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Le blog de Frédéric Delorca

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"Enlisement des euratlantistes et déclin du non-alignement : un bref tour d’horizon"

12 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications, #Colonialisme-impérialisme, #ICD

Ci-joint mon article paru dans L'Arme et la Paix, revue de l'association Initiative Citoyenneté Défense (ICD), n° 34 d'octobre 2016, en ligne ici.

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 Enlisement des euratlantistes et déclin du non-alignement : un bref tour d’horizon

 

L’équilibre géostratégique mondial en cette rentrée 2016 semble caractérisé par deux éléments contradictoires : à la fois un enlisement de l’hégémonisme euratlantiste qui en fragilise les bases, et un affaiblissement des résistances « non-alignées », notamment de l’association qu’on a appelé les BRICS…

 

L’agressivité du système occidental reste intacte même si sans doute la présidence d’Obama aura été moins belliqueuse que celle de M. Bush (encore  a-t-elle quand même débouché sur un conflit ouvert en Libye dans le sillage des « printemps arabes », une très sale guerre des drones menée à vaste échelle d’une façon tout à fait assumée par la Maison blanche et à une horrible guerre par procuration en Syrie qui aurait sans doute dégénéré en guerre ouverte si la Russie n’avait pas montré ses muscles). Au moins Obama aura-t-il eu la sagesse de normaliser avec l’Iran malgré les pressions israéliennes et avec Cuba (un apaisement intéressé et en grande partie hypocrite, mais il n’est pas sûr que son successeur fasse aussi bien).

 

La logique de guerre froide notamment a été dangereusement relancée après l’annexion de la Crimée par la Russie (annexion qui est pourtant beaucoup moins choquante pourtant que la reconnaissance du Kosovo par Washington en 2008  puisqu’à la fois elle répond au souhait des populations locales en réplique au coup d’Etat d’ « Euromaidan » de février 2014 et ne fait que rétablir un statu quo ante d’avant 1950). Les sanctions économiques contre la Russie, la construction d’un système anti-missile en Roumanie et en Pologne marquent un durcissement de la stratégie d’intimidation à l’encontre de Vladimir Poutine.

 

En Extrême-Orient on voit bien que la surenchère des adversaires de Pékin, de Hanoi à Séoul,  oblige Washington à un bras de fer absurde, alors que les prétentions de la Chine sur les îlots qui l’entourent ne menacent en rien les intérêts nationaux des Occidentaux.

 

Mais l’obstination des euro-américains à affirmer leur leadership militaire mondial est minée par les effets boomerangs de cette politique agressive.

 

Le premier effet est bien sûr le cancer de Daech que les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne ont laissé se développer en Irak et en Syrie. A Bagdad par faiblesse à l’égard du régime de Maliki, à Damas en soutenant Al Nosra/Al Qaida contre le régime légal, alors qu’une totale porosité existait entre  Al Qaida et Daech Et surtout, bien sûr, en laissant la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite armer les djihadistes (le coup d’Etat organisé contre l’émir du Qatar et l’acceptation de la liquidation des Frères musulmans en Egypte par Al-Sissi  n’est venue inverser la tendance que tardivement et de manière incomplète car  Riyad a finalement pris le relais de Doha dans le rôle du pyromane au Proche-Orient). Le cancer djihadiste au Proche-Orient et en Afrique (AQMI, Boko Haram, les Shebab), qui épuise nos ressources militaires déjà affaiblies par les coupes budgétaires néo-libérales, frappe maintenant en Europe presque tous les mois à petite ou moyenne échelle, et menace d’augmenter à mesure que les volontaires embrigadés par Daech reviendront sur notre continent dans les pays dont ils ont déjà la nationalité, ou s’y infiltreront à travers les cohortes de migrants dont on ne sait plus s’ils sont des réfugiés politiques ou pas. Et n’oublions pas que les effets collatéraux des frappes aériennes, menées avec l’aval du gouvernement local en Irak été Libye, mais sans celui du gouvernement syrien dans la province de Raqqa fabrique de nouveaux soutiens potentiels aux djihadistes chaque jour. Il y a la les effets d’une politique de gribouille dictée par un mélange d’intérêts économiques (les intérêts des classes dirigeantes à s’allier aux pétromonarchies, et à faire baisser le coût du travail par une politique migratoire laxiste comme on l’a vu en Allemagne), d’aveuglement idéologique devant la mythologie des « printemps arabes », de l’islamisme « modéré » d’Erdogan etc, sans oublier bien sûr le secret espoir de faire éclater deux pays (l'Irak et la Syrie) dont le nationalisme arabe gênait Israël, comme le mélange de panarabisme et de panafricanisme de Kadhafi gênait le néo-colonialisme en Afrique.  On ne rappellera jamais assez que tous ces égarements sont largement dûs au totalitarisme intellectuel qui conditionne nos sociétés, et à l’absence de contrepouvoirs réels. Par exemple, si après la mort de Kadhafi, nos médias avaient, comme le faisaient les Russes, dénoncé les crimes de guerre terrible commis par les milices portées au pouvoir place par MM. Sarkozy, Cameron et Mme Clinton alors secrétaire d’Etat américaine à Syrte l’ancien fief du dictateur libyen, ce fief n’aurait pas été laissé  son désespoir et à sa ruine, et ne serait pas devenu, comme aujourd’hui, un fief de Daech. Pour lutter contre l’extrémisme djihadiste il faut une culture du débat et de la recherche sincère de la vérité que nos soi-disant démocraties n’ont pas. Mais il est vrai que tout cela ne nuit pas à la carrière de nos politiciens peu scrupuleux qui se bornent ensuite à nous infliger des états d’urgences illimités.

 

Le deuxième effet boomerang est la fatigue des opinions publiques devant les politiques bellicistes. Cette fatigue a « boosté » de façon inattendue (quoique semble-t-il d'une façon assez éphémère) des personnalités politiques de gauche comme Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne, ou Bernie Sanders aux Etats-Unis. Mais elle a aussi favorisé des mouvements politiques de droite isolationnistes, en France (le Front national), en Autriche, au Royaume-Uni.  Dans le cas britannique, je crois, à la différence de Chomsky, que la sortie de l’Union européenne portée par Ukip, et suivie par une partie du Parti conservateur et de l’électorat travailliste ne faisait pas spécialement le jeu des Etats-Unis, sans quoi Obama, l’establishment washingtonien, et tout l’establishment atlantiste qui gouverne le monde ne se seraient pas si lourdement mobilisés contre le Brexit. Ne serait-ce qu’à cause de l’effet domino possible sur  les Pays-Bas, la Tchéquie, la France etc, le Brexit est dangereux pour le système économique et de défense atlantique, en plein milieu notamment de la négociation du traité de libre-échange transatlantique. D’ailleurs au dernier sommet de l’OTAN à Varsovie Londres a refusé d’augmenter sa contribution à l’effort militaire de l’OTAN. Mais il est vrai que le système n’est pas à court de ressources pour neutraliser les effets de la sécession britannique, comme ils vont maintenant l’imposer à Londres en conditionnant la poursuite des échanges trans-Manche à l’application par Londres des « quatre libertés », c'est-à-dire la prorogation de facto de la validité des règlements européens. Le Brexit ne peut vraiment déstabiliser le système que si d’autres peuples comme la France prennent très vite le relais des Britanniques.

 

Le boomerang populiste fonctionne aussi aux Etats-Unis avec l'étonnant Donald Trump. Beaucoup d’aspects de son discours peuvent déplaire – quoiqu’on puisse aussi n’y voir que des répliques provocatrices à la dictature morale du « politiquement correct » – et sa volonté de ne pas dire ce que sera sa politique étrangère a de quoi inquiéter. Mais son indépendance financière (notamment à l’égard du lobby pro-israélien), sa condamnation de la politique de Clinton et Bush en Irak, sa modération à l’égard de Poutine, sa critique de la technostructure de l’OTAN sont interprétées à juste titre par beaucoup d’Américains comme autant de signes qu’avec Donald Trump au pouvoir la « pensée unique » de l’establishment américain en matière de politique étrangère depuis 60 ans pourrait être sensiblement remise en cause, d’autant qu’il a très bien compris que la politique interventionniste à l’étranger, qui est solidaire de la politique « globalisatrice » de libre-échange, ruine les Etats-Unis. Les Nord-Coréens qui ont fait l’éloge de Trump ont bien compris son apport potentiel à la paix mondiale. Bien sûr on sait que les candidats américains peuvent difficilement tenir leurs promesses : George W Bush avant d’être élu voulait fermer de nombreuses bases américaines (très coûteuses), notamment dans les Balkans, pour mettre en œuvre un système de frappes aériennes aux quatre coins du monde au départ des Etats-Unis. Il a dû y renoncer après le 11 septembre. Et Obama n’est toujours pas arrivé à fermer le camp de Guantanamo près de huit ans près sa première élection… Il n’est pas sûr qu’un Donald Trump, qui a rencontré Henry Kissinger il y a peu, tiendrait le cap d’une politique anti-Establishment en accédant à la présidence. Mais au moins il aura donné quelques sueurs froides aux gestionnaires du système et suscité le sentiment qu’au cœur même de l’Empire américain certains dogmes peuvent être ébranlés.

 

Mais la grande chance des Occidentaux ce sont les faiblesses de leurs adversaires. La dépendance structurelle de la Russie et du Venezuela à l’égard du cours de pétrole a permis à l’Arabie saoudite d’affaiblir leur capacité d’action sur la scène internationale. Et la Chine, malgré de spectaculaires progrès dans les industries de pointe et dans l’équipement militaire (comme la Russie) est empêtrée dans les difficultés internes auxquelles sa croissance économique l’expose. Les élites des pays « non alignés » ne sont pas toujours à la hauteur de leur mission historique. Maduro n’a pas l’envergure de Chavez, et il laisse se développer la corruption, ce qui permet en réplique à l’oligarchie de lancer une contre-offensive. Dilma Rousseff a perdu beaucoup de soutien de gauche en lançant un tournant libéral dans sa politique économique, ce qui la prive de ressources politiques face au coup d’Etat judiciaire résultant de l’affaire Petrobras. Les péronistes argentins n’ont pas vu la montée en puissance des libéraux à la fin du mandat de Cristina Kirchner. Morales en Bolivie s’est aveuglé sur ses chances de réformer la constitution. L’Afrique du Sud est un système authentiquement corrompu, qui, en même temps, n’a peut-être pas suffisamment fait face au fossé qui oppose la pauvreté des classes populaires noires à la mainmise persistante des grands trusts gouvernés par les blancs sur l’économie du pays.

 

Les pays animés par un fort consensus de long terme pour le non-alignement aussi bien au niveau du peuple que des dirigeants comme Cuba (pour autant qu’on puisse en juger) ou l’Algérie, ne sont pas si nombreux. Et l’opportunisme est souvent la règle, comme on le voit avec la Biélorussie qui, après avoir souvent uni son vote au Zimbabwe et à la Corée du Nord à l’assemblée générale des Nations Unies, s’est empressée de se rapprocher des occidentaux dans l’affaire ukrainienne.

 

Heureusement il y a quand même de bonnes surprises.

 

En juin dernier les Philippines ont élu à la présidence un populiste  Rodrigo Duterte , homme  à poigne mais qui n’a pas hésité à heurter l’oligarchie locale en proposant une réforme agraire, en lançant un processus de paix avec la guérilla marxiste du Front démocratique national des Philippines, en condamnant le rôle funeste de l’Eglise catholique romaine dans la démographie galopante du pays, et surtout en dialoguant avec la Chine sur la question de la souveraineté maritime, là où on ne constate par ailleurs que des crispations.

 

Et la résistance du petit peuple yéménite face aux attaques barbares de la coalition saoudienne et de ses mercenaires dont nos médias parlent trop peu force notre respect, même si c’est sans grand effet sur l’échiquier mondial.

 

Au milieu de cette dialectique étrange entre une agressivité de l’Occident limitée par ses propres contradictions internes, et les contradictions des non alignés eux-mêmes, les opérations de gouvernements aventuriers ou de groupes corsaires, sous de vrais ou de faux drapeaux, souvent manipulés par des intérêts économiques occultes bien introduits auprès de Wall Street et du Pentagone, sont toujours susceptibles de déstabiliser la paix ici ou là.

 

En Ukraine où la guerre a fait 10 000 morts en 16 mois (loin des 300 000 de Syrie, mais tout de même...), le nouveau régime de Porochenko et son club d’oligarques, malgré ses difficultés économiques le chemin des armes en lançant une offensive sur la mer d’Azov contre les séparatistes du Donbass alors que les réformes politiques prévues par les accords de Minsk ne sont pas mises en œuvre. Cela rappelle les folies du géorgien Saakachvili (qui s’est d’ailleurs recyclé dans la classe politique ukrainienne) à la grande époque de son idylle avec George W.Bush.

 

Les dirigeants croates se répandent en propos-anti-serbes, et continuent à s’autocongratuler du bilan de l’opération Tempête (qui a éradiqué par la force en 1995, avec la complicité de Bill Clinton, en quelques jours la présence serbe de Krajina ancienne de plusieurs siècles, jetant 200 000 réfugiés sur les routes). Le 5 août dernier Kolinda Grabar-Kitarović (issue des rangs  du parti nationaliste HDZ et proche des néo-cons américains, ancienne secrétaire générale adjoint de l’OTAN qui a grandi en Amérique), a parlé à ce sujet d’une opération « éthiquement propre » ce qui évoque le pire vocabulaire oustachi des années 1940, et fait craindre de nouvelles initiatives anti-serbes du gouvernement croate déjà soupçonné d’opérer discrètement avec les médias du groupe Soros en Voïvodine serbe. 

 

Evidemment l’Union européenne ne condamne pas l’attitude de ce nouveau membre qu’elle a accepté à sa table à la suite du lobbying de ce qu’il reste des Habsbourg… Cela rappelle l’infinie complaisance de François Hollande à l’égard du révisionnisme pro-SS des Baltes (on attend toujours que la France se désolidarise du refus américain de voter la résolution que la Russie fait adopter chaque année à l’ONU pour condamner la nostalgie du nazisme). On a l’impression d’un feu vert donné à toutes les surenchères anti-russes et anti-serbes en Europe de l’Est.

 

Il en va de même pour les crispations anti-chinoises en Asie : Shinzo Abe au Japon (dont le gouvernement tient le même discours révisionniste que les Baltes sur le fascisme, notamment à propos des massacres de Nankin en Chine en 1937) veut inclure dans la constitution la possibilité d’une action de l’armée hors des frontières, la Corée du Sud se dote d’un système anti-missile High Altitude Area Defence (THAAD) qui inquiète plus Pékin que Pyongyang, à Taiwan l’indépendantiste Tsai Ing-wen évince le Kuomintang interlocuteur habituel de Pékin, et Hongkong menace de constituer un foyer sécessionniste comme au Tibet si la République populaire perd le contrôle de son gouvernement local. 

 

L’offensive azerbaïdjanaise contre l’Arménie au printemps dernier (du temps où Bakou se sentait soutenu par Erdogan), les menaces de l’Ethiopie (alliée des Etats-Unis) contre l’Erythrée, les manœuvres rwandaises au Burundi, le coup de pouce de la chaine anglaise Sky News (propriété du magnat  Rupert Murdoch, le patron de Fox News qui avait monté en 2010 une chaine de TV d’ingérence en Iran avec les fonds d’USAID)  cet été au pasteur-homme d’affaire opposant à Mugabe Evan Mawarire, ou l’alliance Museveni-Netanyahu (et toujours USAID…) au service de la sanglante dictature de Kiir au Sud-Soudan (où le bilan des morts pourrait être plus proche de celui de la Syrie que de celui de l'Ukraine) peuvent aussi être citées comme exemples d’aventurismes que les déséquilibres actuels favorisent.

 

Au milieu de tout cela la démocratie, elle, est de plus en plus bradée : en Europe et en Amérique du Nord avec l’opacité de nos gouvernements et la démagogie médiatique, en Asie avec le projet de réforme constitutionnelle au Japon ou avec la politique de fer du gouvernement sud-coréen. La presse occidentale et les intellectuels médiatiques qui étaient si pugnaces contre la junte birmane (mais sont beaucoup plus indifférents devant la politique de répression des ethnies musulmanes que mène Aung San Suu Kyi, qui est maintenant le leader de facto du pays), restent muets devant la réforme constitutionnelle proposée en Thaïlande pour y renforcer le pouvoir des militaires. Jacques Attali lui-même, qui n’est pourtant pas souvent pertinent, en 2014 s’était inquiété de voir la banalisation des putsch contre des gouvernements élus de Kiev au Caire (il aurait aussi pu citer le Honduras). Pour la paix en Asie du Sud-Est-ce n’est en tout cas pas forcément une bonne nouvelle quand on se souvient des accrochages survenus à la frontière du thaïlando-cambodgienne. Par démocratie, il faut bien sûr entendre aussi la démocratie sociale sans laquelle les gens ne peuvent pas accéder à une véritable citoyenneté. L’adoption de la loi travail en juillet dernier en France qui fragilise la place du code du travail dans la hiérarchie des normes, le vote en Inde au même moment d’une loi qui va légaliser les trois quarts du travail actuellement illégal des enfants de moins de quatorze ans, sont deux indicateurs entre mille de la tendance mondiale actuelle.

 

Voilà qui devrait inciter chacun à toujours plus d’engagement et de vigilance s’il veut léguer à ses enfants un monde moins dangereux, plus juste et plus solidaire.

 

                                                                                              Frédéric Delorca

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Ma contribution au débat sur la défense lancé par ICD

29 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #ICD

gazLa très sympathique, très utile et très progressiste association "Initiative citoyenneté défense-ICD" (je vous invite chaudement à vous intéresser à ses travaux et même à y adhérer) a bien voulu me demander une contribution au débat qu'ils organisent sur la réforme de la défense nationale française. Vous trouverez ici l'article que  je leur ai adressé et qu'ils viennent de publier sous le titre "Pour une défense progressiste, populaire et non alignée". Il faudra suivre de près les discussions sur leur site et dans leur revue "L'Arme et la Paix".

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Encore un petit mot sur mon interview pour l'ICD

29 Janvier 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications, #ICD

Comme vous avez pu le constater sur le blog de l'Atlas alternatif et sur ce blog, j'ai un peu anticipé sur la sortie de L'Arme et la Paix pour publier (avec l'autorisation de l'ICD) l'interview que j'ai réalisée avec cette association il y a 15 jours. C'est que mon interview qui anticipait un peu sur ce qui avait des chances de se passer en Egypte pouvait devenir obsolète quand les événements en auraient confirmé ou infirmé le sens (or ces événements viennent de débuter).

 

L'idée de l'ICD de m'interviewer est venue à point nommé pour redonner un petit souffle au blog de l'Atlas alternatif cinq ans après la parution du livre, et pour synthétiser ma vision des choses après avoir rédigé des dizaines d'articles sur la géopolitique contemporaine.

 

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Je ne me fais aucune illusion. Les internautes pressés ne liront pas les 16 longues pages de ce texte (en format Word police 12), et les "chefs de réseaux" militants dans leur logique égotique ne le diffuseront pas parce qu'il n'émane pas d'eux-mêmes ou de leurs amis proches. Je connais la chanson. Seules peut-être deux ou trois personnes feront exception. Mes vrais lecteurs seront les abonnés de L'Arme et la Paix, ceux qui lisent cette revue en version papier (pdf imprimé). Et cela me suffit amplement. Pas besoin de toucher des centaines de gens. Je pense que sur certains points j'ajoute une petite plus-value à la "doxa résistante" qui circule sur le Net, mais l'indifférence à l'égard de cette plus-value ne me gène pas.

 

En tout cas je suis heureux de voir l'Egypte, le Yémen et la Jordanie se soulever. J'espère que la donne va bouger un peu au Proche-Orient, même si nous n'aurons sans doute pas de nouveau Nasser au bout de ce processus. Croisons les doigts.

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