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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #au coeur des mouvements anti-guerre tag

Propagande contre propagande (à propos de Soros)

4 Octobre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #La droite, #Donald Trump, #George Soros, #Les régimes populistes, #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme, #Au coeur des mouvements anti-guerre

Pourquoi est-ce que les anti-systèmes se sentent obligés de mentir, truquer ce qui a été dit, caricaturer pour faire adhérer les gens à leurs thèses. Pourquoi opposer de la propagande à la propagande alors que la vérité suffit largement ?

En ce moment circule sur Twitter cette fausse citation de George Soros : "La Chine doit diriger le Nouvel Ordre Mondial, le créer, le posséder et remplacer les Etats-Unis comme superpuissance économique mondiale" (George Soros, Financial Times, 23 octobre 2009)

En réalité dans l'interview (qu'on peut voir en VO dans la vidéo ci dessous) Soros dit à propos des Chinois sur un ton assez critique "ce sont des membres réticents du FMI. Ils jouent le jeu, mais ils ne contribuent pas beaucoup parce que ce n’est pas leur institution" (They are kind of reluctant members of the IMF. They play along, but they don’t make much of a contribution because it’s not their institution) puis ce qui est interprété comme "La Chine doit diriger le monde" est simplement une prédiction économique qui dit "La Chine sera  moteur qui fera avancer (le système mondial) et les États-Unis seront en fait un frein qui sera tracté dans son sillage par une baisse progressive de la valeur du dollar" (But China will be the engine driving it forward and the US will be actually a drag that’s being pulled along through a gradual decline in the value of the dollar).

Je ne comprends pas que les opposants au système mondialiste pensent que Soros soit assez stupide pour déclarer brutalement dans le Financial Times que la Chine "doit diriger le nouvel ordre mondial" alors que par ailleurs ils lui prêtent une intelligence machiavélique censée manipuler nos plus hauts dirigeants. Et ce n'est pas la première fois que je les prends en flagrant délit de distorsion des déclarations du financier international.

Il n'est jamais bon de sousestimer ses adversaires, de verser dans le simplisme, et de croire, à force de se gaver de stupidités hollywoodiennes, que l'on vit dans un théâtre de marionnettes dont les organisateurs n'auraient eux-mêmes qu'un petit pois dans la tête. Si parfois il faut savoir dénoncer les complots, les enfumages, comme il y en a toujours autour des guerres (y compris la pseudo-guerre sanitaire du moment, qui est en fait une guerre contre les libertés), gommer les nuances est totalement contre-productif. Sur ce coup les conservateurs américains oublient un point important : Soros ne dira jamais que le gouvernement chinois doit diriger le "nouvel ordre mondial", parce qu'il est exactement dans le même camp qu'eux pour lutter contre Xi Jinping (qu'il avait qualifié en janvier 2019 de "plus dangereux ennemi des sociétés libres" et tenter de le renverser en subventionnant des dissidences internes ou des irrédentismes). Et ce, même si, c'est vrai, il collabore avec certains pans de l'Etat profond chinois quand cela arrange ses affaires, comme on l'a vu avec le laboratoire de recherche biologique de Wuhan. L'objectif de Soros est d'obtenir de transformer la Chine en Russie de Poutine (auprès duquel il avait placé ses hommes dans les années 1990 pour démembrer le pays).

On ne combat pas le mensonge avec le mensonge. Se mentir grossièrement à soi même et mentir aux gens ne mène à rien sauf à plus de désespoir, parce qu'alors les gens finissent par penser que la dissidence ne vaut pas mieux que les gouvernants. Ne lisez pas les caricatures des uns et des autres. Ne vous en remettez qu'aux textes qui citent leurs sources, mêmes si les notes de bas de pages ou les liens hyper-textes sont indigestes. Tout doit être vérifiable et vérifié. L'esprit humain doit être élevé à ce niveau d'exigence. Il ne fait pas le faire marcher aux émotions en se disant "donnons lui ce qu'il attend, ce qui va dans le sens de ses préjugés pour conforter ses certitudes".

Cela me rappelle des réflexions que je m'étais faites il y a 21 ans à propos de la guerre du Kosovo. A l'époque, on n'en pouvait plus de voir Libération et d'autres journaux afficher en première page des cadavres d'Albano-kosovars pour pousser l'OTAN à bombarder les Serbes. Or, dès que l'OTAN a attaqué Belgrade, le Comité contre la Guerre de Laurent Ozon (un groupe à droite de la droite) et Balkans Infos (qui était une revue "transcourant" pro-serbe) ce sont mis à montrer des photos de cadavres de bébés serbes (tout comme ils avaient montré des têtes coupées de soldats serbes en Bosnie quatre ans plus tôt). Cela contribua à me maintenir à l'écart de cette mouvance. On ne pouvait pas d'un côté reprocher aux grands médias de cultiver la haine anti-serbe et abrutir l'esprit critique à coup de photos de cadavres, et soi même soi-disant attiser l'esprit de résistance avec les mêmes procédés. Le problème est le même aujourd'hui qu'en 1999. Si l'on veut combattre Soros, attaquons le sur ce qu'il dit vraiment comme je l'ai fait à propos de la vaccination obligatoire,  et sur les associations qu'il finance via les Open Society Foundations. Pas sur des manipulations et des fantasmes gratuits.

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Les mensonges de la cause palestinenne : Arafat et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa

16 Décembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Au coeur des mouvements anti-guerre, #Débats chez les "résistants"

Autant j'ai toujours eu conscience d'avoir raison quand je dénonçais les mensonges de l'OTAN sur le Kosovo, autant la cause palestinienne m'a paru toujours plus... "délicate"... et remplie d'intox...

J'en avais eu la révélation dès mes premiers pas dans les milieux militants pro-Palestine. Je l'ai raconté dans mon livre "Au coeur des mouvements anti-guerre" :

"Nos médias allaient si loin dans la désinformation, que je me sentais complice de leur cynisme si je ne faisais rien. Le site belge trouvé le 7 décembre, www.solidarite-palestine.org mentionnait une initiative en faveur du député arabe de la Knesset, Azmi Bishara, fondateur de l’Assemblée Nationale Démocratique, menacé d’incarcération en Israël . Grâce aux merveilles d'Internet, en dix minutes je pus accumuler une documentation importante sur ce personnage, de source tant palestinienne qu'israélienne. La justice israélienne reprochait à ce député d'avoir fait l'apologie de la résistance du Hezbollah au Liban, qui, par sa résistance courageuse, avait obligé l’armée israélienne à se retirer de ce pays. Bishara s'en justifiait lui-même dans une interview en déclarant que le mot "résistance" qu'il employait en arabe désignait aussi bien la lutte pacifique que la lutte armée et que lui-même en Israël avait toujours jusque là défendu loyalement la première. Il est vrai que son militantisme antérieur donnait toutes les garanties requises quant à sa loyauté à l'égard des valeurs démocratiques progressistes et humanistes. De même ses origines chrétiensnes de Nazareth le rendaient peu suspect de sympathie pour l'islamisme. En outre et surtout, son parti défendait exactement les valeurs promues par la gauche de la gauche en Occident : la laïcité et l'espoir de créer un Etat judéo-arabe sans référence religieuse en Palestine (si bien que même des Juifs avaient adhéré à son parti). Le seul ennui était la sympathie qu'il manifestait pour le souvenir d'Hafez el-Assad qui n’était pas un personnage à mes yeux très sympathique. Mais il exprimait son opinion sur ce thème en des termes assez mesurés et cela n'était pas de nature à remettre en cause sa propre honnêteté intellectuelle. Dans un sens ce qu'il disait de la Syrie - que les élites dans ce pays n'avaient pas de raison de "copier" le modèle politique occidental - n'était pas totalement faux. Et puis, à supposer même que mon point de vue sur le respect des droits de l'homme en Syrie - voire sur les possibilités de la démocratie au Proche-Orient - ne fût pas exactement conforme à ses propres analyses à ce sujet, cela ne m'empêchait pas de signer un texte pour la libération de cet homme, pour la solidarité avec les arabes des territoires palestiniens et d'Israël, pour le soutien aux courants de gauche non-violents en perte de vitesse dans cette région, contre l'impunité dont le gouvernement Sharon semblait bénéficier sur la scène internationale.

Je pensais à propos de mes contemporains : « La prochaine fois qu'une bombe islamiste éclatera dans vos magasins ou dans vos gares, on vous demandera : qu'avez vous fait pour soulager la souffrance des Palestiniens, vous qui, aujourd'hui pleurez vos propres morts. Vous, vous répondrez "rien" et je ne veux en aucun cas me retrouver dans la même situation que vous à ce moment-là ».

Je donnai donc ma signature.

Le lundi 10 décembre 2001 à 18 h30, j’assistai à la première réunion du comité de soutien à ce député arabe, place des Vosges, précédée par la projection du film "Citoyen Bishara" de Simone Bitton. Une centaine de personnes étaient présentes dans une galerie généreusement prêtée par une grande artiste brune à l'accent étranger qui portait une keffieh. L’ambiance changeait sensiblement des réunions anti-OTAN sur la Serbie. Beaucoup de Juifs et d’Arabes, plutôt des intellectuels, des gens qui s'embrassent avec emphase à l’orientale. On ressentait aussi un côté terriblement parisien, très éloigné de la convivialité provinciale : les activistes à Paris étaient des gens en représentation. Ils représentaient des collectifs minuscules, et plus souvent encore ils ne représentaient qu’eux-mêmes, mais eux-mêmes « en tant qu’auteurs de livres », « en tant qu’artistes », en tant que grands personnage potentiels, qui, dès lors, arborent des mines hautaines de sénateurs. Difficile dans ce contexte de nouer des échanges, d’autant que tous semblaient se connaître. Je reconnus de loin une chercheuse en sociologie – juive antisioniste - qui avait failli diriger une de mes recherches, et qui, après m’avoir vaguement salué, ne chercha guère à discuter avec moi. Ainsi la seule personne que je connaissais dans cette soirée me tournait le dos. Dans le cadre de mes nouvelles fonctions – je venais de changer de travail -, un de mes collègues m’avait dit : « J’hésite à m’engager, j’ai peur d’aller déranger des militants professionnels qui se connaissent tous entre eux ». Je comprenais mieux sa réticence désormais.

Le film était bien fait – quoique probablement trop apologétique. Il me renforça dans l'image que j'avais de Bishara et les commentaires entendus après le film montraient que le comité voulait en faire une sorte de Mandela palestinien laïque et progressiste.

Le combat de Bishara était des plus touchants. En le suivant sur les routes de Galilée et dans ses débats télévisés on saisissait l'ampleur de la tâche de ce gamin des bidonvilles devenu philosophe marxiste (étudiant en RDA grâce à une bourse du PC israélien) puis député démocrate radical. Il y avait de très beaux moments dans ce film. Celui où les vieux arabes israéliens expliquaient : « Les Israéliens ont tous l'électricité pas nous - même leurs poulaillers ont l'électricité, nous on demande le statut de volaille pour avoir l'électricité comme leurs poules ». Ou encore le témoignage de Bishara lui-même sur les humiliations endurées pendant les quelques années qu’il passa à l’université israélienne. Et les entretiens avec les journalistes israéliens du journal  du 20 h, passés maîtres dans l’art du musellement de la dissidence et dont les méthodes d’interview n’avaient rien à envier aux grands prêtres de la pensée unique de notre propre système médiatique.

On découvrait en Bishara un homme résolu et plein d'humour, terriblement intelligent et convaincant. On avait aussi droit à des bribes très suggestives de la vie politique en Israël-Palestine, différente de la nôtre, avec des gens très éloquents, volubiles, orientaux.

Image très émouvante pour moi : celle de toute la Knesset debout qui chantait l'hymne israélien dont les paroles sont à la gloire de « l’Etat juif », de Sion, du « retour à Jerusalem », entonné par tous les députés (travaillistes et Likoud, on reconnaissait Shimon Péres, Barak, Netanyaou). Un seul homme ne chantait pas et gardait la tête baissée : c'était le député arabe Bishara.

Quand vint l’heure de la discussion, après le film, une chose me scandalisa : personne n’eût le courage de dire honnêtement pourquoi Bishara avait été inculpé. L'organisatrice de la réunion prétendit que la justice israélienne lui reprochait d’avoir appelé, à Damas, les Etats arabes à soutenir les Palestiniens par des actes et non des mots. C’était un mensonge éhonté. Personne ne prononça le mot « Hezbollah » de toute la soirée. Je trouvai cela minable. Mentir aux militants, les traiter comme des moutons, comme le ferait le plus cynique des députés centristes. C’était honteux. Tout cela parce que les Français déjà à ce moment-là avaient intériorisé l’idée qu’on ne peut pas soutenir quelqu’un qui dit du bien de la résistance libanaise."

Mon militantisme pro-palestinien avait donc commencé par une soirée d'activistes fondée sur un mensonge... Aujourd'hui je me rends compte que je me suis trompé aussi sur un personnage essentiel dans l'imaginaire de la cause palestinienne des années 2000 : Yasser Arafat. Comme beaucoup j'ai suivi avec consternation le siège de son fief, la Muqata, était j'étais convaincu qu'il était un très grand homme. Aujourd'hui je découvre les preuves du fait qu'il fut à l'origine de la deuxième Intifada et finança à cette époque un groupe de terroristes très meurtriers. J'avais vaguement entendu parler de la présence de ceinturons d'explosifs dans la Muqata. Mais un homme fournit des éléments bien plus graves. Il s'agit de Mosab Hassan Yousef, le fils d'un grand chef politique du Hamas qui fut agent double de son parti et des services secrets israéliens qui joua un rôle important sur la scène politique palestinienne des années 2000-2002. Dans son livre Le Prince Vert (eds Denoël Impacts) il apporte (p. 181 et suiv) la preuve de ce qu'Arafat finançait et téléguidait les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, un nouveau mouvement terroriste qui ciblait soldats et civils. A l'automne 2000, Hassan Yousef fut chargé par le Shin Bet d'espionner Maher Odeh, cadre du Hamas à Ramallah, il voit plusieurs hommes s'engouffrer dans une Chevrolet verte sans chercher à dissimuler leurs armes. Il prend la voiture en filature, la perd de vue. Le lendemain matin il retrouve la Chevrolet à la station de lavage et distingue mieux leurs occupants : "A leurs costumes élégants, leurs AK-47 et leurs M-16, j'ai immédiatement identifié les hommes de la Force 17, un commando d'élite en activité depuis le début des années 1970. Ces agents assuraient la sécurité personnelle d'Arafat". Il se procure leur adresse. Leur présence chez le responsable du Hamas est illogique de même que leur adresse près de chez parents, loin du QG d'Arafat. Arrivé devant leur résidence, il retrouve la Chevrolet et, en face, sous une bâche, une BMW gris métallisée de 1982 qui avait été associée à tous les attentats commis dans les mois précédents en Cisjordanie.C'était le premier élément de preuve de l'identité entre la garde rapprochée d'Arafat et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa. Au moment de la prise de la Muqata l'année suivante les soldats israéliens allaient y retrouver une facture du 16 septembre 2001 adressée par ce groupe au général de brigade Fouad Shoubaki, directeur financier de l'Autorité palestinienne pour les opérations militaires. Il y était question de rembourser des explosifs et de financer du matériel de propagande. Parallèlement Arafat s'efforçait de passer aux yeux de l'opinion publique internationale pour un pacificateur.et

Ce genre de manipulation et de double jeu pour asseoir une autorité personnelle n'est pas digne d'un grand chef d'Etat ni d'un grand chef de mouvement de libération nationale.Le livre d'Hassan Youcef, montre que toute la vie politique palestinienne a hélas été pourrie par ce genre de bassesse. Rachel Corrie, activiste américaine de 24 ans, écrasée par un bulldozer israélien à Gaza, le 16 mars 2003 et tous les jeunes membres des missions civiles de protection partis observer les exactions israéliennes contre les Palestiniens en 2002 et 2003 avaient-ils conscience de toutes les magouilles politiques de cette époque là, et de toutes ces embrouilles planifiées sur le dos du processus de paix, et de la quiétude des populations civiles ?

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Castro, Fillon, Clinton, Trepca, Alep Ouest

26 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #La droite, #Peuples d'Europe et UE, #Au coeur des mouvements anti-guerre, #Barack Obama

Combattants kurdes du YPG en Syrie rendant hommage à la révolution cubaine

Combattants kurdes du YPG en Syrie rendant hommage à la révolution cubaine

Le présumé babalao de la santeria Fidel Castro est décédé à l'âge de 90 ans. Toutes sortes de rigolos médiatiques ("hystrion" st un mot trop recherché pour leur niveau d'abjection) nous accablent de leurs réflexions minables sur l' affreux "dictateur" qu'il fut.Le peuple cubain est sans doute partagé entre d'une part, l'admiration pour le bonhomme, la gratitude pour le système de santé et d'éducation dont il a permis l'édification et la préservations, pour la fierté et l'indépendance nationales cubaines portées très haut (sauf dans la période de soumission à l'URSS entre la rupture sino-soviétique et l'effondrement du mur de Berlin), et, d'autre part, les peines de l'isolement, de l'entrave aux libertés individuelles, et l'écrasement bureaucratique. Difficile d'avoir un avantage sans ses inconvénients dans notre monde voué aux démons. En tout cas le Tiers-Monde, et donc l'humanité, lui doit beaucoup. Cuba a endigué l'apartheid en Afrique (Mandela l'a reconnu) en soutenant l'ANC, en sacrifiant ses fils dans la guerre d'Angola, elle a impulsé des forums de résistance comme le Mouvement des non alignés, sauvé les systèmes de santé que tout le monde négligeait dans les Caraïbes, en Afrique, au Timor. Je l'ai déjà dit mille fois, mais je me souviendrai toujours de la standing ovation pour le PC cubain de toutes les délégations diplomatiques du Tiers-Monde (y compris le représentant du Gabon assis à ma droite) au congrès d'Izquierda Unida à Madrid en 1994. Merci à Jeremy Corbyn d'avoir salué l'héroïsme de Castro... il n'est pas Hollande...

En France, il faut dire un mot de la primaire. Je n'aimais pas Juppé l'atlantiste, je n'aime pas Fillon le thatchérien même s'il peut apporter la paix avec la Russie. 500 000 postes de fonctionnaires en moins, c'est une fragilisation de la société, notamment de l'espace rural qui dépend cruellement des services publics. Mais la messe n'est pas dite, si j'ose dire : si Bayrou se présente, si avec la multiplicité des candidatures tout le monde plafonne à 15 % qui peut dire qui de Bayrou, de Fillon, de Mélenchon, du candidat socialiste ou de Macron se qualifiera pour le second tour ? Et qui sait si Mme Le Pen se qualifiera elle-même si son père se présente aussi, si sa nièce (ardente représentante des valeurs chrétiennes mais quand même divorcée au bout de deux ans de mariage, mauvais début pour une figure christique) fait défection, ou encore si Dupont-Aignan parvient à lui prendre des voix ? Ce qui est bien avec les élections, n'en déplaise à Jacques Attali, c'est que quand même par moments (disons une fois tous les 20 ans) le champ des possibles recommence à s'ouvrir.

Bon, après je sais que le boboïsme de centre gauche est toujours prêt à tout pour combler la brèche laborieusement ouverte. Tony Blair l'homme aux mains souillées du sang serbe, afghan et irakien, sort de sa tanière pour essayer de faire enterrer le Brexit. H. Clinton appelle à l'insurrection et l'écolo Jill Stein (peut-être stipendiée pour cela) tente de faire recompter les voix dans le Wisconsin et d'autres Etats où Trump a gagné de peu mais oublie de le demander dans les Etats où Clinton a gagné de justesse (celle-ci n'avait-elle pas quasiment traité Trump de facho quand il menaçait de faire de même en cas de défaite ?). Dès que le peuple fait entendre sa voix, l'odeur de la guerre civile se fait sentir...

Belle déclaration du ministre des affaires étrangères serbe au Conseil de l'Europe cette semaine. Il a rappelé les agressions contre les minorités non-albanaises au Kosovo, et dénoncé la privatisation de la mine de Trepca au Kosovo. Celle-ci constitue en effet un acte de piraterie commerciale de grande envergure. Je me souviens du temps où Collon et Stojlikovic enquêtaient sur ces mines il y a 15 ans. 38 % des familles serbes du Kosovo dépendent directement ou indirectement des emplois dans ces mines qui appartiennent juridiquement à l'Etat serbe, et qui, déjà illégalement étaient passé en 1999 sous tutelle de la MINUK. Aujourd'hui Pristina les privatise sans sourciller. Où sont les associations de défense des minorités pour dénoncer l'oppression ? Heureusement de nombreux Etats (Vietnam, Madagascar etc) ont confirmé leur refus de reconnaître l'indépendance du Kosovo.

A l'ONU Samantha Fox, euh non Power, l'âme damnée d'Obama comme on eût dit dans les dessins animés de mon enfance, menace 12 généraux d'Assad d'être traduits devant la justice internationale et de finir comme Milosevic. Je pense plutôt que ce sont elle et ses acolytes qui méritent ce sort pour avoir provoqué la guerre en Syrie en 2011.

Voici des copies d'enfants d'Alep Ouest que l'association humanitaire à laquelle participe Pierre Le Corf dont j'ai parlé il y a 6 jours a publiées sur Twitter. Voilà la réalité dont Sam Power, H. Clinton and co sont responsables.

 

Castro, Fillon, Clinton, Trepca, Alep Ouest

Traduction :

Question : qu'est-ce qui me rend triste/joyeux/me fait peur ?

1ère rédaction : "Il y a beaucoup de choses qui me rendent heureux comme jouer du cello, du piano, tous les instruments en général mais le celllo est mon instrument principal. J'aime aussi écouté la musique, tous les genres de musique. J'adore le sport, le tennis de table me rend heureux, j'aime aussi le football, le basket, le tennis et le badminton. Bien sûr trainer avec mes amis me fait beaucoup plaisir, j'adore mes amis, je pense qu'ils sont la dernière chose bien qui nous soit laissée dans cette guerre, mais comme je l'ai dit précédemment je suis un mec positif, j'essaie de voir le bon côté des choses, j'espère que cette guerre finira bientôt, ça me rendra vraiment heureux.
Ah ! pour la tristesse... Beaucoup de choses me rendent triste, dans le fait que mon ami est mort la semaine dernière. Je n'oublierai jamais le regard de son père, ça a brisé mon coeur ! C'était n bon ami, je le connaissais depuis le CE1. Jusqu'à maintenant je n'arrive toujours pas à intégrer l'idée qu'il est mort. Je suis bien sûr triste mais je sais qu'il est parti vers un meilleur endroit qu'on appelle LE CIEL !!! Je suis triste du fait que ma vie a été si ennuyeuse ces derniers temps. Cette routine de tous les jours me gave !
Vous nous avez demandé de vous dire ce qui nous fait peur, eh bien, j'ai peur de la solitude. J'ai des amis géniaux mais cette migration m'effraie !
J'ai aussi peur de mourir, en fait je n'ai peur de rien (sauf de la solitude). Je commence à perdre l'espoir.
Je respecte les efforts de mecs comme toi (les volontaires) que Dieu vous bénisse !"

2ème rédaction  "27/10 Bonjour, mon nom est ** et voici l'histoire de ma vie. J'ai 13 ans, je suis né(e ?) à Alep en décembre. Avant la guerre tout était bien et nous menions une vie normale comme n'importe qui dans le monde. Mais quand la guerre a commencé, tout a changé.Nous vivons dans la peur depuis 2011. La première chose qui a été détruite fut mon adorable école et ça nous a forcé à en changer. Beaucoup de gens ont émigré à cause de la peur de la mort. La guerre nous a enseigné que rien ne dure pour toujours. Nous avons perdu beaucoup de gens à cause des roquettes. Nous avons beaucoup pleuré mais notre espérance en Dieu est plus grande que tout. Nous croyons que cette guerre va finir tôt ou tard.
Je n'oublierai pas le moment où une roquette est tombée devant ma maison. J'ai hurlé et j'avais peur pour ma famille.
J'ai passé mon temps libre à dessiner et écouter de la musique parce qu'ils me font tout oublier autour de moi. J'espère qu'un jour, quand la guerre sera finie, je serai un(e ?) peintre célèbre, un grand médecin et quelqu'un d'inoubliable qui aura un grand effet sur ce grand monde en aidant des gens."

 

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Diffusion de mon livre, voyage du député JF Poisson à Tripoli

13 Août 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Proche-Orient, #Actualité de mes publications, #Au coeur des mouvements anti-guerre

Diffusion de mon livre, voyage du député JF Poisson à Tripoli

Les bibliothèques commencent à commander mon livre "Au cœur des mouvements anti-guerre".

Je continue de suivre l'actualité évidemment, même si je ne prends plus trop la peine de la commenter (le public du réseau Atlas alternatif était trop restreint), et je profite de la pause estivale pour suivre l'évolution des petits partis eurocritiques français (Parti de l'Emancipation Populaire, Mouvement républicain et citoyen, Debout la France, Union populaire républicaine, Parti ouvrier indépendant etc).

Je sais bien que, vu l'esprit de chapelle qui règne dans ce pays, aucun ne me sollicitera, et ce, quels que soient mes diplômes, mes compétences, l'ampleur des textes que j'aurai produits sur le Net pendant 15 ans etc, mon avis compte pour du beurre à leurs yeux, mais je ne m'intéresse pas à l'actualité politique pour "donner des avis", juste pour comprendre, pour moi-même, ce qu'il se passe, et de quel côté se trouve la vérité et la justice. Ensuite je laisserai ça rapidement dans des livres pour les chercheurs des générations à venir (si toutefois les bibliothèques ne se sont point défait de mes livres d'ici là : je sais qu'elles ont tendance à revendre des parties de leurs fonds...

Je verrai prochainement une députée avec qui je devise environ une fois par an... Je pense que j'écouterai plus ce qu'elle me dit que de tenter d'influencer son point de vue. Je ne crois pas du tout que quelques membres isolés de la représentation nationale puissent agir efficacement, ni même qu'ils aient du temps pour réfléchir en dehors des cadres établis. Tout serait différent bien sûr si une coalition anti-européiste parvenait à constituer un groupe parlementaire à part entière.

La fonction de député aujourd'hui ne peut servir qu'à poser des questions, ou à mener quelques enquêtes avec les moyens de la République. C'est d'ailleurs un avantage dont ils ne tirent pas suffisamment profit. J'ai salué le 27 juillet le déplacement des députés "républicains" (ex-UMP) en Crimée. J'apprends aujourd'hui que le député des Yvelines "les Républicains-parti chrétien démocrate" Jean-Frédéric Poisson s'est rendu en Syrie et en Libye (cf ci-dessous).

Les partisans de feu le colonel Kadhafi lui reprochent de prendre pour un gouvernement ce qui n'est qu'un conglomérat de milices soutenu par le Qatar qui ne bénéficie, alors que seul celui de Tobrouk bénéficie d'une reconnaissance internationale, et estiment que M. Poisson "roule" pour le gouvernement français et ses alliés du Golfe arabo-persique qui veulent valoriser davantage le gouvernement de fait de Tripoli. Cela sent le procès d'intention car JF Poisson tient par ailleurs un discours sur la Syrie qui est favorable au régime de Bachar el-Assad comme protecteur des chrétiens d'Orient, et hostile aux pays du Golfe.

Il faut encourager nos députés à visiter davantage les pays en guerre et tenter de peser sur la politique étrangère. On sait quelles accusations cela leur vaut dans les états-majors des grands partis.

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Combats

29 Mars 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Au coeur des mouvements anti-guerre

"Les moyens employés par la nation insurgée ne peuvent être mesurés selon les règles reconnues de conduite d'une guerre régulière ni d'après nul autre étalon abstrait" écrivait en 1857 Engels (Textes sur le colonialisme, édition en langue étrangère, Moscou, 1960, p. 142) dans son article de 1857 "La Perse et la Chine" qui compare les styles de résistance chinois et persan à la conquête britannique. Il commente ainsi les méthodes utilisées par le peuple chinois qui recourt à la traîtrise et à l'empoisonnement face aux forces coloniales.

 

Je me suis imposé une obligation de réserve quant à la couverture de l'évolution des trois conflits (de plus en plus confessionnels) du Proche-Orient : le Yémen (où l'Arabie Saoudite a lancé une campagne de bombardements), l'Irak (où les Américains ont peu élégamment pris le relais des milices chiites dans l'attaque contre l'EI à Tikrit et se trouvent dans une situation de blocage), et la Syrie (où Idlib est tombée entre les mains d'Al Qaida, deuxième ville de province aux mains d'islamistes après Raqa contrôlée par l'EI). Je vous renvoie à la lecture d'Antiwar.com et Asiatimes, pour les faits, et les spéculations autour de tout cela.

 

Par contre je m'interroge sur le recours de M. Hollande aux assassinats ciblés - voyez ce résumé du livre de V. Nouzille. Je ne crois pas que M. Hollande et le sinistre M. Fabius laisseront en politique étrangère un bilan plus positif que celui de Guy Mollet.

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Mon livre-bilan

5 Janvier 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Au coeur des mouvements anti-guerre

couv antigVient de paraître un livre-bilan de mon engagement dans les milieux anti-guerre "Au coeur des mouvements anti-guerre". Le livre peut-être commandé ici. C'est un livre testament sur quinze ans d'engagement, les idées que j'ai défendues et ce qui j'ai pensé ou cru comprendre des milieux "résistants", sur le volet des relations internationales, de la géopolitique, mais aussi de la politique intérieure.

 

Je ne me demande pas à quoi ont servi ces années d'engagement car je suis fidèle au vieux principe hindouïste du renoncement dans l'action, donc les fruits positifs ou négatifs de ce que j'ai tenté d'accomplir m'indiffèrent. Vous avez pu voir d'après le commentaire fiéleux qui m'a été adressé en novembre dernier quel niveau de haine stupide et hargneuse j'ai pu provoquer (auprès de gens prêts à disséquer mon itinéraire dans tous les sens pour y trouver matière à ironie). Il est probable que, d'une manière générale, la présence sur Internet favorise bien souvent davantage de réactions négatives de gens aigris, jaloux, désireux d'en découdre etc ou d'indifférence que d'encouragements. Il vous suffit de voir combien de sites sur la toile mentionnent le présent blog pour vous en convaincre. De toute façon, je n'étais pas spécialement à la recherche de "coups de pouce". Depuis plus d'un an je ne vois plus bien l'intérêt d'écrire dans ces colonnes. Les problèmes structurels du monde et de la France sont les mêmes depuis 15 ans et j'ai suffisamment disserté à leur sujet. Quant à mes petites recherches philosophiques ou culturelles, je n'ai jamais eu le temps de les expliciter comme il se devait, et il vaudrait mieux en discuter en petit comité que sur la place publique internautique.

 

Il est possible que je publie encore quelques petits billets sur ce blog, mais celui-ci est amené à occuper une place très marginale dans le panel des modes d'expression que la vie m'offre encore un petit peu en ce début d'année 2015.

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Appel à éditeur : "10 ans sur la planète résistante"

24 Mars 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Au coeur des mouvements anti-guerre

Le contrat qui me liait aux éditions Thélès pour le livre "10 ans sur la planète résistante" vient d'expirer. Compte tenu des faibles moyens de diffusion de cet éditeur, l'ouvrage est très loin d'avoir touché son public potentiel.

 

Je souhaiterais donc pouvoir publier ailleurs ce manuscrit sous un autre titre, dans une version actualisée et remaniée, et ce dans les mois qui viennent. Si vous-mêmes êtes éditeurs ou si vous avez une maison d'édition à me suggérer, n'hésitez pas à m'écrire . 

D'avance merci.

 

F. Delorca

 

10-ans.jpg

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Le 24 juin rive gauche...

24 Juin 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Au coeur des mouvements anti-guerre

Vu la dame du groupe politique dont je vous parlais ce matin (nous pourrions l'appeler Zénobia)... Aïe, aïe, comment parler de cela ? Je le voudrais, dans l'intention de faire connaître à tout un chacun les gens qui combattent dans les milieux dissidents, et pour que l'information ne soit point cantonée aux milieux parisiens. C'est dans cet esprit d'ailleurs que j'avais publié mon 10 ans sur la planète... Oui, mais voilà, éventer la confidentialité de nos conversations, ce serait compromettre nos possibilités d'action conjointe ultérieure... Et pourtant l'envie me brûle les lèvres tant cette entrevue, le lieu où elle se déroula, la manière dont chacun de nous deux se positionna, ce que chacun de nous dit ou ne dit pas, demanda ou ne demanda pas, me paraissent instructifs pour la connaissance des milieux militants. Mais non allons. Motus et bouche cousue, nous garderons cela pour nos mémoires.

Beaucoup de gens aujourd'hui ont lu mon article sur l'arrestation de Ceku sur le blog de l'Atlas alternatif, des connexions de Grèce, de Russie, de Suède, du Sénégal, d'Oman, de Californie... et même (mais oui !) de Bethléem en Palestine occupée... Des recherches par mots clés qui ne fidélisent pas le lecteur je suppose. Un correspondant mulhousois réfléchit à l'idée de créer un forum antiimpérialiste en appendice du blog de l'Atlas, ce qui me paraît être une excellente idée, toujours dans l'esprit de fédérer les énergies.

Au fait, pour ceux qui s'intéressent encore à l'Iran, un article de Meyssan qui satisfait en partie le voeu que j'avais formé de voir naître une analyse sociologique des révolutions colorées : disons qu'ici on peut trouver un historique et un inventaire des organismes, c'est déjà bien.



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Utopie critique

1 Mars 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Au coeur des mouvements anti-guerre

La revue Utopie critique vient de publier une recension de "10 ans sur la planète résistante" : le lien est sur http://www.utopie-critique.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=130&Itemid=39
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