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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Crimée, Irak, Yémen

26 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Barack Obama

RaptorQuoi ? vous croyiez que les Russes étaient ant-musulmans et qu'ils persécuteraient les Tatars de Crimée ? Je vous avais bien dit, moi, que les républiques russes musulmanes comme le Daghestan envoyaient des vivres aux rebelles anti-Maïda, en Ukraine. Cette semaine on apprend que Poutine subventionne le Hadj des Tatars à la Mecque (cf ici). Acte de propagande ? Sûrement... Mais l'info mérite d'être remarquée...

 

Comme le disait le communiqué du parti communiste russe en août, la Russie serait tellement plus attractive pour les Ukrainiens si elle était un "véritable Etat-Providence"... Certes... Mais il ne faut pas en demander aux petits gars de Gazprom qui dirigent ce pays.

 

Quid du Proche-Orient ? Comme Cockburn dans The Independent (mais c'est intuitif, je n'ai pas étudié la question plus que cela) je pense que nos frappes ne serviront qu'à empêcher de nouvelles conquêtes par EI (Etat islamique), mais ne le feront pas reculer. Y avait-il autre chose à faire ? Il aurait fallu de pas envahir l'Irak en 2003, forcer Maliki à s'ouvrir aux sunnites en 2011, ne pas empêcher Assad de négocier en 2013... Aujourd'hui on ne peut que limiter la casse... Les Emirats arabes unis mettent à l'honneur une pilote femme sunnite qui va bombarder EI : l'Islam tel que vous en rêvez.

 

Je crois que les USA vont tenir parole et n'attaqueront pas l'armée d'Assad du côté irakien au passage. La mise en garde que Poutine leur a adressée la semaine dernière était claire (l'Iran a fait de même), et l'Oncle Sam n'a pas intérêt à se mettre "en plus" les chiites à dos. Vous avez vu ? Même la prise de Sanaa (au Yémen) par les chiites houtis n'ont pas trop ému Barack Obama qui, officiellement, soutient le processus de leur intégration dans le gouvernement yéménite... même s'ils continuent de crier "à bas les USA !" Entre eux et Al Qaida ou EI...

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Soueida

23 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Les Etats-Unis frappent en Syrie sans l'autorisation du gouvernement de Damas (comme ils le firent au Cambodge pendant la guerre du Vietnam).

 

Malgré les horreurs de la guerre civile de petits miracles se passent dans ce pays.  A Soueida dans le Sud on vient de déterrer l'entrée du temple de Baalshamin, seigneur du Ciel des Phéniciens. Le même qu'à Palmyre en plus petit probablement. Un monument qui remonte à Hérode l'Iduméen... Rêvons un peu...

 

Il paraît que le mithraïsme a fait de Baalshamin la projection de Mithra sur Terre... Au fait, vous saviez vous qu'il existe un "néo-mithraïsme" ? Mithra portait déjà en son temps le bonnet phrygien des Républicains contemporains... Il a un temple du côté d'Angers...

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Journées du Patrimoine

21 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

forumRien de palpitant dans ces journées du Patrimoine. Visité un site gallo-romain aujourd'hui. La guide présentait les travaux de fouilles sur un ancien temple. Au lieu d'en profiter pour expliquer aux visiteurs les cérémonies religieuses romaines, elle se perd en détails sur les remblais et les traces de coups de truelle sur les tuiles. Bref elle expose sur le sujet ce qu'elle aurait pu dire sur n'importe quel autre monument d'une toute autre époque.

 

Ce soir sur Arte documentaire sur Sainte Sophie à Istanbul.On y détaille en long en large et en travers les données sismographiques sur la résistance des murs et des colloques. Rien sur les sacres des empereurs byzantins et tous les événements formidables qui ont pu marquer l'histoire de cette cathédrale-mosquée, ni sur sa place dans l'imaginaire de Constantinople.

 

L'imaginaire, les cultes, tout cela n'intéresse plus personne. Fétichisme de la technologie. "La machine qui fait bing" des Monthy Python : comment ça a été construit, est-ce que ça va encore tenir debout ? Voilà les seules questions qui intéressent. La communion avec les peuples du passé, ils s'en tamponnent.

 

Mon temple était quand même à l'origine aussi haut que la voûte de l'arc de triomphe, et 6 de plus que la maison carrée de Nîmes. Pourtant nos pauvres archéologues ignorent à quel dieu il était dédié et attendent avec impatience les résultats des fouilles d'un puits voisin pour trouver une inscription éclairante... 23 mètres, comme disait Sarkozy naguère à propos des réélections de Berlusconi : "Ca force le respect !"

 

 

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Dans le terne...

21 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

100 0344Contre l'action en Irak, on peut dire, comme je l'ai fait sur le blog de l'Atlas alternatif, qu'elle sera contreproductive, et qu'il aurait été plus malin 1) d'inciter le gouvernement irakien à se concilier les sunnites (notamment les ex-baassistes), 2) de laisser le gouvernement syrien intégrer une opposition "modérée" à son régime dans le cadre des négociations de Genève, pour isoler EI, plutôt que d'intervenir militairement, ce qui va renforcer les extrémistes. Mais bon, de toute façon, il n'y a plus de "bonnes solutions" possibles en Irak. Et puis dans ce cas, comme dans celui du Mali ou de la Libye (si nous devons encore y intervenir comme le suggère M. Le Drian), on n'est plus tout à fait dans le même schéma qu'en 1999 sur la Yougoslavie ou en 2003 dans l'attaque contre Saddam Hussein puisqu'il s'agit d'ingérences à la demande des gouvernements légaux, ou bénéficiant plus ou moins d'une présomption de légalité (donc sans violation de la charte de l'ONU).

 

Je ne suis pas sûr que, comme je l'entends souvent à gauche de la gauche, il "suffirait de lâcher/ou faire pression sur l'Arabie Saoudite" pour rétablir l'ordre au Proche-Orient, parce qu'il n'est pas certain que nous ayons des moyens de pression réels sur cet Etat.

 

Au niveau des relations internationales, le système est aussi vicié qu'en matière de politique économique, et l'on ne peut donc que réfléchir sans enthousiasme à des politiques du "moindre mal", en regrettant que les grands principes n'aient pas été mieux respectés il y a dix ou quinze ans (ce qui nous aurait évité d'être aujourd'hui à ce point dans une nuit où toutes les vaches sont grises). C'est probablement ce que j'écrirai dans ma nouvelle version de la conclusion de mon livre sur 15 ans de militantisme politique.

 

Voilà pourquoi, à tout prendre, à part livrer quelques éléments de connaissance factuels (toujours utiles pour la lucidité de nos jugements) sur le blog de l'Atlas alternatif, je préfère aujourd'hui, sur ce blog, vous parler plutôt de cinéma...

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Pane, amore, e...

18 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma

On se méfie souvent de la Provence et des Provençaux et l'on a bien raison... Cette terre recèle toutes les formes de fascisme des plus délicates aux plus massives.

 

Je préfère la Provence des Italiens, le Mezzogiorno, surtout telle que la filme Dino Risi dans "Pain, Amour, Ainsi soit-il" en 1955, à Sorrente. La version française a la très bonne idée de doubler avec l'accent marseillais toutes les répliques.

 

On y retrouve ce plaisir de la narration légère que j'évoque souvent à propos des contes de la Renaissance. C'est de l'humour fluide, sans effort, qui coule de source, affectueux pour ses personnages (l'affection a disparu des comédies françaises contemporaines, au profit de l'affectation...). C'est l'humanité dans sa simplicité, pas vraiment à son avantage, mais jamais condamnable. Sophia Lauren, qui va fêter ses 80 ans dans deux jours (comme Brigitte Bardot le fera dans dix jours et ma mère l'a fait il y a un mois) porte un charme populaire sans artifice (que l'accent du Sud en français ne gâte pas). Onfray trouverait sans doute cela "dionysiaque". Discrètement dionysiaque, comme la villa des Mystères à Pompéï.

 

Du dionysisme rural amoral mais sans projet subversif... Vu de notre XXIe siècle hypocrite, cynique, et obsédé par le profit (y compris le profit sexuel, sans l'innocente poésie enfantine des amourettes d'antan), cela ressemblerait presque à un petit Eden perdu...

 

 

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Péril rouge

18 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Il est très étonnant de voir combien en 1968-69 les gens de droite étaient persuadés que le communisme risquait de l'emporter dans le monde (remarquez j'ai constaté cela aussi en 1982). Je me souviens des images d'archives d'Edgar Faure tentant de justifier à l'assemblée nationale la constitution de l'université de Vincennes et disant aux gaullistes "certains d'entre vous pensent que le communisme va conquérir la génération qui vient - si c'est le cas ni vous ni moi n'y pouvons rien".

 

l_nine.jpg

Dans le journal de Paul Morand du 1er septembre 1969 je lis à propos de la prise du pouvoir par Kadhafi en Libye : "Révolution en Libye. Cela va faire, tôt ou tard, sauter la Tunisie et les communistes arriveront à Tanger. Faire sauter l'Espagne ne semble qu'un jeu. La flotte russe d'une Méditerranée russe appuiera. "Nous viendrons à bout de l'Occident par l'Orient" (Lénine)" "

 

Et dire que Morand a été diplomate ! Cette analyse ressemble aux propos d'un chauffeur de taxi...

 

Aujourd'hui, à part quelques exaltés d'extrême droite, personne ne fait sur les djihadistes les pronostics que les conservateurs d'il y a 40 ou 50 faisaient sur les communistes, c'est déjà un progrès. L'ennemi est ramené à une plus juste proportion.

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Féminisation des Grands corps

18 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

juillet-2006-043.jpgJe suivais cet après midi une formation juridique assurée par une membre du Conseil d’Etat. Quadra, jolie minois, plus grande que moi (peut-être grâce aux talons), elle a commencé son exposé en disant qu’elle devait se  libérer pour 16 h 45 « pour assister à une réunion de parents d’élèves dans un collège ». Elle a ajouté qu’elle se plaindrait auprès des organisateurs mis en place cette formation « en période de rentrée scolaire ». Comme son public était essentiellement féminin, on a senti monter une grande satisfaction collective, expression d’une solidarité de « genre » bourrée d’oestrogènes. Je n’aurais pas imaginé ce genre de scène avec les maîtres des requêtes du Conseil d’Etat hommes d’il y a vingt ans.

A part cela, la fille était du même narcissisme que ses collègues du Conseil d’Etat masculins. Mais d’un narcissisme plus démocratique, plus plébéien, avec force incorrections langagières comme les relevait naguère Renaud Camus contre France Culture (notamment le refus de faire les liaisons après l’expression « c’est » "c'est hintéressant"). Une coquetterie : elle faisait son autocritique sur certains arrêts, mais en montrant si ostensiblement qu’elle se critiquait que ça ne pouvait pas ne pas sembler coquet. Une inélégance : des tics au coin de sa lèvre très souvent.

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Nouvelle interview de Frédéric Delorca sur BBC Afrique

16 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

ukrainePour ceux que cela intéresse j'ai été à nouveau interviewé sur BBC Afrique, cette fois ci sur la loi d'autonomie du Donbass, cela sera diffusé demain ici (édition des infos du matin en version audio).

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The tide is high

12 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma

Cécile Duflot l'a dit assez intelligemment à l'émission de Laurent Ruquier il y a huit où quinze jours lorsqu'elle y présentait son livre anti-Hollande : la politique c'est une dynamique, disait-elle en substance, ça ne s'arrête jamais, ça penche dans, un sens, dans l'autre. On se place à un endroit, ça bouge dans un sens, on se place à un autre, ça bouge dans l'autre, ce n'est jamais stabilisé (une image que synthétise bien ce petit passage du Muppets show...)

 

 

Voyez l'Ukraine. Il y a eu la Révolution orange très pro-occidentale, un basculement "centriste" (pas si pro-russe que ça) avec Youkanovitch, puis l'Euromaïdan fascisant, la belle réaction du Donbass (même s'ils ont leurs fachos aussi), et puis aujourd'hui ce journaliste du Guardian qui écrit en substance "you ain't see nothing yet", parce que les néo-nazis qui ont été vaincus dans le Donbass veulent faire payer l'ardoise à Porochenko, et que cela selon lui pourrait conduire au coup d'Etat (le second) à Kiev... Là non plus ça ne s'arrête jamais. Une fois que la boite de Pandore du néo-nazisme est ouverte on ne sait pas où cela va.

 

En Irak, on a ouvert la boite de Pandore d'Al Qaida en dégommant Saddam, on se retrouve avec EEIL. Hollande joue les gros bras, se vante d'avoir dégommé le chef des Shebab (un peu trop bruyamment, on dirait qu'il veut des attentats sur son sol) et semble content de se pavaner à Bagdad au soutien d'Obama, mais comme dit Villepin dans Le Monde aujourd'hui "on a l'air malins avec notre quinzaine de foyers djihadistes aux quatre coins du monde musulman" (c'est en substance son message, je crois) et on se demande bien quelle nouvelle catastrophe nous prépare la spirale de l'ingérence (au fait, vous y croyez vous à l'ouverture d'une ambassade de l'Azawad aux Pays Bas ? Les Maliens en ont l'air convaincus...).

 

Chacun vit cela aussi dans sa vie personnelle évidemment. Je peux vous citer des tas de gens qui ont été enthousiasmés de me rencontrer au premier semestre et qui, aujourd'hui, m'accablent de leur mépris (ça c'est un mécanisme psychologique assez connu surtout chez la gent féminine surtout quand on publie des livres : "oh, vous publiez des livres, vous êtes écrivains comme c'est intéressant, ça fait plaisir de parler avec quelqu'un de subtil !", l'égo de la personne est flatté de dialoguer avec vous, se gonfle, se gonfle, et ça finit par "ha ha, quel écrivain de pacotille et humainement sans intérêt j'ai croisé sur mon chemin !", le processus est plus ou moins rapide mais fréquent, et très banal). Cette inconstance humaine rend notre espèce intéressante, mais aussi très fatigante à la longue, et finalement assez minable, de mon point de vue.

 

Heureusement le citoyen, peut suivre la politique nationale et internationale comme un téléfilm en se disant que les épisodes suivants ne seront pas nécessairement aussi noirs que le prédisent les Cassandre, et suivre aussi sa propre vie comme un  film en se distrayant dans la lecture d'un livre, le zapping sur les réseaux sociaux, n'importe quel hobby.

 

En parlant de film, je regarde "Au hasard Balthazar" de Bresson en écrivant ce billet. Pourquoi diable en minute 21'45 y a t il une voiture immatriculée dans mon coin de France paumé, le Béarn ? La voiture est immatriculée MQ, celle de mes parents pendant mon enfance était JQ, un peu plus ancienne donc. Tourner avec un baudet des Pyrénées, était-ce raisonnable ? Oui, le film se passe entre Béarn et Pays Basque. La convocation en minute 35"46 est à la brigade de police de Mauléon.

 

 

A part cela, je dois l'admettre, l'esthétique du film ne me convainc pas trop, même si l'idée de mettre en scène un animal "biblique" comme dit Bresson n'est pas mauvaise, de même d'ailleurs que l'idée de produire des énoncés sur un ton monocorde. Marrant comme la curauté fascinait les années 60, époque où on n'a jamais autant commenté Sade. Cela dit à la minute 1H09 il y a une bonne scène où le langage de la douceur se retourne en langage de la méchanceté, cela rejoint bien l'idée de "dynamique qui ne s'arrête jamais". "La vie n'est qu'un champ de foire, un marché où la parole n'est même pas nécessaire" dit le paysan dans le film.

 

En parlant de foire, voyez la phrase de Michel Onfray à propos de l'ex-maîtresse de François Hollande, "quelqu'un qui se venge, qui est jaloux, qui est méchant dont on connaît le trajet de Rastignac. Ce n'est pas une oie blanche, on sait que la libido lui a beaucoup servi dans son trajet". C'est quand même plus réaliste que le brûlot de cette Mme Bourcier de Lille 3 non ? Chaque affaire de moeurs de nos politiques, tous les ans, est prétexte à polémique théatrale entre féministes, amoureux de l'amour, rigoristes, que sais-je encore. Une fois ce sont les excès de M. Strauss-Kahn, une autre les rancoeurs d'une ex-concubine du président...

 

Pour finir une petite interview de Bresson :

 

 

 

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La chasse aux BRICS

11 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

dollarJe vous invite à regarder sur le blog de l'Atlas alternatif les opérations de déstabilisation du "soft power" occidental contre Jacob Zuma en Afrique du Sud (via la titulaire du poste de Médiatrice), et contre Dilma Rousseff au Brésil (avec la candidature aux élections du 5 octobre de Marina Silva soutenue par le WWF et le groupe Rothschild, c'est-à-dire la monarchie britannique et la City... c'est à se demander si l'accident mortel du candidat qu'elle remplace cet été était si "accidentel" que cela...).

 

Il semblerait que la nouvelle banque des BRICS qui prête des milliards à l'Argentine et veut évincer le dollar fait vraiment peur... Tout est fait pour casser les BRICS !

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Une ex-ministre

7 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Mme Filipetti à la Une de l'Huma dimanche. La grande presse de centre-gauche, pour sa part, fait des portraits croisés : Mme Filipetti la normalienne chiante qui cite Aragon et reste fidèle à la gauche, Mme Fleur Bidule, son successeur, ENA-ESSEC, social-libérale, dialoguant avec des rapeurs à la TV, branchée, moderne.

 

Retrouvé dans mes archives un lien URL

http://www.primo-europe.org/showdocs.php?rub=11.php&numdoc=Do-718022906 où Mme Filipetti était verte tendance "Mamère" (il y a 10 ans) et tentait de diviser la résistance à la guerre à l'Irak et à la colonisation des territoires palestiniens en appelant les Palestiniens "modérés" à se dissocier des "radicaux" dans les manifestations. Dommage, le lien ne fonctionne plus.


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L'individu et l'institution

7 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Un président patriote devant l'hymne de son pays. L'individu et l'institution qu'il incarne. Il la tire vers le haut ou vers le bas. Elle le tire vers le haut ou vers le bas. Le président Hollande après ses reniements et les attaques (plutôt basses) de son "ex" (voir le bon commentaire de la journaliste "Ariane Bozon") : "Je dois protéger l'institution que je représente". Trop abstrait pour les journalistes (qui incarnent le versant non institutionnel de la nomenklatura). Pas assez abstrait pour les juristes.

 

Quiconque participe au débat public se forge une petite image institutionnelle de lui-même qui légitime sa prise de parole (sans quoi il ne se sentirait pas autorisé à parler). Le citoyen dans la constitution est une institution.

 

Sujet de méditation...

 

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Les Kurdes et la question d'une politique "proactive" et prospective

5 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Avant l'été j'ai mis en contact le jeune docteur Assem Sayede, juriste kurde syrien, avec le rédacteur en chef de l'e-zine "Courrier du Maghreb et de l'Orient".

 

Puis, en ma qualité de responsable de la section française du site, j'ai procédé à la relecture et correction de son article. La question kurde est particulièrement délicate comme tant d'autres au Proche-Orient, mais on ne peut pas la glisser sous le tapis sous prétexte que les Israéliens ou les Américains seraient susceptibles de l'instrumentaliser contre des Etats-nations fragilisés.

 

On ne peut pas imposer aux Kurdes syriens de rester une nation marginalisée et opprimée par un Etat central se réclamant d'un panarabisme d'un autre âge. Les Kurdes sont une question sérieuse en Irak, en Turquie, en Syrie, en Iran, comme les Albanais et les Hongrois l'étaient en ex-Yougoslavie. On ne peut pas ériger un tabou de l'intangibilité des frontières sans regarder en face les problèmes humains que celle-ci pose. A la lecture de l'article d'Assem Sayede, même si on relativise son parti pris, on voit bien en quoi le statu quo n'est pas tenable, en quoi l'anti-impérialisme ne doit pas être un alibi à l'immobilisme, en quoi il faut être tourné vers l'avenir, prospectif, pro-actif, ce que la gauche de la gauche ne sait pas toujours faire hélas...

 

L'article est en ligne ici.

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Il y a 50 ans, Carlos Castaneda...

4 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

penan.gifLa plupart des médiums en France (quelle que soit leur place dans la hiérarchie de l'inspiration) sont "secs" : ils obtiennent leurs révélations sans stupéfiant, sans substance. Tel n'était pas le cas dans le vieux monde chamanique amérindien. Jeune anthropologue d'origine latino, Castaneda explorait leur univers il y a 50 ans jour pour jour.

 

Dans "L'herbe du diable et la petite fumée", je lis en ce qui concerne 1964 : "Le samedi 5 septembre vers le soir, le vieillard a chanté la chanson du peyotl pour recommencer la cérémonie. Cette fois-là, je n'ai mâché qu'un seul bouton, et je n'ai pas écouté les chants (....) Pendant que les hommes chantaient, j'ai demandé au Mescalito, à voix haute, de m'apprendre une chanson. Ma demande se mêlait aux chants des autres. Immédiatement, j'ai entendu un chant à mes oreilles. Je me suis retourné e je me suis assis le dos tourné aux autres. J'ai écouté. J'ai entendu.(...) Le matin venu, j'avais chanté ces deux chansons un nombre énorme de fois. Je me sentais rajeuni et plus fort".

 

Cet épisode que je cite juste parce que nous en célébrons le cinquantenaire aujourd'hui (ce que je viens de découvrir) n'est pas le plus marquant du livre, qui décrit des découvertes absolument sidérantes sous l'empire des herbes des sorciers (sidérantes, mais aussi, souvent, horriblement pénibles). Il y a 25 ans (à mi-chemin entre 1964 et aujourd'hui), il y avait des livres de poche de Castaneda dans les supermarchés (ce qui n'est plus le cas - notez qu'il y avait aussi des que-sais-je dans les magasins Galeries Lafayette de province), et je m'en détournais avec mépris (signe que j'étais moins libre et ouvert d'esprit qu'aujourd'hui). Aujourd'hui, je trouve très forte et courageuse l'aventure de ce chercheur. Et en même temps la petite familiarité que j'ai acquise avec la pensée inspirée au printemps dernier me fait trouver assez logique ce qu'il a découvert. Au fond il a été récompensé à proportion de ses efforts (mais s'il a fait l'effort d'aller avaler des substances au milieu des Amérindiens c'est parce que quelque chose de profond en lui l'y poussait, il n'est donc pas absurde que ce "quelque chose" ait trouvé ce qu'il y avait à trouver). Il est sans doute cependant un peu dommage qu'il ait cherché ensuite à faire une analyse "structurale" de tout cela. Ce dont le milieu universitaire ne l'a d'ailleurs pas su gré, et qui l'a empêché d'aller au bout de son initiation. Mais il est probable aussi qu'une limite "en lui" devait nécessairement le conduire à ce repli vers les platitudes du structuralisme, qui, in fine, l'ont maintenu du côté de la raison didactique, qui demeurait sa vocation première.

 

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"L'Age d'Or" de Bunuel

4 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma

Avant de me plonger sérieusement dans l'oeuvre de Robert Bresson, je jette un oeil à "L'Age d'Or" de Bunuel, dont il est précisé dans la vidéo juste en dessous (autour de la 10 ème minute) quel sort lui fut réservé à Paris. Le film ne présente plus guère qu'un intérêt historique (pour les similitudes avec des films ultérieurs de Bunuel, voire avec des films plus lointains comme les Carabiniers de Godard - sur au moins trois ou quatre points), mais après tout puisque je vous avais proposé une interview de Soupault il y a un an, nous pouvions poursuivre avec un nouveau souvenir du surréalisme.

 

Lorsque j'aurai remisé les relations internationales dans mes tiroirs (c'est-à-dire lorsque j'aurai terminé ma contribution au livre sur la guerre du Donbass), le surréalisme gardera sans doute toute sa place dans mes exercices de focalisation intérieure.

 

Certes il ne fut qu'un divertissement juvénil de bourgeois parisiens. Mais il assume une parternité dans tout ce qui fut libertaire ultérieurement (par exemple dans la Nouvelle Vague des années 60). Les esprits libres ont donc une dette à son égard. Cela est difficile à comprendre aujourd'hui où le libertarisme est devenu un produit marketing de pacotille, un motto de gens branchés, dépourvu de toute profondeur. Moi qui ai connu les villages français des années 1970, qui suis même le produit de ces choses là, étranges, qu'on appelle les mondes ruraux du dernier tiers du XXe siècle, bien que modéré dans mon libertarisme (en apparence du moins...) je sais quel étroit et puissant canal de transmission ce courant de pensée fut pour nous, et la somme de bêtises qu'il nous aida à surpasser, même si aujourd'hui la bêtise, quoiqu'aussi redoutable, est désormais tout autre.

 

 
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