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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #1950-75 : auteurs et personnalites tag

Culte du corps 1970-2020 : simple passage du + au -

13 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Les rapports hommes-femmes, #Lectures, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Débats chez les "résistants"

Jean Baudrillard, dans La Société de consommation (1970) me paraît décrire un processus très actuel de nos jours quand il écrit (p. 217 de la version de poche) que la soi-disant émancipation "des femmes, des jeunes, du corps en tant que catégories immédiatement indexées sur une pratique fonctionnelle, se double d'une transcendance mythique, ou plutôt se dédouble en transcendance mythique, en une transcendance mythique" qui, dans le cas des femmes, conduit à "circonscrire dans l'idée de la femme et de son corps tout le péril social de la libération sexuelle, à circonscrire dans l'idée de libération sexuelle". Evidemment on a le même processus 50 ans plus tard à un autre stade avec le "female empowerment", le transgenre etc qui ne sont que des catégories mythiques de "marketisation" d'une révolte artificiellement suscitée (c'est là le travail d'ingénierie sociale justement).

De façon intéressante dans son argumentation, Baudrillard passe ensuite directement au thème du "culte médical, la 'forme' " (ce qui fait penser à l'obsession hygiéniste actuelle, la dictature sanitaire), en disant que "de la relation au corps, qui est moins celle au corps propre qu'au corps fonctionnel et 'personnalisé' se déduit la relation à la santé". Autrement dit il y a une continuité entre ce " 'supplément de corps et de sexualité' dont bénéficie l'individu moyen" cristallisé dans des formes consuméristes et la relation à la santé devenue un élément de prestige pour l'individu, qui ensuite fait entrer le corps dans l' "une demande virtuellement illimitée de services médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques".

On aurait envie d'ajouter : ça c'était sur le versant "positif" du procès de consommation, dans les années 60-70 quand le corps était investi d'un potentiel d'expansion censé remplacer l'expansion de l'âme à laquelle on aspirait jadis à l'époque de Sainte Thérèse d'Avila. Puis, lorsque, sous l'effet du catastrophisme de la nouvelle bien-pensance des années 1990-2000, la libération sexuelle n'est plus conçue comme promesse de bonheur mais vecteur d'oppression d'autrui et de maladie, et le corps n'est plus pris dans une compétition pour la séduction (encore qu'il reste quelques bribes de ça, mais dans une séduction autocentrée, purement narcissique, dans la salle de sport devant son miroir), le "supplément de corps" dans l'ordre social, sous les cieux apocalyptiques devient simplement obsession de la survie du corps, dernier fétiche d'une société qui implose, et qui s'illustre par ces cas pathétiques de gens qui nagent seuls au milieu de la mer avec un masque chirurgical, adhèrent à n'importe quel mensonge médiatique sensationnaliste et sont prêts à exiger l'emprisonnement physique (voire l'exécution) de ceux qui refusent la vaccination. On n'a fait que "tourner le bouton", inverser les polarités, basculer du signe plus au moins, dans un processus de catégorisation et de création de mythe (d'enfermement des gens dans des mythes idolâtres), qui, au fond, reste toujours le même à 50 ans de distance.

C'est pourquoi, par exemple, la chanteuse Ingrid Courrèges qui, semble-t-il, fait un tabac dans les manifestations et sur YouTube en reprenant des airs des années 1980 au service du combat contre la dictature sanitaire, ne fait qu'entretenir les masses résistantes dans une nostalgie du versant soi-disant positif de l'ancien culte de la liberté corporelle, sans voir qu'il s'agit là simplement du revers de la même pièce que le fascisme sanitaire actuel. Cela pourrait bien vouer le mouvement à l'échec (un peu comme, de toute façon, le mouvement des Gilets jaunes ne pouvait aller nulle part tant qu'il restait lié à la "France de Johnny Hallyday" qui est, dans ses symboles, ses pratiques, et les forces spirituelles qui la travaillent, la même que celle de Macron et la même que le monde de George Soros et Bill Gates). Du reste, il n'y aura pas, cette fois-ci, besoin de LBD pour vider les rues. Un simple reconfinement automnal à coup de fake news comme celles qu'on nous livre en ce moment sur la Martinique-Guadeloupe (on leur a envoyé des CRS à la place des bouteilles d'oxygène) devrait suffire...

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Expériences sociales incommunicables

12 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Cinéma, #La gauche, #Lectures

Vous savez que j'ai eu des échanges jadis avec le sociologue Pierre Bourdieu. J'ai revu encore l'an dernier un de ses amis d'enfance qui me reparlait de lui. Tout à l'heure je m'amusais à relire un morceau de son "Esquisse pour une auto-analyse" où ça parle du Béarn, de l'Algérie, de Paris. Dans le premier paragraphe je lis cette phrase "en raison de l'amplitude de mon parcours dans l'espace social et de l'incompatibilité pratique des mondes sociaux qu'il relie sans les réconcilier, je ne puis pas gager - étant loin d'être sûr d'y parvenir moi-même avec les instruments de la sociologie - que le lecteur saura porter sur les expériences que je serai amené à évoquer le regard qui convient, selon moi".

Le propos est fort : il parle de mondes sociaux "incompatibles". Entre le village béarnais et le collège de France, il n'y a pas de compatibilité. Du temps où je faisais les allers-retours entre Sciences Po Paris et la maison de mes parents ouvriers en Béarn, je ressentais les choses comme lui.

Tout à l'heure quand j'entendais dans cette vidéo un amateur d'armes à feu régler ses comptes avec Mediapart qui l'attaquait, j'avais aussi le même sentiment : des mondes incompatibles, qui ne peuvent pas communiquer, même dans la polémique. Chacun a ses mots clés, ses mots valises, pour tenter d'exprimer quelque chose. Mais au fond il n'y a rien à communiquer. Tout est faux.

Quand Ruffin parle du peuple, quand Soral en parle, quand Zemmour en parle, cela sonne faux. Tout comme cela sonnerait faux si j'en parlais moi qui suis maintenant un bourgeois. Mes cousins chasseurs n'auraient rien à dire à une youtubeuse pseudo-intello façon Tatiana Ventôse, et celle-ci peut toujours faire semblant de s'intéresser au petit peuple, à ceux d'en bas, elle ne le fait que dans un combat contre les petits bourgeois de sa trempe, en usurpant la prétention de parler en son nom. Ils feraient mieux de dire, comme Pasolini dans cette interview en français de 1966 : "Je hais la petite bourgeoisie et je me hais comme petit bourgeois" et se mettre à filmer plutôt que de parler. Le petit bourgeois trahit les classes populaires dès qu'il veut parler à leur place. Et pour cette raison Bourdieu les a trahies aussi en finissant par défendre la political correctness de plus bas étage, que maintenant Soros finance à coup de milliards.

Mais voilà, dans les années 60-70 au moins, on devait faire semblant de s'intéresser aux classes populaires. On ne se sentait pas autorisé à les gaver de malbouffe, de vaccins, et de musique de merde en le traitant de "sans-dents" et en lui tirant dessus au LBD s'il venait occuper les places des centres-villes. On ne se sentait pas encore en mesure de lui dire ouvertement qu'il polluait trop la planète et qu'il était temps de le stériliser. On avait la petite touche paternaliste, toujours humiliante, toujours détestable, mais qui au moins permet encore de laisser entrevoir quelque chose de l'indécente vérité de ce monde. Tenez, prenez les conférences d'Henri Guillemin, ce fils de petit fonctionnaire comme Bourdieu devenu chrétien social. Installé à titre posthume sur You Tube devant son joli mobilier d'intellectuel, il se sent obligé de rappeler, en 1970, que la canaille girondine de 1792 n'était qu'une bande de vautours assoiffés d'argent tandis que l'on doit reconnaître à Robespierre (comme aux frères Gracques à l'époque romaine) le mérite d'avoir au moins un peu quand même essayé de porter atteinte au dogme de la "propriété sacrée", pour limiter les injustices. Mes profs de Sciences Po quand ils parlaient de la Révolution n'avaient pas cette délicatesse. Dans les années 60, on ne pouvait pas penser l'humanité et la morale sans songer aux classes humiliées. Il en allait de même dans les années 1840. Je repense au père Lacordaire quand il soulignait la phrase de Jésus selon laquelle la preuve que le Messie était là c'est que "les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres." (Matt 11:5). " Etre auprès des pauvres compte plus que de faire des miracles", estimait-il, et il ajoutait : "un jour peut-être l’Antéchrist ressuscitera des morts ; mais ce qu’à coup sûr il ne fera pas, c’est que les pauvres soient évangélisés". C'était du paternalisme chrétien, mais un paternalisme qui, au moment des barricades de 1830 et 1848, ne pouvait pas faire l'économie de la question sociale comme on la fait cyniquement aujourd'hui.

Aujourd'hui il n'est plus question de s'intéresser aux classes opprimées. Ni aux affamés qui se cachent pour se rendre à la banque alimentaire, ni à ceux qui sortent leurs fusils pour essayer de défendre ce qu'il reste de la "douce France cher pays de leur enfance" ou de leur "doux villages". Tout le monde est devenu du bétail, étiqueté, de la marchandise pour l'élevage des "grands initiés", de l' "élite mondiale"...

Je repense encore à Bourdieu quand il écrivait dans Science de la science et Réflexivité que la sociologie anglo-saxonne avait toujours été une forme d'ingénierie sociale. En lisant cela à l'époque (il y a 20 ans), je en pensais pas que cette ingénierie, cet art de gérer le troupeau et de le faire taire (et même d'en éliminer les mauvais éléments) deviendrait un pratique aussi ouvertement assumée par les classes dirigeantes.

J'ai fini pour ma part par estimer comme Wittgenstein que ce qu'on ne pouvait dire il fallait le taire. Et que, puisque cette disparité entre les divers types de classes dominées et la petite, moyenne et grande bourgeoisie était si marquée, et si ineffable, il était vain d'écrire pour en témoigner (et encore plus vain de tenter d'expliquer comment ses diverses strates peuvent s'agencer dans un individu statistiquement improbable qui a connu une ascension sociale elles peuvent s'agencer). Ne parlons pas de ça puisqu'il n'y a pas de mots pour le dire, puisque les mots sont nécessairement pédants, petits bourgeois. L'honnêteté est de se taire sur ce sujet, de parler d'autre chose... Je n'en dis donc rien dans ce blog. Mais je rappelle tout de même ceci : ceux qui prétendent en parler, dans leurs écrits, à la TV, en parlent nécessairement d'une manière fausse. Ce sont des imposteurs.

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Les opinions de M. Sidos

18 Septembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #La droite

Petit fils de Républicain espagnol, de gauche pendant toute ma jeunesse, j'ai hérité d'une vision de l'histoire différente de celle des gens très à droite. Mais j'ai aussi fait passer les faits avant toute autre considération, et, pour avoir une vision claire des faits, il peut être utile d'entendre tous les témoignages, et toutes les interprétations possibles, à leur sujet. C'est pourquoi étudiant à Paris en 1990 j'écoutais déjà aussi bien France Culture, que Radio Libertaire et Radio Courtoisie.

A l'occasion du décès de Pierre Sidos, un nationaliste (extrême droite) issu du pétainisme qui est le "père spirituel" de l'actuel rédacteur en chef de Rivarol, il y a deux semaines, j'ai envie ici de dire un mot de la vision de l'histoire qu'il avait exposée le 28 février 2014 dans une interview avec Florian Rouanet de l’association « Les amis de Pierre Sidos » . Je ne dis pas que j'adhère à cette vision, loin sans faut, je dis qu'elle devrait pouvoir être entendue dans les débats comme toutes les autres (et ce faisant je ne dis pas autre chose que ce que disait Noam Chomsky, qui était une des grandes références de mes 30 ans, au point que j'ai contribué à la rédaction du Cahier de L'Herne qui lui fut consacré)

Voici donc entre autres ce qu'y disait M. Sidos :

- A propos de Marcel Bucard (fondateur du "francisme", reconnu comme le fascisme à la française auquel P. Sidos adhéra à partir de 1943, à 16 ans) : il fut un séminariste mais se révéla d'une envergure extraordinaire au combat puisque de simple soldat il devint capitaine "avec dix citations extraordinaires, si bien que c'était un beau guerrier et un nationaliste convaincu".

- A propos de l'imaginaire fasciste des années 30 : "La marche sur Rome, la résistance de l'Alcazar de Tolède, c'étaient des choses qui exaltaient une certaine jeunesse". Cette jeunesse se demandait pourquoi la révolution nationale ne se réalisait pas en France. Cela n'a été fait que dans des conditions difficiles pendant la guerre, sous occupation militaire, et sous embargo anglo-saxon "ce n'étaient pas les meilleures conditions".

- Sur la Libération-épuration : "c'était le revanche de 1936, du Front populaire. Tous les gens qui avaient prêché le désarmement et la quasi suppression de l'armée qui se retrouvaient au pouvoir et qui exerçaient vis à vis de ceux qui s'étaient comportés toute leur existence d'une façon patriotique, qui avaient participé au combat pour empêcher que les Allemands n'entrent en France un pouvoir de juge". Toute la famille de Sidos (dont son père héros de la guerre de 14-18 - au livre d'or des soldats de Verdun, et titulaire de la légion d'honneur à titre militaire - qui fut fusillé en criant "vive la France", et ses deux frères, l'un qui s'était engagé en 1940 dans un régiment de tirailleurs sénégalais à La Rochelle et l'autre dans la Marine) fut traduite devant une juridiction. Lui-même fut torturé dans une ambiance à la 1789 (24'34), avec électrodes sur les parties génitales et coups sur la plante des pieds à Cognac dans un château tenu par les communistes, et incarcéré pendant cinq ans, pour aboutir au camp du Struthof (construit par les Allemands pendant la guerre) où il se retrouva avec 2 000 jeunes gens à affronter des hivers très rudes. Il se souvient de ne pas y avoir vu la chambre à gaz qu'on montre maintenant aux collégiens qui le visitent et affirme que la potence qu'on y  voit a été construite par les jeunes en 1947-48 (minute 18'24). Ces jeunes d'extrême droite furent finalement envoyés en Indochine combattre les communistes sur une base de volontariat.

- A propos de l'abbé Pierre (min 19'37) : "Un beau jour, il y avait des députés démocrates chrétiens du Nord qui se sont inquiétés en se disant 'enfin ces jeunes gens, ils ne vont pas y rester éternellement' car il y faisait très froid l'hiver (...). C'est alors qu'il y a un autre parlementaire, en soutane, qui est monté à la tribune en disant 'ce sont des nazis, ils n'ont qu'à y rester'. C'était l'abbé Pierre. Alors quand ensuite il nous a fait le coup de dire 'il y a des gens qui souffrent du froid etcétéra... tous ces prêtres un peu démonstratifs, un peu comédien, je m'en méfie, et notamment de celui-là".

- Le Sahara et l'Algérie : Bénéficiant d'une "grâce amnistiante" qui ne lui permettait pas d'effectuer son service militaire dans les troupes ordinaires, Sidos fut envoyé le faire au Sahara en 1951 comme assistant du médecin chef. Sidos explique l'insurrection algérienne par le fait que les résistants avaient "propagé et officialisé le désordre, l'insurrection, le terrorisme " (min 27'34) un peu comme de Poncins impute au cinéma décadent d'Hollywood le discrédit des Occidentaux dans les colonies et le début des soulèvements contre les colonisateurs. les émeutes de Sétif en mai 1944 ont été réprimée par l'aviation française alors que le ministre de l'aviation était un communiste (Fernand Grenier). "Lors de mon service militaire (en 1951) dans la région d'Oran ils ont projeté un film à la gloire de la résistance dite française qui faisait sauter des trains. Mais il ne faut pas s'étonner que peu de temps après la ligne de chemin de fer Oran-Qenadza (près de Colomb Bechar), c'est-à-dire le chemin de fer qui allait jusqu'en bordure du Sahara saute. Autrement dit c'est l'atmosphère issue de 1945 qui est à l'origine de l'affaire algérienne".

Sidos estime aussi que les élections étaient toujours truquées en Algérie ce qui était une source de division. Et De Gaulle commit l'erreur de relancer les processus électoraux. La région était la plus antigaulliste (min 32'41). C'est Salan, titulaire de l'ordre de la francisque à cause de son combat contre les gaullistes à Dakar, qui eut le tort de lancer "Vive de Gaulle". 24 janvier 1960, journée des barricades à Alger, Sidos entra en clandestinité, sous le coup d'un mandat d'amener comme d'autres leaders de "Jeune nation". Il fut arrêté sur dénonciation.

Sidos a rencontré le secrétaire général du FLN et des ministres algériens sur l'antisionisme. Le régime de Boumédienne commençait à interdire les films d'Hollywood. Sidos leur rappela que leur pétrole restait entre les mains des Rothschild. Deux mois plus tard ils le nationalisèrent. Comme il s'était rendu à Alger avec un responsable de l'OAS, il apprit qu'un socialiste (ancien ministre) y était pour recevoir de l'argent. Il a aussi rencontré le roi Fayçal d'Arabie saoudite, ainsi que le général Peron à Madrid (il avait la statue de Bonaparte dans son bureau). Celui-ci lui a dit avoir les mêmes ennemis que Sidos : les Etats-Unis et le sionistes.

Il a subi des attentats. Notamment une bombe à son bureau en 1974 (38'28).

Sur Le Pen il le considère comme un homme sincère, mais, émanant du syndicalisme estudiantin (1h08) il considère qu'il est habitué de la manipulation électorale. A l'occasion d'un congrès estudiantin de l'UNEF à Aix les Bains en 1951 Le Pen provoqua des violences et profana l'Eglise voisine. La police intervint et il échappa au procès seulement grâce à l'intervention d'André Marie, ministre de l'éducation nationale. En outre Sidos le considère comme un homme du système, et c'était un chasseur d'héritages, comme il le montra dans les affaires Lambert, Le Sabazec et d'autres. Sidos lui reproche d'avoir donné son parti à sa fille.

Sur le XXe siècle Sidos considère que l'Histoire dira qu'Hitler était le Napoléon allemand, Mussolini le dernier des Césars et Staline le tsar rouge et que ce n'était pas rien de vivre cela. Il souligne que dans "la formation la plus politique de l'armée d'Hilter" (la Waffen SS) il y a eu 2 millions d'Européens et même de non-européens (min 1h15) cela n'est comparable qu'à l'armée de Napoléon qui pendant la campagne de Russie comptait une moitié d'étrangers.

Pour Sidos Mussolini créa l'Italie moderne, résolut la situation du Pape, ce qui suscita un consensus en Italie autour de lui. En 36, souligne Sidos, le Duce fut "victime de sanctions économiques" quand il voulut inclure l'Abyssinie aux possessions qu'il avait au nord et au sud de ce territoire, conformément à une ancienne promesse des Alliés, "la même politique qui est pratiquée à l'heure actuelle contre l'Iran". "Il a conquis l’Éthiopie, il a fait du roi d'Italie l'empereur d’Éthiopie, et il a surtout aboli l'esclavage qui était légal en Éthiopie".

Une parenthèse ici : Jean Longuet, petit fils de Marx et député le journal socialiste "Le Populaire" du 15 avril 1936 en p. 3 écrivait à propos d'une note diplomatique par laquelle l'Italie, pour s'exonérer d'avoir usé de gaz asphyxiants en Éthiopie, avait mis en avant le fait qu'elle avait aboli l'esclavage : "Je dois à la vérité d'écrire que ce document 'sensationnel !' a laissé diplomates et journalistes parfaitement indifférents. Tout au plus certains pince sans rire se sont-ils bornés à déclarer en haussant les épaules : 'Mussolini a aboli l'esclavage en Éthiopie. Sans doute l'abolira-t-il en Italie ?' "

Contre les assemblées : "St Thomas d'Aquin disait qu'il faut se méfier des assemblées, surtout des assemblées d'évêques... Mussolini mis en minorité devant le Grand conseil fasciste : mais un fasciste n'aurait jamais imaginé qu'on votait au Grand conseil fasciste"(1h21) - NB il y a les mêmes considérations contre les Assemblées dans les Mémoires d'Outre tombe de Chateaubriand à la chute de Napoléon.

Il évoque ensuite le concile Vatican II, comme point d'arrivée d'autres catastrophes, qui introduit la démocratie dans l'Eglise ce qui d'après lui est une erreur au vu de Jean 15:16 "c'est moi qui vous ai choisis". Pour lui c'est la conséquence de 1945. La défaite d'Hitler fut la défaite de l'Europe et de la civilisation (avec la rétroactivité des lois, l'imprescribilité etc).

Il évoque ensuite les mouvements politiques qu'il a créés - Jeune Nation, la veuve d'un négociant en sucre rue du cirque bonapartiste tenait salon le samedi après-midi. Le mouvement attaqua le siège du PCF le 7 novembre 1956, et l'année suivante (16 novembre 1957, événement couvert par le presse internationale parce que le premier ministre britannique était à Paris ce jour là) devant l'ambassade des Etats-Unis place de la Concorde après la livraison d'armes anglo-américains aux Tunisiens. En mai 58, le gouvernement Pfimlin dissout Jeune nation et un groupuscule fondé par Le Pen. Le mouvement allait créer avec N. Jacquemart de l'Echo de la Presse un journal (min. 1h37') qui fut très réprimé par les gaullistes. Sidos explique aussi la naissance du courant d'extrême-droite Occident récupéré par l'organisme  pro-américain "Est-Ouest" (dirigé par George Albertini, ancien professeur de l'école normale de Troyes, devenu secrétaire général du RNP de Marcel Déat pendant la guerre) qui faisait de l'anti-communisme du dollar avec beaucoup d'argent . Sidos a fondé l'Oeuvre française en 1968 avec la croix celtique ("croix eucharistique") comme association de la couronne et de la croix. JM Sauvé directeur des libertés publiques de Joxe fit interdire la revue "le Soleil" à cause d'une information sur Israël (selon Sidos).

En 1991, Pierre Sidos a demandé au Conseil d'Etat d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 7 novembre 1990 par lequel le ministre de l'intérieur a prononcé l'interdiction de la vente aux mineurs, de l'exposition et de toute publicité de la revue "Le soleil". Requête rejetée en 1994.

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A la ville comme à la scène : le vampirisme

10 Octobre 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma, #Grundlegung zur Metaphysik, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Barack Obama

C'est un thème que j'ai traité à propos dans mon billet sur les Epipens et l'adrénochrome : les films de vampires mettaient en scène de vrais occultistes, et les scènes étaient jouées comme des cérémonies réelles d'invocation des esprits : voir le témoignage de Christopher Lee à ce sujet en 1975. De sorte que le public sans le savoir quand il regarde ce genre de film participe à la cérémonie et en reçoit les effets.

Bela Lugosi l'acteur toxicomane qui avait joué Dracula dans un film de 1931  était un occultiste. Cindy Lee (nièce du producteur de film d'horreurs Frank Robert Saletri assassiné en 1982 dans l'ancienne maison de Lugose, elle habite à Phoenix Arizona), dans un documentaire "Deadly Possessions" de Zak Bagans datant de 2016, explique qu'elle possède le miroir qu'il utilisait pour ses rituels et la voyance qui a causé tant de meurtres et suicides dans sa famille qu'elle l'a donné au musée de Zak Bagans à Las Vegas.

J'avais du coup posé la question de la participation de David Bowie (disciple du sataniste Aleister Crowley) et Catherine Deneuve (qui entre autres a chanté en duo avec l'homme qui avait l'anneau d'Aleister Crowley, Malcom McLaren) à l'histoire de vampires "The Hunger" (Les Prédateurs) et l'espèce de culte que la troisième actrice Susan Sarandon organise autour de ce film dans ses restaurants "Spin Ping Pong" dont le nom évoque la pizzeria Ping Pong Cosmet de Washington DC, repaire d'Obama, Clinton, Soros and co, dont le patron mettait en scène des enfants torturés sur les réseaux sociaux.

Il y a identité entre la ville et la scène pour les films de vampires, comme il y en a aussi dans les films de sorcellerie, puisque toutes les actrices d'Hollywood qui ont joué des rôles de sorcières pratiquent aussi la sorcellerie dans la vie courante : voyez Asia Argento, Rose McGowan, Alyssa Milano. Cela rejoint aussi le fait que les plateaux de TV aux Etats-Unis deviennent des exercices d'humiliation publique qui sont en fait des rituels maçonniques : voir le cas de Kristen Wiig, Julia Roberts, ou encore la semaine dernière Taylor Swift comme l'a analysé Paul Romano ici.

Il s'avère que l'implication des acteurs de films de vampires dans l'occultisme se vérifie aussi en France. Dans le cadre de son enquête sur l'arrestation de Jean Moulin,  "La diabolique de Caluire" (1999), le regretté Pierre Péan dressait le portait de la médium Lydie Bastien qui fut à l'origine de l'arrestation mais fut protégée à la Libération par un autre médium fondateur de la direction du contre-espionnage français (la DST). L'ancien policier Roger Facon, qui a écrit en 2017 un livre impressionnant sur la tradition templière et l'alchimie dans certains milieux anarcho-syndicalistes du bassin minier du Nord, autour notamment de la verrerie (il faudra que je vous en reparle à l'occasion, notamment de sa thèse selon laquelle la Première Guerre mondiale est arrivée en partie à cause des momies égyptiennes en Europe) décrit par le menu les pratiques satanistes de cette dame dans les beaux quartiers de Paris. A Montparnasse, rue Jules Chaplain,  Louise d'Hour, actrice des films de vampires de Jean Rollin, chantait au Boucanier, le bar-discothèque que possédait cette Lydie Bastien (laquelle était très influente et haut placée dans le monde rosicrucien/AMORC).

Sur ce blog DJ Tytoon un ancien habitué du Boucanier, raconte que dans les années 70-80 on y dansait "sur Joy's division, Bauhaus, Christian Death, les Virgin Prunes,les Sisters of Mercy, the Cure et autres Siouxsie and the Banshee." (Vous noterez que j'ai évoqué Sisters of Mercy et Bauhaus à propos des Epipens, les autres groupes cités sont aussi liés à l'occultisme). Il la décrit comme une adjointe de Lydie Bastien et cite un article qui la présente comme étant dans la vraie vie "un peu vampire, un peu sorcière, beaucoup médium"...

Le monde des films fantastiques autour des vampires est un bon filon à suivre pour comprendre l'occultisme maléfique dans la haute société européenne et américaine. Les diverses productions culturelles qui folklorisent ce thème, en font un sujet d'humour, le relèguent dans le domaine de l'imaginaire et de la fantaisie sont un paravent utile à des pratiques sordides et bien réelles qui se passent régulièrement autour de nous les jours de pleine Lune, d'Halloween etc, et qui sont le moteur spirituel des problèmes de ce monde.

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Puharich, les médiums et la CIA

11 Septembre 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Grundlegung zur Metaphysik, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous, #Divers histoire, #1950-75 : Auteurs et personnalités

Un lecteur du blog attire mon attention sur un personnage à propos duquel il s'est documenté : Henry (Andrija) Puharich, (1918-1995) un Américain d'ascendance croate que Wikipédia présente comme " un chercheur en parapsychologie". "Puharich, m'écrit-il, est un peu celui qui a mis en avant Uri Geller, le type dont tu te souviens certainement qui prétendait faire fondre des cuillères par sa pensée. Au passage, des archives  de la CIA déclassifiées tendent à prouver que les scientifique mêmes de la CIA pensaient réellement que Geller avait un don, d'après leurs propres études à son sujet."  - Geller est maintenant animateur de TV en Israël.

"Bref, poursuit-il, Puharich a rencontré Geller en 1971 et a travaillé avec lui quelques années, il a même écrit une bio en 1974 intitulée Uri. Il voulait le mettre en contact avec ce qui était communément appelé, par les ufologues d'alors, le "Conseil de Saturne" ou le "Conseil des Neuf", ce que Puharich supposait être des extra-terrestres qui interagissaient avec la Terre, voire la contrôlaient, mais basés près des Saturne. Le fait que dans le livre 2001, l'Odyssée de l'Espace, écrit en 1968 par Clark, un signal extra-terrestre soit capté sur Terre en provenance de Saturne n'a absolument rien d'un hasard (je parle du livre, dans le film c'est Jupiter car Kubrick a changé la planète pour une raison que j'ai oubliée)."

Parenthèse personnelle : je me demande si ce n'est pas parce que Saturne est identifiée à Satan dans l'occultisme - il y a une vidéo de David Icke sur You Tube à ce sujet.

"D'autres sources de canalisation, continue mon correspondant, prétendent que le Conseil de Saturne est une base d'entités bienveillantes qui "protègent" la Terre avec une sorte de filet métaphysique pour empêcher l'intrusion d'entités malveillantes venant d'autres planètes, des sortes de Gardiens qui empêcheraient l'humanité d'entrer en contact avec des entités venant d'autres mondes avant qu'elle n'ait atteint un certain stade d'évolution, physique et métaphysique, les deux étant liés. Je n'ai pas d'avis là-dessus, je ne fais que te rapporter le résultat de mes recherches, qui à ce sujet sont assez anciennes."

"J'ai découvert il y a quelques mois que Puharich avait travaillé pour MK Ultra (le programme de contrôle mental de la CIA). A quel niveau de l'organisation il se situait, je ne sais pas, mais j'ai aussi découvert qu'il a utilisé une jeune femme comme "cobaye" de pas mal d'expériences de contrôle mental, au milieu des années 1970. Cette jeune femme, que Puharich et d'autres considéraient comme une medium, semble avoir été traumatisée à un degré assez sévère, et fait aujourd'hui du black metal, ouvertement sataniste.... Elle s'appelle Belita Adair, son site est "http://satanicchurchofthedead.com/", tu constateras ce que je viens de dire en allant jeter un coup d'oeil sur ses photos plutôt malsaines : pentagrammes inversés, images de démons, etc.. Mais surtout, la page la plus intéressante, où rien de tout cela (les trucs malsains) ne figure :  http://satanicchurchofthedead.com/belitaadairmkultra.html. Elle y raconte comment elle a été victime de Puharich et d'autres avant lui. Je peux te dire que j'ai l'impression d'avoir eu une chance énorme de tomber sur cela... Même les transcriptions déclassifiées de la CIA y figurent. Par ailleurs, avant d'être "étudiée" à Stanford, elle l'a été à l'UCLA (université de Los Angeles) aux mains d'une certaine Thelma Moss... la même qui a travaillé sur la photographie Kirlian qui permet de voir les auras... Tout ce petit monde est lié... Pour boucler la boucle, MK Ultra a été dirigé entre 1971 et 1978 par un certain William Thetford, qui a participé à l'écriture de l'une des bibles du mouvement New Age, "A Courses in Miracle" d'Helen Schucman, sorti en 1976, en pleine explosion de ce fameux mouvement New Age. Or, entre 1971 et 1978, on est pile dans la période ou MK Ultra étudie Belita Adair. Je n'ai trouvé aucune information supplémentaire sur son cas, mais c'est l'un des plus documentés que j'aie pu obtenir malgré tout. D'autres liens existent sans doute entre toutes ces personnes et d'autres encore, je n'ai pas creusé plus loin. "

Après le lien beat generation - pop music - new age - satanisme - CIA que j'avais cité dans mon billet  de mai dernier sur les Talking Heads (qui renvoyait aux travaux de McGowan sur le Laurel Canyon) on est là sur le segment médiums - New Age - MK Ultra CIA.

Mon correspondant ajoute : "Puharich s'est intéressé aussi à un phénomène appelé "chirurgie psychique", plutôt dans les années 1960 il me semble... On trouve des individus pratiquant ce genre de médecine parallèle au Mexique et aux Philippines. Je ne sais quoi en penser, des témoins rapportent que "ça marche"... Puharich étant ouvertement un parapsychologue, il s'est intéressé à tout ce qui touchait de près ou de loin au paranormal, donc aussi à ses phénomènes. On se croirait en plein épisode d'X-Files... Je ne me pose plus trop de questions quant aux sources d'inspiration des auteurs de cette série... à rapprocher de Twin Peaks, qui mélange allègrement ésotérisme oriental, ufologie et possession par des démons... Bref, je me disperse, mais tout est tellement lié que ça m'en donne parfois le vertige."

Sur le lien avec l'ufologie (puisque je vous disais que je lis sur la connexion ufologie-démonologie), mon correspondant note que Puharich "connaissait aussi un ufologue parapsychologue du nom de Charles Laughead. Laughead avait travaillé dans les années 1950 et peut-être 1960 avec Williamsom, toujours dans le but d'entrer en contact avec d'autres entités. Laughead a publié avec sa femme l'un des livres de Williamson en 1957, un certain "Book of Transcripts". Pas plus d'infos là-dessus, mais je n'ai pas beaucoup cherché non plus. Puharic parle de Laughead dans son livre "Uri". Dans ce même livre, Puhraric affirme aussi qu'il utilisait Geller pour communiquer avec une entité du nom de "Spectra"... Puharich et Williamson connaissaient tout deux Donald Elkins (alias Don Elkins), le seul ufologue de cette époque à qui j'accorde un certain crédit. Elkins a mis en place un protocole de canalisation extrêmement pointu qu'il appelait "tuned transe telepathy", je mets les termes anglais car j'ai du mal à traduire cela "Télépathie accordée par la transe" éventuellement. Avec son amie Carla Rueckert et un autre compère, Jim McCarty (le seul encore vivant aujourd'hui), ils ont communiqué avec une entité, ou plutôt un complexe d'entités du nom de Ra, et publié le résultat de ces contacts dans "The Law of One", une série de 5 bouquins publiée au début des années 1980, qui contient pas mal de vérités métaphysiques à mon sens, mais noyées dans pas mal de choses fausses (Atlantide, Tarot, Astrologie, une prétendue civilisation martienne qui n'a jamais existé), voire dangereuses (tout est un donc il n'y a ni bons ni mauvais !) Leur premier livre, "Secrets of the Ufo", mentionne Williamson, si je me souviens bien. Ra prétend avoir construit les pyramides... comme toutes les entités canalisées ou presque... sauf qu'elles se contredisent toutes sur les dates et sur les vrais auteurs.  (..) Elkins s'est suicidé en 1984 à 54 ans et le contact avec Ra n'a pas été repris par les deux autres... Rueckert est décédée récemment, il y a quelques années, après avoir affirmé dans les années 2000 que le changement de densité, le passage de la Terre dans l'Âge du Verseau serait pour 2012... Du bon New Age en somme, directement inspiré par Alice Bailey. Tous lisaient aussi abondamment Helena Blavatsky et Aleister Crowley (...) la fondation Edgar Cayce a financé dans les années 1980 une campagne de datation des pyramides d'Egypte au Carbone 14."

Voilà, je livre ce matériau aux lecteurs de ce blog ne sachant trop quoi en faire pour l'instant. Peut-être cela peut-il avoir quelque intérêt pour des gens qui font des recherches sur les rapports entre la CIA et les médiums dans les années 60, la façon dont tout cela s'est "cristallisé" dans le MK Ultra. N'oubliez pas que cela ne concerne pas que des expériences marginales des services secrets mais que les techniques expérimentées dans ce cadre sont aussi susceptibles d'être utilisée à grande échelle à travers les médias : par exemple le "backmasking" qui fait que par des procédés largement surnaturels (inspirés par des forces invisibles), on arrive à glisser dans des chansons des messages qui ne peuvent être entendus que si l'on passe la chanson à l'envers mais qui malgré tout conditionne notre cerveau car celui-ci est inconsciemment capable de "lire" à l'envers ce qu'on lui donne (c'est le sataniste Crowley le premier qui prôné la lecture à l'envers des livres sur les phonographes... inventés par Thomas Edison, grand théosophe devant l'Eternel, et  disciple de la médium Helena Blavatsky ...

Pour les lecteurs de ce blogs qui - à juste titre - s'intéressent plus au destin politique de ce monde qu'au paranormal (mais n'oubliez pas qu'à certains degrés tout cela est lié...),je signale quand même cette interview par le magazine allemand Telepolis en 2008 de Geller, le poulain de Puharich qui raconte ses rencontres (à la demande de la CIA) avec Kissinger (pour un motif mystérieux), Carter (pour le convaincre d'investir de l'argent dans les programmes de manipulation mentale et de divination à distance), sa découverte de pétrole pour le Mexique par des voies paranormales, son rôle dans l'admission d'Israël au sein de la Croix Rouge internationale en 2006 après 59 ans d'exclusion... Vérité, intox ? Allez savoir...

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Simone de Beauvoir et Anaïs Nin

21 Janvier 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Lectures, #Les rapports hommes-femmes, #Grundlegung zur Metaphysik

Dans "Tout compte fait" (un livre dont l'ami des mystères d'Hécate, Paul Morand, disait du bien) au chapitre III Simone de Beauvoir écrit à propos du Journal d'Anaïs Nin : "Je suis gênée par son esthétisme, son narcissisme, l'étroitesse du monde qu'elle se crée artificiellement, l'usage immodéré qu'elle fait des mythes, par son engouement pour l'astrologie". Faut-il y voir une allusion à sa participation au film sataniste "Inauguration of the Pleasure Dome" du mage Kenneth Angerer ? Beauvoir parle aussi de l'amour de Nin pour "un minable charlatan que j'ai bien connu". Un médium parisien ?

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Nils Andersson "Mémoire éclatée"

19 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Lectures, #La gauche, #1950-75 : Auteurs et personnalités

Nils Andersson est une autorité morale de la gauche française et suisse, proche de la mouvance du Monde Diplomatique, connu notamment pour avoir publié en 1958 dans la maison d’édition qu’il dirigeait à l’époque La Question d’Henri Alleg.

L’ouvrage, dans un style élégant et paisible, promène le lecteur dans la Lausanne de l’enfance de l’auteur, dans la caserne de son service militaire en Suède (car il est né suédois et le restera toute sa vie)... Il commence par des témoignages intéressants sur la répression anti-communiste pendant la Guerre froide. Il expose la manière dont l’auteur lui-même fut classé à gauche par la police helvétique à un moment où il n’était pas encore engagé, il évoque l’appel au lynchage d’un historien de l’art communiste après l’invasion soviétique en Hongrie, la chasse aux sorcières contre les participants suisses au VIe festival de la jeunesse suisse en 1957. La persécution que subit l’auteur dans le cadre de son soutien aux militants du FLN algérien et à leurs alliés français s’inscrit dans le prolongement logique de cette intolérance de la société bien-pensante qui était comme une chape de plomb sur la jeunesse de l’époque. La suite est sur Parutions.com ici

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Castro, Fillon, Clinton, Trepca, Alep Ouest

26 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #La droite, #Peuples d'Europe et UE, #Au coeur des mouvements anti-guerre, #Barack Obama

Combattants kurdes du YPG en Syrie rendant hommage à la révolution cubaine

Combattants kurdes du YPG en Syrie rendant hommage à la révolution cubaine

Le présumé babalao de la santeria Fidel Castro est décédé à l'âge de 90 ans. Toutes sortes de rigolos médiatiques ("hystrion" st un mot trop recherché pour leur niveau d'abjection) nous accablent de leurs réflexions minables sur l' affreux "dictateur" qu'il fut.Le peuple cubain est sans doute partagé entre d'une part, l'admiration pour le bonhomme, la gratitude pour le système de santé et d'éducation dont il a permis l'édification et la préservations, pour la fierté et l'indépendance nationales cubaines portées très haut (sauf dans la période de soumission à l'URSS entre la rupture sino-soviétique et l'effondrement du mur de Berlin), et, d'autre part, les peines de l'isolement, de l'entrave aux libertés individuelles, et l'écrasement bureaucratique. Difficile d'avoir un avantage sans ses inconvénients dans notre monde voué aux démons. En tout cas le Tiers-Monde, et donc l'humanité, lui doit beaucoup. Cuba a endigué l'apartheid en Afrique (Mandela l'a reconnu) en soutenant l'ANC, en sacrifiant ses fils dans la guerre d'Angola, elle a impulsé des forums de résistance comme le Mouvement des non alignés, sauvé les systèmes de santé que tout le monde négligeait dans les Caraïbes, en Afrique, au Timor. Je l'ai déjà dit mille fois, mais je me souviendrai toujours de la standing ovation pour le PC cubain de toutes les délégations diplomatiques du Tiers-Monde (y compris le représentant du Gabon assis à ma droite) au congrès d'Izquierda Unida à Madrid en 1994. Merci à Jeremy Corbyn d'avoir salué l'héroïsme de Castro... il n'est pas Hollande...

En France, il faut dire un mot de la primaire. Je n'aimais pas Juppé l'atlantiste, je n'aime pas Fillon le thatchérien même s'il peut apporter la paix avec la Russie. 500 000 postes de fonctionnaires en moins, c'est une fragilisation de la société, notamment de l'espace rural qui dépend cruellement des services publics. Mais la messe n'est pas dite, si j'ose dire : si Bayrou se présente, si avec la multiplicité des candidatures tout le monde plafonne à 15 % qui peut dire qui de Bayrou, de Fillon, de Mélenchon, du candidat socialiste ou de Macron se qualifiera pour le second tour ? Et qui sait si Mme Le Pen se qualifiera elle-même si son père se présente aussi, si sa nièce (ardente représentante des valeurs chrétiennes mais quand même divorcée au bout de deux ans de mariage, mauvais début pour une figure christique) fait défection, ou encore si Dupont-Aignan parvient à lui prendre des voix ? Ce qui est bien avec les élections, n'en déplaise à Jacques Attali, c'est que quand même par moments (disons une fois tous les 20 ans) le champ des possibles recommence à s'ouvrir.

Bon, après je sais que le boboïsme de centre gauche est toujours prêt à tout pour combler la brèche laborieusement ouverte. Tony Blair l'homme aux mains souillées du sang serbe, afghan et irakien, sort de sa tanière pour essayer de faire enterrer le Brexit. H. Clinton appelle à l'insurrection et l'écolo Jill Stein (peut-être stipendiée pour cela) tente de faire recompter les voix dans le Wisconsin et d'autres Etats où Trump a gagné de peu mais oublie de le demander dans les Etats où Clinton a gagné de justesse (celle-ci n'avait-elle pas quasiment traité Trump de facho quand il menaçait de faire de même en cas de défaite ?). Dès que le peuple fait entendre sa voix, l'odeur de la guerre civile se fait sentir...

Belle déclaration du ministre des affaires étrangères serbe au Conseil de l'Europe cette semaine. Il a rappelé les agressions contre les minorités non-albanaises au Kosovo, et dénoncé la privatisation de la mine de Trepca au Kosovo. Celle-ci constitue en effet un acte de piraterie commerciale de grande envergure. Je me souviens du temps où Collon et Stojlikovic enquêtaient sur ces mines il y a 15 ans. 38 % des familles serbes du Kosovo dépendent directement ou indirectement des emplois dans ces mines qui appartiennent juridiquement à l'Etat serbe, et qui, déjà illégalement étaient passé en 1999 sous tutelle de la MINUK. Aujourd'hui Pristina les privatise sans sourciller. Où sont les associations de défense des minorités pour dénoncer l'oppression ? Heureusement de nombreux Etats (Vietnam, Madagascar etc) ont confirmé leur refus de reconnaître l'indépendance du Kosovo.

A l'ONU Samantha Fox, euh non Power, l'âme damnée d'Obama comme on eût dit dans les dessins animés de mon enfance, menace 12 généraux d'Assad d'être traduits devant la justice internationale et de finir comme Milosevic. Je pense plutôt que ce sont elle et ses acolytes qui méritent ce sort pour avoir provoqué la guerre en Syrie en 2011.

Voici des copies d'enfants d'Alep Ouest que l'association humanitaire à laquelle participe Pierre Le Corf dont j'ai parlé il y a 6 jours a publiées sur Twitter. Voilà la réalité dont Sam Power, H. Clinton and co sont responsables.

 

Castro, Fillon, Clinton, Trepca, Alep Ouest

Traduction :

Question : qu'est-ce qui me rend triste/joyeux/me fait peur ?

1ère rédaction : "Il y a beaucoup de choses qui me rendent heureux comme jouer du cello, du piano, tous les instruments en général mais le celllo est mon instrument principal. J'aime aussi écouté la musique, tous les genres de musique. J'adore le sport, le tennis de table me rend heureux, j'aime aussi le football, le basket, le tennis et le badminton. Bien sûr trainer avec mes amis me fait beaucoup plaisir, j'adore mes amis, je pense qu'ils sont la dernière chose bien qui nous soit laissée dans cette guerre, mais comme je l'ai dit précédemment je suis un mec positif, j'essaie de voir le bon côté des choses, j'espère que cette guerre finira bientôt, ça me rendra vraiment heureux.
Ah ! pour la tristesse... Beaucoup de choses me rendent triste, dans le fait que mon ami est mort la semaine dernière. Je n'oublierai jamais le regard de son père, ça a brisé mon coeur ! C'était n bon ami, je le connaissais depuis le CE1. Jusqu'à maintenant je n'arrive toujours pas à intégrer l'idée qu'il est mort. Je suis bien sûr triste mais je sais qu'il est parti vers un meilleur endroit qu'on appelle LE CIEL !!! Je suis triste du fait que ma vie a été si ennuyeuse ces derniers temps. Cette routine de tous les jours me gave !
Vous nous avez demandé de vous dire ce qui nous fait peur, eh bien, j'ai peur de la solitude. J'ai des amis géniaux mais cette migration m'effraie !
J'ai aussi peur de mourir, en fait je n'ai peur de rien (sauf de la solitude). Je commence à perdre l'espoir.
Je respecte les efforts de mecs comme toi (les volontaires) que Dieu vous bénisse !"

2ème rédaction  "27/10 Bonjour, mon nom est ** et voici l'histoire de ma vie. J'ai 13 ans, je suis né(e ?) à Alep en décembre. Avant la guerre tout était bien et nous menions une vie normale comme n'importe qui dans le monde. Mais quand la guerre a commencé, tout a changé.Nous vivons dans la peur depuis 2011. La première chose qui a été détruite fut mon adorable école et ça nous a forcé à en changer. Beaucoup de gens ont émigré à cause de la peur de la mort. La guerre nous a enseigné que rien ne dure pour toujours. Nous avons perdu beaucoup de gens à cause des roquettes. Nous avons beaucoup pleuré mais notre espérance en Dieu est plus grande que tout. Nous croyons que cette guerre va finir tôt ou tard.
Je n'oublierai pas le moment où une roquette est tombée devant ma maison. J'ai hurlé et j'avais peur pour ma famille.
J'ai passé mon temps libre à dessiner et écouter de la musique parce qu'ils me font tout oublier autour de moi. J'espère qu'un jour, quand la guerre sera finie, je serai un(e ?) peintre célèbre, un grand médecin et quelqu'un d'inoubliable qui aura un grand effet sur ce grand monde en aidant des gens."

 

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Paul Morand, la littérature

10 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Lectures, #Grundlegung zur Metaphysik

Il y avait ce soir à la TV sur une chaine de la TNT une longue interview de Paul Morand. Je l'ai écoutée jusqu'au bout.

Je sais que des jeunes gens comme Romain ou Etienne qui m'ont fait l'amabilité de réagir à ce blog naguère ont apprécié que j'y parle d'auteurs du XXe siècle comme Gary ou Werth. J'ai peut-être mieux fait de faire cela que d'y parler de politique. Je ne sais pas...

Ce soir j'écoutais Morand comme on dialoguerait avec un extra-terrestre. J'ai tellement peu de points communs avec cet homme... et pourtant son monde m'a effleuré plusieurs fois dans ma vie. Le monde des peintres surréalistes, de Malraux, de Gide, de Proust. Je l'ai croisé au sortir de l'enfance, au début de ma vie d'adulte, au milieu. On ne sait pas pourquoi ce genre de chose vous atteint, s'éloigne de vous, puis revient à divers moments. On plaint ceux qui n'ont pas la chance de croiser cela sur leur route.

Le monde des surréalistes était encore présent en moi en 2012, je crois, à moins que ce ne fût 2013, à travers Soupault. Et puis l'oeuvre de Morand s'est invitée dans ma vie en 2014 à travers Hécate et ses chiens et à travers son journal de 1968-1970. C'est lui qui m'a donné envie de lire le journal de Simone de Beauvoir de la même époque. Je me demande si je n'ai pas connu Hécate et ses chiens après avoir lu un article du journaliste Labévière. 2014 était une année vraiment épouvantable pour moi et en même temps mêlée de révélations compliquées. Il était étrange que le roman de Morand soit arrivé là, car Hécate et ses chiens est un livre un peu diabolique. Juste un peu. Et cependant moi qui, après toutes mes découvertes, suis devenu allergique aux démons, je ne perçois pas de danger dans le monde de Morand. Peut-être suis je en cela trop naïf. Peut-être à cause de cette espèce d'humilité très sobre du personnage qu'on retrouvait dans son interview ce soir.

Peut-être à cause de son absence. Cet homme fut très présent à son époque, et en même temps tellement décalé, évanescent. Pas le genre de type qui vous embrigadera dans une légion criminelle. Il se sera beaucoup trompé, autant je pense quand il aimait Picasso, que quand il se résignait au pétainisme, ou quand il détesta De Gaulle. Mais il s'est trompé de façon intéressante, toujours, d'une façon bizarre, instructive. Peut-être à cause de son espèce d'absence de tout justement D'où ses phrases courtes dans l'interview, et le fait qu'il avoue ne pas aimer parler. Un point commun avec Deleuze.

J'ai la chance de ne pas être un écrivain, de n'avoir pas derrière moi une oeuvre, même si j'ai pondu un roman et quelques témoignages autobiographiques. Je peux donc aborder n'importe quel livre de façon parfaitement désintéressée, candide, désinvolte. Je n'ai même pas, à la différence des profs, à me poser dans le rôle du type "qui s'y connaît", qui doit transmettre, je ne suis même pas dans ce sérieux là. Je suis dans un sérieux, certes, mais un sérieux à moi, un sérieux lié à ma recherche incommunicable, incompréhensible par autrui, donc je tire des livres ce que je veux, j'en dis ce que bon me semble sur ces pages numériques ou ailleurs. Ca a de l'importance, et ça n'en a pas. Dans quelques semaines je serai pour quelques jours à Venise. Je ne l'ai pas choisi. Ca arrive comme ça, alors que Venise évoquait toujours pour moi Sollers et toute une imposture littéraire que je déteste. Une boursoufflure devrais je dire. La ville n'a-t-elle point elle même vécu du vol et de l'imposture depuis le Moyen-Age ? Pour m'y sentir moins seul, j'emmènerai le livre de Morand avec moi, "Venises". Dans l'interview de ce soir, il expliquait que Montaigne, Rousseau et bien d'autres génies ont écrit sur cette ville où lui même a rencontré mille célébrités. Je pense qu'à travers ce livre je retrouverai un peu du monde littéraire, et de l'univers des esthètes, qu'accaparé par ma recherche métaphysique depuis deux ans je néglige un peu trop. J'ignore si j'en parlerai sur ce blog. On verra bien.

Ai-je déjà parlé dans ce blog de Morand ? Je pense que oui. Qu'en ai-je dit ? Je ne sais plus. Est-ce que la littérature cela compte vraiment ou n'est-ce qu'un de ces pièges hédonistes de plus qui nous éloignent de la vérité ? Grave question. Platon voulait chasser les poètes de la Cité. A ma connaissance l'Israël biblique n'a pas eu d'écrivains, même à l'époque hellénistique des Macchabées. Il en a eu un avec Flavius Josèphe, mais ce n'était plus l'époque biblique, en tout cas plus celle de l'Ancien Testament. Il faudrait que je vous parle de Josèphe d'ailleurs car j'ai lu trois chapitres de son récit des guerres juives il y a peu. Passons. Oui, les peuples qui se confrontent sérieusement à la vérité ne pratiquent pas la littérature. Cependant l'auteur de l'Ecclésiaste ou celui du Cantique des cantiques ne sont-ils pas des écrivains ? Le style nous éloigne de la vérité, mais comment peut-il y avoir une vérité sans style ? Surtout une vérité pratique, au quotidien. Comment puis-je manger une pomme avec une certaine vérité dans ma façon d'être si je n'ai pas un regard littéraire sur elle, et sur ma façon de la prendre en main ? Je ne sais pas trop comment vous expliquer cela, mais je crois qu'il y a là un "vrai sujet" comme eût dit un de mes collègues.

Donc il se peut que vous tombiez encore sur des lignes sur Morand, en parcourant ce blog, dans les mois à venir, et sur des lignes sur Venise. Sauf si je me persuade de ce que je perds mon temps à aborder ces sujets là...

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"Tout compte fait"

16 Juillet 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #1950-75 : Auteurs et personnalités

Le côté bon élève de Simone de Beauvoir dans "Tout compte fait" quand elle raconte les églises romanes charentaises (il est vrai qu'elles sont belles) ou le procès des crimes américains au Vietnam jugés au Danemark (il est vrai qu'ils furent atroces). Son regard plein de bon sens sur les fautes des régimes socialistes : la dérive de Cuba vers la dictature, la répression du "printemps croate" en Yougoslavie, les échecs du gouvernement algérien. Son indulgence compréhensible pour Israël. Ses choix contestables pour les irrédentismes contre des fédérations : pour les Biafrais contre le Nigéria (alors que le PCF et l'URSS comme Nasser et les USA soutenaient la fédération). Elle l'érige en principe, ce qui ne laisse pas de doute sur le fait qu'elle eût soutenu les Tibétains et les Kosovars dans les années 90 si elle avait survécu et persisté dans cette ligne.

Le style qu'elle incarne - l'intellectuel "propre", qui dit tout ce qu'il sait et voit, qui pose tout, et qui donne aussi beaucoup de leçons - dévoyé comme on le sait par des chefs de gang façon BHL -n'est plus trop d'actualité même si des gens comme Chomsky tentent de le poursuivre (avec moins de sens des impasses humaines qu'elle, moins de sens tragique, inhérent à la culture littéraire dont Beauvoir était l'héritière).

Bon, à part cela, l'avis de tempête sur l'Europe ne faiblit pas. Arte se fait peur avec un docu-fiction sur la fin de l'Europe. Chauvinisme grec anti-allemand contre chauvinisme allemand anti-grec, les pires souvenirs de notre continent remontent à la surface. Le capitalisme bancaire aux commandes se réjouit : l'Union européenne qui lui a offert 550 milliards d'euros pour le renflouement du système financier en 2008 lui convient, et son éclatement, avec la guerre de tous contre tous lui conviendrait aussi. En France, des pieds nickelés se font arrêter sur les Champs Elysées pour tentative de coup d'Etat, le Figaro fait sien à leur sujet le point de vue d'une gauchiste docteur ès délation (la nouvelle génération de ce style éculé après Daeninckx et Fourest). On aimerait pouvoir en rire. Comme disait mon grand-père béarnais "nem's hasquès pas arridé qu'ey lous pots bizats" ("ne me faites pas rire, j'ai les lèvres gercées").

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Lire les jungiens

26 Novembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités

Au 20 ème siècle, une profonde lassitude à l'égard de la mécanique rationnelle a poussé certains des meilleurs esprits de leur génération (du moins ceux qui n'avaient pas le talent littéraire suffisant pour devenir écrivains ni le goût de l'abstraction pour se faire philosophes) à embrasser la cause de la psychologie, puis, à partir des années 70, de la sociologie, investissant dans ces disciplines à la fois leur désespoir devant le scientisme et un reste d'attachement à l'ombre d'un fantasme positiviste (rien à voir avec ce qui se passe aujourd'hui où le gros des doctorants en psycho et en sciences sociales sont une sorte de Lumpernproletariat intellectuel qui, en d'autres temps, aurait été employé à faire du secrétariat dans les usines). Quand j'étais ado cette démarche semblait encore parfaitement légitime. Aujourd'hui elle m'apparaît grotesque. Une de ses pires dimensions, je trouve, peut être repérée dans la jungisme, théorie la plus bancale qui soit. Et cependant, pour aussi frustrantes que fussent ces sciences humaines, il faut malgré tout s'y intéresser, car les cerveaux qui s'y adonnaient n'étaient pas de faible envergure.

 

Prenez par exemple Marie-Louise von Franz, la disciple de Jung, dont j'ignorais encore l'existence récemment, et qui est pourtant décédée seulement quand j'avais déjà des échanges épistolaires avancés avec Bourdieu, en 1998, c'est à dire pour moi à peine avant-hier. A son actif il faut quand même mettre le fait qu'elle est un des rares esprits académiques à ne pas prendre l'Ane d'Or d'Apulée pour une farce (voyez son interprétation du conte, publiée l'année de ma naissance, en 1970). Bien sûr il est exaspérant de lire sous sa plume qu'Apulée avait un "complexe maternel négatif" qui s'exprime dans son récit de l'apparition de la Grande Déesse (Isis), ou de voir qu'elle disserte de façon péremptoire sur le fait que l'auteur était une sorte de "pied noir" qui devait défendre sa romanité face à la culture d'Afrique du Nord (aujourd'hui on sait que c'est l'inverse : Apulée était un Berbère qui venait d'adopter récemment la romanité). Mais il faut passer sur ces sottises et les prendre avec une certaine tendresse comme je le fais avec Devereux. D'ailleurs elles ne sont jamais tout à fait fausses. Par exemple quand Mme von Franz, avec sa sensibilité féminine, fait le procès de la froideur de la culture machiste masculine gréco-romaine en reprochant à Socrate d'avoir refusé de parler à sa femme avant sa mort, et justifie le mauvais caractère de Xanthippe - que la tradition décrit comme une mégère - on doit lui savoir gré de cet apport à la réflexion collective (autrement plus constructive que les travaux féministes américains actuels pour lesquels la culture masculine depuis l'invention de l'agriculture n'est pas essence qu'une "culture du viol").

 

Donc oui, il faut encore lire les sciences humaines du XXe siècle, et même dans leur version jungienne...

 

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Beauvoir, Malraux, A. Nin, G. Sand et l'URSS dans "Tout compte fait"

23 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités

Je ne raffole pas du style ni de la personnalité de Simone de Beauvoir, mais j’ai de l’estime pour son intelligence et pour son courage. Et quand j’ai vu que ce vieux réac de Paul Morand « de l’Académie française » (un type volontiers méchant, amusant de méchanceté d’ailleurs, une méchanceté souvent inspirée) avouait dans son journal lire « Tout compte fait », de la compagne de Sartre, et recommandait les paragraphes qu’elle consacre à Malraux, j’ai tout de suite acheté le livre.

Fidèle à mon habitude je l’ouvre au hasard (Morand précisait celle du passage qui l’intéressait mais dans l’édition originale, pas dans le livre de poche neuf que j’avais entre les mains). Mais comme le hasard m’aime depuis décembre (« il n’ y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous »), le livre s’ouvre exactement sur le passage que l’auteure consacre au ministre de la culture de de Gaulle. Et, comme un cadeau n’arrive jamais seul, je découvre qu’à la page d’avant, elle donne son avis sur George Sand (dont je lisais les mémoires en 2012) et sur le journal d’Anaïs Nin que je lisais en février. Je ne résumerai pas ici ni ne commenterai l’opinion de Beauvoir sur ces trois auteurs. Je vous laisse la découvrir par vous-mêmes, de même que ses pages extraordinaires sur son voyage en Crimée et en Géorgie avec Sartre.  « Un soldat salue une artiste »

 

 

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Le journal de Paul Morand 1970

6 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités

Bon, je le précise une nouvelle fois pour les spécialistes du fichage sur Internet (les mecs de 21 ans et demi à barbichette) : je suis anti-réac, anti-facho, et anti-vichyssois. Mais cela ne m'empêche pas de lire TOUS nos grands classiques, et d'apprécier éventuellement certains traits de leur caractère, ou même simplement certains de leurs bons mots, ou certaines de leurs inspirations, même quand ils ne sont pas de mon bord politique.

 

Il en va ainsi par exemple de Paul Morand dont j'ai évoqué "Hécate et ses chiens" alors que je le lisais (comme par hasard) lors de la dernière lune noire, et ce d'autant plus que Morand, comme Soupault venait du surréalisme.

 

J'ouvre ce matin le journal de Morand à la date de ma naissance, 26 septembre 1970. Au moment où je suis né, vers 13 h, Paul Morand déjeunait à l'Hotel du Commerce, à Saint-Marcel, faubourg de Chalon-sur-Saone : une  "côte de boeuf venant du Charolais, servie individuellement sur l'os" (sic), puis il relit à Vevey le script de son interview par Boutang réalisée le 1er août à Rambouillet (Archives du XXe siècle), qu'il juge médiocre à la lecture.

 

Pas passionnant allez vous me dire. Certes. Il ne peut pas se produire un prodige tous les jours.

 

Plus drôle le 28 septembre il note que le Figaro littéraire signale dans ses morceaux choisis Simenon, Queneau, Sarraute, Vilar, Robbe-Grillet, Genet, Godard, etc. et ajoute "la peur des professeurs devant la terreur des Lettres !"

 

Puis il cite un mot de Louis Dumur dont il affirme qu'il s'applique aussi à Sartre et aux pontes de la Pensée 68 : "Victor Hugo n'a pu se faire mettre en prison. Le commissaire a dit qu'il n'arrêtait que les gens sérieux".

 

Et le 29 septembre , il observe Maginot, Mussolini, Hitler, Brejnev ont tous agi en fonction de catégories mentales de leur jeunesse, 20 ou 25 ans avant d'avoir le pouvoir de décider. Et il ajoute finement : "Sentimentalement aussi, c'est vrai : toute sa vie, on choisit le type de femmes qu'on a aimé au collège".

 

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Claudine Chonez et l'univers de la passion dans la mouvance communiste

15 Mai 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités

Il y a un passage des Mémoires d'infra-tombe (de 1951, p. 81) où Julien Benda (qui était assez misogyne) s'énerve contre Claudine Chonez parce que celle-ci dans la revue littéraire "la Nef" l'accuse de ne rien comprendre à la poésie moderne (il la qualifie de "Walkyrie du nouvel art" peut-être parce qu'elle a été correspondante de guerre). Benda en profite pour s'énerver contre les poésies absconses, ce qu'on retrouve aussi dans Marcel Aymé ("Le confort intellectuel").

Cela m'a donné envie de m'intéresser au personnage. La fiche Wikipedia en dit hélas peu de choses. Cette vidéo où elle apparaît en 15ème minute nous renseigne sur ses débuts en 1936, à 24 ans, comme journaliste à la radio "Le poste parisien", ce qui lui permit de rencontrer Colette qui fut pour beaucoup dans sa promotion intellectuelle puisqu'elle lui a proposé de faire des critiques de livres dans le cadre de "La demi-heure de Colette".

On peut trouver étrange qu'une journaliste ait été ainsi promue au rang de critique littéraire sur un concours de circonstances - notamment le fait que son prénom correspondît à celui d'une héroïne de l'écrivain si l'on en croit son interview - et que cela lui ait conféré ensuite une assise pour attaquer des sommités de l'envergure de Julien Benda. Et l'on comprend que Chonez et son mentor Colette incarnât aux yeux de ce dernier tout ce qu'il détestait (le culte des passions, de la spontanéité, de l' "authenticité" contre la raison), et qu'il se soit étranglé d'être attaqué par cette univers-là... On voit cependant que ce monde de la passion dans l'après-guerre était très valorisé dans la mouvance communiste (à l'époque où Breton et Aragon étaient au pinacle), et que "la femme étant l'avenir de l'homme", des femmes tout particulièrement en ont profité (Wikipedia souligne son statut de "compagnon de route" du PCF, ce qui lui valut d'avoir une note nécrologique flatteuse dans l'Humanité en 1995 - Alexandra Kollontaï, enterrée dans l'indifférence générale, en eût pâli de jalousie).

Clémentine Autain est fille de cette histoire-là.

 

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Henri Lefebvre et les périphéries

10 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités

Aucun lecteur de ce blog ne réagit jamais quand j'essaie de défendre une spécificité du "regard périphérique" et de décrire ce qu'il est en France. Voici ce qu'en disait le philosophe marxiste Henri Lefebvre chez Chancel  ici, aussi longtemps que l'INA qui fait des bénéfices avec des émissions payées par ls impôts de nos parents voudra bien le laisser sur le Net en accès libre). On peut aussi regarder ceci sur You Tube.

 

 

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