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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

Walk like an Egyptian

4 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

J'aime bien les Egyptiens. La façon dont ils faisaient fuir les colonnes de CRS (ou de leurs équivalents cairotes) en 2011 m'avait impressionné. Leur manière de faire sortir le président Morsi de son palais aujourd'hui n'est pas mauvaise du tout non plus. Voilà un peuple qui sait bouger. Bon, je les apprécie moins quand ils déshabillent les journalistes occidentales sur la place Tahir pour leur glisser un digitus obscenus - d'ailleurs ce soir les reporters femmes de LCP et de France 3 parlaient prudemment de la terrasse de leurs hôtels avec vue sur la ville. J'avoue ne pas avoir lu très en détail le projet de constitution de M. Morsi. Il n'avait pas l'air en soi très scandaleux d'après les résumés des agences. La référence à la charia existait déjà sous Moubarak (comme sous Saddam Hussein dpuis 1992 et sous Kadhafi on a tendance à l'oublier) et Morsi avait introduit des mesures intéressantes dans son texte comme le non renouvellement du mandat présidentiel (mais on sait ce que M. Poutine en a fait, passons...). Mais la manière dont il le fait passer (en quelques jours, avec un pistolet sur la tempe de la cour suprême, et une assemblée constituante vidée de ses opposants) ne convenait pas à un président élu dans des conditions comparables à celles dont a bénéficié M. Copé à l'UMP (et avec la même marge en pourcentage).

 

Vu les effectifs de la manifestation pro-Frères musulmans avant hier on peut supposer que la mobilisation d'aujourd'hui suscitera une réaction de ce parti. J'espère qu'ils ne prendront pas le chemin de la guerre civile. En tout cas aujourd'hui le geste égyptien était beau. Plaudite cive.

 

Aristippus01Moins belles sont les menaces d'intervention militaire en Syrie dans les médias ce soir. De quoi s'agit-il ? D'un coup de bluff ? pourquoi , comment ? Je croyais que l'OTAN n'avait pas les moyens militaires d'une intervention là-bas. Quels sont les tenants et aboutissants de cette affaire ? Mystère. Pour tout éclairage nos médias si indépendants nous font un cours sur le gaz sarin. Je ne sais pas du tout si la Syrie en a ou pas, et si M. Assad a décidé d'en utiliser - s'il l'entreprend je doute quand même qu'il le fasse dans les zones urbaines n'ayant pas d'intérêt à s'en prendre ainsi à des civils (ce que font nécessairement les armes chimiques en ville) alors qu'il a lancé un processus de refonte politique de son régime. Cela me paraît aussi idiot que l'idée selon laquelle il pourrait attaquer la Turquie. Oui, cela sent le bluff. Mais dans quel but ? Pour faire pression sur le Russes ? Mystère.

 

Mystère aussi cette nouvelle d'un rachat possible de Pétroplus en Seine-Maritime... par les Iraniens. Les Iraniens, dans le pré carré de Laurent Fabius qui est élu du coin ! On aurait tout vu. Je suppose que notre ministre des affaires étrangères préfèrerait couler cent fois sa raffinerie que de se fâcher avec les Américains (allergiques à tous ceux qui commercent avec Téhéran en moment). Tout ce qui touche au Proche-Orient est décidément  bien sybillin...

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Altius

3 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

vall-e-d-ossau.jpgIl n'y a plus que deux pays montagneux pour s'intéresser à mes travaux : l'Abkhazie, dont le principal journal publiera prochainement une interview de votre serviteur (bien sûr je la posterai sur ce blog), et la Suisse dont un grand média national me posera bientôt quelques questions en anthropologie du corps (pour la troisième fois en 10 mois, pas le même média à chaque fois). Je suis content de travailler avec des Helvètes après avoir, pendant un temps, très proche des Belges (il y en avait beaucoup parmi les contributeurs de l'Atlas alternatif souvenez vous). Il y a un jeu de miroir toujour intéressant entre la France et ces petites communautés francophones non hexagonales. Nous les pensons sous la catégorie de l'identique (par pur impérialisme), mais en vérité leur histoire a façonné chez elles des sensibilités très différentes de celles de notre pays. La Suisse est un pays qui a connu une histoire folle, et souvent tragique. Son émancipation des Habsbourg, son incroyable révolution calviniste, sa survie grâce au mercenariat, et encore son rôle de hâvre de raison dans la folie de la première guerre mondiale.

 

Il y a quelque chose d'à la fois très confortable et de très dur dans le fait d'être suisse, c'est du moins ce que je pressens au vu de ce que j'entrevois de ce pays, et de la dialectique de son rapport à la mondialisation.. J'aurai bien sûr tout cela à l'esprit lors de mon interview.

 

Mais laissons cela. J'ai oublié de saluer cette semaine la reconnaissance de la Palestine par l'ONU qui, bien sûr, m'a fait plaisir. Quand je pense qu'il a fallu que M. Fabius fasse pression sur M. Hollande pour que celui-ci l'accepte alors même que cela figurait dans ses promesses électorale et que M. Sarkozy était déjà allé dans ce sens au moment du vote sur l'entrée à l'UNESCO ! Ce président ne m'inpire décidément aucun sentiment positif. Et que dire du Royaume Uni qui voulait subordonner son vote à un engagement de M. Abbas de ne jamais poursuivre Israël en justice pour crime de guerre !

welcme.jpg

Une pensée pour ceux qui vont endurer de nouvelles colonisations en Cisjordanie. Et une pour Gaza. Pour nous aider : ce bel article de Caroline Bourgeret ici. J'aime les gens qui sont dans le réel. Le réel hors norme. Celui qu'on ne veut pas voir.

 

Bon, et puis un peu de détente. On rend hommage à Georges-Guy Lamotte, dont je vous ai déjà parlé là, et puis, juste en dessous, on se promène aux Halles de Pau. Voilà. Et au passage j'ai aussi une petite pensée pour le type qui aujourd'hui, dans la capitale du Béarn, s'est jeté par dessus le parapet du boulevard des Pyrénées. C'est une sorte de Promenade des anglais au dessus d'une palmeraie. Cet homme l'a choisie comme espace de son suicide. Le message a une certaine valeur.

 

Oh zut ! je découvre soudain que j'ai oublié de vous parler du lien que je fais entre l'Abkhazie et le bouquin de Gaudillières et Davoine "Histoire et trauma" que je relisais hier. Un livre qui enfonce un peu des portes ouvertes (ou du moins qui traite de sujets évidents à mes yeux) mais qui a le mérite de le faire en citant l'Iliade (à juste titre : on ne peut parler de la guerre sans évoquer l'Iliade, ni évoquer la métaphysique masculine sans citer l'Odyssée). Tant pis. Je laisse tout cela de côté. Place aux vidéos.

 

 

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Frédéric Taddeï et Françoise Hardy

2 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

J'écoutais tout à l'heure une interview de Françoise Hardy par Frédéric Taddeï. Je ne suis pas fan de ce que fait ce journaliste dans le domaine politique (son émission sur la désobéissance civile récemment sur France 3 tombait à plat tant par le choix des invités que des questions posées), mais j'admire les esprits généralistes (je hais les spécialisations), lorsqu'ils sont capables à la fois d'étendre leur savoir hors des limites ordinaires et de l'approfondir, ce que sait faire Taddeï, qui a beaucoup de curiosité dans de nombreux domaines et une façon de s'imprégner du domaine de la création que peu de journalistes ont. Il a su faire des choix intelligents, comme celui de cette émission parfaitement démago "Ce soir ou jamais" qui mélange chanteurs et politiciens, extrémistes et apparatchiks du Système en mettant tout sur le même plan. Il a senti de quoi notre époque avait besoin, un peu comme Bernard Pivot et Jacques Chancel aux époques précédentes, et, de ce fait, en est devenu un acteur incontournable, peut-être même une cristallisation.

 

tvoldIl le fait avec un sens de la légèreté, une petite désinvolture apparente, tout en connaissant bien non seulement le "dossier" de l'invité qu'il accueille, ce qui en soi représente un volumineux boulot en amont, mais assez de domaines, dans leur généralité et dans le détail, pour faire des recoupements. De sorte que, par exemple avec François Hardy, il parvenait exactement à rebondir où il fallait, et, à chaque fois, dans la bonne direction, pour rester toujours au plus près de ce qui intéresse l'artiste qu'il avait en face de lui, et de ce qui compte vraiment pour saisir son itinéraire et le milieu où elle évoluait... Ce sont des talents qui sont donnés à bien peu de gens.

 

Bon voilà. A part ça je termine l'année avec deux manuscrits vraiment importants pour moi à tenter de placer chez des éditeurs d'envergure, et un troisième que je compte finir d'écrire dans trois ou quatre semaines qui concerne les cultures populaires (je n'en dis pas plus). Bides ou best-sellers potentiels l'avenir le dira. Je préfèrerais la seconde hypothèse, non pour le fric, mais pour rencontrer un peu de monde, changer un peu de l'horizon monotole actuel. J'en ai marre de publier des bouquins qui se vendent à 50 exemplaires dont 10 pour des bibliothèques universitaires et sur lesquels je n'ai absolument aucun retour de personne.

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Actu en vrac : Femen, Gaza, Goma, libéralisme

20 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Barack Obama, #Proche-Orient

Avant hier les féministes radicales FEMEN s'en prennent à des chrétiens intégristes qui manifestent contre le mariage homosexuel. Elles se font malmener par le service d'ordre... Les médias ne s'attardent pas sur le fait qu'elles ont été les premières à ne pas respecter la liberté de manifester en organisant cette contre-manif. Ni sur certains paradoxes comme le fait qu'elles se sont entraînées à des techniques de ju jitsu pour échapper aux policiers... Et voilà qu'hier elles regrettaient qu'il n'y ait point eu plus d'effectifs de police pour les protéger. Ou qu'elles étaient censées à trouver à Paris un hâvre de civilisation par rapport à la "brutalité"  de leur berceau ukrainien...
 
Elles vont sans doute intégrer à leur training des techniques de résistance aux services d'ordre des manifestations hostiles aux leurs. Quand même quand on voit ce qui leur est arrivé dans les beaux quartiers, sous la férule de bons bourgeois éduqués aux règles de la courtoisie comme elles l'ont souligné elles-mêmes, on n'ose imaginer ce qu'elles endureront quand elles passeront le périphérique (puisqu'elles se sont promis d'agir en banlieue).
 
On a beau dire mais polariser les conflits sur des enjeux sociétaux n'est pas moins source de guerre civile que de soulever la question sociale (ces grands sujets comme la désindustrialisation, l'euro surévalué qu'on oublie pendant qu'on parle des droits des minorités sexuelles). Et c'est une source infinie de paradoxes : à trop vouloir remettre en cause les repères anthropologiques (la bipolarité homme-femme) avec des méthodes ambiguës comme la nudité "agressive" des FEMEN, ou leur "terrorisme non violent" comme elles disent (un oxymore qui en dit long sur la volonté de brouiller les pistes) on finit par se demander s'ils ne seraient pas macho (du point de vue des FEMEN) de dénoncer la violence masculine dont elles ont fait l'objet, puisqu'aussi bien elles-mêmes prétendent que la féminité doit inspirer la terreur. Bref tout cela devient confus à souhait.
 
Alors quoi, allons nous porter notre regard sur des situations moins confuses comme la situation de l'UMP ? (non je plaisante bien sûr).
 
iraq.jpgParlons plutôt de Gaza. Deux discours inconciliables. Israël : "Soyez gentils, arrêtez  de nous balancer des missiles, baissez la tête, ayez la décence de vous terrer quand nous vous envoyons des bombes en représailles, ne laissez pas vos enfants dans les écoles car nous savons que vous y cachez des terroristes, et nous n'arrêterons pas de bombarder les écoles si des terroristes y sont". Réponse logique des Gaziotes (mot consacré par le dictionnaire que je préfère à Gazaoui) : "Nous ne nous enterrerons pas".
 
Le problème : la presse qui ne parle pas du problème de fond du blocage du processus de paix par Israël depuis quinze ans, et qui par contre parle trop peut être des enfants morts : on ne fait pas réfléchir avec des photos de cadavres. Je ne sais pas trop si Israël se livre à des frappes "chirurgicales" ou même relativement chirurgicales comme il l'affirme. Elles ont l'air quand même ciblées sinon il y aurait plus de morts. Hier un représentant israéelien sur France 24 lançait même une pique à l'Alliance atlantique : "Nous ciblons plus nos frappes que l'OTAN : au Kosovo ils tiraient sur les hôpitaux, pas nous". Vrai, faux, je ne sais pas. Vijay Prashad dont je lis toujours les témoignages sans toutefois y adhérer ce systématiquement soulignait ce matin qu'un immeuble de journal ou de TV avait été pris pour cible et que c'était là un crime de guerre. Il est vrai que l'attaque des journalistes a été banalisée depuis que les USA ont bombardé la TV serbe en 1999 avec les félicitations du dessinateur Plantu. Même le plastiquage d'un batiment de TV en Syrie au printemps par les "rebelles" ("rebelles" assez imprudemment reconnus comme gouvernement légitime par M. Hollande cette semaine), n'a suscité nulle émotion. Le ministère de la défense a rappelé qu'il y a du ciblage "comme en 2008". Mais en 2008 ils avaient aussi bombardé le zoo de Gaza (comme dans le film "Underground"). Béatrice Guelpa en avait témoigné. Se peut-il qu'une fois sur deux l'armée cible, et une fois sur deux elle perde ses nerfs (ce que sous-entend le terme de "bavure") ?
 
Les pro-palestiniens disent que Morsi et Ahmadinejad ont lancé un appel commun contre Israël. La nouvelle me semble suspecte. Elle provient de la TV iranienne. Morsi ferait-il vraiment cela alors qu'il espère négocier une trève ?
 
Je crois plus en tout cas en la capacité de négocier de M. Morsi qu'en celle de M. Fabius qui s'est rendu à Tel Aviv officiellement pour aider à obtenir le cessez-le-feu, mais cela sent trop l'opération de propagande médiatique à l'attention de l'électorat socialiste en banlieue.
 
Vijay  Prashad, toujours lui, dénoncé dans Couterpunch aujourd'hui le double feu vert accordé par Obama : Israël à Gaza, et au Rwanda à Goma. J'ai souvent moi-même dénoncé l'impunité du Rwanda au Congo, et nous l'avons fait dans l'Atlas alternatif, mais il faut quand même être un peu prudent : qui peut assurer avec certitude que la M23 agit sur ordre de Kagamé ? Et pourquoi le Rwanda aurait-il intérêt a entretenir indéfiniment cette guerre au Nord-Kivu ? N'y a-t-il pas plutôt dans cette région un processus auto-entretenu de guerre civile avec des milices largement incontrôlées ? Je pense qu'il faut être rigoureux sur les éléments de preuve. Mettre le Rwanda à toutes les sauces quand on parle du Congo devient aussi contreproductif que d'accuser sans peser ses mots Israël de vouloir commettre un "génocide" des Palestiniens. Ces accusations non étayées sont à proscrire.
 
A part cela, côté réflexion sur les idées politiques, je vous signale un billet sur un blog anti-européiste de gauche qui oppose le néo-libéralisme au libéralisme économique traditionnel. Je ne suis pas du tout d'accord avec cela, mais je vous laisse y réfléchir par vous même en le lisant.
 
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Opinions

15 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le fait que l'on ne me demande rien devrait être une raison suffisante pour que je ne dise rien. Et cependant si je devais attendre qu'on me demande quoi que ce soit avant de publier un livre par exemple, je ne publierais jamais rien. Or on ne peut nier que beaucoup de gens trouvent mes publications utiles.

 

Donc pour les quelques personnes qui de temps à autre tapent "delorca" sur Google ou ont mon blog dans leurs favoris et jettent un coup d'oeil à mes textes en se disant "où en est Delorca de ses réflexions ?", voici quelques une de mes réflexions sur les grands sujets du moment, au hasard des mots clés qui me viennent à l'esprit. Bien sûr ce ne sont que des opinions, de la doxa. Faites en ce que vous voulez.

 

Chine : Une nouvelle équipe prend en main le PC chinois. Je m'amuse du décalage entre l'imagerie très sérieuse (en costume sombre) de ce PC et ce que les médias occidentaux voudraient voir. Décalage aussi, sans doute, avec certains aspects "branchés" de la société chinoise (mais qui n'est pas TOUTE la société chinoise). J'ai dit un mot à ce sujet en janvier dernier (cf ici), mon avis n'a pas changé. Je reste favorable à une politique d'échange constructif avec la Chine. C'est un pays au potentiel formidable, mais aussi exposé à de très nombreux risques (crise morale, pénurie d'eau, crise des matières premières etc).

 

Déficits publics : J'attends toujours que l'on m'explique pourquoi avec un PIB bien plus élevé qu'en 1981, un Etat qui a réduit ses effectifs, et des services publics qui marchent moins bien, nous avons 15 points de prélèvements obligatoires en plus. Je veux bien croire que quelques cadeaux faits aux employeurs (10 % du PIB), les abus de certaines corporations (les médecins qui creusent le déficit de la sécurité sociale, les élus locaux qui développent à l'excès leurs administrations) contribuent aux gaspillages. Il y a aussi sans doute beaucoup de professions à observer de plus près (comme le secteur de la grande distribution), et des dépenses à remettre sur la table du débat public (comme celles liées à notre appartenance à l'OTAN). Mais peut-être faut-il aussi remettre à plat beaucoup d'aspects du fonctionnement de l'Etat (par exemple est-on sûr que l'informatisation n'est pas une source de dépenses supplémentaires ? est-on sûr que l'on encourage chez les citoyens un rapport à l'Etat qui soit de nature à en diminuer les dépenses - je pense à cette culture de "consommation des institutions" qu'on voit à l'oeuvre un peu partout). La question de la dette dérive largement de ces problématiques-là.

 

Gaz de schiste : Peut-être est-il trop tôt pour en envisager l'exploitation, puisqu'il semble que l'on n'en maîtrise pas bien les effets dérivés. Faut-il pour autant "vouloir savoir" et propecter pour avoir une cartographie des réserves estimées comme le souhaitait M. Allègre ? Dans un monde libéral où savoir qu'une ressource existe crée des pressions dans le sens de l'exploitation, vu la faiblesse de nos Etats qui ne résistent à aucun lobby, mieux vaut sans doute rester prudent et ne pas trop vouloir connaître nos réserves. M. Rocard n'est pas une homme qui fait autorité à mes yeux. Mais il est clair que si dans 10 ans les techniques sont mieux maîtrisées, et s'il se confirme que nous sommes le "Qatar du gaz de schiste" alors il faudra s'il intéresser de près... et nous n'aurons peut-être plus de problèmes pour payer notre sécurité sociale ou faire face à la dette publique ! (question : aurons nous la sagesse de faire avec le gaz de schiste ce que la Norvège fit avec le pétrole ? Pas sûr... Notamment à cause de l'Union européenne.

 

Qatar : Je souhaite que la France se désengage de son alliance avec le Qatar et même propose un redécoupage du Golfe persique éliminant ces micro-Etats. Mais c'est comme la sortie de la France de l'OTAN ou de l'Union européenne, cela doit se penser dans le cadre d'une stratégie vaste.

 

Ecologie : Je soutiens l'idée d'une réforme globale de la société pour diminuer son consumérisme et l'adapter aux ressources limitées de la planète. Cela suppose un renforcement de l'Etat, et un encadrement ferme du capitalisme. Les Verts ne sont pas à la hauteur de cet enjeu politique. Mamer, Duflot, Gatignon etc le montrent chaque jour.

 

Syrie : Je continue de penser que la France doit rester neutre dans le conflit qui oppose la dictature baasiste (dont l'existence n'est plus adaptée à notre époque, et les islamistes soutenus par la Turquie et les monarchies du Golfe. Il serait souhaitable, comme en Serbie en 1999, qu'une troisième force apparaisse, mais je ne crois pas que les quelques blogueurs et jeunes citadins démocrates que compte encore ce pays puissent offrir une option crédible pour l'heure. Il faut que les Etatst-Unis cessent d'encourager l'opposition armée sur la voie de l'intransigeance. Une solution à la zimbabwéenne serait sans doute un pis-aller, même si elle aurait l'inconvénient de maintenir en place l'appareil du Baas, ce qui n'est certes pas très satisfaisant intellectuellement pour le démocrate que je suis, mais on ne voit pas d'option alternative sérieuse à court terme.

 

Libye : Je n'ai aucune opinion sur la Libye. C'est le fruit de l'absence d'information là dessus. Quel est le poids de l'Etat libyen au dessus des milices, et de créer un semblant de démocratie dans ce pays ? Je l'ignore. J'espère juste que la passion anti-kadhafiste (à certains égards légitime, je pense aux victimes des crimes de guerre kadhafistes à Misrata) des nouvelles autorités, qui les a conduit a emprisonner massivement et sans procès une partie importante de la société libyenne, parvienne à se concilier avec un sens du consensus national et du respect des droits de la défense.

 

Islamophobie : Tout un chacun a le droit d'aimer ou détester l'Islam, le judaïsme, le christianisme, le bouddhisme etc. Il est cependant légitime que si un dixième de la société française est de culture musulmane cela se ressente dans les insititutions, la culture officielle de notre pays : que cet apport soit intégré. D'autant que l'entelacement de la culture française et de l'Islam remonte à plus d'un siècle désormais, et que l'Islam comme institution (pas seulement les individus qui s'en réclamaient) s'est montré loyal à la République française dans les circonstances les plus dures, notamment la guerre de 1914-18 . L'ouverture à la sensibilité musulmane suppose aussi un traitement plus impartial des conflits du Proche-Orient.

 

Eglise catholique : Je suis en désaccord avec les appels lancés à l'Eglise catholique à se réformer. Chaque religion interprète ses textes sacrés comme elle l'entend. Ce n'est pas aux personnalités extérieures qu'il appartient d'émettre des jugements. J'observe que la tradition catholique est riche de divers courants, qui vont de l'extrême gauche à l'extrême droite, tous intéressants à étudier. A titre personnel je préfère que le débat politique se déploie sur la base de discussions rationnelles et non de dogmes religieux, mais chacun est libre dans sa sphère privée de cultiver l'imagerie qu'il souhaite, et il est bon aussi que nos institutions connaissent et reconnaissent ce qui en elles a été influencé par le christianisme, tout comme elles doivent être ouvertes aux autres religions et à l'athéisme.

 

Transhumanisme : C'est un mouvement très divers lui aussi, et souvent caricaturé. Ila  le mérite d'avoir une vision prospective des effets des technologies sur l'humain. La question de la fatigue que l'humanité inspire en nous et de la volonté de la dépasser par la technologie me paraît très sérieuse

 

Humanités : Les humanités doivent être replacées au coeur de notre culture contre le discours des spécialistes. Le goût des belles lettres, du style, mais aussi de l'histoire, du respect de notre passé en l'appréhendant pour ce qu'il est (et non comme une annexe du présent) doivent être remis au goût du jour. Mais il faut éviter que les humanités ne deviennent un réservoir de propos creux et mondains ou d'idées fumeuses comme ce fut le cas par le passé. Un certain encadrement rationnel est nécessaire.

 

Mariage homosexuel : Je trouve absurde la volonté de certains homosexuels d'accéder au mariage, étant moi-même hostile à cette institution. Pour l'éducation des enfants il me semble que la présence d'une figure féminine et d'une fiigure masculine auxquelles l'enfant peut se référer est un facteur important de la construction de soi. Je suis d'ailleurs partisan, au nom du respect de la diversité culturelle, qu'une culture féminine et une culture masculine continuent d'exister dans la société comme sources de valeurs et de références spécifiques, ce qui bien sûr n'empêche pas les individus d'alterner leur adhésion à l'une et à l'autre , voire de les mélanger au gré de leur développement existentiel. Je suis aussi conscient du fait que la culture masculine dans sa version traditionnelle (et ses affinités avec la violence physique dans le cadre patriarcal ancien) doit subir un aggiornamento du reste assez difficile à réaliser dans le détail.

 

Voilà, on pourrait continuer ce petit égrainage pendant quelques heures si le temps pour cela ne faisait défaut...

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Tanja Nijmeijer, la guerillera hollandaise

6 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Amis lecteurs qui essayez de penser l'avenir, continuez à suivre ces deux thèmes : les technologies (leur destin dans le transhumanisme par exemple) et le matriarcat (avec tous les débats féministes dans le périmètre du Front de gauche). Beaucoup d'autres thèmes comme l'avenir de l'Union européenne, les politiques libérales etc, sont moins déterminants pour notre futur que ces deux-là.

 

Alors côté female power et matriarcat, on avait parlé il y a peu de la jeune pachtoune Malala Yousafzai qui se remet de ses blessures dans un hôpital de Birmingham. Signalons aujourd'hui un autre phénomène médiatique féminin, la guérillera hollandaise Tanja Nijmeijer, surnommée "Alexandra" qui s'est engagée dans les FARC arrivée avant-hier à La Havane pour négocier les accords de paix avec le gouvernement colombien. Sa bio est sur Wikipedia en français.

 

Quoi qu'on pense des FARC et des révolutionnaires en général, je pense que son nom mérite autant sinon plus d'être connu que celui d'Ingrid Betencourt dont on nous a stupidement rebattu les oreilles il y a quelques années, au point de recouvrir l'Hôtel de Ville de Paris de son portrait.

 

Au fait : le Front sandiniste de libération nationale vient de remporter une victoire écrasante aux élections municipales du Nicaragua.

 

 

 

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HRW sur Syrte, vent nouveau des contestataires, histoires d'escarpins

17 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le Nouvel Obs résume l'enquête de Human Rights Watch sur la mort de Kadhafi - une des scènes les plus médiatisées du Web, nos enfants en sont sans doute reconnaissants à nos chers journaleux, comme dirait Poutine, c'est le mauvais goût occidental dans toute sa splendeur. Eléments nouveaux : la grenade qu'a fait exploser un de ses gardes du corps, et les 60 collaborateurs de Kadhafi exécutés sur place. Pas un mot sur la balle qui aurait été tirée dans la tête du dictateur (une thèse à laquelle je n'ai jamais trop cru, vu l'état de la tête dans le linceul, mais je peux me tromper). Et finalement le mystère qui reste entier. Kadhafi est-il mort des coups de poings qui ont fait saigner les plaies ouvertes par la grenade, et quid de la nouvelle blessure constatée le soir sur les vidéos.

 

bruegelLe mystère reste entier, comme sur la mort de Milosevic, et celle d'Arafat (pourquoi n'avons nous plus aucune nouvelle dans les médias alternatifs ou dominants de l'autopsie réalisée début septembre ?).

 

Au bas de l'article du Nouvel Obs, un commentateur écrit "Où était la cour pénale internationale quand les Kadhafi ont pris le pouvoir en Libye" ? L'individu ignore qu'en 1969 (date à laquelle il n'était sans doute pas né), il n'y avait pas de CPI. Mais la magie internautique lui donne malgré tout le pouvoir de livrer son opinion. Bah oui, y a pas de raison. Avec des lecteurs comme ceux-là, avec une "opinion publique" comme celle-là, les journalistes auraient bien tort de soigner leurs articles.

 

A part ça il paraît qu'un vent nouveau souffle sur les plaines des militants "alternatifs". Monsieur Tonneau a sa fiche sur Wikipedia en russe et dialogue avec des conseillers de Chavez, un collectif anti-ingérence revendique des milliers d'adhérents, et Edgar le blogueur devient une nouvelle Lady Gaga avec 600 "likeurs" à ses billets sur Face de Bouc. Et dans la série des Français célèbres à l'étranger, on peut désormais ajouter un ami du Réseau Voltaire qui parle sur les ondes de la TV iranienne.

 

Tenez, même en Belgique ça bouge !  Le Parti du travail belge gagne des voix aux municipales et le collaborateur de l'Atlas alternatif Antoine Hermant devient conseiller municipal de je ne sais plus quelle ville sous cette étiquette (bon bien sûr vous aurez noté la dose d'ironie que je glisse dans toutes ces infos). Bon j'aurais pu vous parler aussi du 20 % du PC tchèque aux sénatoriales de dimanche, aussi peu porteur d'avenir que le score du PTB, mais peut-être un signe quand même d'un certain ras-le-bol en Bohème (j'en profite pour rappeler aux petits nouveaux ma position sur Julius Fucik, et dire mon ras le bol, à propos de la RDA cette fois-ci, des rediffusions de la Vie des autres, encore sur les écrans de D8 avant hier, moi, de la RDA c'est ceci que je retiens)

 

Les temps changent vous dis-je, le monde va changer de base !!! Pour quelle nouvelle base au juste ? Ca nul ne le sait.

 

sevillane.jpgAu fait, en parlant de base, et de socle de nos démarches, saviez vous que les Andalouses au début du XIXe siècle se torturaient les pieds pour se pavaner sur la grande avenue de Séville dans des souliers minuscules. Un supplice digne des Chinoises, si j'en crois Custine. Mais pourquoi Diable fallait-il en ce temps là que les dames eussent des pieds réduits ? Si quelqu'un a une idée, qu'il me le dise en commentaire. Pour une fois ça me changera des insultes.

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La rareté, la morale, la corrida, les Maures, les musées, les physiciens et le temps

14 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Il faut s'y faire : le beau, le vrai, le bon ne se rencontreront jamais que chez quelque êtres, et encore dans quelques moments exceptionnels. La masse, elle, sera toujours vouée à la facilité, au médiocre. Et ce qui échappe à cette loi passera inaperçu.

Voyez Custine. Ses tableaux de l'Espagne sont remarquables. Théophile Gauthier et Honoré de Balzac surent le reconnaître parmi les plus grands auteurs des années 1830. Pourtant personne n'a retenu son nom dans notre histoire collective.

 

C'est pourquoi lorsque soi-même on a la moindre chance de pouvoir atteindre quelque chose de juste et de vrai, il faut le tenter, même si l'on n'a plus d'éditeur ni de lecteur (cela va ensemble), même avec des petits billets. Il faut utiliser le matériau qu'on a, le réel dont on dispose, l'énergie qui nous est donnée quand on l'a.

 

J'ai raté cette semaine une occasion d'aller au Kazakhstan qui m'aurait permis de publier à nouveau (mon éditeur a besoin de récits de voyages). Alors j'investis mon énergie ailleurs. La recension critique du livre d'un souverainiste pour un site de promotion de livres, la relecture du témoignage d'un combattant abkhaze que j'aide à mettre en forme son ouvrage. Me voilà à nouveau abandonné au hasard des rencontres et des surprises du quotidien.

 

J'ai eu une discusson intéressante mais inachevée avec le blogueur Edgar sur la morale en politique. C'est vrai que toutes les indignations morales de notre époque m'agacent, notamment celles qui concernent le nazisme. Cela ne signifie pas qu'il faille être amoral ou relativiste. Bien sûr que le Bien existe universellement (nos gènes sont conditionnés pour savoir tendre vers lui même si notre capacité d'erreur et de destruction est très forte), et bien sûr il faut oeuvrer pour que l'humanité l'atteigne. Bien sûr il y a des degrés de sauvagerie, et la sauvagerie froide, planifiée, à la manière du nazisme, est un des degrés les plus élevés et les plus grave, et l'on peut se préoccuper du risque de la voir revenir, ou de lavoir se diffuser dans des mécanismes d'aliénation pervers très subtils. Le mouvement de l'engagement politique se nourrit évidemment du rejet de l'orientation du monde et d'une certaine volonté de la modifier. Mais il ne faut jamais non plus se départir à un certain stade de l'engagement d'une capacité à comprendre et même à accepter que les choses et les gens n'aillent pas dans le bon sens, que l'opposition au mouvement dominant est elle-même entâchée de beaucoup de vices qui font que si cette opposition accédait au pouvoir elle serait peut-être pire que le mouvement dominant lui-même. Il faut admettre toutes ces choses, en faire des analyses détachées. Admettre que l'homme puisse rester "un loup pour l'homme" comme disait l'écrivain latin, qu'il y a un enthousiasme, une ivresse à être loup, qui touche souvent en priorité les êtres les plus moraux, parce que l'homme, cet être de coopération et de rationnalité, est aussi un animal de conquête qui jouit de la destruction de Troie, par la force des choses. Et si l'on n'a pas des mouvements occasionnels d'indulgence intellectuelle pour la prise de Troie, si l'on reste rivé à la posture moralisatrice, comme disait l'auteur de Zarathoustra c'est sa propre humanité qu'on défigure.

 

Je pourrais vous parler de toutes sortes de choses anecdotiques (mais qui, dans certains contextes spécifiques, pourront peut-être susciter des intuitions sur des sujets décisifs). Par exemple la corrida, que le Conseil constitutionnel français dans sa grande sagesse n'a pas voulu censurer le mois dernier. Pourquoi notre époque la rattache-t-elle aux Romains, alors que Custine, textes à l'appui, est surtout fasciné par son utilisation par le Maures. Tout le XIXe siècle (et encore l'oeuvre de Nietzsche) est rempli d'un intérêt pour le Moyen-Age et pour le face-à-face entre Christianisme occiental et Orient mahométan, que 70 ans de républicanisme et de colonialisme nous ont fait oublier. Pourtant il y a peut-être plus que jamais à réfléchir sur la fierté arabe comme le fait Custine, et la corrida peut être un moyen comme un autre de le faire. Les soi-disant amis des bêtes en refusant de réfléchir à la fierté quelle qu'elle soit, celle des chrétiens comme celle des musulmans, celle du taureau comme celle de l'humain nous préparent un monde imbécile à trop vouloir exclure tout ce qui est grand et sublime.

 

Je pourrais aussi évoquer le musée Jeanne d'Arc de Rouen que j'ai visité il y a peu et qui va bientôt fermer définitivement. Un musée trop vieux, avec ses statues de cire et son récit didactique de la légende pieuse. Comment cela un musée qui prétend enseigner des choses aux gens sur un ton scolaire et non pas faire de l'animation astucieuse ? Comment ça une Jeanne d'Arc qui n'a pas les mensurations de Lara Croft et qui ne se masturbe pas sur son bûcher ? Notre époque si "tolérante" et si "ouverte à la diversité" ne tolère plus la diversité dans ses musées. Ils doivent être tous semblables, tous "à la page". Malheur aux retardataires.

 

Au fait, hier un physicien à  la TV racontait qu'un extraterrestre qui court à des année lumières d'ici incut dans son "maintenant" des événements survenus sur notre planète il y a deux siècles quand il bouge dans un sens ou qui surviendront dans deux siècles s'il évolue dans l'autre sens... Et il observait que le seul argument qui démontre qu'on ne peut voyager dans le temps, c'est qu'aucun visiteur ne vient nous voir de l'avenir, alors que les enseignements de la physique nous disent que ce genre de voyage est possible. Quand j'étais en philo à la Sorbonne, notre thème de métaphysique en licence fut le temps. Mais on ne m'avait jamais expliqué la relativité aussi simplement. A entendre le savant, sur le passé le présent et l'avenir, c'est Saint Thomas d'Aquin qui avait raison...

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Jean-Christophe Victor, la Syrie, "L'Innocence des Musulmans", Patrick Timsit

23 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Mes enfants aujourd'hui nous allons apprendre une nouvelle chanson. Regardez la vidéo ci-dessous "Moustique".

 

Et après avoir regardé Le Dessous des Cartes "Les implications de la crise en Syrie 2/2" diffusé hier sur Arte, chantez sur le même air que cette chanson : "Jean-Christophe Victor tu es un bandit", "Jean-Christophe Victor tu es un imposteur".

 

Pas très sophistiqué comme critique ? A la mesure de la lourdeur et de la bêtise de la propagande que nous subissons. On n'a pas envie d'être élégant quand on nous assomme avec tant de bêtise. Une émission qui choisit ses dates de la façon la plus arbitraire (par exemple sur la relation entre la Syrie et le Liban), qui simplifie à outrance dans un sens biaisé et qui se termine sur la conclusion ô combien impartiale selon laquelle si le Conseil de sécurité est paralysé on pourrait au moins traduire Bachar el-Assad devant la Cour pénale internationale.... Ri-di-cule.

 

Je demande solennellement à la chaîne Arte (et vous pouvez faire de même) qu'il soit précisé sous le nom "Jean-Christophe Victor" "ancien conseiller politique de l'OTAN". Quand un général me parle, je veux voir ses épaulettes. Il faut cesser de nous faire prendre pour des analyses neutres la propagande de bas étage. Messieurs nous ne sommes pas si idiots que nous en avons l'air.

 

En parlant de choses pas sophistiquées, j'ai regardé ce petit clip (car ce n'est même pas un vrai film" de 13 mn sur Internet, "L'innocence des Musulmans". Le travail est de si mauvaise facture qu'on ne peut croire à un "plan" de la CIA ou des milieux évangélistes. Voilà un pauvre idiot de copte égyptien qui a bricolé sa petite "oeuvre" dans son coin, inspirée par les souffrances sans doute réelles de sa communauté en Egypte (ou des inquiétudes légitimes qu'elle éprouve), et le voilà dépassé par les événements, obligé de se cacher après que sa diffusion ait déjà causé la mort dizaines de personnes dans le monde de fous où nous vivons. Possible que certains fanatiques salafistes aient trouvé dans ce court-métrage de bas étage matière à s'enflammer (ils ne l'eussent pas fait devant un film des Monthy Python qu'ils n'auraient pas compris) et à faire progresser leur cause pour l'anniversaire du 11 septembre. Puis c'est l'engrenage, les médias, chacun se sentant obligé d'y mettre son grain de sel, même Nasrallah au Liban (lui qui n'a rien à voir avec les salafistes). Voilà à peu près comment je vois les choses. Heureusement il n'y a pas de contagion en France, et réjouissons nous que M. Ramadan ait gardé une ligne modérée (plus modérée que Charlie Hebdo).

 

Ensuite, je suis bien d'accord : il faudra bien que les peuples musulmans acceptent un joue le droit à la caricature, mais commençons d'abord à retirer les troupes de l'OTAN des pays du Golfe, suspendre notre soutien à l'occupation des territoires palestinien et au blocus de Gaza, cesser de jouer les va-t-en guerre en Iran, en Afghanistan, et nous pourrons alors plus sereinement donner des leçons de liberté de la création cinématographique, et même de liberté des propagandistes. Au fait, j'ai entendu hier le comédien Patrick Timsit que l'extrême droite présente comme un "sioniste" parce qu'il défend le droit d'Israël à exister tenir des propos assez originaux et assez justes hier dans "Salut les terriens" sur cette histoire de caricatures de Charlie Hebdo. Bon on préfèrerait citer des propos de professeurs d'université que de comiques troupiers sur ce genre de problème. Mais puisque les professeurs n'interviennent plus guère dans le débat public depuis longtemps, on se rabat sur les propos de comptoir, lorsqu'au moins ils sont empreints d'un certain bon sens.

 

 

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Ces Français populaires à l'étranger...

19 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Les Syriens depuis le 16 septembre connaissent tous Chantal Dupille et pensent que c'est un célèbre écrivain français. Voilà ce que j'apprends en regardant le journal (cf ci dessous, minute 2'47) de la télévision officielle syrienne (bon je sens qu'on va me traiter encore de facho parce que je regarde ce genre de truc "interdit" et "politiquement incorrect", mais regarder ne veut pas dire qu'on adhère, sauf pour les cinglés du maccarthysme). Ca me rappelle le temps où les Serbes connaissaient tous Patrick Besson parce que leur gouvernement (ou leur système éditorial) en vantait les écrits très souvent.

 

Dans le même ordre d'idées, les lecteurs de Ria Novosti en Russie pensent sans doute que l'UPR est un grand parti souverainiste.

 

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Bourgeois contre bourgeois

17 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Un type me disait hier : "La secrétaire générale du Syndicat des travailleurs du sexe, Morgane Merteuil, qui critique les Ni Putes ni Soumises et les Chiennes de Garde en les taxant de 'bourgeoises' fait des passes à 200 euros à Paris, et ne se déplace pas à moins de 100, soit trois fois les tarifs d'il y a 10 ans pour une prostituée moyenne et bien plus que le prix d'une prostituée d'origine immigrée. C'est une bourgeoise dans sa profession".

 

louis-philippeJe ne connais pas ce sujet là, mais je ne suis guère étonné : tous les gens qui ont des positions en pointe, même dissidentes, sur les sujets "sociétaux", sont nécesssairement des petits bourgeois ou des bourgeois. C'est aussi vrai d'ailleurs en matière de grands débats économiques (sauf quelques cas d'exception). Les gens qui bossent beaucoup et gagnent peu ont depuis longtemps renoncé à comprendre. C'est pourquoi un sondage d'aujourd'hui 44 % des gens "ordinaires" pensent que Sarkozy ferait mieux qu'Hollande (et 30 % aussi bien). Ils ne voient même plus le problème que pose le néo-libéralisme militant de l'UMP. Pour eux toutes les idées se valent, et seul celui qui s'agite le plus inspire le plis de confiance.

 

Du coup le gouvernement est voué à faire du bougisme (la conversion au taoïsme n'est pas pour demain) sur des point d détail absurdes. On parle de priver nos gamins d'école tous les jours à 15 h 30 pour les mettre à la charge des garderies des communes qui déjà vont crouler sous le poids des contraintes budgétaires européennes... juste pour le plaisir de les priver de la grasse matinée du mercredi...

 

Mais revenons à nos histoires de bourgeois. L'ennui avec les bourgeois qui prétendent représenter le peuple (par exemple être les secrétaire généraux de syndicats), c'est qu'ils n'ont pas d'idée concrète des problèmes et des réalités des gens, qu'ils les verront à travers des principes abstraits, qu'il ne seront enclins à agir que pour ceux qui leur ressemblent. Les gens ordinaires, eux, ceux qui bossent et ne sont pas payés pour théoriser, resteront avec leurs problèmes concrets qu'aucune médiation ne va replacer dans un ensemble signifiant, et seront de moins ne moins enclins à prendre la chose publique au sérieux, convaincus qu'au fond "l'élite" fait toujours "sa petite cuisine dans son coin".

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Pussy Riot, les valeurs affectives, la narrativité

22 Août 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je ne l'aurais pas cru (vu ma méfiance actuelle à l'égard de la "pensée 68"), mais le rapport à la sexualité (qui est en réalité un rapport à l'individualité, puisque, décidément, la sexualité reste un facteur de construction de soi face au groupe) demeure très influent dans la définition des positionnements politiques. Tous les articles que je lis en ce moment pour défendre la Russie de Poutine dans l'affaire de Pussy Riot sont marqués par une haine sous-jacente de la culture punk (très gentiment louée dans la comédie "Le Grand Soir" signalons le au passage). Un ami anti-impérialiste qui se dit pourtant de gauche, qualifie dans un message privé les filles de ce groupe de "petites putes".

 

Franchement je trouve cela nul. La mobilisation internationale pour ce groupe ne m'enthousiasme pas parce qu'elle sera sans doute récupérée, une fois de plus, par le Big Business d'USAID, de la fondation Soros, et des multinationales, mais je ne suis pas non plus d'accord avec l'hostilité que les réacs déploient en ce moment. La contestation de l'ordre par l'exhibition sexuelle est une valeur prisée par les anarchistes, c'est une valeur qui a acquis sa légitimité au fil de dernières décennies. Bien sûr elle ne peut pas être généralisée car elle perd alors de son sens. Mais tant qu'elle s'affirme par des voies artistiques (et nul ne peut douter des ambitions artistiques des Pussy Riots) elle reste respectable en soi. On ne peut pas dire "c'est une valeur de bobo, tout juste bonne pour les lecteurs de Libé ou du Nouvel Obs", parce qu'alors cela signifie qu'on entretiendra éternellement les classes populaires dans la haine de ce genre. Au nom de quoi ? D'un sacro-saint Ordre moral ? La récupération marchande de la subversion ne doit pas renvoyer aux conservatismes d'antan.

 

P1000086-copie-1.JPGSi vous n'avez qu'un seul texte à lire sur le sujet, voyez l'interview de Joël Bastenaire ancien attaché culturel à Moscou et spécialiste du rock russe. Il a notamment le mérite de comparer le régime de Poutine au Second Empire français sur le plan du pluralisme politique (vous vous souvenez peut-être que je m'étais demandé pourquoi une communiste comme George Sand avait pu garder sa liberté sous Louis Napoléon Bonaparte, et comment un autre communiste, Anatole France, pouvait avoir la nostalgie de la liberté de pensée sous le Second Empire, les remarques de Joël Bastenaire sont utiles pour comprendre la version "soft" du césarisme, la version "hard" étant le fascisme).

 

Et laissez de côté toute la littérature sur les "complots de la CIA" et autres qui intoxiquent ceux-là même qui s'en font les chantres.

 

Au milieu de tout cela je tombe ce matin sur une intéressante étude sociologique (dont à l'instant je ne trouve hélas plus l'adresse URL) sur les moeurs affectives des Français. Les jeunes ne rêvent pas de libération sexuelle comme les soixante-huitards, ils veulent de la stabilité des affects, mais tout autour d'eux va dans le sens de la précarité, non seulement leurs jobs, mais ils voient aussi que le taux de séparation des couples n'a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui. Contradiction patente qui, nous disent les enquêtes, voue les gens à fétichiser leur progéniture (pour le meilleur et pour le pire de ce qui en résultera pour celle-ci), comme seul facteur de stabilité. Les causes de cette évolution sont connues : récupération mercantile et hygiéniste du corps, coupure de la sexualité de tout schème narratif (du story telling si on veut). N'en doutons pas, c'est la crise du schème narratif qui est en cause ici ! On ne peut plus rien créer autour du corps, sauf des happenings nihilistes à la Pussy Riot, parce que le "sens de l'histoire" fait défaut (non pas celui de la grande Histoire, mais des histoires au quotidien, dans le quotidien). Moralité : il est grand temps de réhabiliter la fiction ainsi l'affect de chacun trouvera des voies de créativité et de libération quand même plus intéressantes qu'un "vivement Noël avec mes enfants"...

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Alep, les docus TV ouverts aux dissidents, l'Espagne, la fille qui connaît la Défense

7 Août 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Il est profondément douloureux de voir un pays de culture ancienne comme la Syrie tomber dans le chaos. Une guerre de tanks et d'artillerie dans une grande ville comme Alep (même si elle a été vidée de ses habitants) est une catastrophe qui va détruire pour longtemps tout ce qui faisait sa force et sa beauté. A cela s'ajoute l'horreur médiatique, ce mensonge institutionnalisé qui veut faire croire qu'il y a les bons et les mauvais dans ce combat, et que tout le mal incombé au régime dictatorial. En vérité c'est une très sale guerre, comme toutes les guerres civiles, avec des exactions énormes des deux côtés,  et une guerre dans laquelle nous devrions être neutres, ce que nous ne sommes pas. Et dire que M. Sarkozy (je suis bien gentil de l'appeler "Monsieur") continue de verser de l'huile sur les flammes dans ce pays, même tout dépouillé de la fonction présidentielle qu'il se trouve. Un vrai nouveau José Maria Aznar. Pauvre homme !

 

Je n'épiloguerai pas, cela ne sert à rien. Une fois de plus l'opinion publique occidentale est piégée et désarmée. Et une fois de plus les rares petits collectifs qui tentent de faire de l'info alternative, comme celui que j'ai tenté d'aider en juillet se discréditent tout seuls : citoyens dormez sur vos deux oreilles et consommez.

 

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Cet après midi il y avait un reportage sur la fin de l'URSS sur la chaîne parlementaire. Tranquillement parmi les intervenants ont donnait la parole à Chomsky qui disait qu'Eltsine était "un dictateur "alors que Gorbatchev eût pu amener la démocratie sociale à l'URSS, et que l'Ouest avait préféré à partir de 1991 soutenir la dictature. Ce soir Arte montrait un documentaire très favorable à la politique de nationalisation des multinationales par Castro après sa prise du pouvoir à Cuba. Est-ce parce qu'il s'agit dans les deux cas d'histoire "ancienne" qu'on donne la parole à la gauche sur ces sujets ? Je l'ignore.

 

De toute façon la gauche n'inquiète personne en ce moment. L'Espagne est en train de couler, et Izquierda unida n'est créditée que de 8,5 % selon les derniers sondages. La zone euro va peut-être se défaire sous le poids de mécanismes économiques un peu obscurs, et la gauche n'y aura été pour rien. Il faudrait que je vous parle de mon dernier déjeuner à la Défense avec cette femme dont je vous ai parlé en 2008. Elle travaille dans ces tours, voudrait publier un livre sur les gens (ses collègues) qui là-haut, décident des dégraissages d'effectifs en Inde ou à Shanghaï. Mais elle ne le fera pas. Parce que mon éditeur ne l'accueille pas à bras ouverts. Les égos, toujours les égos. Quand on ne leur offre pas le tapis rouge les gens se replient sur leur quant à soi. Dommage. Elle était probablement une des meilleures connaisseuses du capitalisme actuel, tel qu'il fonctionne tous les matins au dessus de nos têtes, avec toute sa bêtise et sa médiocrité, pas celui que filme Cédric Klapisch. One more missed opportunity...

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L'Occident ne désarme pas

17 Juin 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le leitmotiv de l'émission C dans l'Air du 14 juin 2012 où intervenaient Christophe Barbier, Frédéric Pons, Gérard Chaliand et Jean-Dominique Merchet: "L'Occident désarme, le reste du monde s'arme". Ce thème était accompagné de l'idée que nous serions devenus des sortes de chérubins pacifistes pour qui la mort de soldats serait devenue insupportable.

 

D'une part le budget militaire étatsunien (qui est notre "parapluie" auquel nous déléguons notre défense) a régulièrement augmenté depuis cinq ans.

 

D'autre part les appels à la guerre incessants de nos médias, en particulier à l'égard de la Syrie, montrent bien que nos sociétés sont demandeuses d'interventions militaires.

 

Il faut souligner qu'en revanche les investissements du Tiers-Monde ou de ays émergeants procèdent d'effets de rattrapage, voire s'inscrivent en réaction à l'interventionnisme occidental. Ces dépenses ne présentent pas le même degré de dangerosité que celles des Occidentaux. Les investissements occidentaux sont ciblés sur de la haute technologie sur le volet des armes nucléaires, chimiques, bactériologiques, et des armes destinées à neutraliser le potentiel des adversaires (boucliers anti-missiles, drones, armes de sabotage informatique etc), qui sont beaucoup plus efficaces que le simple entretien d'une présence armée défensive sur un territoire vaste qui absorbe une bonne part du budget militaire de pays comme la Chine ou l'Inde.

 

Enfin il faut noter que l'interventionnisme militaire occidental direc et indirect implique le recours massif à des supplétifs (les milices libyennes payées par le qatar, l'armée afghane face aux Talibans, les milices tutsies dans l'Est du Congo etc) qui permettent d'occuper le territoire en économisant les ressources humaines de sa propre armée, sans oublier bien sûr toutes les formes de mercenariat officiel ou officieux comme Blackwater en Irak (ce qui pose ensuite la question de la dépendance des gouvernements occidentaux à l'égard de ces "clients" auxquels ils sont ensuite redevables).

 

Voilà qui invalide totalement le schéma simpliste et angélique d'un soi-disant "désarmement occidental" que nous vendent les marchands d'armes pour tenter d'enrayer le déclin des budgets militaires.

 

Le vrai problème est justement que la course aux armements généralisée se poursuit bien qu'en Occident il ne se reflète pas dans les masses budgétaires. Une telle compétition fait émerger des pôles nucléaires (l'Occident, la Russie, la Chine, l'Inde, et peut-être deux ou trois autres dans les années qui viennent dont peut-être le Brésil ou l'Iran si elle échappe à un bombardement occidental) qui ont intérêt en permanence à destabiliser les autres (par la désinformation, le sabotage, l'infiltration d'alliés, et l'entretien de guerres secondaires dans les sources d'approvisionnement en matières premières (Afrique, Proche-Orient). Ces pôles pourront de moins en moins tolérer en leur sein la pluralité du débat démocratique sur la légitimité de leur existence, quiconque nourrissant ce genre de débat étant susceptible d'être accusé de travailler pour les pôles rivaux. La France peut-elle se soustraire au pôle occidental et faire entendre sa propre voix (avec son propre système d'autodéfense, ce qui suppose aussi ses alliances propres) ? Personnellement j'en doute, d'autant que cela pourrait la conduire à construire son propre pôle qui n'aurait alors pas nécessairement vocation à être plus juste et plus "démocratique" que les autres avec lesquels il serait de nouveau en compétition...

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Le Sahel, la Libye, l'Abkhazie, les Basques, la planète

5 Juin 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Aristippus01Un mien camarade me signale un compte-rendu un peu douteux de propos que Richard Labévière aurait tenus à Alger récemment sur le Sahel - cf ici. Cela fait un peu complotiste sur les bords (sauf si notre ami journaliste a des éléments inédits pour étayer ses affirmations). Mais il se peut que ses propos soient déformés par le compte-rendu.

 

A l'inverse, du côté des dominants, sur le même sujet je trouve dans "Le dessous des cartes" (diffusé sur Arte aujourd'hui) une tendance tout  à fait scandaleuse de M. Jean-Christophe Victor (cf vidéo ci-dessous) à banaliser l'éclatement des Etats sahéliens, en faisant comme si celui-ci résultait arithmétiquement de facteurs socio-économiques contemporains. Un phénomène presque naturel comme une tempête de sable en quelque sorte. Rien sur la folie des Occidentaux en Libye et du Qatar allié de Total de la Mauritanie au Mali...

 

Pour vous consoler de tant d'excès vous pouvez lire l'article fort intelligent du contributeur de l'Atlas alternatif Vijay Prashad à propos des prochaines élections en Libye ici.

 

Copie de incendie albassade

A part cela, en ce qui me concerne je me réjouis d'avoir reçu un courriel d'une jeune étudiante abkhaze qui prépare dans une université française un doctorat en psychologie sur les représentations sur la valeur santé parmi les adolescents russe, français et abkhazes. Les Abkhazes comme beaucoup de peuples du Caucase sont des gens émouvants qui vivent sur un volcan en activité (et qui ont déjà payé un lourd tribut aux guerres). J'ai beaucoup insisté dans mon livre sur le mystère qu'ils représentent à mes yeux. Toute approche comparée entre trois peuples aussi différents que les Abkhazes, les Russes et les Français ne peut que faire progresser l'intelligence et la compréhension de notre époque. Je m'y étais essayé moi-même sur un mode un peu empirique. Le faire dans un cadre universitaire est encore mieux. Je ne m'étonne guère de voir qu'une femme aborde le problème par la santé. Le corps, l'ethics of care, c'est la manière la plus concrète et peut-être la plus profonde de prendre les choses.

 

DSCN0939Je lis des choses très angoissantes pour l'avenir de notre planète en ce moment. Sur la disparition programmée des métaux précieux, la déforestation, la faillite de notre modèle de consommation. Ces grandes considérations globales engendrent souvent des appels au dépassement des frontières, et au mépris des particularismes. C'est une erreur. Il faut tenir ensemble les préoccupations globales et les aspirations locales comme dans cette histoire des Basques qui tentent, après les Bavarois, de se doter d'une monnaie à eux en complément de l'euro. Ne devenons pas abstraits dans notre travail sur l'universel...

 

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