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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Théroigne de Méricourt, Claire Lacombe, 1789, et les folies du XVIIIe siècle

18 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XVIIIe siècle - Auteurs et personnalités

Le 12 février dernier sur la chaîne "Public Sénat" M. Jean-Pierre Sueur, président de la commission des lois, universitaire normalien et amoureux de Péguy, donnait la parole au psychanalyste Daniel Sibony sur le mariage homosexuel au nom de sa sympathie pour cette "science" et du refus de voir les pouvoirs publics disqualifier une "science" plutôt qu'une autre. M. Sibony critiquait la disparition des mots qui reliaient le mariage à la différence sexuelle et s'inquiétait du refus de l'autre sexe comme principe structurant de l'homoparentalité. Jean-Pierre Winter interpelait sur le risque de "mensonge d'Etat" qui passe sous silence la filiation naturelle. Dans l'ensemble les psychanalystes invités au Sénat insistaient sur le côté un peu "stalinien" du projet de loi qui veut changer les mots à défaut de pouvoir changer le réel. Sauf Mme Roudinesco qui à l'assemblée nationale comme au Sénat soutenait le "mariage pour tous".

 

Je me demande s'il est bien légitime d'offrir pareille tribune à la psychanalyse, mais cela semble courant dans les deux assemblées sur les sujets de sociétés, et la présence de parlementaires normaliens sert sans doute à cela.

 

En parlaint d'Elisabeth Roudinesco, je lisais hier son "Théroigne de Méricourt" (1989), principalement pour combler mes lacunes sur le premier féminisme de 1789.

 

D'un côté son travail est trop unilatéral à mon goût, trop favorable à l' "héroïne" du livre, là où il eût mieux valu examiner à fond les points de vue de ses adversaires, mais que voulez vous la recherche française est ainsi faite depuis 30 ans, surtout chez les quasi patrons de PME médiatique comme Mme Roudinesco qui se doivent de briller auprès de leurs pairs plutôt que d'examiner sous tous leurs angles les faits dont ils prétendent rendre compte (l'absence de la culture des faits est pour beaucoup entre autres dans nos emballements pour ou contre les guerres, encore aujourd'hui, mais je ne m'étends pas, ce point ayant été déjà longuement développé sur ce blog).

anII

 

Néanmoins dans ce livre on découvre des choses intéressantes. La menace du césarisme présente dès les premières phases de la révolution (La Fayette, Dumouriez). La sagesse de l'empereur d'Autriche Léopold à l'époque de la révolution française qui avait fait abolir la peine de mort en Belgique, sauf dans les cours martiales, preuve que les gouvernements de droit divin inspirés par les philosophes pouvaient donc sur certains points aller bien plus loin dans le libéralisme que les démocraties (la France n'abolit la peine capitale qu'en 1981). Son fonctionnaire Le Blanc fut bien mal récompensé de sa probité Théroigne de Méricourt qu'il sortit de la geôle où les aristocrates français l'avaient fait jeter dans le Tyrol. La présence dans la révolution française du côté des "patriotes" de gens complètement paumés et folkloriques un peu partout - comédiens ratés, aristocrates déchus etc - dont la belge Théroigne de Méricourt, avec sa démence latente que la Terreur montagnarde ne fera qu'exacerber, est un exemple frappant. Le sexisme évidemment qui finit par reléguer les femmes au rang de furies terroristes à défaut de leur accorder des droits politiques (voir le cas de Claire Lacombe, il faudrait que je relise ce qu'Horkheimer écrivait sur elle), mais le FLN ne fit-il pas, mutatis mutandis, la même chose avec les combattantes algériennes dans les années 60 après avoir exploité leur ardeur belliqueuse ? (je dis bien mutatis mutandis car aujourd'hui l'assemblée nationale populaire algérienne accueille heureusement de nombreuses femmes).

 

Le récit de Roudinesco me fait relativiser le révisionnisme de Châteaubriand et Bernanos qui décrivent la noblesse française comme très ouverte au changement. Révisionnisme honnête dans le cas de ces deux personnages, surtout le premier, qui ont été sincèrement désireux de redorer le blason de la révolution dans leur milieu familial qui la détestait, et révisionnisme auquel j'ai failli croire en me fondant sur des cas isolés comme les grands parents de Georges Sand, mais, quand on voit les abjections dont les royalistes parisiens et les émigrés furent capables à l'encontre d'Anne-Josèphe Théroigne, on comprend que l'esprit de la noblesse, malgré le "potlatch" de la nuit du 4 août, n'était pas ce qu'il y avait de plus vertueux et de plus fiable pour construire une nouvelle France. En parlant de "potlatch" (car cette nuit du 4 août reste quand même un cas de délire collectif particulièrement mystérieux), voilà qui nous renvoie aussi à ce que j'ai dit plus haut des personnages "folkloriques", et qui fait penser à cette année 1789 où le vin coulait à flot qu'évoque Bernanos (et qu'il oppose à la grisaille du XIXe siècle). Il y avait dans le XVIIIe siècle français et européen, du côté des nobles (conservateurs ou progressistes)  comme de la bourgeosie, beaucoup de spontanéité irrationnelle des sentiments (ce qu'on retrouve aussi dans les mémoires de Casanova) et de folie qui nous rendent cette époque très exotique, et expliquent aussi une bonne part de ses audaces politiques, scientifiques et philosophiques, dont la nôtre, malgré ses crédos "constructivistes" (façon gender theory), technicistes (façon transhumanisme), et ses provocations à deux balles (façon Femen) est au fond bien incapable...

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Sortir L.Fabius de l'alignement atlantiste

14 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

faby.jpgEn Syrie, nous devons rester neutres, nous n'avons pas le choix. Entre Assad et Al Qaida il ne faut pas choisir. Mais quelle mouche pique alors M. Fabius de vouloir imposer au forceps (avec son homologue britannique), contre une Allemagne réticente, des livraisons d'armes à l'opposition ? Que veut-on ? L'éclatement de la Syrie entre régions alaouites et sunnites ?L'affaire ouvre en tout cas à l'ex-journaliste du Figaro Magazine Vernochet les portes de la radio iranienne.

 

Au Venezuela je trouve l'ambiance bizarre, entre la dévotion (la volonté d'embaumer Chavez, mais qui se manifeste trop tard paraît-il), la rumeur lancée par Maduro selon laquelle l'extrême droite floridienne veut flinguer l'opposant Capriles (cela rappelle celle sur le plan de Sarkozy pour tuer Chavez), et le attaques de Capriles justement contre la famille de Chavez. La politique n'a pas bon goût ni bonne odeur là-bas, je redoute un après-Chavez particulièrement délétère, d'autant que le pétrole va s'en mêler (Maduro a confirmé l'intention de réorienter le pétrole vénézuélien vers la Chine).

 

En Irak le régime de Maliki demande aux USA des Patriots, tout en signant des contrats pétroliers avec la Russie... Et en Afghanistan KarzaÏ insulte ses patrons américains.

 

Toutes ces sources d'instabilité devraient inciter la France à se dégager de son alignement sur les Etats-Unis pour construire une diplomatie originale... Au lieu de cela elle n'hésite pas à couvrir aujourd'hui la répression à Djibouti, comme elle l'a fait au Bahrein en 2011 poursuivant la logique de Realpolitik atlantiste qui nous aliène l'estime des puissances émergentes et de leur opinion publique. Comment faire sortir M. Fabius de cette ornière ?

  

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Francisco Primero

13 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

L'Amérique latine pleure encore Hugo Rafael Chavez Frias. Mais peut-être trouvera-t-elle un semblant de réconfort dans le spectacle des gestes simples de ce nouveau pape argentin qui choisit le nom du saint qui parle aux oiseaux et, au balcon de la place Saint Pierre, commence son pontificat par un humble Pater Noster, la plus sobre des prières, celle de la modestie. Je ne connais rien de ce pape. Mais ces premiers gestes me plaisent.

 

Bon, au fait, pour les moins de 25 ans qui tombent sur ce blog et n'ont aucune formation religieuse (et pour la traductrice de TF1 qui visiblement n'a jamais récité aucune des grandes prières catholiques, cf ci dessous), voici un cours de rattrapage en images, qui résume en 15 mn les Evangiles, signé Olaf Encke et Claudia Romero... (après on dira que je ne fais pas d'efforts pour éduquer la jeunesse...). Bon on n'est pas obligé d'aimer cette histoire de l'agnus dei dont Marie de Magdala est la véritable héroïne, bien-pensance féministe oblige (un des auteurs allemands du court-métrage s'en explique ici)... Moi personnellement dans le genre romanesque je préfère les évangiles apocryphes, chacun son truc...

 

   
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Emmaüs-Lescar vu par TF1

11 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

Samedi TF1 consacrait, à une heure de grande écoute, un reportage (voir ici) au village d'Emmaüs-Lescar que j'ai visité en décembre. Attention, en 8 ème minute vous aurez de la pub (TF1 oblige). Je vous rappelle les débats sur Emmaüs -Lescar que nous avons eus sur ce blog ici

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Henri Lefebvre et les périphéries

10 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités

Aucun lecteur de ce blog ne réagit jamais quand j'essaie de défendre une spécificité du "regard périphérique" et de décrire ce qu'il est en France. Voici ce qu'en disait le philosophe marxiste Henri Lefebvre chez Chancel  ici, aussi longtemps que l'INA qui fait des bénéfices avec des émissions payées par ls impôts de nos parents voudra bien le laisser sur le Net en accès libre). On peut aussi regarder ceci sur You Tube.

 

 

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Tic, tac, tic, tac...

9 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

J'oscille ce soir entre ma lecture de Marcela Iacub ("Par le trou de la serrure", un livre aux théories juridiques séduisantes mais que je soupçonne d'être fausses), celle de Bernanos ("La France contre les robots", un livre plein de charme), mon projet de me rendre en Corée du Nord (la seule chose valable à faire au point mort où se trouve mon oeuvre littéraire, en plus mon éditeur habituel est toujours partant pour me laisser publier un livre sur ce pays chez lui, et je crois que ce serait utile pour mes lecteurs).

 

kim-jong-il

Un ami m'envoie la prose d'un banquier libéral (un certain Philippe Villin) qui supplie la France de sortir de l'euro pour relancer ses exportation, prédit à défaut une dérive à l'italienne ou à l'espagnole, et la désignation apocalyptique d'un Pascal Lamy en remplacement d'Ayrault pour jouer les Monti-bis, bref, après cela on tremble pour l'avenir de l'Europe occidentale dans les deux ans qui viennent : l'avion est pris dans la tempête.

 

A part ça je mâchouille aussi mon ressentiment de voir mon village natal de plus en plus indifférent à sa propre histoire (impossible de trouver dans sa bibliothèque le moindre ouvrage sur son histoire). Tous ses habitants viennent d'ailleurs (car on ne choisit plus sa résidence qu'en fonction du prix du mètre carré, pas de ses attaches originelles) et se moquent de la profondeur historique du passé. Je n'avais pas anticipé cette évolution. Les maisons sont les mêmes, plus les gens 026- 1992 (29.8.92-24.11.92) 204qui les occupent. C'est comme être entouré soudain de gens qui ne parlent plus votre langue.

 

Ca me renforce dans l'idée d'aller me promener en République démocratique populaire de Corée avant la tempête nucléaire (mais non, elle n'aura pas lieu, j'en suis presque sûr), à moins que j'aille plutôt rendre visite à ce cultivateur du pays de Caux membre du NPA qui proclame sur Facebook son amour de Pasolini. J'ai besoin de me retrouver dans un temps qui avance au ralenti. "Vos filles et vos fils peuvent crever : le grand problème à résoudre sera toujours de transporter vos viandes à la vitesse de l'éclair. Que fuyez-vous donc imbéciles ? Hélas c'est vous que vous fuyez, vous-mêmes - chacun de vous se fuit soi-même, somme s'il espérait courir assez vite pour sortir enfin de sa gaine de peau... On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. Hélas ! la liberté n'est pourtant qu'en vous imbéciles !" (La France contre les robots, p. 82) Aujourd'hui, on ne cherche même plus à transporter "sa viande" juste "sa tête", dans un zapping mental et internautique aussi absurde que l'obsession du déplacement physique qui caractérisait le XXe siècle.

 

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ps : au fait sur les femmes en Béarn, un billet auquel je n'adhère qu'à moitié, mais dont je reparlerai à l'occasion, ici

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Touched by the hand of God

7 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le camarade Chavez reviendra-t-il à la fin des temps avec le Christ et le Mahdi pour juger les vivants et les morts comme l'a annoncé hier le président de la République islamique d'Iran Mahmoud Ahmadinejad ?(*)

 

partic.jpgLes amateurs d'Apocalypses peuvent en anticiper une prochaine de l'autre côté du globe en tout cas. Le site pro-nord-coréen en France chargé de propager la pensée du Juche http://juchefrance.org/ n'existe plus, malgré nos méritoires efforts en 2010 pour le faire connaître, mais il nous reste la presse nord-coréenne pour nous faire accéder directement à la pensée des dirigeants de ce pays.

 

Voyez cette dépêche, c'est beau comme la Chevauchée de Walkyries :

 

"Un rassemblement de l'armée populaire de Pyongyang  a eu lieu sur la place Kim Il Sung jeudi pour soutenir la déclaration d'un porte-parole du commandement suprême de l'Armée populaire coréenne (APC) [celle qui annonçait des frappes préventives nucléaires de la Corée du Nord sur les Etats-Unis].
     Etaient présents Kim Yong Nam, Choe Yong Rim et d'autres officiels majeurs du Parti et de l'Etat des responsables du parti, les forces armées et les organes du pouvoir, des organisations de travailleurs, des ministères, des institutions nationales et scientifiques, éducatives, littéraires et artistiques, de la santé publique et des médias , les personnes des services de l'APC et des forces du peuple coréen de sécurité intérieure et les fonctionnaires et les travailleurs des institutions, des établissements industriels et des fermes à tous les niveaux, des enseignants et des étudiants des universités et des collèges, ici, plus de 100 000 en tout.
     Présents là sur invitation se trouvaient aussi des délégations des Coréens d'outre-mer, des compatriotes, le chef de la mission à Pyongyang du front anti-impérialiste démocratique national, les agents diplomatiques et les membres des  corps des attachés militaires ici et d'autres invités étrangers.
     La déclaration a été lue et suivie par des discours.
     Les orateurs ont déclaré que la déclaration traduit la volonté de tous les militaires et des personnes civiles de remporter une victoire certaine au plus tôt dans la bataille finale décisive vo,tre les brigands américains
impérialistes qui travaillent dur pour usurper la dignité et la souveraineté de la RPDC (République démoratique populaire de Corée).
     Ils ont prévenu que les impérialistes américains et les fauteurs de guerre sud-coréens doivent bien comprendre qui est leur rival et quel sort misérable les attend, et être pleinement conscients du fait qu'ils n'ont pas le monopole du droit à une attaque nucléaire préventive.
     Si les États-Unis et leurs marionnettes de guerre  apportent les sombres nuages ​​de la guerre nucléaire et le font planer sur cette terre, l'armée et le peuple de la RPDC ne manqueront jamais l'occasion de balayer les agresseurs de la terre et de glorifier cette année qui marque le 60e anniversaire de la victoire dans la Guerre libération de la patrie comme une année historique de la réunification du pays, ont-ils souligné."  7 mars 2013

 

(*) il a été la star des funérailles d''Hugo Chavez deux jours plus tard voir ici

 

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"Esa ola ya no parará más"

6 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Franchement je n'ai presque pas écouté les commentaires des médias sur la mort de Chavez. Il suffisait de laisser traîner l'oreille pour entendre les crétins de journalistes parler de l' "autocrate", du "démagogue" de l' "ami d'Ahmadinejad" etc. Je n'ai pas relevé. Je sais qui sont ces gens, quelle est cette caste. Je savais qu'ils diraient cela. Et ça n'a aucune importance. C'est faire un trop gros cadeau à ces imbéciles que d'écouter leurs mots.

 

concentrAu milieu de tout cela, il y avait la voix de Mélenchon. La faiblesse et les maladresses de Mélenchon. Il a critiqué ceux qui n'ont aucune décence devant la mort d'Hugo Chavez. Sa faiblesse ? Parce qu'il a dit qu'il ressentait aujourd'hui, Mélenchon, la "haine des puissants", une haine qu'il partageait avec Chavez. C'est faible, c'est maladroit, parce que c'est exactement ce que ses adversaires attendent : qu'il s'enferme dans le rôle de l'homme fiéleux, de l'homme du ressentiment comme dirait Nietzsche.

 

f_te_de_l__huma_2006_008.jpgMais j'ai de l'affection pour cette faiblesse à cet instant précis, justement parce qu'elle n'est pas stratégique, pas "marketing", pas dictée par un "spin doctor". C'est le faux-pas de celui qui a un système planétaire contre lui et qui pleure la mort d'un camarade de combat. Quand le camarade meurt on ne doit pas commettre d'erreur, car c'est un grand moment de vulnérabilité collective. Et pourtant il faut qu'il y ait l'erreur à ce moment-là, le mot inopportun, l'aveu de faiblesse, sinon cela signifie que l'on est inhumain, que l'on suit le programme d'une machine.

 

Le Parti Communiste de russie sous-entend que Chavez a été assassiné. "Oh les vilains complotistes" dira-t-on. Moi je ne sais pas si Milosevic, Arafat, Chavez, ont été assassinés. Mais peu importe. On sait que les individus ne peuvent pas grand chose contre les systèmes. Milosevic n'était pas anti-système (et je n'avais guère de sympathie pour lui), Arafat l'était un peu plus (et je l'appréciais plus), Chavez totalement. Mieux vaut pour un pays avoir un Fidel Castro pendant 50 ans qu'un Chavez pendant 14, mais 14, de toute façon, c'est déjà beaucoup. Ce qu'il faut c'est qu'il y ait une jeune garde qui sache reprendre le fambeau. Existe-t-elle à Caracas ? Je ne sais pas.

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Mais oui, c'est cela qui compte le plus : que la société reste en ébullition malgré le décès du premier dirigeant révolutionnaire, qu'elle continue à produire des génies.

 

Je parcourais encore récemment un livre de ce vieux réac de Bernanos devenu complètement anarchiste sur le tard, qui voulait réconcilier la Révolution et sa monarchie à lui. Il considère la Révolution de 1789 qu'il appelle le "Grand mouvement" (une expression qu'utilisaient ses contemporains parait-il) comme un débordement d'optimisme, le point le plus avancé de l'esprit de générosité de la France, unissant peuple et aristocratie (dans la nuit du 4 août et la Fête de la Fédération) aux antipodes de l'esprit de haine et de revanche, quelque chose que seul le pays dont toute l'Europe reconnaissait à l'époque la supériorité culturelle à l'époque pouvait réussir, et qui n'eût pas son pareil par la suite.

 

Je ne sais pas si la Révolution française fut cela, mais il est clair que c'est de cela que toute révolution doit s'approcher : un mouvement perpétuel, ouvert, toujours prêt à aller de l'avant, et qui charrie chaque année de nouveaux génies et de nouveaux soldats de l'an II. Je souhaite à la révolution vénézuélienne post-Chavez d'être comme cela aussi.

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Hugo Rafael Chavez Frias est mort

6 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

affiche-chavez.JPGLe président de la République bolivarienne du Venezuela est décédé. Comme vous le savez ce blog a toujours été favorable au processus révolutionnaire qu'il a courageusement organisé depuis 1999 et approfondi après la tentative de coup d'Etat dont il avait été victime. Il l'a dirigé pendant 14 ans avec un fort soutien populaire et au bénéfice des plus pauvres (ainsi qu'au bénéfice d'un rééquilibrage salutaire des relations internationales au niveau planétaire). Souhaitons que ce processus puisse survivre longtemps à celui qui sut généreusement le porter et l'incarner.

 

chavez et drapeau républicain

 

Ci dessus Chavez et le drapeau républicain espagnol.

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Le singe de Cléopâtre

2 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Antiquité - Auteurs et personnalités

En 1991, Bourdieu au collège de France avait illustré la théorie de l'habitus clivé par une anecdote qu'il avait, disait-il, trouvée chez je ne sais plus quel auteur anglais, d'un singe qui se tenait très bien à table comme un parfait gentleman, fumait le cigare et jouait aux cartes, mais sursautait à chaque fois qu'il entandait casser une noir derrière lui, trahissant ainsi sa nature profonde.

Le pauvre plouc abruti que j'étais (et que je suis resté) ne pouvait qu'être touché par cette anecdote, et, dans l'amphithéâtre, se sentir lui-même un peu singe.

Bonobo.jpgEt puis voilà qu'aujourd'hui je tombe sur un opuscule de Lucien de Samosate, un auteur contemporain de Marc-Aurèle. Et de quoi parle-t-il ? Du singe de Cléopâtre, qui avait appris à danser et faire parfaitement la comédie, mais qui s'arrêtait net au milieu de son spectacle quand il voyait des figues au sol, retrouvant ainsi sa nature première.

Notez d'ailleurs que Lucien de Somosate était une illustration de l'habitus clivé, lui qui était né dans une famille de petits commerçants syriens dépourvue d'une fortune suffisante (et du rang) pour lui permettre la carrière d'écrivain et de haut fonctionnaire qui allait être la sienne (il s'en explique très bien dans ses textes).

Plusieurs possibilités : la mémoire de Bourdieu (qui improvisait souvent au Collège de France) avait peut-être été défaillante (les grands maîtres du structuralisme et du poststructuralisme étaient loins d'être infaillibles). Ou alors un auteur anglais a réellement réinventé l'histoire du singe sans indiquer qu'il plagiait Lucien de Samosate. Ce ne serait pas étonnant, quand on sait combien d'auteurs cardinaux de notre culture (Cervantès, Racine et tant d'autres) ont allègrement pillé l'esprit et la lettre des romans gréco-latins de l'époque hellénistique et impériale.

N'empêche que pour ma part je préfère l'original à la copie. Cette légende est touchante, comme cette autre qye rapporte Plutarque d'un homme qui chérissait tant son singe que César, le croisant sur son chemin, lui demanda si dans son pays il n'y avait point d'enfants pour devoir accorder ainsi leur affection aux bêtes. Cette anecdote là, montre que, contrairement à ce qu'affirment nos incultes sociologues, l'affection dans le cadre familial n'est pas une "invention" de la modernité bourgeoise. Et puis elle relie Cléopâtre et César autour d'histoires de primates. Les versions originales valent mieux que les remakes britanniques.

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Apology for the preceding epistle (p. 367)

"The same thing happened to you as to the celebrated Cleopetra's monkey. She had the creature taught to dance, they tell us, and the monkey really attained to such proficiency, that it danced the hymenaeus very featously according to rule and with much propriety and observance of the character it represented. But no sooner the anial descry a few figs or almonds (which a facetious spectator had thrown unperceived upon the stage) but in a twinkling the mask was torn off, and the monkey his innate voracity fell to munching, and farewel to the flutes, the songs and the dances !

http://fr.calameo.com/read/000107044c6c553abb3ae

 

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Bons points / mauvais points

1 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Pour finir la journée en s'amusant, distribution des bons et des mauvais points

 

Mauvais points à

- La Cinq pour son documentaire ultra-kitsch (on en fait tant sur les intellectuels !) aujourd'hui à propos d'un personnage qui n'aura finalement été qu'une gérante de chapelle autoritaire pas ouverte à la contradiction ni aux idées nouvelles qui ont succédé à sa jeunesse, Elisabeth Roudinesco.

- La Newsring de Taddei (hé oui, ça existe encore) qui donne la parole à un publiciste africain qui dit à peu près n'importe quoi sur Gbagbo avec des mots très mal choisis, le qualifiant de "totalitaire" et son Etat de "criminalisé" (il a oublié son dictionnaire en cours de route)

- Les médias qui ne parlent pas du triste référendum d'Alsace du 7 avril prochain (ni non plus de la réforme des collectivités locales).

 

P1010148.JPG

Des bons points à

- Fakir (ça aussi ça existe encore) pour son article sur la défaite électorale de Monti en Italie.

- Bastamag pour son reportage sur le combat des ouvriers agricoles de Somonte en Andalousie

- François Asensi, député-maire de Tremblay, dont j'ai désapprouvé bien des méthodes et bien des actions naguère, mais qui a eu le mérite hier à l'assemblée nationale de mettre en garde contre le placement de l'opération française au Mali sous tutelle de l'OTAN.

- aux ouvriers de PSA (beaucoup habitent dans la circonscription d'Asensi) qui subissent une pression patronale très dure (cf Libé du 26.2)

 

latinoamer.jpg

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ANI, Loi d'amnistie sociale : un moment important du quinquennat

1 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

hollandeVous avez vu sans doute la menace de Laurence Parisot de conseiller aux investisseurs étrangers de boycotter la France si l'accord national interprofessionnel (ANI) signé par le Medef et des syndicats minoritaires en janvier est modifié par le Parlement.  Une fois de plus le parti de l'argent en appelle aux puissances extérieures. Scénario classique quand le peuple se fait un peu trop entendre. Comme le dit le socialiste Filoche : "Le gouvernement s’illusionne sur la possibilité d’obtenir l’appui du Medef pour « inverser la courbe du chômage en 2013 » et relancer « la croissance »."  Ses deux grandes offres, les « 20 milliards de crédit d’impôt » et la « transcription fidèle et loyale » de l’ANI ne servent à rien.

 

Mélenchon en ce moment dénonce les traîtres dans le processus d'adoption de la loi d'amnistie sociale : la sénatrice socialiste Virginie Klès, Olivier Dartigolles (un communiste béarnais que je n'apprécie guère), des radicaux de gauche. Cela non plus n'est pas de bon augure.

 

Sur l'ANI il faut quand même saluer la campagne d'Emmanuel Maurel, de Marie-Noëlle Lienemann et de mon ex camarade de promo Jérôme Guedj pour remettre sur le métier l'ouvrage... Il faudrait un mouvement social pour soutenir cette aile gauche. Mais où est-il ? En ce qui me concerne je viens de signer la pétition contre l'ANI ici.

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François Hollande et la Syrie

1 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

François Hollande est en Russie. Poutine réitère son offre de l'aider au Mali, en échange Hollande se montre plus compréhensif sur la perspective d'une issue politique (c'est-à-dire d'un compromis avec Assad) en Syrie.

 

Du coup, ça rue dans les brancard dans une partie de l'Armée syrienne libre. Voyez cette vidéo très instructive :

 

 

Il est probable que la France soit dans le double-langage en Syrie car au même moment on apprend que l'Union européenne assouplit le cadre légal qui empêche les livraisons d'armes à l'opposition armée et le secrétaire d'Etat Kerry annonce qu'il va doubler l'aide non militaire à l'opposition, et le lobby favorable à l'armement de l'opposition, comme le sénateur de Floride Marco Rubio devant un think tank pro-israélien, et le député démocrate Eliot Engel sur ABC, s'agite pour faire avancer cette cause. Le lobby néo-cons ne limite d'ailleurs pas son agressivité à la Syrie, puisque le président de la commission des affaires étrangères démocrate au Sénat Robert Menendez (D-NJ) et le sénateur républicain Lindsey Graham veulent faire passer une résolution indiquant que si Israël attaque l'Iran à titre d'autodéfense, les Etats-Unis se joindront à leur opération militaire...

 

Dans l'affaire syrienne on voit bien que l'Occident est piégé. Ou il soutient la rébellion et il approfondit la logique de confrontation avec l'axe chiite (Iran-Irak-Syrie), en menaçant au passage les puissances continentales qui soutiennent ce dernier (Chine-Russie), ou il ne le fait pas, et, sur le terrain, comme on le voit bien dans cette vidéo et dans le livre de Picchinin, ils favorisent la radicalisation dans un sens islamiste de l'insurrection (déjà en 2012 Al-Nosra malgré ses soutiens wahabbites passait pour plus honnête que l'ASL parce que moins empêtrée dans ses négociations avec l'Ouest). 

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Sociologie des ex-maos : Jean-Marc Rouillan au Havre

1 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

On parlait à l'occasion du décès d'Oscar Niemeyer en décembre du Volcan au Havre. Il semble toujours tenu par la CGT si l'on en croit le journal local, qui, hier, interviewait Jean-Marc Rouillan, ancien responsable d'Action Directe, qui s'y exprimera le 5 mars prochain. Cette visite suscite l'indignation du sous-préfet et du député-maire UMP, alors que selon l'intéressé celui-ci a pu parler librement au centre culturel contemporain de Barcelone et dans divers théâtres français sans susciter de polémique. Il interviendra en marge de la représentation de la pièce de théâtre d'Angela Dematté "J'avais un beau ballon rouge" sur la vie de Mara Cagol, épouse du fondateur et idéologue des Brigades Rouges en Italie (pour info Romane Bohringer et son père Richard Bohringer jouent dans la pièce qui a reçu de nombreux prix, cela fait un peu penser au film "Bonjour la nuit", avec Maia Sansa).

 

mao.jpgA propos de Rouillan, un ex-mao de sa génération resté proche du NPA écrit sur sa page Facebook : "Il évolue finalement comme pas mal d'anciens maos ( je ne parle pas de ceux qui font maintenant allégeance aux propriétaires du Monde) même s'il était de culture plus libertaire à l'origine. Jean Marc et ses copains faisaient des braquages pour imprimer des textes et les diffuser dans l’Espagne franquiste . Outre les classiques situationnistes comme le pamphlet de la misère, en milieu étudiant, il y avait des textes conseillistes et luxembourgistes, ainsi que le droit à la paresse de Lafargue, le gendre de Marx. Action Directe fut crée à partir d'un noyau libertaire et d'anciens de la gauche prolétarienne ayant refusés l’auto dissolution du groupe par Benny Levy, le secrétaire de Sartre et Gesmar. Je connaissais Toulouse vers les années 1976 77, et les copains objecteurs là bas me parlaient du flop de Benny Levy pour expliquer sur le terrain aux militants les raisons du sabordage de la GP. Ces militants rejoindront les GARY crées après l'assassinat de Salvator Puig Antich. La plupart des personnes qui rejoindront Rouillan étaient des filles ou fils de résistants et plus particulièrement liés à la FTP MOI. Je tiens aussi à préciser que nous vivions le début du chômage de masse et la fin des années utopiques liées à 68. Les copains qui, comme moi ; n'avaient pas de diplôme et qui refusaient l'horizon de l'enfermement dans l'usine réagissaient d'une manière plus viscérale . Ce sont les paysans du Larzac qui m'ont sauvé de ce qui fut finalement une impasse. Cela est une autre histoire . Toutefois Rouillan et ses potes restent des Camrades avec un grand C"


republica-espanola

Cela me rappelle qu'un de mes oncles, fils de républicain espagnol, était lié aux maoïstes dans les années 1970, notamment au FRAP, vu que le PCE les avait laissés tomber.

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"Le confort intellectuel" de Marcel Aymé

27 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités

On trouvera cela surprenant de la part d'un admirateur de George Sand comme moi (du moins de l'autobiographie de George Sand à défaut d'aimer ses romans), mais je n'ai pas peur de rechercher la vérité à travers lalecture d'auteurs opposés et incompatibles entre eux.

Je lis donc ce soir "Le confort intellectuel" de Marcel Aymé. Il y a une thèse très forte dans son ouvrage : le romantisme du XIXème siècle (jusque dans ses déclinaisons dans Baudelaire) et le culte de la poésie ont perverti la bourgeoisie au point non seulement de nourrir en elle une sympathie pour les idéologies qui veulent sa destruction comme le communisme, mais encore de lui faire perdre le sens du réel.P1000086-copie-1.JPG

Vous savez que dans "Eloge de la liberté" je me confronte à la question du romantisme et de ses formes les plus populaires présentes dans la culture de masse des années 1980, sur le rôle qu'il a joué dans mon engagement en Yougoslavie.

Je ne suis pas du tout du genre à rechercher le statu quo, et j'ai souvent salué notamment ce que le romantismefidel-castro.jpg révolutionnaire (mâtiné il est vrai de beaucoup de réalisme bureaucratique) a pu apporter à un petit pays comme Cuba en terme de dignité humaine et de progrès social.

chomskynotebook.pngMais en bon chomskyen adepte du cartésianisme (et contributeur du Cahier de l'Herne sur Chomsky, je me dois de le rappeler ici pour que mes nouveaux lecteurs aient une vision un peu complète de mes travaux), je me défie aussi de toutes les facilités intellectuelles, et de tous les "fashionable nonsenses" qui font stagner l'humanité dans des rêveries stériles. Je ne sais pas trop si aujourd'hui le romantisme travaille encore notre monde, si, par exemple, on le trouve dans l'islamisme ou dans le chavisme (je suppose que oui). Mais nul n'ignore qu'il apporta à l'humanité du bien (la révolution de 1848), comme du mal (le nationalisme allemand).

Une des forces du livre de Marcel Aymé est de montrer le romantisme (et le goût de la poésie) à l'oeuvre dans l'évolution concrète d'une famille bourgeoise de province. Une autre est de rappeler que cette révolution littéraire aurait pu être tuée dans l'oeuf, comme celle des "Précieuses" et du "roman fleuve" au XVIIe siècle. Marcel Aymé ne fut pas le premier ni le dernier à instruire le procès de cette tendance de l'histoire occidentale. Il y apporte en tout cas une pièce très importante.

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