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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #la gauche tag

ARAC

5 Juillet 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

J'ai rendu visite avec quelques amis mardi dernier à l'Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) à Villejuif.

C'est une structure très intéressante fondée par Henri Barbusse après la Première-Guerre mondiale. Ce fut longtemps un syndicat d'anciens combattants attaché au Parti communiste français. Son nom complet aujourd'hui est "Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, des Combattants pour l’Amitié, la Solidarité, la Mémoire, l’Antifascisme et la Paix." C'est typiquement le genre d'institution dont notre société, et particulièrement, en son sein, le mouvement anti-guerre, ont besoin. Ancrée dans le passé, elle ne se contente pas de défendre les intérêts de ceux des anciens combattants qui en sont membres (j'ignore quelle part des 4 millions cela représente), mais elle défend aussi une mémoire que les forces impérialistes, notamment sous l'impulsion actuelle de Sarkozy, cherchent à réécrire. Ayant moi-même été très attentif au témoignage de mon grand-père, ancien combattant de la guerre civile espagnole, qui d'ailleurs portait celui de son propre père, combattant à Cuba en 1898, je puis dire que ces hommes qui ont été traités comme du bétail (et ils le furent dans tous les pays et dans toutes les guerres) lorsqu'ils ont le courage d'assumer un point de vue critique, pacifiste, de gauche, ont une force considérable pour dénoncer les intérêts financiers qui ont poussé les peuples aux conflits, le cynisme avec lequel l'humanité est instrumentalisée en pareil contexte, et leur voix, à ce titre, est absolument essentielle.

Le passé compte comme socle de compréhension du monde tel qu'il nous est donné. Il est aussi, dans le cas de l'ARAC, une source d'inspiration pour une action sur l'avenir. "Non à la mondialisation capitaliste par les profits et par les armes... Oui à la mondialisation par la paix et par la solidarité des peuples" proclame leur document d'orientation de janvier 2006 (http://www.arac-et-mutuelle.com/Arac/article.php3?id_article=82). Cette action, si j'en ai bien compris la philosophie, passe par une solidarité avec les peuples résistants que la France et ses alliés ont persécutés. Il ne s'agit pas seulement de rendre hommage aux victimes de la folie impériale de nos dirigeants, mais de contribuer à réparer leurs fautes pour construire un avenir planétaire sur de meilleures bases fraternelles. L'initiative que l'ARAC met le plus en avant est le Village de l'Amitié (image à gauche) créé en 1994 en collaboration avec des associations d'anciens combattants d'autres puissances occidentales. Son objectif est d’aider, soutenir et héberger des enfants et des adultes victimes de l’effet du défoliant appelé " l’agent orange " (Dioxine), déversé sur les campagnes et les forêts vietnamiennes par les troupes états-uniennes (la France, elle, avait débuté le processus en balançant du Napalm sur la population indochinoise comme elle l'avait fait aussi en Algérie). Une grosse centaine de personnes (mais le nombre total de victimes qui pourraient prétendre à un traitement s'élève à 700 000 voire 800 000) y sont soignées chaque année. L'ARAC a aussi des projets d'actions de solidarité avec d'autres pays victimes encore aujourd'hui du cynisme planétaire comme la Serbie où l'on entretient, dans l'ignorance complète de l'opinion publique française, les tombes des anciens combattants français morts dans les Balkans entre 1914 et 1918, et Cuba, qui compte un grand nombre de vétérans de guerre qui menèrent un combat illustre en Afrique contre l'apartheid. 

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Discussions sur le socialisme

12 Mai 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

En ces jours fériés où les gens traînent devant leurs écrans d'ordinateurs, je reçois des mails intéressants sur la position Turcs et des Arabes à l'égard de l'impérialisme anglais il y a cent ans, et aussi... sur le socialisme (en partie à cause des discussions sur la "révolution" de mai 68). Notamment nous avons assisté à un débat entre Birino et Jean-Michel Vernochet sur la question de savoir ce qu'est le socialisme, s'il existait un socialisme non marxiste, si l'Allemagne nazie par exemple ou la Suède socialdémocrate étaient ou non des systèmes socialistes, Birino défendant que seule la socialisation complète des moyens de production justifiait l'emploi du terme socialiste : de sorte que, selon lui, même la Chine ne se dit plus "socialiste" mais "sur le chemin du socialisme" à cause des privatisations qu'elle a dû consentir. 



Je me suis permis d'introduire la question suivante (qui n'est pas purement scolastique)dans ce débat :

"-------- Question naïve :"avec un secteur privé", qu'entend-on par là ? Le maintien en Pologne d'un droit de propriété privée dans l'agriculture (et même en URSS avec les lopins de terre individuels), le fait que même dans les systèmes les plus collectivistes (même l'Albanie d'Enver Hodja) on restait propriétaire formellement des biens meubles de son domicile sont-ils des éléments de nature à établir que les systèmes en question n'étaient pas socialistes ? Autrement dit une collectivisation totale des biens est elle possible, et, dans le cas contraire, à partir de quel pourcentage de collectivisation peut-on dire qu'on bascule dans un système socialiste ? On me répondra peut-être qu'il s'agit de collectivisation des "biens de production" et non de consommation, mais jusqu'à quel point les biens de consommation ne peuvent-ils pas se transformer en biens de production : l'individu qu'on considère comme propriétaire de son ordinateur à son domicile, peut ensuite l'utiliser pour produire, commercialiser sa production, faire un petit business clandestin (je pense à Cuba où beaucoup de biens privés mais aussi publics sont utilisés clandestinement pour nourrir un système économique capitaliste informel occulte). Par delà la naïveté de cette question, je veux pointer ici un problème soulevé par Bertrand Russel dans les années 1930, dans son bouquin sur l'histoire des idées au XIX ème siècle. Il reproche aux marxistes de n'avoir pas bien vu qu'un ouvrier ou a fortiori un petit employé sont, sous un certain points de vue, des acteurs sociaux qui ont intérêt à la révolution parce qu'ils sont économiquement exploités, mais aussi, sous un autre point de vue, des acteurs qui ont intérêt à la conservation du système capitaliste en place pour diverses raisons (sécurité personnelle, chances d'ascension sociale des enfants, faits que dans sa propre famille il peut avoir des gens qui sont soldats ou flics). Est-ce que, à l'inverse, dans un système très fortement collectivisé les gens ne gardent pas, d'un certains points de vue, toujours une part de "propriété privée", dans les faits et dans leur imaginaire, de sorte qu'au fond ils restent toujours des capitalistes individualistes en puissance, et que, au fond, les régimes socialistes restent toujours des systèmes sociaux-démocrates ? Si l'on raisonne ainsi, on arrive à la conclusion que le problème n'est pas seulement celui des superstructures idéologiques (et de l'intelligentsia), mais de l'individualisme humain (qui existait même avant la modernité : voir par exemple les travaux de Veyne sur le capitalisme romain, on peut même se demander s'il n'y a pas des germes d'individualisme dans le communisme des chasseurs cueilleurs). A partir de quel seuil de disparition de la propriété privée (et aussi de disparition de l'individualisme) peut-on assurer que le système est "socialiste" ?"

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Clémentine A., Robert M., Bruno G.

25 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Voilà une semaine post-pascale qui commence sous des augures très divers. Il y a à boire et à manger dans ce qu'on lit.

Tout d'abord je découvre qu'un lecteur qui a cliqué sur mon blog hier avait tapé sur Google "clémentine autain nue". C'est cette recherche qui l'a conduit à mes rivages. Je dois m'excuser auprès de lui. Cher ami, Google vous a induit en erreur. Il n'y a pas de photo de Mme Autain nue sur mon blog. J'en suis désolé pour vous et sans doute pour beaucoup d'autres lecteurs. Mais j'aurais envie d'en savoir plus : pourquoi diable voulez vous voir cette Walkyrie du mouvement féministe nue ? Je crois bien deviner : le goût du paradoxe. Vous songez peut-être que cette dame qui met en avant dans sa biographie le fait qu'elle a été violée, cultive quelque part une forme d'ambiguité qui l'aurait par ailleurs poussée à exposer ses charmes pour des photos coquines. Mais vous poussez trop loin la subtilité. A mon avis cette personne est faite d'une pièce comme on dit, et elle ne fera jamais le contraire de ce qu'elle dit sur un tel sujet.

Autre nouvelle amusante, le secrétaire général de l'officine mainstream Reporters sans frontière Robert Ménard est inculpé par la justice grecque pour offense au symbole olympique. Il a déclaré à propos des douze mois de prison que lui et ses compagnons pourraient encourir : "on ne les fera pas, évidemment"... "évidemment"...

Un ami hier me communiquait des statistiques de consultation d'un petit blog français sans envergure. Le gouvernement états-unien figurait parmi ses lecteurs réguliers. "Big Brother is watching you". Je ne puis effectuer la vérification sur mes blogs : les origines des adresses IP ne sont pas recensées.

Je reçois beaucoup de mails sur ce sous-préfet limogé pour propos anti-sionistes (il a été placé sur un poste d'administrateur civil au ministère de l'intérieur). Il y a un peu trop d'excitation dans cette affaire, car chacun sait que le devoir de réserve est strict pour de nombreux hauts fonctionnaires, spécialement un sous-préfet qui, par délégation du préfet peut avoir à autoriser ou interdire des associations, superviser des élections, prendre diverses mesures relatives à l'ordre public.  Il n'est pas bon qu'un tel rouage de l'Etat fasse connaître en public, sous son vrai nom, ses opinions privées sur les grands sujets de notre temps.Lui-même connaissait ces règles du reste. Quand on sait comment fonctionne le ministère de l'intérieur, il est même étrange qu'il les ait oubliées. Il est sans doute vrai que des opinions plus conformes à l'orientation diplomatique de notre gouvernement lui eussent valu une suspension de fonctions moins rapide. Mais il est bon dans l'absolu qu'un grand commis de l'Etat ne puisse pas en son nom propre. Cela ressemble fort à une tempête dans un verre d'eau. Mais le mécontentement des antisionistes reflète une exaspération plus générale, et légitime, devant la censure implicite qui pèse sur eux dans notre pays. Il est vrai que l'atmosphèredes années 2000 est de plus en plus lourde. Je découvre d'ailleurs à l'occasion de cette nouvelle l'existence d'un Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVA) qui parait constitué sur le modèle du Bureau de vérification de la publicité (c'est à dire une fédération d'organes privés qui peut éventuellement être investie de missions publiques). Ledit bureau dans ses déclarations aux agences de presse ne semble pas hésiter à confondre l'antisionisme et l'antisémitisme, ce qui est un procédé habile et courant de nos jours pour criminaliser par assimilation à l'incitation à la haine raciale ce qui, au départ, est une position politique d'opposition un projet politique - celui du mouvement sioniste (à mon avis l'antisionisme, s'il est parfois antisémite, peut aussi bien être philosémite et judéophile, car on peut tout à fait soutenir que le meilleur service à rendre à la culture juive pour sa survie et sa gloire dans l'humanité de demain est de la dissocier du projet sioniste israélien). Cette institution récente constitue un sujet intéressant pour les sociologues indépendants et courageux qui, je n'en doute pas, dans nos chères universités s'empareront prochainement du sujet comme certains de leurs homologues le firent de l'AIPIAC aux Etats-Unis. L'organigramme de ce Bureau disponible sur son site fait apparaître la présence de professionnels de la sécurité à sa tête, ce qui, je suppose, se justifie par sa vocation à secourir les victimes. Son intervention contre le sous-préfet Guigue est assez insolite car on ne voit guère ce qu'il y eut d'antisémite dans son propos, ni quelles "victimes" il a pu faire en France en manifestant une sympathie pour les victimes palestiniennes. Mais nous savons désormais que les choses se passent ainsi de nos jours. Le climat de notre République n'est plus très bon. Comme dirait un ami, on attend avec impatience que soient restaurés dans leur pleine dimension les mots "liberté, égalité, fraternité".

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Izquierda (II)

20 Février 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Comme les commentaires ne sont pas toujours très visibles sur ce blog (mais je ne sais pas trop modifier les configurations) je poste ici un commentaire que mon camarade Laurent a bien voulu glisser à la suite d'un article "Izquierda" qui se trouve un peu plus loin dans la liste des articles. A la suite de sa réponse, j'introduirai quelques remarques brèves qui pourront être développées à l'occasion.

Son commentaire :
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Ton analyse est très pertinente et éclaire un peu mieux ton propos.

Effectivement, de même que les systèmes de régulations hérités de la social-démocratie sont incapables de maîtriser le capitalisme financier mondialisé (quand la socdem ne devance pas elle-même les désirs du Capital), de même les moyens traditionnels de lutte se révèlent totalement inopérants. Les conflits sociaux, même durs (comme celui que j'ai connu en 2003) n'arrivent plus à venir à bout de choix gouvernementaux dictés par de puissants intérêts financiers. Je dis cela en étant tout à fait conscient de n'avoir aucune solution alternative (lors du dernier mouvement de grève dans l'éducation, certains rigolos ont osé proposer de se porter gréviste tout en allant travailler, avec un brassard sur le bras, afin de sensibiliser les parents à notre cause...).

Il y a quelques années, l'émergence du mouvement altermondialiste a suscité un espoir, une dynamique réelle et une prise de conscience, même à ses marges, de la part de gens qui, sans adhérer à l'ensemble des thèses de l'altermondialisme partageaient quand même certaines analyses et pouvaient se mobiliser en vue de luttes communes. Cette dynamique a connu son apogée lors du référendum du 29 mai 2005 (le jour de mon anniversaire) puis est retombée d'un coup... Il appartiendra aux historiens futurs d'analyser comment quelque chose d'aussi prometteur a pu foirer ainsi...

Je discutais de cela lors du rassemblement du 4 février avec un mec d'Anaram qui théorisait le recours à la violence révolutionnaire. Outre le fait que ceux qui tiennent ce genre de propos sont rarement ceux qui les mettent en oeuvre, une explosion de violence irréfléchie est souvent contre-productive. La couverture médiatique de la bande à Bonnot par la presse de l'époque a contribué à dicréditer le mouvement anarchiste, de même pour Action Directe qui a finalement plombé l'extrème-gauche dans les années 80. Actuellement, des menaces terroristes réelles ou supposées sont en train de justifier une surveillance accrue des mouvements anticapitalistes.

Je ne crois pas que le modèle latino-américain soit importable chez nous. De même, je trouve difficile de reproduire en France l'expérience de Die Linke. Tout d'abord je doute de la volonté réelle de Mélenchon de rompre avec le PS. J'ai beaucoup apprécié la lecture de son dernier livre d'entretiens, mais aura-t-il réellement envie de quitter le PS, et donc de renoncer, à terme, à son mandat de sénateur? J'en doute... De toutes façons les conditions politiques sont chez nous, différentes de ce qu'elles étaient en Allemagne en 2005, du moins au sein de la gauche. Il ne me semble pas qu'à l'époque il existait grand chose à gauche du SPD (à part peut-être le Parti Communiste). Chez nous il y a un paysage assez hétéroclite à gauche du PS, et vouloir y créer un mouvement unificateur (sur quelles bases d'ailleurs??) risque au contraire d'ajouter de la division à la division, comme on l'a vu pour les collectifs antilibéraux. Dont la fin me rappelle cette blague qui circule dans les milieux protestants: « Dans une ville, il y avait deux églises: l'église baptiste et l'église méthodiste. Un jour les responsables ecclésiaux des deux bords décidèrent que cette division était un scandale et qu'il était temps d'unifier ces deux communautés. Donc, combien y -a-t-il eu d'églises à la fin? Réponse: trois. L'église unifiée, l'église baptiste, l'église méthodiste. ».

---- « Les peuples vont plutôt chercher une résistance dans des mouvements de "droite" traditionnalistes » 

je le comprends et je perçois (vaguement) les déterminismes qui les poussent à agir ainsi. Je doute cependant de l'intérêt pour les mouvements de gauche de se mettre à la remorque de mouvement réactionnaires, dont l'égalitarisme me paraît douteux. En 1979, les révolutionnaires laïques iraniens avaient fait ce calcul vis à vis de Khomeiny (qui apparaissait comme une personnalité charismatique, plus capable de mobiliser le peuple que les intellectuels de gauche,etc...). Le résultat ne fut pas exactement celui qu'ils escomptaient (surtout pour ceux qui sont morts dans les geôles du régime islamique)...

J'ai appris, par l'intermédiaire de ton blog, l'existence du Comité Valmy. Ce mouvement me paraît, bien sur, plus sympathique qu'Egalité et Réconciliation de Soral, du fait qu'il préfère se référer au gaullisme qu'au FN (j'ai, globalement, plutôt de la sympathie pour la vie et l'oeuvre de De Gaulle). Cela dit, je pense que le gaullisme a été un OVNI dans le paysage politique français et qu'il n'a pas survécu à son fondateur. Quelle peut être l'avenir et la portée d'une telle initiative? Je l'ignore. Je ne sais pas si elle peut aller bien au-delà d'un cercle d'initiés (j'avoue que l'aspect groupusculaire de certains mouvements anti-système me désole un peu)...

1) sur l'union de la gauche en France

Il est clair que la gauche de la gauche a paradoxalement pâti de sa force : s'il n'y avait pas eu des traditions communistes et trots puissantes (aussi bien sur un versant que sur l'autre), il eût été plus facile de les unifier. Notamment le renforcement intellectuel du trotskisme par le bourdieusisme, et sa pénétration susbéquente dans une bourgeoisie d'Etat encore relativement nombreuse en France (profs, petits fonctionnaires) dans les années 1990, qui a rééquilibré le rapport LCR/PCF a compromis leur unité. Je suis personnellement sévère à l'égard des trotskistes (et notamment de la direction de la LCR) qui se sont complus dans une très grande irresponsabilité politique en politique intérieure (notamment en faisant cavalier seul dès le début de la campagne électorale des présidentielles), et en politique extérieure (voir notamment la bouillie intellectuelle qu'ils ont produite sur les Balkans, mais pas seulement). 

Ce faisant ils deviennent comme dit l'autre les idiots utiles du système, une machine à rendre les mobilisations stériles.

Par ailleurs, le système électoral qui rive le PC au PS n'a pas arrangé les choses il faut le reconnaîre.

2) sur la faillite de l'altermondialisme

Il suffit d'avoir assisté à un forum social pour comprendre à quel point cela ne pouvait mener à rien. Forums pour intellectuels, activistes professionnels, étudiants désoeuvrés épris de palabres, travaillé par un certain anarchisme. Ils ne pouvaient déboucher sur aucune proposition politique concrète et réaliste.

Et en effet c'est cette faillite de l'altermondialisme qui nous conduits maintenant à repenser les projets politiques dans un cadre hexagonal. Parce que comme j'ai tenté de le faire sentir dans le Programme pour une gauche française décomplexée, on ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur l'Etat. Et une politique d'Etat, ça suppose de faire des choix concrets (jusqu'à quel point coopérer avec la Russie de Poutine, avec la Chine, avec tout ce qui fait contrepoids à l'hégémonisme états-unien). Le propre du trotskisme, et par effet de contagion de toute la gauche de la gauche de plus en plus, c'est de raisonner sur un plan "moral", hors du temps et de l'espace, sans jamais poser la question des stratégies concrètes de l'Etat français.

Je regardais hier un DVD du journal bourdieuso-halimien (si j'ose dire) "Plan B" sur Bové : critique des médias, isolement gauchisme dans une pureté hors du réel. Voilà leur crédo. Mais c'est de l'infantilisme. Quid du programme politique pour la France, le peuple français en tant que nation ?

3) sur Mélenchon

Le personnage a des côtés sympathiques. Mais ils est moins profond que des gens comme Chevènement (lequel lui aussi a montré bien des faiblesses qui ont fini par le discréditer).

Mélenchon sur son blog ne dit pas un mot sur le Kosovo, sujet central pour l'avenir de l'Europe ainsi que le soulignent les medias en ce moment. Le même silence que celui de la gauche du PS en 1999 pendant le bombardement de la Serbie (il parait que quand même quelques supporters d'Emmanuelli et Mélenchon assistaient à des réunions anti-guerre dans le Quartier Latin, mais au niveau des dirigeants silence radio).

Quand on se tait sur des sujets aussi importants qui mettent en cause la vassalisation de l'Europe à l'égard des Etats-Unis, c'est un peu comme si on s'était tu sur les Accords de Munich en 1939 (les Tchèques en ce moment soulignent le point commun entre les deux dépeçages). Est-ce par aveuglement ou par lâcheté ? Je ne peux pas pour ma part faire confiance à un dirigeant qui se tait sur un sujet aussi grave.

4) Sur la droite traditionnaliste

Il y a les discours et les réalités. Le Hamas, le Hezbollah doivent leur influence au fait qu'ils ont organisé des solidarités concrètes. Au Liban, seul le Hezbollah a aidé les pauvres à se loger après la destructions des maisons par Israël e 2006, tandis que le gouvernement libanais ne faisait rien. Ca c'est du socialisme concret. Des islamistes qui organisent des oeuvres de charité, et font obstacle aux intérêts américains, ou des nationalistes ailleurs qui empêchent les privatisations, ne font-ils pas davantage de socialisme qu'un Parti communiste français qui siège dans un gouvernement de gauche plurielle qui privatise plus d'entreprises que son prédécesseur de droite, et fait une guerre pour installer une base américaine dans les Balkans ?

Voilà une question qu'on ne pourra pas éternellement éluder sous de la bienpensance...

5) Sur le gaullisme comme OVNI

A voir... Il y avait eu le bonapartisme juste avant qui réunissait des tendances libérales, capitalistes, mais aussi une tendance "césarienne" (Napoléon, tutoyé par ses soldats à Austerlitz, qui porte des gueux au sommet de l'Etat, Napoléon III auteur du "De l'instinction du paupérisme"). Il faut peut-être réfléchir à ce qu'est la droite chrétienne sociale en France. Est-elle "l'idiot utile" du capitalisme mondialisé, ou un meilleur rempart qu'un parti socialiste dont un leader préside aujourd'hui le FMI ?

De toute façon, l'arithmétique est assez simple. Puisque l'Union européenne est sur une voie néolibérale et atlantiste, et puisqu'aucune force ne peut s'y opposer, on n'a plus d'autre choix, si l'on veut rester au service des plus humbles, et être utile à l'équilibre du monde, que de revenir au cadre hexagonal pour faire exploser cette Union, reconstruire sur une base hexagonale une alternative avec toutes les bonnes volontés (quitte à ce qu'ensuite on refasse une Europe mieux inspirée, plus populaire, dans une génération). 

FD

P.S. du 21 février : A la date du 20 février, c'est-à-dire probablement au moment-même où j'écrivais le commentaire ci-dessus, je trouve (enfin !) sur le blog de Mélenchon une condamnation de la sécession du Kosovo - cf http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=562. M. Mélenchon aura attendu 3 jours avant de s'exprimer sur ce sujet... ET PRESQUE 8 ANS AVANT DE CONDAMNER SANS AMBIGUITES L'ATTAQUE DE L'OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie. Dans l'intervalle, il aura laissé de nombreuses voix prêcher en vain dans le désert, et de nombreuses occasions politiques de changer la donne s'évanouir sans prospérer...
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Izquierda

24 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Beaucoup de gens de la gauche radicale que je côtoie semblent se résigner à l'idée selon laquelle les idées de gauche en tant que telles n'ont plus de place dans ce monde. A les entendre, un scénario comme les élections serbes - où il n'existe pas de troisième option entre la droite néo-libérale et la droite nationaliste - préfigureraient l'avenir du monde. Le socialisme n'a plus de modus operandi, la socialdémocratie,  transformée en social-libéralisme, s'est ralliée au néo-libéralisme (comme dans le gouvernement d' "ouverture" de Sarkozy), disent-ils. Les tentatives de conservation d'un certain égalitarisme qu'on trouve au Venezuela ou à Cuba par exemple pourraient aussi se développer dans le cadre de modèles sociaux "de droite anti-mondialisation", qu'ils soient laïques, chrétiens intégristes, hindouïstes, islamistes etc. Et même ces modèles de droite, plus réalistes et pragmatiques qu'une gauche intellectuelle sentimentale et fumeuse, constitueraient finalement un rempart plus efficace face aux folies du néolibéralisme.  undefined

Voilà ce que disent ces gens. Dans le triptyque socialisme-libéralisme-conservatisme que dessine Wallerstein, ils gomment le socialisme, qui ne serait plus qu'une vue abstraite. Une certaine atonie des mouvements de gauche, en Europe, mais aussi dans le Tiers-Monde (en Afrique, au Proche-Orient) leurs donnent raison. Pourtant d'autres régions (l'Amérique latine, le sous-continent indien) invalident leurs thèses.

J'entends ces discours, et, pour le moment, me garde d'émettre le moindre jugement sur leur compte.
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Gauche de la gauche : les convictions pâlissent, et les égos se renforcent

22 Octobre 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Clémentine Autain annonce sa candidature pour les municipales à Montreuil... mais n'a pas la courtoisie d'en informer le maire communiste sortant (cf l'article ci-dessous publié sur le site Web du Monde)... Pour m'amuser cet après-midi j'ai signalé ce fait sur le blog d'Autain au milieu du concert de louanges des admirateurs de Clémentoche. Ma contribution a été supprimée par le "modérateur" (NB : comparativement le blog de Mélenchon est un peu plus pluraliste).

Evidemment toutes ces pratiques "cassent" un peu le mythe de la gentille "Clem" sauveuse de la "gauche de la gauche". J'avais déjà testé il y a un an l'impolitesse de l'impétrante à qui j'avais adressé personnellement l'Atlas alternatif en sa qualité de directrice de la revue Regards, et qui, non seulement n'a jamais laissé publier aucun article sur ce livre (on va quand même pas faire de Regards une revue anti-impérialiste, non mais ! même pas uen revue qui mentionne l'existence du courant anti-impérialiste !) mais je n'ai même pas reçu une carte de remerciement (ce qui autrefois se faisait).

Donc nous voilà en pleine lutte des potentats égocentriques et discourtois :  maires contre patrons de revues, la galaxie PCF de plus en plus réduite à un chapelet de notabilités. Je plains les habitants de Montreuil.  Une montreuilloise me disait il y a peu qu'un des responsables de la politique internationale de la municipalité était un ex-membre de Reporters sans frontières (mais si mais si : les gens qui ont tenté d'étouffer Chavez sous leur propagande quand il a refusé de renouveler la concession de RCTV). Montreuil la rouge a bien pâli.

Tout le PCF pâlit du reste. Avez-vous remarqué la polémique autour des propos du sénateur Ivan Renar (sénateur communiste du Pas de Calaisà propos de l'intervention israélienne au Liban, le 10 octobre dernier à la tribune du CRIF la guerre israëlienne menée au Liban l'an dernier ?  Voyez l'article sur http://www.voltairenet.org/article152255.html, et  la courageuse attaque d'un certain Marc Prunier http://www.alterinfo.net/Guerre-contre-le-Liban-Echanges-avec-Ivan-RENAR,-senateur-PCF-et-mises-au-point_a12595.html qui, semble-t-il, a abouti au retrait de l'article du site du CRIF (sur http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=9717&returnto=accueil/main&artyd=2 à l'heure où paraît le présent article, seule la version anglaise demeure http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=9763&returnto=articles_display/list&tg_id=7&artyd=2).

On lui prêtait notamment la phrase "l’action militaire israélienne durant l’été 2006, justifiée, pour faire cesser les bombardements du Hezbollah sur les villes et les villages d’Israël". Quand on sait l'ampleur des dévastations causées par l'intervention israëlienne au Liban l'an dernier, Cela faisait froid dans le dos. Il ne l'aurait donc finalement pas dit. Dont acte. Mais par delà la polémique sur les mots, on peut se demander si la place des élus du PC est vraiment dans les repas du Crif, compte tenu de l'orientation politique de cette organisation depuis plusieurs années ? Les militants du PC se sont déjà indignés de la présence de Mme Borvo à ces meetings (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2523). 

Je lisais tantôt justement l'intervention de Mme Borvo à la réunion du Crif du 28 février dernier (http://www.crif.org/index.php?page=articles_display/detail&aid=8420&returnto=search/search&artyd=56). "Les dirigeants iraniens, disait-elle, sont suspectés aujourd’hui de travailler à la maîtrise de l’arme nucléaire. Les soupçons pèsent d’autant plus qu’il y a eu des dissimulations antérieures et on voit bien les ambitions de puissance régionale de l’Iran. Il faut bien mesurer la nature et la dimension de l’enjeu. Il s’agit rien moins de la sécurité de l’ensemble du Moyen-Orient dans un contexte où celle-ci est déjà bien mise à mal par la guerre américaine en Irak avec le chaos meurtrier qui s’y développe jours après jours, les tensions qui se diffusent dans toute la région. "

Ainsi Mme Borvo non seulement reprenait les accusations des Etats-Unis contre Téhéran quant à ses préparatifs nucléaires à des fins militaires (accusations non confirmées par l'AIEA...), mais encore elle mettait ce danger (hypothétique, et qui plus est orienté vers l'autodéfense) sur le même plan pour la sécurité du Proche-Orient, sur un pied d'égalité avec celui que provoque la "guerre américaine" en Irak (bien réelle, et tournée vers l'agression extérieure) ! La réprésentante du PCF avait beau ensuite conclure son propos par un appel bien pensant au respect du Traité de non prolifération par tous les pays y compris l'Inde et Israël, la concession aux mensonges dominants est déjà énorme. Je préférais encore les déclarations de Jacques Chirac qui, il y a huit mois, faisait scandale en estimant que l'Iran même avec une ou deux bombes nucléaires ne serait "pas très dangereux" (http://www.bismi.net/articlelecture.php?id=1080). 

Et Bové, et Besancenot ? que pensent-ils de la guerre américaine qui se prépare contre l'Iran ? Leur silence est étrange.

Concessions à l'impérialisme, guerre des petits chefs. La gauche de la gauche, après avoir plombé la victoire du "non" au référendum de 2006 par une campagne présidentielle lamentable, ne semble pas être très consciente de son rôle historique. Il lui manque peut-être un Chavez...


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L'article du Monde sur Autain à Montreuil:

Le maire de Montreuil se désolidarise de Clémentine Autain 

(Lemonde.fr avec AFP | 22.10.07 | 15h37  •  Mis à jour le 22.10.07 | 15h43  )

Jean-Pierre Brard, député-maire (PCF) de Montreuil, s'est démarqué de Clémentine Autain, qui a émis le souhait d'être candidate sur sa liste à Montreuil. Dans un communique diffusé lundi 22 octobre, M. Brard a affirmé que l'ajointe au maire de Paris "ne peut faire partie du conseil municipal" car "elle n'est pas montreuilloise".

"J'apprends avec stupéfaction, par la presse du week-end, que je remettrais la mairie de Montreuil à Clémentine Autain, en 2011", s'est-il étonné, lundi. Dans son édition daté du 21 octobre, Le Monde rapportait que le maire de Montreuil avait rencontré Melle Autain le 17 octobre. "Se familiariser avec une ville, ça prend du temps", avait alors affirmé M. Brard, avertissant que "le parachutage n'est pas un sport pratiqué localement".

Jean-Pierre Brard en a également profité pour mettre en garde deux responsables communistes locaux, dont le secrétaire de la section, Olivier Madaule, qu'il accuse de "consacrer leur temps et leur énergie à des manipulations de cette nature (...) au nom de querelles de factions". M. Madaule, qui chercherait à obtenir de M. Brard qu'il lui cède la place à mi-mandat, a reconnu que l'arrivée de Clémentine Autain pourrait "apporter 3 % à 4 % de voix et aider à gagner l'élection".

- http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-969889,0.html -

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Gauches européennes

19 Juillet 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

J'ai profité du début de mes vacances pour continuer à décortiquer le dossier transdniestrien. J'ai épluché la constitution, toutes les biographies des députés, les articles du Tiraspol Times en ligne, glissé quelques correctifs dans les pages de Wikipedia souvent mensongères ou caricaturales sur le sujet. Le plus surprenant dans tout cela, c'est cette obstination de la classe politique pridnestrovienne, qui a toujours les faucilles et les marteaux dans ses emblèmes, à refuser le label communiste (avec deux PC dans l'opposition, nous n'avons hélas pas pu les rencontrer). Et ce parti "Renouveau" qui se dit de centre-droit, le mouvement de jeunes "Proriv", mi-Otpor/mi-anti-OTAN/russe, guévariste, finalement assez sympathique à travers ce que la presse locale en dit. Nous disséquons cela dans tous les sens avec mon camarade d'investigation Birino.

 

Hier je suis aussi sorti de ma bulle internautique pour rencontrer à Paris les responsables de la librairie Ishtar, Fouzia Lamrani et Mohamed Taleb. Ils organisaient dans l'après-midi une conférence Venezuela-monde arabe. Nous n'étions pas très nombreux, mais c'est habituel à Paris. En France, les gens ne s'intéressent pas assez à l'international. J'ai ensuite suivi Nathalie Levallois à l'ambassade du Venezuela où se tenait une petite réunion. Des gens du Cercle bolivarien de Paris s'y trouvaient. Tout cela permettait de prendre le pouls des forces militantes, de leur état d'esprit.

Si je rapproche cette sortie parisienne de ce que j'ai vu à Varsovie au début de ce mois où j'ai rencontré des membres de la Jeunesse socialiste (extrême-gauche), je tire de toutes ces rencontres l'impression d'une très grande diversité, et même le sentiment d'avoir affaire à un patchwork, avec des sensibilités et des centres d'intérêts très variés, des approches du monde actuel qui, si elles s'entendent pour dénoncer le néo-libéralisme ou l'impérialisme américain, sont loins de converger sur des objectifs concrets communs et, a fortiori, des modus operandi pour les atteindre.

 

La lecture de la presse me renforce dans cette idée. Mélenchon parle de créer die Linke en France avec le PCF, mais n'ose pas franchir le pas (ni le PCF non plus) - d'ailleurs aurait-il intérêt à le faire si Sarkozy continue à débaucher toute l'aile droite du PS ? -. Mais au même moment la "Linke" espagnole, Izquierda Unida (IU) qui, à sa grande époque, réunissait communistes, verts, et aile gauche des sociaux-démocrates, est en train de se déliter. Javier Parra, le patron de larepublica.es, dénonce dans un papier daté d'hier (http://www.larepublica.es/spip.php?article6205) la dérive "hors de la gauche" d'IU qu'il accuse de vouloir liquider le Parti communiste espagnol. L'Union est un combat. Un combat qui n'est pas toujours facile.

 

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Au delà d'Attac

29 Mai 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

La publication récente d'une thèse (pas très passionnante) sur Attac m'a donné l'occasion de rédiger un petit compte rendu sur Parutions.com que je livre à votre réflexion sur http://parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=94&ida=8206.

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Une soirée de soutien à la démocratie vénézuélienne

2 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Diverses personnalités de la gauche française se sont succédées hier soir (vendredi) à la tribune d'une salle du Musée social à Paris (7 ème arrondissement) pour exprimer leur soutien au gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela, à la veille du scrutin présidentiel de dimanche prochain. Mme Borvo-Cohen-Seat pour le Parti communiste, M. Sarre pour le Mouvement républicain et citoyen (MRC), ainsi que des représentants du Nouveau parti socialiste et de la campagne Manos fuera de Venezuela, un porte-parole de Jean-Luc Mélenchon (qui est à Caracas comme observateur des élections, voir son bel article sur http://www.jean-luc-melenchon.fr/article/blogview/156/1/1/), Mme Aminata Traore, ex-ministre de la culture du Mali, et M. Maurice Lemoine, rédacteur en chef du Monde Diplomatique, ont pris la parole au cours de cette soirée, en présence des ambassadeurs du Venezuela, de Bolivie et de Cuba en France.

Tous ont insisté sur la nécessité de soutenir le mouvement lancé par les partisans d'Hugo Chavez et de veiller à ce que, au lendemain de la victoire probable de ce dernier à l'élection de dimanche, un nouveau coup d'Etat ne soit pas organisé par l'opposition revancharde comme en 2002. Le risque existe car déjà des stocks de T-shirts noirs avec la mention "fraude" ont été saisis, ce qui laisse présager de l'organisation de manifestations anti-Chavez dès lundi, dans le style "révolution orange" ukrainienne (c'est-à-dire un mouvement sponsorisé et encadré par des organismes états-uniens). Les pressions sur le Venezuela sont énormes, car les Etats-Unis et leurs alliés de l'oligarchie locale ont conscience que la révolution conduite à Caracas, qui conduit à l'alphabétisation et à la prise en charge médicale massives des plus pauvres, ainsi qu'au retour à la souveraineté politique et économique du pays, redonne de l'espoir aux autres pays du Tiers-Monde. L'administration Bush aujourd'hui est prête à employer contre la révolution bolivarienne les moyens qu'elle mettait en oeuvre jadis contre la révolution cubaine. La presse bourgeoise aux Etats-Unis et en Europe (Le Monde, Libération, France Inter, El Pais, etc) ne manquent pas une occasion de diffamer Hugo Chavez et sa politique.

Il est donc indispensable, pour soutenir le combat pour la dignité du peuple vénézuelien et de toute l'Amérique latine en pleine ébullition politique actuellement, que les gens dans nos pays riches se mobilisent pour que le résultat des élections de dimanche prochain soit respecté et que, si le peuple vénézuélien réélit Hugo Chavez, cette victoire ne lui soit pas dérobée.

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La gauche au Mexique

21 Novembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Quand quelques centaines de personnes se rassemblent à Minsk pour exiger l'annulation du scrutin présidentiel en Biélorussie, tous les médias occidentaux sont présents, espérant la chute de leur vieil adversaire Loukachenko.

En revanche, le bras de fer autour des élections mexicaines n'intéresse guère. Ce qui n'est guère surprenant car ceux qui contestent les élections, là-bas, sont de gauche.

Ils étaient à Mexico des dizaines de milliers hier à proclamer symboliquement vainqueur de l'élection du 2 juillet dernier Andrés Manuel López Obrador, après que le Tribunal électoral ait au contraire estimé que son adversaire de droite l'a emporté de 0,56 points (http://www.jornada.unam.mx:8080/ultimas/asume-amlo-y-anuncia-plan-de-20-puntos).

Le programme en vingt points du président inclut notamment le refus de privatiser l'industrie pétrolière, un revenu alimentaire minimum pour tous les Mexicains, l'accès de tous à la santé (dans un pays où la moitié des gens n'ont pas de sécurité sociale), la réforme de la constitution et des médias, l'interdiction d'augmenter les impôts sur les pauvres, la gestion du problème migratoire dans le souci de protéger les émigrés aux Etats-Unis des mauvais traitements.

Par ailleurs, le journal La Jornada mentionne à Guadalajara deuxième ville du pays une forte répression policière contre des paysans qui organisaient une manifestation en marge des commémorations du 95 ème anniversaire de la révolution mexicaine , et des  actions zapatistes au Chiapas (http://www.jornada.unam.mx:8080/ultimas/protestas-zapatistas-en-18-puntos-de-carreteras-chiapanecas), tandis que la situation reste insurrectionnelle dans l'Etat d'Oaxaca.

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Nicaragua - Médias - Parti socialiste

5 Novembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Nouvelles du jour : l'espoir d'un retour au pouvoir  de la gauche au Nicaragua permet à Libération de verser à nouveau son fiel contre les sandinistes en donnant la parole à un apostat de ce mouvement, Sergio Ramirez (http://www.liberation.fr/actualite/monde/215025.FR.php). Libération, dont un disciple néerlandais de Chomsky avait remarqué dans les années 1980 qu'il était le quotidien d'Europe le plus reaganien sur l'Amérique centrale, ne fera donc jamais de repentance...

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Dans une ambiance à la Syriana, un bon article sur le Réseau voltaire (http://www.voltairenet.org/article143901.html) nous renseigne sur la manière dont des intellectuels à gage, Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié  ont monté une fausse piste sur un prétendu financement saoudien des attentats du 11 septembre 2001, avant finalement de se rétracter...

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La semaine dernière Laurent Fabius sur la chaîne parlementaire SCP, singulièrement évasif sur la ligne qui pourrait être celle de la France à l'égard de l'Irak.

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