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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #bearn tag

Ossau

1 Mars 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #Grundlegung zur Metaphysik, #Le quotidien

Il ne savait pas combien il avait raison Finkielkraut quand en 1988-1989 il s'insurgeait contre la présence de la musique des radios M dans les hauts parleurs des gares.

Cette semaine l'ambiance sonore de toute la vallée d'Ossau cette semaine est infestée de pollution sonore de France Bleue avec son culte de la pop culture occultiste entrecoupé de jeux débiles (avant-hier le bar-hôtel Le Glacier nous passait ça en boucle, et hier la navette vers Pau aussi, avec en prime le fameux éloge de la magie par Céline Dion "Pour que tu m'aimes encore" qui a relancé sa carrière dans les années 1990 et qui porte en elle autant de forces obscures que la moto de Johnny). Vigny chantait le son du cor dans le silence des vallées. C'est là une valeur que les Pyrénées ne connaissent plus, pas plus que le reste du monde à l'heure de Google Earth. Du reste je ne suis pas non plus nostalgique du romantisme dont Auguste Viatte a montré les racines occultistes.

Mind control partout, silence bucolique nulle part.

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PS, Républicains, évangélisme, tiers-mondisme, intellectualisme anti-système

27 Janvier 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous, #La gauche, #La droite, #Grundlegung zur Metaphysik

Vous vous souvenez peut-être de Gérard Filoche, le corpulent inspecteur du travail normand qui détaillait toujours avec conviction et précision les atteintes portées aux garanties des salariés par Hollande puis par Marcon. Il a été viré du PS après avoir publié une image douteuse sur Twitter (l'image, forgée à l'extrême droite, dénonçait le capitalisme, mais son esthétique avait, si je me souviens bien, un côté antisémite auquel Filoche n'avait pas prêté attention ce qui posait la question délicate de la banalisation d'une certaine imagerie dans l'inconscient collectif - un polémiste d'extrême droite va passer aussi devant un tribunal prochainement pour l'utilisation de cette image).

Filoche vient de recevoir un soutien de poids en la personne du maire de Billère (13 000 habitants) près de Pau qui vient d'adhérer à son parti et fera partie de ses cadres comme un conseiller général des Pays de Loire, je crois. Le PS qui a déjà perdu Hamon s'effrite, et la bataille des chefs entre Delphine Batho, les hollandiens, et je ne sais plus qui pour sa direction n'intéresse personne. Mais qui sait ? Peut-être quand le macronisme s'effondrera l'heure de ce parti reviendra-t-elle un jour ? De même pour les Répubicains. Juppé est parti, Pécresse fera sans doute bientôt de même. Portelli dit que Wauquiez est un chef stalinien d'un parti de droite dure, et Wauquiez dit que Portelli fait sa star. Tous les deux ont sans doute raison. Macron les a pulvérisés eux aussi, mais ils redresseront peut-être la tête un jour.

Vous devriez visiter Billère. Il y a là-bas un terrain de golf le long du Gave qui est peut-être le plus ancien du continent, car construit par les Anglais au 19e siècle. On y voit des aigrettes et des canards. J'adore cet endroit là.

Le maire de Billère s'était distingué en faisant une fresque en hommage aux sans-papiers. On ne dit plus les sans-papiers,mais les "migrants" pour ne plus distinguer entre migration économique et demande d'asile, et dans la presse américaine "dreamers" : un changement sémantique lu et approuvé par les grandes banques qui financent nos journaux. Les évangéliques y voient une manoeuvre pour dynamiter les nations et accomplir la parole d'Apocalypse 13:7 sur le nouveau Babel, le pape jésuite, lui, fait prier tous les dimanches pour ce processus... Choisis ton camp camarade !

Je vous avais raconté en 2012 mon passage à Emmaüs-Lescar, près de Billère, où, là, il y avait (et elle y est encore je suppose) une autre fresque, dédiée aux grands leaders tiers-mondistes cette fois. Influencé par mes camarades marxistes (même si je n'étais pas tout à fait d'accord avec eux), à l'époque, je ne m'intéressais pas trop à la morale et aux droits humains. Aujourd'hui je suis plongé dans des abîmes de réflexion sur la possibilité de mener une action politique juste quand on se place sous la bannière de gens qui ont beaucoup de sang sur les mains. Che Guevara se disait assoiffé de sang,et cette semaine la presse africaine rappelait que l'âme des cadavres massacrés par Sekou Touré en 1971, ou ceux des victimes du régime zimbabwéen en 1984 remontent à la surface. La "Terreur" étape nécessaire à toute révolution. La bonne blague ! Witchcraft, witchcraft quand tu nous tiens...

Les mêmes égarements bien-sûr guettent les moralistes protestants quand ils cèdent au péché d'orgueil en étant prêts à débarrasser la Corée du Nord de ses "démons" à coup de bombes nucléaires (mais soyons justes, la plupart ne demandent pas cela, et prient seulement pour l'effondrement du régime, "de l'intérieur" comme un château de cartes ce qui arrivera probablement comme cela s'est passé en URSS et se passera peut-être aussi au Venezuela). Il y a un vrai problème dans l'absence de vertu de ceux qui s'opposent aux puissants. Voyez Poutine. Il a endigué la folie obamo-clintonienne en Ukraine et en Syrie, mais aujourd'hui il abandonne Afrine, et il vend des S-400 aux saoudiens toujours acharnés sur le Yémen. Ce n'est pas une perspective plus gaie que de voie le régime des mollahs sur le point d'acquérir une base navale de 50 ans en Syrie.

Il vaut mieux ne pas faire (trop) de politique que de cautionner des politiques criminelles. Et quand je retombe par hasard sur des news au sujet de l'ancien préfacier de l'Atlas alternatif (avec qui j'ai perdu tout contact depuis des années) ou avec la figure de proue des Indigènes de la République (que j'avais rencontrée il y a 10 ans environ mais dont les considérations universitaires stériles sur la "blanchéité" et ce que c'est que d'en être ou de ne pas en être ne me disent plus rien), j'estime que je n'aimerais pas être à leur place, à tenir pendant des décennies ma "boutique", gérer mon fan club en tenant une ligne politique qui m'oblige à ne pas dire ou condamner certaines choses "pour ne pas désespérer Billancourt". Je préfère rester solitaire dans mon désert à livrer en toute liberté juste quelques remarques périodiques sur les actualités de ce monde et la façon dont je les reçois, avec toutes les précautions qui s'imposent, pour les douze ou quinze fidèles de mes écrits. Au moins on ne me reprochera pas d'avoir égaré des milliers de personnes sur les sentiers de problématiques mal posées conduisant à cautionner par action et par omission mille crimes.

(Bon, désolé pour le caractère un peu désordonné de cette promenade (de cette flânerie, comme toujours) politico-littéraire à la Montaigne, qui ne se prêtera pas à un "likage" sur Facebook ou à une reprise sur Twitter, désolé mais pour les essais purement informatifs, calibrés sur mesure pour la consommation utilitaire, sans digression, sans expérimentation, abonnez vous à d'autres blogs, moi je ne me referai sans doute pas...)

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"Dénonce ton porc" a du bon...

26 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn

Personnellement, je n'aime pas follement le phénomène "dénonce ton porc", notamment du fait de son aspect planétaire. Mais je suis bien prêt à admettre qu'il aide des femmes à se défaire de certains souvenirs humiliants demeurés dans leur esprit trop longtemps. La forme n'est pas bonne, simpliste, puritaine, agressive, potentiellement injuste aussi pour ceux pourront être accusé à tort, mais, comme le disent beaucoup de jeunes, c'est aussi le revers du "handicap" qui pesait sur le témoignage féminin en termes de "charge de la preuve", et puis, ceux qui connaissent l'histoire savent qu'il n'y a pas de démocratie sans une certaine violence délatrice, ainsi que l'a montré le cas des sycophantes à Athènes, c'est peut-être un point de passage obligé inévitable.

Je ne suis pas nostalgique personnellement de cette "galanterie" français née à la Renaissance qui autorisait les mains au fesses dans les bistrot dans une ambiance bon enfant, et au sommet de l'Etat faisait qu'il fallait absolument "chercher la femme" ("cherchez la femme on ne cherchera jamais en vain" écrivait Nietzsche dans "Le Crépuscule des Idoles" je crois en référence à la France), c'est-à-dire rechercher le plaisir sexuel des deux sexes, tout en le censurant assez élégamment pour en rester seulement au stade des mots, et du travail sur le langage. Cela a produit beaucoup d'élégance culturelle, mais je ne suis pas sûr que cela ait vraiment élevé notre culture nationale. Le fait est qu'au final elle nous a fait atterrir dans un vol d'albatros sur Sollers et mille grivoiseries sans talent de la fin du XXe siècle qui n'empêchaient nullement notre pays de devenir par ailleurs politiquement une colonie américaine (car tous ces coureurs de jupons étaient par ailleurs de fermes avocats des pires politiques impérialistes, et des plus meurtrières). Si je suis d'accord avec Finkielkraut sur la Catalogne (voir sa vidéo ici, mais on aurait envie de lui dire : il ne fallait pas soutenir l'indépendance du Kosovo...), je n'approuve pas ses éructations chez Elizabeth Lévy contre la fin du "modèle français" de mixité sexuelle. Si c'est une page à tourner, tournons là !

Mais faisons le équitablement sans que tout le monde s'enferme dans ses frustrations : c'est à dire que si l'on culpabilise le désir masculin, la culture du viol, la pornographie, en priant les hommes de maîtriser un peu leur structure libidinale, il faudra aussi demander aux femmes de cesser de se maquiller ou de recourir à la chirurgie esthétique, de s'habiller à la chinoise de l'époque maoïste (ou, si l'on préfère, en noir comme à la Cour des rois d'Espagne du siècle d'Or plutôt qu'avec les robes bariolées de la cour de Versailles), et l'on pourra aussi interdire à Hollywood de promouvoir la sexualité. Bref revenir à Cromwell et à Savonarole.

Quant à mon compatriote Jean Lassalle, plutôt que de se plaindre des visions bizarres (dignes de Freud) que cette affaire lui occasionne (interview sur RTL le 24 octobre ci dessous), il ferait mieux de cesser de rendre visite aux guérisseurs du Béarn et de Soule, (il a déclaré dans la République des Pyrénées le 10 août dernier qu'il était allé soigner un lumbago chez un guérisseur basque à Juxue). Chacun sait que l'occultisme entraîne sur ce genre de chemin...

Ceux qui craignent pour l'avenir de la promiscuité se consoleront peut-être en se rendant, avec les amis de Strauss-Kahn et de Soros, à ce happening organisé par la compagnie colombienne Good Girls Company fin novembre à Cartagène (tarifs entre 500 et 1600 dollars)...

** Dans l'interview d'RTL J. Lassalle déclare à la minute 1'05 "Depuis quelques nuits j'ai retrouvé un phénomène que j'ai connu dans ma jeunesse, c'est que je me réveille la bouche pleine de bile, et y en a qui est rentré l'autre soir dans les poumons, et j'ai toussé en m'en arracher les poumons pendant deux heures et demi et vous savez ce que j'ai vu ? et c'était pas un cauchemar : je me voyais ma main sur ma mère, ma main sur ma soeur et ma main sur ma fille et même le premier regard pour ma femme c'était sur ses fesses et ça c'est pas moi, et ça ça me révolte et ça me fait remonter la bile".

 

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Vent de castanha... (Ben de castagno)

5 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #La Révolution des Montagnes, #Lectures

Pour les amateurs de mon roman "La révolution des montagnes", une pub pour ma ville qu'ils passent à l'aéroroport de Pau en boucle depuis deux ans (mais d'habitude sans la musique).

Ce n'est pas forcément mon regard sur ce bout de terre mais c'est celui qu'ils offrent aux touristes.

En parlant de littérature, je parcourais la correspondance de Flaubert hier. Toute en rondeur et en bonhommie, et cependant c'est l'écriture d'un ascète... "Il faut se priver de tout pour réussir à faire quelque chose" écrit-il Son "quelque chose" à lui, c'était son oeuvre. Je souscrirais volontiers à la première partie de sa phrase, mais mon "quelque chose" à moi est quelque chose de moins narcissique qu'une oeuvre d'écrivain.

Flaubert couvrait Victor Hugo d'éloges. Normal : ils avaient les mêmes démons, même si l'un les étouffait, tandis que l'autre photographiait sa cuisinière nue.

 

Et je parcourais aussi "Servitude et grandeur militaires" de Vigny (qui s'est marié à Pau). Un livre encore plus coloré que les lettres de Flaubert. Quand il vous parle de la ratatouille, qui est devenue le rata, et qui n'a rien à voir, avec notre ratatouille méridionale actuelle, ou des inscriptions sur les canons de l'époque de Louis XIV...

Lorsque j'étais lycéen à Pau, tout le monde se sentait encore un peu obligé d'avoir lu un bout de Lamartine, de Vigny, de Musset, de Flaubert, de Zola, ça faisait partie de la religion républicaine de l'époque. Maintenant il n'y a plus d'obligation, et les profs sont partagés entre le culte de Minecraft, de The Voice, et le commentaire obligé sur le mode "émotion, tolérance, apologie du vivre ensemble" des images du dernier attentat qu'on nous passe en boucle sur l'écran TV du boulanger du coin.

La terre a tremblé ce matin à Orthez, mais la République des Pyrénées se réjouit (sur Facebook elle fait un parallèle avec "le village gaulois...") qu'on puisse encore fouiller ses entrailles pour extraire le soufre des gisements de gaz de Lacq à quelques kilomètres de là (a priori les tremblements de terre n'ont pas de rapport avec les forages même s'ils pourraient en avoir avec le stockage du CO2 un jour). C'est l'avantage d'avoir un député socialiste "constructif" (c'est à dire macrono-compatible) dans le coin, ainsi qu'une élue du Modem. On a cité Hugo à l'assemblée nationale à l'occasion du vote de l'amendement spécial pro-Béarn à la loi Hulot, mais "chez ces gens là" on cite toujours Hugo sans réfléchir...

J'aurais voulu vous parler aussi des meurtres politiques au Kerala, Etat contrôlé par les communistes depuis des lustres et "pays de Dieu lui-même" selon le proverbe indien (car les communistes le gèrent bien et au profit des pauvres), où le bras de fer hindouisto-marxiste fait couler le sang, mais ce sera peut-être pour un autre billet.

 

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L'ours, l'espionnage US en Ethiopie, l'Egypte, diplomates à Cuba, le référendum kurde et celui de Catalogne

15 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Espagne, #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn, #Christianisme, #Les Stazinis

Avant de dire un mot de l'actualité internationale, une ligne pour vous signaler mon intérêt pour l'action du commando clandestin de chasseurs d'ours constitué en Ariège. Il ne faut pas faire l'apologie de la délinquance, mais c'en est assez de la surdité des pouvoirs publics devant les récriminations des gens. Les ours dans les Pyrénées, comme les loups dans le Morvan, déciment les troupeaux. C'est une pure fantaisie de citadin écolo que d'imposer aux bergers la présence de ces bêtes, qui ne profite à absolument personne. La technostructure qui fait la sourde oreille s'attire, en représailles, la légitime colère et violence du citoyen, le droit de résistance au sens de Thoreau est ici engagé. Et c'est un Pyrénéen qui vous le dit, un Pyrénéen qui lit en ce moment la Vie de Ste Bernadette Soubirous du P. Laurentin (décédé dimanche dernier à 99 ans, j'avais repris son livre dans ma bibliothèque juste avant sa mort). Bernadette à qui la Vierge Marie parlait en Gascon et qui lui fit manger de l'herbe devant la grotte de Massabielle. Je doute qu'elle eût aimé la présence des ours sur les bords du gave.

Pour ce qui est de l'étranger, le film d'Oliver Stone, Snowden, dont je vous encourage à regarder le DVD, n'en finit pas d'avoir des suites dans la réalité. Avant-hier, The Intercept révélait que l'Agence de sécurité nationale depuis 15 ans avait aidé l'Ethiopie (qui n'est pas franchement une démocratie, mais bon, en disant cela j'encours des poursuites en justice de la part d'Addis Abeba comme Elise Lucet poursuivie en diffamation par Bakou pour avoir traité l'Azerbaïdjan de dictature), à installer un système d'espionnage de ses ressortissants censé cibler les terroristes mais qui touche tout autant ses opposants....

De toute façon, c'est bien connu, les droits de l'homme qui servaient surtout à conduire des ingérences pour affaiblir ou détruire des Etats dans les années 1990-2000 (Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie), ne sont même plus affichés comme prétexte aujourd'hui. C'est tout simplement passé de mode. Ainsi Washington annonce sa participation à une opération militaire conjointe avec l'Egypte en septembre prochain, un pays qui a pu tuer 1 000 manifestants pacifiques en 2013, et s'est débarrassé des Frères musulmans au prix de 60 000 arrestations arbitraires et tortures de personnes parmi lesquelles d'après HRW il n'y a pas que des islamistes évidemment. L'Egypte est une vaste prison, comme l'est l'Arabie saoudite, et tant d'autres de nos alliés... Mais cela ne gêne plus personne.

Et les pathologies inexplicables des diplomates américains revenus de Cuba ne cessent d'évoluer bizarrement, vous les expliquez comment vous ?

A part ça, on apprend aujourd'hui qu'une délégation anglo-américaine et onusienne a rencontré hier le président de la région kurde d'Irak Massoud Barzani (l'ami de Netanyahu) pour tenter de le dissuader (en vain) de renoncer au référendum d'indépendance le 25 septembre. Le problème est qu'il y a de vaillants combattants à prendre en compte. Je ne suis pas fan de la cause kurde, notamment au vu de l'intolérance dont les minorités de la plaine de Ninive font l'objet, mais enfin on voit bien qu'il sera difficile de ne pas satisfaire les attentes politiques des vaillants combattants kurdes d'Irak et de Syrie qui veulent que leur sang versé contre Daech et celui de leurs camarades mort ait servi à quelque chose.

D'un référendum séparatiste l'autre,"Où vas-tu avec ce visage d'ange Inés Arrimadas ?" chantait le poète,

Il y a quelques mois il me semblait qu'on pouvait déduire du fait que Nigel Farage avait miraculeusement réchappé à un accident d'hélicoptère que les partisans du Brexit allaient remporter le référendum, car un individu n'est pas sauvé de cette manière pour qu'ensuite il ne remplisse aucune mission (et à ma connaissance Farage n'avait aucune mission importante dans se monde en dehors d'assurer la sortie de son pays de l'Union européenne). Aujourd'hui, je me demande si ce n'est pas une malédiction pour les pro-Espagnols de Catalogne d'avoir à leur tête une jolie fille comme Inés Arrimadas... Une cause juste ne peut pas gagner si elle est défendue par une nana qui inspire de la concupiscence. Voilà le problème. On se souvient de l'échec lamentable de la tentative de restauration de la grandeur des Lagides par Cléopâtre en Egypte (et encore Cléopâtre n'était pas franchement belle, nous disent les historiens). Y a t il une seule aventure politique qui ait été gagnée par une femme belle ? Cela s'explique d'un point de vue théologique par le fait que la beauté féminine attire des démons, donc des forces de bas étage se greffent là dessus (désir, jalousie, dépit). En tout cas je suis inquiet de voir les foules catalanistes si nombreuses dans les rues. Pauvre Espagne ! je ne suis pas sûr qu'en tentant d'empêcher la Poste de distribuer le matériel électoral ou les fonctionnaires de mettre en place les bureaux de votes, ni en se réfugiant derrière l'actuel anti-séparatisme de l'Union européenne elle parvienne à quelque chose. Le problème dans les processus sécessionnistes, c'est qu'en toute légalité il faudrait un vote concordant de l'ensemble de l'ancien bloc et de la partie qui se sépare (comme pour l'indépendance de l'Algérie par exemple), sauf que cela s'obtient rarement (en ex-Yougoslavie, en ex-URSS ça ne s'est jamais fait). Et cela engage dans des épreuves de force à n'en plus finir, parfois très violentes... Pauvre Espagne, dis-je, qui fut punie de ses crimes en Amérique par un dur déclin, et de ses iniquités intérieures par trois guerres civiles. Va-t-elle payer les folies de la Movida et la corruption à tous les échelons des années Gonzalez et Aznar, tout ce benine neglect politiquement correct assis sur une montagne d'injustices et d'impiété par une sécession de sa région la plus riche ? Je me souviens du temps où nos professeurs opposaient à l'extrémisme de l'indépendantisme basque le sage régionalisme "autonomiste" des Catalans (Sciences po vantait alors le centrisme de Jordi Pujol,sans voir la masse de corruption qui se cachait derrière et que des procès éclatants des années 2000 ont mis au jour). Aujourd'hui on est à front renversé. Une socialiste basque expliquait il y a peu dans la presse que l'Euskadi avait "échappé" à la fièvre qui a gagné la Catalogne, et ne risquait plus de la contracter. Tout change, "le monde est une branloire pérenne" comme disait le sage gascon...

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Bernadotte et l'occultisme

13 Mai 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #XVIIIe siècle - Auteurs et personnalités, #Grundlegung zur Metaphysik

Mlle Lenormand (1768-1843), chiromancienne et cartomancienne célèbre (peut-être avec le Tarot de Marseille revu et corrigé par la lecture du Livre de Thot traduit par Etteila, star de la cartomancie en 1789) de l'époque de la Révolution jusqu'à la Restauration (qui allait jouer un rôle important auprès de Balzac, de Talleyrand, de Napoléon, de melle Adelaïde, soeur de Louis-Philippe, de Guizot, dans une moindre mesure de Robespierre et Saint-Just et qui "mourut vierge comme Newton, le 25 juin 1843 à l'âge de 72 ans" comme le dit Le Figaro du 10 février 1856) prédit au béarnais Jean-Baptiste Jules Bernadotte, encore officier sans prestige, qu'il occuperait un trône (hebdomadaire L'Africain du 14 janv 1934, p. 3). Elle avait hébergé Mme Bernadotte née Eugénie-Désirée Clary (1772-1861), fille d'un aubergiste de Marseille, lorsque son mari n'était encore qu'adjudant-major (il le fut du 30 nov 1792 au 13 fev 1794) de la 53e demi-brigade, nous dit Le Figaro qui cite Francis-Girault. "Celui-ci lui promit, par une lettre dont son neveu est en possession, qu'il la comblerait d'honneurs et lui accorderait 10 000 fr. de rente si sa prophétie se réalisait". Devenu roi sous le nom de Charles XIV il a manqué à sa promesse, mais la reine de Suède, sa veuve, sut s'en souvenir.

Pourquoi est-ce que cette épouse (ex promise de Napoléon et dont la soeur épousa Joseph Bonaparte en 1786) du futur roi connaissait Mlle Lenormand ? Comment s'étaient-elles rencontrées ? Mlle Marianne Lenormand était une orpheline d'Alençon qui s'était mise à l'école d'Etteila ou Etteilla (Jean-Baptiste Alliette ou Aliette suivant les variantes orthographiques). En 1792 ou 93, elle venait à peine d'ouvrir son cabinet à St Germain des Près (3 ans plus tôt). Comment se fait-il qu'elle avait déjà les moyens d'héberger Mme Bernadotte, et pourquoi celle-ci en eût-elle besoin ?

 Dans "Les Cartes à jouer et la Cartomancie" publié en 1854, un certain Boiteau d'Ambly rapporte cette anecdote qu'il a trouvée dans Histoire de Charles Jean XIV, par sarrans jeune, 1845, t. I, p. 50 : « Un aide-de-camp de Bernadotte, depuis maréchal de France (le maréchal Gérard), avait souvent entretenu son général des prédictions de la pythonisse. Parlant un jour des prophéties de cette femme : « Maintenant, dit le colonel, que tout prend une marche extraordinaire, — c'était en janvier 1804, — il serait curieux de savoir ce qu'elle aurait à nous raconter. Voulez-vous faire « sa connaissance? Volontiers, répondit Bernadotte. Et, le lendemain, les deux hommes de guerre « arrivent ensemble chez l'oracle féminin. Le colonel présente son général comme un riche négociant qui désire interroger la sorcière sur le sort réservé à quelques opérations commerciales qu'il va tenter sur diverses places d'Allemagne : « Monsieur, dit-elle, vous n'êtes point négociant; vous êtes militaire et même dans les hauts grades. » Sur les assurances qu'on lui donna du contraire, elle sourit, hocha la tête et continua : « Eh bien ! monsieur, si vous vous livrez à des « opérations de commerce, le succès ne couronnera pas vos entreprises, et vous serez forcé de les abandonner pour suivre la route qui vous est tracée par le destin. » Elle reprend les cartes, les « examine de nouveau, et, paraissant les combiner « avec une attention profonde : « Monsieur, poursuit-elle, non-seulement vous êtes dans les hauts grades militaires, mais vous êtes ou vous serez parent de l'Empereur. » — De quel empereur? s'écrièrent à la fois Bernadotte et Gérard.-« Je « voulais dire-du premier consul. Mais bientôt vous « le verrez empereur. » Puis ses doigts se promènent sur les points cabalistiques; elle paraît « frappée d'une nouvelle vision et s'écrie d'un ton « inspiré et solennel : « Oui, il sera empereur ; mais voilà quelques nuages qui vous séparent. » Bernadotte jette un regard d'intelligence sur Gérard. La devineresse poursuit : « Il n'a pourtant aucun « éloignement pour vous, et vous éprouvez de l'affection pour lui. Ah! comme son étoile monte ! » « Elle s'arrête un instant et sa figure semble s'allonger de surprise ; puis elle reprend avec force : « Monsieur, il faut éviter de vous brouiller avec lui ; car il sera bien puissant ; il verra tout le « monde à ses pieds; et vous, loin, bien loin de lui, vous serez roi. Oui, répéta-t-elle, vous serez roi. » Elle se tut, et, comme le silence se pro« longeait : Hé bien ? dit Gérard. — « Je n'en puis annoncer davantage, car je ne vois plus rien.» « Le nom de la devineresse n'est pas indiqué; « mais, continue l'auteur, que ce fût ou ne fût pas Mlle Marianne Le Normand, l'histoire n'en est pas moins singulière.»»

Effectivement cette voyante n'était pas Mlle Lenormand (puisque celle-ci connaissait Bernadotte depuis 1792 ou 93), mais voilà bien la preuve que Bernadotte en visita plusieurs de cette profession.

Il semble que le contact avec les pythonisses ne fût pas le seul rapport entre le républicain Bernadotte (qui avait le slogan "mort aux rois" et le bonnet phrygien tatoués sur le bras) et le monde de l'occultisme. En 1789, alors qu'il était sergent-major, à 34 ans, il avait rencontré le futur sorcier érudit Antoine Fabre d'Olivet, qui avait un an de moins que lui (selon la préface à l'Histoire philosophique du genre humain de cet auteur, edition 1910 p.XVI) et allait le faire entrer au ministère de la guerre dix ans plus tard, sous le directoire, quand lui-même fut ministre (juste avant de devenir le candidat des jacobins à la dictature que finalement Bonaparte allait exercer). Je ne sais rien pour l'heure sur ce qui a permis cette rencontre.

On peut lire dans  La psychologie morbide dans ses rapports avec la philosophie de l'histoire, ou De l'influence des névropathies sur le dynamisme intellectuel / par le docteur Jacques-Joseph Moreau (de Tours),eds V. Masson, Paris, 1859, 1 vol. (XIII-576 p.) p. 541 : "Sur la foi d'une vieille chronique de sa famille, Bernadotte se croyait placé sous l'égide d'une divinité tutélaire. Un jour qu'il avait eu une vive discussion avec son conseil d'État et se trouvant au milieu d'une forêt où la lumière pénétrait à peine, il eut une singulière vision une vieille femme bizarrement vêtue, les cheveux en désordre, bref tout l'accoutrement des sorcières de la légende dont on avait bercé ses premières années, se montra a lui tout à coup et l'engagea à renoncer à certains projets qui, suivant elle, devraient coûter la vie à son fils Oscar. "

Il y a peu La République des Pyrénées parlait de promener un hologramme du roi de Suède dans son musée à Pau. Créer ainsi un revenant serait dans la logique du personnage.

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Retour sur la guérison magique du zona

23 Avril 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn

Depuis 5 ans, mon article "Superstitions dans nos campagnes" sur la façon dont on "porte" les malades du zona en Béarn a été beaucoup lu. Dans la mesure où ma mère s'est fait porter peu de temps après ma naissance, et sa mère avant elle, j'ai voulu approfondir un peu le sujet. Je n'ai rien trouvé de très éclairant.

On peut lire dans Hygiène et traitement des maladies de la peau, par le Dr Ernest Monin  (1856- décédé en 1928 au 12 bd Raspail à Paris) - Éditions Société d'éditions scientifiques (Paris) 1901 p. 86

"Le zona était connu des anciens sous le nom de feu sacré ou de ceinturon sacré. Son nom de zona signifie, du reste, ceinture : car, dans sa forme classique, c'est une éruption de la région intercostale inférieure, apparaissant en demi-ceinture, c'est-à-dire unilatérale et le plus souvent du côté droit."

Dans  L'Écho du merveilleux du 1er août 1910 p. 282 sous la plume de Frédéric Boutet (1874, 1941) de L'Eclair expliquait :

"La guérison du zona est extrêmement singulière ; le guérisseur prend le malade sur son dos, fait neuf pas, s'arrète et dit : « Qu'est ce que je porte? » — « Le zona », répond le malade. « Je le pose ! » Il met le malade par terre,récite une incantation, reprend son fardeau, fait neuf autres pas et la cure est terminée."

Le récit est assez proche de celui que j'ai livré à propos du Béarn à ceci près qu'il n'y a pas neuf bâtonnet, en revanche neuf revient surtout pour les pas (alors qu'il semble que dans les manuels d'occultisme le 9 sont plus lié aux thèmes de l'amour et de la fécondité sans doute à cause des 9 mois de la gestation).

Dans le journal satyrique Cyrano du 18 mars 1928, en p. 21, Frédéric Boutet reprenait son récit à l'identique.

Dans Aguiaine : revue de recherches ethnographiques de mai-juin 1999 p. 36 on apprend qu'une guérisseuse dans la Vienne avait pour formule pour le zona "zona, je te conjure en l'honneur de tous les Bons Saints" puis faisait dire trois Pater et trois Ave et tourner un doigt de la main droite autour de la plaie. On retrouve là les trois "je vous salue" dont je parlais en 2012, mais la notion de "portage" est absente.

Pour le zona il faut boire, selon une croyance wallonne, le sang d'un coq noir mêlé au lait d'une femme qui allaite son premier enfant dit la Revue de recherches ethnographiques, Le Subiet de juillet 1971 p. 158, plus rien à voir cette fois avec os rituels béarnais...

Dans "La pratique dermatologique : traité de dermatologie appliquée. Tome 4 / publié sous la direction de MM. Ernest Besnier, L. Brocq, L. Jacquet" on peut lire p. 902 que le zona était connu sous ce nom même des Romains (zona signifie ceinture en grec) que Pline l'Ancien et Scribonius Largus le décrivent précisément. Mais au 18e siècle on ne le distingue plus de l'érysipèle car on le connait moins bien. On l'a aussi nommé "Feu de Saint Antoine".

Je lis dans "Notice biographique sur saint Antoine le Grand, patriarche des cénobites " de l'abbé M. Durand (curé d'Almenèches) édition de 1879 p. 37

"A la fin du onzième siècle, une maladie contagieuse, sorte d'érysipèle connu sous le nom de feu sacré, causait d'horribles ravages en France.

Un grand nombre de personnes se recommandèrent à saint Antoine et furent miraculeusement guéries. Il se fit alors dans le Dauphiné, à l'endroit où reposaient les saintes reliques, un concours prodigieux de processions et de pèlerinages, et bientôt le fléau fut entièrement conjuré. La France entière reconnut publiquement qu'elle devait à l'intercession de saint Antoine la disparition de cette maladie qu'on appela depuis le feu Saint-Antoine.

Parmi les innombrables malades qui obtinrent leur guérison, se trouvait le fils d'un riche gentilhomme, nommé Gaston. Par reconnaissance, le père et le fils consacrèrent leur fortune et se dévouèrent à soigner les pauvres malades et les pèlerins qui venaient implorer le secours de saint Antoine. Pour les recevoir, ils firent bâtir auprès du sanctuaire un vaste hôpital. Cet exemple de charité porta ses fruits : un bon nombre d'hommes riches et puissants vinrent s'adjoindre à eux et partager leurs œuvres de miséricorde. Telle fut l'origine de l'Ordre des Frères Hospitaliers connus sous le nom d'Antonins. Le pape Urbain II, au concile de Clermont (1096), approuva leurs constitutions, et, en 1298, Boniface VIII, après avoir réglé de graves difficultés survenues entre eux et les Bénédictins, décréta que les Antonins suivraient la règle de saint Augustin, qu'ils s'appelleraient chanoines réguliers de Saint-Antoine et que leur chef prendrait le titre d'abbé."

Littré appelle ce feu Saint Antoine (mal des ardents, ignis gehenallis) "ergotisme", ergotisme gangréneux, et certains médecins du XIXe siècle estiment qu'il était provoqué par la présence d'un cryptogame dans les céréales humides consommées au Moyen-Age.  La confusion avec le zona n'est donc peut-être pas de mise. Le mystère demeure donc toujours autour de ces rituels sur le zona.

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Emmanuel Berl et le Béarn

26 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Béarn, #Grundlegung zur Metaphysik

C'est un phénomène très étrange : le Béarn est une province française insignifiante et éloignée de tout, et cependant il s'y est passé à divers moment des phénomènes littéraires, politiques et métaphysiques intéressants. Souvent ils furent le fait de personnalités de passage plus que de natifs.

J'ai abondamment parlé sur ce blog de ce phénomène étrange qu'y fut la réforme protestante d'où est né cet apport indéniable quoiqu'ambigu au système politique et social français que fut la royauté d'Henri IV. Mais il y a plus : ont respiré l'air du Béarn Saint John-Perse, ou encore une grande mystique catholique de la fin du XIXe siècle récemment canonisée originaire du Liban, et le cinéaste Robert Bresson, auteur d'un magnifique film sur Jeanne d'Arc qui y tourna "Au hasard Balthazar", ou le chanteur populaire Daniel Balavoine qui fait encore parler de lui à travers les médiums. Le philosophe marxiste Henri Lefebvre y organisait des retraites intellectuelles avec ses pairs où l'on planifiait le soutien au Nicaragua. Agatha Christie et Sommerset Maugham y ont écrit. Ce sont des choses que les Béarnais eux-mêmes ne savent pas, des canards boiteux comme la République des Pyrénées se gardant bien de le leur apprendre.

Lors de mon dernier séjour là-bas je m'émerveillais encore de ce fait météorologique étrange caractéristique de la région : les Pyrénées y apparaissent ou disparaissent d'un jour sur l'autre suivant que le temps va virer à la pluie ou pas. A ma grande surprise, en regardant l'interview d'Emmanuel Berl devant la caméra de Boutang en 1971 diffusé par une chaîne de télévision ce soir, j'entends Berl citer ce phénomène (*), et évoquer le temps où, juste après la première guerre mondiale, il fréquentait à Pau Francis Jammes et Drieu La Rochelle. J'aurai dû attendre mes 46 ans pour apprendre que Berl avait vécu dans ma région natale.

J'ai toujours éprouvé de la sympathie pour Berl malgré son parcours erratique qui fit de lui à un moment la plume de Pétain. Bien sûr ce n'est pas l'aspect du personnage que je préfère. J'aime mieux évidemment le collaborateur de la revue Europe (la revue de Romain Rolland) qu'il fut auparavant. Il était le cerveau du parti radical socialiste, et un vrai dilettante, une "nature passive" dit-il dans son interview en se référant aux catégories de Sartre dans son livre sur Flaubert, comme je le suis aussi à bien des égards. Je pense que j'éprouve une attirance instinctive pour sa génération d'écrivains qui fut broyée par la guerre et en conçut une mélancolie incurable, plus que pour la génération d'enfants gâtés des 30 glorieuses façon Philippe Sollers qui a transformé la France en parc zoologique d'électeurs d'Hollande et Macron.

En lisant "Europe" en 2014 j'avais relevé qu'il citait Epaminondas au moment où cette référence pythagoricienne croisait mon chemin d'une manière inattendue. "Il y aura beaucoup d'Epaminondas" aurait dit Apollonios de Tyane à propos de l'Aquitaine romaine où se préparait une insurrection contre Néron. J'ignore si l'anecdote est authentique, et, à part Joseph Bonaparte dont l'acolyte en Provence se surnommait Epaminondas, je pense que Berl fut le seul à se soucier de ce héros thébain... Mais Berl a souvent eu un regard juste sur les sujets vraiment importants. Et il l'a eu sur les Pyrénées béarnaises... Il mérite encore sans aucun doute d'être lu...

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Il l'avait fait dans "Sylvia" paru dans "La Nouvelle revue française" de Gallimard en 1953 :

" Le Béarn favorise les confusions du réel et de l'imaginaire ; les Pyrénées surgissent ou s'effacent selon les sautes du vent, tantôt si proches qu'elle font corps, indissolublement avec le paysage, tantôt si bien cachées qu'on n'ose plus parler d'elles aux touristes ; soi-même, on les oublie, jusqu'à ce qu'elles reviennent, véhémentes, vous reprocher votre manque de foi."

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Les "Psaumes de David" en béarnais d'Arnaud de Salette

6 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #Divers histoire, #Grundlegung zur Metaphysik

En tant que béarnais, la question du protestantisme a souvent croisé mon parcours évidemment. La trace la plus ancienne de mes interrogations à ce sujet remonte, dans mon journal personnel, au 10 novembre 1986 (j'avais 16 ans) où j'écrivais sur un ton qui se voulait humoristique : "Cet après midi, après deux heures de brasse papillon en maths, j'étais assis à une table du café le Verlaine (à Pau) avec mon camarade Régis et six jeunes filles, dont deux protestantes, ce qui démontre une fois de plus mon extraordinaire tolérance à l'égard des suppôts de Satan qui, il y a quatre siècles, asservissaient le Béarn. A une des deux calvinistes je déclarai que j'aimais bien les protestants et qualifiai mon attitude d' "oecuménique". Celle-ci me rétorqua que l'oecuménisme n'était pas cela. Selon elle, il s'agissait de l'adhésion simultanée à deux religions chrétiennes. J'écoutai religieusement sa thèse, la remerciant de son cours de catéchisme. Naturellement, je savais sa définition erronée et l'assurance avec laquelle elle définissait un concept qu'elle ignorait me fit sourire". J'ai retrouvé ce passage cet été alors que je regardais des vidéos de prédicateurs sur You Tube. Un paragraphe qui montre au passage tout ce que ma personnalité de lycéen arrogant avait de pire. Je n'ai bien sûr gardé aucun souvenir de cette conversation ni des deux camarades de classe auxquelles je fais allusion...

Au grand l'oral de l'ENA en 1992 le journaliste Philippe Meyer m'avait beaucoup cuisiné sur la réforme, et dans cette école à Strabourg je côtoyais de temps à autre un calviniste militant. J'ai cherché dans ce blog en 2011 et en 2012, parfois un peu maladroitement, à cerner les mérites et désavantages de la "petite Genève" constituée à Pau avant l'abjuration d'Henri IV...

J'ai examiné d'un point de vue "anthropologique" la révolution calviniste en Béarn, avec des prohibitions des jeux et de la danse, dignes des talibans de notre époque. J'ai été sensible aux récriminations de Marguerite de Valois, la reine Margot, dans ses mémoires que l'on peut lire sur Gallica contre l'intolérance de cette révolution.

Aujourd'hui je suis devenu assez sceptique sur l'intégrité morale des deux femmes à l'origine de la victoire (provisoire) de la Réforme : Marguerite de Navarre et sa fille Jeanne d'Albret. La première, la Marguerite des Marguerites des poètes de la Pléiade, ne fut pas vraiment protestante mais elle protégea beaucoup de calvinistes dans le clergé local. Ses propos au capitaine Bourdeille relatés dans les Dames Galantes, sur cette tombe (peut-être dans le parc du château de Pau) de Mademoiselle de la Roche (Un bulletin historique et littéraire de la société d'histoire du protestantisme français du siècle dernier accessible sur Gallica précise que c'était une de ses dames, veuve et sans enfant, que la reine de Navarra envoya comme dame d'honneur à la duchesse de Ferrare en 1545 et qui allait être considérée en Italie comme une"créature méchante et de la pire espèce" avant de revenir à Pau pour y mourir) qui vibre quand son ancien amant marche dessus pue le spiritisme et l'occultisme à cent kilomètres (il est vrai que c'était à la mode : le frère de Marguerite de Navarre, François Ier, portait toujours sur lui de la poudre de momie égyptienne et fut fasciné par l'art "isiaque" de Léonard de Vinci). La fille de Marguerite, Jeanne d'Albret, fut moins élégante et plus intègre religieusement, mais sa manière de chanter un cantique à Notre Dame du Bout du Pont quand elle accouche de son fils Henri n'est pas à l'honneur de son calvinisme...

Pour me faire une meilleure opinion sur l'histoire de ma région, je me suis récemment penché dans ce classique de la littérature en langue béarnaise dont je connais l'existence depuis 1991 (cela fait partie des livres qu'on vend bon marché dans les festivals occitanistes) que sont les Psaumes de David traduits par Arnaud de Salette (les cours du Rav Dynovisz sur les psaumes sur You Tube avait excité ma curiosité à ce sujet à l'automne dernier).

Arnaud de Salette, qu'on croit né vers 1540 à Pau, est fils naturel d'un membre du conseil de Navarre, président du Conseil souverain en 1567 (il présida donc l'assemblée extraordinaire qui mit le Béarn en état de guerre contre la France en 1568 pour la défense de Navarrenx), qui l'a cependant reconnu et fait héritier par testament. D'abord avocat puis pasteur, il est reçu au ministère lors du synode de Pau en 1567, la même année que Jean de Liçarrague (1506-1601). La comparaison avec Jean de Liçarrague est intéressante. Puisqu'il est le traducteur du Nouveau Testament en langue basque imprimé sur ordre de la reine de Navarre à La Rochelle en 1571, livre dédicacé à Jeanne d'Albret (le conseil de Navarre lui accorda en 1573 50 écus Soleil - somme importante pour l'époque dit-on - pour cette opération selon l'Histoire de Béarn et Navarre composée par le pasteur de Nay Bordenave). En 1582 il était né à Briscous et pasteur à Labastide-Clairence, village basque du canton de Bidache, parlait français, béarnais et basque, et peut-être ancien prêtre catholique. En tout cas il fut emprisonné pour ses opinions. Il publia aussi le catéchisme de Calvin en baque. En 1874 il ne restait plus que 13 exemplaires connus de son Nouveau Testament dont 6 dans les bibliothèques publiques en Europe.

Salette semble d'un milieu social plus élevé que Liçarrague et plus impliqué dans la vie de cour. Pasteur à Orthez (adjoint d'un certain Solon), professeur à l'académie protestante de cette ville, il s'installe à Lescar avec son académie, à cause d'une épidémie de peste à Orthez, puis muté à Lembeye après de mauvaises fiançailles avec la fille d'un pasteur. Aumônier de la régente Catherine de Bourbon à Pau, il meurt vraisemblablement dans les années 1590. Les psaumes commencés en 1568 (quand Liçarrague traduisait son Nouveau Testament) ne sont publiés qu'en 1583 par un imprimeur montalbanais Louis Rabier installé à Orthez en 1578 et qui réalisa sa dernière impression à Montauban en 1582 d'un livre d'Athénagoras d'Athènes traduit par Michel Béraud (pasteur théologien de l'académie de Montauban qui enseigna aussi à Saumur). Il avait déjà publié les 150 psaumes de David en français à Orléans.

Les psaumes de Salette sont une mise en vers béarnaise pour être chantés sur le modèle de ce que Marot et de Bèze avaient fait en français. Selon Robert Darrigrand, reprenant l'hypothèse de l'abbé Bidache, estime que Salette a pu les traduire directement de l'hébreu. Seulement dix exemplaires sont parvenus à nous (moins encore que du Nouveau Testament en basque de Laçarrague) dont trois étaient en Angleterre et en Suisse.

Les Psaumes sont en hébreu les Téhilim. Selon un texte du Midrash (de l'exégèse, dans la Torah orale Torah SheBe'al Pe), le roi David a demandé que ses Psaumes aient autant d'importance que la Torah de Moïse. Dieu (Hachem) l'aurait refusé, alors que David a divisé son livre en 5 livres pour que cela corresponde aux 5 parties de la Torah. La demande de David  selon l'enseignement du Rav Dynovisz aurait permis de faire du judaïsme une religion standard dans laquelle la connexion à Dieu par la prière aurait été fondamentale, sans étude du texte placée au premier plan. David ayant une âme du côté féminin (et de la royauté féminine). Mais ce que David a obtenu c'est que l'on ne puisse être un géant dans la Torah qu'en passant par la prière. Toute réalité se construit à partir de réceptacle et énergie, la Torah est la lumière et la prière en est le réceptacle (comme l'âme et le corps). La prière est le corps. On ne peut donc être homme de Torah sans lecture quotidienne des Psaumes. Dans la Kabbale Moïse représente la tribu de Yesod (celle de la Lune et du fondement de l'arbre de vie), et David celle de Malkuth ou Malchut (la royauté féminine). Déjà la Torah de Moïse cherchait son réceptacle : au début du 2ème livre de la Torah, dans "voici les noms des enfants d'Israël qui sont descendus en Egypte" (Exode 1,1) la fin des mots de cette expression en hébreu donne Tehilim (les Psaumes). David dans ses psaumes a caché des secrets qu'ont approfondi le Zohar et la Kabbale.

Nous allons ici comparer la traduction de quelques psaumes de Salette avec la version française actuelle (nouvelle version Segond révisée 2014) et avec ce qu'en disent les autorités juives. On verra que Salette est souvent plus proche de l'hébreu sur le plan littéral, que de la logique occidentale (française) comme est censé le faire protestantisme par rapport au catholicisme mais que cela ne lui permet pas forcément de rejoindre la visée théologique du point de vue strictement juif de chacune des invocations qu'offrent les Psaumes.

Psaume 2 : "Pourquoi les peuples sont dans l'effervescence, et pourquoi les nations pensent-elles de telles vanités ?" "Pourquoi les nations s'agitent-elles" dans Segond, "Perqué hen brut e tempestejan tas holas gents" : Salette perd la notion de nation sauf si on comprend "gents" comme les nations dans le sens de "droit des gens" et après il parle des peuples mutinés. "Parce que voici que se dressent tous les dirigeants du monde, et tous les conseillers se réunissent dans le secret ensemble pour essayer de s'unir dans un projet contre Hachem et contre son Messie". Segond dit "Les roi de la terre se dressent et les princes se liguent ensemble, contre l'Eternel et contre son Messie". Salette "Les grands rois de la terre se sont levés ensemble et les seigneurs d'un coeur maudit, pour contre Dieu faire la guerre ensemble, et contre Christ son Fils béni". Salette est plus concret ici sur la notion de guerre, mais il en rajoute sur ce Messie "fils de DIeu" qui est absolument absent de l'original juif. Les deux perdent la notion de secret des conseillers.

"Il faut absolument briser ces chaînes" ("brisons leurs liens" écrit Segond, Salette fait juste plus imagé avec des"courroies renforcées") "et on les jettera". "Celui qui est dans le Ciel se mettra à rire" ("se rira de" écrit Salette, et "se moquera" chez Segond). Dans le Talmud, le traité "Avoda Zara" au début du Talmud explique que depuis la destruction du Temple Hachem ne rit plus, et il ne rira à nouveau que pendant la guerre de Gog et Magog, quand Israël sera revenu de l'exil "échappé de l'épée" selon Ezechiel, après le dévoilement du Messie. Pour les commentateur donc le psaume est une vision eschatologique de la guerre de Gog et Magog. Segond perd la dimension du rire que garde Salette.

"Le maître du monde se moquera d'eux et il commencera à leur parler avec colère", en hébreu. Bizarrement Segond écrit ce passage au présent ce qui le vide de toute dimension prophétique. Salette en béarnais le conjugue au futur. "Et il les fera tomber dans une panique inimaginable, elles seront frappées de stupeur" "dans sa fureur il les épouvante" dit Segond, "il les ébranlera" écrit Salette. "Est-ce que vous voulez remettre en cause le fait que j'aie librement choisi mon roi "c'est moi qui ai choisi mon roi" dit Segond (idem chez Salette). Puis le Messie prend la parole : "Et moi je parlerai de la loi" "Et moi, son roi, je conterai tout exprès son saint décret qui jamais ne varie" chez La Salette. "Je publierai le décret de l'Eternel" écrit Segond qui perd complètement le changement de locuteur ! Le mot choisi qui eut vouloir dire décret désigne la loi au dessus de la compréhension humaine. Les nations sont liées par les 7 lois de Noah, et selon le Talmud Dieu en ajoutera 13 aux 7 déjà connues, soit 20 valeur numérique de "keter" couronne qui est la Sephira la plus élevée de l'arbre de vie. Ces 20 sont des têtes de chapitres.

"Du maître du monde qui m'a dit 'tu es mon fils' " (bizarrement Salette ajoute "unique" à mon fils, peut-être pour le rapprocher du credo). Du point de vue juif évidemment pas de référence à Jésus ici. Moïse avait dit d'Israël devant Pharaon au moment de la dixième plaie "Israël est mon fils". Dans le 2ème livre de samuel 7: 14 Hachem dit à David au sujet de son fils qui construira le temple "Je serai son père et il sera mon fils".

"Aujourd'hui je t'ai fait naître" (repris par Salette et Segond) - signe selon les Juifs que cet engendrement est purement métaphorique -. Ce sera le moment où le Messie recevra toute sa force. "Demande moi ce que tu veux, je te le donnerai. Tu veux hériter des peuples, que ton pouvoir s'étende aux extrémités de la Terre, tu l'auras". "Frappe les avec un bâton de fer, pulvérise les comme des pots chez le potier". "Maintenant vous les rois, dit le Messie, prenez garde, vous qui jugez la terre, servez Dieu dans la crainte" (Segond utilise aussi ce mot, Salette dit "en toute révérence". "Et dansez en tremblant"... "Soyez dans l'allégresse en tremblant" dit Segond (Salette fait une longue paraphrase trop constructive "Réjouissez vous d'avoir un tel Seigneur et tremblez devant son excellence". Et pour finir "Embrassez ce qui est pur de peur que Dieu ne se mette en colère, bienheureux ceux qui placent leur confiance en lui" (embrassez le "bar"). "Embrassez le fils de peur qu'il ne se mette en colère" écrit Segond "baisez le fils pour qu'il ne se courrouce pas" écrit Salette. Selon les Juifs, "bar" ne veut dire fils qu'en araméen, mais jamais un mot araméen n'est employé dans les psaumes. Plus haut Dieu dit "ben" pour fils. Chouraqui dit "transparence" et non pas "pur". Le premier psaume comparait les méchants à l'écorce qui vole au vent et les justes au blé sans écorce, et bar peut vouloir dire ici le blé.

On voit que dans ce psaume Salette a le mérite de placer ses verbes au futur ce qui au moins restitue aux versets leur dimension prophétique (par rapport à Segond) et il fait correctement la part entre ce que dit l'Eternel et ce que dit le Messie. Mais il y a une surenchère chrétienne dans les rajouts ("fils unique", mauvaise traduction de "bar" etc) qui conduit à ne pas voir, comme dans Segond, que le psaume annonce une revanche du peuple d'Israël après que les peuples dans le guerre de Gog et Magog se sont entre-détruits.

Psaume 7 : "Il y a quelque chose que j'ai commis sans en avoir la moindre idée, et cette faute je veux maintenant en faire un chant pour Dieu, et cette erreur concerne  Kouch fils de Benjamin". Kouch est un fils de Cham, ancêtre des africains et des Egyptiens. De Kouch sortit Nimrod. Les commentateurs disent que Kouch est Saül et qu'il n'a pas voulu l'appeler Nimrod (fondateur de Ninive) en lui disant qu'il vient de Kouch. "Hachem c'est en toi qu ej'ai placé ma confiance, sauve moi de tous ceux qui me poursuivent, de peur qu'ils ne déchirent mon NEFESH, mon âme, comme le ferait un lion". Salette écrit "de peur que leur guidon ne m'atteigne" (le guidon étant le porte-enseigne) "et comme un lion me prenne". "De peur qu'ils ne me déchirent comme un lion" dit Segond...

David parle souvent de son Nefesh (qu'on traduit aussi parfois par psyché, c'est la partie émotionnelle de l'âme, Chouraqui dans sa Bible traduit par "mon être"). Ici la notion est annulée par Segond et Salette.
"Ai-je fait quelque chose qui le mérite ? Est-ce que je me suis comporté d'une manière qui pervertit les valeurs 'avel' ? Moi je n'ai jamais fait de mal à ceux qui me font du bien, et je n'ai jamais fait du bien à ceux qui me veulent du mal".

Salette traduit par "si j'ai consenti à quelque lâcheté, si celui qui en toute amitié demeurait avec moi ou qui à tort était mon ennemi n'a pas trouvé en moi un bon ami" (sic). Segond choisit "s'il y a de la fraude dans mes mains, si j'ai rendu le mal à celui qui vivait en paix avec moi, si j'ai dépouillé sans raison mon ennemi".

D'un point de vue juif David dit qu'il n'a pas eu de perversion de valeur, il n'a pas aimé son ennemi comme Saül qui refusa de tuer le roi d' Amalec (dont un descendant voudra l'extermination des Juifs à l'époque d'Esther) comme Dieu le lui ordonnait (1 Samuel 15:9) pour venger ce qu'Amalec leur avait fait à la sortie de l'Egypte ("celui qui est bon avec ses ennemis sera cruel avec ses amis" allait lui dire Dieu).

Les deux traductions chrétiennes sont aux antipodes de cette problématique. Mais notons que celle de Chouraqui l'est aussi puisqu'il écrit "si j'ai rétribué mon payeur de mal, ou dépouillé on oppresseur gratuitement".

"Hachem lève toi, dans ta colère " (Salette et Segond traduisent de même) "Et enfin accomplis la justice dont tu es toi même la source" ("réveille toi pour moi toi qui as établi le droit" dit Segond, "selon ton jugement" dit Salette, étonnamment concis cette fois).

Les deux traductions manquent le fait que David, prototype de l'homme poursuivi, accusé d'être un faux juif depuis le départ, de par ses origines, a été placé dans cette situation parce qu'il était jugé au niveau des petites erreurs de ses intentions et non de ses actes ou même pensées. Au niveau de l'action avec Bath-Sheba il n'a pas commis de faute. Son intention était de donner une lignée du roi Salomon le plus vite possible pour accélérer le tikkun. Sa seule erreur fut d'avoir fait tuer son mari avant que Dieu le fasse mourir en première ligne au combat. Comme le rappelle un site sur le Net " Technically, Bathsheba was not a married woman since David's troops always gave their wives conditional divorces, lest a soldier be missing in action leaving his wife unable to remarry " ( Talmud, Shabbat 56b ). David n'aurait jamais existé si Hachem n'avait pas pris au sérieux les intentions (David vient d'une inceste d'un père ancêtre des moabites - Lot - avec ses filles mais où l'intention était de survie du groupe, d'un beau père avec sa belle fille prise pour une prostituée - Juda et Tamar - mais où l'intention de Tamar était d'engendrer les rois d'Israël, de sorte que Dieu valorisa la part de bonne intention, et il fit de même avec les femmes de Moab, le peuple qui malgré son ascendance abrahamique ne nourrit pas Israël à la sortie d'Egypte, mais ce sont les seuls hommes qui sont engagés dans l'interdiction d'échange avec Israël car seuls les hommes allèrent au devant des israélites pour leur refuser le pain, comme le leur confirma la pudeur Ruth la moabite). Chaque cadeau que fait Hachem a un prix. Le prix de la bonne intention fut l'enfer pour David. Dieu a instruit David en lui montrant comment dans la moindre des bonnes intentions on peut trouver l'étincelle de divin (ce que devra faire le messie pour reconstruire le monde, la récupération des étincelles dans la kaballe), mais le revers est d'être jugé aux intentions. C'est pourquoi il est jugé même responsable des fautes de Samuel dont il fut victime parce que celles-ci eurent lieu du fait de son existence (d'où la notion de faute non intentionnelle). David veut protéger son nefesh parce qu'il a peur d'en devenir fou (lui et sa lignée messianique).

Cette attention aux intentions propre à l'ère messianique se retrouve dans le célèbre verset 10 de ce psaume "toi qui sondes les coeurs et les reins, Dieu juste" (d'ailleurs Salette ne parle que du coeur et pas du rein).

Psaume 33 : "Que les justes se mettent à chanter Dieu. Seuls ceux qui sont véritablement droits méritent de le louer. Louez Hachem, avec les harpes, le luth, les instruments à dix cordes. Chantons lui un chant nouveau. Mettez y les meilleurs de vos chants et instruments". "La louange convient aux hommes droits" dit Segond, "Car magnifier sa hauteur est aux justes chose belle et aimable" dit Salette. Ici c'est la traduction de Segond qui rend le mieux compte de l'accord entre intériorité et chant que désigne le fait en hébreu que seul le droit peut louer Dieu par le chant. "Hachem aime la bonté, la justice, la bonté d'Hachem remplit le monde" (Segond dit "la bienveillance", "les biens du Seigneur" dit Salette). "Le ciel a été créé avec la parole d'Hachem, tout ce que tu vois ne tient que sur le souffle de sa bouche". La parole de la Torah est ce qui le monde dit le Zohar, et la Torah du fidèle doit être tournée vers lui. "Toute leur armée est faite par son souffle dit Segond "de son souffle il a fait son armée" dit Salette.

"Hachem a réuni les eaux dans l'océan et ce monde est rempli d'eau" (l'eau de la mer et celle qui est sous terre) "Que tous ceux qui vivent sur terre craignent Dieu et tous ceux qui vivent sur terre doivent le craindre" . Le lien nature-spirituel selon le Malbim met en rapport la nature selon ses lois avec la nature selon la providence. L'énergie négative d'un individu se combine aux autres pour détraquer le monde. D'où le fait qu'il faut s'habituer à louer Dieu du plus profond de soi pour empêcher que le monde n'encourage en soi les penchants négatifs.

"Ce qu'il a dit est ce qu'il y a, ce qu'il a ordonné est ce qui restera. Hachem annule les décisions des nations. Il annule les pensées des peuples." ("il renverse le conseil des nations", dit Segond, "il détruit et corrompt ce qui se décide dans la tête des peuples" écrit Salette sur un mode plus clair)

"La seule chose qui restera c'est ce qu'Hachem a décidé.Le projet de son coeur, s'étend sur des générations"  "le conseil de l'Eternel subsiste à toujours et les projets de son coeur, de génération en génération" dit Segond "le conseil invariable du Seigneur demeure à jamais, ce qui est agréable à son coeur dure d'âge en âge". Segond là dessus est plus près de l'intention avec la notion de "projet".

Un petit plus donc pour Segondsur ce psaume, même si sa traduction comme celle de Salette ne permet pas de comprendre clairement que le Psaume incite à comprendre la réparation de Dieu sur plusieurs génération, quand la parole portée par l'homme n'est pas assez bonne pour le monde.

Psaume 39 : "En mi medish èo dit : jo prenerèi guarda a tot ço que jo harei etc" (je prenais garde à tout ce que je ferais), chez Segond "je disais : je garderai mes voies de peur de pêcher par ma langue" en hébreu:  "Je me suis convaincu de toujours faire attention à mon comportement (mais dans Chouraqi c'est "mes routes"), et de ne pas fauter avec ma bouche, j'ai toujours essayé de faire attention de fermer ma bouche lorsque le méchant devant moi me calomnie" (Salette dit "l'inique"). Il a montré que lorsque, poursuivi par son fils Absalom se leva contre lui (2 Samuel 15) il supporta les reproches du chef du Sanhedrin sans rien dire. "Je suis resté muet" en français, puis "et oui même du bien je me suis tu" écrit Salette, le français dit "éloigné du bonheur" (ce qui n'a rien à voir) les interprètes disent "même si on pourrait penser qu'il serait bon de répondre". Salette ici fait un effort supplémentaire par rapport à la Bible de Segond, mais rate quand même le sens juif. "Mon coeur était chaud" en traduction littérale de l'hébreu, "je sentis à mon coeur une grande chaleur" chez Salette, "mon coeur brûlait au dedans de moi" en français (Salette est plus près de l'hébreu). Le Talmud dit que les reproches contre David à propos de Bethsabée glaçaient le sang dans ses veines, mais qu'il se retenait de répondre pour ne pas leur enlever une place une place dans le monde futur (car celui qui fait honte en public à quelqu'un n'a pas de place au monde futur). "Mes pensées étaient pleines de feu" chez Salette comme dans l'hébreu ("dans mon gémissement un feu s'allumait" dit Segond). "Il n'y en a qu'un seul à qui je vais parler Hachem" (Salette "A Dieu ma langue a dit ceci", Segond "Et la parole est venue sur ma langue") : "Dieu, je t'en supplie aide moi à connaître que je suis un mortel" ("connaitre ma fin" dit Segond, "montre moi ma mort" dit Salette). "Aide moi à le ressentir et aide moi à comprendre que ma vie est mesurée" - "quelle est la mesure de mes jours" chez Segond, "que je sache le contenu de mes années" : ici Segond est plus éloigné du texte hébreu où il ne s'agit pas de contenu mais les 2 perdent le "aide moi à le ressentir"... "Aide moi à comprendre à quel point je ne suis pas indispensable ("je reconnaîtrai combien je suis fragile" chez Segond, le vers n'existe pas chez Salette). "Et en vérité combien l'homme devrait se rendre compte que son existence n'est que vanité" - Segond dit "Oui, tout homme debout n'est qu'un souffle"." Certes tout homme est toute vanité" chez Salette (plus près de l'hébreu) "Un homme avance dans l'obscurité" "il passe comme l'ombre" dit Salette "l'homme se promène comme une ombre" dit Segond. Les traductions ensuite se rejoignent sur l'idée que l'homme amasse au profit de quelqu'un d'autre. "Et je n'ai en vérité  qu'une seule demande, tout ce que j'attends de toi, sauve moi de la faute, et ne me laisse pas devenir comme eux une ordure" ("ne m'expose pas au déshonneur de l'insensé" dit Segond "et ne pas m'abandonner à la joie folle de ceux qui n'ont aucun entendement" dit Salette très loin de l'original).

"Aide moi à vivre que je suis mortel". La date de la fin de sa vie l'obsédait au point qu'il a forcé Hachem à lui dire qu'il mourrait un jour de Sabbat et, tous les sabbats il se scotchait à la Torah pour que l'ange de la mort ne puisse pas le prendre, ce qu'il fera à ses 70 ans quand la chute d'un arbre put le distraire de son étude. Pourquoi était-il obsédé par le jour de sa mort ? David avait toujours été refusé par ce monde parce que son âme était trop spéciale ou parce qu'il était chargé de préparer le tikkun du monde (cf  Ari Ha'Kadosh/Isaac Louria). C'est pourquoi il ressentait la vanité de sa vie. Il était prisonnier des klippot (les écorces négatives du monde). Il est dit éternel et plus présent dans le monde depuis 3 000 ans que les prophètes.

Malade pendant six mois après l'affaire de Bath-Sheva quand Dieu l'a frappé et quand tout le monde s'est ligué contre lui.Selon le Sforno (1470-1550) David était un admoni, un rouquin aux yeux pleins de sang (Samuel I, Chap.16, verset 12), né avec une nature qui a effrayé Samuel et exerçait une fonction de roi qui lui interdisait de garder le silence (il aurait dû couper des têtes). Mais comme il était d'essence royale, par delà l'extériorité de la fonction, il pouvait se taire. Donc il n'est rien en tant que David, mais devant Dieu par son essence il est éternel.

Il me semble que sur ce Psaume Salette est souvent plus littéral que Segond, mais manque un peu ce besoin qu'a David de méditer sur la durée de ses jours, et donc manque cette forme de récupération de son essence royale que marquent son choix du silence et son face à face avec la mort.

Il y a donc dans l'ensemble quelques points sur lesquels Salette fait mieux que Segond dans sa traduction, mais d'autres sur lesquels il est plus simple. Beaucoup, à cause de l'arrière plan chrétien, s'éloignent de la connotation eschatologique purement juive que porte le texte hébreu. On peut se demander pourquoi il y a eu un retour aux Psaumes chez les calvinistes de la Renaissance, pourquoi ce succès des psautiers dans la liturgie. Mais je ne connais pas assez bien l'histoire du protestantisme pour répondre à cette question.

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St Jacques de Compostelle et Rocamadour

14 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #Grundlegung zur Metaphysik, #Moyen-Age

"Il ne faut pas aller à St Jacques de Compostelle, c'est le royaume des morts", me disait une prédicatrice évangélique spécialiste de la démonologie il y a peu. Pour elle le culte des saints catholiques revient à une abominable invocation des morts prohibée par l'Ancien Testament... Le propos n'est pas si absurde. C'est vrai que St Jacques est d'abord une affaire d'ossements et de reliques. Au IXe siècle l'évêque Théodemir découvrait le squelette de cet apôtre dans un mausolée romain, ce qui allait en faire le plus grand lieu de pèlerinage de la chrétienté médiévale.

Je trouve que Bunuel dans son film "La voie lactée" rend bien justice à cet aspect des choses quand les deux mendiants sur le chemin de la Galice voient un quidam leur expliquer "Rebroussez chemin, on vient de découvrir que les restes dans le tombeau n'étaient pas ceux de St Jacques le Majeur mais de l'obscur hérétique Pélage, il n'y a plus rien à Compostelle", ce qui est d'autant plus drôle que Pélage dans le film avait été présenté comme une sorte de gnostique libertin.

Je lisais récemment un article qui montrait qu'au Moyen-Age ce haut lieu de culte mortuaire d'un apôtre faisait système avec un autre du même acabit dans le Sud-Ouest de la France : Rocamadour où, en 1166, furent trouvés les ossements d'un Saint Amadour identifié à Zachée, l'agent du fisc chez à qui Jésus avait rendu visite (Luc 19-1 à 10) et qui se serait retiré en Gaule avec son épouse Ste Véronique dans la solitude de Rocamadour comme Ste Marie-Madeleine à Ste Baume.

En 1172 fut établi un récit de 142 miracles survenus autour du sanctuaire de Notre-Dame-de-Rocamadour. Un d'eux fait état d'un jugement de Dieu dont aurait victime la reine (en fait princesse) Sancha, Sancie, épouse de Gaston V de Béarn, mort en 1170 sans postérité, soupçonnée d'avortement criminel, jetée du haut du vieux pont de Sauveterre-de-Béarn, qui fut sauvée du flot du gave en implorant Notre Dame de Rocamadour.

La princesse, fille du roi de Navarre, broda à la gloire de sa libératrice une tapisserie et l'envoya à l'église de Rocamadour par l'intermédiaire de l'abbé Géraud d'Escoraille, abbé du monasyère de Tulle et de Rocamadour, qui revenait de St Jacques de Compostelle.

Les trois récits connus du miracles divergent sur le nom de l'héroïne et la date de l'événement. Ce jugement de Dieu en Béarn est improbable puisque la princesse est censée avoir été jugée par les navarrais (on estime que la princesse rendant visite à sa mère en Béarn aurait plutôt été menacée de noyade mais non en vertu d'une procédure judiciaire). Tout porte à croie que la légende fut forgée à Rocamadour puis importée à Sauveterre. Sa précision surprend cependant par rapport à celle des autres miracles de la série est les historiens s'accordent à penser que la remise d'une tapisserie à l'abbé Géraud de retour de St Jacques pour Rocamadour est authentique car un des auteur des manuscrits en a été le contemporain et elle figure à l'inventaire des cadeaux au sanctuaire avant que les Huguenots ne saccagent ce repaire du paganisme idolâtre. Etienne Doze, ancien magistrat, dans "Miracles à Sauveterre de Béarn" (Revue de Pau et du Béarn 1997 p. 262 et suiv) note que "le don de Sancie s'inscrit dans un remarquable courant de dévotion des souverains espagnols vis-à-vis de ND de Rocamadour", qu'il attribue à une possible jalousie des navarrais et des castillans à l'égard des rois du Léon qui contrôlaient Compostelle. Les dons des rois espagnols à Rocamadour sont nombreux et Alphonse VIII de Castille avait notamment offert à ND de Rocamadour et à l'abbaye de Tulle en 1181 deux villas sur le chemin de St Jacques. Un étendard offert par le roi de Castille à ND de Rocamadour  avait dû être rapatrié suite à une vision à la veille de la bataille de Las Navas de Tolosa ce qui aurait assuré la victoire aux chrétiens en 1212.

On voit à travers cet exemple l'existence de complémentarités et de rivalités entre des pôles de dévotion et de pèlerinage axés chacun sur leurs propres reliques et qui jouent un rôle important dans la vie spirituelle et politique des familles royales d'Europe occidentale, tout un système qui est peut-être éloigné de la notion biblique de salut à laquelle se réfèrent aujourd'hui (comme leurs ancêtres huguenots) les évangéliques aujourd'hui mais qui était manifestement très ancré dans la socio-anthropologie des XIe et XIIe siècle.

 

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Abkhazie, Proche-Orient, état d'urgence, runes de Kensington, Phebus

2 Août 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme, #Béarn, #Abkhazie

Abkhazie, Proche-Orient, état d'urgence, runes de Kensington, Phebus

La situation se tend en Abkhazie : référendum avec 1 % seulement de participation, émeutes, comme l'explique Lenta.ru, le pays n'a pas de ressources à part le tourisme, les élites sont divisées, on n'est plus dans l'ambiance de 2009 quand j'avais participé au contrôle électoral du scrutin qui avait débouché sur la réelection de feu le président Bagapch...

Je ne suis guère d'humeur à commenter l'actualité internationale. Si tout le monde a raison d'être contre Daech, notre ardeur à aller bombarder ces extrémistes pourrait bien nous attirer l'hostilité des populations locales en Syrie et en Irak. On a souligné en juillet les morts civils provoqués par l'armée française en Syrie. Notre grande presse aurait dû en parler plus. De même qu'elle aurait dû se faire l'écho de la condamnation de l'ingérence française en Libye par les autorités de ce pays. Je ne parle pas de l'ingérence de 2011-2012, mais de celle de nos forces spéciales en ce moment même. Pas sûr non plus que l'initiative des Etats-Unis de bombarder Daech en Libye soit si positive que cela, même s'il faut bien admettre que face à ce groupe de fous furieux on ne sait pas trop quoi faire d'autre...

Le Monde toujours dans son rôle habituel dénonce l'emploi de gaz toxiques en Syrie au moment même où l'opposition essaie de desserrer l'étau militaire que le gouvernement légal lui impose à Alep. Cela s'appelle de la propagande de guerre de bas étage comme toujours.

En ce qui concerne la Turquie, pensez vous qu'Erdogan a lui-même organisé le coup d'Etat d'opérette dont il a été victime ? Je vous laisse juge...

L'actualité française non plus n'est pas gaie. Attentat de Nice, assassinat d'un prêtre en Normandie... Voilà qui nous place dans un état d'urgence permanent - l'Etat de droit devient chimérique, on va même s'habituer à organiser des élections sous le coup de l'état d'urgence, ce qui est contraire aux principes fondamentaux de la République. Pas étonnant que dans ce contexte sordide la loi El Khomri finalement soit passée comme une lettre à la Poste, et on doute que le mouvement social puisse se redresser à la rentrée. Ce sont les grévistes qui ont sacrifié leur salaire, ceux qui ont pris une balle en caoutchouc dans le bras, les étudiants qui ont été condamnés en justice pour avoir tenté d'aider un camarade tabassé qui doivent l'avoir amère... Qui arrêtera l'ubérisation de la société en marche ? Un Mélenchon qui fera 12 % au premier tour alors que Juppé fera 60 % au second ? Le régime est en crise, mais les alternatives font défaut.

Voulez vous que je vous raconte une jolie petite histoire pour finir ? Un monsieur, Olof Ohman, a trouvé une pierre garnie d'écritures sacrées scandinaves (les runes) dans son jardin en 1898 dans le Minnesota aux Etats-Unis. Le texte était daté de 1362, laissant entendre que des hommes du Nord l'avaient laissé là un siècle avant la découverte officielle du continent. On a accusé Ohmann d'avoir lui-même gravé la pierre. Aujourd'hui on en reconnait l'authenticité et l'on s'interroge sur un mystérieux X croché qui y figure, commun aux Templiers et à la signature de Christophe Colomb. Quoi, ça ne vous fait pas rêver ? Bon, alors couchez vous en regardant la série des années 1970 "Gaston Phebus le lion des Pyrénées" en 6 parties ci dessous. Les auteurs y inventent un peu n'importe quoi quant aux relations entre Agnès de Navarre et le comte de Foix-Béarn - je me demande en particulier d'où leur est venue l'idée de les faire se marier dans une ancienne église de Templiers - mais cela fait réfléchir à un des mystères du XIVe siècle : la montée en puissance de cet étrange chevalier qui a failli bâtir un royaume pyrénéen indépendant...

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Le Béarn dans l'oeuvre de Nostradamus

2 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

8ème centurie 1er Quatrain

PAU , NAY , LORON plus feu qu'à ƒang ƒera ,

Laude nager , fuir grand aux ƒurrez ,

Les agaƒƒas entrée refuƒera ,

Pampon , Durance les tiendra enƒerrez .

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Fête des bergers à Aramits

23 Juillet 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

J'étais hier à Billère, en Béarn, où des commerçants ont lancé il y a peu une monnaie alternative, la "tinda" (prononcer tinde), non spéculative, dont l'AFP a parlé récemment. Le design des billets ne me plait guère, mais c'est une initiative qui mobilise des "énergies positives" comme on dit.

Aujourd'hui, plongée dans l'ambiance de mon roman "La révolution des montagnes" (Editions du Cygne) : j'étais à la fête des bergers d'Aramits (la capitale de la vallée du Barétous, qui a donné son nom au mousquetaire Aramis des Trois mousquetaires.Poutou des bois au menu.

La musique que l'on entend dans la vidéo ci-dessous est une chanson que j'avais apprise à l'école primaire.

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En public

2 Novembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

diogenosHipparchiaIl se passe des choses curieuses en Béarn. Au lavoir qui fait face au château de Pau hier, sous un soleil de Toussaint, sur un banc parmi les platanes je vis un homme entièrement nu à vingt mètres de moi qui forniquait avec une femme allongée qu'on ne voyait pas bien, mais dont les jambes en l'air portaient encore des bas. Ce jardin public à 16h30 de l'après midi était pourtant ouvert à tous, plus loin un type urinait contre un mur. J'ai trouvé bien audacieux ce Cratès de l'époque moderne avec son Hipparchia, et me demande bien si cet étrange couple est coutumier de ces pratiques. PS : Voir aussi ceci.pau.png 

 

PS : En novembre 2016 un scène semblable quoique plus vêtue a été signalée dans le métro de Barcelone par The Mirror. Idem en version naked sur la Costa Blanca en août 2015.

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Marie Dubois

22 Octobre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

Marie Dubois, second rôle de "Tirez sur le pianiste" de Truffaut (1960) décédée la semaine dernière dans la sainte ville de Lescar (Béarn), où elle vivait (je l'ignorais). Lescar-Beneharnum où est enterrée l'immense soeur du roi de France François Ier et écrivaine, Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre. Deux grandes âmes ont traversé Lescar.

 

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