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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

L'anarchisme catholique de Custine

12 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Mes deux livres de chevet : Devereux ("Femme et Mythe" de 1982) et Custine ("L'Espagne sous Ferdinand VII" 1838). Vous avouerez que je reste dans l'inactuel quand même. Je ne sais pas trop pourquoi je lis l'un et l'autre et c'est pourquoi je suis assez content de les lire.

 

Je n'ai pas de bonne raison de lire Devereux, puisque je ne crois plus en la psychanalyse et que ses spéculations sur l'Oedipe (ou la Penisneid) et les mythes grecs me semblent ne reposer que sur du vent. Mais le culte des déesses, le matriarcat (vers lequel l'extrême gauche actuelle glisse, et peu ou prou avec elle le reste de la société, sur le plan des fantasmes, bien que le capitalisme continue lui d'opprimer les femmes) m'intrigue. Je ne désespère pas, à force de retourner ses pages dans tous les sens, de trouver en moi-même quelque intuition fulgurante là dessus, allez savoir.

 

Custine c'est pareil. N'étant ni marquis, ni homosexuel, ni réactionnaire, je n'ai pas de raison de lire son voyage en Espagne. Et cependant je le fais, je picore des pages au hasard. Il me surpend toujours. Peut-être d'Ormesson a-t-il raison de dire que la Russie le rendit libéral (je ne sais pas, n'ayant pas lu cette partie de son oeuvre, mais il est possible que d'Ormesson se trompe, car du seul fait qu'on hait la tyrannie - ce qui était déjà le cas de Custine quand il se rendit à Madrid - on n'est pas libéral pour autant). Mais en Espagne il était indubitablement anarchiste, cléricalo-anarchiste (ce pourquoi il déteste l'Inquisition, dérive tyrannique de l'Eglise). J'ignorais que cela fût possible, et l'apprendre élargit ma culture politique. Mais après tout cela rejoint le propos récent d'un universitaire que j'ai mentionné sur ce blog ici, et cela fait aussi penser à Pasolini.

 

Jugez en par vous-mêmes :

 

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A part cela Mélenchon est aujourd'hui chez la plus grande politicienne de sexe féminin vivante (et qui est elle aussi très catholique comme Custine). Il a de la chance. Une photo qui le  prouve :

 

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Zaza à Platine 45

11 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Bon, si on regardait la TV de 1984 ensemble ? Moi j'adorais Frankie goes to Hollywood, Paul Young, enfin bref un peu tout ce qui passait dans ce truc là. Et I-sa-belle Ad-ja-ni (sauf sa chanson), of course !

 

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Malala Yousafzai

10 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Le monde est étrange. Sur la page Facebook du contributeur de l'Atlas alternatif Vijay Prashad je trouve cette photo. Il paraît que c'est une photo de Malala Yousafzai, 14 ans, dans une école de marxisme du district de Swat au nord du Pakistan.

 

J'avais beau savoir qu'il y avait des marxistes au Pakistan (j'en ai trouvé un pour écrire l'article de l'Atlas alternatif sur le Pakistan), je n'aurais pas imaginé une structure communiste dans cette région en proie aux attaques des Talibans, mais en fait le nom "national marxist school" fait plutôt penser à une université d'été qui se serait tenue occasionnellement là (mais pourquoi dans cette zone si exposée aux agressions ?).

 

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Cette fille s'était rendue célèbre en devenant à 13 ans blogueuse pour la BBC. Hier un type s'est approché de son bus à la sortie de son école et à tiré sur cette fille et deux de ses amies. Elle a pris une balle dans le cou, et une dans la tête. Elle est dans un état critique dans un hôpital de Peshawar. L'acte a été revendiqué par les talibans. Elle a reçu la visite d'un général pakistanais (le gouvernement pakistanais lui a déjà donné de nombreuses récompenses).

 

Le 3 janvier 2009 elle écrivait :

"I had a terrible dream yesterday with military helicopters and the Taleban. I have had such dreams since the launch of the military operation in Swat. My mother made me breakfast and I went off to school. I was afraid going to school because the Taleban had issued an edict banning all girls from attending schools.

Only 11 students attended the class out of 27. The number decreased because of Taleban's edict. My three friends have shifted to Peshawar, Lahore and Rawalpindi with their families after this edict.

On my way from school to home I heard a man saying 'I will kill you'. I hastened my pace and after a while I looked back if the man was still coming behind me. But to my utter relief he was talking on his mobile and must have been threatening someone else over the phone."

 

C'était quand les Talibans avaient pris possession de sa vallée. Puis le district avait été repris par les forces gouvernementales. Les Talibans ont dit qu'ils la prendraient à nouveau pour cible si elle survivait.

 

Cela discute dans tous les sens sur les forums pakistanais pour savoir si ce drame est seulement dû aux talibans ou si la médiatisation de l'activiste ne l'a pas aussi mise dans la ligne de mire (mais que vaut un combat politique non médiatisé ?). Des anti-impérialistes (cf ici) se demandent si elle n'était pas devenue un pion dans le jeu américain, d'autant qu'elle aurait dit à la TV pakistanaise qu'Obama était son idéal.

 

Toute la dimension poisseuse du monde actuel se trouve dans cette tragédie : les bonnes intentions occidentales, le combat pour les droits des femmes ,en symbiose objective avec le système médiatique et de plus en plus happé par lui, le fascisme intégriste lui-même entraîné dans la "politique spectacle" sur le versant du crime.

 

Ce funeste cocktail fait des morts tous les jours. La communiste iranienne Maryam Namazie (membre du Parti communiste-ouvrier d'Iran, mais ça n'a rien à voir avec le Toudeh ex-pro soviétique) à Londres déshabille douze femmes pour un calendrier qui se veut "révolutionnaire", parmi lesquelles une majorité d'inconnues dont le seul mérite est d'être nues. Dans le nombre, une Femen ukrainienne. Elles se sont installées à Paris en août, invitées par une conseillère régionale écolo électrice de Mélenchon d'origine maghrébine, qui a faussé compagnie à Fadela Amara dans Ni Pute ni soumise puis a réintégré le mouvement récemment. Leurs militantes préparent des actions chocs dans nos banlieues. On dit que les Femen sont payées pour se désaper (comme on dit aussi que le Front de Gauche serait compromis dans l'implication de Haouaria Hadj-Chikh maire adjointe à la mairie des 13e et 14e arrondissements de Marseille comme intermédiaire de l'ANELD dans la réception du fonds d'investissement qatarien, mais là pour le coup, c'est pousser le bouchon de la rumeur un peu loin !). En tout cas tous les combats sociétaux, pour un féminisme à l'occidentale, pour un féminisme anti-impérialiste etc se jouent autour de la mouvance communiste et d'extrême gauche. C'est en soi quelque chose de très instructif. Je n'aimerais pas être un élu du Front de Gauche et devoir arbitrer, dans ma mairie, entre les différentes orientations "sociétales" de l'extrême gauche, les tendances pro-Ni Putes ni Soumises et anti, tous ces groupuscules en effervescence. Cela doit être épuisant.

 

En attendant les Talibans existent toujours. Et les activistes des droits des femmes (comme d'ailleurs les syndicalistes pour les droits des salariés, mais ça, nos médias l'oublient juste un peu) continuent de se faire tirer dessus dans certaines zones "à risque".

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Custine et la réaction espagnole

9 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XIXe siècle - Auteurs et personnalités

Vous savez, amis lecteurs, il n'est pas impossible que le nietzschéisme ait eu une "mauvaise influence" sur moi. Même si je le portais de gauche, "deleuzien" ou "derridien", peut-être nous prédisposait-il, insidieusement, à "tolérer" au moins la pensée réactionnaire mieux que si nous avions été seulement spinozistes ou marxistes. Parce quand on lisait Nietzsche, on lisait ensuite Cioran (combien de mes amis, même bons électeurs de François Mitterrand, lisaient Cioran !), et là, on se trouvait embrigadés dans des interrogations peu compatibles avec l'esprit républicain. Par exemple c'est Cioran (malgré toutes ses lourdeurs qui m'exaspéraient) qui m'a sensibilisé à des interrogations sur les mysticismes espagnol et russe, portés ensemble, pensés ensemble. Interrogations peut-être inutiles, mais cependant incontournables.

 

Encore récemment j'y songeais : l'Espagne noire, ce symbole par excellence de la réaction et du gâchis socioéconomique que vomissaient Voltaire et tant d'autres. Je n'ai cessé de me demander pendant des lustres comment avant 1900 il avait bien pu y avoir des Espagnols en Europe (et je vous jure que je ne me pose pas cette question parce que je suis moi-même à moitié aragonais, ma famille n'étant guère de cette Espagne obscurantiste, mais peut-être plutôt parce que la foi dans le progrès que l'école laïque inculqua empêche viscéralement de pouvoir percevoir autrement que comme un scandale l'existence d'un pays comme celui-là).

 

Mes-Photos0012.jpgBernard Lewis l'an dernier (j'ai oublié le titre de son livre) m'a donné une clé pour comprendre l'acharnement réactionnaire des Espagnols et des Russes : leur ardent combat, presque désespéré, contre l'Islam - ce furent les seuls territoires où l'Islam fut repoussé.

 

Cela bien sûr ne suffit pas. Il y a peu, je suis tombé sur une chronique de d'Ormesson en faveur du marquis de Custine injustement banni par notre culture officielle (or tous les bannis m'intéresse). Las d'Ormesson se trompait de livre à commenter. Il citait le voyage en Russie dont ledit marquis serait revenu libéral (en 1824) alors qu'il y était parti en réactionnaire. J'ignore si d'Ormesso dit vrai, mais ce qui est sûr, c'est que sept ans, m'entendez-vous, sept ans après ce périple chargé de désillusions Custine était à nouveau réactionnaire, et c'est en réactionnaire qu'il visite l'Espagne.

 

Et cela me plaît (c'est le récit de voyage que je lis en ce moment). Non pas parce que je serais moi-même réactionnaire comme l'écrivait un lecteur au bas de mon billet sur d'Ormesson (d'ailleurs le mot n'a pas grand sens, et vous savez par ailleurs combien je suis progressiste, sur les moeurs notamment, voyez mon livre sur le stoïcisme - c'est ce qui me sépare de beaucoup d' "anti-impérialistes"), mais parce que Custine fait le voyage en Castille pour la même raison que j'ai fait celui de Transnistrie ou celui d'Abkhazie : pour voir un pays que les idées à la mode, celles qui sont soi-disant universelles, laissent de marbre. Tout le monde en France en 1831 (au lendemain des Trois Glorieuses) s'entredéchire autour des idées des Lumières et de leurs prolongements (le saint-simonisme par exemple), en Espagne cela n'intéresse personne : on se contente de vivre dans un musée vivant du catholicisme traditionnel. Comment est-ce possible ? qu'est-ce que cela donne dans la vie concrète des gens ?

 

La fuite espagnole de Custine aurait peut-être aujourd'hui un équiivalent dans un voyage quun communiste effectuerait en Corée du Nord.

 

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Custine a les idées mal placées (c'est pourquoi son intolérante postérité l'a délibérément ignoré), mais il a souvent le regard juste. Il interroge tous les dogmes de son temps avec du matériau concret. Dans les villages il observe la noblesse du port des gens, l'élégance des habits opposée à la pauvreté de vêtements, l'arrogance des mendiants et des moines qui paraissent être, dit-il, les véritables pouvoirs dans ce pays. Sur le plateau de la Manche, il observe que la densité humaine est faible mais que les gens sont plus heureux que là où ils se bousculent. Une pierre dans le jardin de progressistes qui, depuis les physiocrates français et le libéraux anglais pensent que bien-être rîme avec richesse, et richesse avec fécondité et prolifération (au passage remarquons, même si c'est anecdotique, que tous ceux qui aujourd'hui tentent de culpabiliser les femmes qui aiment trop la maternité - voyez par exemple le dernier numéro de Books, applaudiraient sans doute des deux mains).

 

Custine était revenu déçu et effrayé de Moscou, il ne l'est pas en Espagne dont il célèbre les vertus à chaque page, et qui devient à ses yeux une sorte de pays du "christianisme réel" comme l'URSS le fut du socialisme réel aux yeux des communistes du XXe siècle. D'Ormesson aveuglé par son propre libéralisme et son besoin, au fond ,de penser comme tout le monde (sur un mode juste un peu plus suranné) préférait lire le mauvais livre, celui qui abjurait, in fine la réaction, au lieu du suivant, qui la glorifiait. Or c'est dans cette glorification que Custine est le plus étrange, le plus inattendu, le plus paradoxal. L'image qu'il donne du peuple le plus radicalement rebelle à ce qu'en son temps on présente comme un progrès poitique et économique obligatoire mérite assurément qu'on s'y attarde, et qu'on s'intéresse notamment à l'obstination inflexible dont fait preuve Custine à ne pas se laisser aller à penser ni voir comme les autres. C'était d'un très grand mérite à l'époque, et cela le reste bien sûr.

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"La crêperie des Lys" un haut lieu de gastronomie et de culture

6 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

creperie-lys-image.jpgUn endroit à ne pas manquer à Pau : La crêperie des Lys, 57 bd d'Alsace-Lorraine. Si vous voulez déguster par exemple une crêpe au foie gras sur pommes cuites, ou au canard au piment d'Espelette, n'hésitez pas à aller y faire un tour. Vous y trouverez qui plus est des livres pleins de charme... notamment le roman "La Révolution des Montagnes" !
 
 
 
 
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Bernadette Chirac

3 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

"Bernadette Chirac" ce titre est aussi incongru en tête d'un de mes billets que "Jacques Derrida" dans le répertoire de Scritti Politi. Mais c'est peut-être l'époque qui veut ça. L'âge venant je suis enclin à avoir la plus grande indulgence, voire la plus grande mansuétude à l'égard de la vieille aristocratie française. Alors après Jean d'Ormesson, rendons hommage à l'ancienne première dame. Elle a représenté tout ce que je détestais en France. Et voilà que ce soir, en l'entendant parler à la TV, quelque chose en elle me surprend, m'intrigue, m'accroche. La sobriété du verbe, le stoïcisme, la force de la volonté. Elle parle de sa première année à Sciences Po (qu'on appelait à son époque et à la mienne "année préparatoire"), de ces tables en carré en conférence de méthode, de son futur mari qui agitait les jambes face à elle et dont elle se disait qu'il devait boire trop de café, du moment où elle s'est portée volontaire pour les exposés en histoire et en droit constitutionnel (en 1988 nous avions encore les mêmes matières). En arrière plan il y a une photo d'elle en noir et blanc à 18 ans. Je me demande si dans mon souvenir il y avait des "Bernadette Chodron de Courcel". Je trouve dans ma mémoire des femmes avec des noms à rallonge, mais pas de celles qui assumaient leur rang comme le faisait celle-là. De mon temps les filles aristos cherchaient déjà à faire "peuple".

 

On peut comprendre que Chirac ait été attiré. Elle avait du tempéramment, en plus du prestige de sa noblesse. Ils ont vécu une belle aventure personnelle tous les deux (quoiqu'il ne soit pas sûr que notre pays en soit sorti grandi). Elle a une belle façon de l'évoquer, avec beaucoup de retenue, comme quand Mitterrand parlait. Certains vieux sont immenses quand ils racontent ou jugent le passé. En même temps elle a toujours le même regard que la sciencepoteuse de 18 ans. Sans doute les mêmes qualités et les mêmes défauts aussi.

 

Elle s'indigne qu'on ait pu vouloir traduire en justice "comme un citoyen ordinaire" son mari, juste à la sortie de ses fonctions, comme un malpropre, sans égard pour tout ce qu'il avait fait pour l'Etat (et c'est vrai que le procès des emplois fictifs était absurde). Je pense à la démocratie athénienne. Elle a passé son temps à faire ça : porter au pinacle ses chefs, et les traduire en justice. Mais il est vrai que Bernadette n'eût pas été "première dame" dans ce sytème-là. Je pense au Père C qui se pignole en rêvant au Parthénon (vous savez, le prof d'économie qui donnait un cours à Annecy le 23 septembre...). Je pense surtout à Périclès et Alcibiade... Mon esprit vagadonde sur ces rivages là. Mince. Il a perdu en cours de route Bernadette Chodron de Courcel. Zut, que disions-nous d'elle déjà ? Je ne sais plus. Elle glisse déjà vers le passé, comme son mari, avec son lot de possibilités non réalisés, de choses ui auraient pu se faire ou ne pas se faire. C'est un instantané poignant. Tous ces gens du XXe siècle, qui se sont maintenus dans le XXIe un peu par hasard. Ils sont dans leurs vieux meubles et dans leurs souvenirs. Ils ne sont plus là que par erreur. On se sent un peu comme eux parfois. Savez-vous qu'il y a une belle citation de Chateaubriand sur le fait de survivre au passé alors qu'on aurait dû mourir avec lui. Ce grand homme se sentait comme ça, étranger au nouveau siècle qu'il avait vu naître. L'actuel siècle me fait un peu peur. Avec toutes ses lumières. De la lumière artificielle, des effets spéciaux, un grand soin accordé à des enveloppes vides.

 

Mais bon, rassurez-vous, je ne vais pas chanter "I love you Bernadette" comme Scritti Politti entonnait "I'm in love with you Jacques Derrida". Il y a des limites quand même.

 

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Dans la presse de langue espagnole

29 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Journaux-3-2.jpgJe lis Republica.es, mais ç'aurait pu être d'autres journaux de gauche. Le journal s'indigne à propos des mineurs tués en Afrique du Sud par la police des amis de Mandela, parle d'une évolution possible de l'ANC sur le modèle (ou l'anti-modèle) du PRI mexicain, met ses espoirs dans un certain Juius Malema, dissident, qui veut paralyser les mines. L'auteur de l'article balaie avec mépris les arguments du gouvernement sud-africain qui se vante d'avoir construit des milliers de logements. "Les chiffres sont faux et ce n'est rien à côté de la richesse des grandes compagnies" nous dit le site en substance. Ce que je trouve amusant c'est que le même site à la "une" met en avant le bilan d'Hugo Chavez  à Caracas en soulignant qu'il aurait construit lui aussi des dizaines de milliers de logement. Republica.es n'oserait pas mettre en doute la véracité des chiffres de Chavez, ni non plus enquêter sur les profits des compagnies vénézuéliennes - j'avais lu quelque part que le secteur capitaliste s'est beaucoup développé sous Chavez, j'attends toujours un débat contradictoire, pluraliste, serein et factuel là dessus.

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Un peu plus loin sur le même site, on apprend qu' en Espagne, des militants nationalistes basques ont été agressés par l'extrême-droite à l'université de Saragosse. La police reste passive. Entre cette histoire et la demande de référendum en Catalogne, il ne fait pas de doute que les nuages s'accumulent.

 

Il y avait une grève générale au Pays basque aujourd'hui, et un beau rassemblement pacifique contre l'austérité à Madrid. Mais cela devient si fréquent (voyez les Indignados l'an dernier) que cela fait presque penser à des promenades de santé (n'étaient les violences devant les Cortés la semaine dernière).

 

 

Il faut toujours regarder avec prudence la presse pro-Chavez. Aporrea.org explique aujourd'hui aux Vénézuéliens que le "dirigeant du parti socialiste français" Alexis Corbière a déclaré que les prochaines élections présidentielles dans ce pays (le 7 octobre) concernent la "gauche globale" (whatever that means). Manque de chance Corbière est juste un dirigeant du Parti de Gauche...

 

tony blair is a wanker 1206058457Soyons tout aussi sceptiques à la lecture du Monde. Voyez l'avant-dernier paragraphe du ( très mauvais) article de Benjamin Barthes sur la mort de l'homme qui avait arrêté Kadhafi l'an dernier (Le Monde du 27 septembre 2012) : "De ce groupe [qui captura Kadhafi] de thuwar (rebelles) chanceux, l'histoire a retenu qu'Omrane Shaaban est celui qui a désarmé Mouammar Kadhafi, lui confisquant son fameux pistolet en or. Le dictateur libyen décéda peu après, probablement sous les coups de combattants de Misrata, où son corps fut exposé pendant plusieurs jours". Comparez le maintenant avec ce titre d'une dépêche d'EFE publiée dans le quotidien conservateur madrilène ABC aujourd'hui :" Un agent français derrière la mort de Kadhafi - L'ex-premier ministre libyen Mahmoud Djibril déclare que l'auteur du coup de feu fut un agent extérieur aux milices". Vous voyez ce qui cloche dans la propagande du Monde ? Maintenant une question : pourquoi les meilleures infos sur les guerres de la grande presse européenne se trouvent-elles toujours dans les journaux de droite ?

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Bien choisir l'argument

28 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

On ne peut pas se réjouir de ce qu'est devenu l'espace de la contestation en France, avec ses trois blocs : le Front de gauche, le Front national et, au milieu, cette mouvance hétéroclite gaullo-marxo-nationale qui signe des pétitions de bas étage sur la Syrie (mouvance qui n'existe guère dans le paysage électoral, mais qui s'agite beaucoup sur le Net).

 

Je ne me reconnais guère dans aucune de ces trois sphères (même si je garde une proximité culturelle avec le Front de gauche). Le Front national me heurte par sa xénophobie (non pas que je sois un xénophile naïf, mais la culture de l'excès qui sévit à l'extrême-droite n'est pas ma tasse de thé), le Front de gauche me dépait pour sa complaisance à l'égard de l'atlantisme et du fédéralisme européen, les gaullo-marxo à cause de leurs réflexes passéistes et leur manque d'imagination (par exemple quel projet sociétal cette mouvance nous propose-t-elle en termes de progrès culturels, progrès dans les relations humaine, conquête de libertés nouvelles ?).

 

Ces trois mouvances se contentent de peu, et sont loin, bien loin d'être à la hauteur des enjeux de notre époque.

 

Ou sont par exemple les réflexion nécessaires sur les nouvelles technologies ? Jean-Luc Mélenchon m'avait fait sourire pendant la campagne avec sa trouvaille "il faut conquérir le fond des océans". C'est quand même un peu court par rapport au flot d'innovation que chaque année charrie. Qui pense cela ? Qui réfléchit sur l'impact politique d'Internet sur les rapports entre les citoyens, avec les Etat etc ?

 

Bon, à part ça j'écoute en ce moment les partisans du Traité européen "TSCG". Leurs arguments "3 % de déficit structurel, c'est moins bête que les critères de Maastricht", "il y a des mécanismes de consultation des parlements plus intelligents qu'à l'époque de Maastricht". Et Henri Guaino (un homme respectable, qui m'intrigue toujours un peu depuis qu'il est devenu sarkozyste) qui sousentend que de toute façon ce traité ne sera pas appliqué.

 

Pour ma part je suis hostile à ce traité parce que je refuse le fédéralisme européen, voilà tout. Nos parlements sont les seuls qui puissent voter le budget des Etats au nom des peuples, un point c'est tout. Halte au règne du néo-libéralisme, de la finance, halte à la spéculation, à la fraude, à la marchandisation de tout.

 

Ensuite je n'entre pas dans les grands débats sur le fait de savoir si l'austérité nous renvoie au temps de Zola ou pas. Ca ne m'intéresse pas. Il y a beaucoup d'exagérations dans ces débats là. L'antieuropéiste Edgar aujourd'hui nous fait pleurer sur l'Espagne. Mais il y a une telle opacité dans la situation de peuples.

 

misery.jpgA l'échelle mondiale depuis 20 ans on nous dit que les inégalités dans le monde augmentent. C'est exact au sein de chaque pays. Mais l'on oublie de nous préciser, que l'analphabétisme a reculé partout, que l'espérance de vie a fait des bonds, que la famine ne touche plus guère que l'Afrique. On m'explique que la Grèce a connu une tragédie parce qu'on ne vaccine plus les enfants dans les écoles. Mais en quoi la suspension pendant trois ou cinq ans des vaccinations est-elle réellement tragique ? Bien sûr qu'il y a de vrais drames. Et bien sûr ces drames sont choquants au regard de richesses éhontées qu'une petite minorité accumule. Mais qui va vraiment bien, et qui va vraiment mal ? Les Grecs, comme les Espagnols, ont encore le matelas du bien-être des années 80. Beaucoup ont des résidences secondaires, des familles pour les aider. Je veux bien plaindre les Espagnols, mais savez vous combien de jeunes chez eux étaient des ninistas (qui en veulent "ni étudier ni travailler") comme on disait ? Je ne critique pas le fait de refuser de bosser. Je suis un grand défenseur du droit au néant, à la paresse, à la lenteur, que moi-même je m'impose comme un devoir quand je le peux. Mais quand une société compte de larges pans adeptes de cette phlosophie-là, je ne prends pas des accents à la Zola. Moi je ne sais pas ce qu'il se passe en Espagne. Mes cousins quand ils en reviennent me disent des trucs bien sûr, mais je ne prétends pas en savoir assez pour juger.

 

Par exemple, puisque nous parlons de technologies, savez vous qu'en Espagne comme en Italie les gens ont en moyenne plus d'un abonnement de téléphone portable par personne ? Je ne sais pas du tout si c'est en soi une richesse. Nous autres en France sommes les moins bien équipés d'Europe en la matière. Nous sommes moins bien lotis que les Serbes et les Albanais ! Je n'ai jamais eu le temps de faire une analyse sur l'impact du portable sur le bien-être (à nos chers partis contestataires de le faire ! ou aux universitaires, mais vu leur ineptie je sais que ces derniers s'en abstiendront). Je soupçonne juste que ça encourage une société de la parlotte, que cela suscite des sources de mal-être nouveau, et des tonnes de gaspillages (car on change son téléphone tous les trois ans). Accessoirement ça a financé une guerre horrible au Congo, je referme la parenthèse. Non, vraiment, je ne sais pas où l'ordre libéral apporte du mieux, apporte du pire. Il faut manifester dimanche contre cet ordre en tant qu'il prive les peuples de leur droit de décider, mais pas sur des spéculations oiseuses sur le bien-être matériel de chacun.

 

Pour finir sur les illusions de la représentation du monde que chacun se fait, je songe à cette conversation que j'ai eue cette semaine avec des fonctionnaires d'âges mur qui oeuvrent en Seine-Saint-Denis. Tous se complaisaient dans un discours apocalyptique "ici trois quarts des gens vivent de l'assistanat, c'est une pauvreté terrible" disaient-ils. J'ai corrigé : "Le taux de chômage est de seulement deux points supérieur à la moyenne nationale, et c'est un département qui crée énormément d'emploi. Les poches de pauvreté existent. Elles expliquent par exemple que la mortalité infantile dépasse la moyenne nationale. Je ne nierais pas le taux de chômage de certaines cités, l'immensité du problème du logement, la détérioration de nombreux services publics, mais je ne peux pas laisser dire que tout le monde y vit du RSA". On m'a écouté avec intérêt, le misérabilisme est tellement à la mode dans une certaine fonction publique d'Etat, qui du coup se sent dans le "93" dans la peau des administrateurs coloniaux d'autrefois (ce qui lui permet ensuite d'y dépoyer un paternalisme à deux balles, dans un jeu sado-masochiste des plus malsains). Je soupçonne beaucoup de gens d'avoir le même regard sur l'Europe du Sud, y compris et surtout parmi ceux qui critiquent l'européisme. Mes amis ne critiquez pas, avec des arguments incertains, notamment d'ordre économique. Défendez le principe du social empowerment, du progrès des consciences, et laissez de côté tout le reste.

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Pas rentable

26 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Certains sociologues (à quoi bon les citer ?) ont planché sur ce sujet si répandu chez nos congénères : le besoin de reconnaissance. J'aurais pu témoigner auprès dans leur enquête en tant qu'auteur qui n'en reçoit aucune.

Aujourd'hui (jour de mon anniversaire en plus), là où je bosse, le journal interne a fait circuler sur l'Intranet une pub pour une interview donnée dans un grand journal par un type qui a écrit sur l'ENA.... Ce type est un collègue. Fort jeune. Il se trouve que je travaille chez moi depuis hier, donc j'ignore si tout le monde s'est précipité sur son bureau pour aller lui serrer la paluche et le féliciter. Bien sûr le livre de ce type sera oublié par tout le monde dans 10 ans (mais après tout l'Atlas alternatif aussi sera vite oublié), toutefois le gars se sera senti soutenu par son milieu professionnel et aura un peu plus de plaisir cet hiver à se rendre au boulot que moi, qui n'ai jamais reçu, en 15 ans, l'ombre d'un soutien, non seulement des milieux professionnels où je sévissais, mais même d'aucune autre institution (n'étant publié que par des toutes petites structures qui ne pouvaient même pas faire de la com' efficace pour ce que je faisais).

Je ne trouve pas spécialement avantageux ce type de solitude qui finit par inspirer de l'amertume à l'égard de pas mal de milieux, alors qu'il vaudrait mieux cultiver à leur égard une indifférence neutre. Hier un pote que je n'avais pas recontacté depuis cinq ans me dit qu'il a "adoré" mon roman "la Révolution des Montagnes" (roman dont très peu de gens hélas auront une chance de connaître l'existence en France). Mes bouquins sont suivis par quelques proches ou ex-proches, à distance, qui, du coup, se dispensent de prendre de mes nouvelles, puisqu'ils en trouvent dans l'ouvrage qu'ils ont acheté à 15 euros. Et puis il y a des inconnus qui s'abonnent au blog on ne sait pas trop pourquoi. Mais cela reste infinitésimal. Une dame le 13 août, un garçon le 16 septembre. Pourquoi, on ne sait pas trop. Comme ceux qui tapent "delorca" sur Google de temps à autre.

Je me suis creusé la tête hier pour savoir à quel éditeur je pourrais envoyer mon dernier manuscrit sur mes dernières trois années passées dans une mairie "Front de Gauche" de la banlieue Nord de Paris, et je suis arrivé à la conclusion que je n'en voyais aucun. Idem pour mon petit recueil de considérations politiques décalées que j'ai écrit en janvier dernier. J'ai parlé à un petit éditeur. Tout de suite les questions fatidiques : "vous avez vendu combien d'ouvrages jusqu'ici ?", "combien d'exemplaires du nouveau livre seriez vous prêt à acheter avec vos propres deniers ?". La loi du marché. Et qu'on ne me réponde pas "publie tes bouquins en ligne". Ceux que j'ai postés sur Calameo ne sont lus par personne ! Et ils sont une floppée dans ma situation. Beaucoup aussi sont tellement écrasés par le fonctionnement absurde du système éditorial qu'ils n'arrivent même pas à prendre la plume pour écrire, malgré le besoins urgent qu'ils en ressentent (car l'écriture reste toujours une revanche, même chimérique, sur tout ce qui limite la "puissance" dans l'ordre du réel, comme dirait Spinoza).

Mais que faire ? Je ne vais quand même pas téléphoner à la directrice de cabinet de François Hollande, en lui disant : "Sylvie, vous vous souvenez ? Quand je bossais avec vous à l'ambassade de France à Madrid, vous m'aviez apporté des petits gateaux avenida de America !". Je n'ai gardé aucun contact avec elle depuis 18 ans. Je ne suis pas un homme de réseaux. Je le paye. De toute façon, sûr qu'elle ne me proposerait pas de plancher sur un projet de révolution à planifier sur les cinq années à venir. Donc je ne vais quand même pas adhérer à Terra Nova pour mendier un semblant de reconnaissance, pour ressentir un semblant d'utilité, alors qu'à 27 ans, malgré la plus grande souplesse de mon échine d'alors, je ne l'aurais certainement pas fait.

Mais je ne vais pas non plus (comme beaucoup de contestataires ridicules le font) me dire "allons allons, au moins je reste pur, je témoigne pour les générations à venir, je leur passerai le flambeau un jour, je suis la vieille taupe invisible" et autres balivernes. Ni non plus "sublimer" mon petit ressentiment, ou ma petite impuissance, en pondant un article définitif sur un conflit qui tue 6 millions de morts (le Congo) en me disant "bravo garçon, tu es le seul à le faire !". Certains blogueurs font ça. Six mois, un an. Puis quand ils voient qu'ils n'ont que trois lecteurs par jour ils arrêtent.

Une sociologue (nous commencions par les sociologues, finissons avec eux) m'a sollicité pour me poser des tas de questions sur Internet en ma qualité de blogueur (peut-être parce que mon blog est au dessus du rang 50 sur Overblog). Aucune des entrées de son questionnaire ne me paraissait pertinente. Ca me rappelle quand j'ai reçu le questionnaire de Bourdieu (à l'époque j'ignorais que c'était de lui) en 1988 après mon prix Concours général (il en a épluché les résultats dans Homo Academicus). Ces gens-là feraient mieux de se mettre à la broderie.

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Chemins de traverse

24 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Les Verts (EELV) redeviennent ce que José Bové avait voulu faire d'eux (avant de devenir vice-président de commission au Parlement européen) : un parti de contestation. Cela rend furieux les fanatiques de la religion européiste : leur fétiche favori est de nouveau menacé. Quoi qu'on en dise, l'histoire n'est pas écrite, et bien malin qui peut dire quels chemins de traverse elle prendra.

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Jean-Christophe Victor, la Syrie, "L'Innocence des Musulmans", Patrick Timsit

23 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Mes enfants aujourd'hui nous allons apprendre une nouvelle chanson. Regardez la vidéo ci-dessous "Moustique".

 

Et après avoir regardé Le Dessous des Cartes "Les implications de la crise en Syrie 2/2" diffusé hier sur Arte, chantez sur le même air que cette chanson : "Jean-Christophe Victor tu es un bandit", "Jean-Christophe Victor tu es un imposteur".

 

Pas très sophistiqué comme critique ? A la mesure de la lourdeur et de la bêtise de la propagande que nous subissons. On n'a pas envie d'être élégant quand on nous assomme avec tant de bêtise. Une émission qui choisit ses dates de la façon la plus arbitraire (par exemple sur la relation entre la Syrie et le Liban), qui simplifie à outrance dans un sens biaisé et qui se termine sur la conclusion ô combien impartiale selon laquelle si le Conseil de sécurité est paralysé on pourrait au moins traduire Bachar el-Assad devant la Cour pénale internationale.... Ri-di-cule.

 

Je demande solennellement à la chaîne Arte (et vous pouvez faire de même) qu'il soit précisé sous le nom "Jean-Christophe Victor" "ancien conseiller politique de l'OTAN". Quand un général me parle, je veux voir ses épaulettes. Il faut cesser de nous faire prendre pour des analyses neutres la propagande de bas étage. Messieurs nous ne sommes pas si idiots que nous en avons l'air.

 

En parlant de choses pas sophistiquées, j'ai regardé ce petit clip (car ce n'est même pas un vrai film" de 13 mn sur Internet, "L'innocence des Musulmans". Le travail est de si mauvaise facture qu'on ne peut croire à un "plan" de la CIA ou des milieux évangélistes. Voilà un pauvre idiot de copte égyptien qui a bricolé sa petite "oeuvre" dans son coin, inspirée par les souffrances sans doute réelles de sa communauté en Egypte (ou des inquiétudes légitimes qu'elle éprouve), et le voilà dépassé par les événements, obligé de se cacher après que sa diffusion ait déjà causé la mort dizaines de personnes dans le monde de fous où nous vivons. Possible que certains fanatiques salafistes aient trouvé dans ce court-métrage de bas étage matière à s'enflammer (ils ne l'eussent pas fait devant un film des Monthy Python qu'ils n'auraient pas compris) et à faire progresser leur cause pour l'anniversaire du 11 septembre. Puis c'est l'engrenage, les médias, chacun se sentant obligé d'y mettre son grain de sel, même Nasrallah au Liban (lui qui n'a rien à voir avec les salafistes). Voilà à peu près comment je vois les choses. Heureusement il n'y a pas de contagion en France, et réjouissons nous que M. Ramadan ait gardé une ligne modérée (plus modérée que Charlie Hebdo).

 

Ensuite, je suis bien d'accord : il faudra bien que les peuples musulmans acceptent un joue le droit à la caricature, mais commençons d'abord à retirer les troupes de l'OTAN des pays du Golfe, suspendre notre soutien à l'occupation des territoires palestinien et au blocus de Gaza, cesser de jouer les va-t-en guerre en Iran, en Afghanistan, et nous pourrons alors plus sereinement donner des leçons de liberté de la création cinématographique, et même de liberté des propagandistes. Au fait, j'ai entendu hier le comédien Patrick Timsit que l'extrême droite présente comme un "sioniste" parce qu'il défend le droit d'Israël à exister tenir des propos assez originaux et assez justes hier dans "Salut les terriens" sur cette histoire de caricatures de Charlie Hebdo. Bon on préfèrerait citer des propos de professeurs d'université que de comiques troupiers sur ce genre de problème. Mais puisque les professeurs n'interviennent plus guère dans le débat public depuis longtemps, on se rabat sur les propos de comptoir, lorsqu'au moins ils sont empreints d'un certain bon sens.

 

 

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Jean d'Ormesson

22 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

Je n'ai jamais compris cet homme : son nom à particule, son goût pour les dîners mondains, pour les bons mots, pour les institutions, son anti-communisme, son poste au Figaro. Mais dans un monde où Cécile Duflot peut être ministre, toute valeur ancienne est bonne à redécouvrir. C'est d'ailleurs ce que doivent se dire certains médias qui l'invitent à tour de bras : notre société ne produira plus de Jean d'Ormesson.

 

Alors je lis son "Saveur du temps", que j'ai trouvé dans une bibliothèque par hasard. Je découvre un dandy jouisseur qui a bien des mérites : l'humour (l'autodérision même parfois), l'élégance, et surtout l'absence de haine (dans la vie culturelle actuelle, cela devient si rare). Je partage avec lui son intérêt pour Châteaubriand (chez lui cela confine même à la passion, semble-t-il), pour Jerphagnon, pour Plutarque, sa critique (pas trop appuyée, juste ce qu'il faut) du structuralisme et de tous les esprits de système, sa défense déterminée de la littérature (notamment de la littérature classique) contre tout ce qui veut l'anéantir (à commencer par le cinéma). Je m'amuse de ses souvenirs de causeries avec Proust et avec Mauriac, de sa fierté d'être descendant d'un opposant à Louis XIV.

 

Il ne faut jamais mépriser les prêtres du beau langage. Car cette religion-là était utile à nos cerveaux. Et nous savons bien ce que nous devenons tous depuis que nous l'avons perdue.

 

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Un classement qui fera plaisir à mes éditeurs

19 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Copie-de-P1010708-copie-1.jpgUn classement qui fera plaisir à mes éditeurs car il fait de moi une victime reconnue du système médiatique (de nos jours il est toujours utile de porter une couronne d'épines sur la tête) : celui (que je découvre par hasard ce soir), qui me place en 10ème position du "Top 150" des intellectuels les moins invités à la télévision publique !

 

1. Jacques Abeille (1 ; 35 ; 35)
2. René Pommier (0 ; 23 ; 34,5)
3. Pierre Legendre (0 ; 21 ; 31,5)
4. Patrick Charaudeau (0 ; 20 ; 30)
5. Jean-François Mattéï (0 ; 19 ; 28,5)
6. Francis Jacques (0 ; 19 ; 28,5)
7. Matthieu Baumier (0 ; 19 ; 28,5)
8. Philippe Zarifian (0 ; 19 ; 28,5)
9. Pierre Lance (1 ; 23 ; 23)
10. Frédéric Delorca (0 ; 15 ; 22,5)
11. Daniel Béresniak (1 ; 22 ; 22)
12. Jean Salem (1 ; 21 ; 21)
13. Mehdi Belhadj Kacem (1 ; 21 ; 21)
14. Eric Werner (0 ; 14 ; 21)
15. Stéphane Ternoise (0 ; 14 ; 21)

etc.

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Ces Français populaires à l'étranger...

19 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Les Syriens depuis le 16 septembre connaissent tous Chantal Dupille et pensent que c'est un célèbre écrivain français. Voilà ce que j'apprends en regardant le journal (cf ci dessous, minute 2'47) de la télévision officielle syrienne (bon je sens qu'on va me traiter encore de facho parce que je regarde ce genre de truc "interdit" et "politiquement incorrect", mais regarder ne veut pas dire qu'on adhère, sauf pour les cinglés du maccarthysme). Ca me rappelle le temps où les Serbes connaissaient tous Patrick Besson parce que leur gouvernement (ou leur système éditorial) en vantait les écrits très souvent.

 

Dans le même ordre d'idées, les lecteurs de Ria Novosti en Russie pensent sans doute que l'UPR est un grand parti souverainiste.

 

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Bourgeois contre bourgeois

17 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Un type me disait hier : "La secrétaire générale du Syndicat des travailleurs du sexe, Morgane Merteuil, qui critique les Ni Putes ni Soumises et les Chiennes de Garde en les taxant de 'bourgeoises' fait des passes à 200 euros à Paris, et ne se déplace pas à moins de 100, soit trois fois les tarifs d'il y a 10 ans pour une prostituée moyenne et bien plus que le prix d'une prostituée d'origine immigrée. C'est une bourgeoise dans sa profession".

 

louis-philippeJe ne connais pas ce sujet là, mais je ne suis guère étonné : tous les gens qui ont des positions en pointe, même dissidentes, sur les sujets "sociétaux", sont nécesssairement des petits bourgeois ou des bourgeois. C'est aussi vrai d'ailleurs en matière de grands débats économiques (sauf quelques cas d'exception). Les gens qui bossent beaucoup et gagnent peu ont depuis longtemps renoncé à comprendre. C'est pourquoi un sondage d'aujourd'hui 44 % des gens "ordinaires" pensent que Sarkozy ferait mieux qu'Hollande (et 30 % aussi bien). Ils ne voient même plus le problème que pose le néo-libéralisme militant de l'UMP. Pour eux toutes les idées se valent, et seul celui qui s'agite le plus inspire le plis de confiance.

 

Du coup le gouvernement est voué à faire du bougisme (la conversion au taoïsme n'est pas pour demain) sur des point d détail absurdes. On parle de priver nos gamins d'école tous les jours à 15 h 30 pour les mettre à la charge des garderies des communes qui déjà vont crouler sous le poids des contraintes budgétaires européennes... juste pour le plaisir de les priver de la grasse matinée du mercredi...

 

Mais revenons à nos histoires de bourgeois. L'ennui avec les bourgeois qui prétendent représenter le peuple (par exemple être les secrétaire généraux de syndicats), c'est qu'ils n'ont pas d'idée concrète des problèmes et des réalités des gens, qu'ils les verront à travers des principes abstraits, qu'il ne seront enclins à agir que pour ceux qui leur ressemblent. Les gens ordinaires, eux, ceux qui bossent et ne sont pas payés pour théoriser, resteront avec leurs problèmes concrets qu'aucune médiation ne va replacer dans un ensemble signifiant, et seront de moins ne moins enclins à prendre la chose publique au sérieux, convaincus qu'au fond "l'élite" fait toujours "sa petite cuisine dans son coin".

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