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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Les questions sociétales menacent le processus de paix en Colombie

12 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #La gauche, #Le monde autour de nous

Les questions sociétales menacent le processus de paix en Colombie

Voici un point qui devrait faire réfléchir la gauche sur sa trop grande polarisation sur les questions sociétales, non seulement au détriment des questions de classes, mais aussi au détriment de la paix.

Je lisais ce matin dans le journal espagnol "El Pais" intitulé "Le vote évangélique clé de la victoire du «non» lors du référendum en Colombie" qui expliquait que si le 2 Octobre dernier, le référendum n'a pas validé les accords de paix négociés pendant quatre ans avec les FARC à La Havane, ce n'est pas seulement à cause de l' ouragan Matthew qui a empêché de nombreux électeurs sont allés voter (ouragan dans lequel les croyants verront la main de Dieu), mais surtout parce que le président Juan Manuel Santos n'a pas réussi à convaincre les 10 millions de chrétiens évangéliques du pays (selon la estimations du ministère de l' Intérieur), que l'accord ne mettait pas « en danger la famille traditionnelle". Un peu plus de 12 millions de Colombiens se sont rendus aux urnes, plus de six étaient ont voté l'accord. «Je n'ai pas de chiffres officiels, mais si quatre millions de chrétiens évangéliques sont allés voter, peut-être la moitié d'entre eux ont rejeté les accords», déclare à El Pais Edgar Brown, président de la Confédération évangélique de Colombie. "99% de nos fidèles ont dit« non », surenchérit même Hector Pardo, membre du Conseil évangélique de Colombie et représentant de la Confédération de la liberté Interfaith (Confilerec). Deux jours après le référendum, ces deux pasteurs étaient à la table du président Santos.

La cause de cette dissidence : beaucoup de chrétiens en Colombie n'aiment pas la politique du gouvernement en matière sociétale tels que le mariage homosexuel, l'adoption pour les couples de même sexe, la loi de l'avortement et des initiatives d'éducation inclusive. Ils considèrent également que les accords avec la guérilla favorisent la communauté LGBTI (lesbiennes, gays, bi, trans, intersexués).

La puissance de ces croyants a été sous-estimée dans les enquêtes d'opinions qui prévoyaient la victoire du «oui» ajoute l'article. Or déjà en août dernier des milliers de croyants sont descendus dans les rues de plusieurs villes en Colombie contre"l'endoctrinement hégémonique sur l'identité de genre" exercée selon eux par le ministère de l'éducation nationale. L'Eglise catholique aurait même rejoint le pasteur.

L’accord a été rédigé avec les FARC en "langage inclusif"; selon la novlang actuelle : il parle « des guérilleros et des guérilleras », « des paysans et des paysannes », de « tous et toutes ». Il prévoit des mesures spécifiques pour les femmes et évoque les droits de la communauté LGBTI . Le 24 juillet, la communauté internationale avait célébré « le premier accord de paix au monde qui prend en compte la perspective de genre ». Il n'y a donc pas qu'en France que le Najat Vallaud-Belkacemisme pose problème... On sait que les thématiques sociétales prennent aussi une part croissante dans la rhétorique de la gauche kurde. Au lieu de s'en tenir au vocabulaire classique de la lutte contre les discriminations (sexisme, racisme etc), les organisations de gauche adoptent un vocabulaire qui évoque de plus en plus les excès de la théorie du genre de Judith Butler, et braquent les populations en plaçant de plus en plus souvent au coeur de leur identité la défense des minorités sexuelles au point de les faire parfois passer avant l'égalité économique et même avant la paix. Une forme d'intellectualisme, de scholastic view, qui contribue aussi, ensuite, à la montée des populismes de droite (et en Colombie le principal bénéficiaire en sera Uribe, comme Erdogan l'est au Kurdistan où les votes en sa faveur ont augmenté au cours des dernières années). On ne s'écriera pas "well done old mole !"

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Le débat Trump-Clinton : les roquets médiatiques en furie

11 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

La couverture médiatique de la campagne électorale américaine est absolument grotesque et pathétique. Toutes les semaines les médias des multinationales (Yahoo ! MSN, etc) et nos médias français vendus à l'industrie de l'armement et aux fonds de pension internationaux nous sortent toujours les mêmes titres "nouveau dérapage de Trump", "nouvelle insulte de Trump", "le nouveau scandale qui va couler Trump".

La semaine dernière, on tentait de nous faire croire que Trump allait devoir démissionner suite à la publication d'une video d'il y a dix ans dans laquelle il échangeait des blagues de potache sexistes avec ses potes dans un bus, alors que dans les sondages il ne perdait qu'un point (un seul petit point !) d'intentions de votes face à sa rivale, malgré tout le battage médiatique autour de cette affaire. Pendant ce temps, bien sûr, on ne disait rien des progrès de l'enquête sur les milliers de mails confidentiel défense détournés sur la boîte privée de Mme Clinton et détruits illégalement ! (Mais que diable cache cette affaire ?)

Hier et avant-hier la couverture du débat Clinton-Trump fut particulièrement odieuse. A entendre les journalistes (notamment sur les chaînes d'info en continu) c'est la faute de Trump si le débat volait bas, et c'est "grâce à Mme Clinton" qu'on a fini quand même à un moment par traiter les questions de fond. Quiconque est capable de cliquer sur You Tube peut voir pourtant que d'emblée Donald Trump place le débat sur le terrain des destructions d'emploi, du libre-échange et de la sécurité et que ce sont ses interlocuteurs qui s'acharnent à l'attaquer sur son propos de misogynes d'il y a dix ans.

Bien sûr on voit l'intérêt de la manœuvre : non seulement affaiblir Trump, mais surtout banaliser les propos incendiaires de Mme Clinton contre la Russie et son soutien affiché aux islamistes d'Alep. Franchement, pour ma part, je suis moins choqué par un candidat qui dans une blague de mauvais goût disait qu'il ne pouvait s'empêcher de sauter les nanas ou les "prendre par la chatte", mais aujourd'hui veut collaborer avec la Russie pour éradiquer l'Etats islamique, que par une cinglée qui est fière d'avoir mis à feu et à sang la Libye et la Syrie, qui ne se justifie pas sur les fonds qu'elle a reçu du Qatar, et qui est encore prête à déclencher la troisième guerre mondiale au Proche-Orient. Parce que, ne vous en déplaise Mme Clinton, grâce à votre politique, en Syrie et en Irak il n'y a pas des gens qui seulement plaisantent sur les chattes des femmes. Ils les violent et les assassinent vraiment.

Et puis, bien sûr pendant ce temps personne ne parle du Yémen... Euh, c'est où le Yémen déjà ?

L'hystérie médiatique m'inquiète. Jusqu'où iront les patrons de ces roquets pour dynamiter Trump ? Supposons que Trump repasse devant Clinton dans les sondage au cours des jours qui viennent, se contenteront-ils de glisser des peaux de bananes ou sortiront-ils les flingues ? je les crois capables du pire, ils nous l'ont montré mille fois au cours du dernier siècle.

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Les pythonisses dans le Paris mondain du XIXe siècle

9 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #XIXe siècle - Auteurs et personnalités

Les pythonisses dans le Paris mondain du XIXe siècle

Je suis tombé aujourd'hui sur cette lettre ci-contre datée de 1850 dans laquelle trois magnétiseurs parisiens se plaignaient des poursuites du Parquet à leur encontre. C'était du temps où Victor Hugo faisait tourner les tables. On est frappé par le succès des voyants dans le "tout-Paris" du XIXe siècle, spécialement sous la Restauration, du reste, et l'on peut supposer que, sans les persécutions judiciaires, et sans l'interdit religieux catholique pesant sur les médiums (interdit largement oublié de nos jours, mais qui restait intransigeant à l'époque) le phénomène eût pris des proportions bien plus grandes, comme dans le monde païen antique.

La Comtesse Dash (Gabrielle de Cisternes) raconte dans ses mémoires (p. 200 du tome 4) qu'elle s'était rendue "en troupe" consulter une vieille femme pythonisse qui exerçait "dans un bouge de la place de la Borde" à Paris, à la fin du règne de Louis-Philippe et qui accueillait ses clients avec dix roquets méchants et laids qui les mordaient aux chevilles. "Elle avait en outre un chat noir qui trônait sur le lit et que les chiens respectaient". La vieille sorcière mourut trahie par un carabin qui feignait de l'aimer pour avoir son magot. En 1847, "le neveu d'un prince régnant" alla consulter uen autre voyante Mme Lacombe en tenue ordinaire, et celle-ci vit dans les cartes qu'il avait un parent sur le trône et lui déclara qu'il n'y serait pas plus de 18 mois encore, ce qui se réalisa. Elle annonça à un autre qu'il serait roi ce qui se vérifia aussi. On apprend grâce à elle qu'il y avait aussi rue Fontaine-Saint-Georges un "nécromacien", Edmond, que ses proches consultaient aussi, et qui disparut mystérieusement. "Quelques fervents notent très sérieusement que le diable l'a emporté" dit-elle. Il s'était fait une fortune.

Pour la période précédente, celle de l'Empire, la comtesse Potocka pour sa part (p. 249 de ses mémoires) évoque le souvenir de la voyante Mlle Lenormand dont une prédiction à l'impératrice Joséphine s'était réalisée "à moitié". Au 5 rue de Tournon elle avait aussi annoncé à Bonaparte sa chute. La revue "La mode, revue du monde élégant" de 1835 cite encore (mais sans mentionner le nom de la pythonisse pour ne pas lui faire de publicité, cependant les initiales et les allusions sont claires) les sommités qui continuent de la consulter sous la Restauration et sous Louis-Philippe.

Pour revenir aux mémoires de la comtesse Potocka, celle-ci raconte que la romancière Mme de Souza l'entraîna chez une pythonisse "bien supérieure encore", assez jeune encore, de langage fort simple, dont elle ne se souvient cependant plus où elle habitait. Les aristocrates s'y rendirent "bien fagotées, bien déguisées", montèrent "un peu honteuses" les quatre étages raides. La petite "sorcière" comme dit la comtesse Potocka au lieu de visiter l'avenir commença par aborder avec les cartes le passé ancien scabreux de Mme de Souza, dans son passé récent à propos d'un orage qui venait de mettre son fils en péril. La comtesse Potocka demande les cartes et le marc "tout en me disant qu'il faudrait me confesser de cette infraction aux lois de l'Eglise"(p. 253). Sans deviner de quel pays vient la comtesse, la voyante décèle que son fils y sera chef de parti mais qu'il affrontera des guerres. Elle lui annonça aussi sa grossesse prochaine, l'accident sans gravité qu'elle subirait à ce moment-là, et que son fils naîtrait coiffé (elle ne s'en est ressouvenue qu'à la naissance de l'enfant, comme si un rideau d'oubli avait dû s'installer dans l'intervalle).

Dans les années 1830, la rouennaise Caroline Delestre fait d'une expérience qu'elle a vécue avec une voyante à Paris un roman "Une pythonisse contemporaine" (pour éviter les ennuis judiciaires, car l'apologie des voyants y est encore une source possible de poursuites).

Le 5 octobre 1845 la revue "La mode, revue du monde élégant" toujours elle nous apprend que la comédienne Mlle Dobré joue à l'opéra dans "Le roi David" (celui de Mermet ?) la pythonisse dans la scène biblique de l'apparition du spectre de Samuel au roi Saül.

Soixante ans plus tard il y avait encore Mme Maya au 22 rue de Chabro dont nous parle le Paris-Musical de 1908 et à qui de grands artistes rendent visite. Elle est très exacte pour raconter aux gens leurs passé... mais elle leur annonce la guerre et la révolution en France pour 1908...

C'est l'époque où Clemenceau s'amuse dans son courrier de la prolifération du théâtre nu. Les dames allaient chez les voyantes comme les hommes allaient "aux putes".

Paris ne fut pas la seule grande ville bien sûr à faire la fortune des voyants et médiums au XIXe siècle. Boston par exemple avait sa Mlle Piper dans le dernier quart du siècle.

Tout cela était clandestin. Aujourd'hui ce "business" a pignon sur rue. Et sera sans doute même bientôt porté au pinacle, hélas, dans nos écoles où déjà l'on fait travailler nos "chères têtes blondes", comme on disait naguère, sur des masques africains et autres objets de sorcellerie...

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Pierre Jacquemain, Ils ont tué la gauche, Fayard 2016

30 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures, #La gauche

Après la mobilisation sociale contre la loi El-Khomri au premier semestre de cette année, beaucoup de militants de gauche ont dû attendre avec intérêt la publication de ce témoignage de Pierre Jacquemain, qui fut au cabinet de la ministre du travail Myriam El-Khomri et sut claquer la porte à temps pour ne pas être associé à cette modification du code du travail qui passe pour une des plus grandes trahisons de l’électorat de gauche par François Hollande et Manuel Valls. Beaucoup s’y intéresseront, mais beaucoup seront aussi déçus. La suite de ma recension est ici.

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Espagne, Arabie Saoudite, Alep, Congo-RDC, Caracas, Cuba

29 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Espagne, #Revue de presse, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

Le parti socialiste espagnol éclate sur la question du "non à Rajoy" qui est aussi celui de l'unité de l'Espagne, car le blocage voulu par le secrétaire général Sanchez de l'accès au pouvoir du PP pour ménager une alliance possible avec Podemos implique une adhésion à l'Espagne fédérale, Podemos étant complètement allié aux indépendantistes catalans. Pour une fois je suis plutôt d'accord avec l'aile droite des socialistes : la voie de l'alliance avec Podemos signerait la disparition de l'Espagne.

Concernant les autres nouvelles internationales et nationales, je note que Mme Clinton a ressorti son savoir-faire de politicienne dans son débat avec Trump, mais comme l'a noté Nigel Farage cette semaine cela ne préjuge pas de l'impact du débat sur l'opinion publique. Je note que le Congrès américain a rejeté à une très large majorité un veto du président Barack Obama sur une loi autorisant les proches de victimes du 11-Septembre à poursuivre en justice l’Arabie saoudite et que cela a agacé les autorités du Bahrein, si j'en crois Al Manar. Voilà qui peut aussi faire plaisir au pauvre peuple yéménite (d'ailleurs John Kirby a regretté "l'imprécision" des bombardements saoudiens au Yémen, ce qui est peut-être un début de condamnation de l'horrible guerre menée par Riyad dans ce pays). L'Arabie saoudite a menacé la présence militaire sur son sol de représailles. Dans l'ordre du fait divers révélateur les lecteurs de ce blog auront peut-être vu qu'un artisan venu effectuer des travaux au domicile d'une princesse saoudienne aurait été frappé, ligoté et mis en joue durant quatre heures.

Je remercie Proche&Moyen-orient.ch d'avoir bien voulu publier un mien billet sur les tensions entre les yezidis et le gouvernement régional kurde d'Irak. En ce qui concerne la bataille d'Alep où les Russes et l'armée légale abusent des armes incendiaires chargées de compositions aluminothermiques – plus efficaces encore que le phosphore quand il s’agit d’allumer des foyers – sur des quartiers résidentiels, on ne comprend pas bien pourquoi les civils n'ont pas fui comme à Mossoul ou Fallouja. Même si la liquidation du foyer islamiste de l'Est d'Alep est nécessaire au retour de la paix en Syrie, nous devons avoir une pensée morale pour les civils qui paient un prix élevé en ce moment. L'armée russe aura-t-elle un jour la culture de la proportion dans la répression ?

Ayrault à Sciences Po agite le spectre de la guerre civile en RD du Congo (qui a déjà beaucoup donné sur ce volet : des millions de morts en dix ans). François Hollande avait accusé l'État congolais de s'être rendu coupable "d'exactions" contre son peuple les 19 et 20 septembre à Kinshasa. Le porte parole de Kabila Lambert Mende, réplique : "le Congo n'est pas un département d'outre mer".

La démocratie reste impossible en Afrique à quelques exceptions près comme le Bénin. Au Gabon les élections sont volées. En Somalie elles sont indéfiniment reportées.

En Amérique du Sud, on peut espérer que l'accord de l'OPEP va redonner un peu d'oxygène au régime chaviste qui a reporté le référendum révocatoire. L'Argentine, le Brésil, le Paraguay, le Mexique, le Chili et le Pérou sont vent debout contre Caracas, notamment pour l'expulser du Mercosur. Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski a dit samedi qu'il a l'intention de former un « groupe de soutien » dans la région pour favoriser une « transition dans l'ordre » pour le changement de gouvernement au Venezuela. Maduro invite Kerry à Caracas.

L'ingérence à Cuba ne faiblit pas non plus. Les étudiants de la Fédération estudiantine universitaire se mobilisent contre la campagne de bourses de l'organisation "non gouvernementale" Learning World liée à l'agence fédérale américaine USAID qui court-circuitent les rectorats universitaires et dont le contenu viole les principes éthiques nationaux cubains.

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Badiou-Onfray (once more)

28 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Débats chez les "résistants"

Onfray hélas européiste. Et son internationalisme comme celui de Badiou tournent à vide. Le darwinisme d'Onfray comme le freudo-marxisme de Badiou me semblent insuffisants. Deux intellectuels dans la caverne qui observent les ombres sur le mur. C'est triste.

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Des nouvelles des femmes yezidies

25 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Je viens de créer une rubrique consacrée aux femmes yézidies sur ce blog. Cette semaine, mon amie Nareen Shammo accompagnait au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève Nadia Mourad, la jeune yezidie de 22 ans qui a été enfermée, battue et violée collectivement par des cinglés d'Etat islamique/Daech pendant trois mois.

Nareen avait déjà accompagné cette femme à l'ONU en novembre dernier. Elle raconte sur Facebook les conditions concrètes de leur arrivée en Suisse le 16 septembre. Le samedi 17 elles rencontraient Ban Ki Moon.

Le 21, elles avaient un entretien avec l'ambassadeur d'Allemagne à l'ONU - ce pays a recueilli 1 100 exilées yézidis avec leurs enfants et certains survivants de leurs familles. Elles exposaient leurs revendications : la protection des femmes réfugiées en Allemagne qui sont encore menacées par Daech, l'exemption du système d'enregistrement des empreintes digitales prévu par la convention de Dublin, plus d'aide pour les filles qui vivent dans les camps en Irak, la reconnaissance du génocide yézidi, la reconnaissance de la nationalité yézidie dans le système de traitement des demandeurs d'asile. 3 200 femmes yézidies sont toujours prisonnières de Daesh.

Le dernier jour de leur séjour suisse, coachées par Amnesty International, elles ont donné une conférence à la fac de sciences politiques de Zurich, puis ont eu des rencontres au siège d'Amnesty. Elles ont fait une déclaration sur la Syrie et en Irak, dans laquelle Nareen Shammo a aussi évoqué les souffrances des chrétiens, des chabaks, des chiites, des turkmènes et des mandéens.

Il existe aussi des initiatives pour les Yezidis en France. La page Facebook des Yézidis de France mentionne par exemple le cas relaté par le journal "Ouest France" du 7 septembre dernier de deux familles yézidies de Bashiqa au nord-est de Mossoul, accueillies à Rennes en provenance de Forbach (Lorraine). Un collectif catholique a acheté un presbytère pour les héberger et suit leur insertion dans la société française. Il n'est pas possible de savoir combien de Yezidis vivent en France, leur communauté n'étant pas en mesure de compter ses membres, ce qui fait que, par exemple, ils n'étaient pas au nombre des cultes reçus par le gouvernement français le 27 juillet dernier après l'assassinat du père Hamel, alors que même les bouddhistes étaient présents.

Cette page Facebook évoque aussi les enjeux politiques autour de la situation des Yézidis. Il y a notamment la question de la reconnaissance du génocide qui pose problème à l'égard d'autres peuples qui invoquent l'existence d'un génocide comme les Arméniens (40 000 Yézidis vivaient en Arménie en 2011 et y bénéficient d'une reconnaissance comme groupe ethno-religieux depuis 2012, la moitié auraient émigré depuis lors). Cette semaine, à Erevan le député conservateur du parti « Arménie Prospère » Gurgen Arsenyan a déclaré "il y a 3.000 Yézidis qui ont été tués, cela en fait-il un génocide ? Le terme de génocide peut être utilisé seulement quand le nombre de victime dépasse le seuil de 1 million. Même si la population des Yézidis a radicalement diminué dans le pays, on ne peut pas appeler cela un génocide ". Au printemps 2015, le Parlement arménien avait déjà rejeté un projet de loi pour « la reconnaissance et la condamnation du génocide des Grecs pontiques, les Assyriens, les Yézidis et les autres minorités de l’Empire ottoman en 1915 » . Certains Yézidis le vivent comme une trahison alors que leur communauté avait combattu le régime ottoman aux côtés des Arméniens pendant la première guerre mondiale. Le vote du projet de loi de la député Naira Zohrabyan, qui est du même parti que M. Arsenyan, tendant à la qualification des actes de Daech contre les Yézidis est reporté à la demande de la commission des lois.

On trouve aussi sur cette page une polémique intéressante contre un film intitulé "Le vent obscur" (The Dark Wind/ Resheba) qui serait financé par le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) de Barzani et le Qatar, réalisé par le producteur kurde Hussein Hassan et qui, selon certains yézidis, aurait pour but "de salir l’image des Yézidis dans le monde". Le film raconte l’histoire d’une jeune femme yézidie qui était sur le point de se marier mais devient esclave lors de l’attaque de l’Etat islamique sur Shengal. Elle parvient tout de même à s’échapper et à rejoindre son fiancé. Cependant le père du fiancé la considère comme étant « souillée » et veut la tuer.

Selon les organisations yézidies, ce film déforme la position des institutions religieuses de leur communauté quine prône pas le rejet des femmes violées, et présente les Peshmergas kurdes comme des héros alors que leur fuite serait la cause du génocide yézidi. Une des scènes les moins appréciées montre une vieille femme priant une divinité yézidie au moment où elle réalise un avortement sur Pero, l'héroïne du film. Les scènes sur la vente des femmes esclaves sont aussi décriées. Un groupe de juristes yézidis irakiens prévoyait de lancer des poursuites judiciaires contre le réalisateur du film dont la diffusion était programmée au festival du film de Duhok (un festival annuel organisé par le GRK au nord du Kurdistan) le 16 septembre dernier.

A titre personnel je ne prends pas position sur les enjeux de la reconnaissance des yézidis comme groupe ethno-religieux, ni sur leurs croyances ou leurs symboles auxquels je n'adhère pas même sur un plan philosophique. Les hasards de mes prises de contact en 2015 m'ont fait connaître Nareen Shammo. J'ai pu voir que le système d'aide aux femmes de sa communauté victimes de Daech réfugiées dans les camps fonctionne, et que le besoin de soutien de ces femmes est énorme. C'est pourquoi j'encourage les lecteurs de ce blog à apporter leur soutien (n'hésitez pas à me contacter), qui, bien sûr, n'est pas exclusif de l'aide que nous devons apporter aux autres communautés persécutées par Daech au Proche-Orient ni de l'aide que nous devons à toute l'humanité. Je mentionne ici le contexte des débats politiques et culturels simplement à titre d'information parce que l'entraide ne doit pas ignorer aussi les terrains sur lesquels elle marche.

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A propos d'un mail d'un lecteur

19 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

A propos d'un mail d'un lecteur

Chers lecteurs, je me permets aujourd'hui (une fois n'est pas coutume) de vous citer un petit message que j'ai reçu d'un lecteur il y a peu. Bien sûr c'est un message qui fait plaisir, et qui vient faire contrepoids à des mails ou commentaires désagréables que j'ai pu recevoir au cours des 18 dernières années (depuis mon engagement pendant la guerre du Kosovo). Mais le fait qu'il puisse me faire plaisir est absolument sans importance car c'est un message qui s'adresse à mon travail et non à ma personne, donc ma personne n'a pas à en recevoir de bienfaits.

Je précise que des messages comme celui-ci ont été rares depuis que ce blog existe. J'en ai reçu seulement cinq ou six de comparables, mais quand bien même je n'en aurais reçu qu'un, cela aurait suffi à justifier l'existence de ce blog, parce qu'il signifie que j'ai réussi à transmettre quelque chose d'utile à quelqu'un. N'étant pas enseignant je n'ai pas l'occasion de le faire dans le cadre de mon activité professionnelle.

Peut-être la personne qui m'a écrit ce mot un jour regrettera-t-elle de l'avoir fait, parce que son jugement aura évolué sur les divers sujets qu'elle y évoque, comme moi-même j'ai évolué. Mais si c'est le cas elle aurait tort, car il faut se réjouir de ses erreurs, si erreur il y a, et de toute façon, je ne suis pas sûr que son jugement soit erroné.

Je me suis permis, avec son accord, de reproduire ici son message, non pas pour me mettre en valeur, mais parce que premièrement il va peut-être encourager d'autres personnes à faire des blogs un peu dans l'esprit d'indépendance et, j'ose le dire, de recherche d'une certaine élévation qui m'a toujours animé, et, en deuxième lieu, ce mail va me permettre de faire un peu le point de certains aspects de ce blog, du regard que je porte sur eux, et de ce que ces éléments peuvent préparer pour l'avenir.

Voici donc le mail :

"Bonjour Frédéric Delorca,
Je m’appelle ** et je vous contacte car j’apprécie beaucoup votre blog que j’ai découvert ces derniers mois.
Je vous remercie pour vos commentaires sur l’actualité politique. J’aime aussi votre blog car il me permet d’ouvrir ma curiosité. Grace à vous, j’ai découvert le documentaire de Vanessa Stojilkovic Bruxelles–Caracas, j’ai lu avec un grand bonheur Chien Blanc de Romain Gary, j’ai lu des articles de Diana Johnstone qui sont très éclairants sur l’UE, l’OTAN et la situation de la France
.
Merci beaucoup"

Ce qui est très frappant dans ce beau message chaleureux c'est d'abord qu'il s'agit du regard d'un homme apparemment jeune et intelligent qui "débarque" dans cet l'univers de mon travail intellectuel, et qui le découvre un peu après les batailles, plusieurs années après. Et donc il se promène dans les vestiges de ces combats qui furent des combats pour l'édification de mon propre point de vue sur le monde dans lequel, comme tous mes congénères, j'avais été jeté. Aujourd'hui, à travers l’œil de ce lecteur, moi qui ne relis jamais mon blog, sauf pour y chercher un élément précis, je prends conscience de ce qu'il y a "derrière mes billets actuels", dans les pages anciennes.

Alors oui, il y a Vanessa Stojlikovic, Diana Johnstone, Romain Gary. Ce ne sont pas des références des grands médias actuels, de l'Establishment. Ce ne sont pas non plus forcément les références de dissidents un peu tapageurs, humoristes de plus ou moins mauvais goût, qui se répandent en vidéos sur You Tube. C'est un univers, qui est partiellement repris par des sites de gauche ou qui font une jonction entre la gauche et le gaullisme. En même temps, je ne pense pas que les couleurs de ce blog puissent être réduites à ces étiquettes. Car si demain une autorité intellectuelle me persuadait que l'appartenance à la gauche est intrinsèquement, par essence, solidaire du mensonge et du crime, je m'en dissocierais immédiatement. Amicus Plato, sed magis amica veritas, je suis ami de Platon mais plus ami encore de la vérité, est ma devise, je ne suis figé sur aucune identité, intellectuelle, religieuse, culturelle. Même si je suis attaché à la cohérence, je suis avant tout un chercheur de vérité (par "je" entendez bien "mon travail" car c'est mon travail qui parle ici, et non petit "ego" sans intérêt), c'est pourquoi vous trouverez souvent dans ce blog des expérimentations parfois un peu surprenantes du genre "et si le bourdieusisme n'était qu'une absurdité" après de dix ans de fidélité à cette sociologie (et même une thèse soutenue dans cette atmosphère). Aucune remise en cause ne me fait peur.

Dois-je aujourd'hui remettre en cause Vanessa Stojlikovic, Diana Johnstone, Romain Gary ? J'ai bien des raisons de critiquer chacune de ses références, pour son style, pour une ou deux de ses prises de position etc. Je peux par exemple reprocher à Diana Johnstone ses excès d'éloges pour Dominique de Villepin jadis ou son silence sur ce personnage maintenant, ou Romain Gary d'avoir dans les années 60 aimé la famille Kennedy, que sais-je encore.Et ce genre de reproche je peux aussi me les adresser à moi-même. Mais je ne renie aucune de ces trois références, parce que chacun de leurs principaux engagements furent des engagements de vérité. Romain Gary fut aux côtés de Teruel en 1936, et de Hanoï en 1968, mais sans s'illusionner sur les impostures du stalinisme des années 30 ou du libertarisme de Cohn Bendit. Diana Johnstone a eu des mots très justes et très précis sur les mensonges de nos institutions pendant les guerres du Kosovo dans les années 1990, sur la faillite politique et morale que ces mensonges impliquaient pour notre continent, sans pour autant chanter la louange de la Sainte Serbie éternelle ni faire l'apologie de Milosevic. Vanessa Stojlikovic a montré des images justes sur les minorités du Kosovo, même si son comparse Michel Collon fut très loin d'avoir été aussi juste. Et ce travail là, humble, rigoureux, était autre chose que d'aller gesticuler à Tripoli sous les bombes juste pour chauffer son public parisien...

Même si beaucoup de choses me séparent aujourd'hui de Gary, de Johnstone, de Stojlikovic, je dois reconnaître ma dette à l'égard de leur travail sans lequel mon regard sur le monde ne serait pas celui que je porte. Par exemple je ne peux pas penser à la Croatie d'aujourd'hui sans me remémorer la brillante démonstration de Johnstone qui expliquait comment c'est la famille Habsbourg qui l'a faite entrer dans l'Union européenne alors même que ses criminels de guerre jouissaient toujours de l'impunité alors qu'on exige encore de la Serbie, à tort, toujours plus de "purification interne", et ce thème dépasse de beaucoup le seul problème de l'intégration de la Croatie (et de notre tourisme "naïf" - y compris le tourisme "religieux" - sur ses terres), mais encore toute la compromission avec de l'Europe avec le néo-fascisme (de Riga à Kiev) et avec les héritages mal digérés de notre histoire. J'ai même des dettes plus récentes à l'égard de cette journaliste américaine puisqu'encore cet été c'est elle qui m'a fait prendre conscience de l'imposture morale du discours américain (ânonné tous les ans pas nos médias) sur les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, et donc l'imposture morale de l'hégémonisme culturel nord-américain dans le monde depuis 1945. Ma dette à l'égard de Gary est plus profonde encore puisqu'à travers lui c'est tout le statut de la littérature, d'une présence littéraire à la condition humaine (la nôtre en tant qu'individu, celle de notre pays, de nos continents) qui est en jeu.

Alors peut-être vais-je encore découvrir beaucoup de choses, remettre en cause beaucoup de choses. Peut-être m'apprendra-t-on demain que le bilan politique et moral de Chavez par exemple, sa compromission dans la sorcellerie caribéenne, dans la corruption financière etc, étaient bien pires que nous ne le pensions en 2008 par exemple. Cela n'empêchera pour autant que le travail de Vanessa Stojlikovic sur les missions sociales lancées par le gouvernement bolivarien à ce moment-là, produit à une époque où tous les grands médias rêvaient du retour des oligarques à Caracas et où la police politique des "antifas" traitait de "rouges bruns" quiconque faisait l'éloge du "social empowerment" des défavorisés vénézuéliens et du rôle du non-alignement chaviste sur la scène internationale, reste un grand moment de vérité dans l'histoire humaine, moment d'autant plus méritoire qu'il n'était soutenu que par une poignée de personnes.

Alors je sais bien que tous ces moments de vérité qui ont formé mon regard comme celui d'autres personnes n'ont pas débouché sur des mouvements politiques à la fois efficaces et honorables comme ont pu l'être le parti socialiste de Jean Jaurès dans les années 1900 (voyez ce qu'en disait Romain Rolland), ou le républicanisme de Caton d'Utique en 60 av JC (pour citer deux exemples éloignés dans l'Histoire, l'un et l'autre assez brillants, quoique critiquables comme tout phénomène humain), et ce, largement faute de leaders capables de les intégrer à leur action, et pour diverses autres raisons sociologiques. Néanmoins ces moments ont existé, et peut-être ont-ils aussi servi à "civiliser", rendre plus intelligents, plus affutés, plus courageux, les regards et donc les façon d'être au monde de diverses personnes, ce qui a été autant de garde- fous à la sottise, à l'aveuglement dogmatique, à tout ce qui peut tirer vers le bas.

Grâce aux Editions du cygne, les lecteurs disposent aujourd'hui de deux livres, un sur mon engagement de 1998-2000, un autre sur la période 2001-2015, qui reconstituent un peu le fil de mes découvertes, de mes réflexions, et les remettent un peu dans le contexte des débats et des événements de leur époque. Ces livres, écrits parfois un peu vite, valent ce qu'ils valent, comme ce blog. Je n'ai pas à les juger, ils sont ce que j'ai pu laisser derrière moi. Et puis, pour ceux qui préfèrent écouter que lire, il reste sur Dailymotion ici ma "TV Atlas alternatif" qui résumait des chroniques du blog du même nom, et qu'un certain nombre de gens, en Algérie notamment, continuent de "liker" régulièrement à travers Facebook.

Il m'arrive aujourd'hui de me demander si ce que j'ai défendu dans ce blog aura sa place dans ma présence au monde de demain, compte tenu notamment de certaines découvertes pour le moins "très originales" que j'ai faites depuis deux ans, de quelle manière, et sous quelle forme des lecteurs pourront encore recevoir quelque chose d'utile de la façon dont je tournerai tout cela. Mais, à mesure que j'écris ce billet, je me rends compte que, tout de même, des éléments de continuité demeurent. Je n'aurai peut-être pas besoin de tout remettre en cause complètement. On n'est jamais assez conscient de ce que l'on a appris. Cela entre naturellement dans notre langage quotidien, dans notre façon d'être. Il n'est jamais inutile de prendre quelques heures pour faire le point sur tout cela. C'est une étape nécessaire au déploiement du "travail" lui-même (pardonnez moi d'user ici d'un langage un peu trop "protestant", calviniste, celui du lawyer américain qui a la sueur au front comme aurait dit Roland Barthes quand il évoque les peplums dans ses Mythologies).

Merci en tout cas à ce sympathique lecteur qui valide ce que j'ai fait, quelles qu'en fussent les imperfections, et me donne envie de continuer à écrire un peu dans ces pages.

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Hugo avec les yeux de Bernanos

17 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

Je n'ai jamais trop aimé Victor Hugo, mais quand je lis l'éloge qu'en fait Bernanos, je me dis qu'au point où j'en suis lire "Les Châtiments" est peut-être la meilleure chose qu'il me reste à faire.

J'aime l'intégrité de Bernanos, le seul catholique à ma connaissance qui, tout en étant profondément monarchiste, ait su reconnaître les mérites de la gauche, et se battre pour l'Espagne rouge, pour la mémoire des Ethiopiens massacrés, et même pour Daladier et Mandel incarcérés, quand le cléricalisme virait au fascisme. Le seul mystique de la France éternelle qui ait sincèrement payé son écot aux auteurs Républicains, tout comme Montalembert en son temps rappelait au pape que les Droits de l'Homme étaient nés à l'abbaye du Bec Hellouin à l'époque de Guillaume le Conquérant, dans ce que l'Eglise avait de plus spirituel, et son inspiration anglo-normande (celle de St Anselme de Canterbury), qui fut aussi le glaive de la réforme grégorienne...

Lisons Hugo avec le regard de Bernanos, c'est ainsi peut-être que nous comprendrons mieux le destin mystique de la France, si destin mystique il y a (mais beaucoup de visionnaires semblent le déceler). Par delà tout esprit de chapelle. L'esprit de chapelle étant la mort de l'esprit tout court.

PS du 23/9/16 : J'ai lu "Stella" dans les Châtiments. Ca pue la Gnose à plein nez, le culte de la Reine du Ciel au service du progressisme. Comment Bernanos peut-il apprécier cela ? Je m'inquiète pour la hauteur d'inspiration de Bernanos que j'ai peut-être surestimée.

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Quand l'arrogance conduit à des faux-pas de campagne

12 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis

Au delà des problèmes de santé de la candidate démocrate à l'élection présidentielle... le droit qu'elle s'octroie d'insulter les électeurs... C'est un problème bien connu chez nous aussi...

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Faux référendum d'indépendance à Banja Luka, vrai indépendantisme en Catalogne

11 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

La république serbe de Bosnie-Herzégovine organise le 25 septembre prochain (dans deux semaines) un référendum annoncé depuis un an et que a presse analyse comme un référendum de sécession. La première ministre de l'entité serbe Premier ministre serbe Zeljka Cvijanovic s'en défend pourtant : non ça ne sera pas une sécession façon Kosovo ou Crimée, il s'agit seulement de se prononcer sur les prérogatives de la cour constitutionnelle de Sarajevo, accusée d'être au main des étrangers, au sein de la fédération de Bosnie. Le scrutin est une réponse à l'annulation par la Cour fédérale bosniaque de la loi décidant que le 9 janvier serait déclaré journée nationale de l'entité serbe.

"Le référendum est consultatif et ne contient pas d'agenda caché" a-t-elle martelé. Le président Milorad Dodik a confirmé cela hier.

Belgrade a fait savoir qu'elle ne veut pas influencer le fonctionnement démocratique de l'entité serbe en Bosnie et ne se prononce donc pas sur le référendum, bien que le premier ministre Vucic ait assisté aux célébrations du 9 janvier dernier. Le conseil de mise en oeuvre des accords de Dayton a conseillé aux Serbes de Bosnie de ne pas l'organiser. La Russie ne s'est pas associée à ce conseil.

Aujourd'hui en revanche Carles Puigdemont, président de la Généralité de Catalogne, est devenu le premier officie de ce rang à participer à une marche indépendantiste, dans une Espagne dépourvue de gouvernement.

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La franc-maçonnerie dans la Seconde République espagnole

7 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités

Je n'ai pris conscience du caractère maçonnique de la république espagnole qu'en apprenant à la lecture des archives de mon grand père officier de la garde civile républicaine que dans les années 60-70 les francs-maçons étaient les derniers à organiser des réunions de soutien à celle-ci à Paris rue Cadet.

La péninsule ibérique a été travaillée par l'action des francs-maçons au début du XXe siècle. Début 1908 le roi du Portugal avait été assassiné. Cinq semaines plus tôt, le 25 décembre 1907, l’abbé Tourmentin dans le bulletin de l’association antimaçonnique de France publiait un article prophétique où il disait « il est bien à craindre que, dans un temps plus ou moins court, Don Carlos déchu, chassé ou exécuté, ne soit un nouvel exemple de la puissance des francs maçons » . Et c'est dans une République largement pro-franc-maçonne que la Vierge de Fatima est apparue.

En Espagne, le soulèvement de décembre 1930 à Jaca avait été organisé par les maçons. Six semaines avant les élections municipales du 2 mars 1931, F. Coty dans le Figaro avait stigmatisé l'insuffisance de l'action anti-maçonique du gouvernement de Primo de Rivera. En 1928, une perquisition aux sièges du Grand Orient de Madrid et de la Grande Loge symbolique n'avait pas été suivie d'effets. Ces perquisition provoquèrent une mobilisation internationale contre le régime espagnol. En avril 1930 Jean Longuet, membre du comité exécutif de l'internationale ouvrière socialiste, maçon et fils d'un gendre de Marx soutient les républicains à Madrid.

Les conjurés de Jaca (dont le leader le capitaine socialiste Fermin Galán était maçon depuis 1925) et de l'aéroport de Cuatro Vientos proposaient une liste de 10 membres d'un gouvernement provisoire dont 7 francs-maçons, les 3 autres ayant seulement pour fonction d'établir des contacts avec des milieux de droite. Tous ces noms allaient se retrouver dans le gouvernement du 14 avril 1931. La revue maçonnique argentine Cadena de Union en avril 1931 (article de Manuel Gualdi) saluait cette victoire sur le catholicisme. El Liberal fait de même dans un article repris dans le Boletin oficial del grand oriente espanol (n°61, 10 décembre 1931). Le bulletin du Grand Orient allait ensuite tenter d'atténuer cet excès de publicité - qui nuisait à ses intérêts en précisant : "C'est bien clair. La Maçonnerie ne gouverne le pays" . D'où ensuite les destructions d'édifices religieux dès mai 1931.

Le député carliste Lamamié de Clairac à la séance des Cortès du 14 novembre 1936 a accusé la révolte des Asturies d'octobre 1934, comme celle de Catalogne, contre le gouvernement de droite issu des élections de novembre 1933 d'avoir été orchestrées par les francs-maçons, ce qui expliquerait que des leaders condamnés à mort en conseil de guerre comme le socialiste González Peña (pour lequel une mobilisation fut lancée par les francs-maçons) ou le catalan Perez Farras commandant de division lors de l'insurrection de Barcelone (futur conseiller militaire de Durruti) aient été graciés (en prison il aurait dit "mes frères me sortiront de là"). L'URSS a été accusée de fournir des armes aux insurgés. Le 15 février 1935, le député Cano Lopez dépose un projet interdisant la franc-maçonnerie dans l'armée. Le projet est voté mais restera lettre morte. Il citait 21 généraux francs-maçons (dont certains cependant sont devenus nationalistes pendant la guerre civile, ce qui peut signifier qu'ils n'étaient pas très lourdement investis dans la maçonnerie, ce fait mériterait d'être analysé plus avant pour savoir quelle fraction de la maçonnerie était derrière la République). Franco allait aussi accuser plus tard la franc-maçonnerie de Genève d'avoir été derrière l'assassinat du leader Calvo Sotelo (qui avait analysé publiquement la bolchévisation du PSOE) en 1936.

Cette place de la maçonnerie dans la seconde république espagnole n'est pas mise en avant dans nos livres d'histoire, mais éclaire sous un jour un peu particulier la question de l'ingérence étrangère dans les affaires espagnoles dès avant 1936.

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La trahison sous chaque pierre...

5 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

La trahison sous chaque pierre...

Le président philippin Duterte est un peu comme Donald Trump : on ne peut pas aimer le fond de sa philosophie, mais on ne peut pas dire qu'il ait entièrement tort. Quand je l'entends envoyer promener en des termes grossiers l'ONU et Obama parce qu'ils cherchent à faire pression sur lui, on ne peut pas lui donner tort, même si l'on sent bien que sa sale guerre contre les narcotrafiquants est aux antipodes de ce qu'on peut attendre d'un Etat de droit.

Même chose pour le mauvais coup que les Chinois ont fait à Obama lors de son arrivée au sommet du G20 : ce n'est pas élégant sur le plan diplomatique, mais la politique des gros biceps menée par Washington au large des côtes chinoises ne l'est pas non plus. Et voir des diplomates cyniques comme Suzan Rice malmenés par le protocole chinoise ce n'est pas une mauvaise chose...

A vrai dire je m'inquiète davantage de l'accord Erdogan-Poutine sur la Syrie. On sent qu'il marginalise l'Iran et le Hezbollah (qui ont tant versé de sang dans la guerre anti-Daech) et on peut redouter jusqu'où cela va aller dans l'écrasement des Kurdes, et la réhabilitation des cyniques - Ankara s'entend bien avec le Qatar, et Poutine rencontre les Saoudiens en marge du G20...

Il y a toujours un moment où les grandes puissances trahissent la morale. Ceux qui s'enthousiasment un peu vite pour les contrepouvoirs aux USA feraient mieux de s'en souvenir.

La trahison est une composante inévitable de la politique. Nigel Farage commence à s'en souvenir lui qui revient sur le devant de la scène politique pour mettre en garde contre les reculades de Theresa May. Ne jamais oublier que la politique est le règne du Mal, et qu'on ne s'y intéresse, par devoir, que pour que ce soit "un peu moins mal", rien de plus...

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Des choses moches...

4 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Des choses moches...

Le témoignage de cette Canadienne m'a rappelé les diverses femmes possédées que j'ai croisées au cours des cinq dernières années et grâce auxquelles, en plus de mes lectures des pythagoriciens et néo-platoniciens (façon Apollonios, Apulée, Ovide, Lucain, Plutarque), des chamaniques (façon Blavatsky), des admirateurs de la magie (façon Pauwels) et de divers livres d'historiens (sans oublier les médiums rencontrés, et les vidéos vues sur You Tube), j'ai pu commencer à comprendre quelque chose à la démonologie. Pas étonnant, remarquez, que cette jeune femme ait vécu son histoire à Cuba, quand on sait où en est le spiritisme de la santeria dans ce pays - euh, ouaih les amis du "Grand soir" la santeria n'est pas un sujet aussi "cool" que vous ne le pensez...

Bon, au nombre des autres trucs moches, il y a aussi la commémoration des massacres de septembre 1792, celui des prêtres du couvent des Carmes de Paris, que les églises lutéciennes évoquaient vendredi dernier, celui de la princesse de Lamballe, qui m'a toujours révulsé - un blog d'overblog en rappelle le souvenir en ce moment - , choses aussi fort démoniaques, même si sans aucun doute la monarchie française et l'Eglise à ce moment-là s'étaient elles-mêmes chargées de tant de noirceur qu'elles n'avaient pu que mériter en retour d'être aussi éprouvées par les Ténèbres.

Au nombre des mets vomitifs du petit monde humain voyez aussi ce sondage d'Odoxa qui sert la soupe à Macron. Quousque tandem, Catilina, abutere patientia nostra ? Dans le système hystérico-médiatique le droit à se moquer de la sottise des gens a l'air d'être complètement illimité.

Bon, promis : dans mes prochains billets je tenterai d'évoquer des sujets plus réjouissants.

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Aide aux femmes yezidies

22 Août 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le monde autour de nous, #Aide aux femmes yezidies

Comme je l'ai fait l'an dernier (voir ce billet), je publie ici les photos de femmes qui ont été libérées par Daech (Etat islamique), et qui, n'ayant plus de famille, sont prises en charge par Al-Smoqe Charity Assembly, l'association de Nareen Shammo, mais cette association manque de moyens.

Elles s'appellent Sahira, Munifa, Samira. Elles vivent aux camps Mamrashan, Sharia, Qadia, Kabarto.

Par ailleurs Nareen me signale 11 familles au camp Khanki dont les hommes ont été tous tués et qui ne reçoivent aucun soutien financier. Elles ont donc besoin de votre aide.

Si vous voulez apporter une contribution, svp contactez moi à atlasaltern@hotmail.com et je vous mettrai en contact avec Nareen.

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