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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #espagne tag

Renouveaux nationaux, Equateur, The Empire Files

27 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La droite, #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE, #Débats chez les "résistants", #Espagne

Les identités nationales relèvent la tête. En Grande-Bretagne UKIP ne veut plus recevoir de leçons d'anticolonialisme (c'est pourquoi je pense que Macron avec sa tirade sur l'Algérie a 10 ans de retard par rapport à l'histoire des idées, même s'il est exact que les crimes de guerre là bas furent atroces au 19e siècle comme dans les années 50-60). En Espagne dans El Pais du 27 février, l'universitaire andalouse María Elvira Roca Barea explique : L'Inquisition a tué 1 300 personnes en 140 ans, Calvin en a brûlé 500 en 20 ans. Elle se propose de lutter contre l'hispanophobie qui a inspiré l'intelligentsia européenne depuis le 18e siècle (un sujet que j'ai un peu abordé en parlant de Custine il y a 5 ans - déjà !).

Mon petit côté romanesque me fait m'intéresser à cette Clémentine Autain de droite qu'est la journaliste Charlotte d'Ornellas, née en 1986,visage de Jeanne d'Arc en 2002, qui avait en 2014 nourri les polémiques avec un article dans Boulevard Voltaire sur un viol avec actes de barbarie sur un Française de 18 ans par des jeune morveux proche-orientaux à Evry. L'hiver dernier elle se réjouissait de la libération d'Alep Est, puis publiait un livre sur les chrétiens d'Orient et fondait une revue qui chante la louange de Marion-Maréchal Le Pen. Un fossé m'a toujours séparé des catholiques conservateurs que j'ai connus au cours des trois dernières décennies, et plus encore maintenant que je commence à comprendre certains ressorts métaphysiques de ce monde (un sujet qu'hélas je ne peux pas trop aborder dans ce blog car je ne veux pas choquer les lecteurs laïques). Mais il est toujours intéressant de découvrir ce qui fait la chair et le sang des diverses tendances politiques, puisqu'il faut bien que les idées s'incarnent.

La lecture d'Emmanuel Berl me fait prendre du recul à la fois à l'égard de ce qui à fait la grandeur et la misère de l'internationalisme et de ce qui a fait et fera la grandeur et la misère des nationalismes. Le mouvement de balancier a l'air assez inévitable, même s'il est vrai que la technologie en complique la problématique ou en atténue la portée.

On s'inquiète en ce moment de la possible défaite au second tour de la présidentielle le 2 avril prochain du dauphin de Correa en Equateur. Le président sortant a un plan B pour provoquer une "mort croisée" de l'exécutif et du parlement (acquis à sa cause) un an plus tard. La constitution le lui permet. Mais en attendant c'est Assange qui en ferait les frais. Tout cela en partie à cause de la candidature au premier tour de Cinthia Viteri (cf ci dessous). Mais pas seulement bien sûr... La défaite de la gauche au 1er tour dans les zones orientales indigènes où sévit l'extraction pétrolière doit faire réfléchir...

A part ça, il y a des discussions dans les milieux anti-impérialistes anglo-saxons sur la série "The Empire Files" qui passe sur TeleSur English. Il paraît que c'est génial...

Je ne l'ai pas encore regardée. Voici l'épisode sur la Syrie. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

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Espagne, Arabie Saoudite, Alep, Congo-RDC, Caracas, Cuba

29 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Espagne, #Revue de presse, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

Le parti socialiste espagnol éclate sur la question du "non à Rajoy" qui est aussi celui de l'unité de l'Espagne, car le blocage voulu par le secrétaire général Sanchez de l'accès au pouvoir du PP pour ménager une alliance possible avec Podemos implique une adhésion à l'Espagne fédérale, Podemos étant complètement allié aux indépendantistes catalans. Pour une fois je suis plutôt d'accord avec l'aile droite des socialistes : la voie de l'alliance avec Podemos signerait la disparition de l'Espagne.

Concernant les autres nouvelles internationales et nationales, je note que Mme Clinton a ressorti son savoir-faire de politicienne dans son débat avec Trump, mais comme l'a noté Nigel Farage cette semaine cela ne préjuge pas de l'impact du débat sur l'opinion publique. Je note que le Congrès américain a rejeté à une très large majorité un veto du président Barack Obama sur une loi autorisant les proches de victimes du 11-Septembre à poursuivre en justice l’Arabie saoudite et que cela a agacé les autorités du Bahrein, si j'en crois Al Manar. Voilà qui peut aussi faire plaisir au pauvre peuple yéménite (d'ailleurs John Kirby a regretté "l'imprécision" des bombardements saoudiens au Yémen, ce qui est peut-être un début de condamnation de l'horrible guerre menée par Riyad dans ce pays). L'Arabie saoudite a menacé la présence militaire sur son sol de représailles. Dans l'ordre du fait divers révélateur les lecteurs de ce blog auront peut-être vu qu'un artisan venu effectuer des travaux au domicile d'une princesse saoudienne aurait été frappé, ligoté et mis en joue durant quatre heures.

Je remercie Proche&Moyen-orient.ch d'avoir bien voulu publier un mien billet sur les tensions entre les yezidis et le gouvernement régional kurde d'Irak. En ce qui concerne la bataille d'Alep où les Russes et l'armée légale abusent des armes incendiaires chargées de compositions aluminothermiques – plus efficaces encore que le phosphore quand il s’agit d’allumer des foyers – sur des quartiers résidentiels, on ne comprend pas bien pourquoi les civils n'ont pas fui comme à Mossoul ou Fallouja. Même si la liquidation du foyer islamiste de l'Est d'Alep est nécessaire au retour de la paix en Syrie, nous devons avoir une pensée morale pour les civils qui paient un prix élevé en ce moment. L'armée russe aura-t-elle un jour la culture de la proportion dans la répression ?

Ayrault à Sciences Po agite le spectre de la guerre civile en RD du Congo (qui a déjà beaucoup donné sur ce volet : des millions de morts en dix ans). François Hollande avait accusé l'État congolais de s'être rendu coupable "d'exactions" contre son peuple les 19 et 20 septembre à Kinshasa. Le porte parole de Kabila Lambert Mende, réplique : "le Congo n'est pas un département d'outre mer".

La démocratie reste impossible en Afrique à quelques exceptions près comme le Bénin. Au Gabon les élections sont volées. En Somalie elles sont indéfiniment reportées.

En Amérique du Sud, on peut espérer que l'accord de l'OPEP va redonner un peu d'oxygène au régime chaviste qui a reporté le référendum révocatoire. L'Argentine, le Brésil, le Paraguay, le Mexique, le Chili et le Pérou sont vent debout contre Caracas, notamment pour l'expulser du Mercosur. Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski a dit samedi qu'il a l'intention de former un « groupe de soutien » dans la région pour favoriser une « transition dans l'ordre » pour le changement de gouvernement au Venezuela. Maduro invite Kerry à Caracas.

L'ingérence à Cuba ne faiblit pas non plus. Les étudiants de la Fédération estudiantine universitaire se mobilisent contre la campagne de bourses de l'organisation "non gouvernementale" Learning World liée à l'agence fédérale américaine USAID qui court-circuitent les rectorats universitaires et dont le contenu viole les principes éthiques nationaux cubains.

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La franc-maçonnerie dans la Seconde République espagnole

7 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités

Je n'ai pris conscience du caractère maçonnique de la république espagnole qu'en apprenant à la lecture des archives de mon grand père officier de la garde civile républicaine que dans les années 60-70 les francs-maçons étaient les derniers à organiser des réunions de soutien à celle-ci à Paris rue Cadet.

La péninsule ibérique a été travaillée par l'action des francs-maçons au début du XXe siècle. Début 1908 le roi du Portugal avait été assassiné. Cinq semaines plus tôt, le 25 décembre 1907, l’abbé Tourmentin dans le bulletin de l’association antimaçonnique de France publiait un article prophétique où il disait « il est bien à craindre que, dans un temps plus ou moins court, Don Carlos déchu, chassé ou exécuté, ne soit un nouvel exemple de la puissance des francs maçons » . Et c'est dans une République largement pro-franc-maçonne que la Vierge de Fatima est apparue.

En Espagne, le soulèvement de décembre 1930 à Jaca avait été organisé par les maçons. Six semaines avant les élections municipales du 2 mars 1931, F. Coty dans le Figaro avait stigmatisé l'insuffisance de l'action anti-maçonique du gouvernement de Primo de Rivera. En 1928, une perquisition aux sièges du Grand Orient de Madrid et de la Grande Loge symbolique n'avait pas été suivie d'effets. Ces perquisition provoquèrent une mobilisation internationale contre le régime espagnol. En avril 1930 Jean Longuet, membre du comité exécutif de l'internationale ouvrière socialiste, maçon et fils d'un gendre de Marx soutient les républicains à Madrid.

Les conjurés de Jaca (dont le leader le capitaine socialiste Fermin Galán était maçon depuis 1925) et de l'aéroport de Cuatro Vientos proposaient une liste de 10 membres d'un gouvernement provisoire dont 7 francs-maçons, les 3 autres ayant seulement pour fonction d'établir des contacts avec des milieux de droite. Tous ces noms allaient se retrouver dans le gouvernement du 14 avril 1931. La revue maçonnique argentine Cadena de Union en avril 1931 (article de Manuel Gualdi) saluait cette victoire sur le catholicisme. El Liberal fait de même dans un article repris dans le Boletin oficial del grand oriente espanol (n°61, 10 décembre 1931). Le bulletin du Grand Orient allait ensuite tenter d'atténuer cet excès de publicité - qui nuisait à ses intérêts en précisant : "C'est bien clair. La Maçonnerie ne gouverne le pays" . D'où ensuite les destructions d'édifices religieux dès mai 1931.

Le député carliste Lamamié de Clairac à la séance des Cortès du 14 novembre 1936 a accusé la révolte des Asturies d'octobre 1934, comme celle de Catalogne, contre le gouvernement de droite issu des élections de novembre 1933 d'avoir été orchestrées par les francs-maçons, ce qui expliquerait que des leaders condamnés à mort en conseil de guerre comme le socialiste González Peña (pour lequel une mobilisation fut lancée par les francs-maçons) ou le catalan Perez Farras commandant de division lors de l'insurrection de Barcelone (futur conseiller militaire de Durruti) aient été graciés (en prison il aurait dit "mes frères me sortiront de là"). L'URSS a été accusée de fournir des armes aux insurgés. Le 15 février 1935, le député Cano Lopez dépose un projet interdisant la franc-maçonnerie dans l'armée. Le projet est voté mais restera lettre morte. Il citait 21 généraux francs-maçons (dont certains cependant sont devenus nationalistes pendant la guerre civile, ce qui peut signifier qu'ils n'étaient pas très lourdement investis dans la maçonnerie, ce fait mériterait d'être analysé plus avant pour savoir quelle fraction de la maçonnerie était derrière la République). Franco allait aussi accuser plus tard la franc-maçonnerie de Genève d'avoir été derrière l'assassinat du leader Calvo Sotelo (qui avait analysé publiquement la bolchévisation du PSOE) en 1936.

Cette place de la maçonnerie dans la seconde république espagnole n'est pas mise en avant dans nos livres d'histoire, mais éclaire sous un jour un peu particulier la question de l'ingérence étrangère dans les affaires espagnoles dès avant 1936.

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Kosovo, Burundi, Inés Arrimadas

10 Novembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Peuples d'Europe et UE

Le Kosovo manque à deux voix près la majorité des deux tiers pour être admis à l'Unesco.

A ce jour, le Kosovo a été reconnu par 111 pays. Ici un site consacré aux arguments contre l'entrée du Kosovo à l'Unesco.

La Chine et la Russie font obstacle à une résolution imposant des sanctions au Burundi.

Bon, à part ça je pense que personne parmi mes lecteurs ne regrettera la disparition d'André Glucksmann.

Pour finir, une vidéo d'une de mes politiciennes espagnoles préférées... Une vidéo qui n'a rien à voir avec la nouvelle de 2013 "el 'conseller' de Empresa i Ocupació, Felip Puig, preguntó a la diputada de Ciutadans Inés Arrimadas si en el futuro posará desnuda en un cartel electoral, en referencia al desnudo protagonizado en el 2006 por el líder de Ciutadans, Albert Rivera, durante la primera campaña electoral en la que concurrió el partido". Sévillane, elle fait partie des politiciens "mas atractivos" selon El Mundo. Son discours contre Mas est bon (à part le volet européiste). Entre elle, et les leaders d'Izquierda Unido et de Podemos, il faut reconnaître que l'Ibérie a un don de produire des politiciens jeunes que nous n'avons pas.

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"Europarlement" : IU sur la Monarchie et la Syrie

11 Octobre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #La gauche, #Espagne, #Proche-Orient

Le 7 octobre la porte-parole de Gauche unie (Izquierda unida) au Parlement européen, Marina Albiol, a présenté une motion d'ordre au début de la session le mercredi à Strasbourg pour retirer de l'ordre du jour le discours du roi Felipe de Bourbon qui selon son groupe n'a pas de légitimité démocratique pour intervenir dans cette enceinte.

Au nombre des bonnes prises de position de Gauche unie aussi, l'intervention de Javier Couso le même jour déclarant à propos des appels des Occidentaux à Poutine pour qu'il ne bombarde que Daech : "Il est insultant que les États-Unis et de l'OTAN demandent de ne pas attaquer Al-Qaïda et Al-Nusra".

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L'accueil de la France au monarque espagnol

9 Juin 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

L'accueil de la France au monarque espagnol

Le journal El Mundo la semaine dernière expliquait que le représentant de la monarchie installée par la dictature fasciste en Espagne avait été très bien accueilli par l'Assemblée nationale française et que tous les députés s'étaient levés pour applaudir son discours.

J'ai écrit au député communiste du Nord Jean-Jacques Candelier, qui est quelqu'un dont j'ai souvent apprécié les prises de position en politique étrangère, pour savoir si lui aussi s'était levé et ce qu'avaient fait les députés de son groupe. Voici ce que m'a répondu son assistant parlementaire :

"Bonjour, en ce qui concerne Jean-Jacques Candelier, il a préféré boycotter cette cérémonie. D'autres députés du groupe étaient présents mais nous ne savons pas quelle a été leur attitude."

Je suis heureux qu'il n'ait donc pas cédé aux sirènes consensuelles.

Notons que la posture de la mairesse socialiste de Paris Anne Hildalgo a été critiquée à juste titre par des associations de Républicains espagnols. Vous aussi n'hésitez pas à demander à vos députés des comptes sur leur attitude lors de cet accueil réservé aux souverains espagnols à un moment où ceux-ci sont particulièrement controversés dans leur pays.

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L'URSS et les mineurs des Asturies

26 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

spain2Paul Morand, 13 février 1970 : "Il faut être naïf comme un philosophe (Garaudy) pour s'étonner que l'URSS envoie du charbon à l'Espagne pour briser la grève des mineurs asturiens : les deux derniers pays de droite, les deux régimes absolus qui restent : Espagne, URSS s'entr'aident."


poupées

Ca rappelle Cioran sur les deux pays les plus mystiques d'Europe - Russie et Espagne.

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Indépendantisme catalan

22 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

catalonia.jpgMoi qui suis à 25 % catalan par mes origines, je dois quand même vous parler un peu de ce sondage du Centre d'Estudis d'Opinió évoqué par El Mundo aujourd'hui, selon lequel s'il y avait des élections générales maintenant 17,6% des gens voteraient pour les indépendantistes de gauche d'Esquerra republicana (ERC) contre 16, 6 pour le centre droite CiU qui a gouverné la Catalogne pendant si longtemps, lequel représente le double du Parti socialiste. 54,7% des catalans voteraint pour l'indépendance en ca sde référendum. Il s'agirait du résultat de l'agitprop souverainiste entretenue par le président de la Generalitat Arturo Mas (CiU), qui n'en tire aucun bénéfice puisque sa cote de popularité à 4,75 passe sous celle d'Oriol Junqueras d'ERC à 5,6.

 

Vraisemblablement l'Espagne ne laissera pas la Catalogne la quitter, et celle-ci, comme la Flandre belge, risque de mariner encore dans son ressentiment sécessionniste et la haine de la "convivencia". Sauf à ce qu'une formule bizarre confédérale sorte du chapeau des politiciens espagnols... qui ne manquerait pas d'avoir des effets dans ma région aquitaine natale, et dans tout le sud de la France...

 

Par ailleurs un autre sondage commandé par la Generalitat et les Oeuvres sociales de la Caixa révèle que seul un quart des immigrés (25,6 %) veulent l'indépendance de la Catalogne, ce qui révèle quand même un petit problème d'ouverture de la "catalanité"...

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Marinaleda

3 Juin 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

Un petit docu réalisé par la communauté d'Emmaüs-Lescar (que j'ai visitée il y a 5 mois) sur une commune andalouse  peuplée essentiellement d'ouvriers agricoles qui vivent en autogestion.

 

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Et si l'austérité européenne coulait l'indépendantisme catalan ?

20 Mai 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

Il y a quatre jours, Pere Navarro, premier secrétaire du Parti socialiste de Catalogne (PSC), était l'invité de l'émission politique "El Debate" de TVE. Il est reproché au PSC de faire le lit du nationalisme catalan en acceptant le principe d'un référendum inconstitutionnel sur l'indépendance (tout en disant qu'il prônera le "non" à ce référendum). Je me demande si, paradoxalement, la politique d'austérité dictée par l'Allemagne à l'Union européenne n'a pas un effet collatéral positif : en obligeant la Catalogne (comme les autres communautés autonomes espagnoles) à définir une politique d'austérité, l'Union européenne fait éclater la coalition nationaliste qui dirige la Generalitat, entre d'une part le centre-droit nationaliste (CiU) "austéritaire" et la gauche nationaliste utopiste (Esquerra republicana de Catalunya) plus progressiste, de sorte qu'aucun budget n'est voté et que le PSC (noniste du référendum) pourrait être appelé en renfort pour intégrer la coalition dirigeante. Cela lui confèrerait un pouvoir d'influence pour couler le projet de référendum. Voilà peut-être une "ruse de l'histoire" comme disent les hegeliens.

 
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Le quart d'heure espagnol

22 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

Bon allez un petit quart d'heure espagnol (dans ce blog bordélique pourquoi pas ?)

 

- Eroticoporno : une actrice X catalane María Lapiedra fait campagne pour le président de la généralitat Artur Mas dans le clip ci-dessous. Ca ne vous rappelle pas le vrai-faux clip de soutien à Mélenchon au printemps dernier ?

 

 

- Repentance : L'Espagne vient de décider d'accorder la nationalité de ce pays à tous les Séfarades du monde qui parlent le judéo-espagnol (250 000 personnes) pour se faire pardonner leur expulsion en 1492...

 

- Union européenne : la commissaire européenne en charge de la justice Viviane Reding a fait savoir que si la Catalogne faisait sécession de l'Espagne, elle se situerait en dehors de l'Union européenne et le droit européen ne s'y appliquerait pas. Une interprétation juridique intéressante, qui aura des effets importants sur les processus politiques de cette "Communauté autonome"...

 

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La victoire des nationalistes au Pays basque espagnol

22 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

Aux élections de dimanche dernier, le Parti national basque (PNV) de droite remporte 34,6 % des voix, et la gauche abertzale (25 %). Celle-ci bénéficie de la fin du terrorisme d'ETA, mais échoue a faire aussi bien en voix qu'aux élections générales de 2011, et perd notamment des suffrages dans son fief de Guipuzcoa qu'elle gouverne (certains croyaient à tort qu'elle dépasserait le PNV).

 

eusk.jpegBeaucoup de médias mainstream ou contestataires (comme Russia Today) se méfient de cette montée des nationalistes basques d'autant qu'elle pourrait se trouver en phase avec l'évolution actuelle de la Catalogne.

 

Je voudrais juste apporter ici quelques nuances à cette vision négative. Je suis très loin d'être un inconditionnel du catholicisme nationaliste basque. Je sais qu'il est mal né (arrimé au romantisme allemand au XIXe siècle et tourné contre la montée du socialisme porté par les ouvriers venus du Sud de l'Espagne).En outre en tant que Béarnais je connais les tendances de ce nationalisme à phagocyter à un vision "euskarocentrique" (et un tantinet victimaire) toute l'histoire de la Gascogne avant la conquête romaine et toute son économie actuelle.

 

Mais rappelons quand même qu'à partir des années 30, le PNV fut du bon côté de la barrière : allié des républicains en 1936 puis auréolé du prestige de la résistance anti-franquiste, même si on doit lui reprocher son atlantisme dans les années 80-90 (et rappelons en outre qu'en 1986, le Pays basque avait voté contre le maintien de l'Espagne dans l'OTAN, malgré le soutien du PNV au "oui" au référendum).

 

Le Pays basque, sous le PNV jusqu'en 2009 puis sous les socialistes a profité d'un taux de croissance supérieur au reste de l'Espagne (après une reconversion industrielle réussie) pour continuer à mener une politique keynésienne quand le reste du pays (et l'Europe) choisissait l'austérité pour renflouer les banques. On comprend que l'entité basque (alors que le Pays basque n'a jamais voté pour la constitution espagnole) se pose des questions sur son appartenance au reste de l'Ibérie quand celle-ci pour sa part continue de valider la politique d'austérité du gouvernement Rajoy (voyez le vote majoritaire de la Galice en faveur du Parti populaire).

 

spain.jpgJ'attire votre attention sur cet extrait d'un article de la Voz de Barcelona en avril dernier :

 

""La situation en Catalogne est beaucoup plus dramatique qu'au Pays Basque". Par ces mots de l'historien Fernando Garcia Cortazar analyse la situation politique actuelle et les nationalismes en Espagne. Le professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Deusto (Bilbao) les a prononcés, mardi, en commémoration du bicentenaire de la Constitution de Cadix de 1812 organisé par Impulso Ciudadano.

Auteur à succès, García de Cortázar - ses livres populaires de l'histoire sont toujours des best-sellers -, a rappelé qu'au Pays basque, ceux qui ne sont pas nationalistes, n'ont jamais été abandonnés par le gouvernement, les médias et les centres culturels contrairement à la Catalogne: "Au Pays basque ce sont les nationalistes basques qui sont dans la clandestinité et qui se cachent à l'université, par exemple."

 

Le propos montre que le Pays basque est devenu une sorte de petit frère, à l'école du "grand frère" catalan en matière de sécessionnisme.

 

Cela dit on aurait bien tort aussi d'exagérer l'importance de l'indépendantisme de la Catalogne. Il est clair qu'Artur Mas, actuel président de la Generalitat, joue avec une rhétorique sécessionniste, mais c'est aussi parce qu'il sait que son référendum (promis à la population) sera invalidé par le Tribunal constitutionnel à Madrid et sera désamorcé comme le plan basque Ibarretxe en 2008. En ce moment le même journal (Voz de Barcelona) parle d'une dévaluation de la notation de la Catalogne (alors que celle du Pays Basque reste stable) par Moody et du risque de problèmes de financement pour les grandes entreprises catalanes en cas de choix de l'indépendance. Tout cela sent la vaine agitation comme les "déclarations de souveraineté" basque et catalane du début des années 1990.

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Lo que nunca ha tenido sentido, y nunca lo tendra

16 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

Il y avait ce soir sur Arte une soirée Pedro Almodovar. Je tourne toujours en rond quand je parle de l'Espagne sur ce blog. En fait c'est un sujet dont je ne veux pas parler, mais que je ne peux pas éviter. Un sujet dont je crois toujours pouvoir m'affranchir, mais qui me rattrappe toujours, souvent par l'intermédiaire de tiers.

 

Il m'est retombé dessus quand j'avais 20 ans, par le biais de mes petits camarades de Sciences Po hispanophiles. Aujourd'hui il me poursuit à travers mes cousins. Je crois toujours qu'il n'a plus rien à me donner, et je reçois de lui. C'est étrange. Je reçois mais je n'en fais rien. Du Béarn j'ai fait un roman, de l'Espagne rien. Mais c'est là.

 

Pays compliqué. Très hermétique à mes yeux. Un pays qui a fait peur, pendant des siècles à l'Europe. Car il était le fer de lance de son obscurantisme, de ses ténèbres. Et cependant c'est le pays du "mas vale honra sin barcos que barcos sin honra" face aux Etats-Unis. Ce pays qu'Orwell aimait tant qu'il était persuadé que, même sous une dictature, brune ou rouge, il garderait une décence, une retenue dans les persécutions, que l'URSS et l'Allemagne n'avaient plus (Orwell écrit cela dans l'Hommage à la Catalogne quand un sbire du gouvernement républicain après la liquidation des anarchistes vient fouiller sa chambre).

 

Souvenir de ces pilotes espagnols aux ordres de l'OTAN qui ont refusé de bombarder Belgrade en 1999 et l'ont fait savoir au monde entier. Que sont-ils devenus. L'époque où l'employé du consulat de Yougoslavie (RFY) à Paris tenait à me parler en castillan...

 

J'ai souvent pensé à Cioran qui plaçait un signe d'égalité entre Russie et Espagne du point de vue de leur fonction en Europe et de leur mysticisme. Le néo-conservateur Bernard Lewis trace la même égalité et l'explique à sa façon : deux pays soumis à une longue occupation musulmane, puis qui ont eu leur reconquista, et qui finalement ont colonisé d'autres musulmans. Je ne sais pas. Je connais moins la Russie que l'Espagne, et je connais au fond fort peu l'Espagne, malgré mes attaches familiales là-bas et les longs mois que j'y ai passé. Pour moi la Russie est un pays de fous. Et l'Espagne un point d'interrogation. Je ne sais pas. Je ne comprends pas.

 

Devrais-je faire quelque chose de ce pays ? Quoi ? Aller avec un cousin dans ce village sans habitant près de celui où est né mon père ? Y aller avec un photographe pour des prises de vue... un peu spéciales ? J'ai des idées oui. Des idées. Pas les mêmes qu'à 20 ans, pas avec la même fraîcheur d'esprit, cela va de soi. Mais quand même... Ils ont foutu des éoliennes sur les plateaux de Don Quichote mais ils n'ont pas complètement toutes les idées qui peuvent germer dessus.

 

Est-ce qu'il y a encore des fontaines le long de la Castellana ? J'ai vu que les Indignés ont été sévèrement réprimés il y a quelques jours à la Puerta del Sol. Espagne de l'austérité. Les gens se désapent en public pour protester. Hé quoi ? Peut-on dire que Merkel écrase en ce moment le dernier héritage de la Movida, comme elle s'oppose à ce qu'il reste de la résistance communiste grecque au nazisme ? (je pense à ce vieux, Manolis Glezos, qui a dérobé le drapeau à la Svastika sur l'Acropole, qui est une des figures de proue de Syriza).

 

Mais quoi, tant qu'il y aura Pénélope. Vous souvenez-vous de Sertorius ? "Rome n'est plus dans Rome". L'étrange général romain, un "populaire" anti-aristocrate, qui avait domestiqué une biche si j'en crois Plutarque. Touchante image. C'est en Espagne qu'il cherchait son "autre Rome" et l'eût peut-être construite si ce pauvre idiot de Pompée (ce pauvre pantin devrais-je dire) ne l'en avait délogé. Mais assez parlé ! Nous ne règlerons pas le compte de l'Espagne ce soir.

 

Ici, pour finir, deux films associés au temps où je bossais à l'ambassade de France à Madrid, calle Salustiano Olozaga. Ah, Madrid, ce mirage au milieu du désert, cette cité purement étatique, "villa y corte", pur produit des diktats des rois, avec ses grands avenues américaines, ses bars à sangria et à drogues en tout genre. La ville la moins authentique que je connaisse, et, pour cette raison, celle à l'égard de laquelle je tends à être le plus indulgent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Séville/Saint-Sébastien

23 Mai 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne

Mes amis, j'étais à Séville ce weekend. Quitter l'Espagne est toujours un crève-coeur pour moi depuis 20 ans, bien qu'à chaque fois que je m'y rende en me jurant que je resterai insensible au charme de ce pays.

 

lagiralda.jpg

Qu'est-ce qui me retient donc toujours en Espagne ? Un peu sa résistance apparente au temps : à Séville point de minettes vulgaires aux hanches débordantes de graisse en pantalons taille basse comme à Naples, plutôt des femmes de tous âges très élégamment habillées, et ces moins de 30 ans aux formes sculpturales que m'avait déjà vantées une vieux dans un TGV en 1994. A Séville personne n'est suspendu à son téléphone portable comme si le sens de sa vie en dépendait ainsi qu'on le voit en France et en Italie. La résistance au temps pour le meilleur et pour le pire : ces corridas auxquelles on ne renonce pas, ces cortèges de processions qui battent le tambour le samedi "chrétiens repentez vous", et ces abominables hommage au coup d'Etat du 18 juillet 1936 qui surgissent de l'espace en face-même de la Giralda.

 

P1010560.JPG

Mensonges du christianisme espagnol construit sur le sang des Arabes, des Indiens et des communistes. Une série de tragédies assumées, dissipées dans l'indolence des bars à tapas et des fontaines de sangria. Quoi ? Une série de colonialismes qui seraient au fond venus à bout de la subjectivité espagnole ? Avec, pour finir, le colonialisme européen, celui des marques de supermarchés français et des hordes de touristes gaulois ? Ou bien une façon de vivre avec le colonialisme, de ne plus se laisser impressionner par lui, d'être au dessus de ça ? La petite lumière du 3 de mayo ?

 

goya.jpgAllez savoir.

 

Les révolutionnaires de pacotille français rêvent en ce moment d'une révolution espagnole qui prolongerait celle des pays arabes avat de franchir les Pyrénées. J'ai vu les appels à se rendre aux "concentrations" pour la "démocratie réelle" place de l'Incarnation (un lieu qui eût plu à Rancière : la démocratie doit toujours s'incarner). Il y en avait sur les murs au milieu des annonces de processions et sur les panneaux de l'université andalouse où Carmen jadis fabriquait ses cigares.

 

Mais aux élections d'hier la droite à fait un tabac au niveau régional et municipal dans toute la péninsule. Séville a basculé du PS au PP comme  beaucoup d'autres capitales régionales. Gauche unie reste assez marginale entre  5 et 10 % à un niveau stable. La participation dépasse les 60 %. On ne peut pas dire que la "révolution", si révolution il doit y avoir, détourne pour l'heure les électeurs du système institutionnel. Un journaliste à la TV parlait des manifestants avec beaucoup plus de mépris encore qu'un Mazerolles ne l'eût fait en 2006 des nonistes du référendum sur l'Europe. C'est dire...

 

Moi, le consulat d'Espagne ne m'a même pas proposé de voter sur la terre de mes ancêtres en Aragon. Les Républicains restent personna non grata.

 

Ca ne fait pas bien de le souligner sous nos latitudes bien pensantes, et ça va encore pousser les gens de l'autre bord à me qualifier d' "universitaire proche de la gauche radicale très hostile au mouvement national" (sic), mais j'ai quand même envie de saluer la victoire de la coalition d'extrême gauche Bildu au Pays Basque qui arrive en tête à Saint-Sébastien et dans toute la Guipuzcoa (vieux fief abertzale) au point qu'elle pourra gouverner 88 municipalités au total sur l'ensemble de l'Euskadi et en Navarre, et pas des moindres, avec la majorité absolue. Quel mouvement révolutionnaire peut afficher une performance semblable en Europe de nos jours à part le parti communiste chypriote (encore que celui-ci, allié aux forces centristes à la tête du gouvernement de Nicosie) soit beaucoup plus '"pro-systémique" et, de ce fait, moins diabolisé par les technostructures occidentales que le courant abertzale ?

 

Beaucoup disent que cette victoire de l'extrême-gauche basque peut signer la fin du terrorisme et le début d'un nouveau programme social pour ce pays. Si toutefois le système occidental leur laisse tenter cette expérience. Notons que déjà il y a trois ans, sous le règne des grands partis traditionnels, le Pays Basque s'était distingué du reste de l'Europe en choisissant le keynésianisme en plein milieu de la crise financière. Le Pays Basque peut-il renouveler l'exploit de l'Islande ? Je suis un peu sceptique, mais au moins l'aspiration populaire est là.

 

 

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