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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

A quelques jours de l'Ascension

26 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Hier, je vis dans le métro une fille rousse aux cheveux longs. Je pensai à Tori Amos (une chanteuse qui a du sang amérindien dans les veines, malgré les apparences), et je me mis à fredonner : "I know a cat named Easter He says will you ever learn / You're just an empty cage girl if you kill the bird" (extrait de "Crucify").

 

ste baumeTout en chantonnant, je songeais à ce mot "Easter"... Tout le monde admet que les Anglo-saxons ont eu l'étrange idée d'appeler "Ishtar" la fête de Pâques, qu'ils ont oublié de la "christianiser"... Soit. Mais pourquoi ont-ils importé le nom d'une déesse mésopotamienne ? Je veux dire, si Pâques avait simplement coïncidé avec une de leurs fêtes printanières de la fécondité, ils l'auraient simplement appelée du nom d'une déesse locale : Friga, Brigid, Danna, que sais-je ? Dans leur esprit cela DEVAIT être lié vraiment à l'Ishtar des Babyloniens... Quelqu'un le leur avait dit... Qui ? un missionnaire inspiré par la Gnose ?

 

J'ai cru comprendre que la Gnose ou un Evangile apocryphe raconte que Marie-Madeleine prêtresse d'une déesse de la terre (l'Isis égyptienne ou l'Ishtar babylonienne) aurait ressuscité Jésus (cf ici)... Le mot Easter est-il lié à cela ?

 

Une correspondante (pourtant athée) m'écrit qu'elle était à l'église Saint-Sulpice à Paris aujourd'hui, et qu'elle y a ressenti des "énergies" comme en 2005. Le "Da Vinci Code", roman américain à succès des années 2000, sur la base d'une tradition hérétique rattachait cette église à Marie-Madeleine... Je ne me suis pas du tout intéressé à ce folklore "new age" passé dans le marketing au moment de la sortie du best seller. Quelqu'un m'a expliqué il y a peu que Marie de Magdala faisait partie des "maîtres ascensionnés" (horrible néologisme) que recensent les esprits contemporains. Je suppose que c'est aussi de cette Marie que parle ce site consacré au Reiki quand il dit : "Le Maître Marie est le Maître de la Fréquence Mère Rose. C’est l’incarnation de la Mère Divine. Elle est aussi appelée Lady Nada. Elle représente une des belles extériorisations de l’Amour. Elle nous relie à l’Amour Inconditionnel." Il est peut-être bon d'apporter une pomme "Pink Lady" à Rocamadour ou à Sainte Baume...

 

Une légende provençale dit que Marie-Madeleine à Sainte Baume a été portée 7 fois par jour par les anges au-dessus de la grotte où se trouve un vortex d'énergie. Marie-Madeleine était élevée par les anges, nue, ses cheveux longs recouvraient sa nudité. Etrange ascension...
 

A propos d' "Amour inconditionnel", une femme dédie ces mots à son amant ce soir sur son blog : "Ma fibre artistique, qui me fait décrire avec un peu de subtilité…tes sourcils. Je ne t’apprends rien, leur orientation et leur définition donne le plus clair de l’expression du regard et même du visage. Les tiens sont adorablement fins et il me semble que leur extrêmité intérieure est légèrement ascendante, ce qui te donnent cet air d’innocence. Ce sont tes lèvres aussi, quand tu dors, qui font penser à celles d’un enfant."

 

Il y a quand même de plus jolies choses en ce bas monde que les résultats des élections...

 

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Tracker (pour info)

26 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

mon-bureau.jpgJe me permets de rappeler à mes aimables lecteurs qu'un "tracker" incorporé à ce blog me permet d'en géolocaliser un tiers des visiteurs. Autrement dit sur trois ordinateurs qui se connectent à ce blog, mon tracker connaîtra l'adresse IP et la localisation géographique d'un d'entre eux. Cela ne veut pas dire que si vous vous connectez trois fois dans la journée, le tracker vous repèrera une seule fois. Cela veut dire que si votre adresse IP fait partie du quantum de 33 % que le tracker reconnaît, il la reconnaîtra à chacune de vos connexions (que vous veniez me lire une fois par semaine ou sept fois par jours comme cela arrive à certains). Je ne fais bien sûr rien de vos adresses IP, et ne regarde de temps en temps les géolocalisations que pour évaluer un peu la "cartographie" de mon réseau de lecteurs. La géolocalisation est souvent approximative (par exemple quand je me connecte depuis les Pyrénées-Atlantiques, mon tracker me localise souvent dans une commune des Landes !), mais parfois elle tombe juste. Donc vous voyez cela n'a rien d'un "flicage précis". Je tenais quand même à en informer les lecteurs, qui doivent aussi savoir que la pratique est fréquente chez les blogueurs (par exemple mon ami Ed** a cela aussi sur son blog).

 

Je vous laisse deviner si votre ordinateur fait partie des 33 % que mon tracker repère, et si la géolocalisation effectuée est pertinente en ce qui vous concerne.

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Toujours les mêmes rouages...

26 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

MAE.gifEn France l'UMP à 20 % derrière le FN, le PS à 14. En Espagne le PP qui dégringole à 26 % et le PS à 23 (avec une gauche de la gauche à pratiquement 10 % et un mouvement citoyen inspiré de la gauche équatorienne à 8 %).

 

  Diputados Votos %
PP
 
16 4.074.307 26.06%
PSOE
 
14 3.596.265 23.00%
LA IZQUIE
 
6 1.562.555 9.99%
PODEMOS
 
5 1.245.943 7.97%
UPyD
 
4 1.015.989 6.50%
CEU
 
3 850.690 5.44%
OTROS   6 1.748.601 11.16%

 

ERC devance tous les autres partis en Catalogne. Au Royaume Uni Ukip écrase les autres partis avec 29 % (et perce même en Ecosse où le SNP arrive en tête) et les Verts se placent en quatrième position. En Italie si la gauche social-démocrate effectue une bonne poussée et dépasse les 40 % pratiquement dans toutes les régions, le parti 5 étoiles fait encore plus de 20 %.

 

Parmi les grands pays, il n'y a guère qu'en Allemagne (et l'on comprend pourquoi), que le paysage politique reste à peu près "traditionnel"  avec une CDU à 30 %, et un SPD à 27 devant les Verts à 10 et Die Linke à 7 (et largement au dessus de 15 % dans tous les Länder est-allemands). On comprend pourquoi : l'Union européenne ne fonctionne qu'au profit de ce pays là... Dans les petits pays, la droite arrive en tête sauf au Portugal, en Grèce, en Roumanie, en Slovaquie et en Suède, au Danemark c'est même l'extrême-droite qui l'emporte

 

Ca dérive pas mal dans ce scrutin dépourvu de tout sens en termes de pouvoir politique réel. Nul doute que par delà la rhétorique les milieux dirigeants y verront encore argument pour continuer "comme avant" : négocier le traité transatlantique à Bruxelles sans consulter les élus, limiter les possibilités d'initiatives citoyennes etc.

 

Prochains enjeux : l'éventuelle sécession écossaise, le risque d'éclatement de la Belgique, voire de l'Espagne, la possible sortie du Royaume-Uni de l'UE (encore qu'on puisse compter sur la rouerie des pouvoirs en place pour n'agiter le spectre de ces transformations que pour faire en sorte que rien ne change)... La dialectique du défoulement et de la tromperie, qui est la logique du rapport citoyens/dirigeants sur notre continent depuis plus de vingt ans devient en soi une forme institutionnelle. Est-il d'ailleurs utile en quoi que ce soit de la commenter ? L'essentiel en politique ne se joue-t-il pas ailleurs, dans un impensé, dans une innovation créatrice qui n'a pas encore émergé, mais dont le terreau se trouve peut-être déjà là, quelque part, là où justement personne ne regarde ?

 

Restons attentifs...

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Comment j'ai voté dans le Sud-Ouest

25 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

P1010396J'avais l'intuition que je voterais pour le Front de Gauche, mais je n'en étais pas tout à fait sûr vu leurs faiblesses idéologiques (sur l'Europe et sur le reste), les errements aberrants de Mélenchon, le handicap structurel des communistes etc.

 

Au bureau de vote, à l'entrée j'ai pris les bulletins des partis qui m'intéressent : une liste souverainiste pour laquelle j'avais envisagé de voter la semaine dernière, mais avec des hésitations, le bulletin du FdG, celui de Lutte ouvrière, et celui du parti du vote blanc. Chacune de ces listes a été choisie en fonction de mes convictions politiques. Dans l'isoloir, j'ai tout de suite su que je prendrais le bulletin du Front de Gauche. Mon regard a balayé la liste des candidats dirigée par Mélenchon. Il s'est arrêté en fin de liste sur Raoul Marc Jennar, contributeur de l'Atlas alternatif en 2004, dont j'ignorais qu'il se présentait à ces élections. J'y ai vu une confirmation du fait que je devais voter pour eux. Je juge la politique en fonction des idées, mais aussi de la P1020401valeur humaine, c'est-à-dire, de la capacité à agir, et à inscrire les idées (même imparfaitement,et même des idées imparfaites) dans l'histoire réelle. Depuis 15 ans, les apparatchiks du Front de Gauche, qui pourtant n'ont guère agi en ma faveur, ont quand même un peu plus fait pour m'aider, et aider mes idées (notamment les idées anti-ingérence de l'Atlas alternatif) que ceux des autres partis. Au pays des aveugles, les borgnes étant rois, j'ai choisi le borgne du Front de Gauche.

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Dites moi pour qui voter

24 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Séjour dans le Sud-Ouest. Mais pour qui voter ? Voilà qui me rappelle la chanson de mon enfance (1977) ci-dessous. Depuis que les chevènementistes ont renoncé à présenter une liste à laquelle je devais être associé, ma libido electoralis est en berne dirais-je pour plagier le Doctor Angelicus... Je pourrais bien ne pas voter du tout puisque cette assembée européenne est bidon (déjà que je ne fais pas beaucoup d'efforts pour participer aux scrutins nationaux). Mais puisque je suis au pied de mes montagnes, difficile de ne pas faire le détour par l'isoloir.

 

Je lis toujours Simone de Beauvoir, par petites touches, son "Tout compte fait". Des récits de voyages. Toujours un peu stéréotypés dans le style, avec ses formules "obligées" depuis Chateaubriand : "les paysages nus", "les rochers escarpés". Beauvoir était une grande bourlingueuse comme chacun sait. Elle a le mérite du parti pris de la sobriété, comme Cocteau, c'est toujours un signe d'honnêteté. Mais sur Anaïs Nin, sur George Sand, elle se plante largement, je trouve. Sur Malraux je lui donne raison.

 

ter.jpgJ'ai pris un TER hier entre Pau et Saint-Gaudens. Charmant tortillard à flanc de montagnes qui à chaque station - Lourdes, Tarbes, Lannemezan, Montréjeau - se remplit de collégiens excités (mais moins fumeurs de teush que dans mes trains franciliens c'est déjà cela). Le paysage s'orne de fleurs sauvages, de champs où paissent les moutons et les chevaux. Le domaine pyrénéen, patrie de Phoebus, est une aire géographique si étrange, coupée de tout, le "bout" de la France, celle dont la France ne sait rien faire. L'église de Saint-Gaudens qui toise avec mépris la grosse papèterie fumante en contrebas, anachronique comme un extrait de Dickens dans un discours de François Hollande, rappelle les vicomtes de Foix, et le temps des principautés montagnardes. Au bistrot en face de la Gare ce matin, les quinquagénaires à  l'accent gascon rivalisaient de théories en philosophie politique avec ceux du pays d'oïl, de plus en plus nombreux dans ces contrées (mon chauffeur de taxi hier en était un, après 20 ans de bons et loyaux services dans l'Essonne). Tous s'entendaient pour dire que "De toute façon l'Europe ça ne peut pas se faire" - ce qui est déjà moins tragique que les "L'Europe nous tue" de mon chauffeur de taxi sicilien de 2012.

 

Il faut que j'écrive un petit billet pour le blog de l'Atlas alternatif sur les pressions américaines sur l'Algérie. Demain peut-être...

 

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Beauvoir, Malraux, A. Nin, G. Sand et l'URSS dans "Tout compte fait"

23 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités

Je ne raffole pas du style ni de la personnalité de Simone de Beauvoir, mais j’ai de l’estime pour son intelligence et pour son courage. Et quand j’ai vu que ce vieux réac de Paul Morand « de l’Académie française » (un type volontiers méchant, amusant de méchanceté d’ailleurs, une méchanceté souvent inspirée) avouait dans son journal lire « Tout compte fait », de la compagne de Sartre, et recommandait les paragraphes qu’elle consacre à Malraux, j’ai tout de suite acheté le livre.

Fidèle à mon habitude je l’ouvre au hasard (Morand précisait celle du passage qui l’intéressait mais dans l’édition originale, pas dans le livre de poche neuf que j’avais entre les mains). Mais comme le hasard m’aime depuis décembre (« il n’ y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous »), le livre s’ouvre exactement sur le passage que l’auteure consacre au ministre de la culture de de Gaulle. Et, comme un cadeau n’arrive jamais seul, je découvre qu’à la page d’avant, elle donne son avis sur George Sand (dont je lisais les mémoires en 2012) et sur le journal d’Anaïs Nin que je lisais en février. Je ne résumerai pas ici ni ne commenterai l’opinion de Beauvoir sur ces trois auteurs. Je vous laisse la découvrir par vous-mêmes, de même que ses pages extraordinaires sur son voyage en Crimée et en Géorgie avec Sartre.  « Un soldat salue une artiste »

 

 

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Les murs de Thèbes

18 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Je ne sais presque rien sur Thèbes. "The first cut won't hurt at all" : j'apprends qu'Epaminondas assura l'hégémonie à Thèbes en réfléchissant sur les mains dans le pythagorisme. "The second only makes you wonder" : je lis quelque part qu'un historien dont j'ai oublié le nom a écrit que Thèbes était une ville diffamée et je me souviens que la courtisane Phryné, traduite en justice à Athènes, avait proposé de financer seule la reconstruction des murailles de cette cité détruites par Alexandre le Grand. "The third will have you on your knees"... Bon, pas envie de finir déçu, donc je ne cherche pas à en savoir plus sur cette ville. Mais il y a sûrement quelque chose de très étrange autour de tout cela. Il paraît que les touristes ne s'y arrêtent pas, nos livres d'histoire non plus. Probablement une bonne raison pour que des esprits plus malins que moi, plus forts, plus courageux, moins crétins que je ne le suis, se penchent sur cette question...

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Marie-Madeleine encore...

17 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Samuel Butler, cité par Henry Miller, cité par Morand (p. 447) : "Une poule, c'est le seul intermédiaire possible pour un oeuf qui veut faire un autre oeuf"

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Bring back your drones

17 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Michelle Obama s'était affichée avec "Bring back our girls"

 

drones

"Bring back your drones", "Your husband has killed more muslim girls than Boko Haram ever could" ont répondu des Internautes sur Twitter.

 

Les pharisiens renvoyés à leur pharisianisme.

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Ugetsu monogatari

13 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca

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Mail d'une amie russe sur l'Ukraine

13 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Une amie russe presque quadra, m'écrit ce matin : "J'ai du mal à comprendre ce qui se passe sur un plan général ... Je suis de la dernière génération soviétique, la théorie est une chose et une autre chose la façon dont on encaisse quand les émotions arrivent. Mon grand-père est de Nikolaev. Pendant la Seconde Guerre mondiale s'est battu en Iran et de la Turquie contre les nazis. Il faisait partie des groupes qui ont rendu possible le sommet de Téhéran en 1943. Mon autre grand-père a été honoré de la médaille de « La prise de Berlin » et deux médailles du courage entre autres . Ma grand-mère a quitté la fac de médecine pour rejoindre l'armée et sauver les soldats blessés sur ​​la ligne de front. Ils sont tous morts , mais je les connaissais, ainsi que leurs histoires. J'ai passé la plupart des étés de mon enfance en Crimée. J'ai des souvenirs de beaucoup de voyages avec mes parents et l'école à Odessa, à Kiev ... C'est ce que nous appelons les bases de notre identité et de notre mentalité, je pense . Beaucoup de citoyens russes ne peuvent toujours pas comprendre pourquoi des citoyens ukrainiens, qui sont slaves comme eux, ont commencé à les haïr.
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Seule la connaissance me permet de comprendre la raison de tous ces événements et des décisions prises.
Les technologies modernes de la manipulation de masse des médias occidentaux ont maintenant atteint ma mère patrie..."
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Sombres alliés

11 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Les Occidentaux ont toujours aimé les nazis quand ils les aidaient à tenir en respect les Russes. On le voit en Ukraine aujourd'hui. Quelque part dans son journal de 1969 Paul Morand rappelle que l'ingénieur nazi qui a inventé les V3 pendant la seconde guerre mondiale a reçu les félicitations... de l'ancien président du tribunal de Nüremberg qui l'avait condamné ! Cet ingénieur a joué un rôle actif dans le programme spatial de la NASA (la bien nommée) qui lui doit d'avoir réussi à surclasser les Soviétiques dans la conquête des étoiles.

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"Servitude humaine" de Somerset Maugham

8 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités

Peut-être vous souvenez-vous de la chanson de Souchon qui disait « Comme dans ces nouvelles pour dames, de Somerset Maugham ».

J’ai acheté de Somerset Maugham « La Servitude humaine » (Of human bondage – le titre est meilleur en anglais, il fait moins « énième plagiat » d’un titre Vigny, le grand Vigny, si drôle quand il parle de Napoléon en Egypte, Vigny marié à Pau…). Pas à cause de Souchon, mais parce que le Docteur Deepak Chopra, fils du médecin personnel (indien) de Lord Mountbatten, dit quelque part que cet ouvrage qui lui fut offert par son père fut parmi les trois qui le décidèrent à devenir médecin plutôt qu’écrivain.

Je vous vois venir, fieffés rationalistes. Vous écumez, vous sautez sur votre chaise : « Bougre de Delorca, oser mentionner ce fumiste de Docteur Chopra dans les nobles colonnes de ce blog ! » Mais non vous ne dites même pas cela, parce qu’en bons rationalistes vous ignorez jusqu’au nom de Deepak Chopra, comme de Doreen Virtue, et de tous ces obscurs spéculateurs qui travaillent le cœur des distinguées trentenaires internautiques qui prient nuitamment la lune croissante (Artémis, nous y sommes en ce moment, après la sombre Hécate en Saturne du 29 au soir). Et je ne vous donnerai ni raison ni tort, à la manière d’Apollonios de Tyane (« Néron creusera et ne creusera pas le canal de Corinthe », au fait j’aurais plein de choses intéressantes à vous dire sur les murailles de Thèbes, et sur l’Apollon de César-Auguste, mais ne nous dispersons pas trop, n’est-ce pas ? je ne suis pas un véritable écrivain et donc je n’ai ni le temps ni la légitimité pour écrire des livres ou des billets sur ces sujets importants et graves).

maughamRevenons à nos moutons. Somerset Maugham fut un auteur à succès de l’entre deux guerres. Le mieux payé du monde a-t-on dit. Vous allez me dire : s’il avait pour public les jeunes bourgeois indiens de l’époque cela fait déjà du monde, « mais pas que » comme disent les jeunes journalistes qui veulent être à la mode. « La servitude humaine » n’est pas son titre le plus connu. D’ailleurs il n’est plus réédité. Je l’ai commandé à un petit bouquiniste de province qui se vend sur Amazon. Ces gens me touchent toujours. Ils vous envoient toujours leurs livres bien empaquetés, avec de jolis timbres, parfois un gentil mot. Ils aiment leur métier, ils vous sont reconnaissants de ne pas avoir acheté Marc Lévy ou Jacques Attali.

L’édition que j’ai en main, plutôt bien conservée, a été publiée en livre de poche en 1966, à partir d’une édition chez Hachette de 1960. Les livres étaient moins prétentieux à l’époque. Pas de texte racoleur en quatrième de couv, pas de présentation de l’auteur. La traductrice est très discrète, elle ne mentionne même pas son prénom « Texte français de Mme E.R. Blanchet » est-il écrit, rien à voir avec certaines connasses des milieux antiguerre que j’ai connues dans les années 2000 qui indiquaient leur nom comme traductrices des articles sur Internet en plus gros encore que le nom des auteurs… Pardon pour cette nouvelle digression…

Le livre est dédié à Léon Barthou… Voilà qui m’interpelle… Nous autres béarnais, qui savons que Barthou est un nom bien de chez nous, avons tous été formés dans des écoles ou des lycées Louis Barthou. Barthou, natif d’Oloron-Sainte-Marie, président du conseil et ministre des affaires étrangères, périt en 1932 ou 1934 (ma mémoire défaille, mais je dirais plutôt 34) sous les balles d’un fasciste croate pour avoir trop aimé les Russes et les Serbes. C’est en partie à cause de cela qu’il n’y eut point d’alliance franco-russe contre Hitler (au grand dam du Malraux des Carnets du Front Populaire et de Mme Lacroix-Riz), comme il n’y a pas d’alliance franco-russe contre les néonazis ukrainiens aujourd’hui. Les Béarnais sont parfois géniaux, mais dans ce cas il arrive qu’on les assassine… Pensez à Henri IV…

Léon Barthou était-il de la famille de Louis ? Les sites trouvés sur Google ne disent rien sur lui (la mémoire internautique est ingrate), sauf qu’il fut « aéronaute », et vice-président d’un club français spécialisé dans ce domaine. Les gens du Sud-Ouest se prenaient parfois pour Icare. Les Messier, Latécoère, Daher. Ce n’est pas un hasard, si Airbus est à Toulouse. Quelle divinité les poussait-elle à vouloir voler ?

Je regarde Wikipedia sur Somersert Maugham. Né à Paris dans une famille de diplomates anglais, il passe, comme beaucoup de bourgeois de son temps, les vacances de sa petite enfance avec sa mère l’été à Deauville et l’hiver… à Pau…

Il a donc mis ses pas dans ceux de Vigny sur le boulevard des Pyrénées (le choix du titre « Servitude humaine » par le traducteur français n’est donc pas si débile, pas si hasardeux en tout cas, « il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous »). Sa mère est morte en couche (avec un cinquième fils mort-né) quand il avait huit ans (en 1883). Wikipedia ne dit pas s’il continua à se rendre à Pau après cela. En tout cas, s’il a connu Léon Barthou à Paris à l’âge adulte, ils ont pu évoquer ensemble le Béarn.

Poursuivons. Le héros de « La servitude humaine », Philip, voit sa mère mourir en couche en 1885. La scène est belle. Elle lui caresse délicatement les flancs huit jours avant d’expirer. Je l’ai lue avant de parcourir la fiche Wikipedia, donc sans savoir que c’était autobiographique. Evidemment en songeant que tout cela relève du témoignage oculaire, du vécu, on le perçoit différemment.

L’auteur a de fait grandi comme un enfant unique car ses frères et sœurs étaient bien plus âgés que lui. Il en va de même du héros Philip. J'aime la géographie de Paris de ce Philip, entre la Gaîté Montparnasse et le boulevard Raspail à Paris. Le voyage de Philip dans la vie, est celui auquel nous convie Maugham. A la fin du chapitre 53 on a carrément droit à un rapide cours de philo entre Hobbes, Spinoza et Hume, et même de philo politique sur le rapport entre l'individu et l'Etat.

 

Les portraits de la fac de médecine de Londres ne sont pas mal non plus. Et toujours ses rêves obsédants autour de l'Andalousie. A son héros aussi on a dit que les plus belles femmes du monde s'y trouvaient. Moi c'est un vieux monsieur qui me l'avait dit, dans le TGV espagnol DSCN5767en 1994 quand nous traversions l'austère Castille. Le monsieur n'avait pas vraiment le physique de l'éphèbe bien placé pour vanter les beautés sévillanes, c'est pourtant ce qu'il fit, et sur un ton si convaincant que vingt ans plus tard je m'en souviens encore. Pourtant allez savoir pourquoi, quand je suis allé sur les bords du Guadalquivir, je n'ai pas vu de femmes, seulement des monuments. "Je vous ai attendus sur les bords du Guadalquivir et vous n'y étiez pas", phrase absurde que Malraux lança, selon Chirac, dans un meeting en banlieue rouge pour faire taire les gars de la CGT venus l'empêcher de parler... Oued-el-Kabir, le grand fleuve, le Rio Grande... Mais ne dérivons pas trop...

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Les gaullistes étaient-ils des fascistes ?

7 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Au milieu de tant de traits profondément antipathiques dans le journal de Morand, quelques saillies vraiment drôles, comme celle-ci, le 15 septembre 1969 :
de-gaulle-copie-1.jpg
"Le syndicalisme a pris, samedi, l'offensive. Le Parti communiste est le seul parti : il va essayer de faire sauter le gouvernement. Mais chez les gaullistes, les durs (style "Debré") vont prendre la tête de la résistance (à cet égard, très dangereux d'avoir confié l'armée à Debré). Ce sont des fous ; ils sont très capables de se démasquer fascistes et de casser le Parti communiste syndicaliste avec leurs groupes d'action civique, troupes d'Allemagne, etc. Retour de de Gaulle, Malraux compris, etc. Bref, je pense qu'on est fort près de l'affrontement."

L'amateur d'histoire fiction (de "what if history") que je suis est comblé.

Morand n'aimait pas Debré qu'il trouvait idiot. J'aime aussi quand il se moque de la bouche "en cul de poule" de De Gaulle, de ses airs bonnasses, de sa manière de récupérer les idées à la mode, de flatter la vanité des Français tout en détruisant le pays tout autant qu'il le construit (comme Louis XIV, Napoléon et Clemenceau dit-il). Morand comme Céline fut un vichyssois anti-patriote, une curiosité pour entomologiste.
Epaminondas.png
Pour ma part plus j'y pense plus je crois que la grandeur de Bonaparte tint à son côté Epaminondas, et seulement à cela : c'est à dire que comme Auguste il tenait sa puissance d'ailleurs, d'un prodige. Chateaubriand l'a très bien senti.

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Mars toujours là...

7 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

b52.jpgL'expulsion des députés communistes de la Rada ukrainienne, le déploiement de lance-roquettes Grad à Slaviansk, les propos de Chuck Hagel sur l'intérêt géostratégique de la fonte des glaces dans l'Arctique, les mamours de François Hollande avec le premier ministre japonais Abe (celui qui rend hommage aux criminels de guerre de la seconde guerre mondiale en leur sanctuaire), le viol de la constitution philippine pour installer une base américaine.

 

Cette année 2014 commence à sentir un peu trop la poudre...

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