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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Politique, vérité et amour

17 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

J'approuve Aristote sur l'idée que la politique est un art accessible à tout un chacun (donc le citoyen qui entre dans le débat politique n'a pas à avoir de complexe face au technicien), il faut juste avoir conscience que... justement c'est un art... donc une manière nécessairement intuitive d'arbitrer entre des impératifs contradictoires. Après cela, chacun est légitime à définir cet arbitrage en fonction de sa propre vision du monde (de droite, de gauche etc), pourvu 1) que l'arbitrage soit en lui-même intrinsèquement cohérent 2) qu'il ne repose pas sur des mensonges factuels (il faut toujours être honnête avec les faits, ce qui suppose qu'on prenne le temps de se renseigner à leur sujet, c'est souvent le plus difficile, d'autant que les désinformateurs sont légion).


Aristippus01

Il n'y a donc pas de jugement politique possible sans foi en la vérité.

 

Comme on l'a souvent dit sur ce blog, la vérité est provisoire et dynamique (toujours ouverte à un dépassement) du point de vue du sujet, et repose à la fois sur la raison et sur l'intuition

 

Cela ne veut pas dire qu'elle soit entièrement relative et historique dans l'absolu (au contraire, elle est, par elle même, nécessairement une et anhistorique). Il n'y a pas d'unité possible du corps politique dans le relativisme ou l'historicisme (sauf dans une perspective téléologique, religieuse ou marxiste, à laquelle je ne souscris pas).

 

Il n'y a pas de recherche sincère de la vérité sans foi en l'amour, car l'amour est ce qui nous ancre dans l'horizon humain, qui est le seul terreau possible de la vérité.

 

J'adhère à une notion extensive de l'amour. Pour les grandes notions , les définitions les plus couramment admises et les plus vagues sont les meilleures, car la part d'intuition est légitime à leur sujet, et parce que l'imprécision des mots intègre la variété des expériences possibles.

Il est bon que le mot "amour" en français soit très général et qu'il englobe toutes sortes de mouvements vers autrui, depuis le simple fait de rendre service à un inconnu dans la rue, jusqu'à l'amour maternel/paternel ou filial. La conception la plus élevée et la plus complète (celle dans laquelle on peut placer aussi le plus d'exigence) de l'amour est celle que mobilise la formation d'un couple (et c'est là que se joue sa forme la plus pure). ste baume

L'amour ne pouvant s'éprouver dans les formes les plus élevées à l'égard de toutes les créatures, ni même de toutes les créatures humaines, sa forme minimale (et tout à fait admissible) peut consister à leur égard en un respect de ce qu'elles sont, respect des règles de vie commune (les lois), respect de la parole donnée, volonté de ne pas nuire.

 

Une bonne partie de ceux qui professent un rapport direct à une transcendance (religieux, thérapeutes spiritualistes, politiciens inspirés) placent leur transcendance au dessus de l'amour humain (souvent d'ailleurs parce qu'eux-mêmes souffrent d'un manque affectif), et ne perçoivent autrui qu'à travers le pouvoir qu'ils peuvent exercer sur lui. Ceux-là n'entendent rien à l'amour humain, et, de ce fait, rien non plus à la vérité (ceux qui eurent raison dans l'histoire de mon point de vue furent ceux qui, au contraire, placèrent l'amour au dessus du divin).

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Mauvaises nouvelles internationales

12 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

iraq.jpgFinis les rêves occidentaux de 2011 (qu'on savait bien chimériques) autour des "Printemps arabes". Après la réélection d'Assad en Syrie (88,7 % des voix), l'élection d'Al-Sissi en Egypte (96 % excusez du peu...), le coup d'Etat militaire en Libye, les gains de l'Emirat islamique d'Irak et du Levant en Syrie et en Irak (où on peut soupçonner Maliki d'avoir "laissé faire", on retiendra surtout l'échec complet de la strétagie américaine à Damas et à Bagdad qui a conduit à ce désastre).

 

En dehors du monde arabe, les chances d'émancipation des peuples sont aussi en berne en Thaïlande avec ce coup d'Etat militaire où les militaires promettent un bonheur, assez dérisoire, et au Nigeria qui est en train de se transformer en "failed State" (comme le serait à nouveau le Mali si la France s'en retirait). Le tout sur fond de durcissement des rapports américano-russes du fait du putsch ukrainien et sino-américains du fait du bras de fer entre Pékin et les alliés de Washington (Japon, Corée du Sud, Philippines etc) autour des îlots désertiques qui entourent l'Empire du Milieu...

 

Que ceux qui entrevoient des signes d'espoir dans les relations internationales en ce moment nous écrivent...

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Projet de loi communiste sur les questions sexuelles (1933)

11 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

DSCN5111.JPGA Marseille ce weekend je suis tombé (entre autres choses surprenantes - notamment des révélations sur la plante abortive Artemisia et la reine Artemisia II de Carie - ) au musée de l'histoire de ville, sur la revue "Le problème sexuel" de novembre 1933, qui invitait en couverture à lire en page 38 "notre enquête à propos du projet de loi communiste sur les questions sexuelles et l'avortement".

 

Décidément beaucoup de renvois à la question de l'avortement au cours de ce voyage dans la cité d'Artémis (devenue la "Bonne mère" avec la christianisation).

 

J'ai bien sûr pensé à Alexandra Kollontai, déjà mentionnée sur ce blog, à Clara Zetkin, Danièle Casanova etc. Les grandes heures du féminisme communiste international. Mais je n'avais jamais entendu parler de ce projet de loi. J'apprends ce soir en parcourant le web que la revue  "Le problème sexuel" est parue en 6 numéros de 1933 à 1935, à l'initiative de Berty Albrecht. Denise Albert, que j'avais interviewée à Sevran il y a quelques années et à qui j'avais consacré un petit livre aujourd'hui épuisé, a été la première à me parler de Berty Albrecht.

 

Souvenirs, souvenirs...

 

Allez, une petite vidéo de Marseille, une jolie cérémonie, l'évêque faisait très gouverneur romain...

 

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Le critère d'Adjani

11 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

paris-match-adj.jpgDans Paris-Match du 28 mai que je lisais ce matin chez mon coiffeur, Isabelle Adjani reconnaît qu'elle a raté sa vie sentimentale dans les grandes largeurs, et dit en soupirant qu'elle envie les femmes qui parlent de leur "ex" (au singulier) en souriant.

 

Si avoir réussi sa vie sentimentale, c'est pouvoir parler d'un "ex" ou d'une "ex" en souriant, alors je suppose que j'ai réussi la mienne, puisqu'il y en a une, au moins une, une qui me vient à l'esprit très spontanément, qui vit à 1 807,7 kilomètres de Paris en voiture  vers l'Est si j'en crois ladistance.fr à qui je pense avec un sourire et qui pense à moi de la même manière. "In spite of everything, i have fond memories of you :) " m'avait-elle écrit en décembre dernier, m'apprenant par la même occasion l'expression "fond memories". J'avais recopié dans le livre "Eloge" son mail d'il y a 15 ans, dans lequel elle proclamait qu'un jour quand elle serait vieille elle regarderait son passé et trouverait dans ses souvenirs la lumière réconfortante de notre passion de l'époque. Il est probable que cette prophétie se réalisera. Car elle et moi "in spite of everything", malgré les colères, les agacements, les tortures, n'avons jamais gâché l'absolue pureté de ce qui nous unissait à l'époque. Même mon livre condamnant "urbi et orbi" cette histoire, n'en a pas altéré la beauté. kmgd.jpg

 

Mais je doute que le critère d'Adjani soit tout à fait pertinent...

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Le coup d’Etat abkhaze et le conflit ukrainien

4 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Abkhazie

Mon article publié ce matin sur le site "Esprit Cors@ire" :

 

P1020569En Abkhazie que, la version électronique du Monde du mercredi 28 mai relatant les événements qualifie sottement de « petite région pro-russe et séparatiste de Géorgie » (désignerait-on la France comme une province « pro-américaine » de l’Union européenne ? l’Abkhazie étant alliée des Russes par nécessité économique et militaire, et avec bien plus de nuances que la France ne l’est des Américains), des opposants ont pris d’assaut le palais présidentiel à Soukhoum mardi dernier. Les forces armées sont restées dans un premier temps fidèles au président Alexandre Ankvab, réfugié dans son fief de Goudaouta, mais celui-ci le 1er juin a finalement décidé de démissionner pour éviter tout bain de sang.

 

Le motif du coup de force était la politique gouvernementale d’octroi de passeports (et donc du droit de vote) aux ressortissants de la minorité mingrélienne à l’Est du pays, soupçonnés d’être alliés au gouvernement géorgien - un sujet qui occupait déjà le débat politique local il y a cinq ans (cf "Abkhazie à la découverte d'une 'république' de survivants") – et la gestion de l’aide financière russe, détournée par le clan Ankvab selon ses opposants.

 

A Tbilissi, les analystes qui pendant des années se sont obstinés à ne voir dans les présidents successifs d’Abkhazie que des « marionnettes » de Moscou, s’empressent une fois de plus de discerner dans ce « Maïdan » abkhaze

 

La suite sur le site Esprit Cors@ire  ici (dead link).

 

Article in extenso ici

 

 

 

                                               Le coup d’Etat abkhaze et le conflit ukrainien

 

 

En Abkhazie que, la version électronique du Monde du mercredi 28 mai relatant les événements qualifie sottement de « petite région pro-russe et séparatiste de Géorgie » (désignerait-on la France comme une province « pro-américaine » de l’Union européenne ? l’Abkhazie étant alliée des Russes par nécessité économique et militaire, et avec bien plus de nuances que la France ne l’est des Américains), des opposants ont pris d’assaut le palais présidentiel à Soukhoum mardi dernier. Les forces armées sont restées dans un premier temps fidèles au président Alexandre Ankvab, réfugié dans son fief de Goudaouta, mais celui-ci le 1er juin a finalement décidé de démissionner pour éviter tout bain de sang.

 

Le motif du coup de force était la politique gouvernementale d’octroi de passeports (et donc du droit de vote) aux ressortissants de la minorité mingrélienne à l’Est du pays, soupçonnés d’être alliés au gouvernement géorgien  - un sujet qui occupait déjà le débat politique local il y a cinq ans (1) – et la gestion de l’aide financière russe, détournée par le clan Ankvab selon ses opposants.

 

A Tbilissi, les analystes qui pendant des années se sont obstinés à ne voir dans les présidents successifs d’Abkhazie que des « marionnettes » de Moscou, s’empressent une fois de plus à discerner dans ce « Maïdan » abkhaze une opération téléguidée par Vladimir Poutine en soulignant que son leader Raoul Khadjimba avait été autrefois le candidat malheureux de Moscou contre le président SergueïI Bagapch. Certains notent cependant que Moscou a réagi très tardivement en envoyant l’émissaire du président Vladislav Sourkov à Soukhoum, si bien qu’il se pourrait fort bien que l’élan contestataire soit purement endogène dans ce pays où les conflits politiques se règlent souvent encore à coups de fusil.

 

Quelles que soient les forces à l’œuvre derrière les luttes de faction en Abkhazie, l’influence du conflit ukrainien saute aux yeux. En premier lieu, le fait qu’on parle d’un « Maïdan » abkhaze ne relève pas du hasard : la nouvelle « révolution colorée » ukrainienne, avec rassemblement populaire et renversement du président légalement élu à la clé, applaudie par les Occidentaux, a créé un nouveau précédent dangereux dans tous l’espace post-soviétique et peut-être au-delà. Le message lancé par la révolution de Kiev est « descendez dans la rue, ne respectez plus le verdict des urnes, le coup d’Etat permanent est possible ! » (si l’on ose une référence ici à la terminologie mitterrandienne).

 

Deuxièmement, la crise ukrainienne crée une insécurité dans l’ensemble du bassin de la Mer noire. Les Abkhazes, attachés au souvenir des hauts faits de l’Armée rouge (ils ont été, comme les Transnistriens, fidèles aux valeurs soviétiques jusqu’à la fin du mandat de Gorbatchev), ne voient pas spécialement d’un bon œil des milices d’inspiration néo-nazie donner le coup de poing en plein cœur du parlement de Kiev… ni non plus les navires de guerre américain patrouiller de plus en plus nombreux au large de leurs côtes depuis l’annexion préventive de la Crimée par Moscou.

 

Le président français « pro-américain » François Hollande a d’ailleurs pu attiser les craintes des Abkhazes en se précipitant le 13 mai  à Tbilissi pour assurer la Géorgie du soutien de la France à son « intégrité territoriale ». Malgré les efforts de l’Elysée pour présenter cette démarche comme une sorte de « service minimum » aux côtés des alliés des Occidentaux, les Abkhazes savent ce que signifient ces mots prononcés cinq jours seulement après que le ministre des affaires étrangères de la Géorgie ait annoncé qu’il allait accélérer les efforts pour assurer l’adhésion de son pays à l’OTAN : bientôt l’Abkhazie pourrait être considérée comme un pays sécessionniste au sein d’un Etat membre de l’Alliance atlantique, et le mécanisme des traités pourrait transformer n’importe quel incident frontalier en casus belli impliquant, par la simple mécanique des traités, toute l’Alliance…

 

L’équation de sur les bords de la mer noire est simple : l’opération « Euromaïdan » menée pour accélérer par la force l’inclusion de l’Ukraine à la sphère euro-atlantique, et la réaction russe en Crimée qui en a découlé ainsi que les initiatives d’autodéfense dans le Donbass, ont aujourd’hui plongé toute la région dans une logique de guerre froide : qu’on songe par exemple au bras de fer entre la Moldavie et Moscou sur la question de la visite du vice-président du gouvernement russe Dmitri Rogozine en Transnistrie. Cela entraîne un isolement croissant de l’Abkhazie sur la scène internationale, transformée de plus en plus, dans le discours occidental, en simple annexe des intérêts russes dans le Caucase Sud, ce qui compromet les chances pour l’Abkhazie d’élargir le périmètre des Etats qui reconnaissent sont indépendance (au nombre de quatre actuellement), et paradoxalement lie encore plus étroitement le pays à la Russie (au point qu’on débat maintenant d’une possible annexion, comme en Ossétie du Sud). Et cela implique aussi une vulnérabilité croissante à l’égard des tentatives de déstabilisation pro-russe, mais aussi anti-russes (d’où le fait que la question de l’octroi de la citoyenneté à la minorité mingrélienne ressurgisse en des termes de plus en plus sensibles à Soukhoum sans même parler du possible retour des 200 000 réfugiés géorgiens de 1992, de plus en plus relégué aux oubliettes par ce nouveau contexte international).

 

Le moins que l’on puisse dire est que la perpétuation de la crise ukrainienne est ainsi devenue une très mauvaise nouvelle pour les chances de la paix dans cette région du Caucase.

 

F. Delorca

 

 

(1) Cf Frédéric Delorca « Abkhazie, à la découverte d’une ‘république’ de survivants » Paris, Editions du Cygne, 2010

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Les alcaloïdes de la mandevilla

30 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

mandevillaOn progresse : la mandevilla (autrefois appelée dipladenia) fait partie de la famille des apocynacées (comme le laurier rose et la pervenche), plantes produisant un latex riche en alcaloïdes. Dans les pharmacopées traditionnelles, certaines espèces sont réputées pour leur propriétés anti-inflammatoire, analgésique et prescrite pour traiter les morsures de serpent (peut-être un lien avec le serpent d'Apollon, et ceux du désert des Syrtes dans la "Retirada" de Caton, nous sommes d'ailleurs avec une lune dans l'angle de Jupiter, grande référence de Caton).

 

Mais peut-être la synchronicité entre cette plante et mon dimanche 25 mars tient-elle plus à cela " Apocynum, lui-même issu du grec apo, loin de, et kunos, chien, employé ici dans le sens 'qui les tue', en référence à l'usage d'Apocynum androsaemifolium comme poison. "... le lien avec le saint cynocéphale et le sacrifice des chiens à la lune noire d'avant hier est peut-être davantage à retenir.

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Interview de F. Delorca dans Altinpost

29 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Abkhazie

Ci-dessous la version française de l'interview de Frédéric Delorca qui vient de paraître dans l'e-zine de la diapora abkhaze en Turquie Altinpost (publiée en turc ici).

 

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- Il y a très peu d'intellectuels français qui se sont intéressés à l'Abkhazie et vous êtes un d'entre eux. Nous savons que vous avez écrit un livre important sur ce pays qui s'appelle "Abkhazie A la découverte d'une "République" de survivants". Pourquoi l'Abkhazie? Comment avez vous rencontré ce pays?

 

--- J'ai mené un combat contre l'hégémonisme de l'OTAN à partir de la guerre du Kosovo, et j'ai toujours voulu lutter contre la désinformation à propos des diverses guerres à travers le monde, y compris les "conflits gelés" d'ex-URSS. En 2007 je me suis rendu en Transnistrie, et, en 2009, quand des amis polonais m'ont proposé de faire partie d'une mission de contrôle électoral pour la première élection présidentielle après la reconnaissance par la Russie, j'ai tout de suite accepté de m'y rendre.
 
- Pourquoi est-ce que les pays occidentaux refusent la réalité d'une Abkhazie indépendante ?
 
- La principale raison est que les puissances occidentales ont toujours été réticentes à l'idée de remettre en cause les frontières héritées de la seconde guerre mondiale. Avec l'éclatement de la Yougoslavie et celui de l'Union soviétique, elles ont accepté l'idée de découper les frontières des anciens Etats fédéraux le long des limites des Etats fédérés, mais n'acceptent pas d'aller au delà. La contradiction complète tient bien sûr au cas du Kosovo, dans lequel l'Ouest ne veut voir qu'une exception (mais ça n'a aucun sens). Peut-être l'indépendance de l'Ecosse va-t-elle faire évoluer les mentalités. Mais ce que les Européens acceptent pour l'Ouest du continent, ils ne sont pas prêts à l'accepter pour les pays riverains de la Mer Noire. Toujours le "deux poids deux mesures"... Et puis l'annexion de la Crimée a suscité beaucoup de craintes. Les esprits des milieux gouvernementaux restent crispés et fermés à tout effort de pédagogie. 

- Que devrait faire la diplomatie abkhaze, afin d'obtenir une reconnaissance européenne ou bien celle-ci est-elle impossible avant longtemps ?
 
- Il est toujours utile de développer un travail de lobbying auprès de diverses institutions comme le Conseil de l'Europe ou le Parlement européen. Auprès des médias aussi. Il faut mener un travail pédagogique. expliquer que l'Abkhazie a été rattachée de force à la Géorgie par Staline. Raconter toutes les épreuves traversées par le peuple abkhaze, depuis la déportation au XIXe siècle, jusqu'à la guerre patriotique de 1992-93, mettre l'accent sur le côté multiethnique de l'Abkhazie actuelle, sur ses efforts pour se démocratiser, sur le mérite qu'elle a eu de résister à tous les embargos, casser tous les clichés du pays dangereux, mafieux, base du militarisme russe etc que ses adversaires entretiennent en permanence.

- Quels sont les moyens alternatifs pour l'Abkhazie d'avoir une communication directe avec les gens en Europe, la société civile etc. ? 
 
- Les Européens de l'Ouest (et surtout les Français) ont deux grands défauts : ils ne s'intéressent pas beaucoup à ce qui se passe au delà de leurs frontières (la très grande majorité ignore l'existence de l'Abkhazie), et leur point de vue est conditionné par les grands médias, c'est à dire en fait par quelques journalistes qui répètent ce que disent une dizaine de leurs confères (par exemple en France, l'AFP, le Monde et Radio France internationale qui restent les plus influents sur la politique étrangère). Pour contourner le mur de la désinformation, il faut aller vers des milieux qu, ont des raisons diverses et variées de se méfier des "vérités officielles". Par exemple les milieux souverainistes (hostiles à l'Union européenne), la gauche de la gauche, les écologistes, les partis régionalistes (j'avais moi même tenté d'amener avec moi un élu occitaniste en Abkhazie). Ces mouvances peuvent être intéressées par le point de vue abkhaze. Il est aussi possible de développer une coopération culturelle avec les municipalités, les régions ou les associations quelles que soient leur couleur politique. Le Caucase est si mal connu en France. Je suis sûr par exemple que l'Association des Populations des Montagnes du Monde qui est présidée par un élu de ma région natale pourrait collaborer utilement avec l'Abkhazie.

- De quelle manière la "crise ukrainienne" pourrait-elle affecter l'Abkhazie?

- Principalement, elle crispe les relations Est-Ouest ce qui ne peut que renforcer aux yeux des Occidentaux la volonté d'isoler l'Abkhazie. Le pire serait sans doute si cette logique de guerre froide aboutissait à l'entrée de la Géorgie dans l'OTAN. D'une manière générale il faut souhaiter une stabilisation de la situation ukrainienne autour d'une solution "raisonnable" qui préserve les intérêts à la fois de la partie russophone du pays et ceux de la partie orientale et mette un terme à la logique de militarisation et de déstabilisation de l'ensemble du bassin de la Mer Noire. Cela suppose bien sûr le désarmement des milices de part et d'autre (celui de Secteur de droite et des éventuels mercenaires présents à l'Ouest du Pays, comme celui des groupes d'auto-défense russophones à l'Ouest). Espérons que le réalisme finira par prévaloir de part et d'autre sur ce point.

- Quelle est votre opinion sur le partenariat stratégique russo-abkhaze et sur le rôle de la Russie dans le destin de l'Abkhazie ?

- Je crois que les dirigeants abkhazes ont compris à la fois que l'alliance avec la Russie était à court terme le meilleur moyen de renforcer la sécurité du pays et d'éviter une nouvelle guerre avec la Géorgie, et que cette alliance risquait à plus long terme de les rendre trop dépendants du sort de la Russie dans les relations internationales si elle restait trop "exclusive". D'où l'intérêt pour l'Abkhazie de développer des liens également avec la Turquie, l'Iran, le monde arabe... Mais comment développer des contacts avec ces autres pays si ces derniers ont peur de reconnaître la République abkhaze, et comment lier des contacts avec eux sans devenir un enjeu de leurs rivalités voire sans importer une partie de leurs problèmes internes ? Je suppose que c'est une question assez complexe.
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Coup d'Etat en Abkhazie

29 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Abkhazie

P1020569abkhaziePetite inquiétude : un coup d'Etat en Abkhazie. Je lis ceci dans Ria Novosti : "Mardi après-midi, des milliers de manifestants se sont rassemblés au centre de la capitale abkhaze, Soukhoum, pour réclamer la démission du président Alexandre Ankvab et du gouvernement. Les protestataires ont notamment dénoncé l'octroi massif de passeports aux habitants des régions orientales du pays.Le soir, l'opposition a annoncé avoir pris le siège de l'administration présidentielle."

 

J'ai bien connu ce charmant "siège de l'administration présidentielle" où nous avions nuitamment interviewé feu le président Bagapch (cf vidéo ci dessous) en 2009.

 

 

Aujourd'hui on apprend que le premier ministre a démissionné dansun souci d'apaisement pour éviter qe le sang ne soit versé. Apparemment c'est la politique d'intégration de la minorité mingrèle (toujours soupçonnée d'être pro-géorgienne), qui a mis le feu aux poudres. Poutine a envoyé un médiateur.

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Mandevilla

29 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

lune

Méchant coup derrière la tête hier. Sans doute à cause de la Lune noire qui ne me réussit pas depuis le 22 décembre. Mon saint patron cynocéphale est toujours sacrifié à Hécate...

 

Je cherche partout la signification de la mandevilla sanderi pour les Latino-Américains. C'est la fleur qui est venue à moi dimanche dernier.

 

Personne n'éclaire ma chandelle...

 

mandevilla.jpg

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Tracker (suite)

29 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Un blogueur me disait hier : "Tu devrais supprimer le tracker de ton blog. Il vaut mieux ne pas chercher à savoir qui te lit. Moi, j'ai supprimé le mien l'an dernier quand j'ai découvert en utilisant ce logiciel que mon 'ex', qui m'a quitté il y a cinq ans, continue de se connecter à mon blog tous les soirs avant de se coucher, et tous les matins quand elle se lève. Il y avait les énergies qui connectaient les gens à distance, maintenant ce sont les sites Internet, les trackers etc."

 

"On ne meurt jamais vraiment" disait l'employée de la pharmacie dans "Corps à coeur" de Vecchiali... Une de mes amies continue de regarder la page de Facebook ou de LinkedIn du type qui l'a plaquée il y a deux ans. Elle interprète chaque quart de dixième de signe qui peut lui laisser croire qu'il pense à elle. Suivant Deepak Chopra sans le savoir, elle voudrait bien que ses prières réalisent des miracles, et que le petit signe, sur telle ou telle ligne de la page LinkedIn se "métamorphose" (je pense aux Métamorphoses d'Ovide, et à la course d'Atalante) en retrouvailles étincelantes... un jour...

 

La condition humaine est touchante quand même...

 

atalante.jpg

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Lucile, le monothéisme, les quanta, l'Algérie, les guerres et le FN

27 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le beau passage de Chateaubriand, qui parle de Lucile (dans les Mémoires d'Outre Tombe). Ce paragraphe qui se termine si magnifiquement par "désespoirs inexplicables". Le charme infini de l'inexplicable...

 

lucile

 

Sur un plan plus terre-à-terre je tombais juste avant dans la soirée sur un passage de Charlevoix en 1721 qui narre comment un chef  amérindien s'était persuadé de garder une statuette de la Vierge autour du cou parce que, l'ayant portée, il avait vu le fusil de son ennemi s'enrayer et s'était persuadé de ses vertus protectrices. Charlevoix regrette qu'il n'y ait point eu de missionnaire dans le village pour l'aider à se convertir... A-t-il raison ? Les néo-païens d'aujourd'hui (une amie me disait avoir appris ce midi l'expression "vortex énergétique", moi je l'ai lue pour la première fois hier) diraient que non, qu'il eût mieux valu que la Vierge demeurât chez ce peuple une divinité parmi d'autres. Le procès du monothéisme est très dur à instruire. Les rationalistes s'entendent pour y voir un progrès épistémique et moral. Les néo-païens s'en indignent. Souvenez-vous à ce propos du film "Agora" dont je vous ai parlé en janvier 2010 (il y a 4 ans) - au fait à propos d'Hypatie et Hipparchie, j'aurais bien des choses nouvelles à vous dire à propos du mari de cette dernière, une autre fois peut-être. Oui, les gains et inconvénients du monothéisme sont difficiles à évaluer, comme ceux du rationalisme.

 

A vrai dire, la question ne peut être traitée sérieusement qu'à  partir d'une étude dialectique du mécanisme et du miracle (le grain de sable dans le mécanisme). Deepak Chopra qui était au Grand Rex à Paris il y a huit jours est sans doute un de ceux qui donnent les meilleures clés pour penser cela, à partir d'une conception de la mécanique quantique dont je n'ai pas les moyens intellectuels pour ma part d'évaluer la pertinence, mais qui n'est sans doute pas à négliger. J'espère en tout cas que les admirateurs néo-païens ou énergéticiens des "Esprits ascensionnés" pensent à y inclure Mouhammad/Mahomet. Le font-ils ? Si oui quel statut lui accordent-ils ? Questions un peu gratuites de vaine érudition comme si j'évoquais par désoeuvrement l'orphisme ou les mytsères d'Eleusis. Questions politiques quand même, car je soupçonne les néo-païens de ne pas savoir quoi faire de l'Islam, qui reste le seul monothéisme "offensif", celui qui détruit les restes du soufisme et de l'animisme (c'est-à-dire du paganisme), au Maghreb, dans le Sahel, dans le Caucase, en Indonésie...

 

A part cela le journal de Paul Claudel sur Amazon est trop cher. Dommage (chers lecteurs de mon blog vous avez quand même le droit de me l'offrir en me l'envoyant par la Poste, j'en serais très touché !). Oui, je sais, je m'attarde trop sur les journaux et la correspondance des auteurs, plus que sur leur oeuvre. C'est l'imaginaire appliqué au réel qui m'intéresse le plus. Preuve que je reste malgré tout, avant toute chose, un politique, ou un soldat, comme vous voudrez...

 

Mon article sur le non alignement menacé en Algérie est "liké" par plus de 70 personnes sur Facebook, mais bizarrement pas dans le réseau de l'Atlas alternatif. Très peu repris sur Twitter en revanche. La sociologie des réseaux sociaux demeure à mes yeux impénétrable. Depuis que j'ai été responsable des relations internationales en Seine-Saint-Denis, et malgré mon changement de fonctions, je ne croise sur ma route que des gens qui ont eu un rapport familial ou personnel fort à l'Algérie avec lequel pourtant je n'avais pour ma part aucune relation (je n'ai d'ailleurs jamais visité ce pays). C'est étrange. L'appel du souvenir des drames de cette contrée parle-t-il en moi ?

 

La semaine dernière je parlais avec un jeune Kurde. "Vous êtes kurde de quel pays ?" lui demandai-je. "De Syrie" me répondit-il. Et il enchaîna en me décrivant la détresse du village de sa famille et les difficultés de son frère à Alep. "Le plus étrange est qu'ils s'habituent à la guerre" observa-t-il, "pour vivre sans eau, sans électricité". "Je me souviens, lui dis-je, d'un ami serbe qui en avril 1999 sous les bombes m'écrivait qu'il avait appris dix manières de faire du feu sans électricité puisqu'elle était coupée". Je parlais spontanément à cet homme le même langage que lui. L'appel de la guerre en moi résonnait, une fois de plus. "La guerre c'est extraordinaire" disait le carabinier dans le film de Godard - sans référence à Héraclite.

 

Bon, puisque nous parlions de la Seine-Saint-Denis, juste une dernière remarque anthropologique - un élu municipal de Tremblay-en-France m'écrit ceci : notre commune est parmi celles de gauche du département qui ont le plus voté pour le Front national. Sachant que son maire communiste François Asensi y a remporté une victoire très confortable dès le premier tour aux élections municipales de mars, j'en déduis que beaucoup d'électeurs là-bas peuvent se sentir à la fois asensistes et lepennistes, alors même qu'en théorie ces tendances s'opposent radicalement. Je ne suis pas sûr qu'un travail de pédagogie suffise à "ramener ces tremblaysiens dans le droit chemin".

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A quelques jours de l'Ascension

26 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Hier, je vis dans le métro une fille rousse aux cheveux longs. Je pensai à Tori Amos (une chanteuse qui a du sang amérindien dans les veines, malgré les apparences), et je me mis à fredonner : "I know a cat named Easter He says will you ever learn / You're just an empty cage girl if you kill the bird" (extrait de "Crucify").

 

ste baumeTout en chantonnant, je songeais à ce mot "Easter"... Tout le monde admet que les Anglo-saxons ont eu l'étrange idée d'appeler "Ishtar" la fête de Pâques, qu'ils ont oublié de la "christianiser"... Soit. Mais pourquoi ont-ils importé le nom d'une déesse mésopotamienne ? Je veux dire, si Pâques avait simplement coïncidé avec une de leurs fêtes printanières de la fécondité, ils l'auraient simplement appelée du nom d'une déesse locale : Friga, Brigid, Danna, que sais-je ? Dans leur esprit cela DEVAIT être lié vraiment à l'Ishtar des Babyloniens... Quelqu'un le leur avait dit... Qui ? un missionnaire inspiré par la Gnose ?

 

J'ai cru comprendre que la Gnose ou un Evangile apocryphe raconte que Marie-Madeleine prêtresse d'une déesse de la terre (l'Isis égyptienne ou l'Ishtar babylonienne) aurait ressuscité Jésus (cf ici)... Le mot Easter est-il lié à cela ?

 

Une correspondante (pourtant athée) m'écrit qu'elle était à l'église Saint-Sulpice à Paris aujourd'hui, et qu'elle y a ressenti des "énergies" comme en 2005. Le "Da Vinci Code", roman américain à succès des années 2000, sur la base d'une tradition hérétique rattachait cette église à Marie-Madeleine... Je ne me suis pas du tout intéressé à ce folklore "new age" passé dans le marketing au moment de la sortie du best seller. Quelqu'un m'a expliqué il y a peu que Marie de Magdala faisait partie des "maîtres ascensionnés" (horrible néologisme) que recensent les esprits contemporains. Je suppose que c'est aussi de cette Marie que parle ce site consacré au Reiki quand il dit : "Le Maître Marie est le Maître de la Fréquence Mère Rose. C’est l’incarnation de la Mère Divine. Elle est aussi appelée Lady Nada. Elle représente une des belles extériorisations de l’Amour. Elle nous relie à l’Amour Inconditionnel." Il est peut-être bon d'apporter une pomme "Pink Lady" à Rocamadour ou à Sainte Baume...

 

Une légende provençale dit que Marie-Madeleine à Sainte Baume a été portée 7 fois par jour par les anges au-dessus de la grotte où se trouve un vortex d'énergie. Marie-Madeleine était élevée par les anges, nue, ses cheveux longs recouvraient sa nudité. Etrange ascension...
 

A propos d' "Amour inconditionnel", une femme dédie ces mots à son amant ce soir sur son blog : "Ma fibre artistique, qui me fait décrire avec un peu de subtilité…tes sourcils. Je ne t’apprends rien, leur orientation et leur définition donne le plus clair de l’expression du regard et même du visage. Les tiens sont adorablement fins et il me semble que leur extrêmité intérieure est légèrement ascendante, ce qui te donnent cet air d’innocence. Ce sont tes lèvres aussi, quand tu dors, qui font penser à celles d’un enfant."

 

Il y a quand même de plus jolies choses en ce bas monde que les résultats des élections...

 

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Tracker (pour info)

26 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

mon-bureau.jpgJe me permets de rappeler à mes aimables lecteurs qu'un "tracker" incorporé à ce blog me permet d'en géolocaliser un tiers des visiteurs. Autrement dit sur trois ordinateurs qui se connectent à ce blog, mon tracker connaîtra l'adresse IP et la localisation géographique d'un d'entre eux. Cela ne veut pas dire que si vous vous connectez trois fois dans la journée, le tracker vous repèrera une seule fois. Cela veut dire que si votre adresse IP fait partie du quantum de 33 % que le tracker reconnaît, il la reconnaîtra à chacune de vos connexions (que vous veniez me lire une fois par semaine ou sept fois par jours comme cela arrive à certains). Je ne fais bien sûr rien de vos adresses IP, et ne regarde de temps en temps les géolocalisations que pour évaluer un peu la "cartographie" de mon réseau de lecteurs. La géolocalisation est souvent approximative (par exemple quand je me connecte depuis les Pyrénées-Atlantiques, mon tracker me localise souvent dans une commune des Landes !), mais parfois elle tombe juste. Donc vous voyez cela n'a rien d'un "flicage précis". Je tenais quand même à en informer les lecteurs, qui doivent aussi savoir que la pratique est fréquente chez les blogueurs (par exemple mon ami Ed** a cela aussi sur son blog).

 

Je vous laisse deviner si votre ordinateur fait partie des 33 % que mon tracker repère, et si la géolocalisation effectuée est pertinente en ce qui vous concerne.

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Toujours les mêmes rouages...

26 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

MAE.gifEn France l'UMP à 20 % derrière le FN, le PS à 14. En Espagne le PP qui dégringole à 26 % et le PS à 23 (avec une gauche de la gauche à pratiquement 10 % et un mouvement citoyen inspiré de la gauche équatorienne à 8 %).

 

  Diputados Votos %
PP
 
16 4.074.307 26.06%
PSOE
 
14 3.596.265 23.00%
LA IZQUIE
 
6 1.562.555 9.99%
PODEMOS
 
5 1.245.943 7.97%
UPyD
 
4 1.015.989 6.50%
CEU
 
3 850.690 5.44%
OTROS   6 1.748.601 11.16%

 

ERC devance tous les autres partis en Catalogne. Au Royaume Uni Ukip écrase les autres partis avec 29 % (et perce même en Ecosse où le SNP arrive en tête) et les Verts se placent en quatrième position. En Italie si la gauche social-démocrate effectue une bonne poussée et dépasse les 40 % pratiquement dans toutes les régions, le parti 5 étoiles fait encore plus de 20 %.

 

Parmi les grands pays, il n'y a guère qu'en Allemagne (et l'on comprend pourquoi), que le paysage politique reste à peu près "traditionnel"  avec une CDU à 30 %, et un SPD à 27 devant les Verts à 10 et Die Linke à 7 (et largement au dessus de 15 % dans tous les Länder est-allemands). On comprend pourquoi : l'Union européenne ne fonctionne qu'au profit de ce pays là... Dans les petits pays, la droite arrive en tête sauf au Portugal, en Grèce, en Roumanie, en Slovaquie et en Suède, au Danemark c'est même l'extrême-droite qui l'emporte

 

Ca dérive pas mal dans ce scrutin dépourvu de tout sens en termes de pouvoir politique réel. Nul doute que par delà la rhétorique les milieux dirigeants y verront encore argument pour continuer "comme avant" : négocier le traité transatlantique à Bruxelles sans consulter les élus, limiter les possibilités d'initiatives citoyennes etc.

 

Prochains enjeux : l'éventuelle sécession écossaise, le risque d'éclatement de la Belgique, voire de l'Espagne, la possible sortie du Royaume-Uni de l'UE (encore qu'on puisse compter sur la rouerie des pouvoirs en place pour n'agiter le spectre de ces transformations que pour faire en sorte que rien ne change)... La dialectique du défoulement et de la tromperie, qui est la logique du rapport citoyens/dirigeants sur notre continent depuis plus de vingt ans devient en soi une forme institutionnelle. Est-il d'ailleurs utile en quoi que ce soit de la commenter ? L'essentiel en politique ne se joue-t-il pas ailleurs, dans un impensé, dans une innovation créatrice qui n'a pas encore émergé, mais dont le terreau se trouve peut-être déjà là, quelque part, là où justement personne ne regarde ?

 

Restons attentifs...

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Comment j'ai voté dans le Sud-Ouest

25 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

P1010396J'avais l'intuition que je voterais pour le Front de Gauche, mais je n'en étais pas tout à fait sûr vu leurs faiblesses idéologiques (sur l'Europe et sur le reste), les errements aberrants de Mélenchon, le handicap structurel des communistes etc.

 

Au bureau de vote, à l'entrée j'ai pris les bulletins des partis qui m'intéressent : une liste souverainiste pour laquelle j'avais envisagé de voter la semaine dernière, mais avec des hésitations, le bulletin du FdG, celui de Lutte ouvrière, et celui du parti du vote blanc. Chacune de ces listes a été choisie en fonction de mes convictions politiques. Dans l'isoloir, j'ai tout de suite su que je prendrais le bulletin du Front de Gauche. Mon regard a balayé la liste des candidats dirigée par Mélenchon. Il s'est arrêté en fin de liste sur Raoul Marc Jennar, contributeur de l'Atlas alternatif en 2004, dont j'ignorais qu'il se présentait à ces élections. J'y ai vu une confirmation du fait que je devais voter pour eux. Je juge la politique en fonction des idées, mais aussi de la P1020401valeur humaine, c'est-à-dire, de la capacité à agir, et à inscrire les idées (même imparfaitement,et même des idées imparfaites) dans l'histoire réelle. Depuis 15 ans, les apparatchiks du Front de Gauche, qui pourtant n'ont guère agi en ma faveur, ont quand même un peu plus fait pour m'aider, et aider mes idées (notamment les idées anti-ingérence de l'Atlas alternatif) que ceux des autres partis. Au pays des aveugles, les borgnes étant rois, j'ai choisi le borgne du Front de Gauche.

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