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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #la gauche tag

Les convergences entre J. Attali et JL Mélenchon

27 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

J'écoutais il y a peu un débat entre M. Mélenchon et M. Attali à l'émission Des Paroles et des Actes. Comme toujours je suis à la fois admiratif devant le côté "sportif" des performances de M. Mélenchon à la TV, et agacé par le côté répétitif de certains thèmes depuis la présidentielle, par des approximations (il a affirmé qu'il était porte parole du Front de Gauche, j'avais cru pourtant que le PCF s'y était opposé, approximation grave si elle est avérée), par des contradictions aussi (la plus grave étant sur l'Union européenne).

 

tvoldJ'ai pu constater que le "co-président" du Parti de Gauche était au fond d'accord avec M. Attali pour dire que le socialisme dans un seul pays ne marche pas (vieille antiene trotskyste), argument que M. Attali utilise pour exiger que toute politique soit pensée à l'échelle européenne et seulement à celle-ci, ce à quoi M Mélenchon ne s'opposait pas vraiment, ainsi que pour faire l'éloge des cultures maritimes (la fameuse invention de M. Mélenchon depuis 2012 sur l'avenir maritime de la France) - comme l'a dit M. Attali le monde appartient aux peuples qui ont des ports, manque de chance c'est là de la doxa libérale pur sucre : voyez le livre monumental du très libéral Matt Ridley "The rational optimist" pour qui "mer=commerce=libéralisme=progrès cognitif" contre "continent=Etats agraires= socialisme=barbarie".

 

Peut-être M. Mélenchon y réfléchira-t-il un jour. Pas trop tard j'espère.

 

Sur le plan politique en ce moment j'avoue m'attendre plus à une implosion de l'Union européenne (mais il se peut qu'elle ait lieu plus tard que prévu, et de façon qui nuise à la paix entre les peuples, faute pour nos dirigeants d'avoir planifié les choses en stratèges) qu'à une réorganisation de l'échiquier politique français. Selon toute vraisemblance le Front de gauche ne dépassera pas la Front national et n'attirera pas à lui la gauche du PS (il n'a même pas pu s'allier au POI ou au M'PEP), et ceux qui misent sur un effet Beppe Grillo (aujourd'hui par exemple Frigide Barjot, comme hier M. Asselineau dont le groupe paie à mon sens un défaut de clarté que j'avais déjà pointé en 2010), c'est à dire sur un "tiers parti" qui casse le jeu politique classique, ont peu de chances de gagner leur pari. Mais bon les surprises sont toujours possibles.

 

La Corée du Nord semble toujours obséder les libéraux. Qui veut y aller avec moi en juillet ?

 

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Communisme hédoniste

10 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Dans la Pravda en Anglais je tombe sur cette photo (ci dessous)... et me dis que la Pravda a bien changé depuis ma jeunesse... 

suleyn medeiros

 

 

 

pcfDans la même veine en France (ou presque) voir à gauche.

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Heum heum...

3 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

 

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ANI, Loi d'amnistie sociale : un moment important du quinquennat

1 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

hollandeVous avez vu sans doute la menace de Laurence Parisot de conseiller aux investisseurs étrangers de boycotter la France si l'accord national interprofessionnel (ANI) signé par le Medef et des syndicats minoritaires en janvier est modifié par le Parlement.  Une fois de plus le parti de l'argent en appelle aux puissances extérieures. Scénario classique quand le peuple se fait un peu trop entendre. Comme le dit le socialiste Filoche : "Le gouvernement s’illusionne sur la possibilité d’obtenir l’appui du Medef pour « inverser la courbe du chômage en 2013 » et relancer « la croissance »."  Ses deux grandes offres, les « 20 milliards de crédit d’impôt » et la « transcription fidèle et loyale » de l’ANI ne servent à rien.

 

Mélenchon en ce moment dénonce les traîtres dans le processus d'adoption de la loi d'amnistie sociale : la sénatrice socialiste Virginie Klès, Olivier Dartigolles (un communiste béarnais que je n'apprécie guère), des radicaux de gauche. Cela non plus n'est pas de bon augure.

 

Sur l'ANI il faut quand même saluer la campagne d'Emmanuel Maurel, de Marie-Noëlle Lienemann et de mon ex camarade de promo Jérôme Guedj pour remettre sur le métier l'ouvrage... Il faudrait un mouvement social pour soutenir cette aile gauche. Mais où est-il ? En ce qui me concerne je viens de signer la pétition contre l'ANI ici.

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Le changement c'est maintenant...

7 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Méluche (ou son aide de camp) écrit sur son Facebook :

 

hollande

"L'accord sur la "gouvernance" d'EADS est une nouvelle agression des financiers contre l'industrie. L'accord prévoit que 70% du capital sera désormais flottant, abandonné au vent des marchés financiers. Et que le poids des Etats, dont la France, sera réduit au sein du Conseil d'administration. C'est toute la politique industrielle d'aéronautique et de défense qui est ainsi compromise. C'est un recul dangereux de la souveraineté et de l'indépendance nationale.

 

Le grand gagnant est l'oligarque parasite Arnaud Lagardère qui quitte le navire. L'accord prévoit qu'EADS va gaspiller plus de 3 milliards d'euros pour racheter ses propres actions. Arnaud Lagardère empochera à lui seul 1,2 milliards d'euros ! 

 

Cet accord est inadmissible. Comment le gouvernement peut-il cautionner un pillage et un gaspillage aussi honteux? Comme à Florange, le gouvernement humilie la France devant les financiers."

 

Comme tout est glauque du côté du gouvernement Ayrault en ce moment qui ne veut "changer la vie" que sur le front sexuel (voyez l'intention de Mme Vallaud-Belkacem d'interdire aux petites filles les jeux de filles et aux garçons les jeux de garçons dans les écoles), on a bien envie quand même d'écrire un peu sur toutes ces capitulations. Cependant, avouez le, vous n'allez pas, vous, voter pour le Front de Gauche aux prochaines élections ou aller convaincre vos voisins de le faire. Vous aussi vous avez peur que les marchés financiers nous mangent tout crus et que nous finissions avec la ration alimentaire de la Corée du Nord hein ? Vous n'avez pas du tout envie de socialisme, et d'ailleurs vous ne savez pas trop ce que ça peut vouloir dire, ou alors, si vous en avez envie, c'est juste pour en parler dans votre salon avec vos potes ou pour faire les malins sur des forums Internet. Donc soyons francs, le gouvernement Ayrault c'est vous et vous êtes le gouvernement Ayrault. Donc stop les complaintes inutiles, le rouleau du fatum passera sur nos petites vies, pas de problème. Nous sommes tous des Grecs !

 

Mais bon, au moins nous ne sommes pas des Japonais : notre sol reste stable...

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Hollande, Google, Pulvar, Bartolone, le 9-3

19 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

hollandeTout le monde le sait désormais : François Hollande ne fera pas ployer les grandes puissances financières. Il n'en a même pas l'ambition. Aujourd'hui il veut soustraire les oeuvres d'arts à l'impôts de solidarité sur la fortune. Demain il se couchera devant Google qui le menace si la France soumet ce groupe à l'impôt. Au fait, quelqu'un sait-il ce que cela coîte à un gouvernement de créer son propre Google comme l'ont fait je crois les Chinois ? Bien sûr nul ne se pose la question en France.

 

Notez que Mme Filipetti (dire qu'elle a fait Normale Sup la pauvre !) m'a bien fait rire aujourd'hui avec cette sortie : "Je suis un peu surprise par le ton de cette correspondance, qui s'apparente à une menace. Ce n'est pas avec des menaces qu'on traite avec un gouvernement démocratiquement élu". Vous avez bien lu "démocratiquement élu". Parce que lorsqu'un gouvernement n'est pas "démocratiquement élu" (Cuba, la Syrie, l'Iran, la Biélorussie, le Laos... euh, peut-être aussi le Qatar, le Kazakhstan, la Chine, que sais encore), alors là oui, on fait ce qu'on veut. Menace, chantage, humiliation, pas de problème.

 

Remarquez on le fait aussi, quand même, avec des gouvernements démocratiquement élus : voyez l'Argentine - Mr Mélenchon qui s'y trouve égraine une liste édifiante de pressions extérieures que ce pays courageux affronte.

 

Alors non vraiment, point d'estime pour M. Hollande qui ne mérite pas notre considération. Je rappelais il y a peu sur un blog ami que  François Hollande était tête de liste de la liste du PS aux élections européennes en 1999 quand nous bombardions la République fédérale de Yougoslavie au nom des valeurs du drapeau bleu à étoiles jaunes (je me souviens de sa tête sur les affiches au moment même où nos avions larguaient leurs bombes, une tête ne peut pas vous revenir après cela). Bien sûr l'anecdote ne parle à personne, parce que moins de 100 000 individus en France à ce moment-là avait concommittamment au bout du fil des correspondants qui voyaient pleuvoir des Tomahawks à leur fenêtre pendant que les candidats français dissertaient sur notre belle Union.

 

M. Hollande ne peut nous inspirer qu'une indulgence : celle qu'on doit à quelqu'un qui aréussi à se faire élire sous une étiquette de centre gauche dans un pays de plus en plus agressivement de droite (ce matin M. de Villepin avouait que M. Coppé durcissait son discours parce que les campagnes dans son parti se gagnent de plus en plus à droite). Mais c'est bien peu. Et ce ne sont pas les lunettes à 15 000 euros de Mme Pulvar qui me feront changer d'avis (avec Mme Benguigui ces deux nous donnent la vérité du système gauche caviar actuel). Pour ma part désormais je change de chaîne à la TV quand je vois ces misérables socialistes sur mon écran.

 

M. Bartolone nous explique que la France ne tiendra pas les engagements de déficit que nous impose l'Union européene. Il est bien placé pour le savoir dans l'état où se trouve la Seine-Saint-Denis, et dans l'état où il la laissera, dans 10 ans, quand le contribuable local devra payer la facture des dizaines de collèges qu'il fait construire avec de ruineux "partenariats publics privés" (PPP). Au fait, amis lecteurs, je vous informe que je suis très déterminé à publier mon livre sur mes trois ans en Seine-Saint-Denis, malgré les censures éditoriales dont je fais l'objet. Vous y comprendrez mieux notamment, le combat que j'ai mené avec d'autres contre l'actuel président de l'Assemblée nationale. Ceux qui crachent sur le Front de gauche en permanence au nom de la vision "plus haute" - et en fait plus groupusculaire - qu'ils prétendent avoir de la politique devraient au moins avoir la décence de reconnaître, à l'actif de ce mouvement, le mérite d'avoir conduit des luttes comme celle-là. Certes il avait quelque chose de poiticien puisque le FdG dans le 9-3 voulait reconquérir une majorité, mais il s'y trouvait aussi une vision de la société derrière. Quand le FdG aura disparu du 9-3 qui protègera sa population contre les PPP ? Les champions de la polémique sur Internet ? Réfléchissez lecteurs, gardez les pieds sur terre :

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Post spiritum omne revolutio tristis est

7 Août 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

On oublie aujourd'hui combien, à l'époque du bergsonnisme triomphant, la révolution bolchévique put être perçue par des gens comme Romain Rolland, Anatole France, puis Paul Nizan, et même André Malraux, comme le prolongement du panthéisme de Tolstoï (rappelez vous que j'ai souligné sur ce blog aussi combien même Gandhi dans les années 30 insistait sur le potentiel spirituel du socialisme russe).

 rolland

Le spiritualisme, notamment en France (et la France dominait encore le monde intellectuel de l'époque, en tout cas l'intelligentsia de gauche d'Europe), était certes gêné par le positivisme de tous les scientifiques professionnels à la Russell ou inventeurs en herbe dont bien des humoristes d'Alfonse Allais à Céline (dans Mort à crédit) parlent abondamment, ainsi que par un certain nihilisme de la jeunesse désespérée par la saignée de 14-18, qui étaient des sortes de poil à gratter susceptible de contester son hégémonie, mais il aurait peut-être survécu s'il n'avait été anéanti dans les années 30 par le propagandisme fasciste (Goëbbels) et capitaliste (Bernays) qui visaient l'abrutissement généralisé.

 

Il faut entendre les effets du fascisme largo sensu. Un témoin direct comme Borghese par exemple voit dans le totalitarisme stalinien une contagion du fascisme italien avec cette mode du règne des milice, de la brutalité  divinisée et des grands défilés paramilitaires qui écrasent l'individualité.

 

l_nine.jpgAprès le double rouleau compresseur capitaliste et fasciste, l'idée révolutionnaire en France n'est plus devenue, dans les années 60, qu'un vague élan de revendications catégorielles de la jeunesse contre l'autorité de la vieille génération, élan doublé d'un travail intellectuel de disqualification de la culture classique (le structuralisme), tout cela demeurant parfaitement compatible, finalement, avec le capitalisme américain triomphant, et non exempte d'élément fascisants (dans l'attaque personnelle mesquine des adversaires, le totalitarisme intellectuel, des éléments qui étaient étrangers au socialisme spiritualiste d'un Romain Rolland ou d'un Jean Jaurès par exemple).

 

Comme vous le savez, j'ai regardé avec beaucoup d'intérêt (et même soutenu tout en en mesurant les insuffisances) la tentative de Mélenchon d'acclimater à l'hexagone la révolution chaviste en lui insufflant une dose de mitterrandisme et une autre de néo-jacobinisme. Lui paya son écot à la conception "post-spiritualiste" de la révolution, le volet soixante-huitard en mobilisant au sein du PG la rhétorique féministe, celle de l'ouverture à "l'altérité" du tiers-monde etc, après avoir initialement été accusé de machisme et de soutien à l'esprit réactionnaire sur les questions "sociétales". La chanson révolutionnaire de Mélenchon bien sûr ne portait aucune trace du spiritualisme des années 1920, pas plus d'ailleurs qu'aucun autre aspect de la culture contemporaine française.

 

DSCN4664.JPGJ'ai remarqué qu'au mois de juillet l'Humanité Dimanche ne parle plus de Mélenchon. Peut-être fatiguée par la théatralité un peu forcée que le tribun socialiste a fait sienne, et déçu par le score électoral en demi-teinte auquel tout cela a abouti, l'hebdomadaire communiste préfère maintenant parler des fromages du terroir et interviewer le député auvergnat André Chassaigne. C'est d'une autre révolution qu'il s'agit là. Celle de la ruralité, de la vieille France qui défend sa poste et son bureau de tabac, puisqu'André Chassaigne est au communisme ce que Jean Lassalle est à la démocratie-chrétienne. Ce courant écolo-communiste est encore trop faible pour supplanter le mélenchonisme. Nul doute que s'il parvenait à s'imposer ses adversaires ne tarderaient pas à le qualifier de "néo-pétainiste". Il sera en tout cas intéressant d'en examiner le devenir dans les années à venir. Je connais un peu cette France de villes moyennes et de villages (non pas celle de l'Est qui vote pour Marine, mais celle du Massif central et du Sud-Ouest), qui, par attachement à ses vieux murs de pierre accorde de meilleurs scores au Front de gauche que la moyenne nationale. On ne peut pas dire que sa "révolution" soit porteuse d'idées très adaptées aux enjeux contemporains (notamment aux questions que la technologie nous pose). Mais sa réticence profonde à l'égard des folies de notre temps est des plus respectables et il ne serait pas mal qu'une force politique sérieuse (plus sérieuse que les enfantillages du Parti les Verts-Europe écologie) prenne en charge ce qu'elle exprime. Ce n'est plus le grand élan spirituel des années 20, juste une volonté d'inertie, presque taoïste, probablement nécessaire dans un monde qui court trop vite.

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Les aléas de l'histoire

11 Juin 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Dans les rangs des militants tout le monde s'en donne à coeur joie : contre l'insuffisante radicalité de Mélenchon l' "européiste socialtraître" (moi qui le lisais attentivement je l'avais pourtant trouvé sur bien des points plus radical que le PCF même si, c'est vrai, il avait des côtés mitterrandiens), contre la timidité de Syrisa en Grèce etc.

 

Tous ces gens là sont toujours prompts à refaire l'histoire avec des "si". Moi je ne sais pas du tout si dans une société aussi droitisée et souvent aussi paumée que la nôtre la stratégie de la radicalité est plus payante que celle du compromis. Je vois juste que Méluche a frôlé le nirvana après la manif de Bastille quand sa campagne "prenait" et tenait en respect même les journalistes les plus cyniques. Puis la descente aux enfers a commencé avec le discours du Prado où il s'est a commencé à se banaliser. J'ai l'impression que l'appareil du PCF prompt à négocier avec le PS (ce que je ne critique pas, car j'ignore quelle est la bonne stratégie en ce moment) l'a beaucoup poussé sur cette voie. Je continue de penser que Méluche avait un potentiel de radicalisation supérieur à ce qu'on croit, surtout s'il avait été en situation de bras de fer avec Merkel. Mais encore une fois il est aléatoire de refaire l'histoire (la "what if history" comme on dit).

 

Peut-être rebondira-t-il à nouveau l'an prochain si la crise européenne s'intensifie. Peut-être pas. Il est toujours dangereux de parier sur les crises car elles amènent souvent plus de souffrances que de résurrections, mais les esprits maladivement hostiles au cours réel des choses créditent toujours a priori les crises d'un potentiel d'évolution conforme à leurs attentes, sur la base du principe "rien ne peut être pire que le statu quo" et d'une bonne dose d'égocentrisme... L'humain a du mal à imaginer l'ampleur des difficultés qui peuvent se présenter. Quelque chose dans sa psyché l'immunise contre cela.

 

A part ça la campagne électorale d'Hénin-Beaumont a montré que le Front national usait de méthodes peu recommandables pour attaquer ses adversaires : les faux tracts. Je ne me fierais pas à un parti qui a recours à de tels expédients. Cela dit Mélenchon commettait une erreur grossière (mais qui participait de sa banalisation) en allant défier Mme Le Pen dans sa circonscription laissant entendre que l'antifascisme était l'alpha de ses propositions politiques... Ce n'est pas ce que les gens attendaient, il fallait prendre les problèmes des gens plus en amont, s'attaquer aux causes pas aux conséquences, je l'ai déjà dit sur ce blog.

 

Aujourd'hui il y a quelque chose de triste dans le fait que n'importe quel petit arriviste socialiste arrive devant des grands élus locaux communistes comme Braouzec et Brard dans le 93. Difficile de savoir si cette mouvance à terme s'en remettra. Peut-être des coups de pouces des socialistes (comme l'abaissement du seuil pour créer un groupe, ou 100 sièges à la proportionnelle promis par Hollande) les aideront-ils. Ce ne serait guère glorieux. 

 

En tout cas, la page des législatives d'une certaine façon est déjà tournée. L'heure est maintenant à la contemplation de ce que nos amis socialistes, après cinq ans d'opposition en demi-teinte, vont proposer pour faire face à la crise européenne. Vu la panne d'imagination qui a toujours caractérisé ce parti, il y a fort à craindre qu'ils n'inventeront rien, sauf quelques expédients, quelques entourloupes pour faire passer l'acceptation des injustices (dont un terrible mattracage fiscal des classes moyennes pour sauver l'apparence d'un presque équilibre budgétaire). Les économistes nous disent que l'austérité ne mènera à rien, mais qu'il n'y aura aucun levier pour relancer l'économie, sauf à ce que nous devenions tous d'ardents fédéralistes européens. Mais chacun sait que cela n'arrivera pas. Alors seront nous dans cinq ans tous hors de la zone euros, avec des dettes à la valeur nominale démultipliée et des monnaies affaiblies vouées à la dévaluation compétitive entre elles ? L'époque est inquiétante, c'est le moins qu'on puisse dire.

 

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Encore un peu d'analyse politique

24 Avril 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Je m'en excuse auprès des gens qui lisent ce blog pour la littérature, l'histoire, la philosophie, mais les chiffres de fréquentation de ce blog en période électorale ont été multipliés par deux ou par trois suivant les jours malgré le boycott que m'infligent tous les autres blogs (à l'exception de El Diabolo et la Lettre volée), avec beaucoup d'accès directs et d'accès par recherche "delorca" sur Google. Cela m'oblige à parler un peu plus de politique française que d'habitude car il se peut que parmi ceux qui me lisent un certain nombre d'entre eux apprécient de trouver là les analyses d'un homme proche du Front du Gauche (FdG) mais qui n'a pas perdu son indépendance d'esprit et ne verse pas dans le langue de bois  (je défends toujours ma position anti-ingérence dans les relations internationales, ma position en faveur du retrait de la reconnaissance du Kosovo, mon attachement à l'objectivité des faits par delà l'idéologie, à la discussion honnête avec ceux qui ne partagent pas mes analyses etc.). Je pense que le fait que parmi les 3 derniers commentateurs il y ait une électrice du FdG, un électeur potentiel de JL Mélenchon qui a finalement voté Dupont-Aignan, et un électeur potentiel du FdG qui a finalement choisi le FN dit quelque chose d'une partie de mon lectorat, même si ce n'est pas de la totatlité (car j'ai aussi des gens de tendance plus libertaire, des apolitiques etc).

 

Donc encore un petit mot sur les dernières élections pour satisfaire la curiosité ou l'intérêt de ces personnes.

 

Mélenchon a révélé sa maestria dans l'art du rassemblement des tendances socialistes et socialisantes à gauche du PS, maestria digne de l'inventivité de Jaurès il y a cent ans, avec juste un brin de talent en moins (d'ailleurs Méluche se heurte aux mêmes accusations que Jaurès autrefois, notamment au fait qu'il vient des partis bourgeois à l'origine).

 

Mais il est aussi victime d'une position structurale (pour parler comme les bourdieusiens) du Front de Gauche qui le met en porte à faux avec un prolétariat ou sous-prolétariat des villes campagnes et des villes moyennes. Cette position conduit le FdG a défendre des thématiques proches du PS sur l' "autre Europe", le melting pot culturel etc, alors que les couches que représente le Front national sont plus attachées au protectionnisme économique, au contrôle des migrations aux frontières.

 

Beaucoup ont attiré l'attention de JL Mélenchon sur la nécessité de recentrer son discours sur une thématique nationale comme il l'a fait à la Bastille, mais il l'a fait sur le thème de la nation-universaliste que les couches populaires de la France rurale et des villes moyennes n'ont pas compris.

 

Une bonne partie de la base sociologique du parti communiste en milieu urbain est issue de l'immigration récente, comme d'ailleurs l'électorat socialiste, mais peut-être plus encore (si les ZEP couvrent presqu'un dixième de la population française, soit 4,5 millions d'habitants, ont peut supposer qu'elles concernent plsu du quart des fiefs du PCF) ce qui interdit à ce parti de tenir un discours trop centré sur la nation qu'attend davantage le monde rural.

 

Le discours national "de gauche" ne pourrait être tenu que par une structure politique tierce au Front de Gauche (étant entendu que le PS acquis à l'européisme et à l'atlantisme ne peut pas l'incarner). Ce pourrait être le MPEP ou le MRC s'ils se dotaient d'un leadership consistant et si le système électoral leur laissait une autonomie face au PS (on peut s'étonner à cet égard que les Verts n'aient pas négocié l'adoption de la proportionnelle, ce qui prouve que ce parti est résigné à être le vassal et le faire-valoir du PS). L'émergence de cette structure tierce, ou incluse dans le Front de Gauche mais avec une réelle marge d'autonomie serait utile pour infléchir le discours de Mélenchon dans une direction plus ouverte aux classes populaires rurales et des villes moyennes, et pourraient aider à une convergence avec les zones ZEP (car je ne crois pas du tout à la contradiction entre les aspirations au melting pot des zones ZEP et les attentes de protectionnisme de la "France profonde", une démarche de pédagogie réciproque de part et d'autre peut les réconcilier).

 

Je pense qu'avec l'émergence de cette force tierce, Mélenchon pourrait recentrer son discours et le placer à la bonne hauteur. Je ne crois pas du tout que sa situation d' "élu bien payé" agitée par l'extrême-droite (au fait c'est combien la fortune de Mme Le Pen ?), de franc-maçon (une appartenance qui n'a jamais empêché l'émergence d'un esprit révolutionnaire, sous la Commune de Paris notamment) ou de laïciste intégriste (il a montré que l'esprit de laïcité ne l'empêchait pas de rejeter l'islamophobie) soient des obstacles au positionnement adéquat de ce responsable politique. Ce qu'il faut c'est un rapport de force sociologique, sur l'échiquier de la sociologie politique, qui leste le Front de Gauche d'une aile plus nationale en prise avec les attentes de la partie du peuple sur laquelle le FdG pour l'heure n'a pas de prise.

jeu_dames.jpg

Il est assez évident que le Front national de son côté n'est pas la réponse politique au besoin de renouveau qu'expriment les gens qui ont voté pour lui. C'est un parti qui isole notre pays sur la scène internationale. Sa lecture des enjeux mondiaux est d'un réductionnisme affligeant : j'entendais Mme Le Pen expliquer lamentablement que le problème de la sécession au Mali c'est qu'elle était menée par des islamistes et que cela nous amènerait plus d'immigés, le degré zéro de la réflexion en la matière. Ce parti n'a aucun sens de la coordination de l'action avec des gouvernements étrangers, sauf lorsque ce sont des dictatures arc-boutées sur le passé comme l'Irak de Saddam Hussein : la semaine dernière c'est le FdG et ses homologues espagnol, portugais etc qui se sont battus au Parlement européen contre une motion des socialistes et des conservateurs condamnant la nationalisation du pétrole en Argentine, pas le Front national. Surtout le FN ne connaît pas le monde ouvrier, il préfère relancer la consommation par une aide publique que par l'augmentation des salaires, Mme Le Pen ne sait pas que l'augmentation du SMIC se décide par décret, elle ne s'est jamais battu pour la défense du droit à la retraite à 60 ans, toutes ses propositions sont d'un flou artistique complet et ceux qui le soutiennent ne font qu'encourager une spirale irrationnelle de repli sur soi, de fantasme, sans aucune perspective stratégique pour l'avenir.

 

La véritable perspective stratégique elle est au FdG mais seulement si celui-ci parvient à se dégager totalement de l'emprise du PS (ce n'est pas gagné d'avance) et trouver un complément sociologique dans la France rurale et les villes moyennes. Ce n'est pas gagné d'avance, car dans l'immédiat, le FN va probablement continuer à progresser sur les décombres de l'UMP (si N. Sarkozy est battu). Le FdG peut seulement espérer augmenter encore un peu son score dans les ZEP où cette fois-ci le vote utile Hollande a joué contre lui (dans la ville où je travaille, Hollande fait entre 48 et 51 % dans les bureaux des cités), idem, dans des départements du Centre et du Sud-Ouest fidèles au socialisme ancien qui ont aussi "voté utile" cette fois-ci.

 

Tôt ou tard la question de la rencontre avec les couches populaires du monde rural et des villes moyennes va se poser. Celles de Normandie, de Picardie, de Champagne, qui servaient déjà de réserve de main d'oeuvre aux Ligues dans les années 30 dans leur projet d'attaque contre la banlieue "rouge" de Paris. La rencontre des deux mondes est-elle possible ?

 

 

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Premier tour de la présidentielle - Remarques à chaud sur les résultats

22 Avril 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Les estimations de 20 h en France - que les Belges nous ont communiquées auparavant montrent une avance de François Hollande sur Nicolas Sarkozy, ce qui est de bon augure pour le second tour. La France dans quelques semaines sera sans doute une fois de plus le pays le plus à gauche d'Europe (du fait qu'il aura voté contre la droite en pleine crise de la dette, et que le PS français reste plus à gauche que ses homologues européens), mais ça ne garantit nullement qu'il aura les moyens de résister aux puissances financières pour imposer une politique keynésienne (dont M. Hollande ne parle même pas).

 

Le FdG serait à quelques points derrière le FN. Jean-Luc Mélenchon pendant cette campagne aura fait sauter beaucoup de tabous autour des thèmes que soutient sa mouvance et qui sont maintenant mieux compris dans l'opinion publique. Selon un article du Canard Enchaîné de jeudi il n'attendrait pas grand chose des législatives (qui sont verrouillées pour que le FdG n'ait pas plus de 25 députés) mais espèrerait être premier aux élections européennes devant le PS (profitant sans doute du mécontentement que les hésitations de M. Hollande provoqueront), ce qui le placerait en bonne position pour la prochaine présidentielle.

 

L'UMP risque de rester tiraillée entre son aile droite et son aile gauche, Bayrou n'ayant pas disparu du paysage politique, et connaître une traversée du désert sur fond de guerre des chefs. Les Verts sans doute se referont une santé à la législative grâce à l'accord avec le PS mais leur indépendance en a pris un tel coup - car ils ne se sauvent que grâce au PS - qu'on peut se demander si leur électorat leur fera encore confiance (d'autant qu'ils ont sacrifié au passage une bonne partie de leur programme). Le FN a réussi la transition du père à la fille, et reste un problème dans le paysage électoral français car il tire l'UMP vers la xénophobie et entretient une partie de l'électorat dans l'illusion que les problèmes viennent des étrangers. Je crois que Mme Le Pen par tempérament est moins xénophobe que son père, mais le fond du discours reste ultrasécuritaire et fondé sur le refus d'altérité culturelle (celle de l'islam, même s'il est vrai que c'est un sujet complexe). Certains diront que l'européisme relatif (même si c'est un "altereuropéisme") du FdG contribue à empêcher l'électorat FN de rejoindre celui de Mélenchon. C'est un sujet assez compliqué. Mais en l'occurrence il faut voir aussi que, si le phénomène vote utile n'avait pas joué en faveur d'Hollande pour créer une dynamique anti-sarkozy dès le premier tour, le FdG aurait sans doute récupéré plus de voix ouvrières qui allaient autrefois au FN et à l'UMP et à l'abstention, tout cela indépendamment de la question de l'Europe sur laquelle les électeurs n'ont en général pas les idées claires. Il faut dire aussi qu'il y a eu une grande habileté de Mme Le Pen à se positionner en candidate anti-système financier dans la conjoncture actuelle. Le FN restera peut-être un problème pour longtemps encore.

 

Sur l'extrême gauche pas grand chose à dire, puisque la dynamique Mélenchon a phagocyté largement l'électorat d'LO et du NPA. DLR de M. Dupont-Aignan continuera sans doute à tenter d'occuper l'espace laissé par la disparition de ses rivaux (villiéristes, asselinistes etc) mais son chef manque de charisme (il se force à jouer les tribuns sans succès), baigne un peu trop dans l'improvisation (cf par exemple son ralliement à la sortie de l'UE en bout de course) et garde un discours trop à droite pour être rassembleur (cf par exemple ses sorties anti-chinoises sans aucune hauteur de vue à l'automne).

 

Tout au long de la campagne, je trouve que Mélenchon aura réussi une belle expérience alchimique. Il a composé une union de la gauche anti-libérale qui a plus de souffle que son homologue espagnole (que je connais bien) parce qu'elle puise aux racines d'une tradition républicaine révolutionnaire qui parle encore beaucoup aux Français (cf la thématique de la VIe République et son bonnet phrygien). Cela donne au mélange écologie-socialisme-république une consistance intéressante, avec des ouvertures sur la démocratie directe. Un effet de contagion sur l'Allemagne via Die Linke peut accentuer la crédibilité de son discours européen, à condition que les deux partis puissent coordonner une option d'Europe alternative crédible. A défaut de ce prolongement allemand, le FdG sera sans doute conduit - les crises de l'euro et la récession aidant - à se rapprocher du M'PEP. Pour le moment on est à la croisée des chemins.

 

 

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Après le meeting Porte de Versailles

19 Avril 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Voilà, le meeting Porte de Versailles est fini. J'étais bien content d'y être au fond. J'ai aussi signé le formulaire appelant à voter Mélenchon. Ce soir encore beaucoup d'idées fortes et généreuses ont été mobilisées pour remuer le coeur des gens. Mélenchon a beaucoup de souffle.

 

Du coup je dois dire que je suis déçu par les lecteurs de mon blog. A part Hadria, aucun  depuis 3 mois n'a pris la peine de laisser un commentaire favorable à Mélenchon. Je pense que la proportion des commentaires défavorables à Mélenchon, et de non-commentaires est assez révélatrice du profil des lecteurs moyens de ce blog (comme d'ailleurs des gens que j'ai croisés dans mon combat anti-impérialiste) : des gens qui au fond n'aiment pas beaucoup le peuple, ne sont pas sensibles à ses grands élans, préfèrent rester dans leur singularité et leur prudence.

 

Ils font des procès au Front de Gauche sur la question de la nation, de l'Europe etc parce qu'ils ne veulent pas voir les dynamiques qu'il peut porter et les effets de contagion possibles (or en ce moment beaucoup de gens hors de nos frontières commencent à regarder vers la France avec intérêt). Cet excès d'intellectualisme et de prudence me paraît irresponsable à l'heure où des enjeux très importants se présentent comme l'anéantissement électoral du Front national et la construction d'une véritable alternative au capitalisme mondial. Je ne comprends pas l'égoïsme de ceux qui sont restés murés dans leur scepticisme à un moment si important de l'histoire collective. Mais c'est sans doute le sort d'un blog où l'on parlait de géopolitique et de Marguerite de Navarre que de n'attirer que des gens trop centrés sur eux-mêmes, et, au fond, pas militants pour deux sous. Ce blog se déploie dans un monde virtuel assez glacé à l'image des pires aspects de notre époque. C'est dommage.

 

En tout cas, voilà, le premier tour approche. Un Mélenchon au dessus de 20 % serait la source d'une dynamique importante pour les législatives et la dynamique sociale ultérieure. A15 % ce ne serait déjà pas si mal (n'oublions pas qu'il était donné à 6 % il y a 6 mois). A suivre...

 

 


 

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Contributeurs étrangers de l'Atlas alternatif qui appellent à voter Mélenchon

12 Avril 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

P1020404-copie-1.jpgPour information, dans la liste des soutiens étrangers à Jean-Luc Mélenchon publiée ici on compte deux contributeurs de l'ouvrage collectif "Atlas alternatif" que j'ai dirigé en 2006 (ce qui ne signifie pas bien sûr que tous les autres contributeurs, étrangers ou français, sont sur la même ligne, même si beaucoup en France le sont).
 
- Samir Amin, économiste, Président du Forum mondial des alternatives, Egypte
 
- Emir Sader, secrétaire général du Conseil latino-américain de sciences sociales (CLACSO) et membre du Conseil international du FSM, Brésil
 
 

 
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Mélenchon toujours sur la bonne ligne

1 Avril 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Mélenchon a prononcé un bon discours à Grigny aujourd'hui. Il continue de suivre la bonne voie. Beaucoup de radicaux n'aiment pas son républicanisme. Ils ont tort. C'est par là qu'il rassemble largement à gauche et crée une dynamique fédératrice. Il puise aux ressources les plus fécondes des symboles de l'histoire du peuple français. Jusqu'ici c'est un parcours sans faute. Les esprits étriqués feraient mieux d'essayer d'intégrer le mouvement qu'il suscite plutôt que de le dénigrer avec arrogance. Les progrès du Front de gauche sont la meilleure nouvelle politique depuis la victoire du "non" au référendum sur la "constitution" européenne.

 

 


 

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"Propositions pour la politique étrangère du Front de Gauche"

26 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Je mets à disposition du "grand public" ici un texte que le Temps des Cerises cette semaine a refusé de publier (je pensais pouvoir le publier dans le même format que le "Programme pour une gauche française" il y a 5 ans). C'est une contribution au débat actuel intitulée Propositions pour la politique étrangère du Front de Gauche. Vous pouvez aussi la lire ici :

 

 

Si elle vous intéresse, n'hésitez pas à la signaler à vos amis, ou à des cadres du Front de gauche et d'autres partis, à en débattre.

 

Pour ma part, n'étant pas vraiment un militant, mais simplement un humble sociologue, philosophe, et romancier, qui tente parfois de jouer son rôle de citoyen dans le débat collectif, je n'ai pas l'intention, comme le feraient les "grands intellectuels anti-impérialistes" que vous connaissez, d'envoyer des milliers de mails pour tenter de convaincre les gens de s'intéresser à ce texte. L'opuscule est là, maintenant faites en ce que vous voulez !

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Négocier ou mobiliser

25 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

assnat.jpgMélenchon marque des points et  Hollande ne faiblit pas au second tour malgré cette étrange affaire de Serial Killer qui a occupé les esprits cette semaine. C'est une bonne chose.

 

Grâce à sa personnalité, Mélenchon prend des voix un peu partout : au FN, aux trotskistes (de nouveaux cadres du NPA se rallient à lui), au PS, aux Verts. Peut-il se qualifier pour le second tour ? C'est peu probable. Et, si c'était le cas, ce ne serait pas forcément une très bonne nouvelle. Car, à supposer même qu'il puisse battre le président sortant (ce qui est assez douteux), il ne le fera que de quelques milliers de voix, ce qui n'est pas la meilleure formule pour la "révolution citoyenne". Sauf bien sûr si dans les 20 jours qui viennent le peuple français arrive à se convaincre de ce que le président du Parti de Gauche sait marcher sur l'eau comme le croit le petit peuple vénézuélien à propos de Chavez, ce qui offrirait à Méluche un potentiel de 60 %, mais celui-ci n'a pas a son actif autant d'héroïsme que le président bolivarien. Un Mélenchon vainqueur de Sarkozy par 50,1 % ne serait pas très bien armé pour affronter Mme Merkel et M. Monti, et, à supposer même qu'il aille à Berlin et Bruxelles défendre le programme du Front de gauche sur la base de sa "victoire" comme il s'engage à le faire, après une fin de non-recevoir de l'Allemagne, il agiterait en vain la menace d'une sortie de la France de l'Europe, car le "peuple de gauche", affolé par la propagande de la presse atlantiste, ne le suivrait pas.

 

Ainsi donc je ne crois pas que M. Mélenchon soit prêt pour un second tour. Sa base sociale n'est pas mûre. Mais qu'il approche les 20 % en continuant à faire passer dans la classe politique des idées comme celle de la poursuite des évadés fiscaux (comme il est en train de l'obtenir aujourd'hui), ou de la sortie de l'OTAN, serait hautement utile à notre pays, et c'est la moins mauvaise chose que on puisse espérer par les temps qui courent.

 

Est-ce qu'un Mélenchon à 18-20 % ferait perdre Hollande au second tour ? Si le candidat socialiste garde le cap de la sobriété, et ne gauchise pas son discours, il peut conserver une partie de l'électorat centriste, et, sûr du soutien des électeurs du Front de gauche qui se reportent de toute façon massivement sur lui, peut conserver son avance sur le président sortant - ceteris paribus, bien sûr, notamment pour autant que ne survienne pas dans le paysage un nouveau serial killer, une guerre ou toute autre calamité susceptible de raviver les réflexes de peur chez les électeurs.

 

Ensuite reste à savoir ce que le Front de gauche fera de ses 18 %... Je crois que le PC aurait tort de chercher des postes ministériels ou tenter un accord à tout prix avec le PS pour conserver son groupe à l'assemblée nationale, mais résistera-t-il à la tentation ? Mélenchon lui, devrait continuer à "mélenchoniser" les esprits, faire avancer l'idée d'une VIe république plus parlementaire et plus référendaire, faire de l'éducation populaire, et contribuer à blinder l'idéologie de ses troupes sur des sujets clés comme l'Europe et le non-alignement de la France (il y a encore beaucoup à réfléchir là-dessus). S'il s'agissait de négocier quelque chose à la veille des législatives, le plus important, je crois, serait qu'il tente d'obtenir par ce biais une dose de proportionnelle qui brise définitivement le lien de dépendance de la gauche à l'égard du PS. Mais qu'est-ce qu'il vaut mieux pour lui ? Entrer dans la négociation ou compter sur la mobilisation de ses troupes pour continuer les manifestations (voire lancer des grèves ?). Quand les socialistes sont au pouvoir les grèves faiblissent. La perspective de la VIe république (révolution citoyenne) peut-elle enrayer cette constante politique ? Le rassemblement de la Bastille a montré que les gens y croient et son prêts à se repolitiser. Cela sera-t-il vrai en septembre aussi ? Si Hollande devient président ,négocier ou mobiliser sera donc l'alternative ouverte à Mélenchon. En dernière analyse le choix de l'une ou l'autre option dépendra du degré de combattivité de la base sociale du Front de gauche (enseignants, petits fonctionnaires, étudiants, employés, voire ouvriers enlevés à l'extrême-droite et à l'abstention). Je ne suis pas très optimiste sur cette base après la débandade du dernier combat sur les retraites, mais qui sait. Parfois une certaine alchimie entre le leader et ses partisans produit des phénomènes inattendus.

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