l’Europe de Vénus –, « l’Europe peut être tout à la fois Mars et Vénus en même temps ! ». Certes, a reconnu l’ancien conseiller technique de François Léotard, pour des raisons historiques après 1945 notre continent a reculé devant l’usage de la force au-delà de ses frontières, lui préférant le « soft power », mais il n’y a pas de raison pour que cela perdure. Selon lui, l’Europe incarne un message, des valeurs. « Le modèle de société européen, a martelé le ministre à la fin de son intervention, n’est ni celui des Etats-Unis, ni celui de la Chine ou de l’Inde (il a failli dire « encore moins »). Et ce modèle est le plus beau qui existe à la surface de la planète ». L’Europe vaut donc bien quelques dépenses militaires communes.

 

Après cette profession de foi lyrique partagée par tout l’auditoire un quart de l’amphithéâtre Foch s’est vidé (les hauts gradés  obligés d’assister au discours du ministre). Restait aux spécialistes à décortiquer les modalités de construction de cette Europe de la Défense voulue par les fédéralistes comme le moule d’une « nouvelle citoyenneté » de la Mer Baltique à Tamanrasset (ou presque).

 

Et là, force fut de constater que le tour d’horizon des succès de ce volet de la politique européenne était assez vite effectué : une relève européenne de l’OTAN en Bosnie et en Macédoine, une mission d’interposition en Géorgie montée en seulement trois semaines en 2008, une opération Atalante contre les pirates au large des côtes de Somalie, un projet commun d’espionnage spatial (MUSIS), un ERASMUS militaire, une force commune de transport aérien.

 

Les difficultés, elles, sont de taille, et revenaient à demi-mots d’un « panel » de discussion à l’autre : la résistance des britanniques à accepter la création d’un « HQD » (un quartier général permanent) pour les opérations civiles et militaires, une manie des pays européens (sauf la France) à baisser les budgets de défense à la première crise financière venue, la réticence des opinions publiques à tolérer que des soldats meurent, le conflit turco-chypriote qui pourrit les relations avec Ankara, pièce importante du dispositif stratégique.

 

Mais qu’importe. Un bon européiste est un fédéraliste pragmatique : les objectifs sont ajustés au (maigre) champ des possibles. Pas question d’opposer la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) à l’OTAN – l’entrée de la France dans le commandement intégré a mis fin à ce « vieux débat ». Au contraire : tout doit être basé sur la complémentarité. L’Union européenne est fière de savoir conjuguer dans la gestion des crises la dimension civile et l’action militaire d’une manière intégrée, elle pourrait l’enseigner au partenaire étatsunien. Ainsi en Somalie nos accord juridiques nous permettent de livrer les pirates appréhendés sous le drapeau de l’UE dans le cadre d’Atatante aux autorités kenyanes, alors que les Américains, dans le cadre de l’opération parallèle de l’OTAN Ocean Shield sont obligés de les relâcher. Si bien, allait déclarer avec fierté le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes Pierre Lellouche qu’Ocean Shield a périclité et que le SACEUR de l’OTAN aujourd’hui reconnaît que sa structure « complète » celle de l’Union européenne dans la corne de l’Afrique et non l’inverse. A la limite les remarques de plusieurs intervenants laissaient entendre que plus l’OTAN (qui est enlisée dans beaucoup de problèmes bureaucratiques) sollicitera une action de la PESD, plus cela la légitimera… Autrement dit rien ne se fera sans le soutien de l’Amérique. De ce point de vue là l’empêtrement de Washington en Afghanistan serait presque une aubaine pour faire émerger un besoin de PESD sur d’autres théâtres d’opérations – notamment  ceux où les soldats américains ne sont plus acceptés comme l’Afrique et le Proche-Orient –, si toutefois cette même crise afghane n’absorbait par ailleurs aussi vainement une bonne part des budgets européens, refroidissant ainsi l’ardeur interventionniste de tout le monde. Et du reste pour l’instant la PESD indiffère à ce point l’OTAN qu’il n’existe même pas d’interconnexion entre les missions de l’une et de l’autre sur leurs théâtres d’opérations (à Kaboul, et au Kosovo).

 

Après la pause déjeuner devant un auditoire franchement clairsemé les vérités désagréables ont ressurgi dans le panel consacré au marché de l’armement. Cette fois la tonalité devenait franchement amère : l’ardeur libéralisatrice de la commission, exprimée par une directive récente, a dû s’arrêter aux particularités de ces « marchandises » que sont les armes au regard de la souveraineté des Etats a souligné le représentant de la Délégation générale à l’armement. La recherche et développement en ce domaine reste l’affaire de trois ou quatre Etats pas plus. Les Etats membres ont quand même accepté le principe de préférence communautaire a reconnu le directeur général international de Dassaut Aviation Eric Trappier, ce qui peut laisser espérer que certains parmi les plus atlantistes cessent de s’approvisionner en armes américaines… sauf, a-t-il immédiatement déploré, que la moitié des dépenses de recherche aujourd’hui vont dans le projet d’avion anglo-américain JSF (Joint Strike Fighter) que la firme américaine Lockheed. Il n’y a plus, a reconnu le secrétaire d’Etat Pierre Lellouche en conclusion, de grands programmes d’armement comme dans les années 1990. L’Europe, qui investit trois fois moins dans ses programmes que les Etats-Unis, disperse ses dépenses sur trois programmes d’avions, six programmes de sous-marins, une vingtaine de programmes de blindés. Quand on sait comme disait le secrétaire d’Etat que « sans grand programme d’armement il n’y a pas d’industrie d’armement, et sans industrie d’armement il n’y a pas de défense européenne », les chantres de l’Europe de la défense paraissaient soudain un peu nus… heureusement, à cet heure tardive de l’après-midi, il n’y avait plus grand monde pour entendre ces dures vérités.

 

 



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Le dernier livre de Michel Collon sur Chavez

7 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

Vous trouverez ma recension pour Parutions.com des "7 péchés d'Hugo Chavez" ici :
http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=97&ida=11414
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Lénine et la charia

4 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Des débats historiques intéressants se développent dans la mouvance communiste autour du rapport des bolchéviks à l'Islam. Vous en trouverez un écho dans l'article suivant du Dissident, qui rappelle notamment le rôle de Sultan Galiev, auquel un livre fut consacré chez Fayard en 1986. Tout cela est sans doute utile pour les débats actuels de la gauche..

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Til death tears us apart

4 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

J'assistais avant hier en Béarn aux funérailles d'une de mes tantes, la plus jeune (60 ans). Des gens de Barcelone étaient là. Ma mère qui est française au téléphone m'avait dit que les Espagnols pleuraient fort, "comme les pleureuses dans les villages autrefois" avait elle ajouté. Chacun observe les réactions de chacun devant la mort. Par aileurs ma mère qui avait veillé ma tante pendant son agonie (d'un cancer) ne m'a rien caché du processus biologique qui a conduit à l'arrêt des organes. Mes obligations professionnelles m'ayant retenu en Ile de france, je ne suis arrivé en TGV que pour la mise en terre des cendres.

Le deuil crée ce terrible sentiment de vide, mêlé à une révolte contre ce foutu temps qui passe et ou anéantit tous.

Avez-vous vu cette vidéo sur Dailymotion à propos de la fin du monde ?



Le Scientifique belge m'a écrit avec un humour agacé : "Heureusement qu'il y a le Coran pour nous enseigner la physique-pourquoi se faire chier à faire des exprériences?". Sa mauvaise humeur visait le Coran parce que c'est lui que mentionne la vidéo. Mais je sais qu'il pense la même chose des apocalypses de la Bible, qu'ils soient canoniques ou apocryphes.

Moi j'ai surtout  été bluffé par la démonstration sur la fin de la matière. J'ignore si elle prête à débat chez les scientiques ou pas. Le cerveau humain a du mal à penser un "avant la matière" et un "après la matière". Tout simplement parce que ce bel organe n'a pas été sélectionné pour penser des problème d'une telle envergure...

En parlant de sélection naturelle, je suis assez sceptique devant les réflexions de Pascal Boyer sur le rapport de l'humain aux cadavres, tout en reconnaissant ne guère avoir de billes pour les contrer. En revanche j'aime beaucoup le texte de Luc Faucher et Edouard Machery Construction sociale, biologie et évolution culturelle (dans Naturalisme versus constructivisme ? Paris, Editions de l'EHESS, 2007 p. 213 et suiv) qui évoque notamment l'avantage darwinien de l'invention des ethnies il y a 50 000 ans... Un texte très fécond pour nos réflexions sur le racisme.

A mon retour du Sud-ouest, des journalistes de la TV m'interviewaient... toujours sur le même sujet... voilà au moins qui nous soustrayait au thème de la mort...
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Révolutionnaires montagnards

29 Septembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Un lecteur de mon roman "La révolution des montagnes" qui m'avait déjà contacté en 1999 quand je tenais un site d'info sur la guerre du Kosovo et qui aujourd'hui a rejoint une communauté anarchiste connue du côté de Sisteron m'écrit ceci cet après-midi après avoir lu ce livre :

"Adessias lo Béarnais

J'y suis depuis 5 ans dans la montagne et le maquis; hote d'une petite communauté "Jansiac" qui essaye de s'y maintenir depuis 30 ans sur une base écolo-libertaire.

Je dois dire que les conditions d'hébergement sont sommaires et que la vie y est des plus frugale. Celà dit les alternatifs et les décroissant ne se bousculent pas pour rejoindre de tel lieux. J'ai l'impression que je vais passer l'hiver seul à la cabane avec les bêtes.

Pourtant 300 Hectares isolés c'est plus grand que la principauté de Monaco ; mais je ne me vois pas initier une lutte pour l'indépendance.

Ton bouquin m'intéresse au plus haut point.

Durant le grand "monome" de 1968 ; nous fumes une douzaines de gamins de 17 à 22 ans à prendre le maquis avec armes et bagages dans les hautes vallées du comté de Nice notre zone d'opération nous permetant de passer réguliérement en Italie pour échapper aux poursuites. Nous nous sommes ainsi "battu" jusqu'à fin Octobre 68. La neige, le froid, et le manque de vivre, nous ont obligés à déposer les "armes".

Il ne reste que la nostalgie d'avoir vécue une aventure dans une zone libérée avec l'appuis des populations locales.

Les montagnes sont certainement les derniers espaces de liberté que nous pouvons partager."


Ce mail sympathique me va droit au coeur. Evidemment pour tous les esprits de gauche désolés de voir les espoirs de changement social confisqués par telle ou telle caste, telle ou telle nomenklatura, le retour à des communautés villlageoises égalitaires façon Sparte est toujours une tentation. Il y a 5 ans, avant la naissance de mon gamin, un ancien pote de Sciences Po qui avait acheté une grande maison (un ancien établissement religieux) dans l'Ardèche pour y contituer une communauté avait tenté de me mettre sur cette voie là. J'avais découvert à travers lui toutes sortes d'expérimentations auxquelles des ingénieurs et toubibs écolos se livrent dans le désert français disons entre le Périgord et les Alpes. Evidemment, tout cela mérite l'attention de l'observateur politique, même si la limite de ce genre d'expérimentation est évidente (limitation géographique, à des franges très particulières de la société). Je pense que ces tentatives (sous réserve qu'elles soient menées honnêtement, et je vois sur certains blogs des critiques acerbes contre l'esprit des organisateurs de Jansiac), sont une sorte de poumon de l'esprit de gauche : des espaces où des choses s'inventent, se testent, des laboratoires.
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Pensées solidaires

29 Septembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Je lis la presse israélienne ce matin, en quête d'infos sur un incident survenu sur l'esplanade des Mosquées dimanche (des extrémistes juifs aidés par la police ont frappé des arabes, la violence de l'occupant en Palestine reste omniprésente). Je trouve dans ses pages de nombreuses interrogations sur le moyen d'améliorer l'image d'Israël dans le monde, et notamment cet article d'Haaretz qui se demande si le porno gay peut sauver Israël. Un rapprochement entre communautarismes gay et sioniste qui peut plaire à Paris (où les deux sont soutenus), mais aussi peut-être l'occasion d'une réflexion encore une fois sur le rapport entre la politique et le corps. Sur Facebook un garçon proche des Indigènes de la République écrivait : "Les mêmes qui trouvent la burqa indécente (inhumaine etc) en France vont promener leurs gros culs dénudés sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem sans aucun espèce de complexe". Ce commentaire lui était inspiré par la dépêche de Reuters : "Mais la police a indiqué que les heurts ont été provoqués par des Palestiniens rendus furieux par la tenue vestimentaire, à leurs yeux indécente, de certains touristes étrangers sur le lieu saint. " Mais après discussion avec lui il m'a indiqué qu'en fait il est plus probable que ce soit une provocation des colons juifs qui ait conduit aux affrontements plutôt qu'une exhibition de nudité. En tout cas, nous savons bien que le rapport au corps est au centre désormais de beaucoup d'enjeux de "coexistence pacifique" en Europe comme en Occident. Et c'est un problème que nos politiques devraient prendre "à bras le corps" si j'ose dire, et sans ethnocentrisme.

A part cela je pense à l'OTAN chérie de notre centre-droit bien aimé. Va-t-elle mourir dans le piège afghan qu'elle avait initialement tendu aux Soviétiques (il y a trente ans) sous les armes de ceux qu'elle a armés telle l'arroseur arrosé (merci M. Brzezinski) ou, un jour sous les missiles de cette "OTAN des pays du sud" que le colonel Kadhafi a promis de promouvoir au dernier sommet afro-latino-américain de Margarita ? A moins que ce ne soit dans le cadre d'une apocalypse nucléaire avec la Chine ? Who knows. Nous avons semé la guerre, nous la semons encore (voyez notre discours irresponsable à l'égard de l'Iran). Nous ne pouvons que récolter le pire en retour.

Je suis d'accord avec ceux qui affirment que l'Occident n'est pas belliqueux uniquement parce qu'il est capitaliste. Il y a un colonialisme spécifique au judéo-christianisme européen, qui n'a pas eu d'équivalent ailleurs (notamment pas du côté de la Chine, qui, pourtant, au début du XIVeme siècle s'était  lancée dans une conquête des océans à laquelle elle a su mettre fin, à la différence des puissances européenne). La culture joue une rôle. Et tout ce qui peut nous guérir du bellicisme et de l'intégrisme de notre culture sera bon à prendre.

Après notre pensée pour le peuple palestinien, une pensée pour le peuple hondurien dont la dictature ferme les médias indépendants et qu'il soumet à l'état d'urgence. Le Honduras est une pièce de la reconquête réactionnaire de l'Amérique centrale. Ne comptez pas sur nos médias pour vous en parler.

Une pensée aussi pour les Guinéens. Après l'échec des démocraties fantoches issues du processus de La Baule initié il y a vingt ans, voici revenu le temps des dictatures en Afrique. A quand un processus "bolivarien" sur ce continent ?

Triste époque. En Europe obsession sécuritaire, xénophobie, paranoïa de la grippe A sont notre lot quotidien. Rien qui puisse aider nos concitoyens à réfléchir. Qui s'étonne ensuite que Sarkozy, Berlusconi et Merkel fassent de bons scores à chaque élection, tandis que des partis au service du néo-libéralisme comme le FDP en Allemagne, les Verts et le Modem en France récupèrent les décombres de l'effondrement des sociaux-démocrates ? Et n'est-il pas dérisoire de se consoler en disant que Die Linke passe de 8 à 12 % (dimanche dernier en Allemagne), que le bloc de gauche au Portugal progresse ou que la gauche de la gauche marque des points à Corbeil-Essonnes ?

Je trouve incroyable que le suicide des cadres de France Télécom dont on parle aujourd'hui ne donne pas lieu à un grand débat national sur le totalitarisme des nouvelles formes de management, que l'on tolère avec la même placidité que le recul des avantages sociaux des salariés et les cadeaux énormes faits aux entreprises et aux banques. Le déficit public français atteint les 8 % cette année, qu'attend-on pour mettre fin aux exonérations fiscales des entreprises, et contraindre celles-ci à cesser de détruire le tissu social ? Quand nationalisera-t-on les banques pour les empêcher de reconstituer leurs bulles spéculatives au lieu d'endetter nos enfants pour leur survie ? Quand ponctionnera-t-on sur leur bénéfice l'argent nécessaire alphabétiser les populations les plus pauvres du tiers-monde et leur donner les moyens de se nourrir ? (évidemment nous ne le ferons pas, si les opinions publiques européennes s'étaient réellement souciées un jour du tiers-monde cela se saurait et le FMI n'existerait pas). Tout le monde se résigne chaque jour davantage à voir nos sociétés glisser vers les logiques les plus destructrices. Il faut laisser le business faire son beurre, toujours, et que les Etats jouent les pompiers, à la marge.  Les européistes béats étaient ravis au colloque de l'école militaire  jeudi dernier de voir nos armées patrouiller au large des côtes de Somalie (l'opération Atalante). Aucun ne se demandait s'il n'eût pas été plus judicieux d'éviter la destruction par les multinationales du poisson au large des côtes somaliennes (et des autres pays du Sud) et d'aider à la reconstruction du tissu social somalien plutôt que de maintenir la population de ce pays dans la dépendance alimentaire et de la pousser vers la piraterie. Tant qu'il y a des gens pour payer leurs impôts à des Etats superflics nationaux et planétaires, pourquoi se gêner ?
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