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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Mali

12 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Les anti-impérialistes dogmatiques vont se réjouir (en fait ils s'en réjouiraient s'ils ne nourrissaient pas pour la plupart une haine épidermique à l'égard du personnage) des réticences de forme et de fond de M. Mélenchon à l'égard de l'intervention militaire française au Mali.

p1000121.jpgCependant pour ma part je ne vois pas du tout comment on peut s'opposer à cette intervention, qui vient seulement corriger les erreurs commises lors d'une autre intervention, qui, elle, n'aurait jamais dû avoir lieu, celle que nous avons faite en Libye, laquelle est à l'origine directe de la dictature des Frères musulmans et des salafistes au nord du Mali.

Bien sûr, comme l'a reconnu lui même le général Carter Ham, commandant de l'Africom, l'option militaire est mauvaise, et d'ailleurs l'équipe remaniée d'Obama n'est pas réellement de nature à l'encourager bien qu'elle ait consenti à apporter un soutien à la France en tant que de besoin. On sait que cette intervention nous conduit à soutenir une junte militaire assez antipathique à Bamako, et que l'on risque de s'engluer dans un spirale de guerre dont nous ne connaissons ni le terme, ni les effets secondaires dans le Sahel (à l'encontre du Niger, de la Mauritanie, de l'Algérie même qui, lors de la visite de Hollande avait convaincu ce dernier de miser sur la bonne volonté d'Ansar Dine, dont on a vu sur le long terme ce qu'elle valait). Mais quiconque connaît le Mali sait que la tyrannie d'Ansar Dine ou des factions salafistes était la dernière chose dont ce pays avait besoin. Or l'offensive sur le centre du pays annonçait ce désastre. Il est douteux que les troupes de l'Union africaine ou de la CEDEAO eussent été d'envergure à s'y opposer quand on connaît les dissensions qui travaillent ces pays depuis six mois sur le dossier malien. Invoquer la priorité de l'opération militaire africaine comme le fait Mélenchon me paraît aussi irresponsable que son soutien naguère à la zone d'exclusion aérienne en Libye, ou aux couloirs humanitaires en Syrie. Du pur pharisianisme. Ainsi cet homme politique que j'apprécie par ailleurs est toujours décalé en matière de politique étrangère, interventioniste quand il ne faut pas l'être, anti-ingérence quand l'ingérence devient le moyen inévitable de réparer (un peu) les erreurs du passé récent.

L'ingérence française (et européenne, car d'autres pays suivent semble-t-il) est mauvaise, sans doute, mais, comme la démocratie selon Churchill, c'est la pire des options à l'exclusion de toutes les autres, autrement dit, en réalité, la moins mauvaise.

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Fin de semaine

11 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Toujours convaincu que les blogs ne servent à rien, je termine juste la semaine en vous fournissant le "Top 3" des articles les plus lus sur ce blog depuis un mois

1. Article Femmes noires, regards de Blancs  

2. Article A serbian film - la Serbie snuff et hardcore  

3. Article Dictionnaire français-béarnais (d'un parler populaire mélangé) 

Les habitués de ce blog seront peut-être surpris. Je pense qu'il s'agit plutôt d'articles consultés par des visiteurs de passage.

A part ça, j'ai rencontré les Femen cette semaine. Assez inconsistantes à tout point de vue. Je ne crois pas du tout qu'elles soient payées par la Fondation Soros. Les locaux qu'elles occupent sont vides. Aucune trace de richesses. De toute façon, leur noyau dur c'est 5 personnes, et 5 autres activistes occasionnelles (rarement les mêmes) qui les rejoignent ponctuellement. Plus de cameramen à leurs entraînement que de militantes. Bref : du vent, qui ne tient que par la soif des journalistes de faire des images. 

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Bonapartisme(s)

9 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Le bonapartisme est un phénomène très intéressant à examiner dans nos systèmes politiques modernes. La tradition marxiste l'a examinée dans sa dimension historique première - le coup d'Etat militaire qui vient rassurer le peuple au terme de l'anarchie révolutionnaire (problème très important et sans solution évidente). Mais au fond ce phénomène se prolonge sous diverses formes non-militaires et/ou en dehors des périodes révolutionnaires.

 

napoleon.jpg

Le boulangisme en France ou le chavisme au Venezuela furent des phénomènes bonapartistes très largement militaires (du fait de la fonction de leur leader et de la nature des forces sociales qu'ils étaient susceptibles de mettre en branle) mais hors période révolutionnaire. Le gaullisme aussi. Mais il y eut aussi des bonapartismes non militaires comme le stalinisme (Trotski a mon sens eût raison de désigner comme tel le putsch de Staline et de sa bande au sein du PC soviétique) et, d'une manière générale, tout populisme reposant sur le charisme d'un chef (et non sur l'esprit de discussion rationnelle d'une direction collégiale) peut être qualifié de bonapartiste : le berlusconisme en Italie, le régime de Saddam Hussein en Irak (en tant que la famille Hussein avait fait main basse sur le Baas, si l'on me pardonne cette alitération), celui de Berlusconi en Italie ou celui de Loukachenko en Biélorussie (Loukachenko, outsider étranger au PC biélorusse devenant le héros de sa nation, comme Smirnov en Transnistrie). Il y a des bonapartismes soutenus par l'armée, d'autres par les banques. Je me souviens de Bourdieu qualifiant de "putsch bonapartiste" ou de "18 Brumaire" contre les institutions académiques les interventions des philosophes médiatiques à la BHL.

 

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Le bonapartisme est un phénomène ambigu qui résulte du goût de l'humanité pour les individualités fortes qu'elles désignent comme leur chef (un goût que nous avons en commun avec beaucoup d'autres primates, et qui est donc probablement génétique), et de la médiocrité (voire de la paralysie) souvent avérée des mouvements reposant sur des logiques plus collégiales (du fait notamment que ne s'y affirme aucune personnalité d'envergure - comme le gouvernement Ayrault aujourd'hui, si l'on veut).

 

Le bilan de chaque forme de bonapartisme constatée dans l'histoire est toujours très complexe à réaliser. Leurs dérives monarchiques ou tyranniques ont toujours été dénoncées (surtout dans les contextes de difficultés économiques ou de défaite militaire, la "mégalomanie" du leader devenant le bouc émissaire (et le bouc émissaire pas toujours innocent), des problèmes rencontrés. Il est toujours difficile de savoir après-coup, si le bonapartisme a sauvé le pays (son indépendance, son système social etc) ou s'il l'a affaibli, s'il l'a fait progresser et régresser socialement, économiquement, etc (les systèmes bonapartistes étant souvent tantôt "sociaux", tantôt plus enclins au compromis avec le pouvoir financier, et souvent très propices à la corruption, mais on ne sait pas s'ils sont nécessairement plus corrompus que, par exemple, les Républiques libérales). Ils sont solides en tant qu'ils dynamisent souvent beaucoup de secteurs sociaux, notamment les plus dominés (songez à l'énergie déployée par le petit peuple français pour aller se battre pour l'Empereur... et apporter le code civil en Europe de l'Est), fragiles aussi en tant qu'ils dépendent des faiblesses humaines du dirigeant (et disparaissent avec lui).

 

On ne peut pas nier, je crois, que le bonapartisme accélère l'histoire. Il débloque des situations stagnantes, lorsqu'il bouscule les oligarchies et les vieilles aristocraties impotentes. Mais c'est toujours un pari risqué qui peut entraîner, in fine, des pertes collectives bien supérieures aux gains. Je ne crois pas que la France ait beaucoup perdu dans le bonapartisme de Napoléon Ier, ni le Congo avec celui de Mobutu, par exemple (surtout si l'on compare avec ce qui a suivi). Il fut en revanche désastreux au Panama, avec Noriega (mais en partie à cause des obstacles posés par les puissances étrangères). La perte principale (qui fait qu'un esprit de gauche hésite toujours à soutenir le bonapartisme, ou n'accorde son soutien qu'à des Bonaparte dont la vertu civique et la fibre sociale paraissent assez avérées) tient bien sûr au fait que plus encourage le culte du charisme personnel dans une société moins on se donne les chances d'avoir un humanité plus autonome et rationnelle à long terme. Si bien que le bonapartisme, pour un esprit de gauche, ne peut être, au mieux, qu'un expédient.

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Les Etats-Unis à l'époque de Châteaubriand

6 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XIXe siècle - Auteurs et personnalités

chateaubriand.jpgIl y a chez Châteaubriand sur les Etats-unis (qui comptaient moins de douze millions d'habitant s lorsqu'il écrivait ses Mémoires d'Outre-Tombe), des considérations assez  peu surprenantes : leur inculture, l'isolement communautaire de chaque groupe de migrants. Et des anticipations qui semble-t-il crevaient les yeux dès cette époque entre Républiques "à l'antique" (esclavagistes) au Sud, et "modernes" (salariales) au Nord.

 

Et puis des remarques plus inattendues sur le côté "peu tapageur" de la révolution américaine (que l'auteur compare à celle des Suisses, qui sont alors un peuple pauvre, peu susceptible de faire école en Europe), sur l'obligation pour les nouveaux riches de dissimuler leur fortune dans un pays qui croit encore en l'égalité (et qui en a besoin pour fonder son ordre politique), enfin sur l'absence de sens de la famille chez ces migrants qui doivent livrer leurs enfants au salariat dès le plus jeune âge (ce qui laisse penser que l'ostentation de la richesse et l'obession du clan familial sont des caractères acquis tardivement par la culture américaine et non innés).

 

Comme tous les grands auteurs, Châteaubriand a le sens de la géopolitique (et ne fut pas ministre des affaires étrangères pour rien). Il se demande ce que deviendraient les anciennes colonies britanniques si la fédération américaine éclatait, si les Etats se faisaient la guerre entre eux. Il pressent que le Kentucky, Etat plus guerrier que les autres, pourraient gagner un certain ascendant sur les autres, et il soupçonne aussi le danger d'une dictature des riches ou d'une dictature miitaire (ce qui peut revenir au même comme le montra chez nous Napoléon III) pour ces jeunes Républiques.

 

Et il raisonne aussi à l'échelle du continent. Pour lui les Républiques naissantes en Argentine, en Colombie etc sont des rivaux importants pour les Etats-Unis anglophones (de telles lignes laisseraient rêveurs nos amis latino-américains aujourd'hui épris d'émancipation à l'égard de leur encombrant voisin du Nord). Les hypothèses qu'il échaffaude sur la possible évolution de l' "hémisphère occidental" comme on dit aujourd'hui sont autant de moyens de réfléchir à ce que fut sa nature il y a deux siècles, aux destins possibles qui lui étaient donnés, aux voies qui ont été prises, à ce qui en lui est profond, à ce qui s'est ajouté très récemment.

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Les chemins droits

5 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Allez, je continue à jeter sur ce blog les remarques qui me viennent à l'esprit. Ca ne sert à rien, mais c'est moins fatiguant que d'écrire un nouveau manuscrit de livre qui de toute façon ne trouvera pas d'éditeur.

 

Alors voilà, en deux mots:

 

1) Si vous n'avez rien à faire, écrivez à l'agence de presse qui a publié l'article sur Pétroplus ici que Pierre Mendès-France était radical-socialiste et pas socialiste. De mon temps c'était au programme de terminale, donc ça devrait faire partie du bagage de n'importe quel journaliste. Mais bon, on voit bien qu'aujourd'hui les propagandistes de nos agences n'ont plus aucune "bagage" d'aucune sorte.

 

2) Il faut être idiot pour refuser l'euthanasie d'éléphants qui peuvent refiler la tuberculose aux êtres humains, et plus idiot encore de croire qu'on traite mieux les animaux en Russie. Avec des ennemis comme Depardieu et Bardot, Hollande n'a pas à s'inquiéter.


3) Les écrivains réactionnaires, du moins ceux qui furent intelligents et honnêtes (c'est à dire pas beaucoup) ont raison de condamner toute forme de terrorisme, parce que le principe du terrorisme est la lâcheté. Car qui s'abandonne à approuver la lâcheté des autres n'aura pas de courage dans sa propre vie.

 

Je ne parle pas du terrorisme du désespéré sous armée d'occupation qui se fait sauter dans un lieu public, lorsque celui-ci n'a aucune arme suffisante pour affronter la force des occupants en surnombre. Je parle du terrorisme des bandes qui profitent de la faiblesse d'un Etat comme les sans-culottes dès 1790, ou du terrorisme d'Etat contre des opposants affaiblis et même contre des neutres (le terrorisme franquiste dénoncé par Bernanos appartient à cette catégorie).

 

J'approuve Châteaubriand quand, parlant de Mirabeau (Mémoires d'OT p. 399) il dit : "il laissa échapper quelques mots d'un souverain mépris contre ces hommes se proclamant supérieurs, en raison de l'indifférence qu'ils affectent pour les malheurs et les crimes", et encore : "il n'était corrompu que pour lui, son esprit droit et ferme ne faisait pas du meurtre une sublimité de l'intelligence".

 

anII

De ces esprits minables qui se croient supérieurs "en raison de l'indifférence qu'ils affectent pour les malheurs et les crimes" j'en ai croisés pas mal dans les cercles anti-impérialistes, et il y en aura de plus en plus parmi les "cyber-militants" aux regards embrouillés devant leurs écrans d'ordinateurs. Ce sont ceux-là qui m'accusent d'être "payé par le système" parce que je ne suis ni pour ni contre le régime syrien (hé oui le Scientifique belge, on peut être niniste parfois !).

 

Parmi ces esprits hors du réel, qui seraient des extrémistes à la section des piques si le système capitaliste et Internet n'avaient coupé leurs mains, un certain nombre en ce moment continuent de se jeter sur la première rumeur qui passe, notamment celle selon laquelle la France aurait ordonné l'assassinat de Chavez en 2008. Les preuves sont minces, et le bon sens pour l'instant (sauf si d'autres éléments nous sont fournis) ne plaide pas en faveur de leur thèse : un agent français qui serait condamné à seulement quatre ans pour détention illégale d'armes à Caracas, qui peut croire qu'une peine aussi légère l'aurait frappé si, comme le prétend la ministre vénézuélienne sur Twitter, ils avait "avoué" vouloir tuer le président ?

 

Chateaubriand fut détourné de l'esprit de la Révolution (dont il approuvait les principes) par le terrorisme des extrémistes écervelés, et la vanité de ceux qui en faisaient l'apologie (parmi lesquels un bon nombre de transfuges de l'ancien régime), comme Bernanos fut détourné du franquisme par les mêmes causes. Mais combien de milliers d'aveugles, de lâches et de cyniques pour un seul de ces esprits justes et courageux ?

 

Lisons donc les justes, alors. Posons nous les questions qu'ils posent : qu'eût été la France si Mirabeau avait survécu, ou si Louis XVI avait abdiqué en juin 1789 comme certains le lui demandaient ? Suivons leurs réflexions lucides (tout en nous défiant de ce qui sous leur plume excède les bornes de la raison). Tachons de garder le parti de la culture, de l'intelligence, de la lucidité, qui n'implique nullement un ralliement aux pouvoirs en place mais permet au contraire de maintenir une ligne d'opposition irréprochable. Tout écart hors de ce chemin éthique compromet en réalité les résistances, et les discrédite sur le long terme.

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Les classiques

4 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Antiquité - Auteurs et personnalités

Je partage mes lectures entre les romans gréco-latins et le "Tapis de prière en chair" (un livre chinois du XVIIe siècle, étrange, pas son intérêt technique pour les détails de l'acte de chair).

 

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Je trouve chez Lucien de Samosate (un Syrien hellénisé qui finit délégué judiciaire du préfet romain d'Egypte), sans son "Histoire véritable" (une sorte de voyage imaginaire à la Cyrano de Bergerac, mais du IIe siècle ap JC) un passage étonnant avec un fleuve de vin et des pieds de vignes sur lesquels sont fixées des femmes nues, mi-humaines mi-plantes, couvertes de grappes, que les hommes ne peuvent pénétrer sous peine de devenir eux aussi des végétaux.

 

Quel dommage que nos cinéastes contemporains ne s'intéressent point aux auteurs antiques comme le faisait Pasolini. Cela donnerait de bons films...

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"Le Monde" très "impartial" sur la loi d'adoption des enfant russes

3 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Une fois de plus "Le Monde" confond aujourd'hui éditorial et article d'information. Sous la plume d'une certaine Marie Jégo cette fois (de toute façon ils sont tous interchangeables depuis 15 ans). Son titre, à propos de de la dernière loi moscovité contre l'adoption d'enfants russes aux Etats-Unis - "Russie : bienvenue en Absurdistan" - est très clair.

 

Parmi les paragraphes grinçants de ce petit édito qui ne dit pas son nom citons juste celui-ci : "Les élus de la nation n'allaient tout de même pas se fendre d'un boycottage des iPhone et iPad de l'américain Apple qu'ils arborent comme des ostensoirs dans les couloirs du Kremlin, du Conseil de la Fédération et de la Douma. Cibler les orphelins (740 000 en Russie, selon l'Unicef) était bien plus judicieux. D'autant que, sur les 60 000 enfants adoptés depuis 1992 aux Etats unis, 19 sont morts de mauvais traitements. Il était urgent d'agir."

 

poupees.jpgHi hi hi! Vous avez bien souri hein ? C'était le but. Provoquer chez vous un petit rictus ironique grinçant contre le régime russe genre "ha ha ha, les connards !".Dans la droite ligne du titre évidemment, parce que tout doit concorder avec le titre, forcément. C'est ça la force d'un édito (oh pardon, d'un article "neutre et objectif"). Et c'est pour ça, mes amis, que Marie Jégo ne vous fera pas connaître le point de vue (russe) de Ria Novosti qui écrit : "Pour une raison ou pour une autre, l'origine d'un enfant défunt n'est pas révélée dans les médias, il est pratiquement impossible d'établir s'il était Russe ou non, car une fois aux Etats-Unis, tous les enfants adoptés reçoivent la nationalité américaine.l'information sur le nombre d'enfants russes victimes de leurs adoptants américains (19 mineurs depuis 1996) est loin d'être exacte, car il ne s'agit que de cas confirmés et rendus publics par les médias". Bah oui, parce que sinon ça ne cadrerait pas avec le titre, ça ne collerait pas, m'enfin ! Ni non plus cette autre information : "Selon l'American Professional Society on Abuse of Children cité par la diplomatie russe, une adoption internationale sur quatre aux Etats-Unis se solde par un échec qui cause un grave préjudice psychologique ou physique à l'enfant". Pour faire semblant d'équilibrer son article Marie Jégo a juste balancé là, dans le paragraphe suivant le point de vue d'une député (euh ? de quel parti ? et pourquoi on la cite elle ?) Svetlana Goriatcheva, mais en précisant bien que c'est "son opinion", et en rajoutant juste après qu'une majorité de russe préfèrent pas de parents du tout que des parents américains. Juste histoire qu'on comprenne bien que cette affaire n'est motivée que par la xénophobie russe, mais qu'heureusement, les "bons", "les représentants de l'intelligentsia et de la classe "créative", fer de lance de la contestation anti-Poutine" eux, restent mobilisés contre la loi scélérate.

 

Comprenez bien les amis : le but ce n'est pas de vous informer. Il faut juste que vous sachiez que la Russie actuelle, c'est l'Absurdistan (vi vi, c'est le mot que la petite Marie Jégo elle a trouvé toute seule), qu' "on est passé de la modernisation stagnante à l'obscurantisme dominant" (en s'appuyant sur le quotidien libéral Vedomosti  pour le dire c'est encore mieux, vu que les libéraux représentent 3,4 % des voix en Russie il eût été dommage de ne pas le citer).  Et pas, par exemple, que les Etats-Unis sont, avec la Somalie et le Soudan, l'un des trois pays à avoir refusé de signer la Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant...

 

Moi, franchement, je ne suis pas un fan du régime de Vladimir Poutine, je l'ai notamment bien montré dans mon bouquin sur l'Abkhazie. Mais je tiens à dire ceci à Marie Jégo : Merci ! Merci Marie de nous croire trop stupides pour nous faire une opinion par nous-mêmes ! Nous imposer ton point de vue à grands coups de marteau sur la tête (quand on sait qu'en plus c'est celui que nous bombardent tous les autres médias tous les jours) est tellement plus intelligent de ta part !

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Vaccin cubain contre le cancer du poumon

3 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

vacuna.jpgCertains ont parlé il y a peu d'un vaccin contre le cancer du poumon qui aurait été découvert à Cuba l'an dernier. La nouvelle semble se confirmer, puisqu'après CIMAvax EGF enregistré en janvier à la Havane 2011, un second vaccin cubain Racotumomab a été expérimenté dans 86 pays et certifié récemment barbudo.jpgsur la grande île selon les agences occidentales. Ce vaccin ne permet pas de prévenir la naissance des cellules cancéreuses mais d'en stabiliser le développement. Une avancée importante dans ce pays où l'on fume beaucoup et où 22 000 personnes meurent du cancer du poumon chaque année, et une source d'espoir pour les autres pays où le vaccin sera diffusé.

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Les mots de la guerre

2 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Tout le monde n'a pas les mots justes pour décrire la guerre. Vous voulez vous en convaincre ? Allez lire ce texte qu'une certaine Peggy Sastre (à la demande de qui ?) a eu la mauvaise idée de traduire en français. Tout le mauvais goût et la lourdeur américains sont là-dedans.

 

Ce n'est pas affaire de positionnement politique (pour ma part je ne suis ni pour les Assad ni pour les islamistes qui les affrontent), c'est une affaire de sensibilité : notre époque met à l'honneur les propagandes les plus lourdingues. L'intelligence n'en sort pas grandie. Que tous ces gens aillent voir avec quels mots nos écrivains de l'entre-deux-guerres décrivaient les horreurs dont ils furent témoins, cela avait une autre allure. Pourquoi ? Parce que ces hommes avaient le sentiment d'écrire pour un public exigeant, qui avait besoin tout autant de ressentir que de réflechir. Ces auteurs savaient qu'on ne leur verserait pas 100 000 dollars pour simplement écrire "beurk c'est moche, y a du sang et des ruines, c'est la faute de ce salaud de dictateur".

 

Je lis des anecdotes amusantes en ce moment, sur Jaurès déclarant au lendemain de la condamnation de Dreyfus que le capitaine a bénéficié d'un "privilège de classe" parce qu'il fut exilé dans une île confortable quand de pauvres pioupious de base étaient condamnés à mort pour avoir jeté un bouton au visage d'un officier. Le genre de déclaration qu'il a dû regretter puis gommer de son histoire officielle comme Philippe Seguin se repentant dans l'AFP d'une autre phrase de bon sens contre l'attaque de la Serbie par nos bombardiers en 1999. Sur ces Républicains espagnols qui n'étaient pas fondés à se plaindre de ce que les généraux leurs fissent ce qu'ils avaient fait au régime monarchique cinq ans plus tôt. Tant d'autres choses. Et puis notre Georges Clemenceau national ("carabin provincial aux paumettes de mongol" comme disait la droite) n'était-il pas le Bernard Tapie de son époque ? Notre monde a toujours été gouverné par quelques aventuriers rocambolesques qui s'imposaient sur le terreau d'une lâcheté très largement partagée. Et il n'y a que quelques anarchistes dans notre littérature qui aient pu révéler tout le grotesque de cette comédie humaine...

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Meilleurs voeux

1 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

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Les individus...

31 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Chavez_reelu_dimanche_AFP_-2-copie-1.jpgLes hommes, les hasards de leur vie individuelle, l'impact sur le collectif. Chavez avec ses complications respiratoires, suite à une opération longue à Cuba, Chavez entre la vie et la mort. La révolution vénézuélienne peut-elle survivre à ça ?

Dans l'histoire de notre République, nos "grands hommes" vus par l'écrivain de droite que je lis en ce moment (un écrivain monarchiste, qui croit en son ieu en son roi), pour qui ceux-ci ne sont que de cyniques aventuriers : Gambetta (le "pirate"), Clemenceau (le "carabin provincial", "dandy nihiliste aux paumettes de Mongol") etc. Sous un certain angle la IIIe République etait un régime héroïque, seule république d'Europe, qui éduquait ses masses etc, sous un autre un ramassis de corrompus prêts à tous. Le sort de tout régime, de toute aventure humaine, individuelle ou collective. Sous un certain angle méritant, sous un autre fautif et dérisoire.

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La vie privée des gens

31 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca

Une fille m'écrit ceci :

"J'ai une vie très bizarre depuis deux ans. Après 17 ans de mariage j'ai un matin de juillet 2011 - mes filles étaient en vacances en bretagne - quitté le domicile conjugal, selon l'expression consacrée. Parce que ma vie marchait sur la tête... Je souffrais et mes filles souffraient et c'était la seule solution intelligente que je pouvais prendre. Je ne suis jamais revenue et ne le regrette pas. J'ai refait ma vie, mes filles sont heureuses et moi aussi. Mais... Hé oui, toujours un mais sinon la vie serait trop facile. Je vivrai jusqu'à la fin de mes jours avec la culpabilité d'avoir brisé un homme qui n'a toujours pas compris. Qui pleure encore chaque fois qu'il m'a au téléphone. Qui a réussi à faire de mon bonheur nouveau un chagrin continuel qu'il ne puisse exister sans faire le malheur d'un autre."

P1020724Le propos est banal. Des milliers de gens peuvent raconter ce genre de truc. En même temps, pas besoin d'être grand clerc pour se rendre compte que ces phrases sont parfaitement cinglées. "Je suis heureuse mais je ressens une culpabilité" : ah bon on peut être heureux dans la culpabilité ? Comment peut-on aligner "heureuse" "heureuses" sur trois lignes, et parler de "chagrin continuel" à la sixième ? Le mot bonheur sent la satisfaction animale dont on s'enivre pour ne surtout pas avoir à se poser de question (mais dans ce cas mieux vaudrait prohiber ce mot débile, qui est l'alcool idéologique de trois quarts de nos concitoyens).

Non décidément ces phrases ne tiennent pas debout. Cela sent la démence affective des paumés. Et pourtant cette fille est des plus "socialement" normales - une juriste d'entreprise, qui mène une bonne petite vie bourgeoise après avoir réussi ses études - et, je le répète, même ses phrases parfaitement incohérentes sont en soi, archi-banales et pourraient être signées par des millions de personnes dans le monde.

Et il y aurait sans doute autant à dire de la folie du bonhomme qui depuis deux ans accable son ex-compagne de sa dépression d'après-rupture. Tout cela sent à plein nez - chez elle comme chez lui - une dépendance immodérée à l'égard des affects les plus impulsifs et les plus contradictoires, sans guère aucun horizon intellectuel supérieur (une vision plus haute de soi-même et du monde, de soi-même dans le monde) capable de mieux structurer les choses. C'est du désordre à l'état pur.

Alors quoi, que faut-il penser de cette démence affective ? Seulement qu'elle est le lot des trois quarts de l'humanité. Oui, l'humanité est faite comme cela, d'une sorte de folie douce des pulsions, quelque chose qui ne tient absolument pas debout, par quelque côté qu'on le prenne, et sur la base de quoi malgré tout les gens fondent leur vie.

Les philosophes antiques, avec leur franc parler et leur art d'aller au but sans détour, en avaient pour la plupart conclu qu'il fallait tout simplement mépriser les sentiments humains, ou au mieux - dans le Banquet de Platon - utiliser leur pouvoir de fascination pour stimuler des fonctions plus nobles en nous comme la recherche du Beau, du Bon et du Vrai... Nos fausses pudeurs modernes nous empêchent de sauter à des conclusions aussi radicales, tout comme elles nous empêchent de considérer, ainsi que le remarquait jadis Nietzsche, l'ensemble de l'humanité comme des esclaves au sens premier du terme, ce qui était pourtant, là aussi, l'opinion la plus répandue chez les philosophes antiques. Pourtant il faut bien se rendre à cette évidence : oui, la plupart des gens dans leur façon de vivre leurs affects sont parfaitement cinglés, ils sont esclaves, enfants (là encore un terme qu'utilisaient les penseurs antiques à l'endroit de leurs contemporains), incohérents et égarés (et qui plus est capables de professer et proclamer cette folie comme si elle était parfaitement raisonnable). Comment peut-on après cela prendre qui que ce soit et quoi que ce soit au sérieux ?

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Le pénultième jour

30 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Ceux dont je parlais hier vont-ils tenir le choc de la célébrité si, comme c'est annoncé, TF1 leur consacre un reportage de 30 mn, ou finiront-ils mangés tout crus comme José Bové ? Difficile de marcher sur les fils de la renommée.

Les Femen ouvrent une succursale en Egypte (mais un islamiste, Mahmoud Abderrhamane, a demandé que leur tête de proue soit déchue de sa nationalité et soit interdite d'accès au territoire), les Indiens se passionnent pour un viol. Il semble que l'avenir du monde tienne de plus en plus à l'émotion que suscite la condition féminine. Les mornes fondés de pouvoir qui font office de chefs de l'Exécutif français, encaissent une rebuffade du Conseil constitutionnel sur la question fiscale et font toujours aussi peu rêvé le "peuple de gauche", qui l'oubliera en ce jetant sur les tables de réveillon demain (du moins ceux qui ont assez de pouvoir d'achat).

Pour ma part j'observe que beaucoup de lecteurs ces derniers temps me lisent de Sotchi, ville à laquelle sont rattachés les serveurs Intenet abkhazes. Le résultat sans doute de la publication de mon interview dans la Chegemskaya Pravda. Je regrette de ne pouvoir offrir grand chose à ces lecteurs zélés. Je ne peux donner aucune "visibilité", comme on le dit aujourd'hui, à leur riante contrée, étant esseulé à l'extrême dans la petite sphère "alternative".

Peut-être se passera-t-il quand même quelque chose en 2013. Pas seulement la publication de mon interview dans la revue Jineps. J'ai par exemple repéré une vilaine foire prévue dans quelques mois. Il faudrait faire quelque chose. On en reparlera peut-être.

 

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Visite du village d'Emmaüs Pau-Lescar

30 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

fresque.JPGJ'étais hier de passage chez Emmaüs Pau-Lescar, des "compagnons" très engagés dans les luttes sociales qui refusent la "gestion de la pauvreté" et ont transformé, à l'occasion de leurs 30 ans d'existence, leur communauté en un village écologique et égalitaire. A l'entrée la fresque qui alignant Sankara, Che Guevara, Gandhi et Mandela sous le titre "Oser, risquer l'utopie avec et pour l'homme" - fresque autrefois dessinée sur le mur de la mairie de Billère en solidarité avec les sans-papier - en dit long sur l'ampleur du projet. Ici on se donne les armes pour construire une société alternative.

J'ai été accueilli par la chargée de communication Cécile Van Espen et par le directeur Germain Sarhy, 58 ans, qui se considère comme le "préfet" du village (lequel élit par ailleurs un maire et un "conseil municipal"), et nous avons déjeuné ensemble. Il m'a ainsi longuement expliqué le fonctionnement de sa communauté et les principes qui la régissent -formulés dans le journal local le 9 janvier 2012 : "Le compagnon qui vient dans la communauté est nourri, logé, blanchi et il participe à l'activité de la communauté qui est à la base la récupération, en fonction de ses capacités physiques et intellectuelles. Nous ne sommes pas dans une logique de production mais dans une politique participative.Ils perçoivent un "pécule" autour des 450 euros par mois d'argent de poche. Faites le calcul par rapport au smic. On cotise aussi à l'Urssaf et chaque compagnon a droit à la couverture sociale et à la retraite." Le statut est régi par la loi sur l'accueil en organismes communautaires et d'activités solidaires.germain

Germain Sarhy insiste sur le fait que sa structure ne perçoit aucune subvention et ne vit que des ressources de la récupération. Il se sent ainsi libre à l'égard des pouvoirs locaux dont nous parlons en détail (leur attitude en période électorale, en dehors des élections etc, Emmaüs).

 

A notre table un jeune Malien compagnon pour un temps de la communauté : l'occasion d'un échange intéressant avec un homme attaché à d'autres valeurs (l'islam, les hiérarchies aristocratiques du Mali) et qui au nom de ça à quelques problèmes avec certains aspects de la vie du village comme le calendrier de nus et le tutoiement immédiat de tous (mais néanmoins le cadre égalitaire et l'esprit d'accueil du lieu permet de gérer la différence de valeurs sans conflit).

logements

Après le repas je visite avec Germain le village. Il me montre les constructions de pavillons pour les personnes présentes depuis deux mois qui pourront bientôt accueillir environ 80 personnes au total (ce qui fera environ 200 pensionnaires avec la partie réservée aux jeunes visiteurs) . Ces pavillons suivent les normes de l'habitat écologique (écohabitat), autosuffisants en énergie, d'une grande élégance esthétique (car Emmaüs est attaché à ce que la pauvreté n'empêche pas la qualité de vie, l'attachement au beau, alors que le village donne sur la chaîne de montagnes).montagnes.JPG

Emmaüs veut s'ouvrir sur l'extérieur avec une ferme qui met en valeur les espèces locales, l'épicerie qui devrait ouvrir au printemps. il veut aussi se doter d'une école sur le modèle du Colibri. On me montre aussi le champ de blé bio dont le village tire sa farine fabriquée dans un moulin basque de 1885.

 

La culture ici n'est pas considérée comme un luxe, et on l'a place au centre du devenir des compagnons. Déjà le site accueille en juillet le principal festival musical de la région (10 000 personnes chaque année). En marge du festival l'an dernier ils organisaient des conférences dans le cadre du forum mondial de la pauvreté, en partenariat avec Paul Ariès et le journal « Le Sarkophage ». Cette année ce sera sur le "buen vivir" (good living/bien vivre). Je parviens sans peine à convaincre Germain de lancer un salon du livre des éditeurs indépendants comme cela existe à Paris où il n'y aurait pas à engager des sommes pour louer les stands. Il envisage aussi la mise en place d'une librairie permanente.

 

Sensible à la solidarité internationale, Emmaüs Lescar est en contact avec la Bolivie, et le Burkina Faso (via l'association AIDIMIR) sur des projets de reboisement. De ce côté là aussi il y aurait des choses intéressantes à envisager.

 

Evidemment ce genre de visite vous redonne de confiance dans l'aventure humaine. A Emmaüs-Lescar vie au grand air, liberté anti-conformiste et sens de la solidarité et de la justice se conjuguent à un point d'harmonie qu'on n'aurait plus cru guère possible sous la dictature des banques, des multinationales, et de la bêtise lâche et égoïste de nos contemporains. Un autre quotidien est possible !

 

 

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A la niche !

28 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Ah mes chers lecteurs comme elle est douce et tendre cette fin de mois de décembre, vous ne trouvez pas ? Les plans de licenciements se multiplient, mais la France bourgeoise persiste dans son ronronnement paisible (une fausse paix, bien sûr hantée par mille culpabilités et mille découragements mais qu'importe). 640 euros le budget moyen des cadeaux de Noël, qui dit mieux ? Donc ne nous étonnons pas s'ils ne se passe rien, strictement rien. Les Indignés, les Anonymous, et autres jeunes exaltés fumeurs de teuch sont rentrés gentiment chez papa-maman. Les complotistes s'exaltent entre eux, au fond de leur chambre, contre les "sionistes", les "francs-maçons" etc pour surtout n'avoir pas à organiser des luttes sociales. Il n'y a pas d'action politique, nulle part. Et le gouvernement peut à loisir tancer le PCF pour une vidéo trop incive contre notre président adoré, avec des menaces à peines dissimulées pour les prochaines municipales. "A la niche le PC". A la niche les contestataires !

elephantJ'ai ri en lisant Le Monde cet après-midi, quand j'ai vu qu'un collectif de profs de Sciences Po (surtout des profs américains, dont l'ineffable Fukuyama, l'ex-prophète de la "fin de l'Histoire"), tancent la Cour des comptes, et lui reprochent de n'être point assez sensible au charme de la "fluidité" ! Ah, la fluidité de M. Descoings ! Laissez nous donc être fluides, et cessez d'embêter le très fluide M. Casanova. En 1981 on se demandait s'il fallait absorber Sciences Po dans l'université, aujourd'hui on soumet l'université à la loi des grandes entreprises, et l'on blâme l'Etat actionnaire de l'IEP d'oser reprocher à M. Descoings son salaire, encore bien inférieur à celui de directeurs de grandes écoles américaines (sic). L'Humanité rappelle aujourd'hui dans son édito que Mme Bettencourt est assise sur un capital égal au PNB de la Tanzanie ou de la Côte d'Ivoire. But who cares ? Who cares ?

"Nous nous battrons jusqu'à ce que plus aucun d'entre vous n'ait le sens de la dignité politique". Voilà la devise de notre grande presse et de nos responsables politiques. Et l'entreprise marche assez bien. Tout le monde s'accommode assez bien de l'abjection. Quand je dis "tout le monde", je dis aussi toute notre planète. La raison du plus fort et du plus riche n'y a jamais été aussi populaire.

 

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