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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #grundlegung zur metaphysik tag

St Jacques de Compostelle et Rocamadour

14 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #Grundlegung zur Metaphysik, #Moyen-Age

"Il ne faut pas aller à St Jacques de Compostelle, c'est le royaume des morts", me disait une prédicatrice évangélique spécialiste de la démonologie il y a peu. Pour elle le culte des saints catholiques revient à une abominable invocation des morts prohibée par l'Ancien Testament... Le propos n'est pas si absurde. C'est vrai que St Jacques est d'abord une affaire d'ossements et de reliques. Au IXe siècle l'évêque Théodemir découvrait le squelette de cet apôtre dans un mausolée romain, ce qui allait en faire le plus grand lieu de pèlerinage de la chrétienté médiévale.

Je trouve que Bunuel dans son film "La voie lactée" rend bien justice à cet aspect des choses quand les deux mendiants sur le chemin de la Galice voient un quidam leur expliquer "Rebroussez chemin, on vient de découvrir que les restes dans le tombeau n'étaient pas ceux de St Jacques le Majeur mais de l'obscur hérétique Pélage, il n'y a plus rien à Compostelle", ce qui est d'autant plus drôle que Pélage dans le film avait été présenté comme une sorte de gnostique libertin.

Je lisais récemment un article qui montrait qu'au Moyen-Age ce haut lieu de culte mortuaire d'un apôtre faisait système avec un autre du même acabit dans le Sud-Ouest de la France : Rocamadour où, en 1166, furent trouvés les ossements d'un Saint Amadour identifié à Zachée, l'agent du fisc chez à qui Jésus avait rendu visite (Luc 19-1 à 10) et qui se serait retiré en Gaule avec son épouse Ste Véronique dans la solitude de Rocamadour comme Ste Marie-Madeleine à Ste Baume.

En 1172 fut établi un récit de 142 miracles survenus autour du sanctuaire de Notre-Dame-de-Rocamadour. Un d'eux fait état d'un jugement de Dieu dont aurait victime la reine (en fait princesse) Sancha, Sancie, épouse de Gaston V de Béarn, mort en 1170 sans postérité, soupçonnée d'avortement criminel, jetée du haut du vieux pont de Sauveterre-de-Béarn, qui fut sauvée du flot du gave en implorant Notre Dame de Rocamadour.

La princesse, fille du roi de Navarre, broda à la gloire de sa libératrice une tapisserie et l'envoya à l'église de Rocamadour par l'intermédiaire de l'abbé Géraud d'Escoraille, abbé du monasyère de Tulle et de Rocamadour, qui revenait de St Jacques de Compostelle.

Les trois récits connus du miracles divergent sur le nom de l'héroïne et la date de l'événement. Ce jugement de Dieu en Béarn est improbable puisque la princesse est censée avoir été jugée par les navarrais (on estime que la princesse rendant visite à sa mère en Béarn aurait plutôt été menacée de noyade mais non en vertu d'une procédure judiciaire). Tout porte à croie que la légende fut forgée à Rocamadour puis importée à Sauveterre. Sa précision surprend cependant par rapport à celle des autres miracles de la série est les historiens s'accordent à penser que la remise d'une tapisserie à l'abbé Géraud de retour de St Jacques pour Rocamadour est authentique car un des auteur des manuscrits en a été le contemporain et elle figure à l'inventaire des cadeaux au sanctuaire avant que les Huguenots ne saccagent ce repaire du paganisme idolâtre. Etienne Doze, ancien magistrat, dans "Miracles à Sauveterre de Béarn" (Revue de Pau et du Béarn 1997 p. 262 et suiv) note que "le don de Sancie s'inscrit dans un remarquable courant de dévotion des souverains espagnols vis-à-vis de ND de Rocamadour", qu'il attribue à une possible jalousie des navarrais et des castillans à l'égard des rois du Léon qui contrôlaient Compostelle. Les dons des rois espagnols à Rocamadour sont nombreux et Alphonse VIII de Castille avait notamment offert à ND de Rocamadour et à l'abbaye de Tulle en 1181 deux villas sur le chemin de St Jacques. Un étendard offert par le roi de Castille à ND de Rocamadour  avait dû être rapatrié suite à une vision à la veille de la bataille de Las Navas de Tolosa ce qui aurait assuré la victoire aux chrétiens en 1212.

On voit à travers cet exemple l'existence de complémentarités et de rivalités entre des pôles de dévotion et de pèlerinage axés chacun sur leurs propres reliques et qui jouent un rôle important dans la vie spirituelle et politique des familles royales d'Europe occidentale, tout un système qui est peut-être éloigné de la notion biblique de salut à laquelle se réfèrent aujourd'hui (comme leurs ancêtres huguenots) les évangéliques aujourd'hui mais qui était manifestement très ancré dans la socio-anthropologie des XIe et XIIe siècle.

 

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Les pythonisses dans le Paris mondain du XIXe siècle

9 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #XIXe siècle - Auteurs et personnalités

Les pythonisses dans le Paris mondain du XIXe siècle

Je suis tombé aujourd'hui sur cette lettre ci-contre datée de 1850 dans laquelle trois magnétiseurs parisiens se plaignaient des poursuites du Parquet à leur encontre. C'était du temps où Victor Hugo faisait tourner les tables. On est frappé par le succès des voyants dans le "tout-Paris" du XIXe siècle, spécialement sous la Restauration, du reste, et l'on peut supposer que, sans les persécutions judiciaires, et sans l'interdit religieux catholique pesant sur les médiums (interdit largement oublié de nos jours, mais qui restait intransigeant à l'époque) le phénomène eût pris des proportions bien plus grandes, comme dans le monde païen antique.

La Comtesse Dash (Gabrielle de Cisternes) raconte dans ses mémoires (p. 200 du tome 4) qu'elle s'était rendue "en troupe" consulter une vieille femme pythonisse qui exerçait "dans un bouge de la place de la Borde" à Paris, à la fin du règne de Louis-Philippe et qui accueillait ses clients avec dix roquets méchants et laids qui les mordaient aux chevilles. "Elle avait en outre un chat noir qui trônait sur le lit et que les chiens respectaient". La vieille sorcière mourut trahie par un carabin qui feignait de l'aimer pour avoir son magot. En 1847, "le neveu d'un prince régnant" alla consulter uen autre voyante Mme Lacombe en tenue ordinaire, et celle-ci vit dans les cartes qu'il avait un parent sur le trône et lui déclara qu'il n'y serait pas plus de 18 mois encore, ce qui se réalisa. Elle annonça à un autre qu'il serait roi ce qui se vérifia aussi. On apprend grâce à elle qu'il y avait aussi rue Fontaine-Saint-Georges un "nécromacien", Edmond, que ses proches consultaient aussi, et qui disparut mystérieusement. "Quelques fervents notent très sérieusement que le diable l'a emporté" dit-elle. Il s'était fait une fortune.

Pour la période précédente, celle de l'Empire, la comtesse Potocka pour sa part (p. 249 de ses mémoires) évoque le souvenir de la voyante Mlle Lenormand dont une prédiction à l'impératrice Joséphine s'était réalisée "à moitié". Au 5 rue de Tournon elle avait aussi annoncé à Bonaparte sa chute. La revue "La mode, revue du monde élégant" de 1835 cite encore (mais sans mentionner le nom de la pythonisse pour ne pas lui faire de publicité, cependant les initiales et les allusions sont claires) les sommités qui continuent de la consulter sous la Restauration et sous Louis-Philippe.

Pour revenir aux mémoires de la comtesse Potocka, celle-ci raconte que la romancière Mme de Souza l'entraîna chez une pythonisse "bien supérieure encore", assez jeune encore, de langage fort simple, dont elle ne se souvient cependant plus où elle habitait. Les aristocrates s'y rendirent "bien fagotées, bien déguisées", montèrent "un peu honteuses" les quatre étages raides. La petite "sorcière" comme dit la comtesse Potocka au lieu de visiter l'avenir commença par aborder avec les cartes le passé ancien scabreux de Mme de Souza, dans son passé récent à propos d'un orage qui venait de mettre son fils en péril. La comtesse Potocka demande les cartes et le marc "tout en me disant qu'il faudrait me confesser de cette infraction aux lois de l'Eglise"(p. 253). Sans deviner de quel pays vient la comtesse, la voyante décèle que son fils y sera chef de parti mais qu'il affrontera des guerres. Elle lui annonça aussi sa grossesse prochaine, l'accident sans gravité qu'elle subirait à ce moment-là, et que son fils naîtrait coiffé (elle ne s'en est ressouvenue qu'à la naissance de l'enfant, comme si un rideau d'oubli avait dû s'installer dans l'intervalle).

Dans les années 1830, la rouennaise Caroline Delestre fait d'une expérience qu'elle a vécue avec une voyante à Paris un roman "Une pythonisse contemporaine" (pour éviter les ennuis judiciaires, car l'apologie des voyants y est encore une source possible de poursuites).

Le 5 octobre 1845 la revue "La mode, revue du monde élégant" toujours elle nous apprend que la comédienne Mlle Dobré joue à l'opéra dans "Le roi David" (celui de Mermet ?) la pythonisse dans la scène biblique de l'apparition du spectre de Samuel au roi Saül.

Soixante ans plus tard il y avait encore Mme Maya au 22 rue de Chabro dont nous parle le Paris-Musical de 1908 et à qui de grands artistes rendent visite. Elle est très exacte pour raconter aux gens leurs passé... mais elle leur annonce la guerre et la révolution en France pour 1908...

C'est l'époque où Clemenceau s'amuse dans son courrier de la prolifération du théâtre nu. Les dames allaient chez les voyantes comme les hommes allaient "aux putes".

Paris ne fut pas la seule grande ville bien sûr à faire la fortune des voyants et médiums au XIXe siècle. Boston par exemple avait sa Mlle Piper dans le dernier quart du siècle.

Tout cela était clandestin. Aujourd'hui ce "business" a pignon sur rue. Et sera sans doute même bientôt porté au pinacle, hélas, dans nos écoles où déjà l'on fait travailler nos "chères têtes blondes", comme on disait naguère, sur des masques africains et autres objets de sorcellerie...

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Des choses moches...

4 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Des choses moches...

Le témoignage de cette Canadienne m'a rappelé les diverses femmes possédées que j'ai croisées au cours des cinq dernières années et grâce auxquelles, en plus de mes lectures des pythagoriciens et néo-platoniciens (façon Apollonios, Apulée, Ovide, Lucain, Plutarque), des chamaniques (façon Blavatsky), des admirateurs de la magie (façon Pauwels) et de divers livres d'historiens (sans oublier les médiums rencontrés, et les vidéos vues sur You Tube), j'ai pu commencer à comprendre quelque chose à la démonologie. Pas étonnant, remarquez, que cette jeune femme ait vécu son histoire à Cuba, quand on sait où en est le spiritisme de la santeria dans ce pays - euh, ouaih les amis du "Grand soir" la santeria n'est pas un sujet aussi "cool" que vous ne le pensez...

Bon, au nombre des autres trucs moches, il y a aussi la commémoration des massacres de septembre 1792, celui des prêtres du couvent des Carmes de Paris, que les églises lutéciennes évoquaient vendredi dernier, celui de la princesse de Lamballe, qui m'a toujours révulsé - un blog d'overblog en rappelle le souvenir en ce moment - , choses aussi fort démoniaques, même si sans aucun doute la monarchie française et l'Eglise à ce moment-là s'étaient elles-mêmes chargées de tant de noirceur qu'elles n'avaient pu que mériter en retour d'être aussi éprouvées par les Ténèbres.

Au nombre des mets vomitifs du petit monde humain voyez aussi ce sondage d'Odoxa qui sert la soupe à Macron. Quousque tandem, Catilina, abutere patientia nostra ? Dans le système hystérico-médiatique le droit à se moquer de la sottise des gens a l'air d'être complètement illimité.

Bon, promis : dans mes prochains billets je tenterai d'évoquer des sujets plus réjouissants.

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Donbass, cynisme croate, le "butt naked" devenu pasteur

5 Août 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE

Enfin des phrases honnêtes dans l'Humanité à propos du Donbass : "Petro Porochenko a ...choisi la voie des armes contre toute raison et profitant de l’hébétude de Bruxelles. Par le passé, elle ne lui avait pourtant pas réussi : le 21 août 2014, l’armée ukrainienne, lancée à l’assaut d’Ilovaïsk, non loin de Donetsk, avait subi une défaite historique permettant aux séparatistes de gagner des territoires. En attendant le pire, à l’arrière comme au front, les civils paient déjà l’addition d’une politique européenne inepte". Une phrase croate malhonnête de la présidente Kolinda Grabar-Kitarović : "L'opération Storm (nettoyage ethnique anti-serbe de 1995) était éthiquement propre" (incroyable que le responsable d'un pays membre de l'UE puisse encore tenir ce genre de discours en 2016, c'est du même ordre que les sympathies des Baltes pour la Waffen SS, sympathie encouragée, ainsi que le note M. Asselineau dans une de ses vidéos, par le refus d'Hollande et des USA chaque année de voter à l'ONU la résolution russe de dénonciation de la nostalgie du nazisme).

L'Iran et la Malaisie interdisent Pokemon Go sur leur territoire. Bravo !

Et pour finir, encore une jolie petite histoire sur France 24, l'ancien chef des "Butt Naked" pendant la guerre civile libérienne des années 1990, Joshua Milton Blahyi, qui selon ses propres estimations a 20 000 morts sur la conscience, est devenu pasteur suite à une conversion survenue peu de temps après la bataille du 6 avril 1996 contre Charles Taylor. Il avoue aujourd'hui qu’il avait eu recours à des sacrifices humains et au cannibalisme pour acquérir des pouvoirs magiques. "J’avais besoin de faire des sacrifices humains pour apaiser les dieux. Dans chaque ville où j’entrais… ils me permettaient de faire mes sacrifices, notamment d’enfants innocents." Dans les années 80, il avait été conseiller spirituel du président Doe et il a eu recours à la sorcellerie pour l’aider à remporter son second mandat.

L'histoire me rappelle de sombres affaires de trafics d'hosties consacrées entre prêtres et francs-maçons et de messes noires avec des femmes nues sur l'autel avec la participation d'évêques que m'a racontées un prêtre africain. Je ne sais pas si c'est du même ordre que les tentatives des Chinois de dialoguer avec les extraterrestres (voir Le Diplo là dessus), mais décidément l'élévation spirituelle est un chemin pavé de ronces...

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Romain Rolland, Nicolas Tesla, et Vivekananda

6 Juillet 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Grundlegung zur Metaphysik, #Philosophie et philosophes

Un historien veut me poser quelques questions sur Pierre Bourdieu dont il souhaite écrire la biographie. Voilà qui m'oblige à repenser à ce que j'ai écrit sur ce sociologue dans mes livres il y a sept ou huit ans, du temps où j'étais devenu un rationaliste "pur sucre"...

Cela me rappelle combien les carcans intellectuels m'avaient à l'époque appauvri. J'ai eu beaucoup de chance depuis lors, non seulement à cause de mon vécu auprès des médiums dont j'ai déjà parlé dans ce blog en février 2014, mais plus largement parce que je n'ai pas cessé depuis un lustre de rencontrer des gens très étranges, et, en faisant sauter le verrou du rationalisme, j'ai pu apprécier à juste titre leur bizarrerie, pour ne pas dire leur mystère, comme j'ai pu redécouvrir celle de mon propre vécu passé, et même de mon quotidien en apparence le plus vide et le plus solitaire - avez vous par exemple songé à cette bizarrerie du partage de notre vie sur terre en journées en gardant à l'esprit le fait souligné par Jacques Bergier jadis que, selon le savoir scientifique sur la lumière de l'univers, nos nuits normalement ne devraient pas être obscures... bizarrerie du partage en jour qui peut être pris dans un sens initiatique comme le fait la prière chrétienne du Notre Père ("notre pain de ce jour"), et le Salo ou les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini etc...

A force de tout réduire à des déterminations "explicables", sur fond de pessimisme sur l'intérêt du savoir et même de la vie elle-même, je ne respirais plus... Heureusement le carcan a éclaté. Je suis ouvert à toutes les lectures, à tous les savoirs, même les non-savoirs. Je sais combien de choses déroutantes peuvent éclore en nous et hors de nous, je ne prétends plus rien retenir ni rien contrôler, et c'est ma grande satisfactions au milieu des frustrations persistantes qu'entretient en moi la taille considérable du point d'interrogation qui est né dans mon cœur le 18 février 2014.

Et le hasard, "Dieu des imbéciles" comme disait Léon Bloy, fait tout au mieux pour moi de semaine en semaine pour me changer et ouvrir toujours plus ma compréhension du monde. Prenons un seul exemple : vous savez combien j'ai vanté, du temps où je militais beaucoup sur le chemin du socialisme authentique, Romain Rolland et la revue Europe.

Hé bien, ce soir je fais une recherche un peu au hasard sur le célèbre inventeur dont l'aéroport de Belgrade a très opportunément pris le nom (car c'est au départ un Serbe de la Krajina croate), Nicolas Tesla, ce Léonard de Vinci du XXe siècle injustement éclipsé par la rancœur d'Edison et du banquier Morgan. Et voici que je tombe sur un article de Romain Rolland dans la revue Europe du 15 mai 1929 à propos du philosophe Vivekananda.

Voici ce qu'il dit (p. 42-43) : "Bien qu'aux Etats-Unis, Vivekananda se fût rencontré avec quelques intellectuels de marque, comme l'helléniste Wright, le philosophe William James, et le grand électricien Nicolas Tesla (1), qui lui avaient manifesté un sympathique intérêt, ils étaient, sur le terrain de la spéculation métaphysique hindoue, des novices qui avaient tout à apprendre, comme les diplômés de philosophie de Harvard."

Il ajoute en note de bas de page : " (1) Nicolas Tesla fut surtout frappé, dans l'enseignement de Vivekananda, par la théorie cosmogonique Samkhya et par ses rapports avec les théories modernes de la matière et de la force. Je reviendrai sur la question, dans l'exposé de la doctrine Indienne."

Je connais bien peu Vivekandanda. Et je suis tout aussi incapable de créer des ponts entre la philosophie de l'énergie de Nicolas Tesla et celle de l'hindouïsme que de comprendre en quoi la découverte récente du boson de Higgs peut confirmer des intuitions du shivaïsme. Je suis simplement satisfait de sentir se confirmer dans ces lectures des intuitions que j'ai eues dans les Balkans il y a peu à propos de la spiritualité de l'énergie au sein de la matière - mais cela le P. Teilhard de Chardin l'avait déjà bien pressenti - et ravi de découvrir un Romain Rolland très ouvert à ces thématiques, au point que dans son article de 1929 il n'hésite pas à parler de "métapsychisme". La pensée "élargie", même dans les années 1920, n'était donc pas l'apanage de théosophes réactionnaires. Elle avait aussi sa place dans la revue Europe dans son dialogue avec l'Inde... Il faut continuer à creuser entre autres dans cette direction-là.

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Fidel Castro et la Santeria (sorcellerie cubaine)

24 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Colonialisme-impérialisme

Je voudrais partager avec vous un aspect peu connu du castrisme cubain et que j'ai découvert en regardant cette émission Communisme et ésotérisme (2/2) ou l’anéantissement des religions, quand l’homme remplace Dieu de Marci Capuzzo Dolceta avec Marc Ferro comme consultant (ci dessous 25ème minute et suiv).

En gros, ce que l'on peut retenir est ceci (j'ajoute aux propos du documentaire quelques recherches personnelles faites sur Internet) :

Fidel Castro à l'âge de sept ans fut très malade et des servantes (mucamas) qui étaient à la ferme dirent à sa mère de l'emmener à un Santero un sorcier pratiquant le syncrétisme des anciens esclaves africains à Cuba, la Santeria. A partir de de ce moment-là il fut sous la protection de Ochun, déesse de l'amour nigériane, qui est aussi Notre Dame de la Charité du cuivre, patronne de Cuba à laquelle le pape a rendu hommage à la Havane l'an dernier.

Le 8 Janvier 1959, Fidel Castro Ruz est entré dans la ville de La Havane. Ce jour-là, il a prononcé un discours de victoire long dans lequel il a raconté les années qui avaient précédé cette occasion et a présenté un plan d'action pour l'année à venir. A un moment charnière dans le discours, une colombe symbole d’Obatala se posa sur son épaule gauche et deux autres ont plané autour de la scène.

Au cours des 50 dernières années, cet atterrissage a fait l'objet de beaucoup de spéculation, la controverse (on a dit que la colombe avait été entrainée), et de culte. Mais les Noirs adeptes de la Santeria ont adhéré au signe et ont vu dans l'événement le signe que Castro était « le« cheval de Changó » (sainte Barbe dans la religion catholique, et déesse de la foudre et de la musique).

Il existe dans la santeria un Pataki (conte) qui explique que les grands pretres sont ceux qu’Olofi (une des trois hypostases du dieu suprême dans le panthéon yoruba) choisit en lui envoyant une colombe sur l’épaule gauche.

Au moment de la crise Marielitos (la fuite de plus de 100 000 Cubains après l'ouverture du port de Mariel en avril 1980), Fidel aurait appelé le plus grand babalawo de l'île et sacrifié 30 gnous.

Au moment des élections au Venezuela (on ne sait pas lesquelles), Fidel Castro a envoyé un groupe de Santeria pour faire un rituel pour Chavez, qui a été couvert du sang de plusieurs poulets. Des photos de l'édition dans le magazine Ano cero où même mentionné que Hugo Chavez (ancien adepte du spiritisme et ennemi de la Vierge de Coromoto qu’il fit enlever de toutes les écoles) était capable de lire les conches (caracolas), ce qui suppose des compétences rituelles compliquées - voir ci dessous :

Les santeros cubains avec l'accord des services secrets auraient même fait profaner des tombes de religieuses au cimetière Colón à la Havane pour des rituels de Chavez (on a beaucoup glosé que le rapport de Chavez aux cadavres, et la cérémonie d'excavation des restes de Bolivar, je n'y reviens pas).

Politique de tolérance pour les cultes africains est à l'origine de la solidarité entre Castro et la Santeria. La révolution cubaine avait accordé la nationalité cubaine aux Noirs.

Natalia Bolivar Aroste (présentée par le blog Les visites de Fabienne) étudie la santéria d’orisha depuis 1955. Une gouvernante congolaise de sa famille lui racontait cette magie. Elle a un fichier de vieux santeros. En 58 Bolivar fut incarcérée pour ses recherches et libérée par la révolution. La pratique du palo vient d’Angola et du Congo.

Les réalisateurs de « Communisme et ésotérisme 2 » dans les anénes 2000 sont invités par Lazaro Garcia Herrera, chamane depuis 1989, devenu babalawo le 1er mai 2000, à assister à une cérémonie propiciatoire pour Fidel Castro. L’homme, qui a un portait du Che à l’épaule, sacrifie une chèvre (c’est un ebbo) ce qui est rare (en général ce sont des poulets). Leur sang est riche en « ache » force primordiale Regla dans la banlieue de la Havane. Les congrégations de santeria se réunissent dans la sale de extension del museo de Regla (musée d’hommage aux esclaves qui exhibe les fétiches de la santeria et de la révolution).

Il y a aussi la magie sexuelle des prostituées.

L’émission interviewe Miriam Ochoa, étudiante métisse qui se prostitue, arbore le portrait du Che, et qui se vante de pratiquer la magie. Sur ce portrait fugure sur la chemise du Che « Volvera, lo conozco / Como el pedazo de una estrella volvera » (il reviendra, je le connais, comme le morceau d'une étoile, il reviendra) parole d’Omar Gonzalez, sur lequel je ne sais rien). Elle fait tout pour que le Che revienne parmi eux.

Il semble qu'il est connu à Cuba que l’iyalocha (mère de saint) Celia Sanchez, la maitresse de Fidel dans la Sierra Maestra, à l'époque de la guerilla dévote d’Obatala, aurait initié Castro à la santeria .

Sur son blog le 18 juin 2011 l’opposant Angie Alvarez témoigne : « D’après ce que m'a dit une fois un ancien soldat, qui a combattu en Angola, les Noirs des tribus, respectaient Castro et lui rendaient hommage comme aux dieux, parce qu'il était la figure de l'homme blanc et puissant qui avait la force de sept guerriers, et qui pouvait changer le monde avec sa puissance ». Sur sa page on peut voir Fidel Castro vêtu de blanc lors d'un de ses voyages, en Guinée. Ce voyage aurait été Ebbó après un discours religieux, cela aurait fait de lui un saint du culte afro-cubain.

On parle de sacrifices d'animaux rares par Castro, de même d'ailleurs qu'en 2002 des gens de la paroisse du 23 janvier près du palais de Miraflores à Caracas virent un lion mort dans la patio de la résidence présidentielle.

La Santeria aurait protégé Castro des nombreuses tentatives d'attentat dont il fut l'objet. Mais elle ne sauva pas Chavez du cancer.

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Une vision virile du catholicisme

12 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Colonialisme-impérialisme

Extrait du journal du prêtre vietnamien Marcel Van en 1945 à propos d'une vision qu'il eut de Ste Thérèse de Lisieux et de ce qu'elle lui dise :

"Ce n’est qu’un instant après, quand j’eus recouvré mon calme, qu’elle me dit doucement : « Un revolver, qu’est-ce que cela vaut ? J’ai encore ici une tactique capable de tuer des milliers et des milliers de Français sans qu’il soit nécessaire de lever l’étendard de la révolte au prix de nombreux soldats et d’une grande quantité de munitions. »

Je lui répondis en riant :

– Ma sœur, dis-moi quelle est cette tactique, et protège-moi. – Petit frère, me promets-tu de faire usage de cette tactique-là ?

– Oui, ma sœur, je te le promets. Petit frère, il s’agit de la tactique de la « prière ».

En réalité, je n’approuve pas du tout les Français dans leur comportement répréhensible à l’égard du peuple vietnamien. Je sais aussi qu’ils mériteraient d’être mis à mort, parce qu’ils sont les ennemis du peuple. Mais à quoi servirait-il d’accumuler un monceau de cadavres, si la cupidité, les plaisirs sensuels et toutes les autres formes de l’égoïsme continuaient de subsister chez les survivants ? Par conséquent, à mon avis, la tactique de la prière est celle qui peut tuer le plus grand nombre de Français."

La prière comme moyen de tuer beaucoup de gens, on ne s'attendrait guère à ce genre de propos, surtout dans la bouche de Ste Thérèse. Chose tout aussi étonnante, cette promesse de boucherie, qui annonçait peut-être Dien Bien Phu, s'accompagnait aussi d'une parole réconfortante pour la France fille ainée de l'Eglise : "Prie beaucoup pour le peuple français. Plus tard, il ne sera plus l’ennemi du Vietnam ta patrie. Grâce à la prière et aux sacrifices, il deviendra son ami intime ; plus encore, il considérera le Vietnam comme son petit frère le plus cher." Et il entendra la même année de la bouche de Jésus-Christ lui-même à propos de la France qu'il détestait parce qu'elle persécutait son peuple une exhortation à prier pour notre pays et ces mots : "De la France mon amour s’étendra dans le monde. Je me servirai de la France pour étendre partout le règne de mon amour".

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Bizarreries

10 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Philosophie et philosophes

Des trucs auxquels on a encore le droit de s'intéresser et sur lesquels tout philosophe, comme Platon (entre autres) le fit, doit se poser des questions...

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Et pourtant elle parle !

8 Mars 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Il y a 150 ans, Léon Bloy s'étonnait que l'apparition de la Sainte Vierge à la Salette au milieu du 19e siècle n'ait jamais fait la "Une" des journaux. La semaine dernière, elle a parlé à Medjugorje, comme elle y parle tous les 2 de chaque mois, et ça ne fait pas la Une non plu. Tout cela parce qu'elle ne parle qu'à quelques uns, à des "voyants".

Ca n'intéresse pas les gens parce qu'elle ne leur parle pas directement "à eux". Le ciel ne s'ouvre pas pour eux. Il ne vient pas gonfler directement leur petit orgueil minable. S'en remettre à des "voyants" à des petites paysannes, c'est trop dur pour nos contemporains, comme il était dur pour beaucoup de Romains de s'en remettre au témoignage oculaire d'onze apôtres, autrefois... Ca demande trop de modestie. Et puis nous avons tout un système de pensée "scientifique" pour nous expliquer que les voyants délirent, hallucinent etc. Peu importe qu'ils disent tous des choses cohérentes qui se ressemblent, à travers l'espace, d'Akita (Japon) à Kibeho (Rwanda), et à travers les millénaires. Peu importe s'ils disent des choses qu'eux-mêmes ne comprennent pas, et qui corroborent les découvertes de grands historiens ou de grands théoriciens (par exemple quand la voyante allemande Anne-Catherine Emmerich décrit un anneau de St Joseph dont elle n'a jamais pu entendre parler mais dont des spécialistes montreront qu'en effet il est vénéré dans des communautés perdues du Proche-Orient dont Anne-Catherine Emmerich n'avait jamais pu entendre parler au fin fond de sa campagne germaine). Peu importe que les médecins qui étudient les voyants sur le plan psychiatrique les trouvent parfaitement sains, qu'en revanche leur physiologie prend de court toutes les sciences (avec ces corps qui ne se nourrissent que d'hosties, qui portent des stigmates, comme les statues produisent des larmes humaines). Peu importe que ces corps après la mort ne pourrissent pas comme celui de Ste Bernadette Soubirous. Il faut toujours imaginer une supercherie, une entourloupe à but lucratif, il faut imaginer que ces voyants sont à l'image de ce qu'il y a de pire dans notre époque, des brigands, il faut imaginer que toute la religion n'est qu'affaire d'escroquerie en bande organisée, surtout qu'il n'y a pas de Dieu, pas d'au-delà, pas d'espoir, pour que chacun puisse jouir tranquillement de son petit orgueil. Orgueil d'être seul sur terre, "courageux", libre penseur, insoumis... Insoumis à ses petites manies, ses petits vices, sa petite inconsistance de créature qui se coupe de tout et de tous... sauf de ces forces négatives dont elle nie l'existence, les démons, dont pourtant tant de possédés peuvent témoigner qu'ils les ont attrapés au détour d'un chemin, après avoir été voir une cartomancienne, un astrologue. Et je ne dis rien de tous ces gens qui reviennent du seuil de la mort avec des souvenirs plus qu'étranges (les expériences de mort imminente). Non surtout ne rien savoir, ne rien entendre de tous ces gens, pour surtout continuer à vivre sa petite vie matérialiste à l'abri de cinq siècles de science hostile à Dieu.

Quoi ? une visionnaire a lu en vous à livre ouvert et a prévenu votre avenir au mois près ? Plaisanterie que cela. Cela n'est ni de Dieu ni des diables ! Ce n'est qu'une coïncidence fortuite, un heureux coup du sort ! Mais oui l'ami, tout n'est que matière et hasard d'intersection des lois causales. Quoi ? vous croyez comme les paysans du Moyen Age que votre vie peut être voulue par des forces qui vous dépassent ? que tout cela a un but, bon ou mauvais pour vous, bon ou mauvais pour le monde ? Vous délirez comme les voyants de Medjurgorje ! Il n'y a point de Dieu, et s'il y en avait un il se ficherait pas mal des petites créatures médiocres que nous sommes : Ah, oui, parce que tous ces braves "humanistes" athées, qui croient avoir tout compris à tout et se croient plus malins que les paysans incultes sont au moins certains d'une chose : que l'humain ne peut pas intéresser une divinité, et encore moins Le Dieu unique s'il existait. L'humain est tout pour l'humain mais ne serait rien pour toute force censée lui être supérieur. Oui, forcément, puisque dans cette vision des athées on ne s'abaisse jamais. Qu'un Dieu se soit abaissé pour la créature humaine, voilà bien une folie à leurs yeux. "Folie pour les Grecs, scandale pour les Juifs". Toute possibilité d'amour authentique, a fortiori l'amour qu'éprouverait un Dieu, n'est que folie pour eux. Et d'ailleurs, si l'humain est tout pour l'humain comme ils disent, à mesure que notre belle civilisation "humaniste" (celle des "droits de l'homme") avance, ils finissent par bien voir que l'humain n'est rien pour l'humain non plus, et que, dans sa négation obstinée de "l'autre monde" tout ce que l'humain arrive à faire est ce détruire.

Mais pour ma part je ne veux pas justifier Dieu par des raisons psychologiques du type "il faut éviter à l'homme de détruire l'homme", ou "l'homme a besoin de Dieu pour ne pas se flinguer". Car en vérité on peut vivre confortablement, médiocrement, mais confortablement, sans Dieu. Je l'ai moi-même éprouvé pendant des années. Non, il n'y a pas de nécessité "psychologique" de croire, ni même "éthique" pour sauver la vie de son prochain ou trouver (en Dieu) la force de la sauver. Il n'y a même pas de nécessité de "croire". Il y a une nécessité de savoir la vérité, de vivre dans la vérité. Et pour savoir, il faut observer, ne pas "exclure" a priori de son champ d'observation. Alors observez les voyants de Medjugorje et d'ailleurs, les mystiques, les gens qui reviennent d'expériences de mort imminente. Ecoutez sans a priori, écoutez surtout en notant le détail, car le vrai et le faux se jouent sur les détails. Multipliez les lectures, recoupez les témoignages. Ecoutez ceux qui ont senti l'au-delà par le positif (les apparitions divines) et par le négatif (les malédictions, les possessions). Ecoutez, comprenez, et ensuite vivez selon le savoir que vous en avez retiré. Ne supportez pas la contradiction de vivre en opposition avec ce que vous avez su. Soyez complètement cohérents.

Ca ne sert à rien d'écrire cela, je le sais bien, sauf à convaincre ceux qui sont déjà convaincus. Ca ne sert et pourtant il faut le faire. Les paroles sans effet immédiat sont souvent les plus nécessaires. La nécessité est heureusement indépendante de l'utilité.

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La conversion d'Amada Rosa Pérez

1 Mars 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Ci-dessous le très beau témoignage de la mannequin colombienne Amada Rosa Pérez. Elle parle de Dieu, du démon (Eph, 6-10), du New Age, des talismans, des médias etc.

Il faut avoir à l'esprit le témoignage d'une autre Colombienne qui vouait elle aussi un culte à son corps, et qui, frappée par la foudre en 1995, descendit jusqu'aux enfers et fut sauvée par la prière d'un paysan, Gloria Polo (vous la trouverez sur You Tube). Voir aussi tous les cas de gens qui ont touché au spiritisme, à l'astrologie, à la magie, et qui y ont trouvé des malédiction dont seul le catholicisme les sortit.

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Médiums

24 Février 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

17 personnes ce mois-ci ont regardé sur ce blog le billet que j'ai rédigé le 19 février 2014 intitulé "Je suis une vestale" dans lequel je relate cet événement de l'après-midi du 18 février 2014 où, en prenant un verre avec moi, un médium guérisseur a parlé de mon enfance et cité "au nom des esprits" la date exacte de la mort de mon grand-père, pour me prouver que les esprits étaient là.

Ces visites proviennent sans doute de Facebook puisque ce billet a été "liké" 40 fois sur ce réseau social.

Même si ce blog est principalement consacré aux analyses politiques et culturelles, et aux revues de presse, je me dois ici de signaler aux lecteurs qui s'intéressent à ce billet ainsi qu'à la catégorie "Grundlegung zur Metaphysik" que le récit du 18 février 2014 et de quelques expériences adjacentes sera probablement dans quelques mois repris au sein d'un essai universitaire qui synthétisera certaines problématiques autour de ce thème.

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Poids politique du christianisme

26 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Poids politique du christianisme

Il y a en Chine 10 millions de catholiques et 58 millions de protestants. La Chine pourrait compter 247 millions de chrétiens en 2030 dont 160 millions de protestants, ce qui en ferait le premier pays chrétien au monde devant le Mexique et le Brésil. Ce Noël beaucoup de leaders politiques de droite en France (dont MM. Sarkozy et Fillon) ont rempli leurs messages politiques de références religieuses au christianisme. Et David Cameron avait déclaré en avril 2014 que le christianisme pourrait aider à renforcer l'état "spirituel, physique et moral" de la Grande-Bretagne.

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Politique française

13 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE

Nous avons un premier ministre triste, pas très malin, et d'une très faible envergure morale (j'use ici d'euphémismes par charité), à l'image de toute la classe politique. Après les attentats du 13 novembre, il agitait la menace d'attaques chimiques et bactériologiques ; à la veille du second tour des élections régionales il parlait de risque de "guerre civile". Jouer sur la peur des gens, il n'est bon qu'à cela. Les propos irresponsables de cet individu sont à l'image du personnage qui n'est pas digne d'avoir l'avenir de la France entre ses mains. Mais on dira qu'il ne l'a pas plus ni moins que son président de la République, ni que les leaders des "Républicains" et l'on aura raison.

Peut-être avons nous la classe politique que nous méritons, comme nous eûmes le carabin libertin, grand tripatouilleur en chef Clemenceau en 1917-18. On ne peut pas avoir des Saint Louis et des De Gaulle à chaque génération. La France a sans doute encore un rôle important à jouer, sous l'impulsion de forces métaphysiques, mais pas sous la houlette de ces politiciens là.

Il faudra que j'expose un jour ma vision de l'histoire de France depuis les mérovingiens qui est très différente aujourd'hui de celle de ma période rationaliste d'avant 2014, mais rien ne m'y pousse pour l'instant. Je suis dans une phase d'apprentissage lent des réalités de l'Au-delà. Dans ce contexte, personne n'attend mon avis dans le débat politique national ; c'est tout à fait normal et c'est très bien comme ça. L'heure est à la tentative de comprendre sous un jour nouveau le destin de l'humanité, pas à la volonté de convaincre les autres.

Je ne fais que mon devoir minimal de citoyen en prenant position sur quelques sujets quand le mur de l'ineptie ou du cynisme me paraît franchi, et rien de plus.

Et en tout cas je ne voterai pas aux élections régionales (les élections pour ces grandes régions technocratiques grotesques) aujourd'hui, pas plus que je ne l'ai fait dimanche dernier.

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Le regard sur l'histoire romaine de St Augustin

4 Octobre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Antiquité - Auteurs et personnalités

Le regard sur l'histoire romaine de St Augustin

Qu'on prenne le catholicisme dans son sens le plus rigoureux, ou dans un sens plus inclusif (en y incorporant la Gnose, et diverses hérésies "bénignes"), je crois qu'on peut lui reconnaître le mérite d'avoir été à l'origine de la philosophie de l'Histoire, parce qu'il inventa un sens universel à l'ensemble de l'Histoire humaine, de l'alpha à l'omega, là où les autres systèmes (païens pré-chrétiens) ne fournissaient que des réflexions ponctuelles sur des séquences historiques.

Chez les Chrétiens, même une réflexion ponctuelle sur une séquence donnée (l'Antiquité, la Révolution française, le nazisme) permet d'éclairer l'ensemble d'une téléologie globale.

Dans cette perspective j'apprécie beaucoup "La Cité de Dieu" de St Augustin. On peut regretter son côté trop rhétorique, lié à son côté polémique contre les païens de son temps et leurs dieux (comme Le Génie du Christianisme de Chateaubriand est une polémique contre les encyclopédistes du Siècle des Lumières), mais il faut savoir oublier l'emphase combattive, pour aller au fond du propos.

Le propos est une belle réflexion sur qu'est Rome, sur ses échecs, sur ce que Dieu fit pour la sauver d'elle-même en quelque sorte. J'aime regard très noir d'Augustin sur la république finissante, sur Caton d'Utique (quand il dit que s'il avait été fidèle à ses principes il aurait conduit sa progéniture au suicide plutôt que de la laisser sous le joug de César ce qui revient à dire qu'il s'est suicidé par simple orgueil - rappelez vous mes remarques sur l'orgueil de Caton près du sanctuaire d'Amon-Rê.

St Augustin ne me parle pas quand il raille le nombre de dieux qu'il peut y avoir en charge de la seule croissance des épis de blé (avec leur incroyable spécialisation respective). Il me fait rire quand il écrit à propos de l'autel du Capitole : qu'au retour de Marius "cette dernière table dressée par Sylla égorge plus de sénateurs qu'aujourd'hui les Goths n'en peuvent dépouiller" (t. 1 p. 156).

A propos des Goths justement St Augustin m'apprend qu'un de leurs rois païen en 405, Rhadagaise, menaçait Rome. Je ne sais s'il faut croire le saint quand il dit que ce roi perdit "cent mille des siens" "en une seule journée" sans qu'il ne coûte "aux Romains ni une mort, ni une blessure". Je le crois en revanche quand il écrit : "Si cet impie fût entré dans Rome avec ce déluge de barbares, qui eût-il épargné ? Quelles tombes de martyrs eût-il honorées ? En quel homme eût-il respecté Dieu même ? A qui eût-il laissé la vie ou la pudeur ?" (p. 245)

"On nous disait à Carthage que les païens croyaient et publiaient victorieusement qu'avec la faveur et la protection des dieux, à qui, disait-on, il sacrifiait chaque jour, il ne saurait être vaincu par ces Romains dégénérés qui n'offraient plus et ne promettaient plus d'offrir de tels sacrifices aux dieux de Rome".

En lisant Augustin on comprend que la défaite de Rhadagaise (ou Radagaise) fut un miracle divin, et l'invasion de Rome par un Goth chrétien, Alaric, en 410, un signe de la clémence de Dieu, car Alaric a laissé la vie sauve à ceux qui se réfugiaient dans les églises, et respecté les sanctuaires chrétiens.

Les événements historiques se comprennent toujours mieux à la lumière de ce qui aurait pu advenir de pire... On ne doute pas que si Radagaise avait fait raser Rome, outre le drame pour les habitants de la ville, cela eût pu signer la fin du christianisme dans l'Empire. Comme le souligne Jonathan Black, toutes les guerres du Bas Empire furent des guerres d'une religion contre une autre, de divinités contre d'autres. Avec les Huns, c'est la chamanisme qui est vaincu en Europe, avec Radagaise, c'est le paganisme, au moins provisoirement, même si, en apparence, la Rome christianisée vit ses pires instants.

L'évêque d'Hippone, fin lecteur de ses prédécesseurs historiens romains (quelque part il n'hésite pas par exemple à citer mon chouchou Lucain), est ainsi une source indispensable pour penser les premiers siècles de notre ère. J'ai lu dans la "Maison Dieu" de Dominique Iogna Prat que Charlemagne aimait qu'on lui lise des extraits de "La Cité de Dieu". Preuve que c'était un grand empereur.

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Le culte de Nemesis à Italica

25 Septembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Le culte de Nemesis à Italica

Le 22 mai 2015, lorsque j'avais écrit sur la double Némésis anatolienne que j'avais vue dans un musée turc, un lecteur (ou une lectrice) de ce blog sous le pseudonyme Raphaël, m'avait demandé le nom du musée. Pour les lecteurs qui, dissimulés sous des pseudonymes, ou calfeutrés dans un silence confortable (quoique parfois un peu lâche mais bon...), s'intéressent aux lectures sur l'Antiquité, aux recherches d'anthropologie ou d'histoire des religions dont je me fais parfois un peu l'écho ici, je souhaiterais parler aujourd'hui du culte de Némésis à Italica, près de Séville (Andalousie). Je voudrais m'appuyer pour ce faire sur un article de 1984 d'Alicia M. Canto, aujourd'hui enseignante au département de préhistoire et archéologie de l'université autonome de Madrid, intitulé Les plaques votives avec plantae pedum d'Italica qui a été publié dans la revue scientifique Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik, Bd. 54 (1984), pp. 183-194 et que vous pouvez retrouver in extenso en français ici.

Je tiens à préciser que, pour moi, ce genre de lecture n'est pas un travail intellectuel : cela a un enjeu existentiel. Le divin met sur notre route des gens et des œuvres qui, lorsqu'on cherche leur cohérence, nous instruisent sur les forces qui nourrissent et orientent notre vie. La déesse "Némésis" a été placée sur ma route en 2013 et je m'efforce d'en comprendre les significations, pas à pas. Pendant plusieurs mois, j'ai pensé qu'elle n'était que la déesse de la colère divine, déesse vengeresse, pleine de ressentiment. La semaine dernière, j'ai appris en tombant "par hasard" sur un texte relatif à des trouvailles sur Italica (comme j'étais tombé "par hasard" sur la double Némésis en Turquie) qu'on pouvait confondre certains éléments de son culte avec celui de Mithra (et vous savez que Mithra me poursuit aussi à travers mon soutien aux Yazidi). Et cette semaine, en travaillant sur la nudité antique, je découvre qu'elle était l'objet d'un culte très particulier en Afrique du Nord et en Espagne (d'où je suis en partie originaire) lié à Tanit (or, je connais une dame qui est aujourd'hui prêtresse de Tanit, mais c'est une autre histoire).

Italica en Andalousie est la plus ancienne fondation romaine hors d'Italie. C'est la raison pour laquelle les deux premiers empereurs non italiens, Trajan et Hadrien, sont issus de cette colonie.

Une douzaine de plaques en marbre du IIe siècle de notre ère y ont été retrouvées au milieu du XXe siècle dans les ruines de l'amphithéâtre au niveau de l'entrée orientale. Elles sont dédiées à Némésis ou Caelestis (la Céleste). Plusieurs d'entre elles représentent des plantes de pieds.

Némésis et Caelestis sont souvent invoquées ensemble ou dans les mêmes termes. Caelestis est une hellénisation puis latinisation (Rome n'étant qu'un sous-produit de l'hellénisme comme dit P. Veyne) de la déesse carthaginoise de l'amour Tanit (qui transpose l'assyrienne Ishtar). Némésis est une déesse de la rétribution et de la justice, de la fortune et de la chance. A la fin de l'époque classique son nom fut d'ailleurs associé à Artemis agrotera, déesse de la chance à la chasse. Ceci explique qu'elle soit souvent associée à un amphithéâtre (où se trouvait un Nemesion, un temple de Nemesis) et à des auteurs de dédicaces qui sont des esclaves ou affranchis devenus gladiateurs. Mais les dédicaces d'Italica sont principalement le fait d'homme libres. Les pieds signifient entrer ou sortir du bon pied et peuvent avoir été aussi gravés par des personnes riches, probablement des prêtres, à titre d'ex-voto pour l'exercice d'une charge.

L'article révèle donc une Némésis liée à Tanit qui serait une déesse de chance et de justice associée aux amphithéâtres et aux combats militaires (elle est aussi présente dans la région du Danube le long du Limes). A suivre...

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