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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Jacques Vergès, Danielle Simonnet, Fidel Castro et Evo Morales, Georges Ibrahim Abdallah

25 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Bande de nuls qui lisez mes billets sans les commenter et sans en parler sur d'autres sites, contribuant ainsi à l'ostracisme dont mes livres font l'objet (je n'exclus de cette apostrophe collective que sept ou huit personnes que je connais et qui ont des raisons acceptables de rester passifs dans leur lecture de mes billets), quelques remarques en vrac sur l'actualité.

 

Tout d'abord je vous signale l'excellent documentaire de Simon Thisse sur Jacques Vergès "Moi moi moi", bien meilleur que celui de Barbet Schroeder. Diffusé sur la Cinq le jeudi 21, et accessible sur Pluzz.fr. Ca donne des envies de se rendre en Corée du Nord, et secouer la connerie de notre époque (et des lecteurs de ce blog).

 

emiliano_zapata_en_la_ciudad_de_cuernavaca.jpgUn bon point à Danielle Simonnet qui a soutenu un voeu au Conseil de Paris pour que la capitale accorde un nom de lieu public à Chavez (voeu repoussé par les socialistes, on imagine pourquoi)

 

Et puis un sujet délicat, Fidel Castro encourage Morales dans une lettre à continuer de réclamer les 400 km de littoral que le Pérou a pris à la Bolivie au XIXe siècle (avec le cuivre qui va avec) dont il estime qu'ils ne profitent qu'au capitalisme international et que Simon Bolivar n'aurait jamais accepté qu'ils soient ôtés aux Aymaras et aux Quechuas. Je ne connais pas le sujet, mais il me semble que dans cette logique, il faudra aussi demander aux Etats-Unis de restituer au Mexique la Californie et le Texas.

 

Enfin je vous invite, si vous ne le faites déjà, à vous intéresser au sort de Georges Ibrahim Abdallah, en prison depuis 29 ans. Un blog rend compte de la procédure judiciaire. La Ligue des droits de l'homme appelé à sa libération. Je vous livre ci-dessous un mot d'Angela Davis pour GI Abdallah (bon on ne l'aurait pas incitée à appeler à la libération de tous les prisonniers y compris de droit commun, son appel eût été pus crédible, mais on mettra cela sur le compte de l'ambiance de surenchère du moment) et une déclaration du prisonnier lui-même.

 

 


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To go or not to go ?

24 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Aller en Corée du Nord ? Ne pas y aller ? Soyons franc. Je n'ai trouvé dans mon entourage personne pour m'accompagner. Et puis y aller serait une forme de snobisme révolutionnaire, voire de dandysme. Même pour en faire un livre ça ne servirait pas à grand chose : juste le plaisir de casser les pieds à une caste de journalistes idiots.

 

On peut imaginer ce qu'est la vie des Nord-Coréens : d'un côté le plaisir de la communion fusionnelle autour de quelques idéaux collectifs simples, les avantages de l'égalité et des services publics gratuits, de l'autre la tristesse de ne pas exister par soi-même, de subir la bureaucratie, l'arbitraire, de ne rien pouvoir dire ou expérimenter.

 

On a déjà écrit mille livres sur ce dilemme entre holisme et individualisme. Et on ne peut pas dire que ce soit au centre de mes préoccupations, moi qui ai rêglé la question pour moi-même sur la base du premier stoïcisme grec.

 

Je ferais peut-être mieux d'aller à Chypre. Certains disent que le début de la fin de l'Union européenne, c'est là-bas...

 

Chacun a ses héros et ses anti-héros. Les européistes ont les leurs du côté des pays baltes, qui après des cures d'austérité réussie, aspirent à entrer dans l'euro. Les anti- ont Chypre qui cherche la porte de sortie. Mais Chypre a enfanté Aphrodite. On comprend que cela inquiète...

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Bon baiser d'ici d'Alain Chamfort

22 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Vous vous souvenez de ce clip de 1984 ? Du temps où Andropov dirigeait l'URSS ?

 

J'adorais cette chanson, comme tout ce qui m'ouvrait au monde (j'avais 14 ans). Je trouvais cet univers chamfortien très classe, y compris dans ses clins d'oeil érotiques (très osés, avec la nudité de la fille à la fin, très rare à l'époque). je trouvais le "Suis la ligne du parti" très gonflé. En même temps c'était un monde très éloigné du mien, un peu comme celui des revues "Lui" que je feuilletais dans les supermarchés. Monde très parisien jusque dans sa désinvolture et ses références aux troisième et quatrième degré. Je ne peux d'ailleurs pas dire que j'en sois plus proche aujourd'hui qu'à l'époque. Même s'il est devenu à certains égards plus humble, déclin national oblige.

 

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Les médias occidentaux toujours aussi glauques sur la Syrie

22 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Hier soir un kamikaze se fait sauter à Damas, et tue 42 personnes dont l'imam de la mosquée des Ommeyades cheikh Mohammed Saïd al-Bouti hostile aux djihadistes. C'est à l'évidence un crime des djihadistes (et pas le premier).

 

Mais ça embête un peu Reuters, qui préfèrerait que le régime d'Assad (allié de Bouti), ait fait le coup. Alors ils vont interviewer sur Skype "Lina Al Chami", une "militante" souvent citée par les agences occidentales. Militante de quoi, on ne sait pas trop. Il faut aller retrouver un article de RFI pour comprendre que cette fille est porte parole du "RLC" mais apparemment ce n'est pas en tant que "porte-parole" qu'elle a parlé de la mort de l'imam. Euh c'est quoi le RLC ? On ne sait pas, personne ne le dit. Peut-être trois personnes. Mme Al-Chami, c'est n'importe qui, une Mme Dupond, une étudiante Femen quelconque, on ne sait pas. Ce qui compte juste c'est qu'elle ait pu parler en anglais devant skype et qu'elle déclare péremptoirement « Le régime a éliminé Bouti. Dans l'une de ses dernières déclarations, il a dit qu'Assad était le prince des musulmans et que les syriens devait combattre à ses côtés, comme dans un djihad (guerre sainte) ».

 

L'auteur de la dépêche avait besoin d'une conclusion comme celle-là pour son papier, alors il ne s'est pas demandé ce qu'elle pouvait valoir. Il l'a juste écrite comme ça sans état d'âme, parce qu'il fallait charger Assad, cela seul comptait. Pourtant appeler au djihad contre les djihadistes, il n'y a pas que Mohammed Saïd al-Bouti qu'il l'ait fait. Le grand mufti de Damas Ahmed Badreddine Hassoun s'y est aussi essayé le 10 mars dernier. Selon la logique de Lina Al-Chami et de Reuters je suppose que celui-ci finira flingué par Assad dans un prochain attentat... puisqu'il est un allié d'Assad... D'ailleurs ce qui est pratique avec le point de vue de Reuters, c'est qu'on sait maintenant que tout attentat qui surviendra dans les semaines à venir visant des partisans d'Assad, aura pour auteur le régime syrien. Comme les attaques contre l'opposition armée sont aussi l'oeuvre d'Assad, la boucle est bouclée : tout décès par ort violente en Syrie est l'oeuvre d'Assad...

 

Ca peut peut-être aider à faire passer l'idée d'armer Al Nosra comme nous le demande (sans doute) l'Arabie Saoudite. 61 % des frnaçais y sont hostiles. Et des voix de Bayrou à Chevènement (sans oublier les Allemands) ont exprimé leur scepticisme. M. Fabius aurait bien besoin de l'aide de l'AFP et de Reuters pour faire avancer son projet... C'est vrai, les salafistes avaient été un peu trop affaiblis après notre intervention au Mali. Il est urgent de les réarmer....

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"La France byzantine" de Julien Benda

21 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités

Il y a quelques semaines j'ai attiré l'attention des lecteurs sur ce petit livre de Marcel Aymé "Le confort intellectuel" qui condamne le tournant de la pensée romantique vague et nébuleuse pris par l'Europe au XIXe siècle (et jusqu'aux années 50).

 

Je retrouve ce trait chez un auteur dont je suis politiquement plus proche, Julien Benda, et dont il faut lire "La France byzantine" paru chez Gallimard en 1945 puis réédité post-mortem l'année de ma naissance en 1970 chez 10-18. Il y dénonce le culte de l'évanescent, de l'abcons, de l'ineffable, de l'instable. De très belles formules chez Benda. Par exemple sur le principe de la disponibilité des idées : "Le dogme de la disponibilité apprécie l'idée, non pas selon leur justesse, mais selon la jouissance - la 'fruition' (p. 32) - qu'elles semblent promettre à qui s'y livre" (et combien ce principe fut employé ! surtout dans le sillage de la pensée 68). Au nom du principe de disponibilité, note Benda, il faut que toutes les idées soient disponibles tout le temps, ce qui implique une volonté de ne rien choisir, d'être dans la totalité tout le temps, le refus de l'analyse et de la distance à l'objet, le goût de l'ésotérisme avec un fort esprit de caste pour le défendre.

 

Benda note que ces fantasmes funestes de la littérature de la première moitié du XXe siècle, de Gide, Valéry, Mallarmé (qui allaient devenir ceux de la philosophie dominante de 1960 à 90) sont glacés et dépourvus d'émotion ou de générosité humaine. Il y voit le fruit d'un divorce entre littérature et intellectualisme que le classicisme français avaient réconciliés.

 

Il est toujours bon de revenir à la critique de l'évolution de l'histoire littéraire de notre pays et de l'Europe (que notre pays influença beaucoup, tout en étant influencé par elle). Car la littérature a forgé notre philosophie, et l'ensemble s'est infiltré dans divers aspects de la vie sociale (les valeurs politiques, les rapports sentimentaux etc).

 

p1000207.jpgJe ne suis pas sûr que les contre-révolutions rationalistes façon Bouveresse ou Chomsky puissent contrebalancer un jour cette dérive de deux siècles.

 

Ce serait pourtant nécessaire dans divers domaines comme la politique. Je lisais récemment des billets, sur les meurtres de chefs d'Etat commandités en Occident, ou sur l'hostilité des Français aux livraisons d'armes à la Syrie, qui heurtent le romantisme politique pro-occidentaliste (celui d'un Cohn-Bendit si l'on veut), tout en pouvant favoriser à l'excès le romantisme anti-occidental (et ses délires complotistes). Voilà des domaines où l'auto-discipline rationaliste doit fonctionner à plein rendement. Et dans ce domaine l'héritage de Benda est précieux.

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Les gardiennes du sexuellement correct

20 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Sur le mur d'un correspondant sur Facebook, j'ai trouvé le point de vue de l'ex-star du X Ovidie à propos des Femen. Un point de vue assez modéré et plein de bon sens.

 

Ovidie, 33 ans, est une illustration de la question de la reconversion des stars du porno dont parle Trachman dans son livre (et dont elle même parle dans le documentaire "Rhabillage"). Quand on parcourt l'accroche de ses billets sur metrofrance, on se rend compte que, comme c'était le cas auparavant avant Brigitte Lahaye, ils véhiculent pour la plupart un discours assez normatif sur ce que les filles doivent faire et ne pas faire. Elle cherche toujours à délimiter le bon goût. C'est sans doute un condition de légitimité du "féminisme pro-sexe" dont elle est une des fondatrices en France (je pense qu'à cette mouvance on peut rattacher Marcela Iacub et Morgane Merteuil). Bizarre quand même que, dans ce domaine pour affirmer une valeur il faille critiquer les égarements des autres. C'est peut-être un symptome de l'hypernormalisation des positions libertaires dans nos sociétés.

 

 

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Stand by

19 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Ma position personnelle est très simple : j'ai rendu des services, je n'en rends plus. J'ai rendu service aux bombardés des Balkans et d'ailleurs mais ils (ou du moins leurs représentants en France) s'en sont foutus, j'ai rendu service au Front de gauche en allant servir un de ses maires en banlieue (sans aucune suite depuis lors), en rédigeant un programme de politique étrangère pour cette mouvance que ses responsables n'ont même pas eu la courtoisie de commenter, au journal Bastille-République-Nations en écrivant des articles pour eux, à telle ou telle personne en faisant telle ou telle chose, à tel éditeur en écrivant des journaux de voyage pour lui etc. Bref, j'en ai beaucoup fait pour les autres. Passé 40 ans, j'arrête les services. J'ai ma position, et j'attends que les autres y viennent, s'intéressent à elle en tant que telle, non comme faire-valoir de leurs propres idées ou de leurs propres ambitions. chreibenCette position s'exprime sur mon blog, avec son style propre, sa propre manière de poser les problèmes. Mon manuscrit sur mes 15 ans d'engagement (celui dont personne ne veut) est chez un éditeur. Je ne sais pas s'il va être publié. Si cet éditeur s'y intéresse ce sera une première : la première fois que quelqu'un vient soutenir ma vision à moi, et ne se borne pas à ce que j'aille appuyer la sienne. Un soutien éditorial peut donner un statut à ma démarche, et une perspective d'amplification de mon action.

Mais rien n'est acquis là dessus, et même nous en sommes loin. Tant qu'il n'y aura pas de soutien éditorial à mes écrits, je me contenterai d'un bricolage anecdotique sur ce blog.

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Théroigne de Méricourt, Claire Lacombe, 1789, et les folies du XVIIIe siècle

18 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XVIIIe siècle - Auteurs et personnalités

Le 12 février dernier sur la chaîne "Public Sénat" M. Jean-Pierre Sueur, président de la commission des lois, universitaire normalien et amoureux de Péguy, donnait la parole au psychanalyste Daniel Sibony sur le mariage homosexuel au nom de sa sympathie pour cette "science" et du refus de voir les pouvoirs publics disqualifier une "science" plutôt qu'une autre. M. Sibony critiquait la disparition des mots qui reliaient le mariage à la différence sexuelle et s'inquiétait du refus de l'autre sexe comme principe structurant de l'homoparentalité. Jean-Pierre Winter interpelait sur le risque de "mensonge d'Etat" qui passe sous silence la filiation naturelle. Dans l'ensemble les psychanalystes invités au Sénat insistaient sur le côté un peu "stalinien" du projet de loi qui veut changer les mots à défaut de pouvoir changer le réel. Sauf Mme Roudinesco qui à l'assemblée nationale comme au Sénat soutenait le "mariage pour tous".

 

Je me demande s'il est bien légitime d'offrir pareille tribune à la psychanalyse, mais cela semble courant dans les deux assemblées sur les sujets de sociétés, et la présence de parlementaires normaliens sert sans doute à cela.

 

En parlaint d'Elisabeth Roudinesco, je lisais hier son "Théroigne de Méricourt" (1989), principalement pour combler mes lacunes sur le premier féminisme de 1789.

 

D'un côté son travail est trop unilatéral à mon goût, trop favorable à l' "héroïne" du livre, là où il eût mieux valu examiner à fond les points de vue de ses adversaires, mais que voulez vous la recherche française est ainsi faite depuis 30 ans, surtout chez les quasi patrons de PME médiatique comme Mme Roudinesco qui se doivent de briller auprès de leurs pairs plutôt que d'examiner sous tous leurs angles les faits dont ils prétendent rendre compte (l'absence de la culture des faits est pour beaucoup entre autres dans nos emballements pour ou contre les guerres, encore aujourd'hui, mais je ne m'étends pas, ce point ayant été déjà longuement développé sur ce blog).

anII

 

Néanmoins dans ce livre on découvre des choses intéressantes. La menace du césarisme présente dès les premières phases de la révolution (La Fayette, Dumouriez). La sagesse de l'empereur d'Autriche Léopold à l'époque de la révolution française qui avait fait abolir la peine de mort en Belgique, sauf dans les cours martiales, preuve que les gouvernements de droit divin inspirés par les philosophes pouvaient donc sur certains points aller bien plus loin dans le libéralisme que les démocraties (la France n'abolit la peine capitale qu'en 1981). Son fonctionnaire Le Blanc fut bien mal récompensé de sa probité Théroigne de Méricourt qu'il sortit de la geôle où les aristocrates français l'avaient fait jeter dans le Tyrol. La présence dans la révolution française du côté des "patriotes" de gens complètement paumés et folkloriques un peu partout - comédiens ratés, aristocrates déchus etc - dont la belge Théroigne de Méricourt, avec sa démence latente que la Terreur montagnarde ne fera qu'exacerber, est un exemple frappant. Le sexisme évidemment qui finit par reléguer les femmes au rang de furies terroristes à défaut de leur accorder des droits politiques (voir le cas de Claire Lacombe, il faudrait que je relise ce qu'Horkheimer écrivait sur elle), mais le FLN ne fit-il pas, mutatis mutandis, la même chose avec les combattantes algériennes dans les années 60 après avoir exploité leur ardeur belliqueuse ? (je dis bien mutatis mutandis car aujourd'hui l'assemblée nationale populaire algérienne accueille heureusement de nombreuses femmes).

 

Le récit de Roudinesco me fait relativiser le révisionnisme de Châteaubriand et Bernanos qui décrivent la noblesse française comme très ouverte au changement. Révisionnisme honnête dans le cas de ces deux personnages, surtout le premier, qui ont été sincèrement désireux de redorer le blason de la révolution dans leur milieu familial qui la détestait, et révisionnisme auquel j'ai failli croire en me fondant sur des cas isolés comme les grands parents de Georges Sand, mais, quand on voit les abjections dont les royalistes parisiens et les émigrés furent capables à l'encontre d'Anne-Josèphe Théroigne, on comprend que l'esprit de la noblesse, malgré le "potlatch" de la nuit du 4 août, n'était pas ce qu'il y avait de plus vertueux et de plus fiable pour construire une nouvelle France. En parlant de "potlatch" (car cette nuit du 4 août reste quand même un cas de délire collectif particulièrement mystérieux), voilà qui nous renvoie aussi à ce que j'ai dit plus haut des personnages "folkloriques", et qui fait penser à cette année 1789 où le vin coulait à flot qu'évoque Bernanos (et qu'il oppose à la grisaille du XIXe siècle). Il y avait dans le XVIIIe siècle français et européen, du côté des nobles (conservateurs ou progressistes)  comme de la bourgeosie, beaucoup de spontanéité irrationnelle des sentiments (ce qu'on retrouve aussi dans les mémoires de Casanova) et de folie qui nous rendent cette époque très exotique, et expliquent aussi une bonne part de ses audaces politiques, scientifiques et philosophiques, dont la nôtre, malgré ses crédos "constructivistes" (façon gender theory), technicistes (façon transhumanisme), et ses provocations à deux balles (façon Femen) est au fond bien incapable...

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Sortir L.Fabius de l'alignement atlantiste

14 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

faby.jpgEn Syrie, nous devons rester neutres, nous n'avons pas le choix. Entre Assad et Al Qaida il ne faut pas choisir. Mais quelle mouche pique alors M. Fabius de vouloir imposer au forceps (avec son homologue britannique), contre une Allemagne réticente, des livraisons d'armes à l'opposition ? Que veut-on ? L'éclatement de la Syrie entre régions alaouites et sunnites ?L'affaire ouvre en tout cas à l'ex-journaliste du Figaro Magazine Vernochet les portes de la radio iranienne.

 

Au Venezuela je trouve l'ambiance bizarre, entre la dévotion (la volonté d'embaumer Chavez, mais qui se manifeste trop tard paraît-il), la rumeur lancée par Maduro selon laquelle l'extrême droite floridienne veut flinguer l'opposant Capriles (cela rappelle celle sur le plan de Sarkozy pour tuer Chavez), et le attaques de Capriles justement contre la famille de Chavez. La politique n'a pas bon goût ni bonne odeur là-bas, je redoute un après-Chavez particulièrement délétère, d'autant que le pétrole va s'en mêler (Maduro a confirmé l'intention de réorienter le pétrole vénézuélien vers la Chine).

 

En Irak le régime de Maliki demande aux USA des Patriots, tout en signant des contrats pétroliers avec la Russie... Et en Afghanistan KarzaÏ insulte ses patrons américains.

 

Toutes ces sources d'instabilité devraient inciter la France à se dégager de son alignement sur les Etats-Unis pour construire une diplomatie originale... Au lieu de cela elle n'hésite pas à couvrir aujourd'hui la répression à Djibouti, comme elle l'a fait au Bahrein en 2011 poursuivant la logique de Realpolitik atlantiste qui nous aliène l'estime des puissances émergentes et de leur opinion publique. Comment faire sortir M. Fabius de cette ornière ?

  

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Francisco Primero

13 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

L'Amérique latine pleure encore Hugo Rafael Chavez Frias. Mais peut-être trouvera-t-elle un semblant de réconfort dans le spectacle des gestes simples de ce nouveau pape argentin qui choisit le nom du saint qui parle aux oiseaux et, au balcon de la place Saint Pierre, commence son pontificat par un humble Pater Noster, la plus sobre des prières, celle de la modestie. Je ne connais rien de ce pape. Mais ces premiers gestes me plaisent.

 

Bon, au fait, pour les moins de 25 ans qui tombent sur ce blog et n'ont aucune formation religieuse (et pour la traductrice de TF1 qui visiblement n'a jamais récité aucune des grandes prières catholiques, cf ci dessous), voici un cours de rattrapage en images, qui résume en 15 mn les Evangiles, signé Olaf Encke et Claudia Romero... (après on dira que je ne fais pas d'efforts pour éduquer la jeunesse...). Bon on n'est pas obligé d'aimer cette histoire de l'agnus dei dont Marie de Magdala est la véritable héroïne, bien-pensance féministe oblige (un des auteurs allemands du court-métrage s'en explique ici)... Moi personnellement dans le genre romanesque je préfère les évangiles apocryphes, chacun son truc...

 

   
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Emmaüs-Lescar vu par TF1

11 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

Samedi TF1 consacrait, à une heure de grande écoute, un reportage (voir ici) au village d'Emmaüs-Lescar que j'ai visité en décembre. Attention, en 8 ème minute vous aurez de la pub (TF1 oblige). Je vous rappelle les débats sur Emmaüs -Lescar que nous avons eus sur ce blog ici

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Henri Lefebvre et les périphéries

10 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités

Aucun lecteur de ce blog ne réagit jamais quand j'essaie de défendre une spécificité du "regard périphérique" et de décrire ce qu'il est en France. Voici ce qu'en disait le philosophe marxiste Henri Lefebvre chez Chancel  ici, aussi longtemps que l'INA qui fait des bénéfices avec des émissions payées par ls impôts de nos parents voudra bien le laisser sur le Net en accès libre). On peut aussi regarder ceci sur You Tube.

 

 

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Tic, tac, tic, tac...

9 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

J'oscille ce soir entre ma lecture de Marcela Iacub ("Par le trou de la serrure", un livre aux théories juridiques séduisantes mais que je soupçonne d'être fausses), celle de Bernanos ("La France contre les robots", un livre plein de charme), mon projet de me rendre en Corée du Nord (la seule chose valable à faire au point mort où se trouve mon oeuvre littéraire, en plus mon éditeur habituel est toujours partant pour me laisser publier un livre sur ce pays chez lui, et je crois que ce serait utile pour mes lecteurs).

 

kim-jong-il

Un ami m'envoie la prose d'un banquier libéral (un certain Philippe Villin) qui supplie la France de sortir de l'euro pour relancer ses exportation, prédit à défaut une dérive à l'italienne ou à l'espagnole, et la désignation apocalyptique d'un Pascal Lamy en remplacement d'Ayrault pour jouer les Monti-bis, bref, après cela on tremble pour l'avenir de l'Europe occidentale dans les deux ans qui viennent : l'avion est pris dans la tempête.

 

A part ça je mâchouille aussi mon ressentiment de voir mon village natal de plus en plus indifférent à sa propre histoire (impossible de trouver dans sa bibliothèque le moindre ouvrage sur son histoire). Tous ses habitants viennent d'ailleurs (car on ne choisit plus sa résidence qu'en fonction du prix du mètre carré, pas de ses attaches originelles) et se moquent de la profondeur historique du passé. Je n'avais pas anticipé cette évolution. Les maisons sont les mêmes, plus les gens 026- 1992 (29.8.92-24.11.92) 204qui les occupent. C'est comme être entouré soudain de gens qui ne parlent plus votre langue.

 

Ca me renforce dans l'idée d'aller me promener en République démocratique populaire de Corée avant la tempête nucléaire (mais non, elle n'aura pas lieu, j'en suis presque sûr), à moins que j'aille plutôt rendre visite à ce cultivateur du pays de Caux membre du NPA qui proclame sur Facebook son amour de Pasolini. J'ai besoin de me retrouver dans un temps qui avance au ralenti. "Vos filles et vos fils peuvent crever : le grand problème à résoudre sera toujours de transporter vos viandes à la vitesse de l'éclair. Que fuyez-vous donc imbéciles ? Hélas c'est vous que vous fuyez, vous-mêmes - chacun de vous se fuit soi-même, somme s'il espérait courir assez vite pour sortir enfin de sa gaine de peau... On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. Hélas ! la liberté n'est pourtant qu'en vous imbéciles !" (La France contre les robots, p. 82) Aujourd'hui, on ne cherche même plus à transporter "sa viande" juste "sa tête", dans un zapping mental et internautique aussi absurde que l'obsession du déplacement physique qui caractérisait le XXe siècle.

 

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ps : au fait sur les femmes en Béarn, un billet auquel je n'adhère qu'à moitié, mais dont je reparlerai à l'occasion, ici

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Touched by the hand of God

7 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le camarade Chavez reviendra-t-il à la fin des temps avec le Christ et le Mahdi pour juger les vivants et les morts comme l'a annoncé hier le président de la République islamique d'Iran Mahmoud Ahmadinejad ?(*)

 

partic.jpgLes amateurs d'Apocalypses peuvent en anticiper une prochaine de l'autre côté du globe en tout cas. Le site pro-nord-coréen en France chargé de propager la pensée du Juche http://juchefrance.org/ n'existe plus, malgré nos méritoires efforts en 2010 pour le faire connaître, mais il nous reste la presse nord-coréenne pour nous faire accéder directement à la pensée des dirigeants de ce pays.

 

Voyez cette dépêche, c'est beau comme la Chevauchée de Walkyries :

 

"Un rassemblement de l'armée populaire de Pyongyang  a eu lieu sur la place Kim Il Sung jeudi pour soutenir la déclaration d'un porte-parole du commandement suprême de l'Armée populaire coréenne (APC) [celle qui annonçait des frappes préventives nucléaires de la Corée du Nord sur les Etats-Unis].
     Etaient présents Kim Yong Nam, Choe Yong Rim et d'autres officiels majeurs du Parti et de l'Etat des responsables du parti, les forces armées et les organes du pouvoir, des organisations de travailleurs, des ministères, des institutions nationales et scientifiques, éducatives, littéraires et artistiques, de la santé publique et des médias , les personnes des services de l'APC et des forces du peuple coréen de sécurité intérieure et les fonctionnaires et les travailleurs des institutions, des établissements industriels et des fermes à tous les niveaux, des enseignants et des étudiants des universités et des collèges, ici, plus de 100 000 en tout.
     Présents là sur invitation se trouvaient aussi des délégations des Coréens d'outre-mer, des compatriotes, le chef de la mission à Pyongyang du front anti-impérialiste démocratique national, les agents diplomatiques et les membres des  corps des attachés militaires ici et d'autres invités étrangers.
     La déclaration a été lue et suivie par des discours.
     Les orateurs ont déclaré que la déclaration traduit la volonté de tous les militaires et des personnes civiles de remporter une victoire certaine au plus tôt dans la bataille finale décisive vo,tre les brigands américains
impérialistes qui travaillent dur pour usurper la dignité et la souveraineté de la RPDC (République démoratique populaire de Corée).
     Ils ont prévenu que les impérialistes américains et les fauteurs de guerre sud-coréens doivent bien comprendre qui est leur rival et quel sort misérable les attend, et être pleinement conscients du fait qu'ils n'ont pas le monopole du droit à une attaque nucléaire préventive.
     Si les États-Unis et leurs marionnettes de guerre  apportent les sombres nuages ​​de la guerre nucléaire et le font planer sur cette terre, l'armée et le peuple de la RPDC ne manqueront jamais l'occasion de balayer les agresseurs de la terre et de glorifier cette année qui marque le 60e anniversaire de la victoire dans la Guerre libération de la patrie comme une année historique de la réunification du pays, ont-ils souligné."  7 mars 2013

 

(*) il a été la star des funérailles d''Hugo Chavez deux jours plus tard voir ici

 

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"Esa ola ya no parará más"

6 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Franchement je n'ai presque pas écouté les commentaires des médias sur la mort de Chavez. Il suffisait de laisser traîner l'oreille pour entendre les crétins de journalistes parler de l' "autocrate", du "démagogue" de l' "ami d'Ahmadinejad" etc. Je n'ai pas relevé. Je sais qui sont ces gens, quelle est cette caste. Je savais qu'ils diraient cela. Et ça n'a aucune importance. C'est faire un trop gros cadeau à ces imbéciles que d'écouter leurs mots.

 

concentrAu milieu de tout cela, il y avait la voix de Mélenchon. La faiblesse et les maladresses de Mélenchon. Il a critiqué ceux qui n'ont aucune décence devant la mort d'Hugo Chavez. Sa faiblesse ? Parce qu'il a dit qu'il ressentait aujourd'hui, Mélenchon, la "haine des puissants", une haine qu'il partageait avec Chavez. C'est faible, c'est maladroit, parce que c'est exactement ce que ses adversaires attendent : qu'il s'enferme dans le rôle de l'homme fiéleux, de l'homme du ressentiment comme dirait Nietzsche.

 

f_te_de_l__huma_2006_008.jpgMais j'ai de l'affection pour cette faiblesse à cet instant précis, justement parce qu'elle n'est pas stratégique, pas "marketing", pas dictée par un "spin doctor". C'est le faux-pas de celui qui a un système planétaire contre lui et qui pleure la mort d'un camarade de combat. Quand le camarade meurt on ne doit pas commettre d'erreur, car c'est un grand moment de vulnérabilité collective. Et pourtant il faut qu'il y ait l'erreur à ce moment-là, le mot inopportun, l'aveu de faiblesse, sinon cela signifie que l'on est inhumain, que l'on suit le programme d'une machine.

 

Le Parti Communiste de russie sous-entend que Chavez a été assassiné. "Oh les vilains complotistes" dira-t-on. Moi je ne sais pas si Milosevic, Arafat, Chavez, ont été assassinés. Mais peu importe. On sait que les individus ne peuvent pas grand chose contre les systèmes. Milosevic n'était pas anti-système (et je n'avais guère de sympathie pour lui), Arafat l'était un peu plus (et je l'appréciais plus), Chavez totalement. Mieux vaut pour un pays avoir un Fidel Castro pendant 50 ans qu'un Chavez pendant 14, mais 14, de toute façon, c'est déjà beaucoup. Ce qu'il faut c'est qu'il y ait une jeune garde qui sache reprendre le fambeau. Existe-t-elle à Caracas ? Je ne sais pas.

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Mais oui, c'est cela qui compte le plus : que la société reste en ébullition malgré le décès du premier dirigeant révolutionnaire, qu'elle continue à produire des génies.

 

Je parcourais encore récemment un livre de ce vieux réac de Bernanos devenu complètement anarchiste sur le tard, qui voulait réconcilier la Révolution et sa monarchie à lui. Il considère la Révolution de 1789 qu'il appelle le "Grand mouvement" (une expression qu'utilisaient ses contemporains parait-il) comme un débordement d'optimisme, le point le plus avancé de l'esprit de générosité de la France, unissant peuple et aristocratie (dans la nuit du 4 août et la Fête de la Fédération) aux antipodes de l'esprit de haine et de revanche, quelque chose que seul le pays dont toute l'Europe reconnaissait à l'époque la supériorité culturelle à l'époque pouvait réussir, et qui n'eût pas son pareil par la suite.

 

Je ne sais pas si la Révolution française fut cela, mais il est clair que c'est de cela que toute révolution doit s'approcher : un mouvement perpétuel, ouvert, toujours prêt à aller de l'avant, et qui charrie chaque année de nouveaux génies et de nouveaux soldats de l'an II. Je souhaite à la révolution vénézuélienne post-Chavez d'être comme cela aussi.

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