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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Jour de mobilisation

12 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

3 millions et demi de personnes étaient mobilisées aujourd'hui. La jeunesse commence à être au rendez-vous. Quelle Forme va prendre ce mouvement ? Les leaders de l'opposition sont-ils capables d'en faire une alternative poltique ? Ou tout cela va-t-il couler lamentablement dans le cynisme globalisé, comme il y a deux ans la révolte de la gauche alternative grecque ?

 

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Les gens qui descendent dans la rue aujourd'hui jouent leurs dernières cartouches, surmontent pour la dernière fois peut-être le lavage de cerveau ambiant qui les rive à une logique de survie et de fascination pour la trivialité, suspendus à leurs crédits bancaires, au mélange de peur du lendemain (peur de perdre son emploi, peur de la dégradation de l'éducation et des services publics pour ses enfants), de peur de l'autre, de ses voiles, de ses particularismes, de la violence (qui n'est pas qu'un épouvantail médiatique) et de dépendance à la consommation, aux technologies, à la fuite en avant. Une dernière fois peut-être les gens s'indignent, pointent vers la possibilité d'une société plus juste, plus vraie, plus solidaire.

 

Trop de "culture du larbin" (comme dit le pseudo-professeur Mehlang Chang), trop de magouilles, de tours de passe-passe, de foutage de gueule généralisé éveillent en eux ce dernier réflexe. Tout le monde pressent que quelque chose peut se passer, là, dans les semaines qui viennent. Quelque chose. Et peut-être aussi rien du tout. Un Strauss-Kahn, un FMI ex-machina peut juste venir calmer tout le monde, comme l'avait fait la "gauche plurielle" sans idée en 1997 après le grand mouvement de 95. Des choses peuvent bouger... ou bien tout le monde peut rentrer bredouille dans ses chaumières, embobiné,  floué, une fois de plus. C'est quitte ou double. Le grand Jeu de l'Histoire, une fois de plus.

 

Les boues toxiques de Hongrie, les grandes envolées pour la liberté d'expression en Chine ou en Iran ne peuvent plus détourner l'attention des Français de ce qu'il se passe à leur porte : de ces employés des raffineries et des ports autonomes qui arrêtent le travail, des lycéens qui descendent dans la rue. Ils peuvent aujourd'hui changer quelque chose dans leur société, cesser de jouir du fatalisme obscène, de la résignation, se réapproprier quelque chose de leur liberté collective spoliée. Le coulées de boue en Hongrie ne le leur fera pas oublier.

 

Que vont-ils faire ? Que peuvent-ils faire pour tracer leur sillon sans que les élites les trahissent ? Quel sera ce sillon ? Qui va le dessiner ? Ces questions sont derrière toutes le têtes ce soir. Et bizarrement personne n'ose les poser explicitement. On se demande juste s'il y aura des incidents, si le gouvernement remettra la réforme des retraites dans le circuit de la négociation sur des bases plus saines. Comme si renégocier la réforme était l'oméga, non l'alpha, comme si cela n'impliquait pas, aussi, une remise en cause profonde du mode de fonctionnement mondial, européen et national d'un modèle néo-libéral imposé systématiquement "par en haut". Quel chemin l'audace et l'imagination peuvent maintenant se frayer dans le choeur de mécontentements qui commence à faire boule de neige ? Et quel sens des responsabilités et du réel peut donner à ce chemin les moyens d'aboutir à une inversion durable dans notre pays, du rapport capital/travail, entourloupe/honnêteté, mépris/respect des gens, asservissement/liberté ? Voilà comment il faut maintenant formuler les questions pour les semaines qui viennent.

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Le procès de la sénatrice verte Alima Boumediene-Thiery

12 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Je ne connais pas personnellement la sénatrice verte de Paris Mme Alima Boumediene-Thiery. Je l'ai entendue dans une conférence à Nanterre au mois de juin dernier faire un plaidoyer intéressant contre l'islamophobie. Elle était venue aussi dans ma ville de banlieue pour une conférence sur le code de la famille marocain il y a quelques mois. Certaines de ses interventions m'ont laissé penser qu'elle n'est pas une aussi bonne juriste que ses partisans le prétendent, mais c'est une dame honnête, qui fait passer certains messages utiles dans un contexte qui ne lui est pas favorable. Cette dame a notamment soutenu, comme beaucoup de gens de gauche, le boycott des produits israélien. Des enthousiastes de la colonisation en Palestine  qui se prévalent aujourd'hui de soutiens institutionnels puissants l'assignent en justice pour incitation à la haine raciale du fait de son engagement sur ce sujet. Le procès s'ouvre à Pontoise jeudi matin.

 

Logiquement la sénatrice ne devrait pas encourir une trop lourde peine (quoique l'accusation demande l'inéligibilité). M. Willem, maire communiste de Ceclin, en 2004 avait dû verser 1 000 euros d'amende.

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On a constaté une forte mobilisation des deux côtés de la Méditerranée pour la sénatrice.

 

"Plusieurs personnalités de gauche, de Michel Rocard (PS) à Olivier Besancenot (NPA) en passant par Cécile Duflot (Verts) ont signé des appels à la "solidarité" avec les personnes poursuivies en justice pour avoir appelé au boycottage de "produits des colonies israéliennes". Lire la suite l’article Dans un appel de soutien "pour la liberté d’expression", des personnalités comme Catherine Tasca (PS), Cécile Duflot (Verts) ou Pierre Laurent (PCF), attirent "l’attention de l’opinion publique sur le refus de l’Etat d’Israël de se conformer aux principes inscrits dans les traités européens et dans les accords d’associations qu’ils ont signés, à savoir le respect des droits humains et celui de la traçabilité des produits à l’exportation".Un autre texte a été lancé à l’initiative de Stéphane Hessel, co-rédacteur de la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948." lisait-on sur le blog de la sénatrice le 8 octobre dernier. Si l'on suit la jurisprudence de la cour de cassation (confirmée par la cour européenne des droits de l'homme), toutes ces personnalités seraient responsables d'une incitation à la "haine raciale". Le genre d'absurdité  auquel on arrive à trop vouloir règler des querelles politiques devant les tribunaux.

 

NB  Aujourd'hui on apprenait que la grande figure de la résistance et de la culture juive Stéphane Hessel est lui aussi poursuivi pour les mêmes motifs qu'Alima Boumedienne.

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Mélenchon et les médias

12 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Mélenchon passe souvent à la TV en ce moment... pour dire que les médias ne lui donnent pas assez la parole (un peu comme Le Pen autrefois, mais je ne compare pas les deux personnages, bien sûr, juste le fait qu'ils passent sur les médias pour se plaindre des médias).

 

Les grèves lui donnent une aura. Les médias ont peut-être peur de la révolution qui vient. Il était sur BFM TV ce matin, chez Guillaume Durand avec le pauvre Luc Ferry la semaine dernière (Mélenchon se plaint sur son blog du traitement que lui a infligé Durand mais à tort, je trouve qu'il lui a fait la part belle).

 

Mélenchon se plaint beaucoup, affiche une mine maussade, grimpe au rideau dès qu'on remet en cause son égo. Ce matin par exemple parce que le journaliste de BFM lit un texte d'un sien collègue qui dénonce l' "enflure" verbale de Mélenchon. "Vous me traitez d'enflure !"(sic).

 

Un mien collègue marxiste me disait : "Marx c'est l'émancipation de l'humain dans toutes ses dimensions. Les politiciens de gauche devraient porter le plaisir sur leur visage, avoir le regard impertinent d'un Cohn-Bendit devant les CRS en 1968. Et pas seulement afficher leur haine des riches et leur ressentiment".

 

Pas tout à fait faux. Mélenchon joue un peu trop dans le registre de la mauvaise humeur. Ca fait partie des quatre ou cinq trucs que je lui reproche avec sa laïcardise, sa mitterrandolâtrie, son refus de prôner la sortie de l'Union européenne et les fautes d'orthographe dans son blog. Dommage car c'est par ailleurs un homem éloquent et sincère, réellement de gauche, un esprit profond, qui construit vraiment sa pensée (à la différence des dirigeants du PS qui ne vivent plus que dans les effets d'image) et qui a le sens du combat collectif de longue haleine. On ne peut pas avoir toutes les qualités, je suppose.

 

J'ai toujours pensé que c'était une faiblesse que de reprocher aux médias dominants de ne réserver aucune place (ou quand ils en accordent une, elle est inconfortable), aux forces alternatives. On ne peut pas à la fois dénoncer le système dominant et son appareil médiatique, et attendre de celui-ci qu'il vous déroule le tapis rouge. "Mélenchon portrait d'un homme en colère" titrait Métro hier. Mais on ne peut pas être l'homme d'une seule caractéristique psychologique. Il faut aussi parfois amener autre chose, car je suppose que les gens qui rêvent de changement n'ont pas envie de se complaire dans la colère toute leur vie.

 

A part ça, à propos des lâchetés de Chirac sur l'Irak - que j'ai dénoncées dans 10 ans sur la planète résistante - le livre de Vincent Nouzille sur le renoncement à nos créances sur ce pays apporte de l'eau à mon moulin. J'y reviendrai peut-être un jour. Tout le monde oublie le martyre du peuple irakien, comme celui des habitants de l'Est du Congo, ou ceux de la frontière pakistano-afghane : toutes ces horreurs commises avec la bénédiction de nos ambassadeurs,de nos banquiers et de nos marchands d'armes. Les caméras n'y sont pas. Mais nos pensées doivent  y demeurer.

 

FD 

 

NB : je poste aussi le commentaire de Carlier. D'accord avec lui pour dire que Mélenchon est trop sanguin. Pas d'accord pour dire que Pujadas a juste pêché "par manque de temps". L'intention antisociale de Pujadas transpirait dans sa question. Mais bon, Mélenchon devra aller un peu à Canosa s'il veut parler à Pujadas dans le cadre du JT de 20 heures dans les années qui viennent.

 

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Qui étaient les Ibères ?

12 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Mes lecteurs habituels qui, en bons citoyens modernes, sont friands d'actualité, surtout à l'heure où la glorieuse mobilisation populaire va chasser M. Sarkozy du pouvoir, n'aimeront pas le présent post. Mais celui ci s'adresse aux amateurs d'histoire antique, s'il s'en trouve encore, qui découvriraient mon blog en tapant "ibères" sur Google.

 

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J'ai appris il y a peu que les Ibères comme les Basques sont un peuple qui vient d'on ne sait trop où - de sorte que leur langue étant aussi peu indoeuropéenne que celle des Basques ceux-ci ont souvent tendance à s'approprier comme leur dans la toponymie ce qui est en réalité ibérique.

 

En vérité on en sait quand même un peu plus sur les Ibères que sur les Protobasques parce qu'au moins on sait dater leur arrivée en Europe du Sud-Ouest et l'on sait qu'ils sont asiatiques (d'Asie mineure ou du Caucase).

 

J'aime bien les peuples dont les langues ne sont pas "à leur place" dans un ensemble donné et qui devaient passer pour complètement incongrus à tous leurs voisins (encore que je n'arrive jamais trop à évaluer si l'incongruité linguistique jouait jadis un si grand rôle dans la conception qu'un peuple se faisait de son voisin tant les conflits de voisinage étaient sévères, même entre peuples de même langue).

 

Quand on me parle de peuple asiatique perdu au milieu des Indo-européens, je pense spontanément aux Etrusques, cernés par les Celtes et les peuples italiques qui se ressemblaient entre eux. On décrit parfois les Etrusques, et les Crétois, comme plus hédonistes que les Indo-européens. Est ce vrai aussi des Ibères? Les Ibères ressemblent-ils en quoi que ce soit aux Etrusques ? Y a t il quoi que ce soit, dans leur art par exemple, qui puisse plaider en ce sens ou du moins nous faire soupçonner quoi que ce soit sur leur mentalité ? Faut-il imaginer le Ibères remplis d'un imaginaire végétal comme les Etrusques et les Minoens ? ou rudes combattants austères comme les bergers de Phrygie ?

 

Je lance ces questions en l'air à l'attention d'improbables érudits de passage. Une façon aussi pour moi de desserrer l'étau du quotidien.

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"La retraite à 67 ans ? Et pourquoi pas 69, tant qu'à se faire baiser ?"

8 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

C'est le slogan des lycéens de Rodez descendus dans la rue hier contre la réforme des retraites (peut-être avaient ils ce slogan à Carcassonne aussi, je ne sais pas, la vidéo ci dessous en tout cas est audoise).

 

Voilà qui sonne soixante-huitard... et qui peut créer le buzz ! Son succès dans les blogs en atteste... Selon le Canard enchaîné Sarko redoutait que la jeunesse se joigne au mouvement social. Il fallait à tout prix éviter cela, les "surveiller comme le lait sur feu". Nous y sommes. A quand la fuite de Sarko en hélicoptère comme l'ex président argentin ?

 

Bon n'exagérons rien. La CGT dépassée par sa base comme en 1995, des cheminots qui font généreusement grève alors que la réforme ne les concerne pas (messieurs les salariés du privé qui ne manifestez pas même quand les jours de mobilisation sont le samedi, avez vous prévu de cotiser à une caisse de solidarité pour eux afin qu'ils puissent continuer à faire grève pour vous si le conflit s'éternise ?), un frémissement estudiantin et lycéen, tout cela ne garantit pas un mouvement d'envergure ni sa pérennité. Mais c'est à suivre...

 

 

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93-ophobe

8 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Un titre sur "Lepost.fr" : "Seine-Saint-Denis: un ado renversé par une voiture de police".

 

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Quand on lit l'article on découvre que l'adolescent a été renversé devant la mairie d'Argenteuil... qui n'a jamais été en Seine-Saint-Denis. Bon, d'accord, vu des beaux quartiers, tout ça c'est du pareil au même. La Seine-Saiint-Denis et le Val-d'Oise, les Pyrénées orientales et les Pyrénées atlantiques, tout ça. L'important c'est de bien connaître la carte de New-York et de Washington DC pour les prochaines élections au congrès des Etats-Unis n'est-ce pas ? "Nous sommes tous américains"...

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Goûts asiatiques : "thinking about the fireworks that go off when you smile"

8 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je lis ceci dans la presse chinoise : la Corée du Nord est fière d'avoir inventé une centaine de feux d'artifice. Ce  serait là son grand apport à l'humanité. La dépêche de Xinhua dit exactement ceci :

 

"The Democratic People's Republic of Korea had developed more than 100 kinds of new fireworks recently, the official news agency KCNA said Wednesday.

According to the KCNA, the fireworks, based on three elements of modern fireworks technology -- software, ignition control device, and the explosives -- have reached a high level in color, brightness and formative artistry.

The new fireworks, multi-dimensional in fire cycle, rhythmic display, and bursting point and scope in the air, were developed to display in all atmospheric conditions, the report said."

 

Il est intéressant que le Quotidien du Peuple à Pékin mette cette information à la "une". Il est vrai que la Chine a inventé le feu d'artifice.

 

Cela fait partie des petites surprises que le monde globalisé nous réserve encore. On ne peut pas "penser ouzbek" sans avoir les danses à l'esprit, ni sino-coréen sans les feux d'artifice...

 

Personnellement je n'ai jamais aimé les feux d'artifice, même quand j'étais gosse. Mais je crois qu'il faudrait penser en toute objectivité, et d'un point de vue anthropologique, les effets du feu d'artifice sur la psychologie humaine, sur son rapport au collectif, à la politique etc. Le cas nord-coréen peut être une contribution à cette réflexion.

 

 

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Conférences sur l'Islam

7 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Conférences vidéos de résistants

Quelques vidéos d'une journée de conférences à Nanterre à laquelle j'ai en partie assisté (le matin). Source
http://conscience-musulmane.over-blog.com/

 

J'en profite pour réitérer ici mon hostilité totale à la loi sur la burqa.

 

 

 

 

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Sous le soleil libéral exactement

5 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je  ne suis pas fan de la revue Books qui diffuse la propagande libérale anglosaxonne en France (une revue qui parvient à faire de temps à autre l'éloge de BHL c'est tout dire), mais j' apprends toujours beaucoup de choses en la lisant et reconnais en la parcourant (tout comme lorsque j'ouvre The Economist) ce que Marx avait mieux compris que ses disciples : le libéralisme est un système prodigieusement intelligent et efficace (au vu des fins qu'il se donne) et le combattre constitue un défi terrible. Je recommande à ceux qui y sont abonnés l'interview de Matt Ridley et l'article sociologique remarquable sur les origines de Facebook.

 

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Je pense, comme Ridley, que sur un plan quantitatif l'humanité va vers du mieux, et de ce point de vue, je n'adhère aucunement au catastrophisme apocalyptique en vogue chez certains écolos, les gauchos, et l'extrême droite, comme ce fut le cas aussi au 19ème siècle. En revanche, à la différence des libéraux, je crois que ce progrès va s'accompagner d'une forme de totalitarisme, dont précisément des réalités comme Facebook sont la préfiguration. C'est une idée qui prévalait déjà dans la critique du bureaucratisme des années 1930 et des années 1960 : le progrès matériel et la rationalisation de la vie en société appauvrissent la diversité humaine et l'originalité de chacun (ne serait-ce que parce que cette rationalisation démonte beaucoup de mythologies personnelles que tout un chacun pouvait auparavant échaffauder). Autrement dit, l'humanité se portera mieux, brassera plus d'informations sur sa situation, sera plus lucide sur ses intérêts, mais se montrera selon toute probabilité plus conformiste, plus égoïste, plus résignée devant les injustices, plus désinvolte et moins sensible à la qualité du style personnel, à la recherche d'une noblesse individuelle qu'elle ne pouvait l'être dans le passé. Voilà vers quel horizon le libéralisme nous conduit.

 

NB sur l'apport d'Internet à notre temps on peut aussi lire une interview de Dominique Cardon ici.

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Out of Internet

3 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Lorsque je vois exploser mes stats sur l'article "Mehlang Chang" je me dis que je me suis planté complètement quand j'ai cru qu'Internet pouvait être un support pour ce que j'avais à exprimer. Sur Internet je ne peux faire passer que le moins important, le plus superficiel, et encore, c'est dans ce qu'il y a de plus superficiel dans le superficiel, dans le reliquat le plus grégaire et le plus inintéressant que les lecteurs se retrouvent le mieux. C'est une grave erreur que de croire que ce média puisse véhiculer autre chose que de l'instinct grégaire (y compris la grégarité de la fausse dissidence).

 

Bon, allez, encore un mot et une vidéo pour illustrer le totalitarisme du "sympa" qui étouffe notre époque, sur Internet et à la TV, un numéro de deux (mauvais) clowns qui, par le rire, tentent de museler leurs critiques (et y parviennent en grande partie).

 

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Out of metaphysics

1 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

"Les lignes qui précèdent voudraient reculer le moment où je me poserai cette question : si elle ne se fût battue contre le peuple qui me paraissait le plus ténébreux, celui dont l'origine se voulait à l'Origine, qui proclamait avoir été et vouloir demeurer l'Origine, le peuple qui se désignait Nuit des Temps, la révolution m'eût-elle, avec tant de force, attiré ? En me posant cette question je crois donner la réponse. Qu'elle se découpât sur fond de Nuit des Commencements - et cela, éternellement, la révolution palestinienne cessait d'être un combat habituel pour une terre volée, elle était une lutte métaphysique. Imposant au monde entier sa morale et ses mythes, Israël se confondait avec le pouvoir. Il était le Pouvoir. La vue seule des pauvres fusils des feddayin montrait cette distance incommensurable entre les deux armements : d'un côté peu de morts ni de blessures graces, de l'autre l'anéantissement accepté et voulu par les nations européennes et arabes." (Jean Genet, Le captif amoureux, Folio Gallimard p. 239)

 

C'est justement de ces projections métaphysiques sur le Proche-Orient qu'il faut se défaire.

 

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Top 10 des articles de mon blog les plus lus

1 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

1. Mehlang Chang
2. Femmes noires, regards de Blancs
3. Roudinesco et Onfray
4. A propos des salons de massage chinois (suite)
5. Une femme à Berlin - Journal 20 avril-22 juin 1945
6. Une hardeuse dissidente
7. Bricmont, Chomsky et la loi Gayssot
8. Sex and Art, Dirty Diaries
9. L'Empire n'a pas de scrupules
10. MacKinnon prend des rides

 

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Sans surprise, dans le Top 10, 5 sujets plus ou moins en rapport avec la sexualité (beaucoup de gens utilisent Internet surtout pour ça, et, en version féminine, pour les recettes de cuisine et conseils pratiques).

 

Plus étonnant la percée de l'article "Mehlang Chang" et des mots clés qui vont avec (ils font exploser mes stats depuis deux jours) : la vidéo-canular a fait un tabac sur le Net. Beaucoup auraient aimé que Mehlang Chang existât vraiment, je suppose. Il y a aussi un canular sur un Allemand qui parle de la France sur le même ton que Mehlang Chang. Le masochisme national se porte bien.

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Le public et le privé en Seine-Saint-Denis, à Cuba, en Chine...

29 Septembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

A Aubervilliers la municipalité socialiste va construire une école en recourant au Partenariat public privé (PPP), un système très onéreux pour les collectivités publiques qui consiste à laisser la maîtrise des travaux et de l'entretien à une grosse entreprise privée pendant 15 ou 30 ans contre rémunération sous forme de bail. Le président socialiste du conseil général de la Seine-Saint Denis Claude Bartolone s'apprête à choisir cette option pour la construction de nombreux collèges. Pourtant la formule qui a été abondamment utilisée dans le monde anglo-saxon (14 % des investissements publics en Grande-Bretagne) y est désormais fort décriée. Mais notre pays adore adopter à contre-temps les modèles qui ont échoué ailleurs.

 

Du reste l'Union européenne avec ses normes drastiques concernant le déficit budgétaire et l'endettement public leur laisse-t-elle le choix ? Les PPP coûtent cher (plus cher que le taux de remboursement des prêts) mais sont financièrement invisibles dans les bilans des collectivités. La Seine-Saint-Denis qui fait beaucoup d'enfants a besoin de construire des collèges. Une fois de plus c'est moins le procès de telle mesure particulière, même si elle est un cadeau aux grandes entreprises, qu'il faut instruire que celui de l'ensemble de la doxa néolibérale qui nous gouverne depuis 30 ans.

 

Je lis dans le Monde Diplo d'octobre un article sur l'échec annoncé de cette doxa en Irlande (un des fameux PIGS dans le collimateur des banques) où la thérapie libérale dictée par le privé prépare une récession. Nous ne sommes pas sortis  des crises.

 

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Je ne puis m'empêcher de rapprocher cet article d'un autre, dans le même journal, qui concerne Cuba, où l'on apprend que l'Etat doit pour beaucoup sa survie à l'aide du Venezuela, et traine une masse de 25 % d'employés oisifs qu'il doit occuper d'une autre manière, soit par des réaffectations bureaucratiques (le retour imposé aux champs ?) soit en ouvrant l'économie au privé sur le modèle vietnamien ou chinois (en évitant une braderie gorbatchévienne). Fidel Castro avec son "notre modèle ne fonctionne plus" aurait validé la seconde option soutenue par son frère.

 

Que peuvent faire des collectivités publiques étranglées ?

 

china.jpgCertains se demandent en ce moment si la Chine n'est pas le pays qui en vient à équilibrer le mieux l'Etat (le socialisme, l'économie socialisée) et le capitalisme. "Contrairement à une image qui doit trop à notre occidentalo-centrisme, le capitalisme chinois est moins "libéralisé" qu'on ne le croit. L'une de ses forces de frappe réside dans ses entreprises étatiques. Elles sortent gagnantes de la crise 2008-2009, indiquait cette semaine le ministère chinois des finances. BTP, énergie, pétrochimie, téléphonie, aéronautique : dans ces secteurs, l'Etat chinois a favorisé la création de grands groupes publics. Et ce sont eux qui ont empoché l'essentiel des gargantuesques commandes passées au nom du plan de relance annoncé en 2008." reconnaît l'édito assez anti-chinois du Monde du 23 septembre dernier. Au lieu d'en tirer la conclusion selon laquelle la Chine devrait devenir plus libérale, le quotidien des grandes entreprises devrait peut-être inverser la proposition : que les libéraux extrémistes se mettent un peu à l'école chinoise.


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Mobilis in mobile

28 Septembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Le Dissident internationaliste accepte plus aisément que moi d'être père et pédagogue. Peut-être parce qu'il a procréé avant moi, peut-être parce qu'il a dix ans de plus, peut-être parce que son métier d'enseignant l'a conforté dans ce rôle. Il voudrait être le père d'un révolution à venir ou de ferments révolutionnaires qui écloront un jour peut-être ici ou là. Plus optimiste que moi, il guête les endroits où ça peut bouger, les analyse, étudie de près le langage de ceux qui demain peut-être changeront la société. Plus patient, il tolère leurs approximations, leurs incohérences, leur désordre contre-productif. Il était prêt à parrainer naguère un non-alignement transnistrien. Aujourd'hui une reconstruction rebelle de banlieues populaires en France. Il a raison.

 

Les grandes révolutions ne sont jamais où on les attend, ni dans les formes qu'on espérait d'elles, mais il faut garder à l'esprit leur possibilité. La société change et changera, pas forcément pour le pire. Ne perdons pas de vue le changement, oeuvrons à l'accompagner.

 

L'historicité de l'être.

 

C'est comme dans la vie privée. Un jour vous découvrez qu'un être cher a le cancer. Ce qui semblait immuable dans la relation que vous entreteniez avec lui révèle son caractère éphémère. Le cancer écrit la vérité cachée du monde que vous croyiez stable, cette vérité que les mots essentialistes "je" "tu" "nous" figent à l'excès. Chaque mort et chaque naissance rappelle le fleuve d'Héraclite et la branloire pérenne de Montaigne. Et comme ils vous sembleront lointains un jour les lapsus calamiteux de la pauvre Dati, et le cynisme de notre gouvernement ! Ce qui ne signifie pas que tout sera mieux. Tout sera autre.

 

Ce weekend en Béarn où je fêtais mes 40 ans, dans cette région natale dont l'essence, celle que je garde en moi, s'éloigne à jamais, je feuilletais au hasard des livres de la bibliothèque de mes 20 ans. Trois lignes de Sollers ici, un aphorisme de Cioran là, une page de "De l'amour" de Stendhal, une phrase de Baudrillard. Beaucoup de mots qui ne me parlent plus du tout. Où ai-je vu quelques lignes de Nietzsche sur le langage ? Je ne sais plus. Je sais en tout cas que je n'étais pas complètement d'accord avec ces lignes. Elles faisaient du langage un artefact qui appauvrit la diversité du réel, et notamment de la réalité corporelle. C'est en partie vrai, en partie faux. Car la diversité du corps, et la richesse individuelle, se construisent aussi à travers la stabilité (et même parfois la répétition rituelle) de mots figés. Je le vois tous les jours avec mon fils. Le langage n'est pas qu'une superstructure qui, comme je le disais plus haut, sclérose le devenir. Il y a de l'entrelac du stable et du mobile en chacun d'entre nous. Et dans le fonctionnement de l'univers, de la matière. Des lois, et des systèmes de lois si complexes que la prévisibilité disparaît. Point de prévisible sans l'imprévisible, point d'imprévisible sans le prévisible.

 

A Pau, il y a beaucoup de mots. Des mots occitans, des mots français. Je prenais un verre dimanche avec un enseignant épris de festival de Siros autant que de la lecture de Zizek. Mobilis in mobile. Il me disait aussi qu'il y avait dans sa ville des Congolais qui parlent russe, pour avoir étudié à Moscou quand Sassou Nguesso était pro-soviétique, et puis, comme partout, des gens qui se mettent au Chinois.

 

A Pau on ne se sent pas encore obligé de parler de "webdocumentaire" et autres anglicismes à la mode à Paris, qui ne font que signer la haine des élites pour leur langue et leur culture. On vit la globalisation différemment. A Brosseville aussi. Ce matin à la permanence du maire, sur quatre femmes venues exposer leurs problèmes sociaux, trois étaient voilées. Leurs récits sont toujours les mêmes. Beaucoup d'enfants, des logements trop petits, des salaires trop faibles, des problèmes de santé. Toutes expertes dans l'art de passer d'une administration à l'autre pour grapiller quelques euros supplémentaires pour boucler les fins de mois. Comment fait-on de ces petites vies de gens oubliés dans leurs quartiers oubliés des destins de citoyens capables d'influencer l'histoire de l'humanité ? Je ne sais pas. Le Dissident internationaliste y travaille.

 

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Mehlang Chang

23 Septembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Toutes mes excuses auprès de mes lecteurs. Cet après-midi je vous ai balancé une vidéo chinoise d'un certain professeur Mehlang Chang (Mélenchon) sans voir que c'était un "hoax", comme ils disent outre-atlantique. Ce que c'est que d'aller trop vite. Mais bon,moi au moins je présente mes excuses quand je me plante, pas comme d'autres sites et blogs que je ne citerai pas (pour ne rien dire des journalistes des grands médias).

 

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A propos de Mélenchon, il a eu le bon réflexe ces derniers jours de souligner que la commissaire européen luxembourgeoise (mieux vaut oublier son nom) est allé trop loin sur l'affaire des Roms. Entre Sarko et la commission qui ira le plus loin dans le grotesque ? Si cela fait grandir le sentiment anti commission c'est bon à prendre. Messieurs les manifestants anti retraites, allez plus loin ! Grève générale jusqu'au retrait du projet de loi + grève générale jusqu'à la sortie de l'Union européenne : tels devraient être les mots d'ordres. Sans quoi, même si Sarko par improbable retirait son projet de réforme, M. Barroso vous le resservirait par d'autre biais.

 

A Washington on tremble de voir l'Europe se désunir. Continuons à les faire trembler et que notre république libérée du joug euratlantiste reconstruise enfin un sens du débat poitique digne de ce nom !

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