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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

L'individu et l'institution

7 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Un président patriote devant l'hymne de son pays. L'individu et l'institution qu'il incarne. Il la tire vers le haut ou vers le bas. Elle le tire vers le haut ou vers le bas. Le président Hollande après ses reniements et les attaques (plutôt basses) de son "ex" (voir le bon commentaire de la journaliste "Ariane Bozon") : "Je dois protéger l'institution que je représente". Trop abstrait pour les journalistes (qui incarnent le versant non institutionnel de la nomenklatura). Pas assez abstrait pour les juristes.

 

Quiconque participe au débat public se forge une petite image institutionnelle de lui-même qui légitime sa prise de parole (sans quoi il ne se sentirait pas autorisé à parler). Le citoyen dans la constitution est une institution.

 

Sujet de méditation...

 

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Les mots clairs d'un prêtre irakien

18 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

monastere-copie-1.jpgC'est dans Le Monde et il ne mâche pas ses mots :

 

- Mais ne craignez-vous pas d'être utilisés par les Kurdes pour étendre leur territoire et gagner leur indépendance ?

-Ils ont eux aussi été victimes de violences et de la répression. Comme nous, leur lien avec Badgad est coupé. Les médias musulmans font de la propagande et disent depuis quinze jours que Al-Koch est sous le contrôle des islamistes, ce qui est faux. J'’avais un très vieil ami musulman à Desrestoum, près d'’Al-Koch ; le 7 août au soir, il n'’a jamais répondu à mes appels. Pour beaucoup d'’Arabes, ici, l'’Etat islamique n’'est pas un mouvement terroriste.

- Vous ne semblez plus croire en un Irak faisant cohabiter différentes communautés religieuses ?

Depuis 2003, il n’'y pas eu un seul jour de paix. Le sang n'’a pas cessé depuis de couler et la force est le seul langage que l'’on connaisse depuis l’'intervention américaine. Le régime qui a été installé à Bagdad est une farce et n'’est que mensonge. La liberté promise est fausse. La démocratie l'’est tout autant. La capitale n'’a été que le lieu de tractations entre des chefs de bandes.

- Vous imputez aux seuls Etats-Unis la violence régnant dans le pays et celle perpétrée contre les minorités religieuses ?

Je dis que, en effet, la politique menée par les Etats-Unis en Irak a conduit à monter les communautés les unes contre les autres pour parvenir à leurs fins. Mais ici, les équilibres sont très anciens et fragiles, ils ont privilégié une stratégie à très court terme, et maintenant, le pays est dans un chaos indescriptible. Nous, chrétiens, pouvions vivre sous le régime de Saddam Hussein, ce n’'est plus le cas aujourd’'hui."

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Article publié dans "Courrier du Maghreb et de l'Orient"

11 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

YÉMEN – « L’autre » guerre entre sunnites et chiites… Aux portes du royaume saoudien

 

par Frédéric Delorca

 

Les projecteurs de l’actualité internationale, en ce moment, sont braqués sur la création d’un califat intégriste sunnite au nord-ouest de l’Irak (l’États islamique – EI) et la mobilisation des milices chiites qu’elle suscite en réaction à Bagdad et dans le sud du pays. Mais un conflit entre chiites et sunnites a connu un regain de violence récemment, au sud du royaume saoudien, en République du Yémen.

Le 23 juillet dernier, le président yéménite Abed Rabbu Mansour Hadi effectuait une visite surprise à Amran, à 72 km au nord de la capitale, Sanaa, et annonçait le déblocage de 23 millions de dollars pour la reconstruction des installations urbaines ravagées par les récents affrontements entre Ansar Allah (les combattants du mouvement houthiste, chiites, en conflit permanent, depuis de nombreuses années, avec le gouvernement corrompu et totalitaire de Sanaa) et la 310ème brigade blindée contrôlée et dirigée par un membre du parti Islah (principal parti d’opposition, lié aux Frères musulmans sunnites), unité d’une armée régulière yéménite elle-même en proie à la guerre des chefs. Les combats ont aussi provoqué la fuite d’une centaine de familles qui s’ajoutent au demi-million de personnes déplacées à l’intérieur du Yémen depuis 2004.

 

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Donetsk va tomber

6 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

don_quichote300.jpgCa fait quelques jours que je le dis à mon camarade qui veut m'emmener à Donesk : inutile d'aller nous exposer aux missiles Grad car la ville va bientôt tomber. Parce que Poutine l'a lâchée. Poutine c'est le capitalisme russe et le capitalisme ne connaît aucune loyauté. La Transnistrie avait une 15ème armée russe commandée par Lebed sur son sol. Pas la République populaire de Donetsk. L'issue de l'Histoire tient à ce genre de "détail".

 

Cette nuit je pense à la chute de Barcelone, telle que narrée par mon grand-père... Selon lui ç'avait été aussi une affaire de trahison. Je crois que c'est Alexandre Zinoviev qui écrivait dans Homo sovieticus, que la trahison se cache sous chaque aspect de la vie et qu'il faut apprendre à faire avec. Si c'est si vrai... Seuls les gens peut exigeants, adaptés à la routine et à la dimension la plus superficielle de la vie, ne voient pas à quel point ils sont trahis à longueur de journées...

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Léger

23 Juillet 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Interviewé par Grazia et Atlantico à 24 heures de distance sur le même sujet (un thème sociétal esthétique). A la bonne heure ! J'ai besoin de sujets légers à l'heure où Pierre Piccinin est encore en Palestine.


sevillane

La société de spectacle n'est peut-être pas que "panem et circense"... "Dialectiquement" elle peut aider à préparer des valeurs humaines d'ouverture qui peuvent être utiles...

 

Tout dépend de ce que l'on veut. Si l'on veut "un grand soir", du coup de poing, du conflit à tout prix, le spectacle n'est qu' "opium du peuple". Si l'on est plus réformiste comme je le suis et réformateur (au sens religieux), ce qui ne veut pas dire moins radical, on notera que la société de spectacle évite que le peuple se perde en de vaines violence. Certes cela retarde certaines de ses prises de conscience sur le pouvoir politique, mais qui sait si cela ne participe pas d'une préparation des esprits qui pourrait avoir quelque utilité un jour.

 

J'ai casé le "chakra du coeur" dans mon interview...

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Les anges de la mort

10 Juillet 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Flingué en décembre dernier par la Colère des Dieux qui a décrèté urbi et orbi que sa part d'ombre ne justifiait plus qu'il vécût sur notre terre, irrémédiablement amputé depuis lors de sa naïveté, Delorca continue de remplir son rôle sur un mode essentiellement "fonctionnel", marionnette des anges qui s'évertuent à le faire encore "exister" un peu (et au milieu de tout ça de courageux anonymes m'envoient par la pose des DVD d'épouvante, quelle idée ! allez comprendre...).

 

Dans le cadre de ce rôle purement "fonctionnel" qui m'est donc désormais imparti, il me faut continuer à dénoncer une ou deux réalités qui n'intéressent pas nos institutions impériales (notamment les institutions médiatiques) et donc les citoyens ordinaires de nos contrées qui, faute de temps et d'énergie, leur sont entrèrement soumis.

 

Par exemple ces escadrons de la mort qui sévissent à Slaviansk en ce moment. Combien sont-ils ? Combien de gens tuent-ils ?


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Tout le monde s'en fout parce qu'au même moment beaucoup plus de gens encore sont tués en Syrie et en Irak, parce que notre époque est écoeurée par tous ces massacres comme par la nullité de François Hollande et les magouilles de l'UMP, fatiguée par Monsato, par les banques, par le cynisme. D'accord. Mais restons un peu sur Slaviansk quand même. Poutine les a lâchés, comme tous ces petits chefs du tiers-monde condamnés à défendre un pré-carré avant d'aider les autres. "Sébastopol first". Et l'Occident se fout de ces pauvres diables "prorusses" comme ils disent desquels le soi-disant parlement de Kiev aujourd"hui prétend confisquer les terres.

 

Slaviansk relève toi. Ils sont devenus fous. Oui, j'ai plus de sympathie pour ces romantiques "bruts de pomme" comme disait une amie journaliste de la "République populaire de Donesk" que pour les néo-nazis de Kiev qui ont le vocabulaire de la "sélection naturelle" aux lèvres en permanence. Non je n'aime pas Porochenko et son double discours qui a cyniquement rompu le cessez-le-feu samedi sous les applaudissements d'Obama, ni cette Union européenne vermoulue qui joue ses hymnes comme des marches funèbres.

 

Toutes ces technostuctures nous enterrent vivants. Et dire que les "intermittents du spectacle" viennent réclamer le droit de chanter leur louange avecde jolis contrats à durée indéterminée dans la poche. Fantasme de bureaucratisation généralisée "pour que je puisse payer mon forfait Bouygues, mon forfait Free, et préparer ma retraite sans faire tâche dans les fichiers de ma banque et de la sécurité sociale". Bah voui. En voilà un bel idéal de vie.

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Un petit zeste de structuralisme quand même

8 Juillet 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Depuis l'adolescence j'ai toujours été du côté des philosophes et anthropologues qui refusent de surestimer le changement.

P1020711Bourdieu par exemple disait toujours que dans les années 60, alors que Touraine et les technocrates tenaient un discours de  la "modernisation", du changement perpétuel, lui, à l'écoute des structuralistes,  était plus sensible à ce qui dans les agencements des relations humaines ne changeait pas. Je suis comme lui. Je pense que l'humanité n'a pas vraiment enregistré de progrès moraux depuis Chrysippe de Soles ou Caton d'Utique, et l'idéologie du "développement personnel" dont sont porteurs par exemple les thérapeutes énergéticiens (mais aussi le système libéral dans son ensemble) m'horripile.

 

De même je ne surestime pas les progrès que les technologies apportent à nos vies. Par exemple Internet, les SMS, les portables : ils nous égarent dans toutes sortes de leurres et maintiennent nos cerveaux en attente. Ce faisant certes ils nous libèrent de l'ennui, du vide, mais aussi de toutes les distractions gratuites, saines et créatives que les cerveaux "d'avant" trouvaient pour meubler le vide : le dessin, la chanson, la lecture des livres, le jardinage. Ils nous ôtent aussi cette disponibilité oisive qui soustendait notre temps libre et nous rendait ouverts à tout et n'importe quoi. L'avantage de ces nouvelles technologies (sans même parler de leur coût écologique considérable, en termes de consommation électrique notamment) reste largement à démontrer.

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Les démagogues, les sociaux-dem', les terres d'Hadès

4 Juillet 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Il y avait à ma table hier un quadra juriste turc "libéral" (au sens américain du terme, c'est-à-dire "de gauche"), de ceux qui mangent du porc et boivent de l'alcool. "J'étais opposé aux kémalistes autrefois, disait-il, mais aujourd'hui comme beaucoup je suis obligé de dire 'Entre deux fascistes, je préfère celui qui boit du vin' ". Pour cette raison il aime mieux vivre à Antalya (où l'AKP n'est pas majoritaire) qu'à Istanbul. Favorable à l'autonomie des Kurdes, il a signé eu des problèmes un jour pour avoir signé une pétition en faveur d'une demande de pardon des autorités turques aux Arméniens.

 

"Le discours sur le complot que sort Sarkozy depuis sa garde à vue est le même que celui d'Erdogan, notait-il, encore qu'Erdogan fasse bien pire avec la Justice que Sarkozy". Tout ces démagogues me font peur. Je hais la France sarkozyste autant que cet aimable Turc déteste la Turquie erdoganiste...

 

sarko.jpgFace à cela, les sociaux-dem' sont toujours aussi inconsistants : François Hollande annonçant une Enième réforme des administrations, un Grand Paris qui coûtera plus cher que les intercommunalités en terme de masse salariale, une réforme des régions qui ne fera qu'éloigner le contrôle des citoyens sur elles, travail minutieux de dynamitage de la République encore et toujours. Emmanuel Valls va-t-il nous ressortir un timbre à l'effigie des Femen pour nous remonter le moral ? Celles-ci ont du plomb dans l'aile, après avoir foutu le feu au théâtre qui avait eu l'immense générosité de les héberger (un incendie accidentel... leur chef a dû laisser trainer une clope mal éteinte), puis squatté un local administratif insalubre à Clichy, menacé d'aller s'installer dans une église ou à l'Hotel de ville de Paris chez leur copine Anne Hildago (sic). Il n'y a plus que Brigitte Lahaie pour les accueillir sur RMC.

 

Pas plus enthousiasmante la gauche de la gauche, qui, quand elle sort de son entre-soi  bien pensant appelle à voter Juncker à la présidence de la commission européenne.

 

cerbyPour me changer les idées, je parcours cette nuit le papier que Babette Babich a posté sur Academia.edu à propos d'un texte de Nietzsche sur la mort d'Empédocle. Elle travaille ses marottes (comme tous les universitaires) autour de Lucien de Samosate et contre les transhumanistes. Elle note comme en passant l'importance des descentes aux Enfers en philosophie, chez Pythagore, chez Parménide etc. Et je lui donne raison ! Toutes les descentes aux Enfers comptent depuis celle d'Inanna chez les summériens. C'est un sujet à méditer sans cesse. Il n'y a pas de retour vers la lumière (d'anabase si l'on veut) sans une plongée profonde dans les ténèbres.

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Mauvaises nouvelles internationales

12 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

iraq.jpgFinis les rêves occidentaux de 2011 (qu'on savait bien chimériques) autour des "Printemps arabes". Après la réélection d'Assad en Syrie (88,7 % des voix), l'élection d'Al-Sissi en Egypte (96 % excusez du peu...), le coup d'Etat militaire en Libye, les gains de l'Emirat islamique d'Irak et du Levant en Syrie et en Irak (où on peut soupçonner Maliki d'avoir "laissé faire", on retiendra surtout l'échec complet de la strétagie américaine à Damas et à Bagdad qui a conduit à ce désastre).

 

En dehors du monde arabe, les chances d'émancipation des peuples sont aussi en berne en Thaïlande avec ce coup d'Etat militaire où les militaires promettent un bonheur, assez dérisoire, et au Nigeria qui est en train de se transformer en "failed State" (comme le serait à nouveau le Mali si la France s'en retirait). Le tout sur fond de durcissement des rapports américano-russes du fait du putsch ukrainien et sino-américains du fait du bras de fer entre Pékin et les alliés de Washington (Japon, Corée du Sud, Philippines etc) autour des îlots désertiques qui entourent l'Empire du Milieu...

 

Que ceux qui entrevoient des signes d'espoir dans les relations internationales en ce moment nous écrivent...

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Lucile, le monothéisme, les quanta, l'Algérie, les guerres et le FN

27 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le beau passage de Chateaubriand, qui parle de Lucile (dans les Mémoires d'Outre Tombe). Ce paragraphe qui se termine si magnifiquement par "désespoirs inexplicables". Le charme infini de l'inexplicable...

 

lucile

 

Sur un plan plus terre-à-terre je tombais juste avant dans la soirée sur un passage de Charlevoix en 1721 qui narre comment un chef  amérindien s'était persuadé de garder une statuette de la Vierge autour du cou parce que, l'ayant portée, il avait vu le fusil de son ennemi s'enrayer et s'était persuadé de ses vertus protectrices. Charlevoix regrette qu'il n'y ait point eu de missionnaire dans le village pour l'aider à se convertir... A-t-il raison ? Les néo-païens d'aujourd'hui (une amie me disait avoir appris ce midi l'expression "vortex énergétique", moi je l'ai lue pour la première fois hier) diraient que non, qu'il eût mieux valu que la Vierge demeurât chez ce peuple une divinité parmi d'autres. Le procès du monothéisme est très dur à instruire. Les rationalistes s'entendent pour y voir un progrès épistémique et moral. Les néo-païens s'en indignent. Souvenez-vous à ce propos du film "Agora" dont je vous ai parlé en janvier 2010 (il y a 4 ans) - au fait à propos d'Hypatie et Hipparchie, j'aurais bien des choses nouvelles à vous dire à propos du mari de cette dernière, une autre fois peut-être. Oui, les gains et inconvénients du monothéisme sont difficiles à évaluer, comme ceux du rationalisme.

 

A vrai dire, la question ne peut être traitée sérieusement qu'à  partir d'une étude dialectique du mécanisme et du miracle (le grain de sable dans le mécanisme). Deepak Chopra qui était au Grand Rex à Paris il y a huit jours est sans doute un de ceux qui donnent les meilleures clés pour penser cela, à partir d'une conception de la mécanique quantique dont je n'ai pas les moyens intellectuels pour ma part d'évaluer la pertinence, mais qui n'est sans doute pas à négliger. J'espère en tout cas que les admirateurs néo-païens ou énergéticiens des "Esprits ascensionnés" pensent à y inclure Mouhammad/Mahomet. Le font-ils ? Si oui quel statut lui accordent-ils ? Questions un peu gratuites de vaine érudition comme si j'évoquais par désoeuvrement l'orphisme ou les mytsères d'Eleusis. Questions politiques quand même, car je soupçonne les néo-païens de ne pas savoir quoi faire de l'Islam, qui reste le seul monothéisme "offensif", celui qui détruit les restes du soufisme et de l'animisme (c'est-à-dire du paganisme), au Maghreb, dans le Sahel, dans le Caucase, en Indonésie...

 

A part cela le journal de Paul Claudel sur Amazon est trop cher. Dommage (chers lecteurs de mon blog vous avez quand même le droit de me l'offrir en me l'envoyant par la Poste, j'en serais très touché !). Oui, je sais, je m'attarde trop sur les journaux et la correspondance des auteurs, plus que sur leur oeuvre. C'est l'imaginaire appliqué au réel qui m'intéresse le plus. Preuve que je reste malgré tout, avant toute chose, un politique, ou un soldat, comme vous voudrez...

 

Mon article sur le non alignement menacé en Algérie est "liké" par plus de 70 personnes sur Facebook, mais bizarrement pas dans le réseau de l'Atlas alternatif. Très peu repris sur Twitter en revanche. La sociologie des réseaux sociaux demeure à mes yeux impénétrable. Depuis que j'ai été responsable des relations internationales en Seine-Saint-Denis, et malgré mon changement de fonctions, je ne croise sur ma route que des gens qui ont eu un rapport familial ou personnel fort à l'Algérie avec lequel pourtant je n'avais pour ma part aucune relation (je n'ai d'ailleurs jamais visité ce pays). C'est étrange. L'appel du souvenir des drames de cette contrée parle-t-il en moi ?

 

La semaine dernière je parlais avec un jeune Kurde. "Vous êtes kurde de quel pays ?" lui demandai-je. "De Syrie" me répondit-il. Et il enchaîna en me décrivant la détresse du village de sa famille et les difficultés de son frère à Alep. "Le plus étrange est qu'ils s'habituent à la guerre" observa-t-il, "pour vivre sans eau, sans électricité". "Je me souviens, lui dis-je, d'un ami serbe qui en avril 1999 sous les bombes m'écrivait qu'il avait appris dix manières de faire du feu sans électricité puisqu'elle était coupée". Je parlais spontanément à cet homme le même langage que lui. L'appel de la guerre en moi résonnait, une fois de plus. "La guerre c'est extraordinaire" disait le carabinier dans le film de Godard - sans référence à Héraclite.

 

Bon, puisque nous parlions de la Seine-Saint-Denis, juste une dernière remarque anthropologique - un élu municipal de Tremblay-en-France m'écrit ceci : notre commune est parmi celles de gauche du département qui ont le plus voté pour le Front national. Sachant que son maire communiste François Asensi y a remporté une victoire très confortable dès le premier tour aux élections municipales de mars, j'en déduis que beaucoup d'électeurs là-bas peuvent se sentir à la fois asensistes et lepennistes, alors même qu'en théorie ces tendances s'opposent radicalement. Je ne suis pas sûr qu'un travail de pédagogie suffise à "ramener ces tremblaysiens dans le droit chemin".

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Sombres alliés

11 Mai 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Les Occidentaux ont toujours aimé les nazis quand ils les aidaient à tenir en respect les Russes. On le voit en Ukraine aujourd'hui. Quelque part dans son journal de 1969 Paul Morand rappelle que l'ingénieur nazi qui a inventé les V3 pendant la seconde guerre mondiale a reçu les félicitations... de l'ancien président du tribunal de Nüremberg qui l'avait condamné ! Cet ingénieur a joué un rôle actif dans le programme spatial de la NASA (la bien nommée) qui lui doit d'avoir réussi à surclasser les Soviétiques dans la conquête des étoiles.

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Le Québec passe aux libéraux

8 Avril 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je n'ai jamais aimé l'expression, souvent entendue à la TV française, "nos amis québécois" ou même "nos cousins québécois". Je lui ai toujours trouvé une connotation paternaliste. Je n'aimerais pas qu'on dise "nos amis béarnais" par exemple. Mais peut-être est-ce mon côté parano. En tout cas je saisis l'occasion des élections générales d'hier pour dire un mot au sujet du Canada francophone.

 

Vendredi dernier Le Devoir parlait d'un troisième siège de député (tous les 3 sont sur l'île de Montréal) à la portée de  Québec Solidaire (QS), mouvement altermondialiste indépendantiste, qui connaît une croissance importante dans les intentions de vote au niveau de l'ensemble de la province (13 % d'intentions de vote, selon le dernier sondage de CTV-Ipsos), les solidaires récolteraient treize pour cent des suffrages aux prochaines élections. La circonscription montréalaise de Sainte Marie Saint Jacques pouvait revenir à sa candidate Manon Massé. Finalement le pari de Manon Massé a été gagné  mais le parti plafonnerait au niveau de l'ensemble de la province à 7,5 %.

 

Les libéraux avec 41,5 %  des voix ont gagné (au grand dam des Femen locales semble-t-il) face au centre-gauche souverainiste (Parti québécois - PQ- de Pauline Marois qui perd même son siège), 25,4 %. Coalition avenir Québec (centre-droit) fait aussi un bon score. Taschereau (à l'Ouest du Québec), où nous avons un lecteur fidèle, reste aux mains d'une députée du PQ, Agnès Maltais.

 

 

 

 

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Le léninisme de Périclès, Bernadotte, la Corée du Nord, Piccinin et les hommes de terrain

17 Décembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je suis enclin à la méditation ce soir. Et je médite avec une économie de moyens : pas besoin de mille livres. J'aime à méditer sur les grandes expériences de l'histoire à partir des grands auteurs. J'ai Plutarque et Chateaubriand en éternels livres de chevet, je "colle" à eux, pas besoin de perdre mon temps avec des écrivaillons mineurs ou des profs de notre époque.

 

pericles.jpgArte nous assomme avec un documentaire sans intérêt sur les techniques de restauration du Parthénon. Je me souviens vaguement des pages de Plutarque sur la décision politique de construire les temples de l'Acropole avec l'argent volé aux alliés grecs. Je me replonge dans ce chapitre. Je ne suis pas déçu. Je redécouvre un Périclès en "monarque démocrate" digne de Lénine ou de Fidel Castro. Il assume la révolution égalitariste, mais comme dit Plutarque il lui donne un tour royal. Et cette construction du Parthénon, de l'Odéon et des autres monuments fait partie du génie politique de son entreprise : avec ces projets il donne non seulement à la Cité les moyens spirituels de se projeter dans un idéal de beauté éternelle, mais en plus il lui donne les moyens matériels d'une survie : car c'est une cohorte de petits artisans et d'ouvriers de ces artisans (et le mot cohorte est choisi à dessein car c'est une organisation militaire qui se met en place) qui vont être payés sur fonds publics ("comme les marins" note Plutarque) pendant trente ans et seront ainsi de fidèles adorateurs du parti démocratique de Périclès contre le parti des aristocrates. Ils ont l'argent, et en même temps les moyens d'exercer un art, de communier au Beau éternel. On ne pouvait imaginer mieux pour rendre une Cité heureuse.

 

Napoléon, lui, faisait communier ses grognards (le petit peuple aussi comme Périclès) à autre chose, la conquête. Chateaubriand sur la période de 1812-1813 n'hésite pas à comparer Napoléon (son idole/repoussoir favori), flanqué de toutes sortes de princes-clients de la confédération rhénane à Attila et ses princes obligés. Génie des relations internationales Chateaubriand détaille les divers plans de Bonaparte pour diviser la Russie en alliance avec les Turcs, diviser la Turquie en alliance avec les Russes etc. Cette époque fiche le tournis comme elle le donna à ses contemporains. Et enfin je tombe sur ces six paragraphes, compacts (p. 456), qui expliquent pourquoi le Suède de Bernadotte, tout comme Constantinople, au final n'a pas voulu attaquer la Russie (ce qui aurait permis à Napoléon de gagner son pari de conquérir toute l'Eurasie).

 

PAU.jpgBernadotte... Je connais vaguement un journaliste béarnais, Jean-François Bège, qui s'est passionné pour ce général né à Pau (je suis repassé en octobre devant la maison de Bernadotte, le drapeau de la Suède ne flotte plus dessus, c'est dommage), et passe son temps a chanter sur Facebook son éloge (sous les applaudissement d'un prince de la famille royale à Stockholm - le veinard, moi la famille du sultan de Sulu ne m'applaudit pas ! rions un peu) tout en flétrissant Napoléon.

 

Les gens intelligents aiment les vies parallèles. Bourdieu mettait en parallèle Marx et Bakhounine, Voltaire faisait de même avec Descartes et Newton (voir mon billet récent), Plutarque fait ça dans toute son oeuvre. Chateaubriand en trois mots, dans le tourbillon d'idées habituel qui caractérise son fonctionnement mental, met en parallèle le général Bernadotte et le général Moreau. Tous deux humiliés par Bonaparte, l'un exilé à Stockholm, l'autre aux Etats-Unis, et l'un et l'autre ayant contribué finalement à la chute du despote (chute si magnifiquement décrite ensuite par Chateaubriand, avec tous les détails sur la trahison du Sénat, l'occupation de Paris, la traversée humiliante d'une France dégoutée par le bonapartisme - avant de se réconcilier plusieurs fois avec lui dans les décennies qui suivirent). Ah mes amis il y aurait tant à dire sur tout cela et j'ai si peu de temps ! Cela me donne envie de mieux connaître mon compatriote béarnais Bernadotte qui n'a pas l'air d'avoir été la moitié d'un imbécile : je suis enclin à apprécier les gens que Chateaubriand estime, j'ai confiance en son jugement sur les hommes, même si je désapprouve son orientation politique (ah au fait j'ai oublié de vous parler de la sortie de Mélenchon contre la petite vérole attribuée à Robespierre - moi aussi je doutais que Robespierre pût avoir cette maladie, mais je n'ai pas le temps de développer, refermons la parenthèse). Donc, oui, disais-je, connaître mieux Bernadotte, et Moreau, mais pas à travers les historiens de notre siècle si possible, ni à travers les académismes des XIXe et XXe siècles...

 

Encore une phrase de Chateaubriand qui me frappe : "ce serait de la politique sur une vaste échelle, si le monde n'était aujourd'hui rapetissé au moral comme au physique par la communication des idées et des chemins de fer". Cela fait penser à notre "globalisation" vous ne trouvez pas ? Oui notre monde est rapetissé "au moral comme au physique". Il suffit de revoir les reportages débiles d'Arte sur les blocs du Parthénon pour s'en convaincre.

 

kim-jong-ilAlors chers amis lecteurs, de quoi parlerons nous encore ? Du "neveu flingueur" à Pyongyang qui tue son "cardinal de Richelieu" d'oncle (comme l'écrivit un journaliste américain ou asiatique je ne me souviens plus, hier) ? La veuve au comité de funérailles, le cousin qui faisait Sciences Po au Havre dans une fuite mystérieuse. C'est beau et romanesque comme les intrigues de Topkapi à la belle époque de l'Empire ottoman, vous ne trouvez pas ? Plus beau que les intrigues des Américains pour faire éclater le Congo (RDC) ou pour faire monter les néo-nazis en Ukraine, je trouve...

 

Et moi au milieu de tout cela je reçois le livre du belge Piccinin sur la Tunisie. Il m'a proposé d'en faire une recension pour Parutions.com, je la ferai. J'aime les grands intellectuels, et les hommes de terrain, rien entre les deux. Les petits écrivaillons égotistes, les chefs de factions et de groupuscules stupides m'indiffèrent. Mais puisque de grands philosophes et grands écrivains on ne trouve guère sur notre planète en ce moment, je lis les hommes qui mouillent leur chemise, exposent leur poitrine aux balles et leur cerveau à la connaissance directe du monde tel qu'il est : les Piccinin, les Labévière, les Samuel Laurent. Je veux les lire, les entendre, parler de leur boulot, même quand je ne suis pas d'accord avec eux. Pas les petits cons enfermés entre quatre murs devant leur ordinateur.

 

En parlant de vie parallèles, je pourrais vous initier au jeu des déclarations parallèles entre celle de Delapierre (du PG) et celle de Chassaigne (du PCF) sur l'intervention française en Centrafrique. L'une qui approuve, l'autre qui condamne. Vous comprendriez que l'héritage trotskard (du PG) vaut moins que l'héritage stalinien (du PCF), mais la démonstration serait un peu trop longue à faire et il est bien tard. Dommage...

 

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Paysans otages

24 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

"En Colombie, la vente de semences issues de la sélection paysanne est déclarée illégale depuis 2011 : les accords de libre-échange avec les Etats-Unis obligent désormais les paysans à semer uniquement des semences certifiées deux à trois plus chères que les semences de ferme. Près de 3000 tonnes de semences ont été détruites ou confisquées en 2012 par le gouvernement colombien pour satisfaire cette réglementation qui protège les droits de propriété intellectuelle des multinationales semencières et étrangle les petits paysans. Cette dérive législative n'est pas inconnue des sénateurs français qui ont pourtant voté à l'unanimité le renforcement de la loi sur la contrefaçon....Avec le vote au Sénat français en faveur d'un accord international sur les brevets unitaire, dès le lendemain de celui sur la contrefaçon, les inquiétudes du sénateur Le Cam se justifient un peu plus : les exploitants contaminés par des gènes brevetés de plantes ou d'animaux seraient désormais, là encore, assimilés à des contrefacteurs ! " (TV5.org)

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Zorro défiguré

31 Octobre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

zorro.jpgJe suis allé voir avec mon fiston un spectacle pour enfants un peu débile au Théâtre des variétés à Paris : Zorro. Que le spectacle sur veuille "actualisé", féministe, dans l'air du temps etc. Pourquoi pas ? Mais qu'il prenne de l'air du temps ses aspects les plus faciles, les plus vulgaires : les clins d'oeil aux grandes séries américaines (et aux grands produits de consommation), un petit libertarisme de bas étage qui ridiculise tout ce qui peut marquer les hiérarchies sociales (le baise-main, le salut militaire etc), et tout ce qui peut élever un peu le coeur et l'esprit (l'esprit de sacrifice de Don Diego de la Vega par exemple) je n'en vois pas trop l'intérêt.

 

La série des années 50 avait un versant libertaire (car la culture américaine a toujours joué sur cette corde pour se diffuser), mais elle ne bradait pas son esprit de rebellion. Elle ne caricaturait pas la société hiérarchique dont Zorro vengeait les injustice, et elle plaçait l'idéal de rébellion au service d'une éthique de la révolte exigeante, pas d'une petit esprit de jouissance consumériste au fond profondément essoufflé.

 

En rentrant chez moi je retournais dans ma tête cet essoufflement de notre société. Les gens n'osent plus avoir une pensée plus haute que l'autre, un mot plus haut que l'autre, un désir ou une colère plus hauts que les autres. Le règne de la fadeur partout (sauf quand les gens se font sauter dans des centres commerciaux, à défaut d'audace dans les mots certains ne savent plus en avoir que dans les gestes). Il semble que tout un chacun se sente si humilié par le système économique et social dans lequel il/elle vit, si rabaissé(e) par lui, qu'il/elle ne voit plus l'intérêt de cultiver une passion personnelle digne de ce nom, un objectif un peu ambitieux. L'idée même d'ambition est devenue risible, dans la soumission comme dans la rébellion. Pour tous il faut seulement vivoter.

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