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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #actualite de mes publications tag

Livres

5 Décembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Je n'ai jamais été doué pour la tactique éditoriale. On m'explique en ce moment qu'avoir publié chez Thélès n'était pas une très bonne idée, parce que c'est, dit-on, un éditeur un peu "cheap" en termes d'image. En plus le livre est un peu cher (24 euros). Peut-être va-t-il devenir une pièce de collection, qui sait (car il est d'apparence fort belle). Je n'ai pas trop la tête à réfléchir à nouveau à la diffusion. Je suis occupé à corriger mon roman qui paraîtra en janvier. Je devrais trouver un attaché de presse pour penser à ça à ma place...

Je voudrais écrire un nouveau livre maintenant. Une sorte de remise en perspective du travail accompli avec une analyse philosophique de la condition humaine. Mais rien n'indique que je puisse trouver le temps de le faire à côté de mon boulot, notamment si Mme Dmitrienko maintient son idée de me faire écrire sur la Russie. Tout cela devient problématique...

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L'Atlas alternatif à l'Assemblée nationale

30 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Qui écrit les rapports de Mme Christiane Taubira ? Je découvre ce soir sur Internet le rapport intitulé "Rapport sur les accords de partenariat économique" du 16 juin 2008 (http://www.holambecomores.com/public/IMG/pdf/Rapport_TAUBIRA_APE.pdf), rapport commandé à la députée de Guyane par M. Sarkozy en avril 2008.

 

Dans la bibliographie du rapport : des livres de Samir Amin, de François-Xavier Verschave et... l'Atlas alternatif coordonné par Frédéric Delorca... Je ne sais si c'est à cette dame, à son attaché parlementaire, ou à quelque administrateur de l'Assemblée nationale que nous devons cette brillante entrée de l'Atlas alternatif dans la bibliographie du Parlement français... J'avais déjà noté que la bibliothèque de Sciences Po réservait à ce livre un bien meilleur accueil que les médias dissidents, voilà qui confirme son succès auprès des institutions de la République... Je devrais peut-être m'en inquiéter... Heureusement qu'Amin et Verschave sont aussi cités. Cela fait partie, je suppose, de l'éclectisme de l'élue radicale-socialiste qui lui assure un succès des cénacles centristes aux cercles anti-impérialistes.

 

L'Atlas a aussi du succès à Cuba. Je vous en reparlerai.

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Deux recensions

25 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Je signale deux recensions de mon livre "10 ans sur la planète résistante" parues récemment.

 

L'une sur La Lettre volée et BRN :

 

http://www.lalettrevolee.net/article-24827991.html

 

L'autre sur Parutions.com :

 

http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=6&srid=63&ida=10064

 

On pourrait discuter de leur contenu, mais j'évite de commenter les commentaires... Merci en tout cas à leurs auteurs !

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Le livre "Dix ans sur la planète résistante" (Thélès)

7 Octobre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Il est publié (et je ne le savais pas). Le voilà, le nouveau bébé, à commander chez votre libraire ou sur Amazon :
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La forme "livre"

17 Juillet 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

J'ai eu ce matin au téléphone la responsable des éditions Thélès. Ils ont fait un bon travail sur la couverture du livre "Dix ans sur la planète résistante", mais ont eu l'étrange idée de laisser trainer en haut à droite de cette couverture un drapeau serbe (parce que le livre parle en partie de la guerre du Kosovo). Je les ai priés d'effacer cette banière car je ne veux pas que cette image cautionne l'idée selon laquelle mon livre serait une apologie du nationalisme serbe. Il ne s'agit pas du tout de cela : je raconte mon combat contre l'OTAN en 1999-2000, mais c'est dans une optique de résistance aux mensonges dominants. Je ne fais l'apologie d'aucune nation en particulier, même pas de celles dont la résistance peut à maints égards me paraître des plus sympathiques : tel n'est tout simplement pas mon rôle.

De même j'avais des réserves à l'égard de la quatrième de couverture.

La responsable de Thélès a fait preuve d'une très grande compréhension, je pense que nous trouverons une solution satisfaisante. Je ne connais pas les gens de Thélès à part leur directrice  que j'ai eu au téléphone deux ou trois fois et dont je commence à cerner quelques traits. J'entrevois quelques forces et faiblesses de cette structure, mais grosso modo, je la considère encore comme un continent inconnu. Je l'aborde sans trop de préjugés, en mobilisant tout de même tout ce que j'ai appris sur le monde de l'édition parisienne, à travers mes lectures, mais aussi à travers mes pratiques (L'Harmattan, La Différence, Le Temps des Cerises). D'autant que, parallèlement à ce livre politique, je cherche à publier sous un autre nom, au même moment, auprès d'autres éditeurs un travail d'anthropologie, ce qui est aussi une source d'apprentissages intéressants. Si je survis à toutes ces épreuves j'en sortirai avec une connaissance encyclopédique de ces milieux.

Je suis très serein par rapport à l'avenir de ce livre. Je sais qu'il ne se vendra pas et n'intéressera pas grand monde. Je ferai juste ce que le service de presse me demandera, en leur conseillant quatre ou cinq journalistes. J'irai chez les médias qui me sollicitent, mais je ne consacrerai pas à la promotion de ce livre l'énergie investie, en pure perte, dans celle de l'Atlas alternatif. L'âge rend raisonnable. Je ne me fais plus d'illusion.

Pendant un temps j'ai cru que je cesserais d'écrire des livres après ces Dix ans sur la planète résistante, que ce serait mon testament. Mais je pense que tel ne sera pas le cas. Il y aura sans doute un tome 2, tout comme je continuerai à écrire des livres dans d'autres registres. La "forme livre" est nécessaire. Il y a 10 ans, on pensait qu'Internet abolirai le livre. Mais ça ne peut fonctionner ainsi. Je peux poster sur un blog des billets d'humeur. Sur un autre site des textes plus longs. Mais jamais des choses assez longues pour avoir la richesse et la cohérence d'un livre. D'ailleurs je trouve que la forme livre est elle-même parfois trop courte pour traiter certains sujets, notamment pour le bilan de mes dix ans de militantisme. Il faut s'y résigner : on ne peut éviter de continuer à écrire des livres. Même si tout le monde le fait, et même si ça ne touche presque personne. Si on atteint trois lecteurs, si on leur parle vraiment en profondeur par ce biais, cela fait déjà trois bonnes raisons de continuer.

Je pense que mes "Dix ans", qui ne seront lus que par vingt habitués des combats anti-impérialistes à Paris, passeront pour un livre assez égotique dans le milieu de ces lecteurs. On dira peut-être que je ne mets pas assez en valeur le "nous". Les gens qui ont relu livre ne me l'ont pas dit, mais c'est parce qu'ils sont très gentils. Le risque est là. En même temps on voit bien que le "je" a séduit l'évaluatrice et la directrice de Thélès, et séduira sans doute un ou deux autres esprits littéraires. Un éditeur d'extrême gauche a refusé de me publier en disant "ce livre est trop personnel" - alors pourtant que j'ai beaucoup "raboté" les spécificités de mon ego dans cet ouvrage -. Il a eu tort. Le "je" est une bonne porte d'entrée dans les combats politiques de nos jours. Je crois d'ailleurs que c'est un aspect qu'Edgar du blog La lettre volée a souligné sur son site, et aussi dans les colonnes du présent blog. Le "je" ne doit pas jouer contre le "nous", mais parfois l'honnêteté elle-même commande de rester à la première du singulier, afin d'éviter l'imposture du "on" ou de la fausse représentation collective du "au nom de...".

FD
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Aux amateurs de publications

9 Juillet 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Récemment, quelqu'un a tapé "Frédéric Delorca" "Editions Thélès" pour arriver sur mon blog. Je suppose que c'était une des dix personnes qui en France savent que je publierai à la rentrée "Dix ans sur la planète résistante" chez cette éditeur, et qu'elle croyait trouver sur Internet une trace de ce livre en gestation. L'éditeur vient de recevoir la maquette corrigée par mes soins. Le processus suit donc son cours. Je pense que lorsque ce livre sera publié je me sentirai plus libre. Je pourrai confier plus de choses, plus ouvertement sur ce blog, employer un ton plus familier, parce que je saurai que le lecteur qui veut en savoir plus peut se reporter au livre. D'une certaine façon si beaucoup d'éléments sur mon parcours sont dans le domaine public, les gens pourront lire ça tranquillement, il y aura moins de non-dit, de choses à expliciter, et du coup je pourrai, sur ce blog, expérimenter davantage, oser de nouvelles idées.
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Des nouvelles du Cahier de L'Herne - Chomsky

3 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

P1000207.JPGJ'ai reçu ce weekend les épreuves de ma contribution au Cahier de L'Herne sur Chomsky traduite en anglais. J'ai repéré une petite erreur de mon traducteur, mais aussi une grosse bourde que j'ai probablement laissée dans la version française publiée en 2006. Je vous laisse le soin de la découvrir, je n'en suis pas fier... 

J'espère que ce livre aura une meilleure carrière outre-Atlantique qu'en France où très peu de gens ont pris la peine de le lire, de le commenter, le Centre National du Livre ayant même refusé de le subventionner, ce qui est rare pour les livres de  cette collection. En France il vaut toujours mieux être dans le camp de BHL que dans celui de Chomsky...
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Interview

21 Novembre 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Voici le texte d’une interview que Florence Duval a réalisée. Je ne connais pas encore l’adresse des sites Internet sur lesquels elle sera publiée. Florence travaillant en freelance, l’interview est libre de droits, donc je la publie directement sur mon blog, tout un chacun peut faire de même sous réserve de mentionner la référence du présent blog. atlasalternatifpluspetit.jpg
 
-          Frédéric Delorca, voici plus d’un an que l’Atlas alternatif a été publié, quel bilan faites-vous de sa diffusion ?
 
-          Il est très difficile d’évaluer l’impact et l’utilité d’un ouvrage comme celui-là. Beaucoup de militants ont vu dans ce livre un outil très utile pour se forger une vision cohérente des logiques impériales. En même temps ces militants-là ne sont pas nécessairement ceux qui ont œuvré à sa diffusion. Certains ont relevé des problèmes formels (des coquilles), et une ou deux scories plus substantielles liées aux conditions difficiles dans lequel le livre a été bouclé. J’ai toujours été conscient que ce livre n’était pas parfait, mais que, dans l’état d’atomisation de la résistance anti-impérialiste en Europe, avec toutes les difficultés quotidiennes que chacun rencontre, et les manoeuvres intentionnelles aussi contre la publication de ce livre, c’était probablement ce que nous pouvions faire de moins mauvais au moment où nous l’avons fait (quand je dis « nous », j’inclus tout le monde, y compris l’éditeur).
 
-          Etes-vous satisfait de la couverture médiatique du livre ?
 
-          Elle est conforme à ce que j’en attendais. Nous avons eu quelques ouvertures intéressantes sur RFI, Aligre FM, Balkans Infos etc, mais pour l’essentiel les comptes-rendus ont surtout été publiés sur des sites Internet comme StopUSA, Indymedia, Alterinfos. Des grands médias de gauche ont délibérément boycotté le livre, bien que des collaborateurs occasionnels de ces médias aient été parmi les contributeurs. Mais cela fait un peu partie du jeu parisien. Il y a des problèmes personnels dans toutes ces affaires, et puis un problème politique : beaucoup de gens à gauche de la gauche n’aiment pas que l’on mette sur le même plan l’agression impériale occidentale contre la Yougoslavie (ou contre la Russie) dans les années 1990, et celle qui vise plus fortement les Etats de culture musulmane depuis le 11 septembre 2001. Je m’en suis rendu compte en discutant avec les responsables de la librairie Ishtar cet été : dans cette mouvance, on fait facilement le lien entre les luttes du Tiers-Monde, mais pas entre celles des pays du Tiers-Monde et de l’Europe de l’Est. C’est une démarche qui met du temps à s’imposer. Cela dit, je pense que le blog de l’Atlas alternatif a contribué à relancer la popularité du livre. L’Humanité dimanche et même le site du Monde Diplomatique ont mentionné ce blog. Les sites liés à la Palestine aussi. De toute façon, je crois qu’il ne faut pas avoir de stratégie de diffusion. L’éditeur n’en a pas eu, moi non plus. Vu les luttes de chapelle qui existent en France, il était couru d’avance que ce livre qui ne se rattachait à aucun grand pouvoir académique ou politique aurait du mal à faire son chemin.
 
-          Il y a des contributeurs étrangers dans ce livre, avez-vous des projets pour sa diffusion dans d’autres langues ?
 
-          C’est à l’étude. Mais là aussi les obstacles sont immenses.
 
-          Vous avez aussi publié récemment un « Programme pour une gauche française décomplexée », c’est une drôle d’idée pour quelqu’un qui s’était positionné comme un spécialiste des relations internationales.  programme-pour-une-gauche-plus-petit.jpg
 
-          Non, je ne me suis jamais positionné de la sorte. J’ai la chance de ne pas dépendre économiquement de ce que j’écris. Cela me dispense de rechercher un statut d’expert qui me paraît toujours dangereux et absurde. Je considère que c’est à partir de mon seul statut de citoyen et d’être humain que j’écris, aussi bien quand je m’attèle à coordonner un Atlas (ou plutôt un "état du monde alternatif"), que lorsque je rédige un petit pamphlet comme le « Programme » dont vous parlez. Celui-ci est venu sous ma plume assez spontanément après une conversation avec des militants communistes et alternatifs en province pendant la campagne des élections législatives. Ce livre était censé recadrer les choses, faire réfléchir à ce qu’est l’Etat, aux conditions d’une avancée des idées de gauche, à la réaction prévisible, au coût que cela représente car toute politique a un coût, ce qu’on tend à oublier à gauche. C’était juste un travail pédagogique. 
 
-          Vous dites ne pas vous appuyer sur un statut, mais vous invoquez quand même celui de sociologue et de philosophe dans votre contribution au Cahier de l’Herne sur Chomsky coordonné par Jean Bricmont et Julie Franck.
 
-          C’est différent : il s’agissait d’un ouvrage universitaire collectif où nécessairement tout le monde étale ses diplômes ou ses fonctions. J’avais d’autant plus besoin de souligner mon doctorat en sociologie que cette contribution prenait sur bien des points le parti de l’objectivisme de Chomsky contre le constructivisme de Bourdieu et de la sociologie en général. Le défi intéressant de l’article pour moi était de tenir ensemble les postures épistémologiques des deux auteurs et leurs choix politiques, en montrant que tout cela est lié. Mais c’est un point qui n’est pas suffisamment débattu en France où l’on met Bourdieu et Chomsky dans le même panier sans examiner les nuances entre leurs positionnements.
 
-          Vous avez-vous-même personnellement connu Bourdieu.
 
-          Oui, un peu. Mais Bourdieu rencontrait des tas de gens. J’ai eu une petite correspondance avec lui après notre rencontre au début des années 1990, et notamment en 1999-2000 quand nous cherchions à mettre en place des garde-fous contre l’interventionnisme de l’OTAN dans les Balkans. Je rédige en ce moment des « Souvenirs militants » qui couvriront la période 1998-2008. Cela me permettra de faire une mise au point à ce sujet et sur quelques autres aussi.
 
-          On trouve sur le blog de l’Atlas alternatif une vidéo dans laquelle vous dites que les Etats-Unis se heurtent à une résistance de plus en plus généralisée, n’est-ce pas un peu optimiste ?
 
-          C’est un thème qui est abondamment traité en ce moment dans les milieux anti-impérialistes. Béatrice Pignède a sorti un film récemment intitulé « Après l’hégémonie ». Le déclin de l’Empire américain est une réalité depuis 1945 si l’on raisonne en pourcentage du Produit mondial brut. Il est avéré sur le plan militaire depuis l’enlisement en Irak (tout comme le déclin militaire israélien fut attesté au Liban en 2006). Cela signe l’échec partiel de l’illusion technologique du Pentagone. Cela dit le pouvoir de nuisance des puissances occidentales reste immense. Que l’on considère par exemple la violence des plans néo-conservateurs contre l’Iran. Tout le monde (y compris le gouvernement américain) parle d’une possible utilisation d’armes nucléaires pour détruire les installations iraniennes. Pour neutraliser la défense de l’Iran, les Etats-Unis peuvent être facilement entraîné sur la pente d’une guerre totale très meurtrière. C’est un aspect que les grands médias font oublier : lorsqu’une guerre éclate toutes les options sont sur la table, et l’escalade jusqu’au degré le plus meurtrier peut être très rapide. Rappelez vous que même pendant la guerre de 1999 contre la Yougoslavie (que tout le monde décrit comme un modèle de conflit « maîtrisé »), l’option d’une intervention terrestre très sanglante était sur la table, et Clinton au mois de mai songea très sérieusement à le mettre en œuvre. Une escalade meurtrière en Iran n’est pas exclue. Son effet domino sur d’autres pays est en outre difficilement prévisible.
 
-          Mais la capacité de riposte de la Russie, de la Chine, des peuples du tiers-monde aux pressions états-uniennes sont plus fortes que dans les années 1990.
 
-          Assurément elles sont plus fortes et mieux coordonnées. L’idéologie de la globalisation ne permet plus d’endormir les consciences efficacement. Mais je suis frappé par le caractère encore très ouvert du jeu politique international. Washington a su provoquer une sorte de « révolution orange » en France en plaçant Sarkozy à l’Elysée. Personne n’aurait pensé cela il y a 5 ans. Que peuvent faire les Etats-Unis en Eurasie en ce moment ? nul ne le sait. Ils s’implantent en Mongolie. Que se passera-t-il s’ils parviennent à enfoncer un coin entre la Chine et la Russie, par exemple en faisant main basse sur l’Ouzbékistan ? A mon avis, le jeu est ouvert dans les deux sens. Les Etats-Unis peuvent reprendre l’avantage dans de nombreux domaines (y compris dans celui de la recherche, qui est essentiel pour le contrôle de la planète) comme ils peuvent continuer à perdre du terrain. Même le ralliement de la France à Bush n’est pas gravé dans le marbre. On voit en ce moment Chavez signer des contrats à Paris. Sarkozy est un personnage assez superficiel, émotif, versatile, qui peut trahir ses protecteurs si ses intérêts sont en jeu. L’appareil d’Etat français, lui, n’a pas d’intérêt fondamental à un alignement complet sur les Etats-Unis. L’Allemagne non plus du reste.
 
-          A l’inverse n’y a-t-il pas un danger que les Etats-Unis « récupèrent » Chavez comme ils ont « récupéré » Kadhafi ?
 
-          Rien n’est simple en politique internationale. Kadhafi est-il complètement « récupéré » ? Peut-être pas encore à 100 %, puisqu’il ne reconnaît toujours pas Israël, et que personne ne le lui demande. Chavez sait faire alliance avec ses ennemis. Il a su dire du bien de Berlusconi, tout comme, rappelez vous, Castro disait du bien de Franco quand il accueillait Manuel Fraga à la Havane dans les années 1990. Chavez a un sens très profond de la défense du Tiers-Monde. Il dit que cela l’a poussé à refuser de s’allier à Aznar en 1999, comme celui-ci le lui proposait, et c’est sans doute vrai. Mais une alliance avec la France par exemple, peut aussi bien renforcer son ardeur anti-états-unienne que, à terme, l’adoucir. Inversement elle peut peut-être aider à décrocher Sarkozy de Bush, c’est à double tranchant. Pour l’heure en tout cas c’est un pavé dans la mare de l’Union européenne, car si la France devient le principal investisseur au Venezuela comme le propose Chavez, c’est l’Espagne, et son maladroit de monarque, qui en feront les frais. Madrid va perdre son « leadership » en Amérique latine, comme on dit. A l’inverse Paris est en train de perdre le sien en Afrique, et je ne pense pas que le calcul de Sarkozy, de « partager le fardeau » de l’occupation du Tchad et du Centrafrique avec les Anglais ou les Irlandais (comme les Américains partagent le fardeau de l’occupation de l’Afghanistan et des Balkans avec les Allemands) soit très intelligent à terme même de son point de vue. On a l’impression d’une vaste recomposition, où les Américains s’invitent en Afrique (via l’Africom), les Français en Amérique latine. Le jeu est de plus en plus mouvant.
 
-          Sans oublier la Chine.
 
-          Sans oublier la Chine dont les milieux anti-impérialistes ne cessent de se demander si elle est ou non encore une puissance socialiste, si elle fait le jeu des Etats-Unis (en achetant leurs bons du Trésor) ou si elle est une alternative crédible au néo-colonialisme occidental. Les petits pays ont en tout cas tout à gagner à jouer des rivalités entre les plus grands. L’ennui, c’est que les Etats-Unis ont un « art » bien à eux, de ressouder autour d’eux, rassembler sous leur bannière, les principales puissances économiques, et se présenter en leader de la civilisation, quitte à monter de toutes pièces des guerres absurdes pour sauvegarder ce leadership. Ce trait culturel est parvenu plus d’une fois à neutraliser les conflits d’intérêts économiques au profit de la seule puissance états-unienne. Un enjeu central pour les médias atlantistes très puissants en France (comme Le Monde) est de renforcer ce trait culturel. L’enjeu de la résistance anti-impérialiste est de le désamorcer.
 
-          Que pensez-vous de la sécession du Kosovo qui se négocie actuellement ?
 
-          Cela fait partie du caractère ouvert et imprévisible du jeu politique en ce moment. Les Etats-Unis se sont lourdement engagés aux côté des nationalistes albanais en faveur de l’indépendance. Mais ces derniers mois ils ont un peu reculé, laissant plutôt l’Union européenne régler le problème (voyez B92 du 13 novembre sur ce point : http://www.b92.net/eng/news/in_focus.php?id=91&start=30&nav_id=45336 ). Tout le monde sait que le précédent kosovar (arracher une province à un pays dont les frontières sont internationalement reconnues) va entraîner des réactions en chaîne. Le premier effet annoncé, affiché même, sera de raviver les sécessions de la Transnistrie, de l’Ossétie du Sud, du Nargorny Karabakh et de l’Abkhazie, avec dans tous les cas, des risques nouveaux de guerre. On sait que la Russie, la Biélorussie, Cuba, le Vénézuela, sont prêts à reconnaître l’indépendance de la Transnistrie. Même les Etats-Unis d’ailleurs seraient en mesure de la reconnaître si Moscou ne le faisait pas et se rapprochait de la Moldavie. En second lieu, de nouveaux appétits sécessionnistes vont s’éveiller, en Serbie-même (au Sandjak), au Monténégro, en Macédoine, en Bosnie. Comme les Européens auront reconnu le principe de la reconnaissance « unilatérale » des indépendances, personne ne pourra empêcher Moscou de reconnaître la Republika Srpska de Bosnie, ni l’Arabie saoudite de reconnaître une éventuelle République albanaise séparée de la Macédoine. Et même Chavez pourra reconnaître la Catalogne indépendante s’il le souhaite, ce que l’Espagne, opposée à la reconnaissance unilatérale du Kosovo, a très bien compris. Tous les leviers du droit international étant vidés de leur contenu par la folle aventure kosovare, par la faute de l’irresponsabilité incroyable de nos dirigeants, on prépare un beau désordre (et de belles guerres potentielles) pour la prochaine décennie.
 
-          Les Européens pensent régler le problème en absorbant le Kosovo et la Serbie dans l’Union.
 
-          Oui. C’est le calcul de la France et de la Grande-Bretagne. On inclut le Kosovo et la Serbie dans l’Union, et on marginalise les conflits de l’espace post-soviétique (dans le Caucase notamment), si possible en les retournant contre la Russie. Je ne sousestime pas le rôle pacificateur de l'idéologie européenne : même dans l'ex-URSS les élites s'empressent d'adopter les normes du Conseil de l'Europe qui "juridictionnalisent" ou "judiciarisent" la politique et les conflits de tous ordres. Mais à mon avis l'idée qu'il s'agit là d'une panacée relève du wishful thinking, de l’utopie. Plus l’Union européene s’étend, plus elle perd de sa cohérence. On veut transformer les citoyens des Balkans en pions du système néo-libéral productiviste et consumériste pour leur faire oublier leurs litiges historiques. Mais le néo-libéralisme n’abolit le sens de l’histoire que chez les vainqueurs (chez les grands pays « gagnants » de la globalisation). Les autres accumulent le ressentiment, et sauront profiter des désordres créés pour relancer les conflits. Le caractère ouvert du jeu mondial, au lieu de convaincre les « experts » de se raccrocher aux dogmes des ministères qui les financent, devrait inciter à envisager toutes sortes de scénarios, y compris les plus dangereux. Voyez l’affaire pakistanaise. On voit surgir un débat sur la question de savoir si les Etats-Unis ont les moyens ou non d’empêcher que les islamistes ne s’emparent de la bombe atomique. Des changements brutaux peuvent intervenir à tout moment dans telle ou telle région du globe (qui aurait dit il y a 15 ans que l’Amérique latine basculerait à gauche ?). Un coup les changements profitent à l’impérialisme états-unien, un coup ils vont à son encontre. Il faut pouvoir appréhender toutes les potentialités, dans un sens comme dans l’autre.
 
Propos recueillis par Florence Duval, Paris, 21 novembre 2007.
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Les librairies qui ont commandé l'Atlas alternatif

11 Avril 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Outre les sites Internet de la Fnac, Alapage, Amazon, et l'éditeur Le Temps des Cerises de Pantin, voici les librairies qui ont commandé l'Atlas au moins une fois depuis entre mai 2006 et avril 2007, et où vous êtes susceptible de le trouver.



A Paris

Librairie l'Appel du livre, 105, rue de Charenton. 75012
Librairie Atout-Livre 203 bis avenue Daumesnil 75012
Aux amateurs de livres, 62, av de Suffren 75015
La Balustrade 25 rue d'Alsace 75010
La Brèche 27, rue Taine 75012
Le Divan, 203 rue de la Convention, 75015
Ecodif. 247, rue du Fg Saint­Martin, 75010
L'écume des pages, 174, boulevard St-Germain, 75007
Librairie Equipages, 61, rue de Bagnolet, 75020
La 25 ème heure, 8, place du Général Beuret. 75015
Librairie Erasmus, 28 rue Basfroi, 75011
FNAC Etoile
FNAC Forum
FNAC Italie II
FNAC Montparnasse
FNAC Saint Lazare
Gibert Jeune 5, Place Saint-Michel 75005
L'Humeur Vagabonde. 44, rue du Poteau 75018
Librairie Jean-Touzot, 38, rue Saint-Sulpice, 75006
Librairie Jonas, 14, rue Maison Blanche, 75013
Librairie Lavoisier 11, rue Lavoisier 75008
Librairie Libralire, 116 rue Saint-Maur, 75011
Librairie La Manoeuvre, 58 Rue de la Roquette, 75011
Le Merle Moqueur. 51, rue de Bagnolet - 75020
L'Oeil Ecoute, 77 Boulevard du Montparnasse, 75006
Librairie Le Point du Jour 58 rue Gay Lussac 75005
Publico, 145 rue Amelot 75011
Quilombo 23,rue Voltaire 75011
Résistances 4, Villa Compoint 75017
Librairie de Sciences Po, 30 rue Saint-Guillaume, 75007
Librairie Le Tiers Mythe, 21 rue Cujas, 75005
Tschann, 125 Bd. Montparnasse, 75006

En région parisienne

Alizée-S.F.L., 10, rue Waldeck-Rochet, 93301 Aubervilliers
Librairie l'Envie de Lire. 16, rue Gabriel Péri. 94200 Ivry-sur-Seine
Colibrije, 2-20 Av du Pdt S. Allende 93100 Montreuil
La Reserve 81 Avenue Jean Jaures 78200 Mantes La Jolie
Gibert Joseph Rue Berthie Albrecht 94784 Vitry-sur-Seine

En Province

- Nord-Ouest/Centre

Au Brouillon de Culture, 29 rue Saint-Sauveur Caen
Librairie Galerne. 148 rue Victor Hugo. 76 Le Havre
Librairie La Renaissance 19, rue Alsace-Lorraine, Rouen
Librairie Millepages. 41 rue Constitution. 50300 Avranches
Les Temps modernes 57 Rue Notre-Dame-de-Recouvrance, Orléans
Librairie Thuard. 24, rue de l'étoile, Le Mans
Librairie Vent d'Ouest. 5 Place du Bon Pasteur, Nantes

- Nord/ Nord-Est

La Belle Image 46 rue Chanzy, Reims
Librairie Cazes Bonneton 21 bd Maréchal Fayolle. 43000 Le Puy en Velay
Bruneteaux. 38 rue Saint-Jean. 02000 Laon
Cufay Plein Ciel. 1 rue Saint-Vulfran, 80100 Abbeville
Decitre, 104 141 rue Bataillle  Lyon
Librairie La Gryffe, 5 rue Sébastien Gryffe, Lyon
Librairie de Paris. 6 rue Michel Rondet. Saint Etienne
Librairie Privat Brunet. 21, rue Gambetta, Arras
La Ruche aux Livres 14 place de la République 59136 Wavrin
Librairie Un Pas de Côté. 246, rue Sadi Carnot, 62400 Béthune

- Sud-Est/Méditerranée

Charlemagne. 49, rue Picot, Toulon
Les Cordeliers 13 cote des Cordeliers, 38 Romans sur Isère
Librairie de Provence. 31, cours Mirabeau. Aix en Provence
FNAC Marseille
FNAC Toulon
Librairie Goulard. 37, Cours Mirabeau. 13100 Aix-en-Provence
Librairie Jean Jacques Rousseau 175 rue Croix D'Or Chambéry
Librairie Masséna. 55 rue Gioffredo, Nice
L'odeur du temps. 35, rue Pavillon. Marseille
Les Palmiers19, Av Des Iles D'Or 83400 Hyeres
Librairie Prado Paradis, 19 av. de Mazargues Marseille
Librairie Privat 10 rue du Docteur Pous Perpignan
Librairie Privat Sorbonne 37 rue de l Hôtel des Postes Nice
Librairie Sauramps. Le Triangle rue du Jeu de Ballon, Montpellier
Le Square, 2 square Léon Martin, Grenoble

- Sud-Ouest

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Cahier de L'Herne Noam Chomsky

18 Janvier 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Vient de paraître sous la direction de Jean Bricmont et Julie Franck un Cahier de L'Herne consacré au Noam Chomsky. La collection est prestigieuse, elle est habituellement consacrée aux grands écrivains, penseurs, philosophes. Noam Chomsky méritait d'y figurer, et pourtant, dit-on, déjà des grincements de dents se font entendre. 

J'aurai sans doute l'occasion de commenter sur ce blog le contenu du livre, où l'on retrouve des noms connus à gauche de la gauche (Serge Halimi, Tanya Reinart, Jean Ziegler, Susan George).

Tant la partie philosophique et scientifique du livre que les chapitres politiques mériteraient qu'on en dise quelques mots, ce que je ferai sans doute dans quelques semaines.

Pour ma part j'ai écrit le chapitre "Chomsky et Bourdieu : une rencontre manquée". La pensée de Pierre Bourdieu m'a beaucoup influencé entre, disons, mon vingtième et mon trentième anniversaire. Ma thèse de doctorat en témoigne. Mais sous l'influence d'un ami yougoslave, de Jean Bricmont et de divers auteurs de la mouvance chomskyenne, à partir de 2000 j'en suis venu à m'intéresser au linguiste états-unien, ce qui a d'ailleurs sensiblement modifié ma conception des sciences humaines comme de la politique. Il y aurait beaucoup à dire sur ces deux figures qui jouèrent un rôle phare dans la contestation de l'ordre établi dans leurs pays respectifs ainsi qu'au niveau mondial, et qu'il n'a hélas jamais été possible de faire dialoguer. Dans mon article je rappelle seulement quelques points importants, mais que l'on pourrait développer à loisir.

Je reviendrai peut-être sur tout cela prochainement...

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Salon du Livre de Pau (25-26 novembre 2006)

27 Novembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Une séance de dédicaces de l'Atlas alternatif a eu lieu au Salon du Livre de Pau (stand du Temps des Cerises) les 25 et 26 novembre 2006. Le coordinateur de l'Atlas, Frédéric Delorca, a été interviewé par la radio occitaniste locale Radio Pais (http://www.radio-pais.com/), une occasion de revenir brièvement sur les guerres de la mondialisation et la nécessité d'organiser une résistance citoyenne.

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"A la Rencontre du Livre" de Maromme

19 Novembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Frédéric Delorca, Diana Johnstone et le Dissident étaient au salon "A la Rencontre du Livre" de Maromme (76) hier après-midi pour un débat autour de l'Atlas alternatif. Divers sujets ont été abordés, notamment : les moyens de contrôle des citoyens sur la politique extérieure, le desserrement de l'étau de l'Union européenne sur nos institutions, la première guerre de la globalisation en Yougoslavie, la résistance irakienne depuis 2003, les pressions occidentales sur le Soudan, la crise palestinienne, le Venezuela.



Une séance de dédicace de l'Atlas alternatif, de la Croisade des Fous (Diana Johnstone) et de La Grande Braderie à l'Est (Bruno Drweski) s'en est suivie.

Une séance de dédicaces de l'Atlas aura lieu au prochain Salon du livre de Pau les 25 et 26 novembre prochains.

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Aligre FM

9 Novembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Mercredi 8 novembre 2006 à 8 h du matin, sur Aligre FM (93.1 Mhz en région parisienne), l'émission de Florence Matton "Voix contre oreille" a été consacrée à L'Atlas alternatif. D'autres émissions  sur cette radio devraient prochainement parler de ce livre.

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Atlas alternatif

21 Octobre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Afin d'éviter quelques malentendus, à vous qui découvrez ce blog je conseille la lecture du livre suivant : l'Atlas alternatif, publié récemment aux éditions Le Temps des Cerises.
 
 
 Je ne dis pas cela pour faire de la pub, mais il est vrai que la lecture de certains livres peut aider à poser un cadre de pensée et à entrer ensuite plus facilement dans un blog, d'autant que ce livre collectif renvoie lui-même à d'autres ouvrages très utiles.
 
J'en profite aussi pour signaler aux lecteurs que j'ai tout un stock de "nouvelles alternatives" publiées en 1999-2000 sur la Yougoslavie, et que j'aimerais bien remettre en ligne. Si quelqu'un a un tuyau pour ce faire, je suis preneur !
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