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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Soy Ucrania

24 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

P1000984.JPGVous trouverez ci-dessous un nouvel article que j'ai consacré à l'actuelle crise ukrainienne sur le site Espritcors@ire :

 

L'Ukraine est-elle encore gouvernable ?

 

En Ukraine les coalitions politiques ne sont pas stables, c’est le moins que l’on puisse dire. A l’issue de la spectaculaire « révolution orange » de 2004, les partisans enthousiastes du rattachement du pays à l’Union européenne, voire à l’OTAN (on était alors au temps du bushisme triomphant), avaient dû rapidement déchanter quand le nouvel exécutif a commencé à dériver en d’interminables luttes claniques entre les partisans de Viktor Iouchtchenko et ceux de Ioulia Timochenko, une native de Dniepropetrovsk (dans l’Est du pays) de plus en plus proche de Vladimir Poutine (avec lequel elle finit même par signer un contrat gazier des plus contestables, ce qui lui valut plus tard d’être emprisonnée).


Cette semaine c’est à l’éclatement du parti qui a renversé la coalition orange pro-occidentale, le Parti des régions, que l’on a assisté sous la pression de la rue

  La suite est ici

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Viernes santo

23 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

cerbyCet hiver sans froidure ne m'inspire plus que colère et écoeurement. Gros échec, petites bonnes nouvelles infinitésimales qui ne compensent rien. Terre brûlée, désastre.

 

Inutile de tenter de donner un sens à tout cela. C'est Hegel terrassé par le choléra, comme disait Kierkegaard. Entre la peste et le choléra je me demande si je n'ai pas tout reçu d'un coup. L'absurdité a rarement été si complète.

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"Mr Peabody and Sherman"

23 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma

Vous pourriez être tenté d'amener vos enfants voir ce film pour les initier à l'histoire du monde....

 

Mais non n'y allez pas... Vocabulaire incompréhensible, esbroufe toutes les deux minutes, et surtout horrible impérialisme dans la logique : "le passé c'étaient des barbares sauf Léonard de Vinci, les valeurs de notre époque sont les seules intéressantes, surtout celles de la Côte Est des Etats-Unis". Ce n'est pas avec ce film que vos enfants apprendront à aimer la diversité humaine, ni à respecter le monde d'avant.

 

 

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Philhellène

23 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Les livres ne sont rien de plus que des lettres écrites à des amis, c'est à dire quelque chose, mais au fond pas grand chose, juste des étapes. Que ceux qui veulent les faire circuler le fassent, mais il ne faut pas s'en soucier. Aller vers les Grecs, la terre féconde, le travail rigoureux. Porter son père sur son dos. Athènes au dessus du Proche-Orient antique, Zénon le phénicien qui se fait stoïcien grec. En Grèce presque tout est pythagoricien, puisque presque tout vient de Platon, tout est pythique, apollinien, tout a à voir avec les déesses mères. Mais on ne gaspille pas sa semence. Aussi l'importance de la bonne musique. Pas celle des empuses ni de Néron. Apollonios de Tyane au préfet de police de Néron : "J'ai plus d'estime que vous pour votre empereur : vous l'estimez quand il chante, moi je l'estime quand il ne chante pas."

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Amour et écriture

22 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

"L'homme est la somme de ses actes" disait Hegel. Hegel est très loin d'avoir eu raison sur tout, et on peut se demander s'il a même entièrement raison sur cette phrase. Néanmoins on sent bien que sans actes, l'humain est vide, pure chimère.


saint jeromeQuand je regarde en arrière je vois bien ce que j'ai fait et ce que je n'ai pas fait. Il y a mon ascension sociale, mes diplomes, il y a les causes au service desquelles  tout cela a été mis, l'ouverture au monde, le combat contre les guerres etc. Je pense qu'on peut me créditer d'avoir plutôt bien servi la cause de la Vérité, y compris en prenant des distances à l'égard des "élites" et quelques risques comme celui de me rendre dans des pays "qui n'existent pas" ou si peu, ainsi que d'avoir défendu l'idée même de vérité avec toute une analyse philosophique, ancrée sur des données scientifiques récentes, qui, à défaut d'être complètement aboutie, constitue une ébauche épistémologique qui va au delà de la simple opinion personnelle.

 

Je ne suis pas toujours à 100 % dans la vérité - qui pourrait prétendre l'être ? - mais on peut me créditer de quelques actes "atypiques", et d'une oeuvre (quoi qu'elle vaille) au service de celle-ci.

 

J'ai toujours pensé qu'il n'y avait point de vérité sans un certain amour, et qui n'est pas seulement l'amour de soi-même, ni l'amour pur d'une vérité abstraite (même si ces deux amours-là sont des composantes nécessaires de la vérité). Vous ne pouvez pas écrire sur une personne, morte ou vivante, ou sur un peuple etc, sans une sincère volonté de le ou la faire connaître, de promouvoir ses possibilités d'exister socialement, ni sans une certaine empathie qui vous fait comprendre comment ces gens percevaient et ressentaient les choses, sans aimer, ne serait-ce qu'à titre provisoire (en prenant ensuite le recu intellectuel nécessaire pour critiquer et resituer dans un ensemble global cohérent) leur univers, leur imaginaire, leurs affects, leurs aspirations, leur sensibilité etc.

 

Cette prise en compte de l'amour m'a conduit à écrire des textes comme mon livre "Eloge de la liberté". J'y conserve au concept d'amour un sens très vague, sans préciser s'il est charnel ou pas, passionnel ou plus posé, amical, sacerdotal ou autre, car de toutes façon les frontières entre les affects sont poreuses. Et je continuerai toujours de penser que la problématique de la vérité doit toujours être entretenue en parallèle avec celle de l'amour.

 

Cependant je souhaiterais préciser ce soir que l'amour que l'on mobilise dans l'écriture et dans le travail intellectuel, même si je prends ces activités dans leur sens le plus exigeant, n'est toutefois pas aussi fort, ni aussi sincère que celui que déploient des tas de gens "non intellectuels" dans la vie quotidienne. Essentiellement à cause d'un rapport à la temporalité.

 

L'amour dans les relations réelles avec les personnes suppose une patience dont je suis admiratif (songez par exemple aux gens qui se dévouent chaque semaine dans des actions caritatives au sein d'associations) et dont je suis personnellement incapable : je suis l'impatience incarnée, encore aujourd'hui malgré mon grand âge, même si j'arrive encore à dompter à peu près cette impatience dans le travail de lecture ou dans l'écriture des ouvrages.

 

Aussi, si je continue à souligner l'importance de l'amour, le plus dévoué, et le plus honnête possible, dans le travail intellectuel pour éviter que celui-ci ne dérive vers l'imposture (c'est à dire, vers ce que nous servent 90 % des figures de proue du système médiatique), je le ferai toujours avec une infinie prudence et modestie, en soulignant que les habitués de l'écriture de ma sorte doivent rester conscients du fait qu'ils sont, la plupart du temps, beaucoup moins capables d'un amour réel concret, c'est à dire notamment d'un amour patient comme tout amour doit l'être ou devrait l'être, que ne le sont beaucoup de personnes étrangères à l'écriture. Et cela se comprend : le choix de l'écriture résulte souvent de la prise de conscience, dès l'enfance, d'une difficulté à être aussi "aimant" dans le réel qu'on ne l'aurait voulu...

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Un peu de musique pour détendre l'ambiance

21 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Programme pour une gauche décomplexée

 

 

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César-Auguste, la force des lieux et de la terre

20 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Merci aux 21 personnes qui ont "liké" sur mon précédent billet. Mes lecteurs sont mon terreau. Et pas seulement les lecteurs d'Internet. J'ai besoin de leur réalité humaine, comme de la réalité de la terre, du ciel. Le réel est ma passion !

 

Vous souvenez vous de mon témoignage sur mon dîner en 2000 chez la journaliste qui avait intitulé un article "Le réel ne passera pas" ? C'est dans mon dernier livre.

 

C'est pourquoi je déteste le story telling par exemple, le côté "oh je vais vous raconter, il m'est arrivé ceci cela". La vie n'est pas une histoire qu'on raconte. Il faut que ce soit un cheminement dont on témoigne, c'est TRES DIFFERENT ! Et il y a plusieurs façons de témoigner sans raconter. Par exemple vous qui commentez mes articles ou les envoyez à des amis, vous témoignez du fait que mon cheminement a de la valeur, sans avoir besoin de "raconter" ce cheminement. Veritas index sui ! comme disait Spinoza, la vérité se montre d'elle même pour ceux qui savent la voir !

 

J'ai désactivé tous mes profils sur Facebook, sauf ceux de l'Atlas alternatif qui sont collectifs. Parce que je déteste le côté story telling qu'il encourage, et aussi le côté "geek" "Bouvard et Pécuchet" de gens qui sont "super contents" d'avoir trouvé un article, le montrer à leurs potes, alors que la connaissance avance en silence, dans la lecture solitaire de LIVRES et pas d'articles ponctuels sur le Net !

 

Le réel, ce sont les rencontres autour d'un verre comme celle que j'ai décrite avant hier, c'est le dialogue avec les morts comme je le fais, à travers les livres, avec Châteaubriand, avec Montaigne, Marguerite de Navarre, César Auguste (je relisais très sérieusement Suétone hier sur le premier empereur de Rome, des pages que j'ai lues pour la première fois à 17 ans et que j'ai dû parcourir à nouveau à 27 ou 30, à chaque fois elles m'apprennent quelque chose à quoi je n'avais pas prêté attention).

 

auguste.jpgSavez-vous qu'il y a quelques années sous la crypte de Notre Dame à Paris, il y avait une stèle qui représente la gigantomachie, le combat des dieux (mais en réalité de l'homme) contre les géants ? C'est une image de la propagande de César Auguste qui disait avoir dompté les démons de la guerre civile et de la discorde ! César Auguste le pacificateur. Si votre fiancée après un baiser aux portes des Catacombes se rapprochait de la stèle de César-Auguste, il fallait la laisser y aller. César Auguste, vainqueur des cauchemars, et ami des Vestales. Je vous fais un dessin ? La Lutèce romaine s'est développée sur l'île de la Cité et la Rive gauche sous César-Auguste.

 

Dans "Le Père Goriot" Balzac dresse un portrait sinistre de la rue Neuve-Sainte-Geneviève (aujourd'hui rue Tournefort) à mi-chemin entre le Panthéon et l'église Saint-Médard. (Au fait, si vous passez devant l'église Saint Médard, regardez l'inscription au dessus de la porte : "Cognoscestis veritatem, et veritas liberabit vos" - "Vous avez connu la vérité, et la vérité vous a libérés !"). J'adore ce quartier qui était le mien à l'âge de 18 ans, et dont le souvenir évoque des promenades dominicales solitaires extrêmement sinistres. Mais il faut aussi du sinistre pour avancer !

 

vall-e-d-ossau.jpgJ'ai l'intention de visiter quelques lieux parisiens qui comptent beaucoup pour moi, avec mon ami Rémy le médium dont je vous parlais avant hier. Non parce que j'adhèrerais à l'ésotérisme, mais presque à titre expérimental, juste pour voir s'il y ressent quelque chose ou pas. Allez savoir. On gagne toujours beaucoup à approfondir son rapport réel ou imaginaire aux lieux, à se réenraciner en eux. Il y a beaucoup de thèses sur les énergies de la terre, thèses indémontrables. Mais ceux qui y croient construisent des visions poétiques là dessus qui peuvent parfois nourrir des émotions utiles pour avancer, qui sait ? Les Géants sont des forces telluriques (liées à la terre). César-Auguste les a domptées... César Auguste était l'homme du rapport au lieu, c'est lui qui a fixé les limites de l'Empire, le limes, là où Jules César avant lui, Jules César l'instable, n'avait d'autre obsession que de conquérir, partir, partir, partir - même à la veille de son assassinat, il préparait une guerre, comme Henri IV aussi (le petit fils de Marguerite de Navarre, qui, elle, restait fidèle aux lieux : Angoulême, Paris, Nérac, Pau). Les frontières n'enferment pas...

 

loups.jpg

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Virgo vestalis sum (Je suis une vestale)

19 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

vestale.jpgCertes je livre des analyses politiques pour le blog de l'Atlas alternatif et Esprit corsaire, mais je suis avant tout un philosophe et un écrivain (ou un écrivaillon, lisez mon roman, vous verrez à quel niveau il faut me situer). L'écrivain n'a pas de vie privée. Il voit dans tout ce qui arrive dans son quotidien un reflet des possibilités humaines en général, et il se permet pour cela d'écrire à leur sujet avec la même impudeur que s'il racontait la vie d'Artaxerxès ou s'il décrivait le fonctionnement d'une colonie de termites. Que ceux que l'humaine condition n'intéresse pas sautent donc cet article et aillent plutôt lire mes billets politiques.

 

Qu'en revanche mes camarades de cheminement (comme mon amie Livia, par exemple, qui a pu suivre de près mes réflexions, mais aussi Pierre-Olivier, et quelques autres), jettent un oeil attentif à ce que je vais narrer ici.

 

La "jeune médium" dont je parlais dans le billet plus bas "épicurisme et stoïcisme", m'a fait rencontrer hier un medium plus expérimenté qu'elle. J'y suis allé avec le regard du rationaliste, comme je l'avais fait en 1989 lors d'une séance de spiritisme au cours de laquelle un verre s'était promené avec fougue sur une table, du côté de Montreuil. C'était il y a un quart de siècle déjà... Rationaliste, mais ouvert à tout ce qui pourrait m'être dit. Le médium d'hier, comme celle dont je parlais plus bas, est lui aussi à côté de ses dons plutôt rationaliste, cadre commercial "dans le civil", si je puis dire, et ne veut pas utiliser ses talents à des fins lucratives ni pour devenir un gourou. Il s'en sert cependant pour guérir les brûlures épidermiques (il se dit "coupeur de feu") et diverses autres choses. Il dit avoir des dons d'empathie, et aussi de perception de certaines énergies, notamment celles de la terre. Je n'en dirai pas plus ici sur ses convictions ni sur ses inspirations générales, mais je tiens à souligner que lui-même essaie de garder la tête aussi froide que possible à l'égard de ses dons, et c'est pour cela qu'un dialogue avec un sceptique comme moi pouvait être fructueux.

 

photo 023 retouchéeSes "dons" justement, ne m'auraient pas spécialement intéressé, si cet homme, qui ne me connaissait que depuis une demi heure, et à qui je n'avais rien dit de ma vie, ne m'avait sorti de but en blanc dans un pub silencieux près de Saint Lazare à Paris vers 14 h (car il faut du silence pour que les intuitions passent) : "Tu as eu une mère étouffante, tu as fait toutes tes études pour faire plaisir à ta mère, ton père était assez absent, ton grand père le remplaçait, ton grand père est mort quand tu avais 14-15 ans, il a essayé de te parler depuis dans tes rêves".

 

Je n'aurais point été impressionné si ces phrases procédaient d'une pure déduction psychologique à partir de mes mots, ou de mes comportements. Toutefois, je le répète, je n'avais rien dit à cet homme sur mon enfance, et notamment le fait que mon grand père maternel soit décédé en août 1985, juste avant mon 15ème anniversaire ce cadre commercial en face de moi n'avait AUCUN moyen de l'apprendre d'une manière rationnelle.

 

Ce medium a ajouté, en me voyant sourire : "Je pourrais te dire encore plus de choses sur toi mais je ne veux pas te destabiliser trop pour une première rencontre. Ce que je viens de te dire là sur toi, ce sont des esprits qui me l'ont soufflé juste pour signaler qu'ils sont présents. Quand on se connaîtra mieux je t'en dirai plus"

 

De temps en temps j'envoyais des SMS à la fille médium (appelons la ainsi même si elle prétend n'être point encore assez "élevée" spirituellement pour avoir les mêmes intuitions que son ami). Elle fonctionne plutôt avec des chiffres qui la hantent car elle a fait des études de mathématiques, il paraît que cela correspond à sa sensibilité. Au bout de trois SMS que je lui ai adressés, elle m'a écrit : "Heure 13h13 à laquelle tu as envoyé le premier message : Les maîtres ascensionnés travaillent avec vous sur vos processus de pensée. Ils vous servent de mentors en vous enseignant la sagesse ancienne qui intervient dans la manifestation de vos désirs. Ils vous envoient de l'énergie pour vous garder du découragement et vous encouragent à rester concentrés sur les véritables objectifs de l'âme. De plus, il se peut que les maîtres ascensionnés vous conseillent, vous guident et vous fassent des suggestions à propos de la finalité de votre vie." Bon je cite ce SMS de mon interlocutrice pour préciser un peu la couleur du "background" imaginaire dans lequel l'apres-midi d'hier baignait. Bien sûr on peut sourire devant les maladresses d'expression comme "maîtres ascensionnés" (l'intellectualisme n'est pas très important dans l'ésotérisme de toute évidence, puisque le coeur est censé compter davantage).

 

aimez vous bordel

Mon interlocutrice par SMS, comme l'homme que j'avais en face de moi, ont découvert leur inspiration "paranormale" (mais ils n'aiment pas le terme) assez récemment (il y a deux ans, ce sont d'ailleurs des gens jeunes) à l'issue de très pénibles dépressions qu'ils ont endurées, dans des périodes de doutes sur eux-mêmes (et pour mon interlocutrice à la suite d'un violent chagrin d'amour après s'être faite brutalement plaquer). Je suis en ce moment dans une situation psychologique proche de celle qui était la leur il y a deux ans, et la tentation de laisser mon esprit "s'ouvrir" aux dimensions étranges auxquelles les leurs ont accédé pourrait exister (d'ailleurs ne disent-ils pas que tout un chacun pourrait s'il le voulait devenir comme eux ?).

 

Cependant je n'y cèderai pas. Je veux bien employer ma plume et ma petite notoriété éditoriale à tenter de faire connaître les dons de ces personnes, leur univers mental, et le bien qu'ils peuvent faire autour d'eux (car j'ai toujours conçu mon travail intellectuel comme étant au service des réalités humaines méconnues et méprisées par la culture officielle, et au service de l'amour humain largo sensu). Mais, que les esprits existent ou pas, qu'ils tentent ou pas de nous parler, à ce stade précis de ma vie je ne pense pas avoir vraiment besoin de le savoir.

 

Je ne m'étendrai pas plus sur cette singulière rencontre d'hier sur laquelle j'écrirai probablement plus dans un autre cadre (article universitaire ou livre, trouver le support adéquat n'est d'ailleurs pas facile) dans quelques mois ou quelques années. Je citerai juste un point intéressant mon parcours personnel car ce point va avoir un impact sur ma façon d'écrire mes livres, et probablement aussi sur mon positionnement politique. Le médium m'a dit hier : "Je vois aussi que tu as eu un problème de définition de ton identité sexuelle à un certain moment. Tentation de l'homosexualité ?" (il était gêné de me demander cela ne sachant pas que je suis toujours fort à l'aise pour parler de l'Eros).

 

Je lui ai dit que comme beaucoup d'intellectuels, du temps où Christian David prétendait que nous avions tous une "bisexualité psychique", je m'étais demandé si les gens du même sexe que moi ne m'attiraient pas, que toutefois je n'avais jamais trouvé rien de probant de ce côté là, mais qu'en revanche avant ma naissance mes parents s'étaient convaincus de ce que je serais une fille, et que ma mère fut un peu déçue de me voir naître de sexe mâle, que ce fait a toujours été structurant de ma proximité avec la sensibilité féminine. Ce qui pouvait correspondre à l'impression qu'il avait de moi.

 

C'est amusant parce que lui et moi avons parlé du café de Flore, et je lui ai raconté mon repas il y a quelques années avec une célèbre chanteuse des années 1990 et l'ambassadeur du Sri Lanka dans ce café, repas que je voulais destiner à préparer un concert pour la paix dans ce pays. Cette chanteuse à la féminité véhémente m'a beaucoup sensibilisé à ce que pourrait être l'apport féminin à mon engagement anti-guerre (apport qui n'est jamais exempt de défauts, car, à la différence d'un certain discours convenu de notre époque, je ne déifie pas la féminité, mais qui a aussi un spécificité très intéressante). J'ai songé du coup que je devais valoriser cette féminité en moi. Mon côté féminin est un côté extrêmement pur (contrairement à ce que mon amie Livia en disait). Je suis une parfaite vestale qui protège en son coeur un sens du Bien et de l'absolu rigoureusement cristallin. Je serai notamment la vestale de ce que j'ai vécu et appris au second semestre 2013 et ferai tout pour le faire exister encore dans mon quotidien. Et c'est sur ma vocation de vestale que, dans mon travail d'écriture, je pourrai sans doute faire fructifier le meilleur de ma personnalité. Mais je conçois que tout cela puisse paraître fort abstrait vu de l'extérieur. Je ne pourrai le manifester que dans mes livres.

 

Ad augusta per angusta !

 

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christophe.jpgPS : le médium m'a aussi dit "écoute ton fils il a des choses à t'apprendre". A midi, mon fils (6 ans) m'a dit : "Les philosophes ne sont pas de belles choses, mais de beaux animaux". Qu'est ce que cela peut bien m'apprendre ? J'ai pensé à la phrase de Gilles Deleuze : "l'écrivain est à la limite du cri animal et de l'humain". Comme le Saint Christophe cynocéphale. Livia et Pierre-Olivier m'accompagneront peut etre un jour sur la tombe de Marguerite de Navarre. J'y amènerai mon ami médium aussi. Une pensée aussi pour Clodius, du parti des Populares, qui s'était déguisé en vestale. Les vestales étaient enterrées vivantes si elles laissaient s'éteindre la flamme du Feu sacré. Je ne laisserai s'éteindre aucune flamme, et personne ne sera enterré vivant.

PS2 : cette chanson et ses "lyrics" aideront les plus âgés à comprendre le contenu de ce blog.

PS3 : "César-Auguste accrut le nombre, le prestige, mais aussi les prérogatives des prêtres, particulièrement des Vestales ; comme le décès de l'une d'entre elles imposait le choix d'une remplaçante, voyant beaucoup de citoyens faire des démarches pour ne point soumettre leurs filles au tirage, il jura que, "si l'une ou l'autre de ses petites filles avait eu l'âge convenable, lui-même l'aurait offerte" "(Suétone, Vie des douze Césars, XXXI) "Les Vestales eurent au théâtre leur loge à part" (XLIV)

 

PS 4 (de 2016)  : Le récit de la révélation du 18 févier 2014 évoquée dans le billet ci-dessus sera prochainement repris dans un essai universitaire sur les médiums. Suivez les actualisations de ce blog pour rester informés.

 

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Regards croisés

17 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Je n'aime pas connaître les grands hommes à travers les historiens, car ceux-ci ne sont la plupart du temps que des archivistes médiocres. Je préfère les découvrir à travers le regard qu'un autre grand homme, de préférence contemporain, porte sur eux. Par exemple j'aime découvrir Caton d'Utique à travers Cicéron, Napoléon à travers Châteaubriand, Gandhi ou Zweig à travers Romain Rolland. Parce que le grand auteur a toujours des raisons plus intéressantes que l'historien d'aimer ou détester un de ses contemporains, en outre il baigne plus dans l'ambiance de l'époque, et en connaît mieux les enjeux même inconscients, et puis, même si ce grand auteur se trompe, ses erreurs et les raisons de ses erreurs sont toujours plus intéressantes dans leur visée philosophique que celles de l'historien.

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Le viol de Lucrèce

17 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

lucrece.jpgMon titre pour Esprit Corsaire "le viol de l'Ukraine", m'est venu à propos d'une longue réflexion sur le viol et la prostitution que j'ai été obligé d'avoir en décembre-janvier, réflexion sur le thème : qui est la pute de qui, qui viole la vie de qui, etc. (réflexion menée en parallèle avec la question de la folie des gens, de leur maladie mentale etc).

 

En l'envoyant au rédac-chef je lui ai dit "si tu trouves un meilleur titre n'hésite pas". Il a gardé ce titre, parce que c'est un homme d'expérience, qui a pas mal bourlingué, et qui connaît l'humain comme sa poche (il a adoré mon roman "La révolution des montagnes", ce qui est le signe d'une intelligence supérieure - d'ailleurs j'interdis à quiconque de parcourir ce blog s'il ne l'a pas lu).

 

Après coup, j'ai songé que le viol de l'Ukraine faisait penser au "viol de Lucrèce" (dont le Titien a fait le tableau ci-contre). Je me suis dit que peut-être, inconsciemment, j'avais pensé à cet épisode fondateur de l'histoire de la République romaine en choisissant ce titre. Et que l'homme de haute culture qu'est le rédac-chef avait peut-être aussi cette petite musique dans l'oreille en arrière-plan (en le sachant ou sans le savoir).

 

Oui mesdames et messieurs, la République romaine s'est fondée sur l'idée de réparer un viol ("Tu dors Brutus ?" l'assassin du dernier roi étrusque était un Brutus, et l'assassin de César - gendre de Caton d'Utique remarquez bien -  était son descendant d'où le "tu dors Brutus ?" écrit sur les murs de Rome en 44 av JC, comme je suis sur Internet je dois expliquer tout cela, si j'avais écrit ailleurs, où les gens ont plus de culture, je me serais contenté d'un "tu dors Brutus ?" en forme de clin d'oeil - César avait violé la République, et sa vertueuse alliée grecque en Gaule, Marseille, Massalia, dont il ne reste aucun vestige). Du coup je songe aussi à l'imaginaire colonial décrit par GC Spivak (l'idole des Indigènes de la République) : "le blanc qui veut enlever une femme non-blanche à ses frères non-blancs" ("Frédéric, faire l'amour avec une Algérienne, on ne peut plus se permettre ! ce n'est plus de nos âges !", encore une citation en forme de clin d'oeil). Sauver telle femme du viol, ou réparer l'injustice d'un viol. Tout comme ces Américains qui déclarèrent la guerre à l'Espagne en 1898 pour réparer un viol ou quasi-viol (voyez ici). Mon arrière grand père qui fut prisonnier de guerre des Américains à Cuba aurait des choses à dire là-dessus. Et notre "glorieuse" action en Bosnie pour sauver les femmes de "viols systématiques" (un secrétaire général de chaine de TV me disait jeudi que tous les journalistes qui ont couvert Sarajevo en 1993-94 se réunissent tous les ans pour déjeuner ensemble : si ce n'est pas le signe que c'est devenu là un mythe fondateur de la profession, je ne m'y connais pas !). Pardon pour toutes ces évocations un peu trop rapides, mais je ne suis pas le roi des longs exposés didactiques et ennuyeux, on n'est pas au Monde Diplomatique ici !

 

Souvenez-vous de ce magnifique livre écrit par une femme violée sur des femmes violées "Une femme à Berlin" (mon article sur ce livre est ici). On ne fonde jamais rien de légitime sur le viol (en ce sens la RDA n'était pas légitime), pas même en réparant un viol par un autre viol : les Occidentaux devraient s'en souvenir...

 

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Epicurisme et stoïcisme

16 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

diogenosJ'ai beaucoup soutenu le stoïcisme contre l'épicurisme - car je n'aime pas le côté "secte religieuse à l'écart du monde". Mais, c'est une thèse de l'historienne Mme Renée Koch-Piettre et pas seulement d'elle, l'église chrétienne, comme grand entreprise révolutionnaire de transformation du monde, s'est inspirée des deux écoles. Aux épicuriens elle emprunte la notion d'église avec ses rituels (que n'avaient pas les stoïciens), aux stoïciens la vision des hommes comme organes d'un corps universel. L'Eglise est une volonté d'étendre l'épicurisme aux dimensions du stoïcisme, c'est à dire à l'ensemble de la société, tout comme si l'on veut l'Islam est une tentative d'étendre les règles exigeantes et totalisantes du judaïsme - initialement réservées au "peuple élu" - à l'univers entier.

 

Saint Paul a grandi à Tarse en Cilicie, grand centre d'étude à la fois du stoïcisme et de l'épicurisme. Sa très bonne connaissance de ces écoles se vérifie quand il discute avec l'Aréopage d'Athènes dans les Actes des Apôtres.

 

Peut-être avons nous donc besoin des deux logiques, stoïcienne et épicurienne...

 

Pourquoi est-ce que je vous raconte cela ? Parce que je vois apparaître dans les milieux ésotériques actuellement (milieux petits bourgeois ou populaires assez invisibles des écrans officiels et pourtant il s'y joue des choses importantes sur le plan humain pour qui sait voir par delà les mots, "rien de ce qui est humain ne saurait m'être étranger", humani nihil a me alienum puto), des logiques épicuriennes : des chaînes d' "amis" se créent, sur la base de douleurs personnelles, d'envies d'aider et d'aimer.

 

Après un rude coup subi fin décembre, j'ai été dans la position de Kant dialoguant avec le mage Swedenborg dans un échange avec une jeune médium. Je voudrais d'ailleurs travailler avec le photographe Guillaume Poli, qui fut mon complice sur l'Abkhazie, sur l'univers de cette femme. J'entrevois à travers elle ces chaînes d'amitiés néo-épicuriennes (mais paradoxalement moins ecclésiales, plus libres et libertaires que l'épicurisme originel) entre gens seuls qui ont besoin de se sentir en symbiose avec des forces universelles. Tout cela mérite beaucoup de respect car ces gens brisent l'égoïsme de notre époque, ils cassent l'instinct de destruction, eux qui ont le sens du don et de la responsabilité pour autrui. Moi qui suis fidèle au Christ de Pasolini tout en étant rationaliste et athée, je suis dans leur camp, sans hésitation, contre les arrivistes, les obsédés de l'égo, les pilleurs et pilleuses, les trouillards de tout poil.

 

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"Le viol de l'Ukraine"

15 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Bon, on tente d'oublier les violences et les actes de piraterie en tout genre subis cet hiver. On essaie de reprendre le travail minutieux, patient, lent, inscrit dans la durée, que nous menons depuis 15 ans. Vous savez que je suis un défenseur des libertés individuelles et collectives, adversaire résolu des actes de viol de toutes sortes, viol des individus, viol des consciences, viol des peuples, tout ce qui s'apparente au côté "je refuse le dialogue, j'impose mon point de vue, ma violence, je pille et je me tire avec la caisse après avoir profité des situations" (quels que soient les alibis qu'on s'invente pour se comporter de la sorte). C'est pour cela que j'ai intitulé mon premier article pour l'excellent site "Esprit corsaire" sur l'Ukraine "le viol de l'Ukraine", car justement, pour le coup, on est effectivement dans une situation de viol...

 

ukraine.png

Voici donc l'article :

 

Le viol de l’Ukraine

 

Le 7 février, la sous-secrétaire d’Etat aux affaires européennes et eurasiatiques de l’administration Obama, Victoria Nuland a défrayé la chronique après la publication sur You Tube d’une conversation téléphonique entre elle et l’ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine, Geoffrey Pyatt, dans laquelle l’intéressée émet des recommandations sur la formation du futur gouvernement de l’Ukraine.

Dans cette conversation elle décrit l’ancien ministre de l’économie Arseni Iatseniouk (qu’elle appelle “Yat”) comme “le mec qui a l’expérience économique et celle de la gouvernance” (“the guy with the economic experience, the governing experience”) La suite de l'article est ici

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"L'ingérence de l'OTAN en Serbie" - Editions du Cygne décembre 2013

18 Janvier 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

1couv serbieL'ingérence de l'OTAN en Serbie
Aux origines du renouveau de l'anti-impérialisme en France

 

de Frédéric Delorca

 

En 1999, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) attaquait, en toute illégalité, sans résolution préalable des Nations Unies, la République fédérale de Yougoslavie (à l'époque composée de la Serbie et du Montenegro). Frédéric Delorca évoque ici ses voyages à Belgrade en 1999-2000, les enjeux géopolitiques des bombardements, de l'embargo, le point de vue des victimes de l'ingérence occidentale, les décalages entre ce point de vue et les débats européens du moment sur cette guerre, ainsi que les initiatives de certains militants et d'intellectuels renommés ou anonymes dans les cercles de gauche qu'il a fréquentés pour résister à l'interventionnisme dominant.

 

Peut être commandé en version électronique ou papier ici ou à Fnac.com ou chez votre libraire.

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2 Janvier 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca

angel    Hipparchiarideau  

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Montaigne à propos de Marguerite de Navarre

22 Décembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Renaissance - Auteurs et personnalités

marguerite de navarreQuand on cite l'avis de Montaigne sur l'Heptaméron de Marguerite de Navarre (née Marguerite d'Angoulême, la grande réformatrice des moeurs sexuelles des femmes françaises), on dit toujours qu'il qualifie son oeuvre de "gentil livre pour son étoffe" ce qui est une façon à la fois d'en dire du bien et de le rabaisser, mais on ne précise jamais dans quel contexte il dit cela. C'est dans le chapitre 11 de son deuxième livre des Essais quand il affirme qu'il n'y a rien d'extraordinaire à passer une nuit avec la femme qu'on aime sans la pénétrer : " Je ne prens pour miracle, comme faict la Royne de Navarre, en l'un des comptes de son Heptameron (qui est un gentil livre pour son estoffe) ny pour chose d'extreme difficulté, de passer des nuicts entieres, en toute commodité et liberté, avec une maistresse de long temps desirée, maintenant la foy qu'on luy aura engagée de se contenter des baisers et simples attouchemens."

 

2013 (1)Dans la phrase précédente il précise : "Je sçay qu'on peut gourmander l'effort de ce plaisir, et m'y cognoy bien, et n'ay point trouvé Venus si imperieuse Deesse, que plusieurs et plus reformez que moy, la tesmoignent". Le "et plus réformés que moi" doit être entendu dans le sens de "plus vertueux". C'est l'énoncé d'un paradoxe en forme de plaisanterie : les plus vertueux trouvent Vénus plus tyrannique que moi, et c'est déjà une allusion à Marguerite. On retrouve là les paradoxes de cette femme, élégante, qui selon Brantôme, importe en France pour les femmes un art de séduction italien, et en même temps à demi-protestante et presque "bonne soeur dans l'âme" dira un commentateur du XIXe siècle tant elle vibre aux charmes du néo-platonisme florentin (Entrez ici Marcile Ficin et Botticelli !).

 

L'Heptaméron est rempli de ce paradoxe qui en fait n'en est pas un : les néo-platoniciens sont des espèces de bouddhistes tantriques ou des taoïstes de l'Occident qui retiennent le coït et le transforment en stratégies de séduction et en poêmes pour mieux concenter l'énergie sexuelle, saisie dans un sens métaphysique (rien à voir avec les exercices sexuels utilitaires "à l'américaine" de notre époque). Ces subtilités étaient un chouïa trop extrémistes pour un Montaigne.

  luciano

Il va bientôt falloir que je me plonge dans le taoïsme. On me conseille une lecture en ce sens.

 

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