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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Les militants, les pays arabes, le Mpep, news de la semaine, la morosité estivale

13 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

CIMG1218.JPGLe Dissident internationaliste me disait hier qu'il a failli être eurodéputé communiste, et même conseiller technique de la ministre Voynet à un moment où il était verdisant. Tout cela lui serait arrivé et bien d'autres choses, si la France (y compris la gauche de la gauche), sous l'empire de médias, n'était pas hypnotisée par les valeurs euro-atlantistes.  Moi, j'aurais pu faire carrière aux Affaires étrangères, où j'ai un peu bossé, et mes livres n'auraient pas été boycottés comme ils le sont partout. Si l'on faisait le compte de ce qu'ont sacrifié tous ceux qui dans les années 2000 ont osé défendre des convictions hétérodoxes, ça fait froid dans le dos.

 

Les seules bonnes nouvelles politiques sont le fait que la guerre en Libye va définitivement s'enliser dans le mois du Ramadan si l'on en croit les analystes, et puis cette interview de Nikonoff dans Libé qui se rallie sans équivoque à la sortie de l'Union européenne par l'article 49-1 du traité de Lisbonne en donnant le modus operandi (et le fait que les européistes de Libé lui tendent un micro est le signe que ça sent le roussi pour eux). Le Mpep a quand même une cohérence et une honnêteté intellectuelle (qui d'ailleurs les pousse à critiquer vertement le programme du Front de gauche sur leur site). On regrette qu'ils n'aient pas plus d'influence à gauche.

 

A part cela donc me voilà installé dans un été bien morne. Mes dernières prises de contact - y compris avec des gens connus - ne devraient pas donner de résultat avant quelque mois, s'ils en donnent. Donc pour le moment rien, rien de rien, comme tous les étés ou presque.

 

Ma petite camarade Michèle Brand publie ses analyses sur la Biélorussie dans Counterpunch. Elle peut au moins se distraire avec ça. Moi, en mai, je suis resté sur le carreau : l'ombre d'une invitation à Minsk, puis plus rien. Pas plus mal sans doute, je ne suis plus preneur de tourisme politique. Je ne sais pas si l'article de Michèle Brand est très objectif. En 2008 elle m'avait traité avec arrogance parce que j'avais dit sur le blog de l'Atlas alternatif qu'il y avait eu 2 000 morts dans la guerre d'Ossétie du Sud. Selon son article dans BRN il n'y en aurait eu que 500-900. "Moi, je cite les chiffres de Chomsky" m'avait-elle lancé, et, in cauda venenum, "je ne suis dans la main d'aucune propagande". Personnellement je continue quand même de penser que Chomsky n'est pas forcément plus fiable sur le Caucase qu'il ne le fut sur le Kosovo. Cette bataille de chiffres avait de l'intérêt car ils étaient l'indice de la violence réelle ou supposée de l'attaque de Saakachvili. Mais compter les morts est une tâche ardue.

 

Michèle à demi-mot me jugeait à l'époque "dans la main" de la propagande russe. Qui sait si elle n'est pas aujourd'hui dans celle de la Biélorussie. Je n'en ai pas la moindre idée. De la Biélorussie je ne sais que ce que m'a dit une jeune enseignante universitaire de Minsk sur Facebook et qui est aux antipodes de ce qu'en dit Michèle Brand. Mais n'y étant pas allé, je me garderais bien de juger. Après tout qui peut même savoir si cette enseignante existe réellement ou si ce n'est pas un type de la CIA qui écrit sur Facebook en son nom ?

 

Tout est possible dans le monde factice où nous vivons, comme par exemple de mettre un check point israélien à Roissy (ça s'est passé le weekend dernier), d'adopter à onze députés une carte d'identité biométrique qui rend le gouvernement garant de vos transactions commerciales (et assimile votre citoyenneté et votre statut de consommateur dans un joyeux flicage généralisé) et tant d'autres choses qui ne nous seront révélées que dans dix ans (au fait, avez vous vu sur LCP l'émission sur la Françafrique ? Marrant comme dans les documentaires après coup la poudre aux yeux tombe et on en vient à appeler un chat un chat, mais cela vient toujours bien tard, et dans des médias si confidentiels que l'ordre du monde n'en sera point troublé).

 

Tenez, dans la série morose aussi, jetez un oeil à l'interview de M. Piccinin sur les succès de Washington dans la neutralisation des Pritemps arabes. Voilà au moins quelqu'un qui ne s'embarrasse pas de préjugés médiatiques. Notamment dans son analyse de l'Iran.

 

J'envie - en le relisant - Romain Gary. Son idéalisme, ses histoires d'amour, sa recherche de l'excellence humaine. Peut-être fut-il trop instable, mais nous nous sommes devenus trop prévisibles, nous tous qui, lorsque nous aurons mal tourné, serons traités par les travailleurs sociaux avec des thérapies comportementalistes (lisez les remarques d'un travailleur social sur une émission de téléréalité à ce sujet). Un bon médicament, une bonne autosuggestion, beaucoup d'hypnose médiatique, et une puce électronique dans le cerveau, voilà : vous êtes enfin conformes à ce que l'on attend de vous !

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L'essence de la capitulation

12 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

goya.jpgExtrait de Romain Gary, La promesse de l'aube, Folio Gallimard p. 283 (1e édition 1960)

 

" Je suis sans rancune envers les hommes de la défaite et de l'armistice de 40. Je comprends fort bien ceux qui avaient refusé de suivre de Gaulle. Ils étaient trop installés dans leurs meubles, qu'ils appelaient la condition humaine. Ils avaient appris et ils enseignaient "la sagesse", cette camomille empoisonnée que l'habitude de vivre verse peu à peu dans notre gosier, avec son goût doucereux d'humilité, de renoncement et d'acceptation. Lettrés, pensifs, rêveurs, subtils, cultivés, sceptiques, bien nés, bien élevés, férus d'humanités, au fond d'eux-mêmes, secrètement, ils avaient toujours su que l'humain était une tentation impossible et ils avaient donc accueilli la victoire d'Hitler comme allant de soi. A  l'évidence de notre servitude biologique et métaphysique, ils avaient accepté tout naturellement de donner un prolongement politique et social. J'irai même plus loin, sans vouloir insulter personne : ils avaient raison, et cela eût dû suffire à les mettre en garde. Ils avaient raison, dans le sens de l'habileté, de la prudence, du refus de l'aventure, de l'épingle du jeu, dans le sens qui eût évité à Jésus de mourir sur la croix, à Van Gogh de peindre, à mon Morel de défendre ses éléphants, aux Français d'être fusillés, et qui eût uni dans le même néant, en les empêchant de naître, les cathédrales et les musées, les empires et les civilisations.

 

Et il va sans dire qu'ils n'étaient pas tenus par l'idée naïve que ma mère se faisait de la France. Ils n'avaient pas à défendre un conte de nourrice dans l'esprit d'une vieille dame. Je ne puis en vouloir aux hommes qui, n'étant pas nés aux confins de la steppe russe d'un mélange de sang juif, cosaque et tartare, avaient de la France une vue beaucoup plus calme et beaucoup plus mesurée."

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Béarn-Irlande

12 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

vall-e-d-ossau.jpgExtrait de Pierre Bourdieu, Esquisse pour une auto-analyse, Raisons d'agir, 2004 (ouvrage publié post-mortem), p.114 :

 

"J'ai découvert peu à peu, surtout peut-être à travers le regard des autres, les particularités de mon habitus qui, comme certaine propension à la fierté et à l'ostentation masculines, un goût avéré de la querelle, le plus souvent un peu jouée, la propension à s'indigner "pour peu de chose", me paraissent aujourd'hui être liées aux particularités culturelles de ma région d'origine(*) que j'ai mieux perçues et comprises par analogie avec ce que je lisais à propos du "tempérament" de minorités culturelles ou linguistiques comme les Irlandais. Ce n'est en effet que très lentement que j'ai compris que si certaines de mes réactions les plus banales étaient souvent mal interprétées, c'était peut-être parce que la manière - le ton, la voix, les gestes, les mimiques, etc. - dont je m'exprimais parfois, mélange de timidité agressive et de brutalité grondeuse, voire furieuse, pouvait être prise pour argent comptant, c'est-à-dire, en un sens, trop au sérieux, et qu'elle contrastait tant avec l'assurance distante des bien nés parisiens qu'elle menaçait toujours de donner des allures de violence incontrôlée et querelleuse à des transgressions réflexes, et parfois purement rituelles, des conventions et des lieux communs de la routine universitaire et intellectuelle".

 

(*) le Béarn.

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Des nouvelles de Mélenchon

11 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Lisez toujours le blog de Mélenchon. Vous avez le droit de ne pas aimer le personnage, de le trouver trop modéré sur certains points, trop hargneux sur d'autres, pas assez stratége, parfois de mauvaise foi, parfois confus, trop francmaçon, trop mitterrandien, trop européiste, trop que-sais-je encore... Mais il faut lire son bloc-note, car il y traite de tous les sujets importants de notre époque, notamment au niveau des aberrations économiques que vote le Parlement européen. C'est à travers lui par exemple que j'ai pris connaissance de la proposition inacceptable d'Hollande de donner force de loi aux conventions collectives. Mélenchon renseigne sur ce que les médias "omettent" de présenter ou présentent de biais, et il le fait avec une certaine élégance. Qu'on aime ou non sa rhétorique, force est de constater qu'elle lui sert plus d'une fois d'armure (un peu comme pour moi les références historiques et la philosophie), et qu'elle joue un rôle structurant pour maintenir sa réflexion au niveau qu'on attend d'un homme politique digne de ce nom.

 

Il ne manque dans ses dernières livraisons (sauf erreur de ma part) qu'une mention des démêlées judiciaires de Gérard Filoche, qui sont pratiquement emblématique du sort que les libéraux réservent à toute l'inspection du travail en France.

 

Dans le blog de Mélenchon je trouve deux points sympathiques :

- Ce passage : "je suis heureux que l’on me compare à De Gaulle l’orateur. J’ai eu ma période Malraux si vous voulez savoir, celle où pour d’autres raisons tout aussi techniques d’aucuns croyaient entendre sa voix en entendant la mienne. Et ma période Badinter. Je suis une synthèse de tout cela". Il est bien d'avouer la pluralité de ses inspirations, bien qu'ensuite le plus dur soit de former une cohérence sur cette base.

- Et cet autre à propos du site Bellaciao : "Vous trouverez disproportionné que je m’intéresse à une question aussi limitée et à des gens aussi ridicules. Mais je veux quand même le faire pour renouveler les mises en garde que je formule sur ce thème à de nombreuses occasions. Il est vital pour notre gauche de ne pas sombrer dans les délires sectaires et de sanctionner ceux qui s’y abandonnent. Le dénigrement, l’insinuation, l’injure ne doivent jamais être nos méthodes. Ces lèpres ont dans le passé autorisé les crimes les plus odieux." Une mise en garde très importante à l'heure où en effet le débat politique à gauche manque souvent de tenue.

 

Les chroniques de Mélenchon étant bien documentées et à maints égards plutôt honnêtes, leur lecture peut remplacer avantageusement celle de nombreux journaux.

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Le Jour du Seigneur/Saigneur

10 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

monastere-copie-1.jpgIl n'est pas bien de se moquer des religions, mais il faut bien admettre que les occasions d'en rire sont nombreuses.

 

Ce matin je regardais par hasard une émission protestante à la TV. Jetez-y un coup d'oeil. Elle est accessible ici pendant huit jours. Je vous recommande particulièrement le reportage sur la prophétesse Déborah. Les connaisseurs ne manqueront pas de sourire devant le décalage entre la douceur un tantinet naïve (pour ne pas dire pire) de la présentatrice Taïs (un style très répandu chez les animatrices de ce genre d'émission, y compris à la radio parisienne), et, dans une certaine mesure de la théologienne qui raconte l'histoire, et la violence du passage de l'Ancien Testament relaté. La théologienne - qui raconte la guerre, comme on raconte un conte de fée, visiblement elle n'a heureusement pour elle pas grande expérience de la chose - a beau expliquer que c'est parce qu' "il peut y avoir des représailles qui peuvent être tout à fait sanglantes pour elle et pour toute sa famille", et un risque que la victime demande "l'hospitalité sexuelle", l'une des héroïnes bibliques dont le reportage vante les mérites, Yaelle, a quand même eu l'idée étrange de saisir un marteau et un clou de tente pour planter celui-ci dans la tempe de son hôte pendant son sommeil. La théologienne, tout à son art de l'abstraction et de la désincarnation du vécu des hommes, explique que "si cette scène paraît si violente et si choquante c'est peut être seulement parce qu'elle renverse les rôles habituels" - mais oui bien sûr ! si ça avait été un homme qui avait planté le gros clou ça n'aurait choqué personne ! -.  Mais bon, on sent bien que les prédicateurs protestants (et tous les clercs chrétiens encore fidèles à la Bible) devront encore ramer pour persuader leurs ouailles que cet acte est un modèle d'héroïsme altruiste.

 

"Voilà qui laisse songeur mais y a t il une manière honorable de faire la guerre ?" demande la douce présentatrice Taïs (qui a l'air elle aussi hyper chevronnée dans l'exercice du combat martial) après la diffusion du reportage. "Plus largement comment faire aux manquements d'une société ou d'un chef d'Etat ? Faut-il se faire justice soi-même ? La révolte passe-t-elle forcément par la violence ?" ajoute-t-elle, comme si en noyant le malaise que provoque ce récit chez les âmes "pures" de notre époque dans des questions creuses comme des sujets de philo du bac, l'émission allait retrouver les "hauteurs spirituelles" qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Elle renvoie aussi à la lecture de la Bible qui racontera la fin de l'histoire : après tout, la fin justifie les moyens c'est bien connu. En se disant que finalement les Hébreux ont remporté une bataille de plus, le lecteur oubliera cette sombre histoire de crâne fracassé au burin.

 

Une bonne leçon quand même sur la quasi-impossibilité d'accorder le texte de l'Ancien Testament à la moralité éthérée des "belles" âmes (on devrait plutôt dire des âmes définitivement fermées à la réalité humaine) de notre siècle qui s'évertuent laborieusement à en défendre l'actualité périmée. Ce genre d'émission tire quand même une grosse balle dans le pied de la cause qu'elle prétend défendre...

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Ron Paul au sujet du “Belarus Democracy Act”

8 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis

 

P1020417.jpgAvant-hier (6 juillet) la Chambre des représentants américaine a examiné hier la reconduction du “Belarus Democracy Act” (loi d'ingérence dans les affaires internes de la Biélorussie/du Belarus).

 

Ron Paul (droite libertarienne) a expliqué en séance son vote hostile en ces termes :

M. le Speaker de la chambre, je m'élève en opposition contre la reconduction du “Belarus Democracy Act.” Le titre de cette loi aurait amusé George Orwell, car c'est en fait d'une loi américaine de changement de régime qu'il s'agit. D'où le congrès des Etats-Unis détient-il une autorité morale ou légale pour déterminer quels partis ou organismes politiques au Belarus - ou n'importe où ailleurs - doivent être financés par les USA et lesquels doivent être déstabilisés ? Comment est-ce que n'importe qui peut arguer du fait que le soutien des USA à un changement de régime en Biélorussie de façon ou d'autre « favorise la démocratie » ? Nous sélectionnons les partis qui doivent être soutenus et financés et est-ce que ceci est censé d'une façon ou d'autre refléter la volonté du peuple biélorusse ? Comment les Américains se sentiraient-ils si les rôles étaient inversés et un pays étranger puissant exigeait que seulement un parti politique qu'il a choisi et financé puisse légitimement refléter la volonté du peuple américain ?

 

Je voudrais savoir combien de millions de dollars des contribuables le gouvernement des USA a gaspillés à essayer de renverser le gouvernement au Belarus. Je voudrais savoir combien d'argent a été gaspillé par des organismes financés par le gouvernement des Etats-Unis comme le National Endowment for Democracy, l'International Republican Institute, Freedom House et d'autres interventions dignes de la vieille Union Soviétique dans la politique intérieure d'un pays qui n'a ni menacé ni attaqué les Etats-Unis. C'est l'arrogance de la politique extérieure de notre Establishment qui conduit à ce genre de législation schizophrène, où nous exigeons que le reste du monde se plie à la volonté de la politique extérieure des Etats-Unis et nous appelons cela « démocratie. » Et nous nous demandons pourquoi nous sommes plus aimés ni admirés outre-mer.

 

En définitive, je m'oppose fortement aux sanctions que cette législation impose au Belarus. Nous devons garder à l'esprit que des sanctions et les blocus des pays étrangers sont considérés comme des actes de guerre. Devons-nous continuer des actions qui relèvent de la guerre contre encore un autre pays ? Pouvons-nous nous le permettre ?

 

Je souhaite souligner que je prends cette position non pas parce que je soutiens le régime au Belarus, ou n'importe où ailleurs. Je prends cette position parce que c'est une folie dangereuse que d'être la nation qui s'octroie à elle-même le droit de déterminer la conduite du reste du monde. Tandis que nous chancelons et nous rapprochons toujours plus de la faillite, il devrait être d'autant plus évident que nous devions changer notre politique extérieure pour un engagement constructif plutôt que pour l'interventionnisme hostile. Et bien qu'il devrait à peine être besoin de le dire, je dois rappeler à mes collègues aujourd'hui que nous sommes la chambre des représentants des États-Unis, et non pas une sorte de congrès du monde. Nous n'avons aucune autorité constitutionnelle pour intervenir dans les affaires complètement domestiques du Belarus ou de n'importe quelle autre nation souveraine.

 


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Marie-Christine Vergiat à propos de la flotille pour Gaza

6 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Une bonne intervention de l'eurodéputé communiste

 

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Gandhi à Paris : un stalinien spiritualiste

3 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Extrait de Jules Romains (de l'Académie française), Amitiés et rencontres (Flammarion 1970, p. 66)

 

"En quelle année cela se passait-il ? Aux environs de 1930, je crois, mais cela reste un peu dans le vague.

 

Un jour il me fut adressé une demande singulière. Gandhi venait à Paris pour la première fois. Des gens organisaient une conférence de lui, qu'il donnerait dans une salle du XVe arrondissement, proche de la Seine. L'on me demandait de présider cette conférence. Mon rôle consisterait surtout à recueillir des questions que des auditeurs auraient envie de poser à Gandhi, de les lui transmettre et d'obtenir qu'il répondît.

 

Gandhi était alors un nom fort célèbre(*). On nous parlait souvent des ennuis qu'il suscitait aux Anglais dans l'Inde. On ne me demandait point de prendre à mon compte les thèmes de  sa propagande, ni même de faire un discours pour le présenter - ce qui eût été superflu. J'acceptai.

 

Je revois la salle, qui n'était pas très grande. Devant moi, sur une estrade, la table du président. Un peu  au-dessous, une estrade moins élevée, un peu à gauche, la table réservée à Gandhi. J'expliquai très brièvement à l'auditoire comment fonctionnerait le système des questions et des réponses. Pour éviter le désordre, nous avions décidé que l'auteur de chaque question la formulerait sur unbout de papier, et me la ferait passer. Je la transmettrais à Gandhi, après m'être assuré qu'elle était sérieuse et ne risquait point de troubler l'ordre public. Gandhi verrait quelle réponse faire.

 

Je me rappelle fort bien que, dans sa conférence, Gandhi tint à déclarer que les idées pacifistes et anticolonialistes qu'il allait émettre n'avaient point leur application en France, et qu'il demanderait au gouvernement français de ne point les considérer comme des attaques dirigées contre lui.

 

Il répondit dans le même sens à des questions qui lui étaient faites. Je me souviens lui avoir transmis un papier sur lequel étaient inscrits les mots suivants : "Que pensez-vous de la Russie soviétique, et des rapports que l'Inde peut avoir avec elle ?" Il répondit :

"Quand la Russie se sera spiritualisée, et que l'Inde se sera organisée, je crois qu'elles se ressembleront beaucoup."

 

Tout en somme se passa pour le mieux. Mes relations avec Gandhi n'allèrent pas plus loin"

 

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(1) NB : Gandhi fut notamment révélé en France en 1924 par Romain Rolland. Il est venu à Paris en 1931.

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Si Annie Lacroix-Riz n'existait pas...

3 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

books.gifSi Annie Lacroix-Riz n'existait pas, il faudrait l'inventer. Je ne partage pas toutes ses convictions politiques, mais je me réjouis que Normale Sup, qui produit beaucoup de Monique Canto-Sperber, ait aussi réussi à fabriquer une Annie Lacroix-Riz. Mes connaissances historiques sur la seconde guerre mondiale sont celles du sciencespoteux moyen, de sorte que je suis bien incapable de juger de la validité de ses travaux. Si je voulais jouer les mâlins je dirais que peut-être elle fait parfois un peu trop confiance aux témoignages des diplomates français - qui ne sont pas toujours des modèles de lucidité lorsqu'ils écrivent des télégrammes du pays où ils sont en poste -, et je pourrais même aller chercher la petite bête en faisant remarquer par exemple que, dans sa dernière lettre ouverte à l'Humanité Dimanche, elle parle à tort des "mémoires" de Goebbels, alors que le propagandiste d'Hitler qui s'est suicidé en 45 n'a sans doute pas eu le temps d'écrire des "mémoires", mais qu'en revanche son journal nous est parvenu, et c'était un diariste accompli.

 

Mais si je situais le débat à ce niveau je manquerais l'essentiel : l'essentiel est que cette historienne apporte de la contradiction, du pluralisme, sur un sujet archi-verrouillé par l'idéologie dominante - l'histoire de l'URSS dans les années 1930 et 1940. De la contradiction, et pas avec des arguments en l'air : de la bonne contradiction universitaire, avec force notes de bas de page, que personne ne peut s'offrir le luxe de balayer d'un revers de main méprisant (ce revers de main, cette moue pleine de morgue qu'on nous déballe si facilement quand on veut bousculer les tabous de notre temps).

 

Hommage doit être donc rendu à son travail, et ceux qui n'ont pas le temps de lire ses livres peuvent au moins, pour se faire une idée, jeter un coup d'oeil à sa lettre ouverte dont j'ai indiqué le lien plus haut dans le présent billet.

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Obscurantisme de nos provinces - le Béarn s'égare

30 Juin 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

P1010600-copie-1.jpgMa mère l'a appris par la bouche de son kyné cet après-midi, ma tante par celle d'un de mes cousins. Autant dire que tout le monde en parle en Béarn aujourd'hui, et même ne parle que de cela : on a retrouvé dans le Gave de Pau le tibia d'un jeune de treize ans découpé à la hache (on découpe beaucoup à Pau : il y a quelques années un fou coupait la tête des infirmières). Pas n'importe quel jeune : celui pour lequel le Béarn manifestait en masse à Pau le mois dernier après sa disparition. D'ailleurs le Béarn manifeste beaucoup. Hier il manifestait pour la libération des journalistes retenus en Afghanistan, quelques heures seulement avant leur libération.

 

... Par contre il ne manifeste pas contre les bombardements sur la Libye de nos avions qui ont hâché menu quelques tibias d'enfants depuis quelques mois. Pourtant il y a une Ecole militaire à Pau (celle des troupes aéroportées). Mais le Béarn est fier de fournir des bérets à l'OTAN. Sa compassion est très sélective. Celle qui ne fait pas réfléchir est celle qu'on préfère.

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Les yeux de Clara

30 Juin 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités

Clara-Zetkin.JPGExtrait des Cloches de Bâle (1934) d'Aragon (p. 423 Folio)

 

"Clara Zetkin à Bâle a déjà passé la cinquantaine. La longue vie, la longue histoire qu'elle a derrière elle, n'est rien au prix de celle qui s'ouvre à son avenir.

 

Elle n'est pas belle, mais il y a en elle quelque chose de fort, qui dépasse la femme. Plutôt petite, elle surprend par la largeur des traits. Ses cheveux sont blonds encore, et de cette espèce de cheveux lourds que ni peigne ni épingles ne peuvent jamais retenir. Le squelette du visage est marqué, puissant. On ne peut pas dans une foule faire autrement que de la voir. Elle est assez négligemment habillée, mais ce ne sont pas ses corsages rayés, ou la fourrure mal assise sur ses épaules, qui retiennent l'attention, qui l'attirent sur elle. Ce qu'il y a d'insolite, ce sont ses yeux.

 

L'auteur de ce livre a vu vingt ans plus tard Clara Zetkin presque mourante. Alors encore, à Moscou, épuisée par la maladie et l'âge, décharnée et ne retrouvant plus son souffle au bout des phrases qui semblaient chacun venir comme une flèche du passé vivant qu'elle incarnait, alors encore elle avait ces yeux démesurés et magnifiques, les yeux de toute l'Allemagne ouvrière, bleus et mobiles, comme des eaux profondes traversées par des courants. Cela tenait des mers phosphorescentes, et de l'aïeul légendaire, du vieux Rhin allemand.

 

(...) s'il me plaît, je te parlerai sans fin des yeux de Clara... Quoi ? tu croyais que j'en avais tout dit ? De ces yeux qui devaient un jour, du haut de la tribune présidentielle du Reichstag, à la veille même de la tourmente hitlérienne, parcourir posément les bancs bondés d'ennemis, mesurant l'immense travail à faire... et c'est alors que la vieille combattante annonça de sa voix calme l'avènement à venir des Soviets d'Allemagne... tu croyais qu'avec deux ou trois comparaisons j'avais épuisé ce que j'ai à dire de ces yeux ? Quand ce sont vraiment les yeux de cette vieille femme, tous les yeux des femmes de demain, la jeunesse des yeux de demain ! Avant que j'aie épuisé les images du ciel et les métaphores marines, avant que dans les abîmes et dans les clartés j'aie pris tout ce que je puis utiliser pour te donner une petite idée de ce qui peut se dire de ces aurores qui s'ouvrent sur le XXe siècle, comme des fenêtres dans l'ignorance et dans la nuit, tu devras te rendre, lecteur. Mais j'ai pitié de ta patience, et puis, il y a grand besoin aussi de ta force, à toi, pour transformer le monde. A toi aussi."

 

Dans C'est là que tout a commencé, Aragon précisait (p. 37) :

 

"Je me souviens d'une remarque que fit Marcel Cachin : il parlait de Clara Zetkin avec un petit sourire, comme un contemporain, se souvenant d'elle plus jeune, à Amsterdam en 1903, probablement. Il lui paraissait curieux, un peu bizarre, qu'en fait le socialisme, dans mon réalisme, s'incarnât sous les traits de Clara. Il ajoutait cependant avec quelque finesse que voilà, c'était ainsi qu'avec le temps choses et gens changent de caractère, et que c'était sans doute naturel que pour un homme de mon âge elle ait pris ce relief, cette valeur de symbole, ce caractère lumineux."

 

Vous savez (mais je le répète pour les nouveaux lecteurs) que je suis étranger à la culture communiste, ce qui me permet d'autant plus aisément de poser un regard neuf sur ses monuments. 

 

Dans la ville où j'officie on fait dire chaque année pour la journée internationale de la femme au maire dans son discours que Clara Zetkin est à l'origine de cette manifestation. Ce n'est pas moi qui ai lancé cette habitude. Je pense que dans les mairies communistes beaucoup doivent faire de même sans connaître les pages d'Aragon à son sujet - ces pages qui mêlent bizarrement romantisme et matérialisme historique (ce point où les yeux de Zetkin rejoignent ceux des ouvriers allemands et ne trouvent leur force qu'à travers eux, les mots d'Aragon sur Zetkin ne sont pas totalement exempts de machisme, je suppose, mais au moins ils forcent à prendre au sérieux une femme que le "petit sourire" de Cachin, et sans doute des autres dirigeants communistes de l'époque, enterrait sous un phallocratisme impérial).

 

En lisant ces rêveries, je pensais à la République démocratique allemande, une fois de plus. Je me disais que, si elle n'était pas née de l'occupation soviétique, et du viol de ses femmes comme de sa souveraineté de cette République aurait pu être porteuse de tous les rêves cultivés par les communistes de l'Europe entière avant guerre autour d'une Allemagne rouge. Le malheur du mouvement communiste international de cette époque est d'avoir eu un Hitler à la tête de l'Etat allemand plutôt qu'une Luxembourg ou une Zetkin. Mais il faut bien reconnaître que l'Allemagne se sera vraiment donné tous les moyens, et même les plus sordides, de ne jamais être rouge : de la liquidation des Spartakistes et du Soviet de Bavière par les milices d'extrême droite et la police régulière aux ordres des sociauxdémocrates aux internements dans les camps nazis. C'est sans doute là que le communisme du XXe a scellé son échec historique définitif. Marx rêvait que le pays de Hegel (ou celui de John Locke de l'autre côté de la Mer du Nord) basculerait dans le communisme. Ses disciples auront dû se rabattre sur les latitudes quasi-esclavagistes de Russie et de Chine.

 

Ci-dessous le discours de Zetkin au Reichstag le 30 août 1932. Le KPD avait progressé aux élections du 31 juillet 1932. Le 1er août Joseph Goebbels notait dans son journal : "Résultats des élections : nous avons gagné un petit quelque chose. Le marxisme beaucoup.  (...) c'est maintenant que nous devons prendre le pouvoir et éradiquer le marxisme. D'une façon ou d'un autre !" Puis le 31 août à propos de la séance du Reichstag : "Salle des séances pleine à craquer. La Zetkin ahane un long sermon. Indigne et grotesque. On a l'impression d'un théâtre de marionnettes. Puis au vote; Göring président. Remplit bien son office."

 

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Approximations médiatiques à propos de Tiananmen (1989)

30 Juin 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

On en a peu parlé, pourtant la nouvelle publié par Wikileaks et reprise dans The Telegraph le 4 juin dernier a quelque peu modifié la version officielle en Occident des "massacres de la Place Tiananmen" : en voici la traduction en français.

 

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"Wikileaks : aucun massacre à l'intérieur de Place Tiananmen, affirment des câbles diplomatiques


Les câbles secrets de l'ambassade des Etats-Unis dans Pékin ont montré qu'il n'y avait eu aucun massacre à l'intérieur de Place Tiananmen quand la Chine a dispersé des manifestations pro-démocratiques d'étudiant il y a 22 ans.
 
Par Malcolm Moore, Changhaï


Les câbles, obtenus par WikiLeaks et publiés en exclusivité par le Daily Telegraph, confirment en partie le récit du gouvernement chinois au cours des premières heures du 4 juin 1989, qui a toujours insisté sur le fait que les soldats n'ont pas massacré des manifestants à l'intérieur de Place Tiananmen.

 

Au lieu de cela, les câbles prouvent que les soldats chinois ont ouvert le feu sur des protestataires en dehors du centre de Pékin, car ils ont dû se battre pour se frayer une route jusqu'à la place depuis l'ouest de la ville.

 

Trois câbles ont été envoyés de l'ambassade des USA le 3 juin, dans les heures qui ont conduit à la dispersion, car les diplomates se sont rendus compte que l'épreuve de force finale entre les protestataires et les soldats apparaissait inévitable.


Les câbles ont décrit les « 10.000 à 15.000 hommes de troupe armés et casqués » entrant dans la ville, une partie « portant des armes automatiques ».


Pendant ce tempd, « les troupes aéroportées d'élite » et les « unités de réserve » devaient venir par le sud.

 

L'armée s'est heurtée « à un système élaboré de blocus », décrit dans un câble à partir du 21 mai 1989, qui a permis à des étudiants « de contrôler la majeure partie du centre de Pékin ».


Les diplomates ont observé que « il y avait des autobus tournés en travers des routes pour former des barrage » et les étudiants avaient juré que l'armée ne pourrait pas les traverser. « Mais nous avions des doutes là dessus», ajoute un câble. Les étudiants utilisaient aussi des équipes de motis-courriers pour communiquer avec les barrages de route, et envoyer des renforts où c'était nécessaire.


Comme les troupes entraient dedans, les câbles précisent que le personnel diplomatique ont été à plusieurs reprises avertis « de rester chez eux » à moins qu'ils ne soinet impliqués dans le reportage de première ligne. « La situation au centre de la ville est très confuse, » observait un câble du 3 juin. « Les dirigeants politiques à l'hôtel de Pékin ont rapporté que les troupes poussent un grande partie de la foule vers l'Est sur l'avenue de Chang'an. Bien que ces troupes semblent ne pas être ouvrir le feu sur la foule, on fait état de tirs à l'arrière derrière des troupes venant de la place ».


À l'intérieur de la place elle-même, un diplomate chilien devait remettre en main propre à son homologue américain le récit d'un témoin oculaire des heures finales du mouvement pro-démocratique.


« Il a regardé les militaires entrer sur la place et n'a pas observé quelque usage que ce soit d'armes pour ouvrir le feu sur la foule, bien que des tirs sporadiques aient été entendus. Il a affirmé que la plupart des troupes qui sont entrées sur la place étaient en réalité seulement armées  d'équipement anti-émeute - matraques et clubs en bois ; ils ont été soutenus par les soldats armés, » détaille un câble de juillet 1989.


Le diplomate, qui était posté à côté d'une station de Croix-Rouge à l'intérieur de Place Tiananmen, précisait qu'une ligne des troupes l'a entouré et « a faite paniquer » le personnel médical pour le mettre en fuite. Cependant, selon lui il n'y avait « aucun tir d'arme à feu de masse sur la foule des étudiants autour du monument ».


Selon les dossiers internes de parti communiste, publiés en 2001, 2.000 soldats de la trente-huitième armée, ainsi que 42 véhicules blindés, ont commencé à envahir lentement la place du nord au sud à 4.30 du matin le 4 juin.

 

Alors que, environ 3.000 étudiants étaient assis autour du monument aux héros des personnes sur la limite sud de la place géante, près du mausolée de Mao de Président.


Les chefs de la protestation, y compris Liu Xiaobo, le gagnant du prix de paix Nobel de l'année dernière, ont invité les étudiants à quitter la place, et le diplomate chilien a rapporté qu' « une fois que l'accord a été conclu pour que les étudiants se retirent, ceux ci se sont donnés la main pour former une colonne,et ont quitté la place par le coin du sud-est. » Ce témoignage contredit les rapportages de plusieurs journalistes qui étaient à Pékin à ce moment-là, qui qui décrivaient des soldats « chargeant » sur des civils sans armes, et suggère que le nombre de morts cette nuit-là serait bien inférieur aux milliers qui étaient évoqués jusque là.


En 2009, James Miles, qui était le correspondant de BBC dans Pékin alors, a admis qu'il a « donné l'impression fausse » et qu'« il n'y avait eu aucun massacre sur la Place Tiananmen. On a permis aux protestataires qui étaient encore sur la place quand l'armée est arrivée de partir après des négociations avec des troupes chargées d'exécuter la loi martiale […] Il n'y a pas eu de massacre de Place Tiananmen, mais il y a eu un massacre de Pékin ».


Au lieu de cela, le combat le plus féroce a eu lieu place Muxidi, environ trois miles à l'ouest de la place, où les milliers de personnes s'étaient réunies spontanément la nuit du 3 juin pour arrêter l'avance de l'armée.


Selon les Journaux de Tiananmen, une collection de dossiers internes du parti communiste, des soldats a commencé à tirer à balle réelle à environ 10.30 du soir, après avoir tenté en vain de disperser de la foule avec les balles de gaz lacrymogène et en caoutchouc. Incrédule, la foule a essayé de s'échapper mais elle a entravée par ses propres barrages routiers.


Les câbles indiquent également jusq'à quel point manifestations d'étudiants pour la démocratie avaient gagné l'appui populaire, et comment pendant plusieurs semaines les protestataires ont effectivement occupé la totalité du centre de Pékin, lançant un défi existentiel au parti communiste.


Un câble, à partir du 21 mai 1989, signale qu'un visiteur anonyme avait signalé au consulat des USA à Shenyang que Ni Zhifu, le Président des syndicats de Chine, avait condamné la loi martiale dans la capitale et avait averti que si les étudiants n'étaient pas  traités avec plus de respect il organiserait une grève générale des ouvriers qui paralyserait la Chine."

 

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Parfois Zizek a des mots justes

30 Juin 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

 

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