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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #aide aux femmes yezidies tag

Mort du Dr Nemam Ghafouri, (ex ?) héroïne des Yézidis

9 Avril 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

Avant hier la correspondante du New York Times à Bagdad, Jane Arraf, a rendu hommage à la Dr Nemam Ghafouri, une médecin de 52 ans décédée le 2 avril dernier à Stockholm du Covid.

Hommage mérité pour cette dame dont la famille de peshmergas dans les années 60 avait migré en 1974 dans l'Azerbaïdjan iranien (à Naghadeh) puis, en 1980, à Stockholm en Suède (il y a 100 000 Kurdes en Suède, trois fois moins qu'en France). Le Dr Ghafouri y fut chirurgien du thorax et du coeur dans les années 2000 et 2010. Après avoir effectué des missions en Afrique et en Inde, elle se retrouve en juillet 2014 au camp de Kawergosk, près d'Erbil (Kurdistan irakien) pour les réfugiés syriens dans le cadre d'une mission de deux semaines (cf Majalla janvier 2017) quand elle découvre le drame des Yézidis à Sinjar au début du mois d'août 2014. "A la fin de mon séjour, raconte-t-elle dans cette interview qui mériterait d'être lue entièrement, nous avons appris ce qui s'était passé à Sinjar et comment l'Etat islamique avait attaqué la région après avoir pris le contrôle de Mossoul. Alors mes amis et moi avons dit: allons voir ce qui se passe. Nous avons entendu des nouvelles vraiment désastreuses sur la façon dont les gens marchent pendant 10 jours dans une chaleur de 50 degrés. Nous y sommes allés jusqu'à la frontière entre l'Irak et la Syrie, car des gens de Sinjar avaient pris la fuite vers la Syrie et revenaient ensuite par le Tigre vers le côté irakien. Quand nous sommes arrivés là-bas, nous ne pouvions pas en croire nos yeux. C'était un océan de désastres et personne ne savait comment faire face à la situation. Nous avons tout de suite vu la nécessité d'une réhydratation. Heureusement, nous étions médecins et nous avons parlé à nos collègues en Suède et leur avons demandé d' urgence des comprimés de réhydratation orale contenant les sels et minéraux nécessaires à la réhydratation. Nous en avons reçu des tonnes et nous avons commencé à aider les gens. Et puis nous avons constaté le besoin d'eau propre, nous avons donc immédiatement distribué des thermos. Par la suite, nous avons remarqué le besoin urgent de pain et avons eu l'idée de construire une boulangerie. Nous avons construit une boulangerie dans l'un des camps qui était censé être un camp temporaire à l'époque. Il s'appelle Bajed Kandal  et se trouve à la frontière du triangle entre l'Irak, la Turquie et la Syrie. Mais le camp est devenu permanent. Et personne ne veut y aller car c'est vraiment difficile à atteindre. Nous avons donc construit la boulangerie là-bas et nous donnions du pain à 18 000 personnes chaque jour. C'est comme ça que tout a commencé."

Laissant une situation confortable en Europe, elle sait se souvenir de ce qu'elle était née dans une caverne sous les obus (cf interview de Deniz Berxwedan Serinci en danois en juillet 2015), et  prend en charge les survivants yézidis dans les camps (dans le cadre de Joint Help for Kurdistan qu'elle a fondé), mais aussi les assiégés de Mambij en 2016 (témoignage de Calvin James Sweeney), les victimes d'Afrin en Syrie et de la bataille de Mossoul  ...

Le correspondant du Jerusalem Post Seth J. Frantzman raconte :

"J'ai parlé au Dr Nemam en 2018 lorsqu'elle était très frustrée par les organisations internationales qui utilisent toujours de «beaux mots» mais qui ne semblent jamais donner suite et faire quoi que ce soit pour les victimes de l'EI (Daech). Elle faisait la navette entre les camps et Dohuk dans le nord de l'Irak, faisant face à la bureaucratie humanitaire. Elle m'expliqua comment elle travaillait sans relâche, assise dans sa voiture toute la journée à attendre de recevoir des survivants yézidis qui ont pu échapper aux griffes de l'Etat islamique. Elle a rencontré des femmes qui avaient subi des horreurs indicibles. Une histoire qu'elle m'a racontée concernait une fille musulmane chiite dont la mère avait été violée et assassinée par l'Etat islamique. Les dernières instructions de la mère à la fille, de la garder en vie, étaient pour la fille de prétendre qu'elle était yézidie afin qu'elle soit asservie et non tuée par les extrémistes de l'Etat islamique. La fille a survécu. Le médecin kurde a fait de son mieux pour aider ces jeunes avec un sourire toujours présent. Elle était optimiste mais frustrée par l'inaction de la communauté internationale et la bureaucratie des structures locales. Les yézidis qui ont survécu au génocide ont souffert de nombreux obstacles à leur retour. Certains ne pouvaient pas rentrer avec les enfants qu'ils avaient eu pendant leur captivité en raison des lois religieuses en Irak. 
Ghafouri était respectée et aimée par les gens de tous bords, ce qui est rare dans les régions du nord de l'Irak et de l'est de la Syrie où de profondes divisions politiques signifient souvent que les gens ne s'entendent pas. Elle rendrait visite avec le combattant yézidi Qasim Shesho un jour en Irak et serait dans l'est de la Syrie le lendemain, puis dans l'agréable ville de Dohuk. Comment elle a pu faire ce qu'elle a fait, franchir les frontières et les lignes politiques que beaucoup sont incapables de faire, a toujours été un mystère pour ceux qui l'ont suivie de près. Elle semblait capable de se fondre dans le tissu des sociétés locales, se déplaçant parmi les personnes et les réfugiés comme l'eau, puis émergeant dans un endroit lointain apportant une aide humanitaire. Et puis elle était de retour en Suède ou ailleurs, encourageant les gens à continuer à se soucier des jeunes, des pauvres et des femmes survivantes du génocide. "

On pourrait s'attendre à ce que cette personnalité soit très consensuelle dans son pays. Or ce n'est pas le cas parmi les Yézidis.

J'ai écrit hier à une amie yézidie réfugiée en Europe qui a connu le Dr Nemam à l'hôpital suédois d'Erbil au Kurdistan. Elle m'adresse aujourd'hui une réponse qui me surprend :

"J'ai été triste d'apprendre sa mort car elle avait fait un travail formidable, c'était au début de décembre 2014. Elle travaillait avec le docteur Sherzad le directeur de l'hôpital suédois et avait une petite 'praxis' dans l'un des camps de Yézidis, je pense que c'était le camp de Bajed Kandal. Là, à l'hôpital, elle était avec moi en opération de 4 chambres avec des survivants qui voulaient retrouver leur virginité. Et elle a plutôt bien soutenu quelques autres qu'il était difficile d'aider dans d'autres 'praxis' car la loi irakienne n'autorise pas l'avortement. Mais aujourd'hui je suis sûre que 98% des Yézidis sont en colère contre ce qu'elle a fait avec les survivants et comment elle les a laissés rencontrer leurs enfants qu'elles ont eues avec des membres de Daech. Je peux dire que la communauté Yézidis la déteste pour ce qu'elle a fait et a oublié combien de temps elle a passé pour aider les réfugiés dans les camps."

Une fois de plus ma correspondante me faisait toucher la complexité de la tragédie yézidie. D'abord à cause de cette allusion terrible à l'avortement (on voit que le Dr Nemam a été au moins complice de cette pratique condamnable), ensuite à cause de cette "rencontre" entre les enfants de Daech et leur mère.

De quoi s'agit-il ? En fait elle a attrapé le Covid en organisant une rencontre entre des survivantes yézidies et les enfants qu'elles ont eus avec des djihadistes de Daech.  Or les anciens des Yézidis avaient banni ces enfants de Daech de la communauté, et ceux-ci avaient été placés dans un orphelinat tandis que les mères, réfugiées en Syrie avaient pu retourner en Irak.

Cela m'a rappelé ce témoignage dans Paris-Match en 2018 d'une yézidie convertie à l'Islam qui vivait au Maroc. On ne badine pas avec l'honneur communautaire chez ces gens-là. Chez les Yézidis pour être accepté dans la communauté, il faut avoir eu un père et une mère yézidis, il n'y a pas de place pour les gens d'autres religions ou issus de mariages mixtes...

Une autre de mes correspondantes yézidies va dans le même sens que les autorités de sa communauté (toujours dans les termes très diplomatiques et prudents que les Yézidis de la "diaspora" ont coutume d'employer devant les Occidentaux) : "Je trouve, m'écrit-elle, que ça devient vraiment compliqué quand des gens /I find it fundamentally difficult when people/ c'était une doctoresse, sont remplis de gloire /are glorified/ et pensent qu'ils peuvent agir à la place des Yézidis /and think they can act for the Yazidis/. Nous sommes capables de penser et décider pour nous-mêmes /We can think and decide for ourselves/."

Le correspondant du Guardian le 12 mars avait pourtant décrit cette rencontre en des termes émouvants : "Enveloppés dans des écharpes et des manteaux surdimensionnés, et se tortillant sur des chaises longues, les 12 jeunes enfants semblaient surpris alors que neuf femmes étranges aux bras tendus se précipitaient vers eux.

Certaines des femmes ont sangloté en embrassant les tout-petits perplexes, qui les regardaient d'un air absent, ne reconnaissant pas leur mère ou ne comprenant pas de quoi il s'agissait. Une mère restait immobile, la tête dans ses mains, tandis qu'une autre fixait intensément les yeux de sa petite fille."

L'article raconte aussi comment l'ex-diplomate et ex-sénateur Peter Galbraith, 71 ans, un proche de Biden qui offre ses bons offices au Proche-Orient a joué les intermédiaires entre le président du Gouvernement régional kurde irakien et les Forces démocratiques syriennes pour une rencontre sous bonne escorte à la frontière des deux pays.

Il ajoutait également un mot du Dr Ghafouri sur l'importance particulière du lien entre ces mères et leur enfant : "Quand elles sont tombées enceintes, cela signifiait qu'elles ne seraient plus mises en vente et ni violées par de nouveaux hommes. Cet enfant a mis fin à une partie de leur souffrance. En étant enceintes et en accouchée, c'était fini : la mère restait avec le même homme jusqu'à ce qu'il soit tué."

Un argumentaire qui a laissé de marbre le Prince Herman, porte parole du leader yézidi le Prince Hazem, qui a précisé que les enfants ne seraient pas accueillis dans la communauté yézidie et a même ajouté : "Les gens qui ont ramené ces enfants sans le demander aux Yézidis, ou aux dirigeants yézidis, en paieront le prix. Il n'y a aucune différence entre ces ONG missionnaires et Daech, car elles aussi jouent avec nos filles et nous les prennent." (sic !) Position confirmée par le chef spirituel yézidi, Sheikh Ali Ilyas, autrement connu sous le nom de Bab Sheikh (lequel a pu se réjouir de la réouverture il y a 3 jours de leur temple édifié pour les protéger des morsures de serpents)... Le problème du sort de ces orphelins va ensuite probablement retomber sur la "communauté internationale" qui paiera ainsi son inaction de 2014...

En tout cas le Dr Ghafouri n'est plus là pour s'occuper de cet océan de malheur...

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La situation toujours précaire des Yézidis d'Irak

3 Mars 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Vous savez qu'il y a cinq ans j'ai beaucoup relayé sur ce site des appels à l'aide au profit de la communauté yézidie d'Irak victime de Daech (Etat Islamique). Je continue à diffuser des informations à ce sujet par souci de continuité dans mes engagements, comme je continue à vous parler de temps à autre des conséquences des agressions de l'OTAN contre tel ou tel pays ou des politiques d'embargo.

Selon le Bulletin humanitaire trimestriel 2021 de la représentation du gouvernement régional du Kurdistan (KRG) aux États-Unis publié le 23 février dernier, on comptait au moins 13 suicides parmi les Yéziidis réfugiés dans les camps du Kuridistan irakien depuis le début de l'année.

Dans le Guardian du 24 février 2021, la porte-parole prix Nobel de la Paix 2018 Nadia Murad écrit : "Depuis plus de six ans, des centaines de milliers de Yézidis vivent dans des camps pour personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI), regardant les mêmes quatre murs de leurs tentes. Ils ne sont pas en mesure de trouver du travail parce que Daech a rasé leurs fermes et leurs entreprises. Ils ne peuvent pas retrouver des proches toujours en captivité de Daech ou assister aux enterrements de membres de la famille dont les corps restent dans des fosses communes. (...) Il ne fait aucun doute que les atrocités perpétrées par Isis - y compris les massacres, l'esclavage, la conscription et le viol - ont infligé des traumatismes collectifs et individuels. Une étude publiée en 2018 par BMC Medicine a révélé que plus de 80% des participants (femmes yézidies, âgées de 17 à 75 ans) répondaient aux critères du trouble de stress post-traumatique. Les taux atteignaient près de 100% pour les femmes qui avaient survécu à la captivité.(...) Même avant le génocide des Yézidis, un rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a identifié des taux élevés de suicide à Sinjar, qu'il attribuait en partie au manque d'opportunités économiques, de sécurité et de liberté religieuse. Chacun de ces problèmes fondamentaux a été aggravé par le génocide, les déplacements et le Covid 19."

Le lendemain, à Ankara un militant de Daech ex-officier de l'armée irakienne était arrêté. Il avait une petite esclave yézidie de sept ans chez lui. Une de ces nombreuses enfants enlevées depuis 2015 qui se trouvent dans divers pays musulmans mais aussi probablement en Occident, on ne sait trop où. Le tortionnaire a été arrêté parce qu'il venait de mettre la petite en vente sur une chat room en arabe et en kurde. Quatre femmes esclaves yézidies ont été ainsi trouvées à Ankara et libérées du marché des esclaves au cours des deux dernières années.

En Irak, dans les 28 camps encore ouverts (sur 174 après le génocide)  les conditions restent précaires : les tentes flambent à cause des conditions de chauffage. Et pourtant c'est encore là qu'ils sont le plus en sécurité. Dans la plaine de Ninive où les services spéciaux turcs éliminent des militants présumés du PKK on redoute une invasion militaire turque (or l'on sait quelles vexations les milices infligent aux yézidis dans les zones de Syrie contrôlées par les Turcs), et les réflexes anti-yézidis restent très présents dans les communautés naguère (ou encore) favorables à Daech.

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Frappes turques contre les Yézidis

15 Juin 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Le 14 juin l'infirmière britannique Anne Norona fondatrice de l'ONG Yes signalait qu'au Kurdistan irakien à Sardashte/Serdesht, où vivent environ 3 000 familles yézidies pleuvaient des bombes turques. Les gens qui vivent sous des tentes ne savaient pas où aller. La montagne sacrée de Sinjar/Shingal et toute la région étaient ciblées alors que quelques centaines de Yézidis tentent de se réinstaller dans cette zone d'où ils ont été chassés par l'Etat islamique/Daech au moment du génocide de 2014.

Peu après des sources syriennes kurdes indiquaient que la nuit suivante le camp de Maxmur (Makhmur) qui est régulièrement frappé (car il abrite plus de 13 000 réfugiés kurdes de Turquie et des sympathisants du PKK) à été ciblé ainsi que l'hôpital  de Sardashte/Serdesht, le mont Sinjar lui même, Zap, et les montagnes de Qandil. Les attaques turques sur Maxmur ont été combinées avec des attaques terrestres de Daech (on a parlé du renouveau de ce groupe il y a peu).
 
"Cette campagne de bombardements sur des civils innocents, réfugiés dans des camps gérés par les Nations Unies, n'a pu être effectuée qu'avec l'accord des Américains", précisait le site, à l'heure où Washington commence à négocier avec Bagdad une diminution de sa présence militaire. Beaucoup estiment qu'Erdogan termine le travail de Daech en 2014 en empêchant toute réimplantation de Yézidis.

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Chrétiens et Yézidis

14 Janvier 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Christianisme, #Proche-Orient, #Grundlegung zur Metaphysik

En novembre dernier, je vous avais parlé de ce Yézidi interviewé dans un camp de réfugiés en Irak par un chrétien américain en mai dernier, qui déclarait avoir survécu miraculeusement à la lapidation par Daech et à une tentative de le brûler avec 80 litres de kérosène et que Jésus-Christ lui était apparu (voir la vidéo en anglais ici).

J'ai demandé à une amie yézidie irakienne ce qu'elle en pensait et si les communautés de yézidis ne risquaient pas de le détester pour son témoignage, et voici en quels termes (fort mesurés) elle réagit à cette vidéo :

"Cher Frédéric, En tant que Yézidie issue de cette société, je suis convaincue à 100% qu'il ment et aussi que les Yézidis ne feront jamais de mal ou ne détesteront pas quelqu'un qui aime Jésus.
Je ne comprends pas pourquoi il dit ça et quel est son objectif!
D'un autre côté, j'ai rencontré beaucoup de groupes de chrétiens qui viennent spécialement des États-Unis et qui travaillent dur pour convertir les yézidis et autres réfugiés. Cela m'a rendue si triste et j'arrête de les aider à se rendre dans les camps après cela parce qu'ils sont allés avec de la nourriture et d'autres aides, mais ils se concentrent sur ce qu'ils peuvent leur afin de leur enseigner Jésus et leur dire qu'ils souffrent parce qu'ils sont positionnés sur de mauvaises croyances. Nous pourrons en parler de vive voix plus tard :)"

Je dois préciser tout d'abord que si j'ai interrogé mon amie à ce sujet, c'était en premier lieu pour essayer d'avoir une vision un peu complète de cette scène, pas seulement du point de vue chrétien. Et aussi, parce que je sais que les Yézidis en tant que groupe ethno-religieux peuvent difficilement s'accommoder d'une dissidence religieuse qui peut miner leurs traditions et leur identité, surtout après l'horrible génocide qu'ils ont subi en 2014, l'exil massif des survivants (avec l'impossibilité de maintenir les rituels à l'étranger etc)... On l'a vu dans le cas extrême d'une esclave yézidie convertie à l'Islam au Maroc dont parlait Paris-Match en mai 2018 (je dis extrême parce qu'on conçoit que les Yézidis ne supportent pas en ce moment que les filles de leurs communautés rejoignent la religion de leurs bourreaux dans un contexte qui peut évoquer le syndrome de Stockholm...

Il y a des enjeux politico-religieux extrêmement importants autour de cette communauté. Vous savez que beaucoup d'occultistes à la suite de Mme Blavatsky et de Gurdjieff (une des références de la chanteuse Kate Bush) les ont crus détenteurs de savoirs secrets (au point qu'on peut même se demander si les sociétés secrètes à l'oeuvre au sein du parti démocrate américain n'ont pas favorisé la montée de Daech justement pour les inclure dans un vaste trafic d'esclaves comme victimes sacrificielles, et l'empressement de gens également liés à des sociétés secrètes comme Amal Clooney et Angelina Jolie). En 2016-2017 un Sikh les aidait avec zèle dans les camps, tandis que beaucoup d'hindouistes prétendent que les Yézidis sont leurs frères, et qu'un étrange gourou de secte que Léo Zagami considère comme crowlésien fait de la propagande pour eux en Amérique du Nord.

Et il existe un enjeu spécifique au christianisme qui impose à ses adeptes de libérer l'humanité des emprises démoniaques. D'un point de vue biblique, la religion yézidie présente des aspects de sorcellerie. Sans même se demander si leur Dieu-paon est Lucifer, ni si leur rapport "dialectique" au Mal, qui existe aussi dans le soufisme, est compatible avec la Bible, on voit bien que leur culte du soleil, et leurs rituels qui engagent des entités invisibles sont antithétiques du message de libération christique. Mais il est clair aussi que la réponse de mon amie pose à juste titre la question de la manière dont la prédication se fait : "dis que tu as vu Jésus et je te donne un sac de riz" relève de la pure brutalité impérialiste, un peu comme les bombardiers américains qui balançaient en 1999 des tracts disant "si vous ne renversez pas Milosevic nous vous écraserons". Ce n'est plus du "spiritual warfare" (du combat spirituel), c'est du chantage odieux et méprisable dépourvu de tout respect pour les vies et les coutumes d'autrui. J'observe que le type qui interviewe ce Yézidi est guitariste de Bethel Music. Or les communautés de Bethel sont critiquées par beaucoup de chrétiens bibliques comme ayant recours à des procédés charismatiques quasi-démoniaques de type New Age (voir le témoignage de Lindsay Davis, interviewée par la médium repentie Doreen Virtue). Par ailleurs ce guitariste a été candidat républicain à la députation pour le parti républicain en Californie. On a là une forme de prédication chrétienne inféodée à des intérêts impérialistes très active au Proche-Orient et très dangereuse qui, en réalité, dénature très profondément la démarche évangélique proposée par la Bible.

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Le flop du film de Caroline Fourest sur les Yézidis

5 Novembre 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma, #Aide aux femmes yezidies

Diffusion du film de Caroline Fourest "Sœurs d'armes" le 24 octobre dernier au 4e festival international du film Souleimaniye. Dana Taib Menmy pour Al Monitor relevait l'accueil assez hostile du public. Le journaliste Rawshab Qasim regrettait que la journaliste n'ait pas mentionné le rôle libérateur des YPG. L'acteur irakien a dénoncé les faiblesses du scénario. Bref une façon diplomatique de dire que le film est mal fait et qu'il ment sur la réalité factuelle.

Déjà en octobre au moment de la sortie du film en France Libération avait rendu compte d'un communiqué publié sur les réseaux sociaux, par le collectif des combattantes et combattants francophones du Rojava qui protestait contre la représentation des combattantes kurdes dans le film et l'accusait notamment d'avoir «travesti la réalité historique dans son film» en présentant «les forces kurdes comme une entité unique, aux contours politiques flous», enjolivant notamment le rôle des Peshmergas dans la lutte contre les djihadistes. Le collectif dénonçait aussi des scènes de combat «médiocrement inspirées d'une vision hollywoodienne de la guerre (le budget en moins) à laquelle même un enfant ne pourrait croire» ou fustige le comportement de la réalisatrice et son actrice Camélia Jordana, qui «ont répété sur le plateau de Quotidien cette semaine combien elles s'étaient "éclatées" à faire un film de guerre» : «La guerre n'est pas un divertissement [...] Cette guerre, nous l'avons faite et nous ne nous sommes pas "éclatés"».

Enfin, le CCFR notait plusieurs incohérences et caricatures, et estimait que Caroline Fourest cherche avant tout «à défendre sa propre vision de cette lutte pour lui faire dire ce qui sert son propre combat politique et sa propre vision du féminisme». Combattant aux côtés des Kurdes syriens et auteur du livre Jusqu'à Raqqa, André Hébert, porte-parole du collectif, dans un entretien à la Nouvelle République, avait dénoncé quant à lui "un tissu d'invraisemblances et de contresens lourds insultant la mémoire de ceux qui se sont vraiment battus et qu'elle n'a jamais joints." "C'est un rapt de cause au profit de son agenda politique personnel, avait-il déclaré, et une réécriture complète de cette histoire au profit d'une vision du féminisme très occidentalisée qui reste son fond de boutique".

 

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Gilets jaunes, Gaza, Notre Dame de Paris, Clooney-Soros et les Yézidis

5 Mai 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies, #Peuples d'Europe et UE, #Les régimes populistes, #Grundlegung zur Metaphysik, #Colonialisme-impérialisme, #Christianisme, #Avortement

J'ai passé presque un mois sans bloguer. Parce que je sais bien que ce blog ne sert à rien. Bien peu de gens le lisent, et moins encore y trouvent le moindre intérêt. Je ne veux pas être comme tous ces Youtubeurs qui jouent à la star devant leur écran. Ce culte de l'égo sert tellement le système. Le problème, c'est que si je ne blogue pas, à part mon boulot quotidien et mon rôle de père de famille, je ne trouve pas d'utilité sociale à mes diplômes, ni à mon expérience militante des années 2000. Donc, soit je blogue et ça ne sert à rien, soit je m'enterre dans le silence, et c'est alors une façon de capituler, puisque j'admets alors d'avance que cela n'a servi à rien. Je choisis donc aujourd'hui la première option, en pondant un nouveau billet. Il ne sera pas long car je n'ai pas des heures devant moi pour écrire. Je vais me limiter à quelques phrases pour ceux de mes abonnés qui voudraient savoir où en est ma grille de lecture de ce monde.

Et je commencerai par deux hommages. Le premier aux Gilets jaunes, pour leur persévérance à se battre alors que le système répressif les persécute durement. "La manifestation d'hier à Paris, m'écrit un de mes correspondants dans cette ville qui défile avec eux chaque samedi, a regroupé plus de monde que celle des médias de samedi d'avant. La manifestation d'hier était dans l'est de Paris et elle a montré que les gilets jaunes sont toujours soutenus par ceux qui étaient à leur fenêtre." En province ils reviennent sur les ronds points. J'ignore quelle est la meilleure stratégie, mais je suis de tout coeur avec eux, et comment peut-il en être autrement moi qui déjà il y a dix ans avais défendu la démocratie directe et le tirage au sort dans "Programme pour une gauche française décomplexée" ? J'ai vu ce matin le beau film de Rufin "Y a du soleil". Rufin comme bien d'autres ont hélas tendance à cultiver un fond de commerce sans se soucier de la concurrence, et donc son film ne parlera pas d'Etienne Chouard ou d'aspirations du mouvement qui ne collent pas avec son agenda. Mais qu'importe. Son regard sur les Gilets jaunes est sincère et ceux qu'il a interviewés sont magnifiques. Bravo aussi aux artistes qui les soutiennent - voir l'article ici. Peuple de France ne lâchez rien, vous êtes un des derniers à pouvoir défendre une souveraineté. Le contexte est très difficile, vos ennemis sont d'un cynisme inouï, eux, qui détournent tant de milliards d'euros chaque année et qui ont organisé un système mondial au dessus de vos têtes. Il vous faut beaucoup de vertu pour résister à cela, et il faut souhaiter qu'une inspiration surnaturelle vous guidera. Mais c'est à votre portée. Les dés ne sont pas jetés. Le sort n'est pas scellé.

Je veux aussi rendre hommage à Gaza. L’aviation israélienne a mené 150 raid hier, tuant 5 Palestiniens, dont une enfant de 2 ans et sa mère enceinte. Une quarantaine d’autres ont été blessés. Des destructions massives, maisons, stades, usines, immeubles, centres culturels, sont détruits ou endommagés. J'étais avec les Serbes bombardés en 1999, avec les Libyens sous Sarko, je le suis sans me résigner avec la population de Gaza aujourd'hui, et je le serai demain. Nous ne savons pas toujours quoi faire contre l'injustice que subit cette ville. Mais nous n'ajouterons pas l'oubli à l'impuissance.

Pour le reste je dirai un mot de deux autres événements qui ont ponctué le mois écoulé. Le premier est l'incendie de Notre Dame. Incendie apparemment volontaire si l'on tient compte du fait que du bois de vieux chêne ne brûle pas si vite si on ne l'aide pas un peu. Même l'empressement des médias à vendre les thèse de l'accident (alors qu'aucune expertise n'avait été faite) est suspecte. Le script était écrit d'avance. Y a t il une dimension rituelle, compte tenu de ce que nous savons des sociétés secrètes auxquelles nos élites appartiennent ? Probablement. Walt Disney et les Simpsons, deux sources bien informées proches des milieux initiés américains, avaient fait de la programmation prédictive sur ces sujets.

Notre Dame était une cathédrale templière, devant laquelle le grand maître De Molay avait été brûlé (quand on sait l'importance de De Molay chez les francs-maçons rosicruciens). Kes statues des apôtres avaient été décapitées huit jours plus tôt soi disant pour étudier leur structure, comme l'avaient été celles des rois d'Israël lors de la Révolution. Beaucoup se sont penchés sur la nouvelle qui a fait le tour du monde selon laquelle des centaines de milliers d'abeilles qui vivaient sous le toit de Notre Dame ont survécu. L'anecdote paraît anodine, mais les abeilles jouent un rôle important dans l'occultisme.

Il y a treize ans la prédicatrice protestante américaine Barbara Aho avait rappelé qu'une prophétie de l'Ancien testament (Juges 13: 2, 24) concernant Samson, le héros de la tribu de Dan tournait autour des abeilles trouvées dans une carcasse de lion, symbole du fait que cette tribu d'Israël apostate d'où sortira l'Antéchrist comme cela se dit depuis Irénée de Lyon au début du christianisme, usurpera la royauté d'Israël. Des abeilles dorées ont été trouvées sur le manteau funéraire du Roi Childeric Ie, en 1653, dans les Ardennes, ce qui reliait la dynastie magicienne des Mérovingiens (héros de certains courants occultistes) à la tribu de Dan (on retourne ainsi le sens du Da Vinci Code, je ne peux pas vous expliquer cela ici, ça mériterait un billet à part). Elles furent confiées à Léopold-Guillaume de Habsbourg, puis récupérées par un Napoléon très lié à la maçonnerie qui en fit le principal ornement de ses habits. Les abeilles sont un ancien symbole de la déesse Semiramis et symbolisent la royauté en Egypte. Cela renvoie à la royauté de la reine des abeilles, avatar d'Isis-Semiramis. Il faut aussi garder à l’esprit le rapport avec le miel de Samson évoqué au premier chapitre de ce livre. Le symbole est aussi utilisé en franc-maçonnerie ainsi que chez les mormons, et il est mis en avant de nos jours par des artistes occultistes comme Beyonce, ce qui fait supposer à certains complotistes qu’il a toujours visé à imposer un conditionnement à l’espèce humaine.

Or parmi les bizarreries de cet incendie du 15 avril, outre le fait que la femme de Bernard-Henry Lévy, Arielle Dombasle, a chanté un très gros Ave Maria apparemment incompatible avec l'affiche occultiste de son dernier film (sauf si le but était de libérer des "énergies mariales" comme disent les médiums New Age...), il y a les déclarations d'une grande amie de Beyoncé justement ... Michelle Obama (dont Trump lui-même désormais admet à mots couverts qu'elle est plus un "il" qu'une "elle", comme l'avais révélé Joan Rivers, mais ça c'est une autre question).

C'est Qanon qui a attiré l'attention sur son lien avec Notre Dame, en la reliant aux tweets de Trump du 15 avril. Juste après l'incendie de Notre Dame, Michelle tweete à propos de Beyonce. Il existe à ce sujet une théorie compliquée (à base de numérologie) avancée par Q sur la base de tous les tweets de Michelle Obama à Beyonce depuis 8 ans, avec des codes couleur bleus et noirs (voyez l'explication en anglais ici). Je n'en dirai pas plus car le sujet est complexe et on avance sur le terrain d'hypothèses que certains jugeront gratuites. Mais Beyonce est reine des abeilles, "queen of the bees"...

Pour finir, sur le terrain plus ferme non des hypothèses mais des faits, je tiens à dénoncer une fois de plus la récupération honteuse de la cause des femmes yézidies violées enlevées, torturées, par le lobby des mondialistes américains pro-démocrates financé par Soros. On a vu en avril à l'ONU Amal Clooney et Angelina Jolie, marionnettes de Soros et du Council on Foreign Relations, et adeptes de l'oeil d'Horus et autres signes rituels, défendre (hélas avec le soutien de la France, de l'Allemagne, de la Belgique et de l'Afrique du Sud) sous couvert de soutenir les femmes yézidies, un texte qui instaurerait une justice supranationale et encouragerait l'avortement chez les victimes. Le projet de résolution sur ces deux points est au service d'un agenda bien plus vaste. Le premier celui de l'ingérence supra-nationale, qui a un passé chargé depuis au moins les tribunaux spéciaux sur la Yougoslavie et le Rwanda (et même plus longtemps), le second s'est illustré encore au début de cette année dans l'Etat de New York où depuis le 22 janvier l'avortement est maintenant légal jusqu'à la naissance de l'enfant. On comprend mieux pourquoi Bill Gates, lié par ses parents et par ses campagnes de stérilisation dans le Tiers-Monde au planning familial et à la dépopulation, posait avec la yézidie Nadia Murad en septembre dernier.

Washington, Moscou et Pékin le 23 avril ont vidé cette résolution de son contenu, mais l'offensive a montré quels lobbies étaient en présence. Je ne dis pas que le clan Trump avec sa clique pro-israélienne nichée au 666 de la 5e avenue à New-York vaut nécessairement mieux que la galaxie Soros. Mais sur ce vote au moins, il a rejoint Poutine et Xi Jinping. Méfiez vous toujours de ceux qui vont exploiter une situation de souffrance humaine réelle ou un problème quelconque pour faire avancer un agenda qui n'est pas favorable au progrès de l'humanité mais facilitera, au contraire, son asservissement à des lobbies aussi habiles que discrets... 

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Des idées pour aider les Yézidis

9 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies, #Le monde autour de nous, #Billets divers de Delorca, #Les rapports hommes-femmes

Hier soir, un lecteur de Belgique m'écrit :

"Bonsoir,

J'ai 65 ans, marié, je connais la plupart de ces reportages sur le vécu de ces femmes Yezidies. Je viens de visionner ce soir le film de Eva Husson "Les filles du soleil". Question idiote (suis un grand naïf). J'arrive sans doute un peu tard, mais il est une petite chambre inoccupée (nous avons deux grands enfants, et des petites-filles). Ce qui m'a poussé à me demander comment je pourrais apporter une aide, modeste, un réconfort quelconque à ces femmes. Ou un soutien moral, ne serait-ce même que par correspondance. car ma santé, et celle de mon épouse, ne permet plus de grosses dépenses d'énergie. Je veux juste dire que nous n'avons plus 20 ans...
Enfin, voila. Soyez assuré de mon intérêt pour cette cause, à défaut de l'immobilisme et l'arrogance de la plupart des politiciens de tout bord. 
Je ne suis pas certain qu'un seul % de notre population connaisse ce 'génocide', ni même cet endroit de notre petite planète, bleue, mais encore très égoïste. Je me débrouille avec l'anglais en seconde langue.
J'habite près de Namur.
Je reste ouvert à vos remarques, et/ou suggestions
En vous remerciant de me lire.
Recevez mes meilleures salutations."

Un bel élan généreux qui m'a poussé à faire le point sur ce qui peut être fait. Il n'est absolument pas trop tard car les besoins de cette communauté malheureuse sont immenses et, derrière les grands shows de Bill Gates autour de la prix Nobel Yézidie Nadia Murad, sur le terrain les rescapés des massacres continuent à vivre dans la détresse et la pauvreté, tandis que, ne l'oublions pas, 3 000 femmes réduites à l'esclavage ainsi que leurs enfants sont toujours portées disparues - mortes ? réduites en esclavage chez de riches émirs ou dans d'obscurs réseaux de riches Occidentaux ?

Le tout est de bien cibler l'aide, ce qui suppose de réfléchir. L'an dernier (en février 2018) une lectrice de mon blog qui habite en région parisienne m'avait proposé de mettre à disposition d'une femme yézidie réfugiée une pièce de son appartement. Ma prospection dans les réseaux yézidis n'avait rien donné : les yézidis ont en effet tellement l'esprit de communauté que les femmes qui sont réfugiées en Europe le sont toujours avec le restant de famille (au sens large : les oncles, les cousins) qu'elles ont, jamais seules. Il doit bien y avoir quelques femmes qui ont perdu toute leur famille  mais celles-là sont restées, ou, pour les plus traumatisées en elles, prises en charge par quelque institut de réparation psychologique en Allemagne.

Il semble que le besoin principal reste l'aide financière. Beaucoup de rescapés yézidis ont pu quitter les camps de l'ONU au Kurdistan pour retrouver leurs maisons détruites dans la plaine de Ninive. Mais tout y fait défaut : pas d'eau courante, pas d'électricité, pas d'emploi pour vivre. Et aider cette minorité n'est pas la priorité, loin s'en faut, du gouvernement de Bagdad. La dernière fois que j'ai écrit à l'ex-journaliste et militante yézidie Nareen Shammo dont j'ai parlé notamment dans cet article, et qui reste ma principale "porte d'entrée" dans les réseaux. Elle m'a proposé d'aider matériellement deux étudiants yézidis de l'université de Mossoul - deux frères originaires de Bachiqa qui avaient en charge une petite soeur handicapée et dont une partie de la famille a été massacrée, ils sont encore domiciliés au camp Esyan à Duhok. Selon elle, le retour "à la normale" pour cette communauté, et le pansement des plaies passe aussi par le soutient à leur jeunesse, leur donner les moyens de construire un avenir sans sombrer dans le désespoir. J'avais alors aidé ces deux jeunes pendant deux mois avec quelques euros via Western Union (même si Western Union en direction de l'Irak  a été bloqué cet hiver, mais on peut faire le détour par d'autres pays). N'importe quel lecteur peut prendre mon relais auprès de ces jeunes s'il le veut, il suffit de me contacter via le formulaire de ce blog. Et il y a aussi d'autres possibilités, des milliers d'autres. On peut y réfléchir ensemble.

Par exemple un lecteur qui se débrouille en anglais, comme c'est le cas de ce correspondant peut aussi créer un site d'aide aux Yézidis (sur over-blog c'est facile à faire et gratuit), y traduire des articles anglais sur leur situation (mon travail ne me le permet pas mais pour un retraité ce n'est pas si long à faire : on entre l'adresse URL de l'article sur Google Chrome, il vous le traduit automatiquement et ensuite on n'a plus qu'à corriger les maladresses de la machine en mobilisant vous connaissances d'anglais du lycée). Ca permettra aussi de mobiliser la générosité d'autres lecteurs.

Et n'oubliez pas : pour les Yézidis il est relativement facile de trouver des chemins pour aider. Beaucoup plus que pour les femmes nigérianes violées par Boko Haram qui survivent dans des camps militaires (pas des camps de l'ONU) qui n'ont pas comme ceux des Yézidis pignon sur la Toile d'Internet, ou le lumpenproletariat de tous les bidonvilles du Tiers-Monde dont la vie compte tout aussi peu aux yeux du monde que celle des Yézidis.

Je précise aussi que je ne suis pas d'accord avec l'approche féministe du problème yézidi qui motive  Eva Husson (sur le "self-empowerment" des combattantes qui "vénèrent le soleil"), non pas parce que je suis hostile à l'émancipation féminine mais parce que la problématique féministe est paramétrée à l'échelle mondiale selon un agenda qui n'a rien à voir avec cette émancipation (l'image de Caroline de Haas lors de la journée de la femme cette semaine, ici à gauche, est très révélatrice pour qui connaît la sémiologie). De même je n'adhère pas à l'approche New Age de la question. Mon rapport à ce peuple est dépourvue de tout biais idéologique. Il procède au départ d'une indignation purement humaine devant un génocide, et reste orienté uniquement dans cette optique.

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Prix Nobel de la Paix, Arche de Baal de Palmyre, éléments d'ambiance qui intriguent

7 Octobre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies, #Les Stazinis

Je sais que la plupart de mes lecteurs, sans doute parce qu'ils ont un parcours intérieur qui les voue à l'aveuglement, désapprouvent le fait que, depuis quelques années, je m'intéresse aux pratiques religieuses de nos dirigeants (parce que mon expérience dans l'occultisme m'a montré que ces pratiques ont un impact réel sur le cours des choses).

Pour eux le fait que Macron rencontre sous le patronage de Bill Gates une DJ ghanéenne de 10 ans qui affiche des pyramides et "good vibes" n'a aucun sens. De même ils ne se posent aucune question sur le fait que la cause des yézidis massacrés par Daech en 2014 ne suscitent pendant deux ans l'indifférence, puis, en peu de temps, trouvent le parrainage d'Amal Clooney, l'oreille de Le Drian, le Gold Keepers Award chez Bill Gates et le prix Nobel de la paix dans la foulée.

Pour eux, il est normal que l'Institut pour l'archéologie digitale d'Oxford construise une ou plusieurs répliques de l'arche du temple de Baal de Palmyre détruite par Daech en 2015 et aillent la camper périodiquement en des endroits où se réunissent les grands de ce monde (le G7 de Florence, Dubaï) juste soi-disant pour attirer l'attention des gens sur le patrimoine archéologique.

Pour ma part, je croirais tout cela anodin si nos dirigeants et nos stars d'Hollywood (l'ensemble souvent sur les mêmes scènes) ne se répandaient pas en signes étranges (cornutos, oeil d'Horus etc) dans tous les magazines, ou s'il n'y avait pas eu  les mails fuités par Wikileaks de Podesta, d'H. Clinton etc sur les "dîners spirites", les soirées "pizza" etc. Mais tout cela existe, et, chers lecteurs, vous pouvez continuer de faire les autruches à ce sujet mais cela ne vous apportera rien de bon in fine.

Je veux bien croire que, peut-être, les évangéliques exagèrent quand ils disent que cette porte de Baal, le dieu auquel on sacrifie des enfants (Jérémie 19:5) a été placée au National Mall de Washington parce qu'au même moment était en jeu la nomination à la Cour suprême américaine d'un juge anti-avortement. Mais moi je garde à l'esprit le fait que c'était le jour où la représente yézidie Nadia Murad recevait son Goldkeepers Award à New-York. Il y a autour de ces yézidis, de Baal, du Proche-Orient, quelque chose de "fishy fishy"... A mon avis un type qui doit en savoir beaucoup là-dessus, c'est Erdogan. Il doit avoir des éléments précis sur ce qui s'est joué en 2014 autour de la plaine de Ninive dans la passivité de nos dirigeants, et sur ce qu'ils veulent en faire aujourd'hui. Il se peut aussi qu'il en sache beaucoup sur les 3 000 femmes yézidies encore disparus et ce que sont devenus leurs enfants.

Mais étant dans un jeu de "je te tiens tu me tiens par la barbichette" avec les Clintons en raison de leur connexion commune avec les frères musulmans, il a sans doute les moyens de ne pas finir comme Milosevic.

Je prêche dans le désert, ce qui est le propre des vrais prophètes. Donc vous pouvez continuer à ignorer mes billets sur ces sujets, mais vous n'y gagnerez pas en compréhension de l'évolution de ce monde.

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L'ONU, le gala Goalkeepers 2018 et le New Age

27 Septembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #Les Stazinis, #Aide aux femmes yezidies, #Bill Gates, #George Soros

 

Les 25 et 26 septembre 2018 à l'occasion de la 2e édition du "Goalkeepers" 2018, Bill et Melinda Gates (dont la fondation pèse 43 milliards de dollars, un peu plus que celle de Soros, et qui, au passage, remercient les Chinois pour leur collaboration dans le Tiers-Monde) récompensent trois jeunes gens Nadia Murad Basee (Changemaker award), représentante des yézidis, Amika George (Campaign award), qui, en Angleterre, fournit des tampons aux adolescentes pour leurs règles, et le jeune kenyan Dysmus Kisilu (Progress award), qui aide les agriculteurs à conserver leurs produits aux frais grâce à des capteurs solaires. Macron et d'autres chefs d'Etat ont été récompensés la journée suivante dans le même cadre.

On pourrait se demander naïvement pourquoi eux et pas, par exemple, les ex-militants des FARC qui se font tirer comme des lapins en Colombie depuis qu'ils ont réintégré la légalité (voir l'article de Loïc Ramirez là dessus).

On peut se dire, naïvement, que c'est "par hasard" que ces trois causes ont été choisies : le sang menstruel des filles, les yézidis, et les panneaux solaires...

On peut aussi avancer (peut-être naïvement mais un chercheur doit toujours prendre le risque de la naïveté, et toujours le risque de se tromper pour avancer) que les trois ont un point commun : le New Age, cette doctrine héritée de la théosophie de Mme Blavatsky qui valorise la sorcellerie et Lucifer sauveur de l'humanité. On sait qu'au sanctuaire de Sainte Baume en Provence des femmes de cette mouvance vont offrir leur sang menstruel. On sait que les Yézidis ont été persécutés pour vénérer un ange-paon parfois assimilé à Satan (bizarre d'ailleurs que leurs persécuteurs, l'Etat islamique, aient bénéficié de beaucoup de complicités, bancaires et autres de la part de certains pouvoirs qui aujourd'hui se proposent de les secourir... tandis qu'on se demande dans quelles caves ou dans quels rituels se retrouvent les 3 000 femmes de leur ethnie encore captives ainsi que leurs enfants). Mme Blavatsky, comme le mage Gurdjieff les aimaient bien. Quant au solaire, le culte du soleil, comme celui de la terre-mère, c'est très en vogue en ce moment.

Hypothèse gratuite. Oui, peut-être... Parce que les preuves sont toujours difficiles à trouver dans cet univers là. Il y a bien un type qu'on fait passer pour un conspirationniste farfelu,Makow dont certaines affirmations ne sont pas toutes à rejeter (même s'il raconte aussi souvent beaucoup de sottises) et qui dit des choses sur la Fondation Bill Gates.

Il nous parle de ce lobby : le Lucis Trust, qui est aujourd'hui l’éditeur officiel de l’Organisation des Nations Unies. Il nous en explique l'histoire. Durant la première année de son existence en 1922, il s'appelait le Lucifer Publishing Company, fondé par la théosophe Alice Bailey, disciple de Mme Blavatsky. Il fit connaître la lune de Wessak en Occident dans les années 1930. Le Lucis trust est l'imprimeur des publications de l'ONU, il fait partie de son conseil économique et social et avait été abordé par le prêtre catholique belge Michel Schooyans dans "La Face cachée de l'ONU" en 2000 (eds le Sarment) p. 47. Ce Trust anime aujourd'hui : — L'École Arcane, Bonne Volonté Mondiale, Le Réseau des Triangles. On lui prête d'avoir soutenu la candidature du secrétaire d'Etat de Kennedy initiateur de la guerre du Vietnam McNamara à la direction de la banque mondiale en 1968. Selon  Executive Intelligence Review de laRouche Gorbatchev en serait membre. Il y a aussi beaucoup de délires autour de ce groupe qu'on accuse apparemment à tort d'avoir possédé le premier site de soutien à Occupy Wallstreet de 2011 (soutenu entre autres par Soros et Gorbatchev), 15october.net était domicilié chez l'épouse du représentant permanent de l'Equateur à l'ONU à la même adresse que le Lucis Trust (866 United Nations Plaza (sauf que c'est l'adresse commune de beaucoup de structures onusiennes)

Oui, c'est toujours pareil. On part de choses vraies (cet "éditeur", qui est en fait une secte avec ses réseaux, dont les membres font des rituels à la pleine lune), puis les complotistes vont tenter de prouver tout avec n'importe quoi. Et pourtant tout ne repose pas sur du n'importe quoi dans cette affaire.

On sait (ça traine dans la grande grande presse) que la Fondation Bill et Melinda Gates a doublé de taille dans la seconde moitié des années 2000 en raison de la donation du milliardaire Warren Buffet (31 milliards de dollars, le 16 février 2017 le New York Post faisait le bilan de l'utilisation de ce don ), et est cinq fois plus grande que la Fondation Ford qui est la plus importante des U.S.A. Et on sait que Warren Buffet qui en 2000 selon Forbes était première fortune mondiale devant Bill Gates, fait souvent des pyramides avec ses mains, comme les artistes occultistes à Jay Z avec qui Buffet s'est affiché, Beyonce, Rihanna (ambassadrice de "bonne volonté" de l'ONU reçue par Macron en cette qualité fin juillet 2017 - "bonne volonté", un thème de certaines sectes aussi...), etc. Tous grands copains d'Hillary Clinton... D'ailleurs la Fondation Obama a été parmi les premières à féliciter Dysmus Kisilu pour son "Progress Award".

Le Tweet de la Fondation Obama le 26 septembre 2018

Le Tweet de la Fondation Obama le 26 septembre 2018

Makow affirme que cette fondation Gates fait partie des membres du sous-groupe de Lucis Trust "The New group of world servers". A ce niveau les preuves deviennent plus aléatoires : le lien que citait Makow en 2006 à ce sujet  (http://www.lucistrust.org/meetings/fullmoon/talks/02gemtalkny.shtml) n'existe plus. Tout est si fluide sur Internet... De même a disparu celui de  la phrase, citée sur le même site : " Grâce au travail philanthropique et humanitaire de personnes comme George Soros, Bill Gates, Kofi Annan, et Bono, pour n’en nommer que quelques-uns, les gens commencent à reconnaître les besoins des personnes démunies et de faire quelque chose à leur sujet. Il y a un discours de Soros et d’un autre penseur, James Tobin, au sujet de la création d’un certain type de taxe sur les transactions financières qui serait utilisé pour soutenir les programmes nationaux dans le monde en développement. L’humanité a certainement la capacité de mettre en place ces changements, elle a juste besoin de la volonté pour le faire. "

On peut remarquer qu'au Séminaire Goodwill (toujours la "bonne volonté"...) du Lucis Trust de 2011 l'adepte du New Age Barbara Valocore a fait l'apologie de l'initiative de  Bill et Melinda Gates, puis de Warren Buffett, appelée "Giving Pledge" (une incitation aux milliardaires à donner aux pauvres) qu'elle compare à l'oeuvre de la Fondation Rudolph Steiner, héritière du célèbre théosophe.

Après cela, on retombe sur des généralités : l'engagement de tous ces partisans du Nouvel ordre mondial contre les religions établies et notamment contre leurs adeptes les plus intransigeants qualifiés de "fondamentalistes", leur foi commune (luciférienne) en l'idée que l'humanité athée se sauvera par elle-même des changements climatiques et de la pauvreté, par son unité, et sans Dieu (au passage sans les Etats aussi qu'il faut liquider), comme au temps de la Tour de Babel. Le fait que toutes ces organisations (l'Open Society de Soros, la Bill Gates Foundation, le Lucis Trust, la Fondation Rudolf Steiner) cotisent toutes à l'United religion initiative, un groupe qui vise à former une religion mondiale unique que le pape actuel avant d'être pape paraissait apprécier beaucoup. Ces généralités tracent un arrière-plan idéologique à notre sujet, mais ça n'éclaire pas très précisément le lien entre Buffet, Gates, le Lucis Trust et l'ONU. Cela montre juste des "convergences spirituelles" et financières un peu inattendues, à la lumière desquelles il faut saisir ces remises de prix, et aussi, peut-être, le sketch anti-Trump de Macron à la tribune de l'ONU au moment même de la remise des récompenses des Goalkeepers et à quelques pas de là, et sa réception du titre de "champion of the earth" au  "One Planet Summit" des mains d'Erik Solheim, le directeur du Programme des Nations unies de l'environnement (PNUE).(*).

Sous réserve de recherches plus approfondies...

 

-- (*): Par ailleurs, Emmanuel Macron reçoit aussi une lettre de mission du Secrétaire général des Nations unies pour être chef de file, avec le chef du gouvernement de la Jamaïque, de la mobilisation pour la finance de la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique, une cause très défendue par Soros (deuxième actionnaire de Monsanto pour lequel la Fondation Gates travaille aussi en Afrique - voir "Les moutons enragés" du 1er juin 2016 "Le vrai visage de Bill Gates"). Le 17 septembre 2018 Erik Solheim avait rencontré Macron et Fabius à Paris. Ancien ministre écologiste et ex-grand ami des Tigres de l'Elam Tamoul, Solheim avait dû quitter le gouvernement norvégien contre sa volonté en 2012. En 2013 il intégrait l'OCDE, puis à l'automne 2014 il était recruté par la Fondation de droite Civita - cf Dagens Naeringsl du 3 octobre 2014-  pour piloter un projet dans lequel la fondation Bill Gates a versé 2 millions de dollars, ce qui lui a servi de tremplin pour intégrer le poste de directeur du PNUE en 2016. Ce genre d'écologiste transfuge de la gauche à la solde de Bill Gates est du goût de Macron.

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Une yézidie retrouve son violeur dans un supermarché en Allemagne

19 Août 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Peuples d'Europe et UE

L'histoire d'Ashwaq Haji, 18 ans; racontée par l'intéressée à la Vanguardia (Barcelone). Esclave sexuelle de Daech en Irak à 14 ans, libérée, elle se réfugie en Allemagne où elle croise le djihadiste qui naguère la séquestrait lequel a entretemps obtenu l'asile politique. Celui-ci la reconnaît et lui dit qui il est. Ecoeurée elle a préféré retourner vivre en Irak.

Quand Merckel arrêtera d'accueillir n'importe qui en Allemagne, les vrais réfugiés politiques y seront plus en sécurité, et les Allemands aussi...

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Un commandant du PKK assassiné à Sinjar

17 Août 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Avant-hier, mercredi, des centaines de Yézidis étaient réunis au village de Kocho (le village de Nadia Mourad, l'actuelle ambassadrice de bonne volonté de l'ONU) pour commémorer le génocide de 2014.

C'est le jour qu'a choisi, avec son tact habituel, le sieur Erdogan pour envoyer un drone liquider Zaki Shingali, 66 ans, aussi appelé Mam Zaki ou Oncle Zaki, Ismail Ozden de son vrai nom. Les Yézidis de la région sont indignés car bien que Zaki Shingali ait appartenu au Parti des Travailleurs du Kurdistan, il était avant tout pour eux quelqu'un qui avait sauvé beaucoup de gens dans les montagnes de Sinjar-Shingal pendant le génocide. Il avait été parmi les libérateurs les plus actifs en 2015.

(Notez que c'était pourtant le seul dont la photo ne figurait pas sur la page consacrée à ce sujet par Natawapress.org, bien que son nom figure dans l'article, peut-être était-il plus exposé ? Apparemment Zaki Shingali était originaire de la Turquie et non de Shingal).

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L'ex-esclave yézidie qui veut rester musulmane

29 Mai 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Grundlegung zur Metaphysik, #Proche-Orient

La Bible recommande d'aider la veuve et l'orphelin. Mais n'allez pas au delà. N'allez pas jusqu'à épouser l'imaginaire de la veuve et de l'orphelin que vous aidez. Beaucoup le font en vantant l'ange-paon et les prières au soleil de la communauté yézidie irako-syrienne victime du génocide de Daech à partir de 2014. Ils se trompent. Aujourd'hui, sur le site de Paris-Match, la reporter Flore Olive publie la très touchante histoire de Khadidja, jeune yézidie irakienne (née dans le même village que l'ambassadrice Nadia Murad) violée par Daech et vendue comme esclave au Maroc qui s'est convertie à l'Islam et maintenant affronte avec ses enfants le fascisme communautariste des membres de sa communauté d'origine membres des YPG qui nient son droit à adopter la religion de ses anciens tortionnaires. Un récit de terrain dérangeant comme décidément Match sait encore en produire (on se souvient aussi de ceux qu'il sortait sur le Kosovo en 1999). On est là aux antipodes de la soupe médiatique sirupeuse habituelle.

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La menace d'invasion turque à Sinjar pourrait parachever le génocide des Yézidis

28 Mars 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

J'évoquais il y a peu une "compulsion de répétition" contre les Yézidis à propos d'Afrine. Dimanche Erdogan a annoncé des opérations militaires dans la région de Sinjar qui est pourtant sous le contrôle de l'armée irakienne et de ses milices alliées, tandis que l'armée turque attaque en ce moment Tel Rifaat en Syrie où 75 000 personnes venues d'Afrine se sont réfugiées.

Les Unités de résistance de Sinjar, idéologiquement affiliées aux unités de protection du peuple (YPG) du PKK qui ont aidé lés civils Yézidis après la reconquête de la plaine de Ninive sur Daech se disent prêtes à affronter les Turcs. Les portraits d'Ocalan sont partout dans la région où 4 000 familles déplacées se sont réinstallées (mais il faudrait 100 milliards de dollars pour reconstruire la région qui subit la pénurie d'électricité, d'eau et d'emplois.

Depuis octobre Sinjar elle-même est contrôlée par les Unités de mobilisation populaire, une milice chiite du Sud qui l'a couverte du Slogan "Ce qui perdure de l'Etat d'Ali - Ali State remaining" qui a remplacé le slogan de Daech "Ce qui perdure de l'Etat islamique". Le YBS creuse des tunnels dans les montagnes. Les Turcs ont déjà tué au cours des dernières années une vingtaine de personnes en bombardant la zone.

"Si l'attaque par la Turquie se matérialise, ce serait probablement le dernier clou dans le cercueil des Yézidi à Sinjar" écrit le journaliste indépendant Fazel Hawramy. A  Khanasoor, fief du YBS, où plus de 33 000 yézidis vivaient aux côtés des Chrétiens. Il n'en reste plus que  2 000.

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Felix qui potuit rerum cognoscere causas...

14 Mars 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies, #Les rapports hommes-femmes

On envie parfois ceux qui ont assez de discernement pour deviner quelles forces poussent certains à rencontrer toujours les mêmes difficultés. Il est signalé sur Twitter qu'à Afrin/Afrine (où plus de 700 000 personnes redoutent d'être massacrées par l'armée turque et ses milices "grâce" à la complicité de l'Occident et de la Russie) 21 villages yézidis ont été détruits sur 22, avec la même logique implacable que dans la plaine de Ninive (voir mes développements antérieurs sur le sujet ici et ci-dessous la confrontation organisée par une journaliste de la BBC entre un ex-commandant de Daech en prison etune des centaines de victimes, même si je ne suis pas convaincu par le ton moralisateur très en vogue dans les médias employé par la journaliste mais stérile, face à un type qui ressort les arguments habituels : "c'étaient les horreurs de la guerre, j'obéissais aux ordres, "vae victis", et qui ment sans doute sur l'essentiel - je ne crois pas qu'il y ait été pour l'argent).

L'administratrice du site FreeShingal me précise que, comme dans la région de Mossoul, les temples yézidis autour d'Afrine sont rasés (par exemple dans le village de Feqira) ou transformés en mosquées. Il est vrai que les sbires d'Erdogan (dans les milices qui secondent l'armée turque) en Syrie sont les mêmes qui, en Irak, combattaient sous le drapeau noir de Daech (lequel flotte encore d'ailleurs sur divers districts de Syrie, et ce n'est pas la nécessité qu'ont eue les combattants du YPG de quitter le front de Deir ez-Zor  pour aller se concentrer à Afrine qui va arranger les choses à ce sujet). Mêmes hommes, mêmes méthodes.

A des milliers de kilomètres de là, mais suivant aussi une même logique de répétition, la troisième femme qui accuse d'abus sexuel T. Ramadan a aussi été quelque temps auparavant victime de DSK au Carlton (on n'ose imaginer la vie de cette femme poussée à fréquenter les célébrités de la perversion et de les collectionner). Felix qui potuit rerum cognoscere causas...

A part ça, vous n'avez toujours pas envie de vous faire "pucer" (microchip) ? la charagma est à la mode... La puce vous permettra bientôt de vous connecter aux réseaux sociaux sans entrer votre code, elle vous servira d'aide-mémoire, pensera à votre place, et vous n'aurez plus besoin de penser à Afrine...

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Dons aux yézidis

26 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies

Je le rappelle à mes lecteurs de temps à autre : pour ceux qui souhaitent aider la veuve et l'orphelin, j'ai un contact personnel avec une association d'aide aux réfugiés yézidis dans les camps en Irak, Al Smoqi Charity Assembly, qui vous garantit que votre argent ira directement aux victimes, et qui peut même vous fournir des photos des gens que votre argent a secouru au cours des dernières semaines.

Pour ma part, lorsque je leur envoie de l'argent, je ne "flèche" pas mon aide et je les laisse choisir leurs priorités. Du coup l'argent arrive tantôt à une adorable petite fille qui a perdu ses parents, tantôt à une digne grand mère qui a vu toute sa descendance massacrée. Hier ma correspondante Nareen me renvoyait quelques photos des bénéficiaires du moment. C'étaient des étudiants yézidis qui risquaient de devoir abandonner leurs études faute de ressources. Etudiants en pharmacie, en géographie, à l'école d'infirmières. Ces retours sont toujours une occasion de découvrir de nouveaux visages, même si la rencontre à travers une photo est aussi superficielle que celle qu'on peut avoir en chattant sur Facebook, et cela reste une façon d'aborder divers aspects de la réalité de cette communauté méconnue qui a toujours été de la chair à pogrom au Proche-Orient.

Si vous souhaitez contribuer, contactez moi.

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