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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #aide aux femmes yezidies tag

Résolution de l'Assemblée nationale pour la reconnaissance des génocides au Proche-Orient

8 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

Après le Sénat, c'est l'Assemblée nationale qui vote une résolution (introduite en fait en mai, soit avant celle du Sénat) pour la reconnaissance du génocide des yézidis, des chrétiens et autres minorités au Proche-Orient et invite le gouvernement "à saisir le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies pour qu'il donne compétence à la Cour Pénale Internationale pour poursuivre ces crimes".

La résolution a été votée par le groupe Les Républicains et par les groupes UDI (centriste) et celui du Front de gauche. Le groupe PS s'est abstenu, la résolution ne faisant pas référence "aux centaines de milliers de victimes du régime syrien" ni aux bombardements de la ville d'Alep, en Syrie. (Le PS toujours extrémiste dans son anti-assadisme..). Bizarrement le PC vote pour à l'Assemblée nationale, alors qu'il s'était abstenu au Sénat. Allez comprendre... François Asensi, député maire de Tremblay-en-France a expliqué son vote, en soulignant à juste titre la création de Daech par l'Occident et en dénonçant la "politique impériale et néo-colonialiste" au Proche-Orient. Dans le débat de la motion il avait auparavant souligné que la résolution devait aussi viser les chiites et regrettait la segmentation confessionnelle que comporte la rédaction de la motion (je suppose que M. Asensi n'aimerait pas entendre des Yézidis dire "ne dites pas que nous sommes kurdes, car nous avons été massacrés en tant que yézidis et non en tant que kurdes"... c'est donc bien Daech qui fait de la segmentation confessionnelle). Dans la justification de son vote l'ex-ministre Mme Guigou s'est opposée à M. Asensi sur la question de l'abstention de son groupe, elle a aussi reproché à la droite d'avoir une indignation sélective.

La motion était présentée par des députés de droite du groupe les Républicains.

 

 
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Interview de l'activiste Nurcan Baysal sur les Yézidis et sur Diyarbakır/Amed

26 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Une interview intéressante réalisée par un magazine turc (à noter qu'il y a quand même des erreurs sur le fait que les Yazidis ne s'étaient jamais révoltés par le passé, il y a quand même eu Mirza au 17e siècle et les "républiques yazidis indépendantes" dont parlait jadis Elysée Reclus), à propos du livre Ezideler 73 (Décret 73), de Nurcan Baysal. Vous y trouverez des éléments très précis sur les multiples aspects du drame des Yazidis, mais aussi sur la situation horrible au Kurdistan turc, à Diyarbakır/Amed dont mon blog hélas ne parle pas assez  :

Qu'est-ce que les Yézidis appellent «décret»?

Dans leur univers spirituel, le "décret" se réfère à un massacre, à l'abattage. Dans la terminologie du 21e siècle, cela signifie que le génocide.  

Y-a-t-il une différence entre le 73e décret commencé le 3 Août 2014 et les autres?

Il y a beaucoup de différences. L'un d'eux est le fait que les Yézidis sont massacrés au 21ème siècle pour que tout le monde puisse voir. Il y a eu des marchés d'esclaves où les femmes ont été vendues et cela continue encore. La deuxième différence est que, les décrets n'avaient pas causé une transformation dans le monde spirituel des Yézidis jusqu'à présent. Je veux dire, ces décrets étaient acceptés comme résultant du fait d'être Yazidi. Cependant, avec ce décret, les Yézidis a commencé à réfléchir sur les décrets. Grâce à la diaspora Yazidi et au mouvement kurde.Les Yézidis sont sur terre depuis le commencement du monde et ils ont un ordre social qui n'a pas été changé depuis des dizaines de milliers d'années. Les Yézidis ne s'étaient pas révolté contre les décrets précédents.Et pourtant, cette fois ci, les unités de défense Yazidi se sont formées à Sinjar. C'est une première. En outre, la société Yazidi est patriarcale et les femmes sont toujours restées en arrière-plan, mais maintenant les femmes se battent aussi dans ces unités de défense. 

Yézidis ont trouvé refuge à la fois au sein du gouvernement régional du Kurdistan et en Turquie. Vous avez visité les régions les deux. Y a-t-il des différences?

Dans certains villages de la province de Sinjar, Yézidis et les Arabes avaient vécu ensemble. Avant qu'ISIS-Daech n'entre dans certains villages, les Arabes dans ces villages ont rejoint ISIS. Certaines personnes ont dit que leurs voisins ont réduit leurs femmes et leurs enfants en captivité. En fait, être un Yazidi signifie être destiné à massacre. D'un seul coup, leurs voisins sont devenus membres de l'ISIS. C'est l'aspect le plus désespérant de la situation. Au début, 5000 personnes ont été massacrées dans les villages. Ces chiffres ne sont pas exacts; on découvre chaque semaine de nouvelles fosses communes. En Novembre, Sinjar 2015 a été libéré et il est dit qu'il s'y trouve près de 100 fosses communes.Ces centaines de milliers Yézidis se sont dirigés vers le mont Sinjar. C'était en Août 2014; le temps était insupportable. Les montagnes étaient froides pendant la nuit et ISIS était après eux. 250-300.000 personnes se sont enfuies à Zaho et Duhok.En Septembre 2014, je suis allé dans les camps du sud. Les gens vivaient dans des zones de chantier. On découvrait comme ça que dans un secteur il y avait 300 Yézidis rescapés. Des bébés, des enfants, des personnes âgées. Ceux qui avaient laissés derrière n'avaient aucune chance d'être secourus. Ils sont entrés illégalement en Turquie à Roboski. A cette époque, les municipalités de Batman, Şırnak, Nusaybin et Midyat ont commencé à construire des camps. Tout à coup, les municipalités sont devenues responsables de prendre soin de 35.000 Yézidis.

 

 

Dans le livre, on se rend compte que les gens évitent de parler de ce qui est arrivé dans les montagnes Sinjar. Qu'est-il arrivé?

Au cours des entretiens, ils ont évité mes questions sur les montagnes. Il y avait un seul but sur les montagnes: survivre. Disons, c'était comme : vous aviez seulement une tranche de pain et que vous ne partagiez pas et un enfant mourait à cause de cela. Un Yazidi a dit: «Les gens ont perdu leur sentiment humain dans les montagnes." Il y a des gens qui ont commis des suicides ; certaines femmes ont sauté d'une falaise après avoir tué leurs enfants en les jetant de la falaise. Ou, par exemple, les gens que vous aimez veulent l'eau de vous, mais vous ne pouvez pas leur en donner, parce que vous allez en donner à vos enfants. J'ai vu des familles mettre des bouteilles en plastique sur le mur; elles disaient dit qu'elles les garderaient jusqu'à ce qu'elles meurent. Elles ont donné l'eau à leurs enfants avec des capsules de bouteille. Certains n'ont pas pu enterrer leurs défunts dans les montagnes. Certains d'entre eux ont abandonné leurs vieilles mères et les pères derrière eux. Ceux- suppliaient de ne pas s'éloigner. Ils vont vivre avec cette honte et leur conscience coupable pour le reste de leur vie.  

Les Kurdes ont été les premiers qui ont accueilli et protégé Yézidis. Cependant, pour autant que je comprenne d'après votre livre, ce ne fut pas un processus facile.

Yézidis ont été soumis à des "décrets", des massacres, de la part de nombreuses communautés, mais la plupart du temps c'étaient des musulmans. Ainsi, leur plus grande crainte ce sont les musulmans. Et ils ont dû compter sur eux. Par exemple, dans le camp de Diyarbakir, quand ils ont essayé de faire travailler les enfants, les Yézidis se sont mis en colère parce qu'ils croyaient qu'ils allaient leur apprendre à faire des prières. 

Ils sont kurdes aussi, mais culturellement ils sont différents, non?  

Les jeunes de mouvement kurde ont essayé de les traiter de façon égale, mais les Yézidis sont complètement différents. Ils ont un système de castes rigide. Les gens de différentes castes attendaient en rang un peu de nourriture! C'est une communauté très patriarcale. Les femmes ne sont presque jamais mentionnées et dépendent des hommes complètement. Par exemple, les hommes yézidis dans le camp ont abattu la tente consacrée à l'éducation des femmes que nous avons construite. Il nous a fallu des mois pour trouver cette tente! Les jeunes du mouvement kurde ont déclaré qu'il y aura égalité des femmes et des hommes dans la direction des choses. Mais il y a eu deux problèmes. D'abord, les membres de différentes castes avaient le droit de vote égal. Et ensuite ils ne pouvaient pas accepter la voix des femmes dans le gouvernement. Après des compromis, nous avons fait un progrès. Le siège de Kobané a affecté profondément les Yézidis. Les femmes et les hommes kurdes se sont battus à mort ensemble. Le patriarcat n'est pas décomposé mais il a dû plier un peu. Maintenant, nous voyons qu'il y a des jeunes femmes Yazidi qui combattent autour de Sinjar et on comprens qu'il y a eu une révolution. 

Est-ce que l'Etat turc a aidé les Yézidis?

La Turquie n'a pas donné de statut aux Yézidis. A cette époque, la Turquie n'a pas construit de camps pour Yézidis. 35.000 Yézidis sont arrivés tout d'un coup. L'Etat turc a dit qu'il allait construire des camps au sud de la frontière, mais cela n'a pas eu lieu. La Turquie n'a pas réussi à aider Yézidis. Je pense qu'il y a deux raisons à cela. Tout d'abord, ils n'aiment pas Yézidis. Je me souviens que Erdoğan avait dit avec mépris «les Kurdes sont Yézidis." Ils ne sont pas musulmans et c'est un problème pour eux. Deuxièmement, ils pensaient que les municipalités kurdes ne seraient pas en mesure de gérer la situation et ploieraient sous ce poids. Pour l'Etat turc, ça leur aurait été utile politiquement. En ce moment, nous ne pouvons recevoir aucune information de AFAD (l'Autorité pour la gestion d'urgence et les catastrophes) à propos du camp de Nusaybin. Au début, il s'y trouvait 35.000 personnes et maintenant, il reste 1400 Yézidis à Diyarbakir et 400 à Şırnak. Environ 2000-3000 personnes se trouvaient dans les camps. La plupart d'entre elles sont allé vers le sud. Près de 1000 personnes, la plupart d'entre elles étant les femmes violées, a réussi à aller en Allemagne. Certaines d'entre elles sont allé à Istanbul et certaines d'entre elles sont à Bodrum, en attente d'un bateau.  

"Finalement, tout le monde trouve la paix, à l'exception des femmes"

Vous décrivez ce "décret" comme «quelque chose au-delà de la mort pour les femmes". Qu'est-ce que ça veut dire?

Les femmes dans les camps ne parlaient pas beaucoup; et quand elles parlent, elles parlent de femmes qui se sont suicidées. Il arrive qu' elles entendent un cri d'une tente. Elles y vont et découvrent que la mère pleure parce que sa fille s'est tuée. ISIS a encore 5000 femmes captives. Ils vendent ces femmes, parce qu'ils le peuvent. Il y a des marchés d'esclaves, parce qu'il y a des gens qui y vont et achètent des êtres humains à ces endroits. Les femmes sont vendues, parce qu'il y a des Etats qui soutiennent un tel commerce. Les principaux acheteurs sont la Syrie, le Liban, le Qatar, le Koweït, l'Arabie Saoudite, le Pakistan et l'Afghanistan. Ces Etats ont été en mesure de faire quelque chose pour l'empêcher, mais ils n'ont rien fait. 

Et à cause de leur culture, les familles ne veulent pas ces femmes. 

Le village de Baadre près de Mossoul est le plus grand village Yazidi. C'est devenu un endroit où les femmes qui se sont échappés ou ont été sauvées de Daech-ISIS sont à l'abri. J'ai parlé aux femmes là, qui étaient détenues par ISIS. Il y avait une jeune femme appelée İlwin, qui a été retenue captif à Raqqa pendant 2 mois. Elle a été violée à plusieurs reprises, torturée et battue. İlwin réussit à entrer en contact avec son frère et a sauvé 7 femmes Yazidi avec elle-même. Leurs familles ont payé de l'argent pour ISIS pour les ramener. Et ces 7 femmes ont rencontré leurs familles dans la province Viranşehir d'Urfa. İlwin répétait : «Ecrivez ce que je dis, apportez-moi à un tribunal; Je veux dire ce qui est arrivé au monde ".

Beaucoup de femmes ont été abandonnées à leur sort: elles ont été forcées à se marier ou envoyées à Sinjar pour mourir. Encore une fois, les femmes sont celles qui souffrent le plus.  

Il y a une règle dans la société Yazidi: quand un Yazidi a des relations sexuelles, volontairement ou involontairement, avec des gens qui ne sont pas des Yazidis, cette personne n'est plus une Yazidi. Les femmes qui ont été violées par des membres de l'ISIS le savaient; elles se sont tués parce qu'elles savaient que leur société ne les reprendrait pas. On dit que des milliers de femmes se sont tués. Il y a un refuge pour les femmes dans le sud du Kurdistan où se trouvent 7000 femmes. Les chefs religieux Yazidi ont fait des déclarations exhortant les familles à reprendre les femmes. Certaines familles l'ont fait, et d'autres pas. Par exemple, je l'ai vu une longue file d'attente à Laleş (Lalish). Ils ont dit qu'il s'y passait une cérémonie de mariage. Ils ont ordonné aux femmes qui ont été tenues en captivité par ISIS de se marier à des hommes yézidis. Bien sûr, ils n'ont pas demandé le consentement des femmes. Donc, finalement, tout le monde retrouve la paix, à l'exception des femmes.

ISIS détient encore beaucoup de femmes comme captifs, n'est-ce pas?

Oui. Par exemple, certaines femmes ont donné naissance à des enfants qu'elles ont conçu après avoir été violée. Celles qui ont essayé d'avorter, ce qui n'est pas légal, sont mortes. Des mères et des filles ont été prises comme captives et violées. Ils vendent aussi des jeunes garçons. Par exemple, dans une fosse commune, il y avait des femmes de plus de 40 ans. Les membres ISIS les trouvent trop vieilles et les enterrent vivantes. En ce moment, on dit qu'il y a plus de 100 fosses communes, qui ne sont pas encore ouvertes. Dans un magasin d'alimentation à Mossoul, ils ont mis une photo d'une fille de 14 ans qui est en vente. Il y a beaucoup de marchés d'esclaves. Il est difficile d'empêcher de telles choses. Ces choses se passent à une ou deux heures en voiture de chez nous. 

«Les corps des défunts ont jamais été laissés dans les rues avant"

Vous vivez à Diyarbakir. Quelle est la situation actuelle là-bas?

Aujourd'hui est le 57e jour du couvre-feu. Nous ne pouvons pas aller au centre-ville. Sur était le cœur de la ville et on peut dire que la ville n'existe plus. Dans 6 quartiers sous couvre-feu, la population était d'environ 25 000 et maintenant, il en reste environ 5000. Dans d'autres quartiers, les gens vivent sous un couvre-feu virtuel. Il y a des affrontements partout. Une femme qui habite dans le bâtiment à côté de mon bureau a été blessée. D'où viennent ces balles ? Ces derniers temps, il y a deux rapports différents à propos de Diyarbakir; les habitants sont très perturbés par cela. Qui dort bien, qui est heureux, qui sourit? Si quelqu'un va à un café, cela signifie-t-il que cette personne est heureuse? Une ville est en ruines, une ville est détruite; qui peut être heureux dans un tel état? Ils utilisent des obus, bombes. Les gens ont peur. Je continue à écrire à propos des morts. Maintenant, il y a des cadavres là où nous avions l'habitude de prendre un café. Parfois, les gens comparent cette situation aux années 90, mais je pense que c' est pire que les années 90. Dans des années 90, il y avait eu des meurtres par des assaillants inconnus, mais nous savions que ça venait de l'Etat tirc. Maintenant, nous ne pouvons pas dire d'où les balles vont venir. Il y a des victimes civiles, mais l'État ne l'admet pas. Dans ma ville, 48 personnes ont été tuées. 

Et dans les années 90, prendre les corps des défunts n'était pas si difficile, je suppose.

La semaine dernière, nous avons réussi à récupérer les corps des étudiants İsa Oran, 21 ans , venu d'İzmir, et Mesut 25 ans. Tous deux étaient membres du YDG-H (proche du PKK). Leurs corps sont restés sur le bitume dans une cour d'école pendant 29 jours. Nous et IHD (Association des Droits de l'homme) avons vraiment fait de notre mieux pour récupérer les corps. Il y a une semaine, les familles ont reçu un appel téléphonique du bureau du procureur et on leur a dit que les corps sont déposés à la morgue. Nous étions avec les familles. Le corps de İsa était déchiqueté. Il semblait que sa tête avait été brûlée avec une substance chimique. Son père l'a identifié par son bras. Mesut est mort par 3 balles; 2 dans la tête, 1 dans la poitrine. Mais il y avait plus de 100 balles dans son corps. Nous parlons des années 90, mais il y aura des discussions plus longues et plus intenses au sujet des années 2010. Les corps du défunt n'avaient jamais été laissés dans les rues auparavant. Avant, ils mettaient les gens dans des fosses communes et maintenant, ils les laissent dans les rues pour que ça serve de leçon. 

Vous travaillez avec les organismes d'aide. Quels sont les besoins urgents?

La Fondation Rojava est complètement concentrée sur Sur. Ils essaient d'atteindre tout le monde, de İdil à Cizre, tous ceux qui ont dû quitter leurs maisons en raison de la guerre. Il existe d'innombrables besoins. Ceux qui peuvent trouver un tapis ou un radiateur sont les plus chanceux. La Fondation Sarmaşık distribue de la nourriture. Mais, il y a des familles qui ne peuvent pas quitter leurs maisons et ont vécu dans une chambre simple pendant 57 jours; ils sont affamés. Maintenant, les habitants de Diyarbakir ont honte de survivre.

Source : Agos.com

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Aide aux Yézidis

24 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies

Si l'Allemagne a accueilli un millier de réfugiés yazidis traumatisés par le génocide de 2014 dans la région de Shingal et la réduction en esclavage des femmes et des enfants, le Canada peine à en accueillir plus de quelques dizaines (voir cet article de CBC) d'autant que le gouvernement régional kurde qui a payé de fortes rançons pour libérer des yézidis s'y oppose, et il y a fort à parier qu'il en aille de même en France. Beaucoup de réfugiés restent donc sous des toiles de camps de réfugiés à Kanki, Newroz etc au nord de l'Irak à redouter l'arrivée de l'hiver et à se demander ce que sont devenues leurs soeurs et leurs filles encore captives à Mossoul et Raqqah. Pensez à les aider.

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Nareen Shammo sur RTL TV

18 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies

Et on signale le reportage (un peu star system médiatique mais bon...) de Stacey Dooley sur la BBC au moment où les unités féminines de Shengal des Peshmergas (Yekîneyên Jinên Şengalê- YJŞ) libèrent une femme et son enfant près de Shengal-Sinjar.

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Les Yézidis entre le marteau et l'enclume

13 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

Donald Trump va-t-il tenir sa promesse de campagne de s'appuyer principalement sur les Kurdes et non sur la Turquie pour vaincre EI en Irak ?

En tout cas les Yézidis sont inquiets de voir les forces spéciales turques, les bérets marrons (Bordo Bereliler aussi surnommés les bouchers des Kurdes) s'installer à Shingal-Sinjar avec la bénédiction de Barzani, officiellement pour donner une formation militaire aux peshmergas sunnites, mais aussi réprimer le PKK.

A Bachiqa la statue du chef de guerre yézidi Mirza du 17e siècle a été saccagée par EI, tout comme les lieux de culte et les maisons. L'identité yézidie est coïncée entre le marteau de Daech et l'enclume du gouvernement régional kurde. Après l'arabisation forcée sous Saddam Husein (qui en 1975 avait forcé par décret les Yazidis des villages des montagnes autour de Sinjar à rejoindre les villages collectifs des plaines et a détruit alors 250 villages), la kurdisation forcée (alors que beaucoup de yézidis parlent arabe et pas kurde, c'était d'ailleurs le cas de Mirza jadis).

Le gouvernement de Barzani est de plus en plus accusé d'empêcher les Yézidis de retourner à Sinjar. Les réfugiés sont arrêtés au checkpoint de Feshkhabour et les peshmergas confisquent leurs biens ou leurs troupeaux ou des matériaux de construction, s'ils veulent les amener à Sinjar (témoignage d'Adaly Kejjanqui était en Irak au début de l'année). Les gens restent donc au camp Sharya à Duhok ou au camp de Khanki.

Si vous souhaitez les aider, contactez moi.

 

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La libération de Bashiqa en Irak

11 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

La ville de Bashiqa, au nord-est de Mossoul, a été libérée par les peshmergas du général Bahram Arif Yassin le 7 novembre (dimanche), alors qu'Erdogan persécute le parti pro-kurde en Turquie. Bashiqa était autrefois une ville touristique, nous dit Wikipedia, peuplée majoritairement de yazidis et de shabaks, deux groupes ethno-religieux syncrétiques, d'ailleurs les Shabaks fréquentaient les sanctuaires yazidis (aujourd'hui détruits) même s'ils se sentent dit-on  plus chiites (les yazidis, eux, mélangent une sorte de zoroastrisme hérétique avec du soufisme - on ne développera pas ici les enjeux idéologiques des débats autour de la religion yazidie et du culte de Tawsi Melek). Une messe a eu lieu à l'église chrétienne le 9, et une cérémonie au temple yazidi le 10. Les yézidis se promettent d'y reconstruire leurs lieux saints. Espérons qu'ils parviendront plus facilement à y retourner et reconstruire leurs maisons qu'à Sinjar où ils n'ont pas remis les pieds, bien que la ville soit libérée depuis un an.

Alors que la guerre fait rage à Mossoul, une partie des esclaves sexuelles yazidies de Daech ont été transférées à Raqqah, où elles sont livrées dans des bordels encadrés par des Anglaises musulmanes qui ont rejoint Daech dans le cadre de la brigade al-Khanssaa. Daech justifie cela par le texte du Coran, et il est vrai que le Coran prône la réduction en esclavage des ennemies captives (voir le commentaire du chapitre 4 24 ici et ici). Les enfants ont eu le cerveau lavé dans des camps militaires, beaucoup peuvent servir de kamikazes.

En octobre la chancelière allemande Mme Merkela a défendu l'idée de créer une zone sous protection internationale pour la défense des minorités dans les provinces de Sinjar, Tal Afar (dont la capitale peuplée de Turkmènes sunnites sera dure à libérer surtout par des milices chiites) et la plaine de Ninive. Un projets aux relents un peu interventionnistes mais bon...

Dans un des camps de réfugiés en Irak où l'on voit arriver avec crainte la froidure et la pluie et où le chauffage de fortune provoque des incendies, mardi dernier le 8, un enfant yazidi est ... Sa mère l'a appelé Trump... La nouvelle est publiée aujourd'hui sur Twitter par Adlay Kejjan qui fait du lobbying républicain aux USA (Kejjan est une entrepreneur dans le secteur paramédical, trois de ses soeurs sont mortes à Sinjar à l'époque de Saddam parce que le régime barrait l'accès aux médicaments pour les yézidis à l'époque de l'embargo). Espérons que la maman ne regrettera pas ce choix à l'heure où l'on commence à annoncer que le nouveau président des Etats-Unis pourrait  prendre le néoconservateur John Bolton comme ministre des affaires étrangères...

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Nareen Shammo à Rome

5 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient, #Les rapports hommes-femmes

La journaliste yézidie Nareen Shammo était invitée le 30 octobre denier par le parti radical non violent transnational et transparti à Rome à parler du génocide des yézidis. Je ne sais pas ce qu'est cette organisation. Selon son post sur Facebook, elle a souligné que les femmes dans les camps ont toujours besoin d'un soutien psychologique urgent, elle a aussi plaidé pour les yézidis réfugiés en Turquie et en Grèce et pour les chrétiens victimes de Daech (Etat islamique).

Ce parti est l'ancien Parti radical du "cicciolino Panella" comme l'appelait la star du X italo-hongroise des années 1980... de vieux souvenirs... Il faudrait que des organisations plus importantes en France accueillent aussi Nareen pour des conférences.

Les djihadistes en ce moment retiennent 400 femmes yazidies comme boucliers humains à Tal Afar (Talafer) à l'ouest de Mossoul. L'hiver approche pour les réfugiés dans les camps, et le retour dans les villages où ils ont vécu même s'ils ont été libérés par Daech n'est pas à l'ordre du jour (dans une ville comme la bourgade kurde Sinjar-Shingal, 20 000 habitants en 2008, qui avait été le lieu de tournage du film "L'exorciste" de William Friedkin, en 1973, des musulmans sunnites ont en 2014 aidé Daech à liquider les hommes yézidis et à déporter leurs femmes).

Si vous voulez aider les femmes yézidies ex esclaves de Daech, n'hésitez pas à me contacter.

 

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N'oubliez pas les Yezidis

15 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies

L'inquiétude est d'actualité à la veille de l'attaque de Mossoul à l'occasion de laquelle on redoute une fuite massive des civils, mais aussi leur massacre tandis que, selon des médias russes, les USA en accord avec le régime saoudien seraient prêts à accorder une échappatoire à Daech (info ou intox ? Nasrallah au même moment affirme que Washington voudrait laisser Daech se concentrer à l'Est de la Syrie). Les unités de défense de Shingal (YBS) ont manifesté par la voix du commandant Dijwar Feqir leur souhait de participer à l'attaque pour libérer les dizaines femmes yezidies toujours détenues par Daech dans la ville, et qui avaient été raflées à Shingal en 2014, et venger les autres, et ce contre l'avis de l'ex-gouverneur de Mossoul Nujaifi qui dirige 4 500 hommes encadrés par des Turcs et des Américains et qui voudrait que seuls des Irakiens sunnites libèrent la ville.

Les femmes yezidis font parler d'elles dans la presse allemande, le prix des droits de l Homme «Vaclav Havel» du Conseil de l'Europe a été décerné, le 10 octobre dernier, à Nadia Mourad Basee Taha, ex-esclave sexuelle yezidie de Daech après avoir été nommée en septembre ambassadrice de bonne volonté pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains par l'ONU (et qui était nominée pour le Nobel de la paix mais ne l'a pas eu). Nous avons aussi parlé au cours des dernières semaines de Nareen Shammo qui a beaucoup secondé Nadia Mourad en septembre à l'ONU. Elle publie cette semaine sur son compte Facebook un billet sur l'accueil que lui a réservé Die Linke début août, et j'apprends à cette occasion qu'elle a reçu le prix féminin Clara Zetkin l'an dernier - il n'y a pas que le pape François qui prie pour les femmes yézidies...

Si vous souhaitez faire un don par Western Union à travers Al-smoqi charity assembly qui s'occupe des femmes libérées par Daech mais sans famille qui vivent avec leurs enfants dans des camps au Kurdistan irakien, contactez moi, je vous donnerai les coordonnées d'un destinataire sur place.

N'oubliez pas les Yezidis
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Des nouvelles des femmes yezidies

25 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Je viens de créer une rubrique consacrée aux femmes yézidies sur ce blog. Cette semaine, mon amie Nareen Shammo accompagnait au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève Nadia Mourad, la jeune yezidie de 22 ans qui a été enfermée, battue et violée collectivement par des cinglés d'Etat islamique/Daech pendant trois mois.

Nareen avait déjà accompagné cette femme à l'ONU en novembre dernier. Elle raconte sur Facebook les conditions concrètes de leur arrivée en Suisse le 16 septembre. Le samedi 17 elles rencontraient Ban Ki Moon.

Le 21, elles avaient un entretien avec l'ambassadeur d'Allemagne à l'ONU - ce pays a recueilli 1 100 exilées yézidis avec leurs enfants et certains survivants de leurs familles. Elles exposaient leurs revendications : la protection des femmes réfugiées en Allemagne qui sont encore menacées par Daech, l'exemption du système d'enregistrement des empreintes digitales prévu par la convention de Dublin, plus d'aide pour les filles qui vivent dans les camps en Irak, la reconnaissance du génocide yézidi, la reconnaissance de la nationalité yézidie dans le système de traitement des demandeurs d'asile. 3 200 femmes yézidies sont toujours prisonnières de Daesh.

Le dernier jour de leur séjour suisse, coachées par Amnesty International, elles ont donné une conférence à la fac de sciences politiques de Zurich, puis ont eu des rencontres au siège d'Amnesty. Elles ont fait une déclaration sur la Syrie et en Irak, dans laquelle Nareen Shammo a aussi évoqué les souffrances des chrétiens, des chabaks, des chiites, des turkmènes et des mandéens.

Il existe aussi des initiatives pour les Yezidis en France. La page Facebook des Yézidis de France mentionne par exemple le cas relaté par le journal "Ouest France" du 7 septembre dernier de deux familles yézidies de Bashiqa au nord-est de Mossoul, accueillies à Rennes en provenance de Forbach (Lorraine). Un collectif catholique a acheté un presbytère pour les héberger et suit leur insertion dans la société française. Il n'est pas possible de savoir combien de Yezidis vivent en France, leur communauté n'étant pas en mesure de compter ses membres, ce qui fait que, par exemple, ils n'étaient pas au nombre des cultes reçus par le gouvernement français le 27 juillet dernier après l'assassinat du père Hamel, alors que même les bouddhistes étaient présents.

Cette page Facebook évoque aussi les enjeux politiques autour de la situation des Yézidis. Il y a notamment la question de la reconnaissance du génocide qui pose problème à l'égard d'autres peuples qui invoquent l'existence d'un génocide comme les Arméniens (40 000 Yézidis vivaient en Arménie en 2011 et y bénéficient d'une reconnaissance comme groupe ethno-religieux depuis 2012, la moitié auraient émigré depuis lors). Cette semaine, à Erevan le député conservateur du parti « Arménie Prospère » Gurgen Arsenyan a déclaré "il y a 3.000 Yézidis qui ont été tués, cela en fait-il un génocide ? Le terme de génocide peut être utilisé seulement quand le nombre de victime dépasse le seuil de 1 million. Même si la population des Yézidis a radicalement diminué dans le pays, on ne peut pas appeler cela un génocide ". Au printemps 2015, le Parlement arménien avait déjà rejeté un projet de loi pour « la reconnaissance et la condamnation du génocide des Grecs pontiques, les Assyriens, les Yézidis et les autres minorités de l’Empire ottoman en 1915 » . Certains Yézidis le vivent comme une trahison alors que leur communauté avait combattu le régime ottoman aux côtés des Arméniens pendant la première guerre mondiale. Le vote du projet de loi de la député Naira Zohrabyan, qui est du même parti que M. Arsenyan, tendant à la qualification des actes de Daech contre les Yézidis est reporté à la demande de la commission des lois.

On trouve aussi sur cette page une polémique intéressante contre un film intitulé "Le vent obscur" (The Dark Wind/ Resheba) qui serait financé par le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) de Barzani et le Qatar, réalisé par le producteur kurde Hussein Hassan et qui, selon certains yézidis, aurait pour but "de salir l’image des Yézidis dans le monde". Le film raconte l’histoire d’une jeune femme yézidie qui était sur le point de se marier mais devient esclave lors de l’attaque de l’Etat islamique sur Shengal. Elle parvient tout de même à s’échapper et à rejoindre son fiancé. Cependant le père du fiancé la considère comme étant « souillée » et veut la tuer.

Selon les organisations yézidies, ce film déforme la position des institutions religieuses de leur communauté quine prône pas le rejet des femmes violées, et présente les Peshmergas kurdes comme des héros alors que leur fuite serait la cause du génocide yézidi. Une des scènes les moins appréciées montre une vieille femme priant une divinité yézidie au moment où elle réalise un avortement sur Pero, l'héroïne du film. Les scènes sur la vente des femmes esclaves sont aussi décriées. Un groupe de juristes yézidis irakiens prévoyait de lancer des poursuites judiciaires contre le réalisateur du film dont la diffusion était programmée au festival du film de Duhok (un festival annuel organisé par le GRK au nord du Kurdistan) le 16 septembre dernier.

A titre personnel je ne prends pas position sur les enjeux de la reconnaissance des yézidis comme groupe ethno-religieux, ni sur leurs croyances ou leurs symboles auxquels je n'adhère pas même sur un plan philosophique. Les hasards de mes prises de contact en 2015 m'ont fait connaître Nareen Shammo. J'ai pu voir que le système d'aide aux femmes de sa communauté victimes de Daech réfugiées dans les camps fonctionne, et que le besoin de soutien de ces femmes est énorme. C'est pourquoi j'encourage les lecteurs de ce blog à apporter leur soutien (n'hésitez pas à me contacter), qui, bien sûr, n'est pas exclusif de l'aide que nous devons apporter aux autres communautés persécutées par Daech au Proche-Orient ni de l'aide que nous devons à toute l'humanité. Je mentionne ici le contexte des débats politiques et culturels simplement à titre d'information parce que l'entraide ne doit pas ignorer aussi les terrains sur lesquels elle marche.

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Aide aux femmes yezidies

22 Août 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le monde autour de nous, #Aide aux femmes yezidies

Comme je l'ai fait l'an dernier (voir ce billet), je publie ici les photos de femmes qui ont été libérées par Daech (Etat islamique), et qui, n'ayant plus de famille, sont prises en charge par Al-Smoqe Charity Assembly, l'association de Nareen Shammo, mais cette association manque de moyens.

Elles s'appellent Sahira, Munifa, Samira. Elles vivent aux camps Mamrashan, Sharia, Qadia, Kabarto.

Par ailleurs Nareen me signale 11 familles au camp Khanki dont les hommes ont été tous tués et qui ne reçoivent aucun soutien financier. Elles ont donc besoin de votre aide.

Si vous voulez apporter une contribution, svp contactez moi à atlasaltern@hotmail.com et je vous mettrai en contact avec Nareen.

Aide aux femmes yezidies
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Nareen Shammo (suite)

12 Mars 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le quotidien, #Aide aux femmes yezidies

Nareen Shammo (suite)

Je vous ai parlé en juin, en août, en novembre du combat courageux de la journaliste kurde yezidi irakienne Nareen Shammo pour sauver les femmes de son peuple esclaves de Daesh et les héberger après leur libération. Vous devez le soutenir car ces femmes à peine libérées des barbares sont rejetées par leurs familles, leur propre peuple (qui lui même a subi le génocide et ne peut pratiquement plus vivre en Irak) et leur survie dépend donc de vous. Aujourd'hui elle me signale que la revue américaine Salt la cite parmi les cent femmes de la Journée de la femme du 8 mars dernier, c'est plus mérité que pour Angela Merkel je crois...

A part cela je me réjouis bien sûr des mobilisations contre le recul social de notre gouvernement, et de la progression de l'idée d'une sortie française de l'Union européenne (quoique je regrette que le débat avance sans idée de rechange pour recréer des coopérations bilatérales ou multilatérales qui empêcheront le retour des tensions entre pays d'Europe en cas d'éclatement de l'UE). Je jette aussi un peu un œil aux citations de mes livres dans la presse (y compris celle des pays étrangers), surtout quand elles sont à contre-emploi, et lis et écris beaucoup dans des domaines que je connaissais peu, sous l'angle d'une résurrection d'une culture de la foi. Mais j'accorde surtout une priorité à ma réforme morale intérieure, depuis mon changement de perspective cognitive et éthique de 2014-2015. Le lien avec la transcendance doit primer sur ses effets dans l'immanence autour de soi, car les seconds résultent du premier, et l'inversion de cet ordre de causalité conduit immanquablement à l'échec et aux destructions.

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Les Yezidis après la chute de Sinjar

29 Novembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

Je vous ai parlé de Nareen Shammo cet été.

Par loyauté à l'égard de mon engagement envers la cause qu'elle défend, je publie ci-joint la vidéo de son intervention à l'ONU à Genève et celle de la déclaration d'une femme yezidi qui l'accompagnait. Je ne suis pas enseignant, je n'ai pas de leçons à donner. Je témoigne juste d'un ou deux aspects de ce monde, en sachant que beaucoup d'autres m'échappent et que nous ne pouvons pas tout prendre à notre charge tout le temps.

N. Shammo écrivait sur Twitter aujourd'hui sous la photo d'un cadavre de femme : "One of the Yezidi woman from Sinjar killed by IS. you have to understand us when we saying we have no life in Iraq. "

Les Yezidis cherchent les cadavres de leurs proches. 5 fosses communes de 400 yézidis ont été retrouvés jusqu'ici.

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Comment aider les résistants à Daech ?

14 Août 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Débats chez les "résistants", #Aide aux femmes yezidies

Comment aider les résistants à Daech ?

A défaut de pouvoir pousser nos dirigeants à mener une action militaire d'envergure contre Daech ("Etat Islamique"), les citoyens européens peuvent mener des actions de solidarité. Il y a ceux qui s'engagent dans les milices de gauche du Parti Union démocratique (PYD) syrien. Et puis il y a aussi la possibilité d'aider ceux qui prennent en charge les femmes réduites en esclavage par Daech.

Je vous ai déjà parlé de Nareen Shammo (voir le reportage de la BBC sur elle ici), basée au Kurdistan irakien, qui travaille courageusement chaque jour avec son association Al-smoqi charity assembly à la libération de femmes kurdes yézidi (yazidi) utilisées comme esclaves sexuelles par Daech. 1 500 femmes sur les 7 000 enlevées depuis août 2014 ont pu être libérées. Mais une fois libérées, beaucoup sont rejetées par leur famille, ou se retrouvent veuves ou orphelines. Il faut assurer leur logement. L'association de Nareen Shammo loue des maisons pour ces femmes. Mais cela lui coûte 450 dollars par maison chaque mois.

Avec 100 euros vous pouvez subvenir aux besoins alimentaires et sanitaires d'une de ces femmes et de ses enfants pendant dix jours. Si vous souhaitez faire un acte de solidarité en leur direction n'hésitez pas à m'écrire à mon adresse mail atlasaltern@hotmail.com, je vous communiquerai une référence pour transmettre de l'argent à l'association de Nareen Shammo via le compte bancaire de son association ou via Western Union (ça se fait très facilement par Internet, et le paiement est sécurisé). Si vous vous méfiez des intermédiaires (comme c'est mon cas), vous pourrez directement cibler une ou plusieurs femmes que vous choisirez d'aider, et recevoir périodiquement de ces nouvelles. Ce n'est qu'une action modeste contre la barbarie fasciste de Daech, et cette entreprise massive d'asservissement de la féminité lancée par ces fanatiques en Irak et en Syrie. Mais si beaucoup de gens se lancent dans cette entraide, cela soulagera des associations comme celles de Nareen Shammo qui ont des moyens très limités et sont dépassées par l'ampleur de la tâche.

Pour mieux vous convaincre de faire un geste, et pour que cela soit plus concret pour vous, j'ai demandé à Nareen de me transmettre les photos de cinq femmes que j'ai un peu aidées, afin qu'elles soient en quelque sorte les visages de cette cause des femmes persécutées par Daech en Irak et en Syrie.

Comment aider les résistants à Daech ?

Voici donc ces photos

Comment aider les résistants à Daech ?

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Comment aider les résistants à Daech ?

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Comment aider les résistants à Daech ?

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Comment aider les résistants à Daech ?

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