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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #grundlegung zur metaphysik tag

Mon Golgotha

18 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

penelope.jpg

Actualisation 2019 : Texte écrit à l'époque de mes échanges avec les médiums, largement renié depuis que je sais quelles forces sont à l'oeuvre dans tout cela.

A midi aujourd'hui, je montais une côte pareille à un Golgotha, avec cinq exemplaires de mon dernier manuscrit, contre le ventre comme une femme enceinte, et non comme Jésus sur l'épaule (des manuscrits dont j'ignore à quel éditeur les envoyer). Les cloches des églises qui sonnaient les douze coups ajoutaient à la solennité de l'instant. Instant triste sous un ciel gris car tous les bureaux de postes fermés le lundi matin avaient opposé une grille austère à mon besoin d'avoir des timbres pour envoyer cette paperasse.

 

marguerite de navarre

Il n'y avait rien d'encourageant dans cette ascension, sauf Pénélope Cruz qui me regardait fixement en haut de la côte, en me demandant "Tu t'attendais à quoi?". Ce n'était pas Marie-Madeleine, mais quand même la femme d'Ulysse, et son nom évoquait ma croix... Elle avait sur l'épaule le perroquet des portraits de Marguerite de Navarre dans sa jeunesse. Un perroquet aux ailes de papillon, comme une hipparchia. Pénélope ne m'a jamais déçu, de "Jambon Jambon" à "Volver"... J'ai donc marché bravement en la regardant droit dans les yeux !

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Un jour sans fin

10 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

luneIl paraît qu'il y a une super Lune ce soir. Le ciel est nuageux. Je ne la verrai donc pas. Tant mieux.

 

Arte ce soir diffusait "Le jour sans fin" ("Le jour de la marmotte"). Une comédie à coloration métaphysique : un type est coincé dans un coin perdu de Pennsylvanie, et condamné à revivre sans cesse le même jour.

 

Moi aussi je suis entré dans un jour de la marmotte depuis 8 mois (bientôt le temps d'une gestation) en ce sens que je n'ai plus aucun contrôle sur ce qui m'arrive. Toutes les pédales ont lâché, je ne peux plus rien anticiper des réactions des gens à mon égard, je ne décide pas vraiment ce que je fais, ce que je dis, et je vois bien que les propos que m'adressent les gens, en bien comme en mal, ne me sont pas vraiment destinés et ne dépendent pas vraiment de ce que moi-même je leur dis.

 

Une médium (et maître de reiki) vendeuse de fromage dans un  supermarché (ça n'empêche pas, et ça va même plutôt ensemble sembe-t-il) du côté d'Aubagne me disait, lors de la dernière soirée de lune noire : "Il te suffit de te laisser porter". Bigre ! Mais ça n'a jamais été ma philosophie ça, ma bonne dame ! Moi je m'suis fait tout seul. Fils d'ouvrier, grandes écoles, blabla... Tsst tsst ! cause toujours mon bon ami ! la Lune a changé de place. Maintenant tu n'as plus ton mot à dire. Supporte ta migraine et laisse le volant aux autres... ou aux Autres...

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Jupiter

9 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Souvenir des écrits de Nietzsche sur la solitude. Souvenir de la fascination de Deleuze pour l'art japonais de l'épure. Contrairement à ce que soutiennent les "coach" et thérapeutes en tout genre, la vie n'a pas pour but de "devenir ce qu'on est". La vie n'a tout simplement aucun but, et c'est cette absence de but qui devrait nous la rendre très légère à vivre.

 

amon.jpgJournée de samedi dans une solitude complète à terminer l'écriture d'un livre (j'en suis à 94 pages A4) dont je n'attends strictement rien (je pense le faire paraître chez Edilivres, complètement incognito). Puis pour faire plaisir à Pierre Piccinin qui partira pour Donetsk lundi, je vais tenter d'écrire les premiers chapitres de ses chroniques de terrain sur l'Ukraine qui paraîtront sans doute chez l'Harmattan. Ces écrits politiques me paraissent moins fondamentaux que tout ce que je fais d'inutile loin des regards.

 

Je songe beaucoup à cette image de Caton d'Utique dans Lucain renonçant à visiter le sanctuaire d'Amon en Egypte (où Alexandre le Grand avait consulté l'oracle, marrant comme les philosophes se définissent souvent par opposition à Alexandre, pensez à Diogène) parce que, disait-il, "Jupiter est en moi", de sorte qu'il n'y avait pas besoin d'aller le consulter en plein désert. Cela rappelle bien sûr ce passage de l'Evangile où Jésus fait scandale en disant que le temple de Salomon n'a aucune valeur car Dieu peut le détruire d'une pichenette, aucune valeur à côté de la présence de Dieu en nous. Si l'on agit en politique, si l'on tente de faire connaître la vérité, si l'on fait de l'art, si l'on écrit, si l'on aide son prochain, c'est pour manifester le Jupiter qui est en nous. Mais cette théophanie ne doit être qu'un élément accessoire d'une présence en soi d'une force qui doit être à elle-même son propre but.

 

Si cette présence n'est pas suffisamment tangible il existe des techniques pour mieux l'éprouver en soi. Mais l'action (l'écriture, le combat etc) ne doit être qu'un attribut secondaire de la présence, pas un succédané.

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Le syndrome de Viridiana

26 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Mon amie provençale me dit que, si le medium qu'elle m'a fait connaître en février est devenu un voyou (car il a été fort arrogant et malautrus avec elle et avec ses amies), c'est à cause de moi, car je lui aurais donné confiance en lui même en le valorisant et, de la sorte, il aurait perdu toute humilité. Il faut donc que je cesse de m'intéresser aux gens si cela les rend cyniques et égoïstes. Appelons cela le syndrome de Viridiana. Invitez les affamés à votre table et ils saccageront votre maison... Une autre version de "cria cuervos y te sacaran los ojos"...

 

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Les alcaloïdes de la mandevilla

30 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

mandevillaOn progresse : la mandevilla (autrefois appelée dipladenia) fait partie de la famille des apocynacées (comme le laurier rose et la pervenche), plantes produisant un latex riche en alcaloïdes. Dans les pharmacopées traditionnelles, certaines espèces sont réputées pour leur propriétés anti-inflammatoire, analgésique et prescrite pour traiter les morsures de serpent (peut-être un lien avec le serpent d'Apollon, et ceux du désert des Syrtes dans la "Retirada" de Caton, nous sommes d'ailleurs avec une lune dans l'angle de Jupiter, grande référence de Caton).

 

Mais peut-être la synchronicité entre cette plante et mon dimanche 25 mars tient-elle plus à cela " Apocynum, lui-même issu du grec apo, loin de, et kunos, chien, employé ici dans le sens 'qui les tue', en référence à l'usage d'Apocynum androsaemifolium comme poison. "... le lien avec le saint cynocéphale et le sacrifice des chiens à la lune noire d'avant hier est peut-être davantage à retenir.

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Mandevilla

29 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

lune

Méchant coup derrière la tête hier. Sans doute à cause de la Lune noire qui ne me réussit pas depuis le 22 décembre. Mon saint patron cynocéphale est toujours sacrifié à Hécate...

 

Je cherche partout la signification de la mandevilla sanderi pour les Latino-Américains. C'est la fleur qui est venue à moi dimanche dernier.

 

Personne n'éclaire ma chandelle...

 

mandevilla.jpg

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A quelques jours de l'Ascension

26 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Actualisation 2019 : Texte écrit à l'époque de mes échanges avec les médiums, largement renié depuis que je sais quelles forces sont à l'oeuvre dans tout cela.

Hier, je vis dans le métro une fille rousse aux cheveux longs. Je pensai à Tori Amos (une chanteuse qui a du sang amérindien dans les veines, malgré les apparences), et je me mis à fredonner : "I know a cat named Easter He says will you ever learn / You're just an empty cage girl if you kill the bird" (extrait de "Crucify").

 

ste baumeTout en chantonnant, je songeais à ce mot "Easter"... Tout le monde admet que les Anglo-saxons ont eu l'étrange idée d'appeler "Ishtar" la fête de Pâques, qu'ils ont oublié de la "christianiser"... Soit. Mais pourquoi ont-ils importé le nom d'une déesse mésopotamienne ? Je veux dire, si Pâques avait simplement coïncidé avec une de leurs fêtes printanières de la fécondité, ils l'auraient simplement appelée du nom d'une déesse locale : Friga, Brigid, Danna, que sais-je ? Dans leur esprit cela DEVAIT être lié vraiment à l'Ishtar des Babyloniens... Quelqu'un le leur avait dit... Qui ? un missionnaire inspiré par la Gnose ?

 

J'ai cru comprendre que la Gnose ou un Evangile apocryphe raconte que Marie-Madeleine prêtresse d'une déesse de la terre (l'Isis égyptienne ou l'Ishtar babylonienne) aurait ressuscité Jésus (cf ici)... Le mot Easter est-il lié à cela ?

 

Une correspondante (pourtant athée) m'écrit qu'elle était à l'église Saint-Sulpice à Paris aujourd'hui, et qu'elle y a ressenti des "énergies" comme en 2005. Le "Da Vinci Code", roman américain à succès des années 2000, sur la base d'une tradition hérétique rattachait cette église à Marie-Madeleine... Je ne me suis pas du tout intéressé à ce folklore "new age" passé dans le marketing au moment de la sortie du best seller. Quelqu'un m'a expliqué il y a peu que Marie de Magdala faisait partie des "maîtres ascensionnés" (horrible néologisme) que recensent les esprits contemporains. Je suppose que c'est aussi de cette Marie que parle ce site consacré au Reiki quand il dit : "Le Maître Marie est le Maître de la Fréquence Mère Rose. C’est l’incarnation de la Mère Divine. Elle est aussi appelée Lady Nada. Elle représente une des belles extériorisations de l’Amour. Elle nous relie à l’Amour Inconditionnel." Il est peut-être bon d'apporter une pomme "Pink Lady" à Rocamadour ou à Sainte Baume...

 

Une légende provençale dit que Marie-Madeleine à Sainte Baume a été portée 7 fois par jour par les anges au-dessus de la grotte où se trouve un vortex d'énergie. Marie-Madeleine était élevée par les anges, nue, ses cheveux longs recouvraient sa nudité. Etrange ascension...
 

A propos d' "Amour inconditionnel", une femme dédie ces mots à son amant ce soir sur son blog : "Ma fibre artistique, qui me fait décrire avec un peu de subtilité…tes sourcils. Je ne t’apprends rien, leur orientation et leur définition donne le plus clair de l’expression du regard et même du visage. Les tiens sont adorablement fins et il me semble que leur extrêmité intérieure est légèrement ascendante, ce qui te donnent cet air d’innocence. Ce sont tes lèvres aussi, quand tu dors, qui font penser à celles d’un enfant."

 

Il y a quand même de plus jolies choses en ce bas monde que les résultats des élections...

 

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Le pouvoir et la puissance

5 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Après la victoire d'Actium, Octave (futur César-Auguste) attribua son succès à Apollon Phoebus (le brillant) dont le culte n'était pas vraiment répandu à Rome : c'était avant tout un dieu grec (mais Auguste ne disait-il pas qu'il faut que les Romains s'habillent comme les Grecs - avec le pallium des philosophes - ?). Antoine son adversaire s'était placé sous la protection de Dionysos, et Cléopâtre sous celle d'Isis (la terre mère, qui ressuscite le dieu mort). De sorte qu'Actium est une victoire d'Apollon sur Dionysos dans la mer (car c'est une bataille navale, à la différence de Pharsale entre Pompée et César, mais toujours en Grèce).

 

Avant eux, Pompée s'était placé sous la protection de Venus victrix, et César sous celle de Venus génitrix (dont il se prétendait le descendant). Vénus contre Vénus. C'était un temps où tout chef se réclamait d'une force surnaturelle non pas pour assujettir son peuple, mais pour s'assujettir lui-même à un sens de la puissance pondérée (la seule qui agisse dans le temps) et du devoir (du renoncement dans l'action, si vous voulez, pour reprendre les termes de la Bhagavad-gita).

 

auguste

En persévérant dans cette piété (pietas), Auguste se donnait les moyens de construire, et de se réclamer de plus en plus d'une ascendance apollinienne (de sorte qu'on le nomma Divus Augustus, le divin Auguste). Certains disent que Jésus-Christ fut nommé "le fils de l'Homme" par opposition au "Divin Auguste", je n'entrerai pas dans ce débat, mais il est en tout cas très étonnant que le véritable Jésus s'il a existé ou en tout cas le Jésus des Evangiles canoniques soit né sous Auguste et que sa naissance (probablement imaginaire) à Bethléem, dans la ville de David, soit conçue comme une conséquence d'un décret (probablement imaginaire aussi) d'Auguste.

 

Que le pouvoir individuel soit stérile sans l'aide d'une puissance qui transcende l'individu (comme par exemple la puissance de la morale universelle) est une règle de laquelle notre président de la République ferait bien de s'inspirer, ce sot dont la dernière trouvaille face à la crise ukrainienne (créer une communauté énergétique européenne contre la dépendance au gaz russe) est d'une débilité sans nom !

 

Cela est aussi vrai dans la vie privée. Je songe par exemple aux gens qui valorisent le pouvoir sexuel auquel ils prêtent une fausse sacralité (le sexe sacré est une chose très particulière). Il est de la dernière mode de faire l'amour à la nuit tombée au bureau, ou dans les salles de classe pour les instituteurs (et même dans les sanctuaires, mais voyez de quel prix Atalante et Hippomène le payèrent). Un de mes amis avait amené sosu la lune une sienne conquête dans un bureau du ministère des affaires étrangères en 2004. Voilà le genre de chose que je ne me serais jamais permis je crois. Des policiers parisiens viennent de le payer cher. Entraînés par le stupre, semble-t-il par une nympho alcoolisée canadienne (à laquelle je ne jette pas la pierre car il y avait peut-être une inspiration profonde dans son initiative), ceux-ci, selon le dernier rapport de l'enquête rendu public, ont sauté leur copine au quai des Orfèvres. La Ménade (eux doivent dire "l'Empuse") a toutefois changé de posture en cours de route, c'est le cas de le dire (elle a changé de main), et a choisi de transformer le bal en tragédie (et en disant cela je ne me prononce pas sur le fait de savoir si un geste déplacé de ses amants ou d'elle en est la cause). Elle s'est donc enfuie seins nus en criant au viol. "Viol au quai des Orfèvres" fut la "Une" des journaux le lendemain, et les flics y perdront sans doute leur job. C'est qu'il faut autant de prudence et de sérieux dans les choses de la chair que dans le reste. "On ne badine pas avec l'amour" disait Musset. Non que l'amour doive être triste, il peut et peut-être même doit être délirant. Mais le délire doit toujours être indexé à une puissance qui le dépasse. Sans quoi il n'est que simple accident de parcours.

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La statue de sel

27 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

La Bible valorise la femme qui s'est retournée sur le désastre et s'est transformée en statue de sel pour le bien de l'humanité.

 

Certains cependant pensent que la femme n'aurait pas dû se retourner et aurait surtout dû sauver sa peau.

 

Demandez aux enfants laquelle des deux interprétations ils préfèrent, et vous saurez ce que vaudra l'humanité de demain.

 

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PS : suite au commentaire brillantissime de Jeff le 2 mars, je rajoute ça (regardez à la minute 2'30) - le film n'est pas sur Youtube, seulement les impressions de Danielle Darrieux.

 

 

 

 

 


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Amour et écriture

22 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

"L'homme est la somme de ses actes" disait Hegel. Hegel est très loin d'avoir eu raison sur tout, et on peut se demander s'il a même entièrement raison sur cette phrase. Néanmoins on sent bien que sans actes, l'humain est vide, pure chimère.


saint jeromeQuand je regarde en arrière je vois bien ce que j'ai fait et ce que je n'ai pas fait. Il y a mon ascension sociale, mes diplomes, il y a les causes au service desquelles  tout cela a été mis, l'ouverture au monde, le combat contre les guerres etc. Je pense qu'on peut me créditer d'avoir plutôt bien servi la cause de la Vérité, y compris en prenant des distances à l'égard des "élites" et quelques risques comme celui de me rendre dans des pays "qui n'existent pas" ou si peu, ainsi que d'avoir défendu l'idée même de vérité avec toute une analyse philosophique, ancrée sur des données scientifiques récentes, qui, à défaut d'être complètement aboutie, constitue une ébauche épistémologique qui va au delà de la simple opinion personnelle.

 

Je ne suis pas toujours à 100 % dans la vérité - qui pourrait prétendre l'être ? - mais on peut me créditer de quelques actes "atypiques", et d'une oeuvre (quoi qu'elle vaille) au service de celle-ci.

 

J'ai toujours pensé qu'il n'y avait point de vérité sans un certain amour, et qui n'est pas seulement l'amour de soi-même, ni l'amour pur d'une vérité abstraite (même si ces deux amours-là sont des composantes nécessaires de la vérité). Vous ne pouvez pas écrire sur une personne, morte ou vivante, ou sur un peuple etc, sans une sincère volonté de le ou la faire connaître, de promouvoir ses possibilités d'exister socialement, ni sans une certaine empathie qui vous fait comprendre comment ces gens percevaient et ressentaient les choses, sans aimer, ne serait-ce qu'à titre provisoire (en prenant ensuite le recu intellectuel nécessaire pour critiquer et resituer dans un ensemble global cohérent) leur univers, leur imaginaire, leurs affects, leurs aspirations, leur sensibilité etc.

 

Cette prise en compte de l'amour m'a conduit à écrire des textes comme mon livre "Eloge de la liberté". J'y conserve au concept d'amour un sens très vague, sans préciser s'il est charnel ou pas, passionnel ou plus posé, amical, sacerdotal ou autre, car de toutes façon les frontières entre les affects sont poreuses. Et je continuerai toujours de penser que la problématique de la vérité doit toujours être entretenue en parallèle avec celle de l'amour.

 

Cependant je souhaiterais préciser ce soir que l'amour que l'on mobilise dans l'écriture et dans le travail intellectuel, même si je prends ces activités dans leur sens le plus exigeant, n'est toutefois pas aussi fort, ni aussi sincère que celui que déploient des tas de gens "non intellectuels" dans la vie quotidienne. Essentiellement à cause d'un rapport à la temporalité.

 

L'amour dans les relations réelles avec les personnes suppose une patience dont je suis admiratif (songez par exemple aux gens qui se dévouent chaque semaine dans des actions caritatives au sein d'associations) et dont je suis personnellement incapable : je suis l'impatience incarnée, encore aujourd'hui malgré mon grand âge, même si j'arrive encore à dompter à peu près cette impatience dans le travail de lecture ou dans l'écriture des ouvrages.

 

Aussi, si je continue à souligner l'importance de l'amour, le plus dévoué, et le plus honnête possible, dans le travail intellectuel pour éviter que celui-ci ne dérive vers l'imposture (c'est à dire, vers ce que nous servent 90 % des figures de proue du système médiatique), je le ferai toujours avec une infinie prudence et modestie, en soulignant que les habitués de l'écriture de ma sorte doivent rester conscients du fait qu'ils sont, la plupart du temps, beaucoup moins capables d'un amour réel concret, c'est à dire notamment d'un amour patient comme tout amour doit l'être ou devrait l'être, que ne le sont beaucoup de personnes étrangères à l'écriture. Et cela se comprend : le choix de l'écriture résulte souvent de la prise de conscience, dès l'enfance, d'une difficulté à être aussi "aimant" dans le réel qu'on ne l'aurait voulu...

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César-Auguste, la force des lieux et de la terre

20 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Merci aux 21 personnes qui ont "liké" sur mon précédent billet. Mes lecteurs sont mon terreau. Et pas seulement les lecteurs d'Internet. J'ai besoin de leur réalité humaine, comme de la réalité de la terre, du ciel. Le réel est ma passion !

 

Vous souvenez vous de mon témoignage sur mon dîner en 2000 chez la journaliste qui avait intitulé un article "Le réel ne passera pas" ? C'est dans mon dernier livre.

 

C'est pourquoi je déteste le story telling par exemple, le côté "oh je vais vous raconter, il m'est arrivé ceci cela". La vie n'est pas une histoire qu'on raconte. Il faut que ce soit un cheminement dont on témoigne, c'est TRES DIFFERENT ! Et il y a plusieurs façons de témoigner sans raconter. Par exemple vous qui commentez mes articles ou les envoyez à des amis, vous témoignez du fait que mon cheminement a de la valeur, sans avoir besoin de "raconter" ce cheminement. Veritas index sui ! comme disait Spinoza, la vérité se montre d'elle même pour ceux qui savent la voir !

 

J'ai désactivé tous mes profils sur Facebook, sauf ceux de l'Atlas alternatif qui sont collectifs. Parce que je déteste le côté story telling qu'il encourage, et aussi le côté "geek" "Bouvard et Pécuchet" de gens qui sont "super contents" d'avoir trouvé un article, le montrer à leurs potes, alors que la connaissance avance en silence, dans la lecture solitaire de LIVRES et pas d'articles ponctuels sur le Net !

 

Le réel, ce sont les rencontres autour d'un verre comme celle que j'ai décrite avant hier, c'est le dialogue avec les morts comme je le fais, à travers les livres, avec Châteaubriand, avec Montaigne, Marguerite de Navarre, César Auguste (je relisais très sérieusement Suétone hier sur le premier empereur de Rome, des pages que j'ai lues pour la première fois à 17 ans et que j'ai dû parcourir à nouveau à 27 ou 30, à chaque fois elles m'apprennent quelque chose à quoi je n'avais pas prêté attention).

 

auguste.jpgSavez-vous qu'il y a quelques années sous la crypte de Notre Dame à Paris, il y avait une stèle qui représente la gigantomachie, le combat des dieux (mais en réalité de l'homme) contre les géants ? C'est une image de la propagande de César Auguste qui disait avoir dompté les démons de la guerre civile et de la discorde ! César Auguste le pacificateur. Si votre fiancée après un baiser aux portes des Catacombes se rapprochait de la stèle de César-Auguste, il fallait la laisser y aller. César Auguste, vainqueur des cauchemars, et ami des Vestales. Je vous fais un dessin ? La Lutèce romaine s'est développée sur l'île de la Cité et la Rive gauche sous César-Auguste.

 

Dans "Le Père Goriot" Balzac dresse un portrait sinistre de la rue Neuve-Sainte-Geneviève (aujourd'hui rue Tournefort) à mi-chemin entre le Panthéon et l'église Saint-Médard. (Au fait, si vous passez devant l'église Saint Médard, regardez l'inscription au dessus de la porte : "Cognoscestis veritatem, et veritas liberabit vos" - "Vous avez connu la vérité, et la vérité vous a libérés !"). J'adore ce quartier qui était le mien à l'âge de 18 ans, et dont le souvenir évoque des promenades dominicales solitaires extrêmement sinistres. Mais il faut aussi du sinistre pour avancer !

 

vall-e-d-ossau.jpgJ'ai l'intention de visiter quelques lieux parisiens qui comptent beaucoup pour moi, avec mon ami Rémy le médium dont je vous parlais avant hier. Non parce que j'adhèrerais à l'ésotérisme, mais presque à titre expérimental, juste pour voir s'il y ressent quelque chose ou pas. Allez savoir. On gagne toujours beaucoup à approfondir son rapport réel ou imaginaire aux lieux, à se réenraciner en eux. Il y a beaucoup de thèses sur les énergies de la terre, thèses indémontrables. Mais ceux qui y croient construisent des visions poétiques là dessus qui peuvent parfois nourrir des émotions utiles pour avancer, qui sait ? Les Géants sont des forces telluriques (liées à la terre). César-Auguste les a domptées... César Auguste était l'homme du rapport au lieu, c'est lui qui a fixé les limites de l'Empire, le limes, là où Jules César avant lui, Jules César l'instable, n'avait d'autre obsession que de conquérir, partir, partir, partir - même à la veille de son assassinat, il préparait une guerre, comme Henri IV aussi (le petit fils de Marguerite de Navarre, qui, elle, restait fidèle aux lieux : Angoulême, Paris, Nérac, Pau). Les frontières n'enferment pas...

 

loups.jpg

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Virgo vestalis sum (Je suis une vestale)

19 Février 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

vestale.jpgCertes je livre des analyses politiques pour le blog de l'Atlas alternatif et Esprit corsaire, mais je suis avant tout un philosophe et un écrivain (ou un écrivaillon, lisez mon roman, vous verrez à quel niveau il faut me situer). L'écrivain n'a pas de vie privée. Il voit dans tout ce qui arrive dans son quotidien un reflet des possibilités humaines en général, et il se permet pour cela d'écrire à leur sujet avec la même impudeur que s'il racontait la vie d'Artaxerxès ou s'il décrivait le fonctionnement d'une colonie de termites. Que ceux que l'humaine condition n'intéresse pas sautent donc cet article et aillent plutôt lire mes billets politiques.

 

Qu'en revanche mes camarades de cheminement (comme mon amie Livia, par exemple, qui a pu suivre de près mes réflexions, mais aussi Pierre-Olivier, et quelques autres), jettent un oeil attentif à ce que je vais narrer ici.

 

La "jeune médium" dont je parlais dans le billet plus bas "épicurisme et stoïcisme", m'a fait rencontrer hier un medium plus expérimenté qu'elle. J'y suis allé avec le regard du rationaliste, comme je l'avais fait en 1989 lors d'une séance de spiritisme au cours de laquelle un verre s'était promené avec fougue sur une table, du côté de Montreuil. C'était il y a un quart de siècle déjà... Rationaliste, mais ouvert à tout ce qui pourrait m'être dit. Le médium d'hier, comme celle dont je parlais plus bas, est lui aussi à côté de ses dons plutôt rationaliste, cadre commercial "dans le civil", si je puis dire, et ne veut pas utiliser ses talents à des fins lucratives ni pour devenir un gourou. Il s'en sert cependant pour guérir les brûlures épidermiques (il se dit "coupeur de feu") et diverses autres choses. Il dit avoir des dons d'empathie, et aussi de perception de certaines énergies, notamment celles de la terre. Je n'en dirai pas plus ici sur ses convictions ni sur ses inspirations générales, mais je tiens à souligner que lui-même essaie de garder la tête aussi froide que possible à l'égard de ses dons, et c'est pour cela qu'un dialogue avec un sceptique comme moi pouvait être fructueux.

 

photo 023 retouchéeSes "dons" justement, ne m'auraient pas spécialement intéressé, si cet homme, qui ne me connaissait que depuis une demi heure, et à qui je n'avais rien dit de ma vie, ne m'avait sorti de but en blanc dans un pub silencieux près de Saint Lazare à Paris vers 14 h (car il faut du silence pour que les intuitions passent) : "Tu as eu une mère étouffante, tu as fait toutes tes études pour faire plaisir à ta mère, ton père était assez absent, ton grand père le remplaçait, ton grand père est mort quand tu avais 14-15 ans, il a essayé de te parler depuis dans tes rêves".

 

Je n'aurais point été impressionné si ces phrases procédaient d'une pure déduction psychologique à partir de mes mots, ou de mes comportements. Toutefois, je le répète, je n'avais rien dit à cet homme sur mon enfance, et notamment le fait que mon grand père maternel soit décédé en août 1985, juste avant mon 15ème anniversaire ce cadre commercial en face de moi n'avait AUCUN moyen de l'apprendre d'une manière rationnelle.

 

Ce medium a ajouté, en me voyant sourire : "Je pourrais te dire encore plus de choses sur toi mais je ne veux pas te destabiliser trop pour une première rencontre. Ce que je viens de te dire là sur toi, ce sont des esprits qui me l'ont soufflé juste pour signaler qu'ils sont présents. Quand on se connaîtra mieux je t'en dirai plus"

 

De temps en temps j'envoyais des SMS à la fille médium (appelons la ainsi même si elle prétend n'être point encore assez "élevée" spirituellement pour avoir les mêmes intuitions que son ami). Elle fonctionne plutôt avec des chiffres qui la hantent car elle a fait des études de mathématiques, il paraît que cela correspond à sa sensibilité. Au bout de trois SMS que je lui ai adressés, elle m'a écrit : "Heure 13h13 à laquelle tu as envoyé le premier message : Les maîtres ascensionnés travaillent avec vous sur vos processus de pensée. Ils vous servent de mentors en vous enseignant la sagesse ancienne qui intervient dans la manifestation de vos désirs. Ils vous envoient de l'énergie pour vous garder du découragement et vous encouragent à rester concentrés sur les véritables objectifs de l'âme. De plus, il se peut que les maîtres ascensionnés vous conseillent, vous guident et vous fassent des suggestions à propos de la finalité de votre vie." Bon je cite ce SMS de mon interlocutrice pour préciser un peu la couleur du "background" imaginaire dans lequel l'apres-midi d'hier baignait. Bien sûr on peut sourire devant les maladresses d'expression comme "maîtres ascensionnés" (l'intellectualisme n'est pas très important dans l'ésotérisme de toute évidence, puisque le coeur est censé compter davantage).

 

aimez vous bordel

Mon interlocutrice par SMS, comme l'homme que j'avais en face de moi, ont découvert leur inspiration "paranormale" (mais ils n'aiment pas le terme) assez récemment (il y a deux ans, ce sont d'ailleurs des gens jeunes) à l'issue de très pénibles dépressions qu'ils ont endurées, dans des périodes de doutes sur eux-mêmes (et pour mon interlocutrice à la suite d'un violent chagrin d'amour après s'être faite brutalement plaquer). Je suis en ce moment dans une situation psychologique proche de celle qui était la leur il y a deux ans, et la tentation de laisser mon esprit "s'ouvrir" aux dimensions étranges auxquelles les leurs ont accédé pourrait exister (d'ailleurs ne disent-ils pas que tout un chacun pourrait s'il le voulait devenir comme eux ?).

 

Cependant je n'y cèderai pas. Je veux bien employer ma plume et ma petite notoriété éditoriale à tenter de faire connaître les dons de ces personnes, leur univers mental, et le bien qu'ils peuvent faire autour d'eux (car j'ai toujours conçu mon travail intellectuel comme étant au service des réalités humaines méconnues et méprisées par la culture officielle, et au service de l'amour humain largo sensu). Mais, que les esprits existent ou pas, qu'ils tentent ou pas de nous parler, à ce stade précis de ma vie je ne pense pas avoir vraiment besoin de le savoir.

 

Je ne m'étendrai pas plus sur cette singulière rencontre d'hier sur laquelle j'écrirai probablement plus dans un autre cadre (article universitaire ou livre, trouver le support adéquat n'est d'ailleurs pas facile) dans quelques mois ou quelques années. Je citerai juste un point intéressant mon parcours personnel car ce point va avoir un impact sur ma façon d'écrire mes livres, et probablement aussi sur mon positionnement politique. Le médium m'a dit hier : "Je vois aussi que tu as eu un problème de définition de ton identité sexuelle à un certain moment. Tentation de l'homosexualité ?" (il était gêné de me demander cela ne sachant pas que je suis toujours fort à l'aise pour parler de l'Eros).

 

Je lui ai dit que comme beaucoup d'intellectuels, du temps où Christian David prétendait que nous avions tous une "bisexualité psychique", je m'étais demandé si les gens du même sexe que moi ne m'attiraient pas, que toutefois je n'avais jamais trouvé rien de probant de ce côté là, mais qu'en revanche avant ma naissance mes parents s'étaient convaincus de ce que je serais une fille, et que ma mère fut un peu déçue de me voir naître de sexe mâle, que ce fait a toujours été structurant de ma proximité avec la sensibilité féminine. Ce qui pouvait correspondre à l'impression qu'il avait de moi.

 

C'est amusant parce que lui et moi avons parlé du café de Flore, et je lui ai raconté mon repas il y a quelques années avec une célèbre chanteuse des années 1990 et l'ambassadeur du Sri Lanka dans ce café, repas que je voulais destiner à préparer un concert pour la paix dans ce pays. Cette chanteuse à la féminité véhémente m'a beaucoup sensibilisé à ce que pourrait être l'apport féminin à mon engagement anti-guerre (apport qui n'est jamais exempt de défauts, car, à la différence d'un certain discours convenu de notre époque, je ne déifie pas la féminité, mais qui a aussi un spécificité très intéressante). J'ai songé du coup que je devais valoriser cette féminité en moi. Mon côté féminin est un côté extrêmement pur (contrairement à ce que mon amie Livia en disait). Je suis une parfaite vestale qui protège en son coeur un sens du Bien et de l'absolu rigoureusement cristallin. Je serai notamment la vestale de ce que j'ai vécu et appris au second semestre 2013 et ferai tout pour le faire exister encore dans mon quotidien. Et c'est sur ma vocation de vestale que, dans mon travail d'écriture, je pourrai sans doute faire fructifier le meilleur de ma personnalité. Mais je conçois que tout cela puisse paraître fort abstrait vu de l'extérieur. Je ne pourrai le manifester que dans mes livres.

 

Ad augusta per angusta !

 

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christophe.jpgPS : le médium m'a aussi dit "écoute ton fils il a des choses à t'apprendre". A midi, mon fils (6 ans) m'a dit : "Les philosophes ne sont pas de belles choses, mais de beaux animaux". Qu'est ce que cela peut bien m'apprendre ? J'ai pensé à la phrase de Gilles Deleuze : "l'écrivain est à la limite du cri animal et de l'humain". Comme le Saint Christophe cynocéphale. Livia et Pierre-Olivier m'accompagneront peut etre un jour sur la tombe de Marguerite de Navarre. J'y amènerai mon ami médium aussi. Une pensée aussi pour Clodius, du parti des Populares, qui s'était déguisé en vestale. Les vestales étaient enterrées vivantes si elles laissaient s'éteindre la flamme du Feu sacré. Je ne laisserai s'éteindre aucune flamme, et personne ne sera enterré vivant.

PS2 : cette chanson et ses "lyrics" aideront les plus âgés à comprendre le contenu de ce blog.

PS3 : "César-Auguste accrut le nombre, le prestige, mais aussi les prérogatives des prêtres, particulièrement des Vestales ; comme le décès de l'une d'entre elles imposait le choix d'une remplaçante, voyant beaucoup de citoyens faire des démarches pour ne point soumettre leurs filles au tirage, il jura que, "si l'une ou l'autre de ses petites filles avait eu l'âge convenable, lui-même l'aurait offerte" "(Suétone, Vie des douze Césars, XXXI) "Les Vestales eurent au théâtre leur loge à part" (XLIV)

 

PS 4 (de 2016)  : Le récit de la révélation du 18 févier 2014 évoquée dans le billet ci-dessus sera prochainement repris dans un essai universitaire sur les médiums. Suivez les actualisations de ce blog pour rester informés.

 

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Le spécialiste des massages chinois à Paris

25 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #Grundlegung zur Metaphysik

Actualisation 2019 : Le massage dans le taoïsme chinois est identifié comme un moyen d'entrer en contact avec des démons par l'ouverture du troisième oeil. Il avait une fonction assimilable à la sorcellerie en Mésopotamie. De nos jours la plupart des masseuses européennes travaillent en partenariat avec des médiums spirites ou ont elles-mêmes des dons de médiumnité. Il en va de même des masseuses chinoises. Evitez donc ces pratiques qui vous mettent à votre insu en contact avec des forces obscures, et, en outre, encouragent en vous un démon de masturbation qui, sur le long terme, rend votre personnalité plus instable et crée une grave dépendance.

 

Revu aujourd'hui le spécialiste des massages chinois, toujours en verve. Il pestait : "Impossible de vraiment connaître une masseuse. Elles changent trop vite, on ne peut pas tisser des liens de confiance" (il voudrait écrire un bouquin sur ces filles, mais il est condamné à les considérer comme interchangeables...) "Pourtant certaines ont l'air assez ouvertes d'esprit. Il y a quelques jour je me suis fait masser par une fille assez moche qui n'arrêtait pas de rigoler. Avant hier elle était plus jolie et semblait plus austère, mais elle a commencé à rigoler quand j'ai rebandé après la finition. Elle a dit 'vous très fort', et la fin du massage fut très amicale. Elle m'a raconté qu'elle était de père mongol et de mère chinoise, en France depuis quatre ans, qu'elle rêvait de retourner au pays tout ça."

"Amicale ? ai-je demandé... Tu exagères, elles font quand même ce job contre leur gré". "Je ne sais pas, répondit le spécialiste. Peut-être, comme les travailleuses du sexe, jugent-elles que c'est un job comme un autre. J'observe que quand on les traite avec douceur, respect et bonhommie, elles finissent ont des gestes moins mécaniques. Certaines jouent avec le sexe du client. La mongole, elle, inventait des gestes pas canoniques du tout comme plier mon genou et pousser ma fesse avec le pied et elle en riait. Au fond beaucoup d'entre elles n'attendent sans doute que ça : que le client leur donne l'envie de s'investir sur un mode moins stéréotypé, en personnalisant l'échange. Ca rend leur tâche plus facile, comme il est plus facile pour un plombier de se rendre chez un client souriant. Ca leur permet d'être créatives, et donc de vivre mieux le travail. C'est humain".

Voilà qui rappelle les propos de Morgane Merteuil...Et rappelons aussi que Ruwen Ogien place sur un même plan kynés et prostituées (cf http://www.franceculture.fr/emission-le-tete-a-tete-ruwen-ogien-2013-04-28) .

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Superstitions dans nos campagnes

2 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #Grundlegung zur Metaphysik

Actualisation avril 2016 - après mes enquêtes sur les médiums, je ne souscris plus au point de vue exprimé dans cet article qui correspondait à ma période rationaliste étroite. N'oubliez pas cependant que tout acte de sorcellerie, y compris celui de se faire porter, comme la consultation de voyants peut être un pacte avec le monde invisible et avoir des effets secondaires très graves...

Dans une petite ville du Béarn près de Pau, lorsque quelqu'un a le zona, presque tous les généralistes en viennent à lui dire "si vous y croyez vous pouvez aller vous faire porter". Qu'entend-on par là ? Se faire porter c'est aller chez un guérisseur. On m'a parlé d'un d'entre eux. Sexagénaire (né en 1944) deux fois divorcé, un pauvre homme revenu de toute forme de relation avec les femmes. Employé de la ville de Pau, il a dû abandonner son boulot pour cause de dépression. Ses parents vendaient des matelas. Je n'ai pas pu en savoir beaucoup plus sur lui. On m'a expliqué la nature de ses séances (pour lesquelles il reçoit 10 à 15 euros en moyenne, il n'est pas rare que les gens en fassent trois ou quatre). 

En arrivant on vous demande si vous y croyez. Le guérisseur a le "pouvoir" de "porter sur lui" le zona des autres parce que lui-même a eu cette maladie. Il prononce alors la formule en béarnais "que portos tu ?" (j'adopte la graphie française en réaction à l'occitanisme) - que portes tu ?. La personne doit répondre "lou cindre" (le zona, en fait même les vieux qui connaissent un peu le béarnais sont peu nombreux à savoir qu'ainsi se nomme la maladie dans cet idiome), puis elle met ses mains sur le dos du guérisseurs qui alors effectue plusieurs fois le tour de la table en prononçant des formules pour lui-même, formules obscures et incompréhensibles. Au fur et à mesure il jette sur la table neuf bâtonnets qu'il a confectionnés. Quelqu'un m'a expliqué que le chiffre neuf a quelque chose de magique "depuis toujours". Jadis on disait que si un malade n'était pas guéri au bout de neuf jours il allait mourir, et l'on faisait dire des messes de neuvaine. A la fin de la séance le guérisseur recommande au malade de réciter trois "je vous salue Marie" le soir ce qui est indispensable à l'efficacité de ce "traitement".

J'ai été surpris de découvrir que ce genre de pratique existait encore et même était encouragé par les médecins professionnels. Compte tenu du nombre de cas de zona, cela doit concerner un nombre de personnes non négligeable.

La persistance de ces pratiques doit être liée au caractère périphérique de cette région (comme celui de la Bretagne ou de l'Auvergne). On a toujours du mal à penser les bizarreries liées aux périphéries. Elles se nichent dans toute sorte de pratique. Quand on me parle du fonctionnement de certaines administrations ou de certaines juridiction en Béarn je reconnais aussi souvent, des signes de son côté "périphérique", mais il demeure toujours clandestin. Cela ne se crie pas sur les toits.

 

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Les Argonautes, Régis Debray, les incendies russes et Chrysippe

21 Août 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Grundlegung zur Metaphysik, #Philosophie et philosophes

Actualisation 2019 : Texte écrit avant mes découvertes sur le monde invisible au contact des médiums, largement renié depuis que je sais quelles forces sont à l'oeuvre dans tout cela

Il y avait hier soir sur une chaîne de la TNT un navet, énième version de l'épopée des Argonautes, version 2000 ou 2001, mais qui avait le mérite de m'en rappeler une autre, plus ancienne, de 1980, qui celle-là m'avait fait rêver. Cela m'a fait penser au Médée de Pasolini évidemment, et à l'Abkhazie, ancienne Colchide où j'étais l'hiver dernier. Les variations sur un même thème ont toujours du bon. Qu'on nous resserve donc l'Iliade et l'Odyssée, et le cycle thébain, et la malédiction des Atrides. J'ai lu dans Carlo Ginzburg il y a peu qu'en Colchide, encore au IVème siècle avant Jésus-Christ, on faisait sêcher les cadavres des gens pendus aux arbres dans des peaux d'animaux et que ce fut sans doute la première vision que Jason eut de ce pays. Je pense que Pasolini l'ignorait quand il a mis en scène les sacrifices humains du royaume de Médée. La réalité dépasse toujours la fiction.

 

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A midi la chaîne parlementaire diffusait ou rediffusait une interview de Régis Debay (que j'ai bien connu),  toujours égal à lui-même : mélancolique, désabusé, disant un peu tout et son contraire, amoureux des belles formules. Il m'a donné envie de lire Julien Gracq. J'ai acheté de lui La Forme d'une Cité cet après-midi. J'espère y retrouver le sens de l'inutilité littéraire, du luxe des mots qui ne sont plus qu'une musique.

 

Debray a eu une phrase juste dans son interview, sans doute une phrase extraite de son dernier livre : "De nos jours seule la nature fait événement". C'est très juste. Les feux de forêt en Russie, les inondations au Pakistan. Etrange fascination pour les cataclysme planétaires, envers de notre découragement devant l'humain. Pauvre humanité qui ne nous inspire plus que des petites compassions rose-bonbon comme dans "Belle toute nue" que je regardais cet après-midi pour tuer le temps.

 

Dans Ria Novosti, un certain M. Hugo Natowicz s'enflamme contre le traitement des incendies russes par la presse française. Je voudrais bien partager votre indignation, cher monsieur, mais à aucun moment votre article n'affronte la raison pour laquelle les médias français imputent à M. Poutine la responsabilité des dégâts : la loi de privatisation de la forêt russe en 2007. C'est le coeur du problème et vous n'en parlez pas. Voilà qui ôte tout crédit à votre texte. Pour le reste rassurez vous : en France aussi nous imputons aux politiques les causes des dégâts naturels provoqués par les incendies et les ras de marée. Il n'y a donc pas, me semble-t-il, d'antirussisme particulier dans cette affaire.

 

Au fait : Michel Onfray fait dans le BD maintenant. Une sur Nietzsche. Je vais l'acheter je crois. A mon avis il doit être un bon vulgarisateur dans l'espace des cadres et des bulles.

 

Un peu loin de la vulgarisation j'ai lu hier des analyses universitaires remarquables sur le commentaire que le deuxième chef de l'école stoïcienne d'Athènes Chrysippe (vers 210 av JC) faisait d'un tableau pornographique représentant Héra qui offrait une fellation à Zeus. Je vous fais grâce du détail de l'explication et des théories physiques sur la création du monde qui soustendent tout cela. Mais décidément les stoïciens me plaisent de plus en plus.

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