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Le blog de Frédéric Delorca

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Interview de l'activiste Nurcan Baysal sur les Yézidis et sur Diyarbakır/Amed

26 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Une interview intéressante réalisée par un magazine turc (à noter qu'il y a quand même des erreurs sur le fait que les Yazidis ne s'étaient jamais révoltés par le passé, il y a quand même eu Mirza au 17e siècle et les "républiques yazidis indépendantes" dont parlait jadis Elysée Reclus), à propos du livre Ezideler 73 (Décret 73), de Nurcan Baysal. Vous y trouverez des éléments très précis sur les multiples aspects du drame des Yazidis, mais aussi sur la situation horrible au Kurdistan turc, à Diyarbakır/Amed dont mon blog hélas ne parle pas assez  :

Qu'est-ce que les Yézidis appellent «décret»?

Dans leur univers spirituel, le "décret" se réfère à un massacre, à l'abattage. Dans la terminologie du 21e siècle, cela signifie que le génocide.  

Y-a-t-il une différence entre le 73e décret commencé le 3 Août 2014 et les autres?

Il y a beaucoup de différences. L'un d'eux est le fait que les Yézidis sont massacrés au 21ème siècle pour que tout le monde puisse voir. Il y a eu des marchés d'esclaves où les femmes ont été vendues et cela continue encore. La deuxième différence est que, les décrets n'avaient pas causé une transformation dans le monde spirituel des Yézidis jusqu'à présent. Je veux dire, ces décrets étaient acceptés comme résultant du fait d'être Yazidi. Cependant, avec ce décret, les Yézidis a commencé à réfléchir sur les décrets. Grâce à la diaspora Yazidi et au mouvement kurde.Les Yézidis sont sur terre depuis le commencement du monde et ils ont un ordre social qui n'a pas été changé depuis des dizaines de milliers d'années. Les Yézidis ne s'étaient pas révolté contre les décrets précédents.Et pourtant, cette fois ci, les unités de défense Yazidi se sont formées à Sinjar. C'est une première. En outre, la société Yazidi est patriarcale et les femmes sont toujours restées en arrière-plan, mais maintenant les femmes se battent aussi dans ces unités de défense. 

Yézidis ont trouvé refuge à la fois au sein du gouvernement régional du Kurdistan et en Turquie. Vous avez visité les régions les deux. Y a-t-il des différences?

Dans certains villages de la province de Sinjar, Yézidis et les Arabes avaient vécu ensemble. Avant qu'ISIS-Daech n'entre dans certains villages, les Arabes dans ces villages ont rejoint ISIS. Certaines personnes ont dit que leurs voisins ont réduit leurs femmes et leurs enfants en captivité. En fait, être un Yazidi signifie être destiné à massacre. D'un seul coup, leurs voisins sont devenus membres de l'ISIS. C'est l'aspect le plus désespérant de la situation. Au début, 5000 personnes ont été massacrées dans les villages. Ces chiffres ne sont pas exacts; on découvre chaque semaine de nouvelles fosses communes. En Novembre, Sinjar 2015 a été libéré et il est dit qu'il s'y trouve près de 100 fosses communes.Ces centaines de milliers Yézidis se sont dirigés vers le mont Sinjar. C'était en Août 2014; le temps était insupportable. Les montagnes étaient froides pendant la nuit et ISIS était après eux. 250-300.000 personnes se sont enfuies à Zaho et Duhok.En Septembre 2014, je suis allé dans les camps du sud. Les gens vivaient dans des zones de chantier. On découvrait comme ça que dans un secteur il y avait 300 Yézidis rescapés. Des bébés, des enfants, des personnes âgées. Ceux qui avaient laissés derrière n'avaient aucune chance d'être secourus. Ils sont entrés illégalement en Turquie à Roboski. A cette époque, les municipalités de Batman, Şırnak, Nusaybin et Midyat ont commencé à construire des camps. Tout à coup, les municipalités sont devenues responsables de prendre soin de 35.000 Yézidis.

 

 

Dans le livre, on se rend compte que les gens évitent de parler de ce qui est arrivé dans les montagnes Sinjar. Qu'est-il arrivé?

Au cours des entretiens, ils ont évité mes questions sur les montagnes. Il y avait un seul but sur les montagnes: survivre. Disons, c'était comme : vous aviez seulement une tranche de pain et que vous ne partagiez pas et un enfant mourait à cause de cela. Un Yazidi a dit: «Les gens ont perdu leur sentiment humain dans les montagnes." Il y a des gens qui ont commis des suicides ; certaines femmes ont sauté d'une falaise après avoir tué leurs enfants en les jetant de la falaise. Ou, par exemple, les gens que vous aimez veulent l'eau de vous, mais vous ne pouvez pas leur en donner, parce que vous allez en donner à vos enfants. J'ai vu des familles mettre des bouteilles en plastique sur le mur; elles disaient dit qu'elles les garderaient jusqu'à ce qu'elles meurent. Elles ont donné l'eau à leurs enfants avec des capsules de bouteille. Certains n'ont pas pu enterrer leurs défunts dans les montagnes. Certains d'entre eux ont abandonné leurs vieilles mères et les pères derrière eux. Ceux- suppliaient de ne pas s'éloigner. Ils vont vivre avec cette honte et leur conscience coupable pour le reste de leur vie.  

Les Kurdes ont été les premiers qui ont accueilli et protégé Yézidis. Cependant, pour autant que je comprenne d'après votre livre, ce ne fut pas un processus facile.

Yézidis ont été soumis à des "décrets", des massacres, de la part de nombreuses communautés, mais la plupart du temps c'étaient des musulmans. Ainsi, leur plus grande crainte ce sont les musulmans. Et ils ont dû compter sur eux. Par exemple, dans le camp de Diyarbakir, quand ils ont essayé de faire travailler les enfants, les Yézidis se sont mis en colère parce qu'ils croyaient qu'ils allaient leur apprendre à faire des prières. 

Ils sont kurdes aussi, mais culturellement ils sont différents, non?  

Les jeunes de mouvement kurde ont essayé de les traiter de façon égale, mais les Yézidis sont complètement différents. Ils ont un système de castes rigide. Les gens de différentes castes attendaient en rang un peu de nourriture! C'est une communauté très patriarcale. Les femmes ne sont presque jamais mentionnées et dépendent des hommes complètement. Par exemple, les hommes yézidis dans le camp ont abattu la tente consacrée à l'éducation des femmes que nous avons construite. Il nous a fallu des mois pour trouver cette tente! Les jeunes du mouvement kurde ont déclaré qu'il y aura égalité des femmes et des hommes dans la direction des choses. Mais il y a eu deux problèmes. D'abord, les membres de différentes castes avaient le droit de vote égal. Et ensuite ils ne pouvaient pas accepter la voix des femmes dans le gouvernement. Après des compromis, nous avons fait un progrès. Le siège de Kobané a affecté profondément les Yézidis. Les femmes et les hommes kurdes se sont battus à mort ensemble. Le patriarcat n'est pas décomposé mais il a dû plier un peu. Maintenant, nous voyons qu'il y a des jeunes femmes Yazidi qui combattent autour de Sinjar et on comprens qu'il y a eu une révolution. 

Est-ce que l'Etat turc a aidé les Yézidis?

La Turquie n'a pas donné de statut aux Yézidis. A cette époque, la Turquie n'a pas construit de camps pour Yézidis. 35.000 Yézidis sont arrivés tout d'un coup. L'Etat turc a dit qu'il allait construire des camps au sud de la frontière, mais cela n'a pas eu lieu. La Turquie n'a pas réussi à aider Yézidis. Je pense qu'il y a deux raisons à cela. Tout d'abord, ils n'aiment pas Yézidis. Je me souviens que Erdoğan avait dit avec mépris «les Kurdes sont Yézidis." Ils ne sont pas musulmans et c'est un problème pour eux. Deuxièmement, ils pensaient que les municipalités kurdes ne seraient pas en mesure de gérer la situation et ploieraient sous ce poids. Pour l'Etat turc, ça leur aurait été utile politiquement. En ce moment, nous ne pouvons recevoir aucune information de AFAD (l'Autorité pour la gestion d'urgence et les catastrophes) à propos du camp de Nusaybin. Au début, il s'y trouvait 35.000 personnes et maintenant, il reste 1400 Yézidis à Diyarbakir et 400 à Şırnak. Environ 2000-3000 personnes se trouvaient dans les camps. La plupart d'entre elles sont allé vers le sud. Près de 1000 personnes, la plupart d'entre elles étant les femmes violées, a réussi à aller en Allemagne. Certaines d'entre elles sont allé à Istanbul et certaines d'entre elles sont à Bodrum, en attente d'un bateau.  

"Finalement, tout le monde trouve la paix, à l'exception des femmes"

Vous décrivez ce "décret" comme «quelque chose au-delà de la mort pour les femmes". Qu'est-ce que ça veut dire?

Les femmes dans les camps ne parlaient pas beaucoup; et quand elles parlent, elles parlent de femmes qui se sont suicidées. Il arrive qu' elles entendent un cri d'une tente. Elles y vont et découvrent que la mère pleure parce que sa fille s'est tuée. ISIS a encore 5000 femmes captives. Ils vendent ces femmes, parce qu'ils le peuvent. Il y a des marchés d'esclaves, parce qu'il y a des gens qui y vont et achètent des êtres humains à ces endroits. Les femmes sont vendues, parce qu'il y a des Etats qui soutiennent un tel commerce. Les principaux acheteurs sont la Syrie, le Liban, le Qatar, le Koweït, l'Arabie Saoudite, le Pakistan et l'Afghanistan. Ces Etats ont été en mesure de faire quelque chose pour l'empêcher, mais ils n'ont rien fait. 

Et à cause de leur culture, les familles ne veulent pas ces femmes. 

Le village de Baadre près de Mossoul est le plus grand village Yazidi. C'est devenu un endroit où les femmes qui se sont échappés ou ont été sauvées de Daech-ISIS sont à l'abri. J'ai parlé aux femmes là, qui étaient détenues par ISIS. Il y avait une jeune femme appelée İlwin, qui a été retenue captif à Raqqa pendant 2 mois. Elle a été violée à plusieurs reprises, torturée et battue. İlwin réussit à entrer en contact avec son frère et a sauvé 7 femmes Yazidi avec elle-même. Leurs familles ont payé de l'argent pour ISIS pour les ramener. Et ces 7 femmes ont rencontré leurs familles dans la province Viranşehir d'Urfa. İlwin répétait : «Ecrivez ce que je dis, apportez-moi à un tribunal; Je veux dire ce qui est arrivé au monde ".

Beaucoup de femmes ont été abandonnées à leur sort: elles ont été forcées à se marier ou envoyées à Sinjar pour mourir. Encore une fois, les femmes sont celles qui souffrent le plus.  

Il y a une règle dans la société Yazidi: quand un Yazidi a des relations sexuelles, volontairement ou involontairement, avec des gens qui ne sont pas des Yazidis, cette personne n'est plus une Yazidi. Les femmes qui ont été violées par des membres de l'ISIS le savaient; elles se sont tués parce qu'elles savaient que leur société ne les reprendrait pas. On dit que des milliers de femmes se sont tués. Il y a un refuge pour les femmes dans le sud du Kurdistan où se trouvent 7000 femmes. Les chefs religieux Yazidi ont fait des déclarations exhortant les familles à reprendre les femmes. Certaines familles l'ont fait, et d'autres pas. Par exemple, je l'ai vu une longue file d'attente à Laleş (Lalish). Ils ont dit qu'il s'y passait une cérémonie de mariage. Ils ont ordonné aux femmes qui ont été tenues en captivité par ISIS de se marier à des hommes yézidis. Bien sûr, ils n'ont pas demandé le consentement des femmes. Donc, finalement, tout le monde retrouve la paix, à l'exception des femmes.

ISIS détient encore beaucoup de femmes comme captifs, n'est-ce pas?

Oui. Par exemple, certaines femmes ont donné naissance à des enfants qu'elles ont conçu après avoir été violée. Celles qui ont essayé d'avorter, ce qui n'est pas légal, sont mortes. Des mères et des filles ont été prises comme captives et violées. Ils vendent aussi des jeunes garçons. Par exemple, dans une fosse commune, il y avait des femmes de plus de 40 ans. Les membres ISIS les trouvent trop vieilles et les enterrent vivantes. En ce moment, on dit qu'il y a plus de 100 fosses communes, qui ne sont pas encore ouvertes. Dans un magasin d'alimentation à Mossoul, ils ont mis une photo d'une fille de 14 ans qui est en vente. Il y a beaucoup de marchés d'esclaves. Il est difficile d'empêcher de telles choses. Ces choses se passent à une ou deux heures en voiture de chez nous. 

«Les corps des défunts ont jamais été laissés dans les rues avant"

Vous vivez à Diyarbakir. Quelle est la situation actuelle là-bas?

Aujourd'hui est le 57e jour du couvre-feu. Nous ne pouvons pas aller au centre-ville. Sur était le cœur de la ville et on peut dire que la ville n'existe plus. Dans 6 quartiers sous couvre-feu, la population était d'environ 25 000 et maintenant, il en reste environ 5000. Dans d'autres quartiers, les gens vivent sous un couvre-feu virtuel. Il y a des affrontements partout. Une femme qui habite dans le bâtiment à côté de mon bureau a été blessée. D'où viennent ces balles ? Ces derniers temps, il y a deux rapports différents à propos de Diyarbakir; les habitants sont très perturbés par cela. Qui dort bien, qui est heureux, qui sourit? Si quelqu'un va à un café, cela signifie-t-il que cette personne est heureuse? Une ville est en ruines, une ville est détruite; qui peut être heureux dans un tel état? Ils utilisent des obus, bombes. Les gens ont peur. Je continue à écrire à propos des morts. Maintenant, il y a des cadavres là où nous avions l'habitude de prendre un café. Parfois, les gens comparent cette situation aux années 90, mais je pense que c' est pire que les années 90. Dans des années 90, il y avait eu des meurtres par des assaillants inconnus, mais nous savions que ça venait de l'Etat tirc. Maintenant, nous ne pouvons pas dire d'où les balles vont venir. Il y a des victimes civiles, mais l'État ne l'admet pas. Dans ma ville, 48 personnes ont été tuées. 

Et dans les années 90, prendre les corps des défunts n'était pas si difficile, je suppose.

La semaine dernière, nous avons réussi à récupérer les corps des étudiants İsa Oran, 21 ans , venu d'İzmir, et Mesut 25 ans. Tous deux étaient membres du YDG-H (proche du PKK). Leurs corps sont restés sur le bitume dans une cour d'école pendant 29 jours. Nous et IHD (Association des Droits de l'homme) avons vraiment fait de notre mieux pour récupérer les corps. Il y a une semaine, les familles ont reçu un appel téléphonique du bureau du procureur et on leur a dit que les corps sont déposés à la morgue. Nous étions avec les familles. Le corps de İsa était déchiqueté. Il semblait que sa tête avait été brûlée avec une substance chimique. Son père l'a identifié par son bras. Mesut est mort par 3 balles; 2 dans la tête, 1 dans la poitrine. Mais il y avait plus de 100 balles dans son corps. Nous parlons des années 90, mais il y aura des discussions plus longues et plus intenses au sujet des années 2010. Les corps du défunt n'avaient jamais été laissés dans les rues auparavant. Avant, ils mettaient les gens dans des fosses communes et maintenant, ils les laissent dans les rues pour que ça serve de leçon. 

Vous travaillez avec les organismes d'aide. Quels sont les besoins urgents?

La Fondation Rojava est complètement concentrée sur Sur. Ils essaient d'atteindre tout le monde, de İdil à Cizre, tous ceux qui ont dû quitter leurs maisons en raison de la guerre. Il existe d'innombrables besoins. Ceux qui peuvent trouver un tapis ou un radiateur sont les plus chanceux. La Fondation Sarmaşık distribue de la nourriture. Mais, il y a des familles qui ne peuvent pas quitter leurs maisons et ont vécu dans une chambre simple pendant 57 jours; ils sont affamés. Maintenant, les habitants de Diyarbakir ont honte de survivre.

Source : Agos.com

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Castro, Fillon, Clinton, Trepca, Alep Ouest

26 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #La droite, #Peuples d'Europe et UE, #Au coeur des mouvements anti-guerre

Combattants kurdes du YPG en Syrie rendant hommage à la révolution cubaine

Combattants kurdes du YPG en Syrie rendant hommage à la révolution cubaine

Le présumé babalao de la santeria Fidel Castro est décédé à l'âge de 90 ans. Toutes sortes de rigolos médiatiques ("hystrion" st un mot trop recherché pour leur niveau d'abjection) nous accablent de leurs réflexions minables sur l' affreux "dictateur" qu'il fut.Le peuple cubain est sans doute partagé entre d'une part, l'admiration pour le bonhomme, la gratitude pour le système de santé et d'éducation dont il a permis l'édification et la préservations, pour la fierté et l'indépendance nationales cubaines portées très haut (sauf dans la période de soumission à l'URSS entre la rupture sino-soviétique et l'effondrement du mur de Berlin), et, d'autre part, les peines de l'isolement, de l'entrave aux libertés individuelles, et l'écrasement bureaucratique. Difficile d'avoir un avantage sans ses inconvénients dans notre monde voué aux démons. En tout cas le Tiers-Monde, et donc l'humanité, lui doit beaucoup. Cuba a endigué l'apartheid en Afrique (Mandela l'a reconnu) en soutenant l'ANC, en sacrifiant ses fils dans la guerre d'Angola, elle a impulsé des forums de résistance comme le Mouvement des non alignés, sauvé les systèmes de santé que tout le monde négligeait dans les Caraïbes, en Afrique, au Timor. Je l'ai déjà dit mille fois, mais je me souviendrai toujours de la standing ovation pour le PC cubain de toutes les délégations diplomatiques du Tiers-Monde (y compris le représentant du Gabon assis à ma droite) au congrès d'Izquierda Unida à Madrid en 1994. Merci à Jeremy Corbyn d'avoir salué l'héroïsme de Castro... il n'est pas Hollande...

En France, il faut dire un mot de la primaire. Je n'aimais pas Juppé l'atlantiste, je n'aime pas Fillon le thatchérien même s'il peut apporter la paix avec la Russie. 500 000 postes de fonctionnaires en moins, c'est une fragilisation de la société, notamment de l'espace rural qui dépend cruellement des services publics. Mais la messe n'est pas dite, si j'ose dire : si Bayrou se présente, si avec la multiplicité des candidatures tout le monde plafonne à 15 % qui peut dire qui de Bayrou, de Fillon, de Mélenchon, du candidat socialiste ou de Macron se qualifiera pour le second tour ? Et qui sait si Mme Le Pen se qualifiera elle-même si son père se présente aussi, si sa nièce (ardente représentante des valeurs chrétiennes mais quand même divorcée au bout de deux ans de mariage, mauvais début pour une figure christique) fait défection, ou encore si Dupont-Aignan parvient à lui prendre des voix ? Ce qui est bien avec les élections, n'en déplaise à Jacques Attali, c'est que quand même par moments (disons une fois tous les 20 ans) le champ des possibles recommence à s'ouvrir.

Bon, après je sais que le boboïsme de centre gauche est toujours prêt à tout pour combler la brèche laborieusement ouverte. Tony Blair l'homme aux mains souillées du sang serbe, afghan et irakien, sort de sa tanière pour essayer de faire enterrer le Brexit. H. Clinton appelle à l'insurrection et l'écolo Jill Stein (peut-être stipendiée pour cela) tente de faire recompter les voix dans le Wisconsin et d'autres Etats où Trump a gagné de peu mais oublie de le demander dans les Etats où Clinton a gagné de justesse (celle-ci n'avait-elle pas quasiment traité Trump de facho quand il menaçait de faire de même en cas de défaite ?). Dès que le peuple fait entendre sa voix, l'odeur de la guerre civile se fait sentir...

Belle déclaration du ministre des affaires étrangères serbe au Conseil de l'Europe cette semaine. Il a rappelé les agressions contre les minorités non-albanaises au Kosovo, et dénoncé la privatisation de la mine de Trepca au Kosovo. Celle-ci constitue en effet un acte de piraterie commerciale de grande envergure. Je me souviens du temps où Collon et Stojlikovic enquêtaient sur ces mines il y a 15 ans. 38 % des familles serbes du Kosovo dépendent directement ou indirectement des emplois dans ces mines qui appartiennent juridiquement à l'Etat serbe, et qui, déjà illégalement étaient passé en 1999 sous tutelle de la MINUK. Aujourd'hui Pristina les privatise sans sourciller. Où sont les associations de défense des minorités pour dénoncer l'oppression ? Heureusement de nombreux Etats (Vietnam, Madagascar etc) ont confirmé leur refus de reconnaître l'indépendance du Kosovo.

A l'ONU Samantha Fox, euh non Power, l'âme damnée d'Obama comme on eût dit dans les dessins animés de mon enfance, menace 12 généraux d'Assad d'être traduits devant la justice internationale et de finir comme Milosevic. Je pense plutôt que ce sont elle et ses acolytes qui méritent ce sort pour avoir provoqué la guerre en Syrie en 2011.

Voici des copies d'enfants d'Alep Ouest que l'association humanitaire à laquelle participe Pierre Le Corf dont j'ai parlé il y a 6 jours a publiées sur Twitter. Voilà la réalité dont Sam Power, H. Clinton and co sont responsables.

 

Castro, Fillon, Clinton, Trepca, Alep Ouest

Traduction :

Question : qu'est-ce qui me rend triste/joyeux/me fait peur ?

1ère rédaction : "Il y a beaucoup de choses qui me rendent heureux comme jouer du cello, du piano, tous les instruments en général mais le celllo est mon instrument principal. J'aime aussi écouté la musique, tous les genres de musique. J'adore le sport, le tennis de table me rend heureux, j'aime aussi le football, le basket, le tennis et le badminton. Bien sûr trainer avec mes amis me fait beaucoup plaisir, j'adore mes amis, je pense qu'ils sont la dernière chose bien qui nous soit laissée dans cette guerre, mais comme je l'ai dit précédemment je suis un mec positif, j'essaie de voir le bon côté des choses, j'espère que cette guerre finira bientôt, ça me rendra vraiment heureux.
Ah ! pour la tristesse... Beaucoup de choses me rendent triste, dans le fait que mon ami est mort la semaine dernière. Je n'oublierai jamais le regard de son père, ça a brisé mon coeur ! C'était n bon ami, je le connaissais depuis le CE1. Jusqu'à maintenant je n'arrive toujours pas à intégrer l'idée qu'il est mort. Je suis bien sûr triste mais je sais qu'il est parti vers un meilleur endroit qu'on appelle LE CIEL !!! Je suis triste du fait que ma vie a été si ennuyeuse ces derniers temps. Cette routine de tous les jours me gave !
Vous nous avez demandé de vous dire ce qui nous fait peur, eh bien, j'ai peur de la solitude. J'ai des amis géniaux mais cette migration m'effraie !
J'ai aussi peur de mourir, en fait je n'ai peur de rien (sauf de la solitude). Je commence à perdre l'espoir.
Je respecte les efforts de mecs comme toi (les volontaires) que Dieu vous bénisse !"

2ème rédaction  "27/10 Bonjour, mon nom est ** et voici l'histoire de ma vie. J'ai 13 ans, je suis né(e ?) à Alep en décembre. Avant la guerre tout était bien et nous menions une vie normale comme n'importe qui dans le monde. Mais quand la guerre a commencé, tout a changé.Nous vivons dans la peur depuis 2011. La première chose qui a été détruite fut mon adorable école et ça nous a forcé à en changer. Beaucoup de gens ont émigré à cause de la peur de la mort. La guerre nous a enseigné que rien ne dure pour toujours. Nous avons perdu beaucoup de gens à cause des roquettes. Nous avons beaucoup pleuré mais notre espérance en Dieu est plus grande que tout. Nous croyons que cette guerre va finir tôt ou tard.
Je n'oublierai pas le moment où une roquette est tombée devant ma maison. J'ai hurlé et j'avais peur pour ma famille.
J'ai passé mon temps libre à dessiner et écouter de la musique parce qu'ils me font tout oublier autour de moi. J'espère qu'un jour, quand la guerre sera finie, je serai un(e ?) peintre célèbre, un grand médecin et quelqu'un d'inoubliable qui aura un grand effet sur ce grand monde en aidant des gens."

 

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Aide aux Yézidis

24 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies

Si l'Allemagne a accueilli un millier de réfugiés yazidis traumatisés par le génocide de 2014 dans la région de Shingal et la réduction en esclavage des femmes et des enfants, le Canada peine à en accueillir plus de quelques dizaines (voir cet article de CBC) d'autant que le gouvernement régional kurde qui a payé de fortes rançons pour libérer des yézidis s'y oppose, et il y a fort à parier qu'il en aille de même en France. Beaucoup de réfugiés restent donc sous des toiles de camps de réfugiés à Kanki, Newroz etc au nord de l'Irak à redouter l'arrivée de l'hiver et à se demander ce que sont devenues leurs soeurs et leurs filles encore captives à Mossoul et Raqqah. Pensez à les aider.

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L'ouverture façon Trump

21 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis

Tulsi Gabbard, députée des Samoas américaines, vétérane de la guerre d'Irak, de confession hindouiste, démocrate,ferme soutien de Bernie Sanders rallie Donald Trump.

 

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Témoignages de Pierre Le Corf et Vanessa Beeley à Alep-Ouest

20 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

Un personnage surprenant, breton, fils d'ostréiculteur, né en 1989, qui se présente comme chrétien et qui, après avoir créé une boîte de nuit à Lyon, a travaillé dans divers domaines comme consultant, puis a fondé une ONG pour aider les communautés marginalisées, et soutient les civils à Alep-Ouest (contrôlée par le gouvernement syrien légal) depuis février dernier.

Son témoignage est intéressant. En octobre un anonyme "njama" sur Agoravox précisait que ce Pierre Le Corf avec le Dr Nabil Antaki, des maristes bleus, avaient en vain essayé de sensibiliser une équipe de France 2 au fait que le feu des terroristes d'Al-Nosra (soutenus par MM. Hollande et Obama) cible délibérément les civils d'Alep - peut-être s'agit-il de ce reportage diffusé au JT de 20 h du  5 octobre qui malgré tout dit un mot sur Le Corf et rapporte une partie de ses analyses.

Buzzfeed News accuse l'ONG "SOS Chrétiens d'Orient" qui l'a introduit en Syrie d'être infiltrée par l'extrême droite (accusation qui revient souvent quand quelqu'un entreprend de se rendre dans des zones où ne se trouvent pas les "bonnes victimes" du point de vue de nos gouvernants), mais Pierre Le Corf insiste (notamment ici) sur le fait qu'il décrit des éléments factuels et ne s'exprime pas à partir d'un point de vue partisan. Son ancrage dans l'action au service des populations évidemment accroît la légitimité de son compte-rendu des réalités quotidiennes de la guerre.

Cet exemple est un peu symétrique de celui de Pierre Piccinin da Prata qui, lui, s'était surtout rendu "célèbre" (dans le microcosme des journalistes et des militants) pour avoir tenté de donner une voix à l'Armée libre syrienne (et qui n'avait pas entretenu une action humanitaire de long terme comme le fait Pierre Le Corf, limitant son action à du journalisme).

Le témoignage de P. Le Corf rejoint celui (sous-titré) sur une chaine de TV libertarienne américaine de la britannique Vanessa Beeley le 29 septembre dernier.

Comme il m'est arrivé de critiquer la lourdeur des bombardements russes en Syrie (notamment sur Alep Est), il me faut quand même ici rétablir les choses en sens inverse de la propagande médiatique dominante qui exagère à dessein l'ampleur des exactions russes. A Alep Est, la population civile est retenue en otage, ce sont des boucliers humains, comme à Mossoul. Faire le tri entre civils et djihadistes d'Al-Nosra est probablement impossible pour les avions russes. En revanche les islamistes, selon le témoignage ci-dessus, n'ont aucune raison de viser à l'ouest certains quartiers où ne se trouve aucun militaire.

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Mensonges et racisme

19 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Le quotidien

Parutions.com m'a adressé les mémoires de Nils Andersson, je vais en écrire la recension. Nils est un des rares anti-impérialistes dont je garde un bon souvenir. Un homme vraiment honnête qui ne s'est pas laissé emporter par l'hystérie d'Internet et la vanité de se répondre en interviews prétentieuses sur le Net. Il faut dire qu'il avait derrière lui un background un peu plus important que les causeurs des années 2000, ayant dénoncé la torture et aidé le tiersmondisme à une époque où l'on risquait sa peau quand on le faisait. J'ai toujours apprécié son style que je retrouve dans l'élégance des phrases de son livre. Même si, à l'époque de la guerre du Kosovo il avait plus de sympathie pour la cause albanaise que moi, cela ne fut pas une cause de polémique entre nous, pas plus que ses réflexions ultérieures sur une ONU "démocratique" même si elles étaient à des années lumières de ma défense de la souveraineté des Etats (il a d'ailleurs traité ce sujet dans l'Atlas alternatif). Nils Andersson est un homme avec qui l'on peut toujours discuter agréablement, à la différence des groupusculaires staliniens prêts à vous accuser d'être "de l'autre côté de la barricade", vous accuser de traîtrise, d'être un "ennemi de classe" (alors qu'ils ont eux-mêmes leur petite vie bourgeoise avec résidence secondaire) etc au moindre désaccord.

Du temps où Nils Andersson a développé son activisme politique, le conservatisme était étouffant, et le racisme, contre les Arabes et les Noirs, était la norme. Nous ne sommes plus dans le même monde. L'emprise médiatique a fait progresser les mentalités sur divers points (je le vois sur mes parents qui ont l'âge de Nils Andersson), même si elle a par ailleurs plongé nos intelligences dans la barbarie sur bien d'autres points (en nous faisant accepter l'embargo sur l'Irak, les guerres d'ingérence etc). Avez vous vu ce petit journaliste aussi arrogant que stupide qui, sur une chaîne payée par nos impôts, a accusé un député de droite de manquer de respect pour les téléspectateur parce qu'il refusait de se soumettre au flot de ses questions stupides ? Voilà à quel point la médiacratie nous a conduits : aucun respect pour les élus du suffrage universel, pour les représentants du peuple.

Le racisme aujourd'hui a fortement reculé, mais le globalisme idéologique du centre gauche (et du centre-droit par effet de contamination) risque de lui donner un second souffle. Voilà quel flot la montée du populisme de droite va amener sur nos berges. Mais je crains que même la vraie gauche, celle de Mélenchon créditée de 14 % d'intentions de votes à la présidentielle, ne soit pas armée intellectuellement pour faire face aux vrais problèmes. La novlang idéologique paralyse tout de ce côté là.

Pour faire face au racisme, il faut mettre sur la table de façon impartiale tous les éléments factuels, et discuter de tout sans a priori et sans tabou, faire confiance à l'intelligence collective. En ce moment les médias mettent en épingle le cas de telle mairesse d'un bled perdu du Middle West qui a qualifié Mme Obama de "singe à talons hauts". L'idée est de faire croire que l'arrivée au pouvoir de Trump favorise la montée du racisme. La vérité est que ce racisme là existait déjà avant Trump - rappelez vous ce représentant de la Louisiane qui avait dit qu'après la présidence d'Obama il faudrait reprendre le jeu de golf là où le singe a laissé les balles. On nous parle de violences racistes depuis l'élection de Trump, mais on ne nous prouve pas dans quelle proportion elles ont augmenté, on ne nous dit pas que celui-ci les a condamnées, et l'on passe sous silence les violences des partisans de Mme Clinton dont les manifestations ont causé la mort cette semaine du père d'une petite fille de 4 ans, dont l'ambulance a été bloquée à cause des manifestations des démocrates. Comme le disait la juge Jeanine Pirro : "qu'auraient dit les démocrates si nous républicains avions dans la rue brûlé des effigies d'Obama après son élection comme ils le font avec celles de Donald Trump ?"  En favorisant l'hystérie bobo, on risque de provoquer une hystérie de ceux qui se sentent victimes d'un racisme anti-blanc. Il faut présenter objectivement les faits, ne pas avoir peur de répondre aux interrogations des uns et des autres, ne pas craindre la vérité.

Au hasard de mes pérégrinations, je découvre des vérités que de part et d'autres l'on cache. Les souverainistes nous font croire que tous les maux ont débuté avec l'autorisation du regroupement familial par Giscard d'Estaing, alors que celui-ci existant déjà sous de Gaulle et que Giscard avait le projet d'assurer l'expulsion de centaines de milliers de migrants. Disons la vérité là dessus ! La gauche prétend que Daech n'a rien à voir avec le Coran (rappelez vous aussi la chanson idiote sur Al Qaida qui disait "ceux là ont-ils jamais lu le Coran ?"). L'égorgement et la réduction en esclavage des femmes ennemies (comme les femmes yézidies aujourd'hui) figure noir sur blanc dans les sourates. Ayons le courage de la dire ! Cessons de mentir ! Le mensonge est le père du ressentiment et donc de l'hystérie haineuse. Les horreurs de ce monde sont nées de 30 ans de mensonges de la sphère médiatique et de 15 ans de mensonges de faux résistants tout aussi adeptes du star system et des raccourcis intellectuels que les grands "merdias". Sortons de ces spirales ! Retrouvons le goût de la réflexion sereine sans mise en scène !

Cette semaine sur Twitter j'ai été attaqué par un Kurde qui m'accusait d'être potentiellement responsable du prochain massacre de Yazidis quand il aura lieu (rien de moins !). Et cela pourquoi ? Parce que j'ai dit qu'à un chekpoint des Pershmergas kurdes sont prêts à tirer sur des Yazidis qui lorsqu'ils cherchent à ramener leurs biens dans la ville de Sinjar. Mon propos ne repose pourtant pas sur du vent : c'est le témoignage d'une yazidie qui a perdu un sien cousin à ce checkpoint. La vérité blesse. Pourtant je revendique le droit à la fois de saluer la valeur des Peshmergas qui ont libéré la bourgade christiano-yazidie (pour parler vite) de Bachiqua il y a 10 jours et de rappeler le ressentiment des yazidis qui ne peuvent retourner à Sinjar. Même entre ces deux communautés ou sous-ensembles d'une communauté, la vérité est la meilleure arme contre le racisme.

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Nareen Shammo sur RTL TV

17 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies

Et on signale le reportage (un peu star system médiatique mais bon...) de Stacey Dooley sur la BBC au moment où les unités féminines de Shengal des Peshmergas (Yekîneyên Jinên Şengalê- YJŞ) libèrent une femme et son enfant près de Shengal-Sinjar.

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Venezuela : Courrier de Maurice Lemoine à Radio France

16 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La gauche, #Débats chez les "résistants", #Revue de presse

Bon allez, je sais que ça ne sert pas à grand chose, mais bon, comme je n'ai pas moi-même l'énergie de dénoncer chaque jours les inepties que nous sortent les grandes chaines de TV, les stations de radio, les grands journaux et les agences de presse, il faut bien que je signale de temps en temps les efforts que fournissent d'autres personnes pour remettre les pendules à l'heure.Dans cette série voici un courrier désabusé mais vigoureux de Maurice Lemoine à Radio France à propos du Venezuela.

Réaction envoyée par le journaliste Maurice Lemoine le 16/11/2016 au médiateur de Radio France, suite au traitement de la crise vénézuélienne dans la matinale (16/11) de France Culture / invitée : Paula Vasquez (EHESS / CNRS).

PODCAST > https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/venezuela-bresil-la-democratie-en-crise

 

Au nom de la droite et de l'extrême droite vénézuéliennes, merci à M. Guillaume Erner pour son traitement de la crise vénézuélienne, à travers une seule intervenante, représentante (assez caricaturale, je vous l'accorde, mais universitaire, vous avez eu raison de le souligner) de l'opposition.

 

Merci d'avoir caché les responsabilités bien réelles de cette opposition dans la crise – en particulier dans le report (et non l'interdiction) du Référendum révocatoire.

Merci d'avoir occulté que se déroule actuellement un "dialogue", sous les auspices d'individus extrêmement douteux – M. Ernesto Samper, secrétaire général de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) ; les ex-présidents panaméen et dominicain Martin Torrijos et Leonel Fernandez ; l'ex-chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero ; le représentant du Pape, Mgr Emil Paul –, dialogue auquel s'oppose la partie la plus "droitière" de l'opposition, représentée ce matin sur votre plateau.

Merci d'avoir innocemment introduit une petite séquence "Jean-Luc Mélenchon" dans votre lynchage des présidents Chavez et Maduro.

Merci encore de ne pas avoir mentionné, en évoquant les "pénuries" et la "famine", les similitudes étonnantes qu'elles présentent avec le  phénomène constaté au Chili durant les mois qui ont précédé le renversement de Salvador Allende.

Merci surtout d'avoir laissé raconter qu'on ne trouve plus un journal dans les rues de Caracas – les occasions de rire sont tellement rares que, lorsqu'il s'en présente une, il faut en profiter à fond.

Merci, mille fois merci, de participer à l'affaiblissement du service public en lui ôtant toute crédibilité – ceux qui rêvent de le démanteler vous en seront gré.

Maurice Lemoine *

Journaliste indépendant, spécialiste de l'Amérique latine - ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique

 

* Auteur de "Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d'Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation" (ed. Don Quichotte, 2015). 

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Hibernatus

15 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Le quotidien, #Grundlegung zur Metaphysik

Tous les gens qui me méprisent ou me détestent (et ils sont nombreux parmi ceux que j'ai croisés depuis 20 ans) peuvent se réjouir. Malgré toutes les grandes écoles que j'ai faites, tous les diplômes obtenus, tous les livres écrits, toutes les révolutions intellectuelles accomplies depuis 5 ans, ma vie n'a pas progressé d'un millimètre. Sur tous les plans, professionnel et autre, j'en suis exactement au même point que lorsque je faisais "mes premiers pas sur Internet" en 1999, pour reprendre l'expression en en-tête de ce blog. Les gens qui s'intéressent à mes écrits se comptent sur les doigts des deux mains, personne ne me propose aucun enseignement, il suffit que j'adhère à un parti politique, même minuscule, pour que tous ses membres (que je connaissais avant d'y adhérer) décident de m'ignorer totalement. Quelque projet que je lance je sais qu'il va tomber dans un vide abyssal. Si je décide d'écrire un livre, même sur un sujet populaire (ce qui en soi m'est difficile car je n'aime que les choses un peu rares comme tel récit de voyage en Mésopotamie eu 17e siècle), je suis sûr de ne pouvoir publier qu'aux éditions du Cygne et n'y avoir que 30 lecteurs (quand on voit comment a échoué le projet censé être fédérateur "Atlas alternatif" il y a 12 ans, "grâce à" la complicité d'esprits malveillants bien placés dans mon entourage propre, on a tout compris). Bref c'est une glaciation complète et sans issue.

Certains esprits religieux parlent de "possession par un esprit de mort". Il paraît que cela s'hérite de génération en génération, que cela ressemble à la malédiction des pharaons dans les tombeaux égyptiens, et que cela se soigne par l'exorcisme. Je ne sais pas si je suis censé croire cela vu que je n'ai pas d'exorciste disponible en ce moment dans mon entourage pour régler le problème sur le plan métaphysique. Je peux juste faire l'inventaire du néant autour de moi, de l'apathie générale qu'il a engendrée dans ma façon de percevoir le présent et l'avenir et dans l'attitude des gens que je rencontre.

Un jour j'ai entendu un prédicateur dire qu'il sentait que tout un pays (en l'occurrence Madagascar) était paralysé à l'état d'embryon. Je suppose que ce genre de constat peut s'appliquer à des tas de contrées, et à des millions de gens. Des gens qui, quoi qu'ils fassent, n'arrivent pas à faire bouger leur position. Beaucoup en concluent qu'il vaut mieux renoncer à tout effort intellectuel, moral ou autre. Aller claquer du fric dans un salon de massage, draguer la première paumée qui passe, se cuiter etc. J'ai eu moi-même ce genre de période de "benign neglect" comme on disait en matière de politique économique jadis. Ce n'est pas si bénin que ça, et ça m'a même mené au bord du gouffre. Ce n'est donc pas la solution.

Quand on est dans l'hibernation, dans les 25 ou 40 ans de paralysie, comme Epiménide le chamane crétois qui dormit 57 ans avant de sauver Athènes de la peste (et encore, quand ça se termine à la manière d'Epiménide c'est plutôt bien), on peut juste se dire que si le choix est entre la glaciation et la catastrophe, la glaciation, à tout prendre, vaut mieux (autrement dit "c'est pas plus mal que si c'était pire"). Hier je lisais un récit abominable sur les souffrances de centaines de femmes yazidies qui vivent dans un camp de réfugiés qui leur est consacré dans le sud de l'Allemagne avec leurs enfants, dans le cauchemar chaque jour et chaque nuit renouvelé du souvenir des sévices endurés l'an dernier sous la férule des tarés de Daech. Un de leurs visiteurs dit qu'on ne dort pas pendant trois nuits quand on a entendu leur témoignage. Je veux bien le croire. Ces personnes ont été au coeur de la pire abomination de notre époque, dans le chaudron de ce que notre époque a fabriqué, depuis deux ans, de pire dans l'ordre de la barbarie (et quand je dis "notre époque", je veux dire aussi la pire partie de nous mêmes car cette barbarie là est sang de notre sang, chair de notre chair à tous). Et le malheur de ce peuple à travers l'histoire, comme celui des Juifs - pire encore, car ce fut un malheur sans livres, sans mémoire, sans témoignage, et sans eschatologie rédemptrice -, comme celui de beaucoup d'autres, a toujours été comme le portrait réaliste, "sur le vif", de ce que la condition humaine sur Terre engendre de pire. Evidemment pour ces gens là, qui ne peuvent plus croire en personne, à qui leurs bras et les mains même sont devenus étrangers, la glaciation serait comme une sorte de luxe hors d'atteinte, comme il le fut pour moi-même quand, en janvier 2014 je me battais aux frontières de la mort.

Cette hibernation je l'ai souvent contemplée au miroir de l'apathie de la société française qui, depuis 25 ans (depuis le début de la "globalisation") vit dans l'immobilité craintive et désabusée elle aussi, dans le même scepticisme un peu aigre, la même compulsion de répétition qu'incarne si bien la figure d'Alain Juppé. Ce n'est pas notre pays qui ferait le grand saut dans le vide d'élire un Donald Trump, et ça n'a d'ailleurs pas que des inconvénients, car cela lui épargne les pleurs hystériques dans les rues et les risques du retour du refoulé raciste et sexiste. J'ai eu souvent le grand tort "d'expliquer" ma paralysie par celle de la société. Grande erreur de la sociologie. Si le vrai couvercle sur la vie des individus était purement social il n'y aurait jamais eu de Jeanne d'Arc, ni de Lénine, ni de Mandela, ni de Chavez, ni de Christophe Colomb (qui lui aussi eut sa vie paralysée pendant 15 ans par le bêtise du système politique espagnol de son époque). Je sais que beaucoup de gens attribuent la paralysie de leur vie à des circonstances extérieures : au milieu où ils ont grandi, à l'état des technologies comme Internet (comme si le temps où les gens traînaient leur vide existentiel dans les bistrots plutôt que sur la toile avait été réellement fécond). Je préfère penser que l'extérieur (de nos vies) est le reflet de l'intérieur et le bas est le reflet du haut. Il faut tout tenir ensemble si l'on veut garder la moindre chance, encore une fois, une dernière fois avant le trépas, dans 10 ans, dans 20 ans, de changer la totalité.

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Les Yézidis entre le marteau et l'enclume

13 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

Donald Trump va-t-il tenir sa promesse de campagne de s'appuyer principalement sur les Kurdes et non sur la Turquie pour vaincre EI en Irak ?

En tout cas les Yézidis sont inquiets de voir les forces spéciales turques, les bérets marrons (Bordo Bereliler aussi surnommés les bouchers des Kurdes) s'installer à Shingal-Sinjar avec la bénédiction de Barzani, officiellement pour donner une formation militaire aux peshmergas sunnites, mais aussi réprimer le PKK.

A Bachiqa la statue du chef de guerre yézidi Mirza du 17e siècle a été saccagée par EI, tout comme les lieux de culte et les maisons. L'identité yézidie est coïncée entre le marteau de Daech et l'enclume du gouvernement régional kurde. Après l'arabisation forcée sous Saddam Husein (qui en 1975 avait forcé par décret les Yazidis des villages des montagnes autour de Sinjar à rejoindre les villages collectifs des plaines et a détruit alors 250 villages), la kurdisation forcée (alors que beaucoup de yézidis parlent arabe et pas kurde, c'était d'ailleurs le cas de Mirza jadis).

Le gouvernement de Barzani est de plus en plus accusé d'empêcher les Yézidis de retourner à Sinjar. Les réfugiés sont arrêtés au checkpoint de Feshkhabour et les peshmergas confisquent leurs biens ou leurs troupeaux ou des matériaux de construction, s'ils veulent les amener à Sinjar (témoignage d'Adaly Kejjanqui était en Irak au début de l'année). Les gens restent donc au camp Sharya à Duhok ou au camp de Khanki.

Si vous souhaitez les aider, contactez moi.

 

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Daniel Ortega réélu

12 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La gauche

Eclipsée par les élections américaines, la belle victoire du président sortant sandiniste Daniel Ortega au Nicaragua mérite d'être soulignée. L'opposition (le FAD) avait appelé au boycott, mais 68 % des électeurs se sont rendus aux urnes et 72,5 % ont réélu M. Ortega dès le premier tour, de sorte que celui-ci va entamer son troisième mandat, de quoi faire pâlir d'envie François Hollande avec ses 4 % de popularité.

La recette de ce succès politique : une croissance économique constante depuis dix ans (une des meilleures du continent en 2016), une réduction de la dette publique de 85 à 48 % en 9 ans. Mais n'allez pas croire qu'il s'agisse là du résultat de recettes néolibérales : les programmes sociaux "Faim zéro", "Plan Toiture", "Usure zéro", "Goûter à l'école", "Tickets productifs" et "Maisons pour le peuple" ont fait reculer la pauvreté de 42 à 29 %. Le tout sur fond de collaboration avec Cuba et le Venezuela. Ainsi ce petit pays qui fut martyr de la guerre froide à l'époque de Reagan montre qu'il n'y a pas de fatalité au recul de la gauche en Amérique Latine après le retour de l'Argentine et du Brésil dans le giron de la droite.

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La libération de Bashiqa en Irak

11 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

La ville de Bashiqa, au nord-est de Mossoul, a été libérée par les peshmergas du général Bahram Arif Yassin le 7 novembre (dimanche), alors qu'Erdogan persécute le parti pro-kurde en Turquie. Bashiqa était autrefois une ville touristique, nous dit Wikipedia, peuplée majoritairement de yazidis et de shabaks, deux groupes ethno-religieux syncrétiques, d'ailleurs les Shabaks fréquentaient les sanctuaires yazidis (aujourd'hui détruits) même s'ils se sentent dit-on  plus chiites (les yazidis, eux, mélangent une sorte de zoroastrisme hérétique avec du soufisme - on ne développera pas ici les enjeux idéologiques des débats autour de la religion yazidie et du culte de Tawsi Melek). Une messe a eu lieu à l'église chrétienne le 9, et une cérémonie au temple yazidi le 10. Les yézidis se promettent d'y reconstruire leurs lieux saints. Espérons qu'ils parviendront plus facilement à y retourner et reconstruire leurs maisons qu'à Sinjar où ils n'ont pas remis les pieds, bien que la ville soit libérée depuis un an.

Alors que la guerre fait rage à Mossoul, une partie des esclaves sexuelles yazidies de Daech ont été transférées à Raqqah, où elles sont livrées dans des bordels encadrés par des Anglaises musulmanes qui ont rejoint Daech dans le cadre de la brigade al-Khanssaa. Daech justifie cela par le texte du Coran, et il est vrai que le Coran prône la réduction en esclavage des ennemies captives (voir le commentaire du chapitre 4 24 ici et ici). Les enfants ont eu le cerveau lavé dans des camps militaires, beaucoup peuvent servir de kamikazes.

En octobre la chancelière allemande Mme Merkela a défendu l'idée de créer une zone sous protection internationale pour la défense des minorités dans les provinces de Sinjar, Tal Afar (dont la capitale peuplée de Turkmènes sunnites sera dure à libérer surtout par des milices chiites) et la plaine de Ninive. Un projets aux relents un peu interventionnistes mais bon...

Dans un des camps de réfugiés en Irak où l'on voit arriver avec crainte la froidure et la pluie et où le chauffage de fortune provoque des incendies, mardi dernier le 8, un enfant yazidi est ... Sa mère l'a appelé Trump... La nouvelle est publiée aujourd'hui sur Twitter par Adlay Kejjan qui fait du lobbying républicain aux USA (Kejjan est une entrepreneur dans le secteur paramédical, trois de ses soeurs sont mortes à Sinjar à l'époque de Saddam parce que le régime barrait l'accès aux médicaments pour les yézidis à l'époque de l'embargo). Espérons que la maman ne regrettera pas ce choix à l'heure où l'on commence à annoncer que le nouveau président des Etats-Unis pourrait  prendre le néoconservateur John Bolton comme ministre des affaires étrangères...

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Paul Morand, la littérature

10 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Lectures, #Grundlegung zur Metaphysik

Il y avait ce soir à la TV sur une chaine de la TNT une longue interview de Paul Morand. Je l'ai écoutée jusqu'au bout.

Je sais que des jeunes gens comme Romain ou Etienne qui m'ont fait l'amabilité de réagir à ce blog naguère ont apprécié que j'y parle d'auteurs du XXe siècle comme Gary ou Werth. J'ai peut-être mieux fait de faire cela que d'y parler de politique. Je ne sais pas...

Ce soir j'écoutais Morand comme on dialoguerait avec un extra-terrestre. J'ai tellement peu de points communs avec cet homme... et pourtant son monde m'a effleuré plusieurs fois dans ma vie. Le monde des peintres surréalistes, de Malraux, de Gide, de Proust. Je l'ai croisé au sortir de l'enfance, au début de ma vie d'adulte, au milieu. On ne sait pas pourquoi ce genre de chose vous atteint, s'éloigne de vous, puis revient à divers moments. On plaint ceux qui n'ont pas la chance de croiser cela sur leur route.

Le monde des surréalistes était encore présent en moi en 2012, je crois, à moins que ce ne fût 2013, à travers Soupault. Et puis l'oeuvre de Morand s'est invitée dans ma vie en 2014 à travers Hécate et ses chiens et à travers son journal de 1968-1970. C'est lui qui m'a donné envie de lire le journal de Simone de Beauvoir de la même époque. Je me demande si je n'ai pas connu Hécate et ses chiens après avoir lu un article du journaliste Labévière. 2014 était une année vraiment épouvantable pour moi et en même temps mêlée de révélations compliquées. Il était étrange que le roman de Morand soit arrivé là, car Hécate et ses chiens est un livre un peu diabolique. Juste un peu. Et cependant moi qui, après toutes mes découvertes, suis devenu allergique aux démons, je ne perçois pas de danger dans le monde de Morand. Peut-être suis je en cela trop naïf. Peut-être à cause de cette espèce d'humilité très sobre du personnage qu'on retrouvait dans son interview ce soir.

Peut-être à cause de son absence. Cet homme fut très présent à son époque, et en même temps tellement décalé, évanescent. Pas le genre de type qui vous embrigadera dans une légion criminelle. Il se sera beaucoup trompé, autant je pense quand il aimait Picasso, que quand il se résignait au pétainisme, ou quand il détesta De Gaulle. Mais il s'est trompé de façon intéressante, toujours, d'une façon bizarre, instructive. Peut-être à cause de son espèce d'absence de tout justement D'où ses phrases courtes dans l'interview, et le fait qu'il avoue ne pas aimer parler. Un point commun avec Deleuze.

J'ai la chance de ne pas être un écrivain, de n'avoir pas derrière moi une oeuvre, même si j'ai pondu un roman et quelques témoignages autobiographiques. Je peux donc aborder n'importe quel livre de façon parfaitement désintéressée, candide, désinvolte. Je n'ai même pas, à la différence des profs, à me poser dans le rôle du type "qui s'y connaît", qui doit transmettre, je ne suis même pas dans ce sérieux là. Je suis dans un sérieux, certes, mais un sérieux à moi, un sérieux lié à ma recherche incommunicable, incompréhensible par autrui, donc je tire des livres ce que je veux, j'en dis ce que bon me semble sur ces pages numériques ou ailleurs. Ca a de l'importance, et ça n'en a pas. Dans quelques semaines je serai pour quelques jours à Venise. Je ne l'ai pas choisi. Ca arrive comme ça, alors que Venise évoquait toujours pour moi Sollers et toute une imposture littéraire que je déteste. Une boursoufflure devrais je dire. La ville n'a-t-elle point elle même vécu du vol et de l'imposture depuis le Moyen-Age ? Pour m'y sentir moins seul, j'emmènerai le livre de Morand avec moi, "Venises". Dans l'interview de ce soir, il expliquait que Montaigne, Rousseau et bien d'autres génies ont écrit sur cette ville où lui même a rencontré mille célébrités. Je pense qu'à travers ce livre je retrouverai un peu du monde littéraire, et de l'univers des esthètes, qu'accaparé par ma recherche métaphysique depuis deux ans je néglige un peu trop. J'ignore si j'en parlerai sur ce blog. On verra bien.

Ai-je déjà parlé dans ce blog de Morand ? Je pense que oui. Qu'en ai-je dit ? Je ne sais plus. Est-ce que la littérature cela compte vraiment ou n'est-ce qu'un de ces pièges hédonistes de plus qui nous éloignent de la vérité ? Grave question. Platon voulait chasser les poètes de la Cité. A ma connaissance l'Israël biblique n'a pas eu d'écrivains, même à l'époque hellénistique des Macchabées. Il en a eu un avec Flavius Josèphe, mais ce n'était plus l'époque biblique, en tout cas plus celle de l'Ancien Testament. Il faudrait que je vous parle de Josèphe d'ailleurs car j'ai lu trois chapitres de son récit des guerres juives il y a peu. Passons. Oui, les peuples qui se confrontent sérieusement à la vérité ne pratiquent pas la littérature. Cependant l'auteur de l'Ecclésiaste ou celui du Cantique des cantiques ne sont-ils pas des écrivains ? Le style nous éloigne de la vérité, mais comment peut-il y avoir une vérité sans style ? Surtout une vérité pratique, au quotidien. Comment puis-je manger une pomme avec une certaine vérité dans ma façon d'être si je n'ai pas un regard littéraire sur elle, et sur ma façon de la prendre en main ? Je ne sais pas trop comment vous expliquer cela, mais je crois qu'il y a là un "vrai sujet" comme eût dit un de mes collègues.

Donc il se peut que vous tombiez encore sur des lignes sur Morand, en parcourant ce blog, dans les mois à venir, et sur des lignes sur Venise. Sauf si je me persuade de ce que je perds mon temps à aborder ces sujets là...

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Encore un mot sur la victoire de Trump

10 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Revue de presse, #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

En France, les grands "merdias" s'appesantissent sur l'amertume que provoque chez eux la victoire de M. Trump. Mais c'est oublier l'espoir que celle-ci provoque à travers le monde parmi les gens qui ont tant souffert des compromissions de Mme Clinton avec le Qatar.

La presse russe par exemple cite un député au parlement syrien et président de la chambre de commerce d'Alep Fares Shehabi qui explique que les habitants de sa ville sont tous heureux de l'élection de Trump car pour eux Mme Clinton (avec son projet de zone d'exclusion aérienne) c'était le soutient américain Al Nosra...

Sur Twitter la directrice de l'Organisation des femmes américaines yézidies écrit sur Twitter "Ma tante chante des prières pour Trump depuis 2 heures dans l'espoir qu'il nous débarrasse de Daech et que les yazidis puissent vivre en paix à nouveau".

Encore un mot sur la victoire de Trump

En Serbie bien sûr on se réjouit, parce que Trump pendant la campagne avait dit que les bombardements de 1999 avaient été une erreur, et parce que sa femme slovène a des amis serbes. Le système clinton (Bill-Hillary) dans les Balkans reste synonyme d'ingérence barbare et de soutien aux mafieux, ce que Nuland l'adjointe de Clinton a renouvelé en Ukraine en 2014.

Diana Johnstone dans Counterpunch intitule son article "Ding Dong la Sorcière est morte", qualifiant Trump de "magicien d'Oz".

Encore un mot sur la victoire de Trump

La manière dont Clinton en fin de campagne s'affichait avec Beyoncé et Jay Z, après avoir eu le soutien de Lady Gaga et Madonna lui donnerait raison...

Et qu'on ne vienne pas nous dire que Trump a eu moins de voix que Clinton. C'était arrivé aussi à GW Bush en 2000. Et surtout, n'oublions pas que les libertariens plus à droite que lui lui ont piqué des voix tout en étant d'accord avec une partie de son programme. Et sans les campagnes de diffamation menées par tous les grands médias (il n'avait que Fox News avec lui) Trump aurait fait beaucoup mieux. Donc sa victoire n'est pas volée.

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La belle victoire de M. Trump

9 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

Bien que je ne partage pas un certain nombre de ses idées (sur la légalisation du port d'armes, sur l'assurance médicale etc), je salue la victoire électorale claire, nette et précise de M. Trump (dont j'ai déjà dit du bien ici et ici notamment), laquelle va apporter un ballon d'oxygène à la démocratie américaine et constitue un meilleur gage de pacification des relations internationales que les projets de la diabolique Mme Clinton. J'espère que cette dernière fera l'objet des poursuites pénales annoncées par son adversaire républicain pendant la campagne du fait des nombreuses forfaitures dont elle s'est rendue coupable. Sa défaite, comme celle des adversaires du Brexit il y a quelques mois, est celle du système médiatique et financier international tout entier qui musèle les peuples depuis trop longtemps, mais je doute que ce système délirant, drogué au mensonge et à l'imposture, se remette en cause... Il est à craindre au contraire qu'il mette beaucoup de bâtons dans les roues de M. Trump, lequel va sans doute peiner à former une équipe performante après avoir été lâché par une bonne part de l'Establishment républicain. Pourvu que les néo-conservateurs n'en profitent pas pour lui remettre le grappin dessus !

Formons des voeux néanmoins pour que la défaite de Mme Clinton augure d'un rapprochement américano-russe, d'une diminution des tensions au Proche-Orient et autour de la Chine, peut-être aussi de la fin du traité de libre-échange transatlantique et du réveil des peuples d'Europe, à l'exemple des peuples américain et britannique, contre la pensée unique dominante.

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