Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

Salut à toi

23 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je pourrais presque égrainer ce soir quelques pensées "fraternelles" sur un mode un peu "salut à toi" des Béruriers noirs (je rigole). Ca n'a pas grand sens, mais bon, comme peu de gens le font sur la toile francophone allons y.
 
Pensées pour :
 
- Le peuple du Bahrein qui supporte cette semaine la création d'une union politique avec l'Arabie saoudite dont il ne veut pas
- Le peuple yéménite qui reçoit 4 milliards de dollars des monarchies pétrolières comme un cadeau empoisonné
- Le peuple libanais qui, comme le peuple syrien, voit se profiler un risque de guerre civile dans un conflit dont tous les tenants et aboutissants sont profondément pervertis
- Les nombreux étudiants québecquois arrêtés au cours des derniers jours
- Le peuple chinois qui peut-être ne vit qu'un rêve de croissance dans un pays où l'eau va bientôt manquer
- Le peuple américain qui risque d'entraîner tous les autres dans sa chute
- Christiane Taubira : je ne suis pas d'accord avec ses lois mémorielles, mais il est frappant de voir qu'à chaque fois que la gauche revient au pouvoir la calomnie n'est jamais loin (alors que lorsque la droite arrive aux affaires l'opposition se mure dans le silence)
- Les gens du Mali du Nord qui ont essayé de manifester (qu'est-il advenu de leurs manifestations ? y a t il eu une répression ?)
- Les combattants islamistes de Somalie que l'Ethiopie vient de menacer d'écraser (leur combat est à l'opposé des manifestants du Mali mais les uns et les autres sont victimes d'une grande iniquité et de jeux géopolitiques mondiaux qui les dépassent)
- Les Palestiniens (bien sûr) coincés dans un casse-tête qui tire aussi le peuple israélien vers le bas
- Les Serbes qui viennent d'élire un président dont j'ai du mal à penser quelque chose
- Les Népalais dont je ne sais pas s'ils sont en train de se faire avoir ou pas
- Les Nords-Coréens dont j'ignore si les rumeurs de canibalisme à leur propos sont fondées ou relèvent de la propagande, mais qui de toute façon paient un prix élevé pour "l'originalité" de leur histoire tragique sur 70 ans
- Les Abkhazes : je pense à eux suite à un mail d'une amie de Soukhoumi reçu il y a peu
- Les gens de provinces d'Europe et d'autres pays riches maintenus artificiellement dans la fermeture au monde (je pense à mon village natal) même quand ils s'y croient ouverts
- Les gens des capitales qui noient leurs chances de comprendre le monde dans le snobbisme et la vanité bourgeoise (ou bobo)    
- Les gens qui bossent tellement que leur idéal se limite à pouvoir dormir vingt minutes tout de suite, et ceux qui bossent si peu, qui intéressent si peu la société qu'ils en sont devenus dingues
- Les gens à l'article de la mort chez eux, dans les hôpitaux, ailleurs, à deux doigts de devenir de purs objets inertes, festin des mouches et de la vermine, et qui touchent du doigt le sens ultime (absurde) de toute la comédie de l'existence des êtres vivants en ce bas monde
- Les enfants qui ont 3-4 ans englués dans leur confiance en leurs rêves, en l'amour de leur parents, en tout ce qui occulte à leurs yeux le non-sens de leur être-au-monde
- Les transhumanistes qui ne raisonnent pas comme moi
- Ceux qui ont vécu avant nous et que parfois ce blog essaie de tirer de l'oubli, lorsque faire se peut, et ceux qui viendront après
- Les éléphants d'Afrique (ou les rhinocéros) dont le martyre pour le commerce de l'ivoire et l'emblème des folies ultimes d'une humanité devenue bien trop puissante, bien qu'elle demeure à d'autres égards si dramatiquement démunie  
- Les formes vivantes des galaxies lointaines qui ne sont pas prêtes de rencontrer la nôtre ni de nous aider à résoudre nos problèmes
- Le berger seul dans des grands espaces naturels qui lui parlent une langue imaginaire
- Les masseuses vietnamiennes de Paris dont je ne connais pas la vie
- Les nounous africaines de nos quartiers qui sont pourtant bien enviables par rapport aux éboueurs
- Les gens trop riches qui ne savent que faire de leur fortune
- Les intellectuels trop installés dans leur confiance aux livres, aux diplômes, à l'érudition (je pense à une fille rencontrée il y a peu : pourtant il n'y a pas de progrès de intellectuel sans une certaine dose de désespoir) 
- Les Djeuns qui se croient malins parce qu'ils me gonflent à bouffer du Mac Do dans mon train en gueulant dans leur portable, et fument du shit entre deux portes dans le RER... Ces mecs là que les candidats aux législatives dans les banlieues flattent bassement à coup de slogans démagogiques à la con ("lutte contre les discriminations" "valorisons les talents de la jeunesse"), de promesses d'emploi aux "espaces verts" des mairies, et leurs camarades de classe d'âge des départements désindustrialisés qui eux croient en la révolution "bleu marine" sans avoir la moindre idée de toutes les sottises dont cette "révolution" pourrait accoucher...
- Les Nicaraguayens qui ont réélu leur président il y a 3 mois et en tirent des choses positives, sans doute les Vénézuéliens feront-ils de même bientôt.
- Les Islandais, bien sûr, puisqu'on ne parle pas d'eux.
- Les VRP de l'industrie mondiale de l'armement qui ont toujours le vent en poupe, et qui doivent s'inventer chaque jour de drôles de raisons pour être fiers d'exister...
- Les gens qui continuent de préférer lire Nietzsche, Crébillon, Epictète plutôt que de s'abrutir devant une rediffusion de "Un gars une fille" (comme je l'ai fait cet après-midi) sur la TNT (ou plutôt que de lire un bouquin de "sciences humaines" de l'Harmattan ou d'un philosophe à la mode, ce qui revient au même) et qui ont assez de sagesse, ou de placidité, pour ne tirer de leurs lectures aucune envie d'écrire des livres ni de se faire mousser sur le Net.
   
Euh, bon, j'arrête là ma liste. Pas de quoi faire une bonne chanson, mais ça fait toujours un billet. Overblog m'en saura peut-être gré.
 
fi
Lire la suite

Vie et littérature

13 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

chreibenA la radio ce matin le seul type au monde qui ait écrit un roman en hongrois sans être hongrois lui-même raconte comment il est devenu amoureux de la langue magyare jusqu'à en devenir un traducteur réputé. Il précise que l'amour ne lui est pas venu par l'entremise d'une personne mais par intérêt pur pour les structures grammaticales ce qui l'a mis à l'abri des déceptions ultérieures. Il explique comment la conjugaison de l'expression "je t'aime" en hongrois met mieux en valeur l'activité qu'elle désigne.

 

Voilà un homme qui a soumis sa vie à la nécessité du Verbe (pas de la Propagande, comme nos journalistes). Je me suis souvenus de mots hongrois qui restent au fond de moi. Deux seulement "Hocok Ter". Je préfèrerais qu'ils n'y fussent pas. Ou peut-être pas, au fond, allez savoir. Car s'ils n'y étaient pas, mon existence serait encore bien plus factice, je crois.

 

Autre forme de vie littéraire (mais qui s'ignore) : ce matin je dialoguais (en français précisons le) avec une jeune Egyptienne (23 ans) secrétaire à Alexandrie, musulmane fille d'une famille riche. Son histoire à la Roméo et Juliette. Elle est amoureuse d'un jeune homme pauvre (qui vit au Koweit aujourd'hui). Mais sa famille ne veut pas. Elle lui fait épouser un autre homme. Ils ont une petite fille en 2010. Mais la secrétaire manque de dynamisme au lit. Un rapport par mois ça ne suffit pas à cimenter un couple. Le divorce est au bout du chemin. La loi égyptienne assez protectrice permet à la jeune secrétaire de continuer à occuper la maison de son ex-mari après la séparation. Mais le père ne veut pas qu'elle reste seule. Il voudrait qu'elle vienne vivre chez lui Elle ne veut pas être la servante de ses frères et vivre avec leurs femmes. e drame. Au bureau ça ne va pas non plus. Le directeur lui fait des avances en permanence. La petite fille bavarde réclame toujours son père. La jeune maman est désemparée. Elle voudrait mourir. Elle met des clips de Cabrel sur son profil Facebook.

 

Le problème de cette fille ce ne sont pas les islamistes. Quand on lui demande si elle sort voilée elle se récrie "ce que vous croyez sur l'Egypte c'est en Araie Saoudique (sic) que ça se passe, pas ici. Ici il y a beaucoup de chrétiens par exemple". Quand on lui demande ce qu'elle pense de Aliaa Magda el-Mahdy (en lui envoyant le lien au cas où elle ne la connaisse pas) elle la juge "folle et bête". Les problèmes comme le danger islamiste sont bien abstraits pour elle. Elle est déjà confrontée à une difficulté bien plus poignante : l'incompatibilité avec une forme de vue littéraire (romantique) qu'elle a adoptée sous l'influence occidentale, et le vieux patriarcat proche-oriental. La voie féministe d'émancipation est sa seule chance de survie.

Lire la suite

La politique étrangère vue par Bertrand Badie

26 Avril 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Barack Obama

Journaux-3-2.jpgDans  Le Monde :

 

"Il n'est pas sûr du tout que le néo-conservatisme ne soit plus d'actualité. D'abord, parce qu'il est une forme actualisée du vieux modèle messianique qui a profondément marqué les Etats-Unis, et plus généralement le monde occidental. On peut le tenir pour l'expression radicale d'une histoire longue dont rien n'indique qu'elle soit aujourd'hui achevée. Si l'on prend en compte le camp républicain, les primaires ont même montré une surenchère entre des versions différentes mais tout aussi intenses du néo-conservatisme: celles de Rick Santorum, de Newt Gingrich ou de Rick Perry... sans compter les adeptes du Tea Party. Quant à Mitt Romney, l'option néo-conservatrice est moins nettement affichée, mais elle reste une composante de son discours.
barack.jpg
Passons du côté démocrate : le néo-conservatisme n'y a certainement pas la même rudesse, mais il reste une composante plus discrète de l'architecture idéologique globale. L'idée de "League of democracies" y est populaire, extraite de la dogmatique wilsonienne et très présente, y compris dans l'entourage de Barack Obama. Elle confère aux démocraties occidentales un rôle de gardien du monde qui n'est pas aussi éloigné des "rêves bushiens". Enfin, l'Europe, très majoritairement de droite, reste dominée par des principes qui sont loin d'être incompatibles avec le néo-conservatisme d'outre-Atlantique, d'autant plus que la gauche a renoncé depuis un certain temps à forger une politique étrangère alternative."

 

Vous pouvez lire le reste de l'interview de B. Badie dans Le Monde...

--------------------------------------------------------------

PS : Quant à moi, je renvoie au passage à mes propositions de politique étrangère ici. 

Lire la suite

Invitez des abeilles à lire ce blog

25 Avril 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

bees.jpgPeut-être un moyen pour élever le niveau de la réflexion collective sur ce blog : invitons des abeilles à le lire et à en débattre. Car les chercheurs viennent de nous l'apprendre : les abeilles sont capables de manipuler des idées abstraites. Voyez plutôt cet article. Comme les compétences humaines ont plutôt tendance à diminuer en la matière, il est temps que nos cousines les abeilles viennent prendre le relais... (si du moins elles finissent par survivre à nos pesticides)

Lire la suite

Les familles bourgeoises sont (toujours aussi) chiantes

29 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

DSCN1137.JPGJe dînais dans une pizzeria des quartiers cathos de Paris. A une table voisine, une maman moche, et un papa du même acabit s'évertuaient à répondre du mieux qu'ils pouvaient aux 10 000 questions qui venaient à l'esprit de leur fillette de 4 ans. "C'est quoi la date de naissance de mamie ?" "c'est quoi la date de naissance de ta mamie à toi ? " "et de l'autre ?" etc. La mère était infiniment appliquée pour répondre, et, quand elle ne le pouvait pas, pour expliquer pourquoi elle ne pouvait pas répondre et conseiller à sa fille de "demander à mamie qui saura mieux que moi". Un peu comme si ses réponses avaient vraiment une importance cruciale, un peu comme s'il s'agissait pour la maman d'un examen scolaire ou quelque chose dans ce genre.

 

Voilà à quoi mène la sacralisation des enfants aujourd'hui. A 4 ans on croit qu'ils en ont 26, on écoute religieusement leur avis, on prend garde à tout leur expliquer. Je ne crois pas que cela leur rende service, d'autant que cela neutralise en eux un certain sens de la légèreté et du délire, un sens du jeu qui leur serait bien utile en grandissant pour innover et contourner certaines dictatures sociales. Je crois que je serais mille fois plus déprimé si j'avais eu un mère comme celle que j'entendais ce soir.

 

PS : Fidèle à notre engagement d'égayer ce blog avec des chansons pour en assainir l'ambiance, je vous propose après Gecegece, Patsy Kensit

 

Lire la suite

Identités linguistiques et ethnicité : Bourdieu, Michel Tremblay, Yamina Benguigui

27 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je me souviens de Bourdieu au Collège de France disant que les nations n'étaient que des inventions de grammairiens et de faiseurs de dictionnaires. "Que ce ne soient que des inventions de petits bourgeois c'est plutôt rassurant non ?" demandait-il, en se fondant sur "Imagined communities" de Benedict Anderson. Propos très marxiste au fond. Depuis lors les néo-darwiniens nous expliquent (Naturalisme versus constructivisme ? Paris, Editions de l'EHESS, 2007 p. 213-240) que les rassemblement des groupes par identités linguistiques sont probablement inscrits dans nos gènes et répondent à un avantage en termes de sélection naturelle. Je ne sais qui a raison qui a tort.

Je repensais à cela en songeant à Michel Tremblay et son histoire de femmes prolétaires de Montréal attachées aux français. Difficile de savoir quels sont les ressorts d'un attachement à la langue. Pourquoi est-ce que je trouve ravissant d'entendre chanter en turc ? Pourquoi est-ce que mon très jeune fils a un plaisir de jouer avec les mots, comme je l'ai toujours eu, alors que d'autres disent n'avoir jamais éprouvé ça ? Quel plaisir le cerveau trouve-t-il à aimer les mots ?

 

93-memoire.jpgParfois on valorise excessivement les identités culturelles (autour des mots, des pratiques gestuelles, culinaires, musicales) des groupes humains. J'avais été choqué il y a deux ans par le film 9/3 Mémoire d'un territoire sorti en 2008 consacré par Yamina Benguigui à la Seine-Saint-denis, et qui n'abordait ce département qu'à travers les histoires des "communautés" (espagnole, maghrébine etc). C'était un documentaire bien peu recommandable dont le territoire en réalité était complètement absent - cette Seine-Saint-Denis qui est en vérité si diverse du point de vue de même des paysages quand on se déplace du vieux pays franc autour de Tremblay (ce qu'on appelle le "vieux pays de France) jusqu'à Bagnolet ou de Clichy à Bondy).

 

Le film de Benguigui ne disait rien non plus des bretons, des auvergnats, des basques. Mémoire tronquée.

 

Moi quand je suis dans le "93 je ne vois pas d'abord des Arabes, des Noirs, des Européens ou des Asiatiques, des fils de Portugais ou de Guinéns. Je vois des femmes qui ont des poussettes, des mecs qui conduisent des voitures cabossées, des collégiens qui attendent le bus, des retraités qui promènent leur chien, des gens qui font la queue à la boulangerie. Je vois des tonnes de pratiques quotidiennes "fonctionnelles" qui ont elles aussi une histoire (comme les paysages), une mémoire, mais une mémoire qui n'a rien à voir avec celle des "commmunautés". Je comprends que Mme Benguigui, pour décrocher des récompenses auprès des bobos de Paris, avait besoin de réduire le "93" à un "patchwork de cultures", mais ce réductionnisme à la mode est encore une forme de perversion des rapports humains...

 

 

PS : pour la personne qui a tapé hier "galaxie Dieudonné Drweski" sur Google pour arriver sur ce blog, deux galaxies qui attirent certains jeunes du 93 (pour rester dans le sujet de Benguigui), deux galaxies auxquelles je n appartiens pas (dont une que je désapprouve plus que l'autre), je suis à sa disposition pour lui livrer mon point de vue là-dessus.

Lire la suite

Combats anciens, combats modernes

26 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Hier l'écrivain québecquois MIchel Tremblay à la radio racontait magnifiquement mené par les femmes de son pays volontairement pour franciser les expressions anglaises et maintenir leur particularisme à où les hommes auraient facilement cédé à l'anglicisation, parmi le prolétariat de Montréal à tout le moins. Il mentionnait aussi le combat des femmes plus subi que fut celui de la procréation : ces deux siècles où les femmes sous la férule catholique enfantaient vingt fois dans leur vie, sans quoi les québecquois seraient une minorité bien inférieure aujourd'hui.

 

Les femmes ont mené des combats, avec des mots, avec des enfants, les hommes avec des sabres, fusil, combats parfois sublimés dans le combat d'idées (je vous renvoie ici à Nietzsche) mais le geste reste le même.

 

Aujourd'hui quand les Turcs laissent une jeune femme inciter dans la langue des sultans une amante délaissée à recouvrer l'espoir, quand nous autres Français décidons que le vrai combat c'est "la lutte contre le chômage", quand un libraire me confie avec passion son bonheur de regarder des photos de filles nues, quand Mme Badinter recommande aux femmes intégralement voilées de partir au Qatar ou en Afghanistan (j'ai lu ça dans un journal tantôt), ce sont d'autres types de combats qui se font jour. Des combats non plus pour des grandes épopées nationales ou religieuses, mais pour des notions de justice ou d'efficacité, pour des styles de vie etc. Ces combats un peu disparates ne se valent pas. Certains sont carrément erronnés sur la forme comme sur le fond. D'autre simplement futiles comparés à d'autres qui sont plus importants.

 

Est-ce que les anciens combats, ceux qui étaient portés par les grandes épopées collectives, ont définitivement disparu ? Je ne le crois pas. Les grandes entreprises nationales et religieuses sont toujours susceptibles de ressurgir, même sous nos latitudes. Compte tenu de l'ampeur des moyens de destruction dont nous disposons mieux vaut les garder refoulés, je pense, et orienter les passions humaines vers d'autres fins.

 

Pour ceux que le combat pour la justice sociale intéresse, je recommande la lecture de l'article de Laurent Dauré de l'Acrimed sur le fondateur de Free... Capitalisme et proxénétisme... Lisez-le !

 

Lire la suite

Evocations de Djamila Boupacha, serial killers, changements de religions

21 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Au milieu des mièvreries qui entouraient le commentaire de l'assez mauvais téléfilm sur l'affaire Boupacha hier soir, Frédéric Taddei dans son émission a posé la seule question rationnelle intéressante : y a t il une seule armée au monde qui n'ait pas utilisé la torture lorsqu'elle occupait un territoire étranger ? La question de Taddei n'a pas reçu de véritable réponse sur son plateau. Je suppose qu'en réalité certaines armées ont dû s'en abstenir : l'armée fasciste en Albanie par exemple. Mais peut-être n'étaient-elles pas réellement confrontées à une résistance déterminée ? L'armée napoléonienne a-t-elle torturé en Espagne ?

 

goya.jpg

Personne sur le plateau n'a répondu, parce qu'au fond la discussion ne visait qu'à opposer la "douleur" des résistant(e)s du FLN à la cruauté de l'armée française, en stigmatisant la "honte" d'avoir érigé la torture en système. Quelqu'un a demandé si Simone de Beauvoir s'était souciée de savoir si Boupacha avait réellement ou pas déposé une bombe dans un café de civils et si elle ne l'aurait pas soutenue, comme si elle et Sartre n'avaient pas soutenu des terroristes qui avaient du sang sur les mains en d'autres circonstances (dans les années 70 par exemple).

 

L'on faisait ainsi "comme si" on n'était pas passé d'une religion à l'autre : d'une religion de la manifestation d'une liberté politique par l'acte destructeur, à la religion du culte des individus et de sa souffrance. En faisant comme si, en 50 ans, l'intelligentsia n'avait pas changé de religion, on faisait comme si de Beauvoir avait défendu la nôtre, celle d'aujourd'hui, dans les affaires d'hier, ce qui n'était pas la chose la plus intelligente à faire.

 

La question de l'usage systématique de la torture face à des civils combattants qui usent de tous les moyens (y compris du meurtre d'autres civils) pour parvenir à leurs fins reste un problème épineux, comme on le voit aujourd'hui avec l'affaire de Guantanamo, la torture étant en réalité le seul moyen de démanteler, dans une masse indistincte de civils, une menace tournée vers d'autres civils (son efficacité dans la bataille d'Alger a été prouvée et a fait école, aux Etats-Unis en particulier). Mais on ne peut s'empêcher de songer que ce procès sur les moyens n'a au fond pas énormément de sens. La seule interrogation pertinente (et plus facile à trancher) se situant plutôt en amont : oui ou non le colonialisme (dont la torture n'était qu'un moyen de perpétuation) était-il légitime ? A cela il est aisé de répondre bien évidemment "non", même si on comprend que divers contemporains du colonialisme, aveuglés par divers mythes comme la foi dans une "mission civilisatrice" n'aient pas eu les idées claires là-dessus.

 

Dans une déclaration de 72, à une question sur sa propre expérience Boupacha répondit que "tout le peuple algérien" qui resistait depuis 1830 a été torturé. Façon d'élever le niveau de la discussion à une dimension réellement politique et non humanitaire : le colonialisme en soi était une torture, une torture politique. C'est peut-être pour ne pas descendre de ce niveau de conscience historique que l'ancienne résistante ne s'est pas abaissée à se rendre sur le plateau de Taddei pour en discuter.

 

Mais cette conscience historique de Boupacha procède sans doute elle-même d'une conviction philosophique (ou religieuse) voisine de celle de de Beauvoir et étrangère à la nôtre. Le culte d'un mouvement d'émancipation collective qui légitime qu'on tue 20 personnes dans un café pour provoquer une dialectique de la répression. Je veux dire que face à un colon grec qui exploitait tranquillement ses terres africaines commes Synésios au IVe siècle de notre ère en asservissant la population locale et repoussant les tribus nomades par le glaivre, comme l'avaient déjà fait ses ancêtres pendant mille ans personne en Libye ne s'était jamais proposé d'aller massacrer le maximum d'aristocrates grecs pour accélérer une répression qui favorisaient l'émergence d'une libération nationale des autochtones. On était là dans un autre dispositif de croyance dans lequel aucune des problématiques du XXe siècle ni du XXIe ne pouvaient avoir leur place.

 

Ces différences de dispositifs de croyances me font penser au serial killer qui émeut tout le monde en ce moment. A chaque fois qu'une histoire comme celle-là apparaît (comme en Norvège l'autre fois), je songe au tueur du Fantôme de la liberté de Bunuel campé dans la tour Montparnasse, et à l'éloge de la tuerie par le surréalisme de l'entre-deux guerres. Là encore le dispositif de croyance dans cet imaginaire artistique était autre. Focalisé sur la puissance de l'acte et non sur la souffrance des victimes.

 

Indépendamment de la question de savoir si le tueur qui fait la "une" de l'actualité aujourd'hui est manipulé ou de savoir qui en tire profit en période électorale, il est clair que le fétichisme actuel autour de la souffrance des individus (et notamment des enfants et des minorités) pousse les folies subversives à se rechercher l'écrasement de cette individualité érigée en valeur suprême. Les deux phénomènes antagonistes se nourrissent réciproquement l'un de l'autre. Et ce n'est pas prêt de changer, car le pessimisme sur les chances de survie de notre espèce et de notre écosystème encourage l'absolutisation des particularités hic et nunc des particularités des individus et de leurs affects.

Lire la suite

Des sujets qu'on ne traitera pas ici

13 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je pourrais évoquer beaucoup de choses ce soir sur ce blog.

 

P1010968L'étrange façon dont B92 met en exergue le 37ème anniversaire du décès du prix Nobel Ivo Adric, comme si 37 ans était un compte rond, la tentative d'assassinat du président Ankvab en Abkhazie et la façon stupide dont le magazine TV l'Echappée belle a tenté de parler de ce pays il y a quelques jours, les nouvelles épouvantables que je lis sur le sort des Noirs en Libye et dont il va falloir que je parle sur un autre blog (après vérification des infos bien sûr, mais les éléments commencent à concorder), puisque cela n'intéresse pas nos médias ; et puis la sage décision du Conseil constitutionnel qui a censuré la loi "mémorielle" écrite pour le lobby arménien, et la honteuse attaque qu'elle provoque de la part de M. BHL du BHV qui fulmine une fois de plus contre nos institutions, et encore ce film de Woody Allen de 2010 que j'ai vu ce soir en DVD ("Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu") sur l'insignifiance de la vie et les illusions, qui finalement met en valeur l'art du récit comme opérateur d'une sorte de "oui dionysiaque à la vie" (et ça, ça me renvoie mine de rien à la passion du récit chez Marguerite de Navarre), et encore, puisqu'on parle de dionysisme, le bon article du Monde diplo de ce mois-ci contre le Enième livre caricatural d'Onfray (livre pour Camus et contre Sartre cette fois-ci), c'est le seul article que je lise dans ce numéro du journal, tout le reste m'indiffère.

 

Beaucoup de sujets mais le temps fait défaut. Bientôt minuit. Oublions donc ce blog pour quelques heures.

Lire la suite

L'optimisme de Jean Viard dans Libé

10 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Journaux-3-2.jpgVoilà le genre de sociologue que Libération apprécie (trois pleines pages pour lui) et qui est aux antipodes de mes valeurs et de mes analyses : Jean Viard, sociologue de la "mobilité" et du bonheur écolo-libéral de centre gauche (une sorte de nouvel Alain Touraine). Partant du postulat que les trois quarts des gens sont heureux (puisqu'ils le disent dans les sondages) il entreprend de légitimer le monde tel qu'il va - "Avec Carrefour je positive". Bien sûr il ne lui vient pa à l'esprit que les gens dans les sondages disent qu'ils sont heureux simplement pour ne pas entrer dans la case des "malheureux" stigmatisée, infâmante, et qui ouvre la porte à la miséricorde paternaliste. J'avoue qu'en ce qui me concerne je répondrais "sans opinion" à ce genre de sondage tant les catégories "malheureux" ou "heureux" me paraîssent dépourvues de sens.

 

Le postulat de Viard me semble erronné : l'opinion affichée des gens n'est pas un critère de leur bien-être réel, et s'ils étaient si bien dans leur peau nous ne battrions pas les records de consommation de psychotropes.

 

Pour vous persuader de l'inanité des thèses de ce sociologue, lisez ce paragraphe :

 

"La discontinuité des pratiques sociales est la règle de nos sociétés. On vit désormais des séries de vies. Avant, on pouvait dire que l’on avait réussi sa vie lorsque tout le quartier se pressait à l’enterrement. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est de pouvoir raconter cette vie : «Il a travaillé à Libé, après il a fait un élevage de chèvres, il a trouvé une nana absolument géniale, puis il a été cinq ans en couple homosexuel - on n’aurait jamais cru ça de lui.» Du coup, tout ça devient passionnant. Au risque d’insister, avant, on faisait l’amour 1 000 dans sa vie. Maintenant, c’est 6 000 ! Et si vous le faites 6 000 fois de la même manière, ça devient ennuyeux à mourir. D’où les films érotiques, les pratiques différentes, les aventures…"

 

Voilà encore un publiciste qui oublie de réfléchir. Faire l'amour 6 000 fois, comme une gymnastique, parce que les sexologues disent que c'est bon pour la tension artérielle, quel intérêt ? (à part enrichir les coach, les fabriquants de viagra, et culpabiliser les abstinents ?). Est-il si formidable d'avoir "trouvé une nana géniale" puis de l'avoir perdue ? Si elle était si géniale c'est un drame. Si ce n'est pas un drame c'est qu'elle n'était pas géniale. Et voyez l'envers de cet énoncé : il a bossé à Libé, puis il a élevé des chèvres, il a eu une nana, puis il a été homo, ça veut dire : il n'avait pas de raison de prendre son job au sérieux puisque c'était provisoire, il savait que sa relation sentimentale n'allait pas durer, puisque ce n'était qu'une séquence de vie, il savait qu'elle le plaquerait ou qu'il la plaquerait, que c'était juste affaire de consommation, et de contrat à durée déterminée. L'éphémère autrefois subi avec un brin de mélancolie, aujourd'hui érigé en norme et source de "bonheur" (bonheur de pacotille bien sûr). Société de la "résilience" : n'aimer personne, ne s'attacher à rien, ne jamais être triste, ne pas s'investir, jamais, zapper, toujours zapper, ne jamais être fiable, ne pas être la personne sur qui on peut compter, parce que soi même on ne compte sur rien, et donc on ne compte pour rien.

 

Cet éloge de la "discontinuité" est un pur nihilisme totalitaire... à l'image du journal qui en est le support.

Lire la suite

Deux dernières images de la journée

14 Février 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Deux images pour teminer la journée :

 

- Un documentaire d'Arte à charge contre Julian Assange ce soir, "Secrets et mensonges". Documentaire d'un niveau éthique semblable à tout ce que cette chaîne délivre dans ses journaux quotidiens : très bas.

 

- Une belle tirade de Mathieu Kassovitz contre l'hostilité du cinéma français à l'égard de l'engagement politique

 

 

Lire la suite

Flamby Hollande révèle son amour pour la City de Londres

14 Février 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

La dernière sortie de Hollande confiant dans le Guardian son admiration pour Tony Blair, son respect pour la City, démentant ses déclarations du Bourget, et affirmant qu'il n'y a plus de communistes en France (tant pis pour les plus de 100 000 membres de ce parti) révèle bien sûr le vrai visage du personnage, qu'en réalité tout le monde connaît. Cela souligne aussi qu'il n'y aura pas d'autre issue pour peser utilement sur le cours des choses en avril prochain que de voter massivement pour le Front de gauche quels que soient les défauts de style et de fond de JL Mélenchon (mais il faut aussi lui reconnaître d'indéniables qualités). Cela arivera-t-il ? on ne sait. Mélenchon est crédité de 8,5 à 11 %, avec une dynamique en progression, mais un potentiel qui n'est pas infini.

 

Après, il faut se demander si Flamby-Hollande méritera d'avoir des voix de gauche au second tour. Ce brave garçon a une façon bien particulière d'éviter de se poser à lui-même la question, croyant sans doute que de toute façon le "tout sauf Sarko" suffira à lui rallier tout le monde.

 

L'arrogance social-libérale est bien connue. Les communistes du 93 par exemple peuvent en témoigner sous le premier mandat de Bartolone à la tête de leur conseil général. Les Espagnols aussi quand Zapatero, l'an dernier, s'était exclamé qu'Izquierda unida ne comptait pas puisqu'elle n'avait que très peu de députés.

 

Cette arrogance pourrait être contrée par une forte mobilisation sociale après l'élection - si le canidat social-libéral est élu. Mais on sait d'expérience que la gauche de la gauche n'agit guère quand un "socialiste" gouverne. Voilà qui ne rend pas optimiste pour les mois qui viennent.

 

De même qu'on ne peut pas être optimiste pour les Grecs dont la mobilisation reste somme toute bien faible compte tenu de la division entre Synaspismos et le Parti communiste.

 

Comme JL Mélenchon s'est réveillé un an trop tard sur la question de la Côte d'Ivoire, peut-être l'opinion publique française sortira-t-elle de sa léthargie avec un contretemps de douze ou quinze mois, quand la moitié des gouvernements d'Europe seront entre les mains de l'extrême droite et lorsque notre guerre contre l'Iran (tant désirée par nos élites) nous aura conduit aux portes d'un affrontement catastrophique avec la Chine.

 

L'humanité est douée pour faire son malheur. Spécialement quand une bande d'abrutis qui se croient instruits accaparent les leviers du pouvoir intellectuel et moral.

 

 


 

 

Lire la suite

La milice chinoise

6 Février 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Certains d'entre vous m'ont demandé quel était ce charmant bataillon féminin dont je présentais récemment le défilé au bas de mon billet sur le rôle dirigeant du Parti communiste en Chine. Il s'agit d'une force paramilitaire que l'on appelle la milice et qui sert essentiellement de soutien logistique à l'armée, qu'elle supplée aussi pour le contrôle des frontières. Elle comprend plusieurs millions de jeunes gens, filles et garçons, âgés de 18 à 28 ans. Le jour où les amis de Bernard-Henri Levy auront envahi la Chine dans le cadre d'une opération de "regime change" qu'ils affectionnent (si ce pays ne parvient pas à utiliser l'arme atomique en temps utile), ces jeunes gens, qui ont droit à un entraînement militaire de trente jours par an, intègreront l'Armée populaire de Chine, ou seront employés à mener des actions de guérilla à l'arrière des lignes franco-anglo-américaines, pendant que vos médias vous expliqueront que la victoire est au bout du fusil, et le règne universel des droits de l'homme (c'est-à-dire l'Age d'Or) à portée de vos rêves (et que vous irez chercher une canette de coca au frigo en les écoutant distraitement).

 

 

Lire la suite

Le temps qui passe, Tesson, Cristina Fernandez

20 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

La voisine de mes parents est morte hier. Un avertissement pour mes parents. Ils ont pratiquement le même âge qu'elle. Années comptées pour eux, pour moi. Fin d'une époque. Fin de la jeunesse. S'installer dans un monde où plus de la moitié de la population est plus jeune que moi et ne connaît donc pas les époques que j'ai vécues. Un monde où je ne suis plus un jeune premier. Où on ne me fait plus crédit de ça. Ai-je vraiment envie de vivre dans ce monde-là ? Dans cette "seconde moitié de ma vie" ?

 

Un symptôme : je me raccroche aux gens de mon âge, à ceux qui sont confrontés à la même lourdeur du passé que moi. La photographe italienne Morgane. Je lui ai écrit  en espagnol "Nada pasa, todo queda" ("Rien ne se passe ou passe, tout reste"). Elle a répondu "todo queda es mi utopia". Normal pour une photographe. Nous sommes des gens ridés aux utopies indigestes, et nous allons bientôt construire une esthétique de rescapés sur ce radeau de la Méduse. Voilà pourquoi les vieux restent entre eux.

 

Les jeunes m'emmerdent avec leurs ambitions naïves (celles que j'avais il y a 15 ans). Un photographe de moins de trente ans avec lequel je bosse par exemple. Pourquoi vouloir exister dans un monde qui ne mérite rien ? Même plus envie de faire de la philosophie.

 

resto-pak.jpgJ'ai dîné seul dans un resto indien après avoir vu une expo assez insipide sur Gaston Phébus au musée de Cluny. Le plaisir du Lassi à la mangue. Un plaisir au dessus du néant. Un plaisir qui ne mène à rien dans un monde sans valeur.

 

Je peste contre Tesson et son voyage en Sibérie. Tout y est si surfait. Les gens n'ont pas les couilles d'avoir de véritables pensée, de celles qui vous arrachent le coeur. C'est le règne du petit bricolage, de la petite élégance. En d'autres termes de la médiocrité.

 

Elle est mignonne Cristina (Fernandez) quand elle crache sur la médiocrité des Anglais qui ont osé prétendre mettre un "point final" au conflit des Malouines. Dans sa bouche médiocrité et arrogance sont synonymes. Pourtant elle sait que pendant longtemps encore l'Europe continuera à subventionner les Malouines, à y pomper du pétrole, et à balayer les récriminations argentines en disant "ces latinos nous font chier". Le combat contre l'arrogance est interminable; Mais Cristina ne perd pas pied. "Nos enfants, nos petits enfants et leurs enfants le reclameront encore", a-t-elle dit. Elle voit loin. Les dominés dont persévérants. Elle a trouvé une clé pour rallier le "Sud"  (dire "sour" en roulant le "r" final) : dire que son combat n'est pas celui de la fierté patriotique, mais celui de la justice contre la loi du plus fort. Le Mercosur a suivi. L'Atlas alternatif pour rendre la cause sexy auprès des écolo en rajoute une louche sur les pingouins morts de faim à cause des pêches anglaises. Dans le monde d'aujourd'hui ça touche plus que la justice sociale.

 

Quand Cristina fut élue, nos médias la comparèrent à Hillary (Clinton, l'hystéro guerrière) - dans leur bouche ça se voulait flatteur. Aujourd'hui ils font une moue de dégoût quand ils entendent son nom et évitent de parler d'elle. Ce n'est plus qu'une petite latino gaucho qui les emmerde. Ils s'étaient comportés pareil avec Morales. Le "première président indien", gentil petit indien sympa, jusqu'à ce qu'il aille serrer la cueillère à Castro et à Chavez. "Castro et Chavez, ces odieux totalitaires" comme dirait l'immonde Cohn-Bendit...

 

L'Atlas alternatif, lui, continuera inlassablement à tisser la légende de Cristina, comme celle du gouvernement érythréen, et des paysans maoïstes népalais. Non je rigole. Ce blog ne tisse la légende de personne. Il se contente de dénoncer les ingérences. Mais quand même faire entendre de temps en temps le nom de ces gens que nos médias vomissent, cela sert le Bien avec un grand "B"... la Dykè...

 

Allez pour le plaisir, encore la voix de Cristina, quelques minutes... Regardez comme la présidente du Brésil Dilma Rousseff approuve de tout son visage quand Cristina dit que les puissants iront chercher les ressources minières et pétrolières à n'importe quel prix chez ceux qui les ont.

 

 

Lire la suite

Istanbul vu par Pialat

13 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

En 1964... (merci à ma correspondante soukhoumienne de m'avoir suggéré cette vidéo)

 

 

Lire la suite
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>