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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Die Linke plonge, gros problème pour le Front de Gauche

14 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

assnatPas de chance pour le Front de Gauche (FdG) : leurs alliés "naturels" en Europe ont gagné dans le mauvais pays et perdu dans le bon. Ils ont gagné en Grèce (Syriza) mais ça ne devrait pas servir à la gauche française puisque la Grèce a de bonnes chances de quitter la zone euro, et donc elle ne sera plus un allié de Paris pour faire pression sur la Banque centrale européenne comme le souhaiterait le FdG. En revanche l'allié du FdG outre-Rhin, Die Linke, perd les élections dans le pays vraiment utile pour la construction de l' "alter-Europe" dont il rêve : l'Allemagne. Hier en Rhénanie du Nord-Westphalie Die Linke est passée sous la barre des 5 %, elle ne sera pas repésentée au parlement de cet Etat, et disparait  donc des écrans radars.

 

Le FdG français va-t-il en tirer des conclusions quant à sa stratégie politique ? Deux possibilités. Soit il revient à une stratégie plus nationale de rupture unilatérale avec les traités européens. Soit il se met davantage à la remorque des sociaux-démocrates (en France et en Allemagne) qui sont les seuls à avoir le vent en poupe à la fois à Paris et à Berlin, et les seuls à même de faire semblant encore pendant quelques mois de préparer une "Europe de la croissance".

 

 

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Vie et littérature

13 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

chreibenA la radio ce matin le seul type au monde qui ait écrit un roman en hongrois sans être hongrois lui-même raconte comment il est devenu amoureux de la langue magyare jusqu'à en devenir un traducteur réputé. Il précise que l'amour ne lui est pas venu par l'entremise d'une personne mais par intérêt pur pour les structures grammaticales ce qui l'a mis à l'abri des déceptions ultérieures. Il explique comment la conjugaison de l'expression "je t'aime" en hongrois met mieux en valeur l'activité qu'elle désigne.

 

Voilà un homme qui a soumis sa vie à la nécessité du Verbe (pas de la Propagande, comme nos journalistes). Je me suis souvenus de mots hongrois qui restent au fond de moi. Deux seulement "Hocok Ter". Je préfèrerais qu'ils n'y fussent pas. Ou peut-être pas, au fond, allez savoir. Car s'ils n'y étaient pas, mon existence serait encore bien plus factice, je crois.

 

Autre forme de vie littéraire (mais qui s'ignore) : ce matin je dialoguais (en français précisons le) avec une jeune Egyptienne (23 ans) secrétaire à Alexandrie, musulmane fille d'une famille riche. Son histoire à la Roméo et Juliette. Elle est amoureuse d'un jeune homme pauvre (qui vit au Koweit aujourd'hui). Mais sa famille ne veut pas. Elle lui fait épouser un autre homme. Ils ont une petite fille en 2010. Mais la secrétaire manque de dynamisme au lit. Un rapport par mois ça ne suffit pas à cimenter un couple. Le divorce est au bout du chemin. La loi égyptienne assez protectrice permet à la jeune secrétaire de continuer à occuper la maison de son ex-mari après la séparation. Mais le père ne veut pas qu'elle reste seule. Il voudrait qu'elle vienne vivre chez lui Elle ne veut pas être la servante de ses frères et vivre avec leurs femmes. e drame. Au bureau ça ne va pas non plus. Le directeur lui fait des avances en permanence. La petite fille bavarde réclame toujours son père. La jeune maman est désemparée. Elle voudrait mourir. Elle met des clips de Cabrel sur son profil Facebook.

 

Le problème de cette fille ce ne sont pas les islamistes. Quand on lui demande si elle sort voilée elle se récrie "ce que vous croyez sur l'Egypte c'est en Araie Saoudique (sic) que ça se passe, pas ici. Ici il y a beaucoup de chrétiens par exemple". Quand on lui demande ce qu'elle pense de Aliaa Magda el-Mahdy (en lui envoyant le lien au cas où elle ne la connaisse pas) elle la juge "folle et bête". Les problèmes comme le danger islamiste sont bien abstraits pour elle. Elle est déjà confrontée à une difficulté bien plus poignante : l'incompatibilité avec une forme de vue littéraire (romantique) qu'elle a adoptée sous l'influence occidentale, et le vieux patriarcat proche-oriental. La voie féministe d'émancipation est sa seule chance de survie.

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Syrie, Algérie, toujours la même propagande

12 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Journaux-3-2.jpgSur LCP un documentaire entièrement à charge contre le régime syrien ce soir, avec en prime un plateau-débat dominé par une journaliste proche du Conseil national syrien fantoche : bravo encore à nos grands médias pour leur impartialité ! L'Algérie (pauvre pays encerclé par l'islamisme made in Qatar) redonne une majorité au FLN à l'assemblée populaire nationale. Reuters le déplore à demi-mots en accusant une élite "non élue" (sic) de rester au pouvoir, et en espérant que les présidentielles donneront une autre chance pour le renversement du régime (pour son remplacement par une autre islamisme made in Qatar ?).

 

Y a intérêt que le Front de Gauche sorte vite de ses ambigüités en politique étrangère. Parce que là en ce moment je n'entends rien d'intelligent dans cette mouvance sur des sujets pourtant très graves. Et le pauvre Mali occupé par le salafisme dans sa moitié nord, qui lève le petit doigts pour lui ? Non vraiment ça ne va pas du tout. Dogmatisme de l'information, inertie des opposants. Tout cela devient très inquiétant.

 

Mais au fait, que fait Michel Rocard à Téhéran ?

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Boys and girls

12 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

women-save.jpgLa revue Books que je lisais cette semaine consacre, entre autres choses intéressantes, deux pages aux mémoires de Casanova. Celui-ci est resté dans l'histoire de notre espèce non pas comme un grand consommateur de sexe, mais comme une sorte de héros de la séduction parce qu'il s'est montré tout au long de sa vie d'une immense générosité et bienveillance non seulement à l'égard de ses conquêtes (dont on évalue le nombre à 150 environ, ce qui n'est pas énorme) mais aussi à l'égard du jeu amoureux lui-même et des inévitables revers de fortune qu'il implique.

 

Vous savez qu'à la fin de la métaphysique (et à la fin du christianisme) - disons avec les Lumières - certains ont cherché le sens de la vie humaine dans l'action politique, perçue comme le seul horizon d'exercice légitime de la rationalité (voyez Lefort là-dessus)... quitte à ce que tout cela se termine dans un goulag... D'autres sont revenus plutôt à ce constat de base : que l'humanité comme toutes les espèces de mammifères est divisée entre hommes et femmes, et que, à la différence de beaucoup d'espèces, elle est susceptible d'éprouver du désir à toute période de l'année et de la vie adulte, de sorte que le jeu infini des possibilités d'action qu'ouvrait cet état de fait pouvait occuper utilement une bonne partie de notre état d'esprit nocturne et diurne pourvu qu'on sut l'encadrer de certaines règles et lui donner un certain style... Autrement dit retournons dans la cour de récré de notre enfance et, au lieu de jouer au foot ou aux billes avec les garçons de notre âge, allons voir du côté des filles... (Pas de régression freudienne là, pensez putôt au Dionysos enfant de Nietzsche).

 

L'époque actuelle ne se prête pas beaucoup à la mise en oeuvre de la philosophie de Casanova. Parce qu'il y a les violents (façon DSK si l'on en croit la mère de Banon et certaines accusations judiciaires récentes) ; parce qu'il y a la political correctness et ses cohortes d'inquisiteurs (voyez cependant la décision récente du Conseil constitutionnel assez opportune à mon sens de censurer la loi sur le harcèlement sexuel) ; parce qu'il y a un certain climat de malveillance, de jalousie, de rivalité, de mépris entre les gens qui laisse peu de place à l'idéal de générosité que la séduction implique. Le capitalisme préfère vendre de l'Eros en conserve dans ses publicités, son packaging, sur ses écrans d'ordinateur, faire du teasing, du fétichisme de la marchandise en de la marchandisation mortifère du fétiche.

 

Et cependant il se trouve encore des gens pour y croire. Voyez donc le site ci-joint dont un auteur m'a parlé il y a peu. Il offre quelques bonnes surprises dont l'éclectisme méthodologique (l'ouverture à la sociologie, à l'histoire, à la psychologie évolutionnaire), la manière dont il mêle théorie et pratique (avec son espace de rencontre), ainsi que son côté militant. Militer pour l'adultère comme il le fait est un choix difficile dans une société dont le fonctionnement et les institutions ne sont pas a priori définies pour favoriser son développement (même si, comme il le signale dans ses pages, la France est le pays le moins mal loti en la matière). Mais peut-être les conditions historiques du moment, vu le niveau d'éducation que nous avons atteint et le degré d'émancipation des femmes (même si beaucoup reste à faire), s'y prêtent-elles et le jeu en vaut peut-être la chandelle. Un des enjeux bien sûr est de venir à bout de l'instinct de jalousie et de possession, probablement hérité de notre rapport génétique à la procréation mais aussi des formations culturelles issues des sociétés agraires, ou en tout cas d'apprendre à composer intelligemment avec lui comme notre espèce a appris à composer avec l'instinct de meurtre. Les militants de ce site (dont j'ignore le profil sociologique et psychologique) tiennent en tout cas entre leurs mains un projet sociétal qui est peut-être un prélude au communisme sexuel rêvé par certains philosophes antiques. En tout cas un moyen de réintroduire du jeu casanovesque dans notre société si peu encline ces derniers temps à le valoriser.

 

 

 

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De l'air !

11 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

juillet-2006-099.jpgJour de pluie sur Paris. Je vois tout le monde s'enfermer dans ses petites marottes. Un ex pote à moi, proche des Indigènes de la République, qui essaie de se persuader que le projet de parti politique de la sénatrice verte Halima Boumédienne a de l'avenir, Mélenchon qui veut se présenter à Hénin-Beaumont, un souverainiste qui cite une publiciste de sa mouvance comme un argument d'autorité (*). Tout le monde à l'air d'avoir envie de se raccrocher à ses marottes, qu'il utilise comme des marqueurs identitaires sans plus relativiser, sans réinscire ça dans des perspectives plus générales bien pondérées (encore que pour la fixette de JL Mélenchon sur Hénin-Beaumont je comprenne le raisonnement stratégique derrière : abattre les extrèmes-droites en Europe et sortir les médias de leur fascination pour elles, mais parce que ce raisonnement tourne à la marotte, il devient contreproductif, le Front de Gauche devrait plutôt réfléchir sérieusement à ce qu'il veut faire du cadre national français...). Quand la politique n'est plus qu'affaire de fétiches, elle devient ennuyeuse à mourir. Je compte donc m'en éloigner dans les jours qui viennent pour quelques semaines. J'espère qu'aucun événement d'envergure ne m'y ramènera.

 

(*) Il vient de m'écrire qu'il ne l'a pas publié comme argument d'autorité (même si des lecteurs l'ont pris comme tel ainsi qu'on le voit dans les commentaires) et qu'il ignorait le background de cette publiciste. Dont acte.  Mais la tendance à ne citer que les gens de son propre microcosme (limité à 50 personnes qui se connaissent toutes), même quand ce sont des Américains, est quand même le signe d'une sclérose de la mouvance.

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