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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

Cortina

21 Octobre 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Bon, je crois avoir dit à peu près tout ce que je pensais sur tout (ou du moins le principal). Le support Internet (sur lequel n'importe quel petit geek peut balancer n'importe quoi sur n'importe qui, avec l'assentiment de quelques gogos) ne m'intéresse plus beaucoup. Je ne viendrai donc plus guère sur ce blog, sauf pour signaler quelques recensions de mes livres (s'il s'en publie) comme je l'ai fait cette semaine avec celle de "France Arménie".

 

Pour le reste, je ne vois plus du tout l'intérêt de traîner sur le Net. Sauf à tuer le temps. Mais il y a d'autres moyens de le faire.

 

Merci à tous de m'avoir lu.

 

J'ajoute à ce dernier propos deux vidéos. Deux femmes. Jeanne qui pleure, Jeanne qui rit. Photographies de notre époque.

 

"Pas d'images justes, juste des images"...

 

 

 

 

 

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Assez stupéfiant quand même

17 Octobre 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

train.jpg"Indignez vous" est un slogan assez idiot lancé par un grand-père rocardien il y a plus d'un an et qui semble avoir fait son chemin en inspirant quelques happenings assez inoffensifs aux quatre coins du monde occidental.

 

S'indigner est un verbe assez doux, élégant, et par là même décalé. En réalité, il y a lieu d'être plus qu'indigné : "absourdi". Le décalage entre les aberrations dont nous sommes témoins dans notre monde et le très faible écho qu'elles reçoivent dans le débat public (dans les discours de nos hommes politiques, sous la plume de nos journalistes) est proprement stupéfiant.

 

Prenons deux exemples.

 

La guerre en Libye. On nous annonce sur certains blogs des choses vraiment épouvantables. La dernière nouvelle tombée jeudi était celle selon laquelle le pseudo-gouvernement CNT avait tirer sur la foule tripolitaine qui manifestait à la sortie des mosquées à l'appel de Kadhafi. Si l'information est juste, il s'agit d'une mesure de répression pire que celles qu'on reprochait à Kadhafi du temps où il dirigeait la Jamahirya. Je veux bien qu'on me dise que ce n'est que de la propagande de guerre, que cela ne s'est pas produit. Mais la presse de le dit même pas. Elle le passe sous silence. Donc nous ne pouvons pas savoir si oui ou non le cryptogouvernement libyen a tiré sur la foule ou pas. Tout comme nous ne saurons pas si la ville pro-kadhafiste de Sirte a été pratiquement rasée comme l'indiquent certaines sources anti-guerre, ni si des villages de Noirs ont été vidés de leur population, ni s'il y a des troupes françaises et qataris parmi les hommes du CNT. Nous n'aurons droit dans la presse qu'aux communiqués triomphalistes habituels "les troupes du camp du Bien, du CNT avancent", le progrès est en marche...

 

 

 

Déjà pendant la guerre d'irak je m'étais étonné de constater que la presse française parle si peu des abominations commises par le gouvernement mis en place par les forces américaines et qu'Amnesty international a dénoncé comme étant un des plus répressif du Proche-Orient. Le même scénario se reproduit en Libye. Je ne demande pas qu'on valide les assertions des kadhafistes : juste que la presse fasse son boulot et fasse sérieusement la part du vrai et du faux dans cette affaire.

 

Et il y a plus grave encore, du point de vue égoïste du contribuable/consommateur français (qui d'ailleurs perd aussi beaucoup d'argent dans la guerre libyenne). Je ne connais pas grand-chose à l'économie ni à l'Union européenne. Toutes les fois où je veux lire quelque chose de court et de percutant là dessus, je me reporte au blog très respectable (même si ceux qui le fréquentent le sont bien moins) "La Lettre volée". Et j'y trouve des paragraphes comme celui-ci :  "s'il est normal que l'Union songe à défendre la monnaie dont elle a entendu se doter (pour 17 de ses membres), on peut s'étonner que la mise en place d'instruments (du Mécanisme européen de stabilité - MES) qui engagent des sommes aussi considérables - 144 milliards d'euros , une année de déficit budgétaire de la France, ou près de 10% de la dette publique - se fasse dans un silence aussi absolu, alors que prendre 250 millions d'euros de taxe sur les sodas suscite en France une tempête médiatique...  A croire que la classe politique française ayant décidé une fois pour toutes que l'Europe c'est la paix et rien d'autre, entend ne jamais avoir à tremper dans les décisions de plus en plus ubuesques qui doivent être prises pour défendre un système qui ressemble de plus en plus à un gigantesque château de cartes..."

 

Ce MES a l'air d'être une belle aberration construite par et pour les banques (voir l'explication technique ici) et la confiscation de la souveraineté populaire sur les finances publiques est à peu près complète à travers ce genre de mécanisme. Mais qui parviendra à replacer ce problème au coeur du débat public ? qui nous sortira de la politique spectacle (Hollande-Bayrou-Sarko) ?

 

Sur nos écrans de TV MM. Juppé, Coppé and co affirment avec aplomb "tout va bien, nous tenons le bon cap", et balaient d'un revers de main méprisant quiconque tenterait quelques objections rationnelles (je pense là à Zemmour dans son face-à-face récent avec le ministre des affaires étrangères). La raison est férocement exclue du jeu...

 

J'avais été frappé en lisant au printemps dernier Romain Rolland sur Jaurès par son tableau du gouvernement et du parlement de l'année 1900 : en gros une bande de fondés de pouvoir des grandes banques. Hé bien nous en sommes à nouveau là. Sauf que nous n'avons pas cette fois-ci, face à eux, la petite bande déterminée des socialistes, qui allaient quelques décennies plus tard arracher les compromis de l'Etat providence au grand capital. Nous n'avons même pas un troupeau de va-nu-pieds maoïstes comme au Népal (va-nu-pieds si aisément étranglés par le FMI et le danger sécessionniste). Nous n'avons qu'une poignée d'indignés qui font du camping...

 

Bon, il faudra aussi un de ces jours que je vous parle des gentilles mémoires de Jacques Chirac, que je lis à mes moments perdus...

 

 

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"Ah si j'étais, ah si j'avais"...

11 Octobre 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

P1000651-copie-1.jpgLorsque j'avais 16 ans, je rêvais que je serais député et qu'une magnifique blonde très classe applaudirait mes interventions à l'assemblée nationale. C'est ce qu'on appelle en psychologie évolutionniste "le rôle de la sélection sexuelle dans les progrès de l'espèce". On veut se dépasser soi-même pour plaire aux meilleures femelles. Aujourd'hui je n'ai aucun regret car si j'étais devenu un politicien j'aurais plu à des Christine Ockrent ou des Audrey Pulvar, c'est à dire des premières de la classe très conformistes versées dans le journalisme politique. A  mourir de tristesse.

 

A 20 ans je me disais "si j'étais docteur en sociologie ou philosophe, je traînerais dans les colloques, la pipe à la bouche (car à l'époque la loi Evin n'avait pas encore sévi) à parler de Spinoza avec des airs inspirés, ou bien comme Bourdieu je pourrais flinguer les faiseurs de concepts en les ramenant aux conditions sociales de production de leur système". Aujourd'hui je suis docteur en sociologie et la TV quand elle m'interviewe me qualifie de "philosophe", mais je dois passer mon temps à dire "attention je ne suis pas sociologue à la manière du couple Pinçon" (dont le dernier bouquin "Le président des riches" est une parodie de leur discipline composé juste comme un patchwork de coupures de presse) ou "ne lisez pas le bouquin du monsieur qui raconte l'histoire du chien conatus pour rendre la philo accessible aux enfants". Il faut reconnaître que dans ce monde où les idées n'ont plus rien de magique on trouve plus matière à combattre ceux qui s'enferment dans la posture artificielle du penseur qu'à vouloir en devenir un soi-même...

 

A part ça parlons de chose plus sérieuses. Un ami communiste canadien que je connais depuis la guerre du Kosovo écrit sur son Facebook :

 

"I am shocked that there is not one post about what is happening in Libya. The war goes on. The Libyan army and green resistance is smashing the Nato gang every turn, Nato planes are murdering hundreds of civilians daily, the people of Libya, alone, are fighting all the Nato countries with a rare courage-but if I came down from Mars and looked at this site I would not know there was a war going on in which the USA and Canada and the rest of that criminal gang are destroying one more socialist country. Frankly I am disgusted."


iraq.jpg

Qu'il qualifie la Libye de "pays socialiste" n'est pas si absurde. Un haut fonctionnaire qui a fait de la coopération avec ce pays me disait il y a huit jours : "Tous les projets que nous faisions devaient entrer dans leur système de planification quinquennal qui était profondément marxiste". Il est vrai que Kadhafi (comme Milosevic, comme le gouvernement syrien actuel) avait commencé à privatiser, mais les plus chauds partisans des privatisations dans son régime sont passés au Conseil national de transition dès le mois de mars, le coeur de ses partisans restent attachés au système de redistribution sociale promu par son régime, commeà la solidarité panafricaine qu'il incarnait.

 

Les gens sont devenus abstraits dans le regard qu'ils portent sur le monde, voilà ce que je répondrais à cet ami canadien. Personnellement je n'aime guère le style de "gouvernance" qu'incarne Kadhafi, mais j'avoue qu'en effet la résistance kadhafiste à Syrte et Bani Walid (ce "people of Libya, alone, fighting all the Nato countries with a rare courage " comme dit ca garçon) force mon admiration, tout comme ces mobilisations de Touaregs dans le désert, et la constance de l'Algérie, solidaire des loyalistes, à ne pas céder devant l'ingérence occidentale. Tout cela est assez beau, mais l'esthétique de la résistance armée échappe complètement désormais aux révolutionnaires en chambre de nos pays qui ne perçoivent qu'abstraitement et très lointainement l'idée de donner son sang pour une cause.

 

J'observe que même les Vénézuéliens n'ont pas envoyé de "brigades internationales" au secours de Syrte martyrisée. Sur ce terreau d'indifférence naît l'impunité des empires (le nôtre - et ceux qui émergent face à lui autour de Moscou, d'Ankara etc.) qui en viennent à négocier entre eux au Conseil de Sécurité de l'ONU l'avenir du monde (sur le thème "je te laisse t'ingérer là, si tu me laisses m'ingérer ici) sans que les peuples n'aient plus leur mot à dire... CSONU.jpg

 

Et pendant ce temps, les salafistes montrent le bout de leur nez en Tunisie, et l'armée tire sur les coptes en Egypte. Ceux qui ont fait assaut d'optimisme devant les Printemps arabes, en seront pour leurs frais. Je regardais dimanche une conférence de Tariq Ramadan qui, à partir d'un point de vue qui n'est pas le mien, celui du religieux musulman, menait une analyse factuelle assez précise et réaliste de ce qui s'est passé dans le monde arabe depuis le mois de janvier dernier. Une anayse sévère pour les manipulations étrangères. Il annonçait la parution d'un livre là-dessus pour le mois prochain. Un livre qui sera sans doute beaucoup lu, et beaucoup commenté dans les milieux musulmans d'Europe, et un ouvrage très utile si j'en juge par l'avant-goût qu'il en donnait ici.

 

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Identités postmodernes - monde globalisé - nouveautés en tous genres

7 Octobre 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

P1010801.jpgLa semaine dernière je parlais avec un ami : "Je devais intervenir dans une conférence en Europe, racontait-il. Tariq Ramadan y intervenait aussi. Je ne le savais pas. Quand je suis entré, j'ai vu qu'ils avaient fait mettre les femmes d'un côté les hommes de l'autre. De toute ma carrière dans aucune conférence de soutien à la Palestine ou autre qui se déroulaient en Europe je n'avais jamais vu cela. J'ai refusé de rentrer dans cette combine et j'ai quitté la conférence immédiatement".

 

Hier conversation avec une Réunionnaise de la "communauté " indienne (hindouiste) : "Les gens qui financent les lieux de cultes chez nous importent de plus en plus des pratiques venues d'Inde. Par exemple de faire asseoir les hommes et les femmes de façon séparée dans les temples. On n'avait pas connu ça chez nous avant. Des fois des gens sortent de nouveaux interdits dont on ne sait pas trop d'où ils viennent, des trucs que parfois ils lisent sur Internet. Une de mes cousines s'est faite engueulée récemment parce qu'elle était assise les jambes croisées".

 

Ca m'a rappelé une élue d'origine algérienne de Brosseville : "Maintenant dans les conversations on te sort des règles de "haram", d'interdiction, nouvelles tous les ans : les talons hauts, le maquillage. Tout c'est haram. Et des imams venus d'on ne sait pas où vont sur radio Orient recommander aux Musulmans de boycotter les guirlandes de Noël".

 

La jeune réunionaise exprimait tous les mélanges culturels et toutes les représentations parfois incompatibles entre elles qui ont pris racine dans sa tête. Par exemple un certain héritage à la fois républicain et tiers-mondiste qu'elle a reçu de sa famille (proche d'une grande famille communiste locale) qui entre directement en conflit avec le nouveau "clash des civilisations" auquel elle n'est pas étrangère : "Mes oncles ils étaient solidaires de l'Irak en 2003, et souvent même ils reconnaissent que les Musulmans ont raison et qu'on leur cause des injustices. Mais en même temps je sais depuis le 11 septembre que s'il y a une prise d'otage dans un avion par des extrémistes islamistes c'est moi, l'Indienne, qu'ils flingueront en premier. Je connais une fille hindoue qui avait  un signe chrétien - parce que l'hindouisme et le christianisme se mélangent beaucoup - et qui n'ose plus le porter dans les avions. Donc moi je me méfie de ce qui arrive du monde musulman en ce moment, le voile etc. Et je comprends que l'Inde se rapproche des Etats-Unis". Un "clash" des civilisations qui se nourrit d'une paranoïa véhiculée par les médias. La fille reconnaît d'ailleurs que, d'une part elle ne va plus ni à Singapour, ni aux Etats-Unis parce qu'elle n'aime pas la brutalité des valeurs de ces pays, qui se manifeste notamment dans les fouilles policières arbitraires, et, d'autre part, qu'elle adore la civilisation américaine dont elle gobe toutes les productions audiovisuelles à longueur de journées. Le rapport à l'américanisation est donc vécu sur un mode des plus ambigus.

 

Etonnant de se dire que des millions de gens, voire des milliards composent tous les jours avec toutes ces données incohérentes. Internet, la TV, la globalisation, mettent dans leur cerveau toutes sortes de trucs qui vont un peu dans tous les sens et qui se surajoutent aux héritages familiaux sans toujours s'articuler correctement avec eux. Comment travailler à des stratégies mondiales d'intérêt général quand tout est constitué de patchworks individuels compliqués souvent contradictoires ?

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Samedi après-midi

17 Septembre 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

CIMG1218Je traînais cet après-midi chez un bouquiniste. Je lui ai demandé s'il avait des oeuvres de Romain Rolland. Il lui  restait cinq ou six ouvrages. "On ne le réédite plus, dis-je, pour un prix Nobel c'est injuste". Evidemment, vu son métier, il ne pouvait que m'approuver : "En dehors de phénomènes à la Amélie Nothomb le système de l'édition contemporain ne voit rien. Tenez, allez, je vous donne quand même un sac de la Fnac"...

 

Je ne suis pas très heureux d'être parmi les "réacs progressistes" comme dit un lecteur du blog d'Edgar, mais c'est vrai que notre époque est bien triste, si écervelée... Voyez comme les adversaires de François Asselineau sonnent creux et sans originalité sur BFM TV, un peu comme ces profs qui se dénudent pour dénoncer le manque de moyens de leur époque. Toujours les mêmes clichés, les mêmes procédés qui passent en boucle. On m'a dit qu'au stand du Parti de gauche à la Fête de l'Humanité en ce moment il y a un jeu du "Chamboule tout" avec des boîtes aux effigies de Trichet, Kadhafi, et Le Pen. Surtout ne pas faire réfléchir les gens...

 

Il y a chez Romain Rolland, à côté de beaucoup de lourdeurs, une problématique intéressante sur le rapport entre le mysticisme personnel (appelons cela plutôt la recherche  philosophique), et l'engagement dans la société, la façon de concilier les deux. Particulièrement important de nos jours quand la présence au monde (l'insertion dans le totalitarisme "globalisé" ambiant) tend à vider les individus de leur contenu subjectif...

 

Je suis content aussi d'avoir relu la correspondance de Clemenceau. Même si son américanophilie n'est pas ma tasse de thé, même si, comme le souligne Julien Gracq dans " En lisant en écrivant" à propos d'Alain dont il fut l'élève (Alain remis au goût du jour par Chouard bizarrement), l'univers radical sent un peu trop la France rurale, la résistance des arrondissements au curé, au sous-préfet, au notaire, Clemenceau reste une personnalité attachante. Son mot contre Albert Thomas et Jean Jaurès qui croyaient encore à la grève générale européenne 15 jours avant l'entrée en guerre de tous contre tous est très juste. On aurait envie de dire la même chose à Mélenchon qui dans son dernier billet répond au MPEP sur l'euro par du catéchisme ("l'Europe c'est la paix").

 

A part ça je cherche toujours un moyen de me rendre utile à mon époque... Quelqu'un a-t-il une idée ?

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Le problème de la folie du monde...

12 Septembre 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le problème de la folie de l'humanité travaille le débat public depuis longtemps. Pendant les guerres civiles spécialement (à Rome dans l'Antiquité, en Europe au temps des guerre des religion), puis sous le coup des grands progrès techniques : au début du XXe siècle, puis après 45 avec le développement des bombes atomiques.

 

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Les sciences humaines ont traité le sujet avec bienveillance, comme une curiosité intellectuelle, et un défi à la raison classique, donc un moyen d'étendre celle-ci et de prouver notre aptitude aussi à rendre compte de l'inconscient (au niveau de l'individu ou des groupes).

 

L'évolutionnisme darwinien tend à minimiser l'ampleur de notre folie... puisque la sélection naturelle aurait adapté notre cerveau et notre raison aux défis de l'environnement auquel notre espèce était confrontée. Nous n'avons pu évoluer vers la démence.

 

Or aujourd'hui on voit ressurgir le thème avec une bonne dose d'angoisse un peu sur tous les fronts. La folie du capitalisme financier, la folie de la destruction de l'environnement, la folie de l'évolution des moeurs, dans le sens de leur libération, ou au contraire du retour aux conservatismes religieux. Diifficile de se faire une opinion. Beaucoup de problèmes sont exagérés par nos contemporains simplement du fait de leur inculture ou du culte du temps présent qui s'est emparé de notre époque. En même temps on ne peut nier qu'il se passe des choses très très bizarres, et que les technosciences nous donnent des moyens de destruction massive sur nous-mêmes et sur autrui parfaitement sans précédents dans notre histoire. Le pire n'est jamais assuré, mais il est difficile d'évaluer la part de folie (et de bêtise irrationellement) réellement à l'oeuvre actuellement. Par conséquent, ne sachant comment l'évaluer, ont ne peut guère savoir non plus comment la guérir politiquement ou du moins la neutraliser, et l'on ne sait jamais jusqu'à quel point elle peut dynamiter ce qu'il reste encore de rationnel dans les projets collectifs que les uns ou les autres (nos dirigeants en particulier ou leur opposition) peuvent échaffauder. C'est là une véritable épée de Damoclès qui plane sur tous nos jugements.

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Réorientation du blog

19 Août 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

p1000121.jpgEn Libye l'étau se resserre sur Tripoli. Ces progrès seraient liés à des livraisons d'armes qataris via la Tunisie et au "soft power", notamment la corruption par l'argent des officiers loyalistes. Cela a marché avec Saddam Hussein, avec les Talibans, cela marche aujourd'hui en Libye. L'argent achète tout, c'est la vie...

 

On peut lire sur la toile un article d'un sociologue camerounais qui expose que la Libye de Kadhafi est bombardée parce qu'elle contribue à hauteur de 50 millions de dollar au projet de satellite africain Rascom 1 et pour sa participation au Fond Monetaire Africain, à la Banque Centrale Africaine, et à la Banque Africaine Des Investissements. Il estime que l'Algérie pourrait être une cible des Occidentaux au même titre que la Libye en raison de ses réserves en devise susceptibles de rendre service aux pays africains. Sans doute ce texte rationalise-t-il à l'excès les raisons de notre intervention militaire qui tiennent selon moi à trois facteurs beaucoup plus "impulsifs" : la pression des opinions publiques française, britannique et étatsuniennes travaillées depuis des années par l'antikadhafisme des médias (une antikadhafisme certes lié au passif de l'engagement du personnage dans des causes impopulaires en France comme le panarabisme et le panafricanisme) et une volonté de voloriser l'alliance militaire franco-britannique sur un terrain militaire concret. Mais les éléments informatifs sur les choix d'investissement de Kadhafi sont intéressants.

 

Dans l'affaire syrienne c'est autour de Moscou que l'étau se resserre. On multiplie les appels à la démission de Bachar El Assad pour "compenser" l'impuissance du Conseil de sécurité imputée au véto russe. Pourtant la presse russe n'est pas très tendre avec Damas. Et à juste titre. On ne sait pas trop ce qu'il se passe en Syrie, du fait du black out gouvernemental. Il y a peut-être des ingérences saoudiennes(*), des bandes armées infiltrées de l'étranger. Mais il semble aussi y avoir un appareil répressif qui "se lâche" sans limite contre les civils. Et c'est cela que l'opinion publique occidentale à juste titre ne supporte plus. Il est sans doute un peu injuste d'imputer à Bachar-El-Assad l'intégralité de la répression, car déjà à l'époque de son père les services de sécurité n'étaient pas complètement contrôlés par le pouvoir civil. Mais à tout le moins il devrait démissionner. La perversion du système mondial actual tient au fait que les chefs d'Etat impliqués dans des répressions - réelles ou surestimées - sont dissuadés de démissionner par la menace d'un jugement devant la coup pénale internationale (menace qui plane même sur les pays non adhérents à la convention qui définit sa compétence comme on l'a vu en Libye). Cela dit tout cela est assez complexe : le président soudanais inculpé par cette même cour n'a pas l'air d'être trop inquiété. En tout cas l'impossibilité d'avoir une justice impartiale au niveau mondial est un facteur de déséquilibre supplémentaire. On le voit aussi avec toutes les suspicions qui entourent le tribunal spécial sur le Liban. Quant à la Syrie en tout cas, même si Moscou ploie, on se demande avec quels avions on attaquera Damas. Peut-être sollicitera-t-on à nouveau nos amis du Qatar (ceux qui achètent tant de choses en France avec les profits qu'ils tirent de la mondialisation) ? Et surtout quel régime mettre en place à la place du Baas ? C'est le même problème qu'en Libye (où on s'est rendu compte que l'opposition n'était pas si recommandable). Peut-être reprendra-t-on des cadres du Baas comme ce fut fait en Irak, en les repeignant aux couleurs de pseudo-démocrates pro-occidentaux, dans le cadre d'un régime parlementaire assez factice sur le modèle de Bagdad (un régime si "tendre" en Irak que Tarik Aziz demande à être exécuté plutôt que de continuer à croupir dans ses geôles, ce qui doit être le cas de bien d'autres opposants politiques moins connus). Honnêtement je ne crois pas qu'il faille défendre le régime baassiste, tous ces vestiges du nationalisme arabe comme Assad ou Kadhafi ne peuvent plus apporter grand chose à la jeunesse arabe, mais je ne comprends pourquoi l'Occident s'obstine à penser que c'est à lui de décider quel mode de gouvernement (ou de "gouvernance") doit s'y substituer... Si le régime d'Assad a perdu la confiance du peuple, il s'effondrera de lui-même, parce que son système de sécurité se fissurera de l'intérieur. Les Occidentaux n'ont rien à faire dans cette histoire.

 

En Asie, les tensions perdurent. La Corée du Nord menace celle du Sud à nouveau - mais cette année je n'ai pas eu le temps de regarder l'origine de ce nouveau contentieux (en général la responsabilité est un peu trop facilement imputée à Pyongyang). Les manoeuvres militaires étatsuniennes au large de la Chine et cet inquiétant conflit des Spartleys (mais pourquoi diable les Chinois revendiquent-ils un archipel aussi éloigné de leurs côtes ?) s'ajoutent au chaos politique qui commence à s'installer au Népal. Par ailleurs, il y a quinze jours des jets militaires étatsuniens ont violé l'espace aérien srilankais, une nouvelle qui n'a rien de sensationnel, mais qui participe d'un climat potentiellement belliqueux dont ce pays à peine sorti de la guerre civile pourrait à nouveau faire les frais prochainement.

 

En Afrique la sècheresse somalienne émeut les âmes charitables (on oublie juste de rappeler qu'elle résulte en grande partie de la guerre civile entretenue par l'occupation éthiopienne pour le compte des Etats-Unis, l'Ethiopie elle-même étant saignée à blanc par ses dépenses militaires), sans oublier les effets systémiques de la globalisation sur ce pays (par exemple la destruction de la pêche côtière par les multinationales, ce qui d'ailleurs nourrit la piraterie). Au Venezuela, Chavez est affaibli par son cancer. Il paraît qu'il aurait poussé son ami Villepin à jouer les intermédiaires en Libye.

 

On pourrait aussi parler de cette crise financière - les Etats s'endettent pour renflouer les banques, les banques les châtient en baissant leur notation -, de ces attentats d'Oslo (dont il est quand même peu probable qu'ils aient été perpétrés par un homme seul), et tant d'autres symptômes d'un dérèglement profond de ce monde. Mais j'avoue baisser un peu les bras en ce moment. Je laisse tomber l'engagement et m'enferme plutôt dans la lecture des vieux livres. Il y aurait trop à faire pour remettre en ordre ce monde. De toute façon, nous avons quelques politiciens courageux (déjà cités ici) qui tiennent des propos de bon sens (même si on peut regretter parfois qu'ils n'aillent pas assez loin, ou qu'ils manquent de sens stratégiques), il est inutile que j'ajoute à leur éloquence la petite voix de ce blog. J'orienterai donc celui-ci vers des sujets qui ne font pas la "une" de l'actualité, notamment des sujets historiques, ou littéraires. C'est plus reposant.

 

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(*) J'ai souri le 8 août à 12h30 en entendant la commentatrice du journal de France culture se réjouir, fort peu impartialement, du fait "qu'enfin" des pays arabes - c'est-à-dire en fait les monarchies du Golfe persique - élevaient la voix contre le régime syrien de Bachar-el-Assad. Voilà une belle neutralité journalistique. La journaliste aurait dû ajouter "enfin les grandes démocraties que sont les pétromonarchies vont pouvoir forger une Syrie  à leur image, alignée sur les intérêts occidentaux". 

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ps : Dans le Monde diplomatique d'aout Lordon défend une démondialisation au niveau national (pas européen comme Montebourg) et fustige les membres du comité scientifique d'Attac qui dans un opuscule de juin ont jugé cette idée réac. Si même Le Monde diplo se divise, c'est que le patriotisme économique n'est plus diabolisé à l'extrême gauche.Tous les espoirs sont permis. Ils finiront par être sur la même ligne que mon Programme pour une gauche française décomplexée... avec 5 ou 6 ans de retard. Le défaut d'anticipation... c'est leur problème depuis vingt ans au moins.

 

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La maladie mentale collective, et le problème de l'altérité

25 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Actualisation 2019 : Texte écrit avant mes découvertes sur le monde invisible au contact des médiums, largement renié depuis que je sais quelles forces sont à l'oeuvre dans tout cela.

Tous les commentateurs fonctionnalistes (sans le savoir) et totalitaires, qui, brodant à l'excès autour du cas du tueur norvégien admirateur de M. Finkielkraut, voudraient nous faire croire que toute opinion politique un peu atypique est une maladie mentale, devraient écouter ce petit extrait de conférence (quoique son auteur me paraisse plier un peu trop le bâton dans l'autre sens) :

 

http://www.youtube.com/watch?v=zQegsqYhuZE&feature=youtu.be

 

 

Oui, on peut être un amoureux de la solitude, et des interrogations non conformistes, ne pas avoir envie de se perdre dans la bêtise des polémiques parisiennes, sans avoir pour autant un "problème mental".

 

Il y a eu le tueur surréaliste, popularisé notamment par le Fantôme de la Liberté de Bunuel, qui tirait sur les pigeons et les gens du haut de la Tour Montparnasse, il y a aujourd'hui le pur facho islamophobe dans son délire. Evidemment je préférais le premier qui n'était qu'une construction littéraire, mais, pour en finir avec le second, ce n'est pas le discours normativiste, uniformisant et répressif qui nous fera avancer. Prenons les problèmes sociaux à la racine. Le rapport à l'autre, à ses propres peurs intérieures. En défendant les caricatures de Mahomet au Danemark, on suscite l'assassinat à Oslo. Parce que, dans les deux cas, on refuse l'altérité. L'autre n'existe pas, on ne l'entend pas, pas même l'autre en soi (et même les "anti-racistes" ne l'entendent pas non plus, aucun titulaire de discours dogmatiques). On ne négocie plus. On ne négocie pas avec Kadhafi, ni avec Gbagbo, ni avec les Talibans. On tue. 1 million de morts en Irak depuis 2003 aux dernières nouvelles. On tue, jusqu'à ce qu'on perde, jusqu'à ce qu'on doive s'enfuir en hélico comme à Saïgon et à Téhéran. On tue hors des frontières, et on pousse à tuer à l'intérieur des nôtres.

 

La maladie mentale si elle existe est dans cet ordre totalitaire qui nous met tous en porte à faux avec autrui et avec nous-mêmes. Le choix de la solitude et de l'opinion dissidente n'est pas le problème, mais bien souvent le début du remède. A condition juste de ne pas perdre le sens du cheminement ascensionnel. C'est le problème des fachos. Comme dirait Nietzsche : ils prennent le plus court chemin - qui n'est jamais le bon - ; celui qu'offre généreusement la civilisation étatsunienne aux désespérés : l'amour des flingues et de Jésus-Christ. Ce n'est pas la bonne voie. La bonne voie est dans la recherche de l'autre en soi (l'autre dynamique, et non l'autre régressif, égotiste et identiaire, l'autre anti-autre que beaucoup de gens deviennent dans le système actuel), même au prix de la solitude. Mais j'avoue que cela devient de plus en plus difficile, tant cet autre (toute forme d'altérité) est refoulé dans les mots et les comportements. Nous ne sommes plus chacun pour autrui et pour les institutions que des animaux à domestiquer (et même souvent moins que les animaux), du cheptel à discipliner, "pour sa propre conservation", un cheptel aussi paniqué, au fond, devant cet univers décidément si unheimlich, que des cochons à l'abattoir.

 

Mauvaises voies, mauvaises nouvelles...

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Etrange Russie

18 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Aujourd'hui même, alors que les aléas des commentaires de ce blog me conduisent à repenser au Caucase, je tombe sur cette nouvelle d'une campagne lancée pour pousser les jeunes femmes russes à se dénuder afin d'obtenir l'élection de M. Poutine aux prochaines présidentielles. Cela m'a rappelé ces images que j'évoque dans mon livre sur l'Abkhazie de jeunes femmes aux dos dénudées à l'hôtel Kosmos la nuit avant que nous nous envolions pour Sotchi en décembre 2009... Etrange pays soudain devenu hédoniste et consumériste où l'on ne fait plus d'enfants. Comme s'il s'était trop vite converti aux moeurs occidentales. Etrange façon d'y faire de la politique. Qu'est-ce qui se joue dans ce pays bizarre ? Moi qui ai salué le rôle de la Russie quand elle livrait des infos alternatives sur l'Irak (en 2003) et des armes au Hezbollah en pleine guerre du Liban (il y a cinq ans), je la vois maintenant étrangler la Biélorussie, et lâcher la Libye. La faute à Medvedev ? Peut-être. Mais on ne peut pas être enthousiaste pour ce pays rempli d'opportunisme et de postmodernité. Ni enthousiasme ni répulsion. C'est tout simplement un pays illisible, incompréhensible...

 

 

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Des groupes bien hermétiques

15 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

grille.JPGPourquoi les résistances ne se cimentent pas, ne se fédèrent pas ? J'ai souvent critiqué l'esprit de chapelle dans mes bouquins. Or celui-ci s'illustre chaque jour.

 

Prenez le M'PEP, qui pourtant avait fait une pub pour mon "Programme pour une gauche décomplexée" sur son site. Il y a quelques jours leur patron sort une excellent interview dans Libé. J'écris au webmaster de leur site - qui sait qu'un de mes livres est en pub dans leur bibliographie, car nous avons eu un échange là dessus au début de l'année, et mon mail reprend le précédent échange -,. Je lui expose mon admiration pour la cohérence enfin acquise dans la doctrine de M. Nikonoff sur l'Europe. Point de réponse. J'écris alors (le 13 juillet) au webmaster du profil Facebook du MPEP, en ajoutant le blog de l'Atlas alternatif à ma signature (histoire qu'il voie que j'écris des trucs utiles) : "Félicitations pour la dernière interview de M. Nikonoff dans Libé. Je suis à 100 % d'accord. Cordialement". Le 15 juillet la réponse vient, on ne peut plus sobre : "Merci.Vous trouverez d'autres textes au sujet de l'euro sur le site du M'PEP.Bien cordialement."

 

Ces gens ont les moyens de voir que j'écris des bouquins qui vont dans leur sens, et il leur suffit de regarder les présentations que font de moi lesdits bouquins, mon blog ou les sites de mes éditeurs pour qu'ils s'informent sur mon parcours universitaires et se disent "ce type pourrait nous être utile". Mais ils ne semblent pas raisonner de la sorte.

 

Quand on lit les mémoires d'André Gide ou de Romain Rolland on constate combien à l'époque à la suite d'un envoi de lettre les gens nouaient facilement des correspondances fructeuses, s'invitaient à dîner, engageaient des démarches de coopération courtoise en s'écoutant mutuellement.

 

Aujourd'hui nos contemporains ne savent que se mettre en scène, et répondre à ceux qui leur écrivent "allez voir mon site" ou "envoyez moi un chèque". Autrui ne les intéresse que comme lecteur potentiel, donnateur potentiel, personne qui leur permettra de faire du chiffre, une variable quantitative, pas un partenaire d'échange.

 

J'avais décrit ce phénomène dans 10 ans sur la planète, à propos des cercles pro-palestiniens de 2002. Ca n'a guère évolué depuis lors. Encore ai-je la chance de recevoir des réponses. Minimales, mais des réponses. Je suppose que le citoyen lamda qui cherche à rejoindre un mouvement minoritaire en reçoit encore moins. On doit juste lui envoyer un formulaire lui demandant son relevé d'identité bancaire.

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Les vertus de l'oubli

14 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

defile14juillet.jpgQu'est ce qui est le plus à vomir aujourd'hui ? Un défilé militaire du 14 juillet aux armes souillées par le sang des enfants d'Afghanistan et de Libye (avec il est vrai la bénédiction des votes conjoints de l'UMP et du PS) ? Ou les déclarations de l'écologiste Eva Joly qui demande la suppression du défilé du 14 juillet ?

 

D'un côté comme de l'autre la lâcheté. A ma droite la lâcheté des pilotes qui balancent leurs bombes, sans risquer leurs vies mais en mettant en jeu celle des civils dans des guerres néocoloniales où nous n'avons pas notre place. A ma gauche la lâcheté des éternels rêveurs, éternels donneurs de leçons, de ceux qui n'ont jamais rien compris à la France, ni à l'écho que trouve le défilé sur le versant glorieux de l'histoire nationale. Il y a un passage de la Promesse de l'aube où Gary se réjouit de ce que les gens de son temps (en 1960) ont complètement oublié ce qu'était la Croix de la Libération (plus haute distinction accordé à aux combattants de la France libre). Voici ses mots exacts (p. 379) : "Je m'aperçois souvent, sans surprise, aux questions que l'on me pose, combien rares sont ceux qui savent ce qu'est la Croix de la Libération et ce que ce ruban signifie. Il est très bon qu'il en soit ainsi. Alors que tout, à peu près, a été oublié ou galvaudé, il est bon que l'ignorance préserve et mette à l'abri le souvenir, la fidélité et l'amitié".

 

Que Mme Joly oublie l'armée française à laquelle elle ne comprend rien. Que l'armée française oublie la Libye et l'Afghanistan où elle n'aurait jamais dû s'engager.

 

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Lâcher ce qu'on ne comprend pas, c'est la plus grande sagesse. Lâcher plutôt que d'insulter par son ignorance crasse. Beaucoup de mes lecteurs ont compris cela, qui ne visitent plus ce blog ou se gardent d'y verser leurs commentaires. Leur indifférence taciturne me convient à merveille. L'indifférence et l'oubli préservent. Combien d'historiens indélicats, de commentateurs immodestes diffament des êtres, des époques, violent les sépultures, malmènent les cadavres, sans même en avoir conscience, au nom du devoir d'avoir un avis sur tout. Un jour nous sauront gré à ceux qui n'auront pas opiné, ceux qui auront su se taire, passer leur chemin sans rien dire, tant ceux qui auront ouvert le bec, les maniaques de la parlotte, nous auront conduits au bord de l'abîme.

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Les militants, les pays arabes, le Mpep, news de la semaine, la morosité estivale

13 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

CIMG1218.JPGLe Dissident internationaliste me disait hier qu'il a failli être eurodéputé communiste, et même conseiller technique de la ministre Voynet à un moment où il était verdisant. Tout cela lui serait arrivé et bien d'autres choses, si la France (y compris la gauche de la gauche), sous l'empire de médias, n'était pas hypnotisée par les valeurs euro-atlantistes.  Moi, j'aurais pu faire carrière aux Affaires étrangères, où j'ai un peu bossé, et mes livres n'auraient pas été boycottés comme ils le sont partout. Si l'on faisait le compte de ce qu'ont sacrifié tous ceux qui dans les années 2000 ont osé défendre des convictions hétérodoxes, ça fait froid dans le dos.

 

Les seules bonnes nouvelles politiques sont le fait que la guerre en Libye va définitivement s'enliser dans le mois du Ramadan si l'on en croit les analystes, et puis cette interview de Nikonoff dans Libé qui se rallie sans équivoque à la sortie de l'Union européenne par l'article 49-1 du traité de Lisbonne en donnant le modus operandi (et le fait que les européistes de Libé lui tendent un micro est le signe que ça sent le roussi pour eux). Le Mpep a quand même une cohérence et une honnêteté intellectuelle (qui d'ailleurs les pousse à critiquer vertement le programme du Front de gauche sur leur site). On regrette qu'ils n'aient pas plus d'influence à gauche.

 

A part cela donc me voilà installé dans un été bien morne. Mes dernières prises de contact - y compris avec des gens connus - ne devraient pas donner de résultat avant quelque mois, s'ils en donnent. Donc pour le moment rien, rien de rien, comme tous les étés ou presque.

 

Ma petite camarade Michèle Brand publie ses analyses sur la Biélorussie dans Counterpunch. Elle peut au moins se distraire avec ça. Moi, en mai, je suis resté sur le carreau : l'ombre d'une invitation à Minsk, puis plus rien. Pas plus mal sans doute, je ne suis plus preneur de tourisme politique. Je ne sais pas si l'article de Michèle Brand est très objectif. En 2008 elle m'avait traité avec arrogance parce que j'avais dit sur le blog de l'Atlas alternatif qu'il y avait eu 2 000 morts dans la guerre d'Ossétie du Sud. Selon son article dans BRN il n'y en aurait eu que 500-900. "Moi, je cite les chiffres de Chomsky" m'avait-elle lancé, et, in cauda venenum, "je ne suis dans la main d'aucune propagande". Personnellement je continue quand même de penser que Chomsky n'est pas forcément plus fiable sur le Caucase qu'il ne le fut sur le Kosovo. Cette bataille de chiffres avait de l'intérêt car ils étaient l'indice de la violence réelle ou supposée de l'attaque de Saakachvili. Mais compter les morts est une tâche ardue.

 

Michèle à demi-mot me jugeait à l'époque "dans la main" de la propagande russe. Qui sait si elle n'est pas aujourd'hui dans celle de la Biélorussie. Je n'en ai pas la moindre idée. De la Biélorussie je ne sais que ce que m'a dit une jeune enseignante universitaire de Minsk sur Facebook et qui est aux antipodes de ce qu'en dit Michèle Brand. Mais n'y étant pas allé, je me garderais bien de juger. Après tout qui peut même savoir si cette enseignante existe réellement ou si ce n'est pas un type de la CIA qui écrit sur Facebook en son nom ?

 

Tout est possible dans le monde factice où nous vivons, comme par exemple de mettre un check point israélien à Roissy (ça s'est passé le weekend dernier), d'adopter à onze députés une carte d'identité biométrique qui rend le gouvernement garant de vos transactions commerciales (et assimile votre citoyenneté et votre statut de consommateur dans un joyeux flicage généralisé) et tant d'autres choses qui ne nous seront révélées que dans dix ans (au fait, avez vous vu sur LCP l'émission sur la Françafrique ? Marrant comme dans les documentaires après coup la poudre aux yeux tombe et on en vient à appeler un chat un chat, mais cela vient toujours bien tard, et dans des médias si confidentiels que l'ordre du monde n'en sera point troublé).

 

Tenez, dans la série morose aussi, jetez un oeil à l'interview de M. Piccinin sur les succès de Washington dans la neutralisation des Pritemps arabes. Voilà au moins quelqu'un qui ne s'embarrasse pas de préjugés médiatiques. Notamment dans son analyse de l'Iran.

 

J'envie - en le relisant - Romain Gary. Son idéalisme, ses histoires d'amour, sa recherche de l'excellence humaine. Peut-être fut-il trop instable, mais nous nous sommes devenus trop prévisibles, nous tous qui, lorsque nous aurons mal tourné, serons traités par les travailleurs sociaux avec des thérapies comportementalistes (lisez les remarques d'un travailleur social sur une émission de téléréalité à ce sujet). Un bon médicament, une bonne autosuggestion, beaucoup d'hypnose médiatique, et une puce électronique dans le cerveau, voilà : vous êtes enfin conformes à ce que l'on attend de vous !

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Le Jour du Seigneur/Saigneur

10 Juillet 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

monastere-copie-1.jpgIl n'est pas bien de se moquer des religions, mais il faut bien admettre que les occasions d'en rire sont nombreuses.

 

Ce matin je regardais par hasard une émission protestante à la TV. Jetez-y un coup d'oeil. Elle est accessible ici pendant huit jours. Je vous recommande particulièrement le reportage sur la prophétesse Déborah. Les connaisseurs ne manqueront pas de sourire devant le décalage entre la douceur un tantinet naïve (pour ne pas dire pire) de la présentatrice Taïs (un style très répandu chez les animatrices de ce genre d'émission, y compris à la radio parisienne), et, dans une certaine mesure de la théologienne qui raconte l'histoire, et la violence du passage de l'Ancien Testament relaté. La théologienne - qui raconte la guerre, comme on raconte un conte de fée, visiblement elle n'a heureusement pour elle pas grande expérience de la chose - a beau expliquer que c'est parce qu' "il peut y avoir des représailles qui peuvent être tout à fait sanglantes pour elle et pour toute sa famille", et un risque que la victime demande "l'hospitalité sexuelle", l'une des héroïnes bibliques dont le reportage vante les mérites, Yaelle, a quand même eu l'idée étrange de saisir un marteau et un clou de tente pour planter celui-ci dans la tempe de son hôte pendant son sommeil. La théologienne, tout à son art de l'abstraction et de la désincarnation du vécu des hommes, explique que "si cette scène paraît si violente et si choquante c'est peut être seulement parce qu'elle renverse les rôles habituels" - mais oui bien sûr ! si ça avait été un homme qui avait planté le gros clou ça n'aurait choqué personne ! -.  Mais bon, on sent bien que les prédicateurs protestants (et tous les clercs chrétiens encore fidèles à la Bible) devront encore ramer pour persuader leurs ouailles que cet acte est un modèle d'héroïsme altruiste.

 

"Voilà qui laisse songeur mais y a t il une manière honorable de faire la guerre ?" demande la douce présentatrice Taïs (qui a l'air elle aussi hyper chevronnée dans l'exercice du combat martial) après la diffusion du reportage. "Plus largement comment faire aux manquements d'une société ou d'un chef d'Etat ? Faut-il se faire justice soi-même ? La révolte passe-t-elle forcément par la violence ?" ajoute-t-elle, comme si en noyant le malaise que provoque ce récit chez les âmes "pures" de notre époque dans des questions creuses comme des sujets de philo du bac, l'émission allait retrouver les "hauteurs spirituelles" qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Elle renvoie aussi à la lecture de la Bible qui racontera la fin de l'histoire : après tout, la fin justifie les moyens c'est bien connu. En se disant que finalement les Hébreux ont remporté une bataille de plus, le lecteur oubliera cette sombre histoire de crâne fracassé au burin.

 

Une bonne leçon quand même sur la quasi-impossibilité d'accorder le texte de l'Ancien Testament à la moralité éthérée des "belles" âmes (on devrait plutôt dire des âmes définitivement fermées à la réalité humaine) de notre siècle qui s'évertuent laborieusement à en défendre l'actualité périmée. Ce genre d'émission tire quand même une grosse balle dans le pied de la cause qu'elle prétend défendre...

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Dominique Strauss-Kahn en garde à vue pour agression sexuelle

15 Mai 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

strausskahn.jpgL'info est tombée dans le New-York Times cette nuit : M. DSK a été placé en garde à vue tout à l'heure  pour agression sexuelle (il aurait tenté d'abuser d'une femme de ménage dans un hôtel à la sortie de sa douche). L'article du New-York Times est ici.

 

Politiquement c'est plutôt une bonne nouvelle pour la gauche qui sera peut-être tentée de tenir un discours un peu moins social-libéral à l'élection présidentielle.

 

Je voudrais juste faire une remarque particulière sur la pathologie sexuelle dont était porteur le personnage et la façon dont les médias l'ont dissimulée pendant des années. Rue89 fait un dossier là-dessus. Ayantécrit récemment sur la conception qu'avaient les stoïciens de la liberté sexuelle, je crois que cette histoire me permet de préciser comment une réforme "néostoïcienne" des moeurs pourrait se définir par rapport à ce genre de comportement.

 

J'ai rappelé dans mon ouvrage combien les stoïciens se fondaient sur une conception du devoir comme structure profonde de tout être vivant, une structure immanente qui n'a rien à voir avec un impératif kantien. La jouissance sexuelle s'inscrit hamonieusement dans cette économie pour ouvrir la subjectivité au sentiment du devenir-commun de l'humanité.

 

Cela n'a strictement rien à voir avec un instinct de consommation et d'instrumentalisation d'autrui dont le directeur général du FMI avait fait sa spécialité, semble-t-il. C'est une très bonne chose que la justice étatsunienne se soit saisie de cette affaire car en France elle aurait été étouffée - voyez la mésaventure de Mme Tristane Banon  racontée par Rue89. L'américanophilie de M. Strauss-Kahn lui a joué un mauvais tour mais cette fois-ci - et cela arrive souvent dans divers domaines - les Etats-Unis donnent une leçon de civilisation à la France. Car autant le puritanisme étatsunien à juste titre peut déplaire, autant notre indulgence excessive pour l'instinct de conquête, annexé à tort au jeu de la séduction, doit être condamnée. La France doit cesser de considérer le harcèlement ou le viol comme des attributs "normaux" du pouvoir politique. C'est là un héritage de temps archaïques dont notre culture doit se débarrasser.

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Témoignage reçu à propos de la Libye

20 Avril 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Un ami m'écrit :

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"Je viens de rencontrer hier des amis polonais qui rentraient de Tripoli où ils ont passé quelques jours comme observateurs. Voilà en résumé quelques unes de leurs observations qui sont évidemment très partielles mais donnent un écho différent de celui qu'on entend le plus souvent, et qu'il faut aussi prendre en compte à côté des autres. C'est fourni 'brut de béton" sans aucune opinion personnelle de ma part. Pour essayer de comprendre dans la jungle d'infos contradictoires qui nous tombent dessus :

 

- ces amis étaient logés dans un hotel au bord de la mer et donc dormaient très mal car il y avait juste à côté d'eux des batteries de DCA qui se mettaient à tirer à chaque passage des avions de la coalition humanitaire, mais ils ne descendaient pas dans les abris car personne à Tripoli ne pense se mettre dans les abris. Ce serait une honte ! La population vaque à ses occupations sans porter attention aux bombardements, inch' Allah...

 

- La vie à Tripoli est normale comme si le pays n'était pas en guerre. On ne voit à Tripoli centre ville la guerre qu'à la TV, dans le ciel ...et quand on va dans les hôpitaux. 

 

- Le régime organise des manifestations d'appui à Kadhafi (pour les étrangers) qui apparaissent très manipulées. En revanche, il suffit de se promener disent ils dans les rues de la ville ou dans les villages environnant pour voir des gens qui d'une façon ou d'une autre témoignent spontanément de leur appui au régime contre l'intervention étrangère. L'impression générale est que, plus on descend dans l'échelle de la richesse, plus l'appui est fort, plus on monte, moins l'enthousiasme en faveur du régime est débordant. Les officiels de leur côté reconnaissent que si le peuple de l'ouest libyen est largement pro-Kadhafi, les tribus de l'Est, où était implantée l'ex famille royale, sont au moins en partie opposées au régime, et l'ont toujours été en partie. Ils ont tendance à présenter cela comme "Libyens modernes et éduqués" contre "Libyens archaïques et incultes". "islam dynamique" contre "islam conservateur". "nationalisme arabe contre tribalisme", "révolution contre réaction". mais on peut supposer que c'est "un peu plus compliqué que cela"....

 

- Cela étant, il y a en fait "trois Libyes" : l'ouest qui se bat majoritairement pour Kadhafi, l'Est majoritairement rebelle, et les réfugiés en Egypte de la Libye orientale qui sont dans des camps dont personne ne parle, qui ont fui les violences et répréssions des anti-kadhafi et qui sont pro-kadhafi. Et sur qui Kadhafi compte pour "rentrer" un jour par l'est, avec l'appui des Egyptiens en révolution pour marcher sur Benghazi. Car, selon les kadhafistes, l'opinion egyptienne est majoritairement contre les rebelles et surtout contre l'OTAN, et soutiendra bientôt avec les élections libres le camp "anti-impérialiste". Déjà disent-ils des Egyptiens, et des tribus du côté egyptien de la frontière, aident les kadhafistes à rétablir des réseaux et des groupes armés dans l'est libyen, en particulier dans le desert au sud-est de Ajdabiya.

 

- Les kadhafistes expliquent leur rapprochement avec les USA après 1991 par le soucis de préserver dans un monde désormais dominé par les USA les "acquis économiques et sociaux" du régime sur le plan intérieur, en renonçant à être présent sur la scène internationale et même arabe, ...mais cela a semble-t-il permis l'émergence d'une bourgeoisie libyenne réellement pro-libérale et pro-occidentale, y compris au sein du régime kadhafiste, qui est la véritable source du conflit actuel et de la rébellion, en liaison avec les royalistes de Londres.

 

- A Misrata, la vie est disent ils normale, sauf le quartier du port qui est aux mains des rebelles, mais cela ne concerne que quelques rues. La ville est très largement contrôlée par les kadhafistes et les administrations fonctionnent normalement.La TV gouvernementale libyenne a passé en boucle les "images de Misrata" qui passaient sur CNN ...et qui se sont révélées être des images des bombardements de ...Falloujah, en Irak. Ce qu'on pouvait facilement déceler en regardant les plaques des voitures ....incendiées. - Kadhafi n'a pas placé la grande partie de "son" argent (en valeurs occidentales) à l'étranger comme les princes du Golfe, ce qui fait qu'il est toujours en Libye, ce qui garantit aux Libyens qui vivent dans les zones gouvernementales au moins deux ans (en cas de blocus prolongé) de versements des prestations sociales (santé, assurance chômage, allocations familiales, salaires, etc...) versées par le régime à la population ...Dans les zones rebelles, les versements ont cessé et le délabrement du système social, sanitaire et urbain commence ...Kadhafi compte sur la lassitude de la population dans cette zone pour reprendre pied. Il compte sur le développement d'une "opposition à l'opposition" dans l'Est. Certains envisagent de recommencer déjà à verser les prestations sociales dans ces zones ...sous condition d'allégeance politique.

 

- les kadhafistes reçoivent des armes et des munitions via plusieurs pays africains qui l'aident, ce qui permet de contrebalancer l'effet des aides occidentales aux rebelles. Et les Africains ont très peur que la circulation des armes dans les zones mal gouvernées aux mains des rebelles ne généralisent les groupes armés et mafieux dans tous les pays du Sahel. D'où leur appui à Kadhafi qui a une vraie armée. l'Algérie partage apparemment aussi cette approche, mais c'est le Tchad qui est le plus actif.

 

- Les kadhafistes soupçonnent les occidentaux de vouloir que la Libye soit durablement divisée en deux parties dans une guerre longue, qui feraient leur affaire en casant durablement le monde arabe. ils ont, pour éviter cela, offert à plusieurs reprises de négocier un gouvernement d'union nationale avec les rebelles. Et ils comptent sur les fissures qui vont apparaître dans l'OTAN pour favoriser ces initiatives. ...en jouant en particulier sur la concurrence entre les grandes compagnies pétrolières, en particulier en Italie et en Allemagne. - Les kadhafites, mais plus largement la population dans la rue, ne semble pas comprendre "pourquoi la France est tombée si bas avec un Sarko "fou" et "guignol de cinéma" ...Le thème de la "folie" des dirigeants de l'ouest semble revenir souvent à Tripoli ...Comme en écho au "fou" Kadhafi présenté par nos médias.

 

- Kadhafi continue à exporter selon les contrats signés gaz et pétrole vers l'Italie, même s'il n'est plus payé par les Italiens, car il compte sur le fait qu'à moyen terme, l'Italie reviendra sur une position pro-Kadhafi dans le cadre de la rivalité Franco-italienne pour les contrats en Libye et quand elle aura compris que "le régime kadhafi ne tombera pas" ...Apparemment, Ashton aurait dit : "dans un an, nous serons bien obligé de recommencer à négocier avec Kadhafi puisqu'il n'est pas tombé et ne tombera donc pas".

 

- les négociations sont pour le moment impossibles en raison des divisions dans les deux camps. Divisions chez les Occidentaux, mais aussi chez les Libyens. Chez les rebelles, il y a un conflit larvé entre les ex-kadhafistes qui représentaient le "lobby" pro-occidental dans le gouvernement libyen, ce que reconnaissent les officiels kadhafistes, et les différents groupes dits islamistes qui ne sont pas d'accord entre eux par ailleurs (Iran, Saoudie, salafi, Aqmi, "CIAlqaida" revenus d'Irak, etc...) et les royalistes liés à la Grande Bretagne. ...Mais dans le camp kadhafi il y a aussi des divisions. Seif el islam dirige la fraction prête à la négociation, à un compromis avec l'occident et les rebelles, et à un gouvernement d'union nationale avec kadhafi sur le retrait avec une simple position honorifique de "conseiller", et la faction dure du régime qui veut mener le combat sur tous les fronts possibles, intérieurs et extérieurs, y compris en passant à la guérrilla pour reconquérir les tribus de l'est ...Cette faction s'appuie sur Aicha Kadhafi, la fille du "guide".

 

- l'armée de kadhafi n'a plus d'aviation mais plus de tanks non plus. Mais pour les combats de rues, c'est la kalachikov et les mortiers qui suffisent, et entre les villes les embardées en pick-up.

 

- les médecins libyens sont extrêmement inquiets des conséquences des bombardements à l'uranium appauvri pour l'avenir de la santé publique de la population. la véritable bombe à retardement de l'OTAN sur le peuple libyen, toutes orientations politiques confondues, comme en Irak, où les taux de mortalité infantile et de malformations natales chez les sunnites comme chez les chiites, les Kurdes ou les chrétiens, ont déjà atteint des sommets inconnus dans un pays "normal". Selon eux, c'est là que se réalise le génocide réel des peuples arabes, en différé, et inéluctable. Il en est de même à Gaza d'ailleurs (et au Kosovo, Serbie, Bosnie). - les combats ne sont pas très durs dans les faits car, de part et d'autres, ce sont des Libyens, et aucun des deux camps n'a vraiment envie de tirer pour tuer sur ceux d'en face, qui sont souvent des mêmes familles ou des copains de lycée ou de promotion, ce qui explique les va et vient rapides des lignes, et le fait que très peu de soldats sont tués de part et d'autre. On fait beaucoup de bruit et on tue peu. Les militaires kadhafistes, eux même le reconnaissent, ils n'ont pas trop envie de tuer ceux d'en face, qui eux aussi font de même. ...en revanche, ils ont envie de tirer sur les interventionnistes occidentaux et pensent que les simples combattants de ceux d'en face retourneraient leurs fusils contre les occidentaux si ceux ci débarquaient avec des troupes dans le pays ...ce qui explique pourquoi les militaires US ne veulent pas d'autre intervention que aérienne... ce qui en plus garantit une guerre longue, sans camp victorieux. - les conseillers militaires étrangers, surtout russes, ukrainiens et biélorussiens, qui travaillaient pour l'armée libyenne, travaillent toujours. Ils sont (bien) payés par les Libyens. Un salaire nettement supérieur à celui qu'ils reçoivent dans l'armée de leur pays. L'armée n'a pas besoin de "mercenaires étrangers", mais elle a besoin de ces conseillers.

 

- les kadhafistes préparent une campagne médiatique sur "les meurtres racistes et massifs de noirs, étrangers mais aussi libyens (populations Toubous originaires du sud libyen) qui ont été perpétrés dans la région de Benghazi" et sur les traitements dans les prisons aux mains des rebelles. - les entreprises et les chantiers sont la plupart fermés à cause du départ de la main d'oeuvre étrangère. Beaucoup de boutiques aussi sont closes. Sur le long terme, cela menace l'avenir du pays.

 

- Beaucoup de Libyens parlent français et s'adressent spontanément aux étrangers dans la rue en français (plus rarement en anglais !). Les gens parlent spontanément aux étrangers et veulent surtout comprendre pourquoi, comme ils disent, "tant de haine en Occident contre le peuple libyen"."

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