Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

J'aime pas les artistes

14 Avril 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Interview d'Alpha Blondy dans l'Humanité :

 

"Le 11 avril, Laurent Gbagbo a été arrêté . Etes-vous soulagé ?

 

Alpha Blondy : Oui. Je suis reconnaissant que, durant son arrestation, aucune atteinte à sa vie et à celle de ses proches n’ait été perpétrée."

 

Exact, ils ont juste tué son ministre de l'intérieur et violé sa femme. Il y a aussi des ministres dans le coma.

 

Lire la suite

Prose des cités

9 Avril 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Lu sur Facebook à propos des policiers:

 Nairobi_Skyline.jpg

"Mwa di i font tro lé fiere kan y zont leur uniforme mé kan tu lé voi en tnu normal il baisse la tete et trace pffff y zont pa kouille

je vais pas les mettre tous dans le meme sac mé 99,99% des filcs sont des grosse merdes c tout si y zon peur bin fallait pas faire se metier ensuite y se plaigne au media kan tu pense ke quand un filc bute un gar de kartier ont n en entend pa parlé mé quand c l inverse la ont en fait toute une polemi!!!! ya un truc ki tourne pa rond serieux

chez nous ont fait la difference entre pompier et flics ok mwa jai vu mn meilleur ami sfaire buté a 20m de moi tou sa pour un controle d identé resulta 2 mois de coma et maintnan mwa jdi paix a son ame tou sa pour un controle d identité putain tan na ekouté parlé nan. et dpui se jour lé filc la b.a.c et tou le tralala il peuvent meme pa metre un pied au quartier ont te konai pa tu ne rentre pa ya ke lé pompier ki rentre eux ont sen fou c dé mek bien.

et biensur qu ont vou kaillassent vou nous controleré pa toute les 20 minute parce que ont né blak rebeu.... et le pire c ke c tjr lé meme vou nous laisserai au lieu de nous faire chier h 24 sa changerai ptetre. c la loi de la rue c toi c chakun sa peau vou avez une grande bouche mé vien vivre o je vie et apré ont nan reparlera ok

Petre ke les 50 gosses vou leur avais fait kelke choze ya pa de fumé sen feu kome ont dit hein!!!!

Mais j agresse pas je dit juste vennez ou j habite et ont nan reparle apres meme vous vous les verrez otrement ont fait rien dmal ont est en bas des batiment ont discute ont rigole et vous vous arivé et faite les mariolles c pas une honte kan meme d etre 8 contre 1 et ensuite ont dit que c nous les violant attendez laissez mwa rigoler Pfff

Mwa oci jvien dune cité ou meme mé grand parent rentre pa kome sa c pour dire pour mwa c dé bouffon je changerai pa d avi "

Lire la suite

Kadhafi vu par les amis du Baas irakien

9 Avril 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Un article intéressant du point de vue politico-psychologique :

 

           Les hommes de Saddâm … et les hommes de Qadhafi

 

Si quelqu’un, quel que soit ce quelqu’un, veut juger un « régime donné », il doit regarder ses hommes, ou plus exactement, il doit examiner la qualité de la cour entourant ledit régime, le niveau de son sérieux, de son dévouement ou de sa fidélité tant au pays qu’au chef du régime, ou aux deux, en particulier lors des tournants difficiles à négocier. C’est à cette condition que l’on pourra être assuré que le jugement sera plus proche de la vérité, même s’il ne sera pas totalement véridique.
saddam.JPG
Nous disons cela tout en suivant la succession des défections des hommes du leader libyen Muammar al-Qaddhafi, qui quittent son navire tant ils sont désormais convaincus que celui-ci va couler, si ce n’est déjà fait. La plupart des hauts responsables ayant eu l’opportunité de quitter la base militaire d’Al-Aziziyyah, à Tripoli, sont passés en Tunisie, puis ils ont sauté dans le premier avion susceptible de leur faire gagner un abri sûr en Europe, abandonnant le « guide » qu’ils ont si longtemps encensé, dont ils ont si longtemps bénéficié des largesse et dont ils ont si longtemps chanté les laudes de sa révolution se battre, seul, avec ses fils et une poignée de membres de sa tribu, dans l’espoir de rester quelques années de plus sur son trône.
 

Tandis que nous suivons cette grande débandade, nous sommes placés devant une équation morale extrêmement sérieuse et importante, en particulier lorsque nous voyons une personnalité du rang et de la hauteur de Monsieur Mûsâ Kûsâ, le ministre des Affaires étrangères du colonel Mu‘ammar al-Qaddhafi, l’homme considéré comme le plus proches d’entre les proches, l’homme en lequel Qaddhâfi plaçait une confiance absolue, se réfugier en Grande-Bretagne, c’est-à-dire dans le pays qui conduit la campagne militaire visant à faire chuter le régime libyen, et peut-être bien, même, à liquider son chef, si l’opportunité lui en est offerte.
 
 Monsieur Mûsâ Kûsâ n’est pas n’importe qui, il a dirigé les Comités révolutionnaires libyens au moment où ils étaient à leur apogée, il a dirigé les services de renseignement libyens dont la plus éminente des missions était de protéger avant tout la sécurité du régime, celle du pays venant en second. Le tout fait de son exil à Londres, préparé en coordination avec les services du renseignement extérieur britanniques, quelque chose d’absolument inouï. En effet, cet homme est accusé d’avoir joué un rôle déterminant dans l’attentat de Lockerbie et d’être également impliqué, d’une manière ou d’une autre, dans l’assassinat de la policières anglaise Yvonne Fletscher devant l’ambassade de Libye à Londres, en 1984, à l’époque où il était ambassadeur de Libye dans la capitale britannique, et beaucoup d’activistes de l’opposition libyenne pensent qu’il a joué un rôle direct ou indirect, en tant que chef des services de renseignement libyens, dans des opérations de liquidation dont ont été victimes nombre de leurs camarades dans diverses capitales européennes.
 
Les quotidiens britanniques ont consacré leur une, ces derniers jours, à la « coopération » dont a fait preuve Monsieur Kûsâ lors des interrogatoires serrés auxquels il a été soumis dans un lieu tenu secret par les services de sécurité britanniques. Il se dit qu’il aurait donné des informations très importantes concernant le régime libyen, ses secrets militaires et les activités de ses services de sécurité tant en Libye qu’à l’étranger, en particulier en ce qui concerne la chasse et la liquidation des opposants au régime ou la fourniture d’armes aux Républicains irlandais, et sans doute aussi à certaines factions palestiniennes et arabes.
 
Autrement dit, l’on peut penser que les services de sécurité britanniques et leurs homologues français et américains, qui participent à l’interrogatoire (de M. Kûsâ) ou peuvent en connaître les détails, sont en train de mettre la main sur un « précieux trésor » d’informations et de secrets d’une valeur inestimable, en particulier en ce moment, qui concernent non seulement la Libye et sa sécurité, mais la sûreté nationale arabe dans son ensemble, voire la sécurité de pays, dans le monde entier, qui sont des alliés des Arabes, comme le Venezuela, la Russie, Cuba, l’Inde, la Chine, la Turquie, le Pakistan et d’autres, avec lesquels les services de renseignement libyens ont coopéré tout au long des quatre décennies écoulées.
 

                                ***
 

Nous ne pensons pas qu’il s’est lancé dans ce pari risqué parce que ce serait quelqu’un qui croirait en la démocratie, aux libertés, aux droits de l’homme, aux valeurs de la justice, car si tel était le cas, il y a belle lurette qu’il se serait distancé du régime libyen, et même il n’aurait sans doute pas choisi de travaillé avec lui, pour commencer, en dirigeant un service de sécurité considéré comme le plus oppressif, du fait que celui-ci, je veux dire le régime, a été dictatorial dès son accession au pouvoir à la suite d’un coup d’état militaire contre un roi bon et modeste, totalement désintéressé, voici, aujourd’hui, quarante-deux années de cela. Nous ne pensons pas non plus qu’il soit dans son intention de rejoindre l’alliance des révolutionnaires libyens qui veulent renverser le régime qu’il a servi « fidèlement » plus de trente années durant.

Le leader libyen Mu‘ammar al-Qaddhafi porte la plus grande part de responsabilité de ce qui lui est arrivé et de ce qui ne manquera pas de lui arriver en fait de drames et de coups de poignard dans le dos assénés par les plus proches d’entre les plus proches, et nous ne ressentons nulle sympathie ni nulle pitié pour cet homme qui mérite bien pire, car il a choisi délibérément de s’entourer et d’apporter foi à des « saltimbanques » et à des thuriféraires, à toute une troupe d’hypocrites, qu’il a préféré aux gens honnêtes, dignes et compétents, et ce châtiment est d’ores et déjà compris et attendu, quoi qu’il en soit, car cet homme n’a pas bâti d’Etat, n’a pas mis sur pied d’institutions de gouvernement, ni d’infrastructures ni de superstructures, et il a excellé dans la violation des droits de l’homme, il s’est délecté de la suppression des libertés, il a permis à ses fils et à une poignée de parents et de membres de sa tribu de monopoliser les potentialités et les richesses du pays.
 
Nous avons vu des régimes arabes dictatoriaux chanceler sous les clameurs de jeunes révolutionnaires et sous leurs protestations retentissantes, nous le savons vues tomber lourdement, en fin de compte, après qu’ils eurent reconnu alors qu’il n’en était plus temps leurs erreurs et leurs turpitudes, mais nous avons pas vu un responsable égyptien ou un responsable tunisien – et il n’y a pour eux strictement aucune gloire à en retirer – abandonner un dirigeant et quitter son navire pour aller coopérer avec ses ennemis, comme nous voyons les responsables libyens le faire : tous sont restés dans leurs pays respectifs et, s’ils ont tenté de fuir, ce fut après la chute du régime, et non pas avant celle-ci.
 
Nous nous souvenons, à cet instant, du dirigeant irakien disparu Saddâm Husaïn. Nous ne contesterons pas une seconde qu’il s’agissait d’un dictateur, mais il avait un projet, que nous ayons ou non été d’accord avec celui-ci, et il a fondé un pays puissant qui a éradiqué l’analphabétisme et réalisé de grandes avancées scientifiques et dans le domaine de l’éducation. Certes, il a commis des erreurs. Mais c’était un homme au plein sens de ce terme et sans doute que beaucoup de ceux qui redoutent le danger iranien, selon leur vision des choses, le pleurent aujourd’hui, lui qui a combattu contre l’Iran huit années durant. Il a tenu bon face à un embargo occidental inique, à des zones d’interdiction aérienne, aux complots ourdis par ses opposants rabes (je veux dire les régimes arabes) et irakiens durant plus de treize années extrêmement difficiles, et il n’a jamais été abattu, il n’a jamais élevé la voix et nous n’avons jamais entendu dire, ni jamais lu dans la presse qu’un seul de ses ministres aurait quitté le navire irakien lorsqu’il était à la barre.
 
Plus de cinquante des plus hauts responsables militaires et sécuritaires, ministres et ambassadeurs sont restés à ses côtés jusqu’à la dernière minute de son règne, ils ont souffert de la faim, après celui-ci, et certains d’eux ont dirigé ou dirigent encore aujourd’hui la résistance contre l’occupation de l’Irak, ils ont affronté des condamnations à mort ou à la prison à vie. Or, nous n’avons pas vu l’un quelconque d’entre eux, alors mêmes qu’ils étaient dans le box des accusés, lors de procès expéditifs bidons, se parjurer, se dédire ou condamner leur leader. Au contraire, ils le défendirent bec et ongles, alors même qu’ils savaient pertinemment que s’ils l’avaient, au contraire, condamné, cela leur aurait évité la potence.
 
Les Américains avaient envoyé des émissaires à Monsieur Tareq Aziz, ex-vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de l’Irak afin de marchander sa mise en liberté en l’échange de sa coopération avec eux ; ils lui demandaient de couper les ponts avec son président et de condamner son régime de gouvernement, de révéler ses secrets et ils lui demandèrent même de témoigner contre le député (britannique) George Galloway. Mais il refusa avec beaucoup de dignité, alors même qu’il était âgé de plus de quatre-vingts ans et qu’il était rendu impotent par la maladie, lui qui est soigné pour une véritable « encyclopédie médicale » d’affections diverses et qui risque de mourir à tout instant.
 
Il en va de même en ce qui concerne le général Hashim Sultan, le ministre de la Défense et le chef d’état major de l’armée irakienne, un homme héroïque, qui a résisté aux très importantes offres financières des Américains et qui est resté fidèle à son leader, refusant de fouler aux pieds, en collaborant avec les occupants, son honneur militaire et ses actes héroïques sur divers champs de batailles avec ses camarades officiers.
 
Même les ministres civils, contre lesquels les occupants n’ont trouvé aucun motif d’inculpation et qui ont quitté l’Irak pour divers pays d’exil, n’ont pas eu une seule parole offensante pour leur président ou pour leur régime alors qu’ils auraient pu, s’ils l’avaient fait, gagner des millions de dollars. Mais ils ont préféré se retirer loin des projecteurs de l’actualité et se contenter du strict minimum susceptible de les maintenir en vie, eux et les membres de leur famille.
 
J’ai rencontré deux d’entre eux. Le premier étant M. Muhammad Saïd al-Sahhâf, ancien ministre irakien des Affaires étrangères et de l’Information et le second étant le Dr Nâjî Sabrî al-Hadîthî, qui lui succéda au poste de ministre des Affaires étrangères jusqu’à l’occupation de Bagdad. Le premier vit à Abû Dhabi, où il mène une existence paisible, et le second vit à Doha, où il a repris son enseignement universitaire, pour un salaire extrêmement modeste. J’ai appris qu’il est parti à la retraite cette année.
 
Aucun regret pour des régimes qui ont opté pour l’hypocrisie et les hypocrites, des régimes qui se sont entouré d’une cour de poètes de cour, car ces régimes, quoi qu’il en soit, en raison de leurs exactions répressives et de leur acharnement à piller l’argent public ne méritent que des gens tels que ceux-là. Mieux : ils ne peuvent pas gouverner avec d’autres que ces gens-là et ils ne peuvent finir que par la fin infâmante et humiliante dont nous voyons disparaître aujourd’hui ceux qui sont déjà tombés ou ceux qui ne vont pas tarder à suivre ces derniers.

 

par Abdel Bârî Atwân

 

in Al-Quds al-Arabiyy

 

4 avril 2011 traduit de l’arabe par Marcel Charbonnier"

Lire la suite
Lire la suite

Images et absences

2 Avril 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

photo-036cc1975.jpgJe le sais, les paysages du Béarn vont bientôt se vider pour moi. Mes parents mourront dans quelques années. Finalement moi qui étais un homme du Sud, maintenant exilé au nord de la Loire, je n'ai jamais trouvé aucun moyen de faire quoi que ce soit de cet accent, de cette géogaphie méridionale qui était la mienne il y a 20-30 ans. Peut-être, dans un sens, puis-je dire que c'est la faute du Béarn en partie, cette région qui n'a même pas voulu lire le roman que je lui avais consacré. Je n'ai même pas su en faire quelque chose sur un plan imaginaire, en me laissant habiter jusqu'au bout par cette région, ou en y créant de véritables amitiés. Je  pense qu'au fond je n'ai pas su la regarder. Je n'ai pas su assumer suffisamment un regard littéraire sur elle, sur mon passé.

 

DSCN0941.JPG

Je n'ai rien su faire non plus de tout ce qui a suivi. De la Serbie, de l'Abkhazie, de tous ces horizons bizarres, des gens que j'y ai rencontrés. Rien que des livres, une collection d'épitaphes. C'est pourquoi je me bats bêtement aujourd'hui pour faire re-publier "10 ans sur la planète". Parce que je n'ai plus que ça.

 

Je n'ai été présent nulle part. Vivre sa vie sur le mode de l'absence, c'est une drôle de destinée. Présence à un point de fuite indéfinissable, comme l'évoque cette exergue de Nietzsche que j'ai mise en tête du roman.

 

Peut-être cela a-t-il contribué à nourrir en moi une forme d'empathie avec les sans-voix, les oubliés. A me poser des questions sur leur existence, l'envers du décor officiel (par exemple aujourd'hui sur la Côte d'Ivoire : pourquoi au moment où tout le monde regarde vers la Libye et le Japon, Alassane Ouattara obtient les armes qu'il lui fallait pour écraser Gbagbo ? pourquoi comment ? on n'a rien vu venir).

 

Donner la parole aux sans-voix ça peut avoir du bon, ça déclenche aussi des polémiques stupides, comme une qui vient de naître dans l'entourage de la vieille résistante sur laquelle j'ai publié un petit texte du côté de Sevran le mois dernier.

 

Olivier Timbaud, lui a compris ça : il ne donne pas la parole ; sur son blog il donne des images : il donne une présence aux êtres dans un monde médiatique qui n'en crée que de la fausse. Pas de controverse possible dans ses clichés, pas d'oubli de l'être non plus. Les gens lui donnent le meilleur d'eux-mêmes. Une sorte de disponibilité active à se laisser capturer par son appareil, à témoigner de leur monde. Et ça c'est incontestable. Personne n'ira lui reprocher d'avoir fait cela, ni la manière dont il l'a fait.

 

C'est marrant : hier en découvrant sur Facebook ce cliché de ma petite cousine que je n'ai pas revue depuis trois ans (c'est fou ce qu'on peut changer entre 13 et 16 ans), je me suis dit qu'il y avait une facilité dans l'image que je me suis trop longtemps refusé. On crée tellement d'univers à partir d''une image : qui sait ce qu'aurait été ma vie si j'avais envisagé ma famille, le monde, à partir d'images ? Je pense que cela m'aurait rendu indulgent à l'égard de beaucoup de choses, de beaucoup de gens. Beaucoup plus qu'en prenant leurs mots au pied de la lettre comme je l'ai trop souvent fait.

 

Une facilité et un risque : prendre l'image au sérieux (surtout l'image arrêtée) c'est vraiment risquer de se perdre, de ne plus pouvoir en décoller. La prison de l'eidolon.

 

J'ignore où Timbaud a trouvé la force d'appuyer sur le bouton de son objectif.

 

Regardez ses photos du Koweit : comment il prend le parti de saisir les traces de l'absence des Palestiniens, à partir du souvenir d'une histoire d'amour morte. Il faut beaucoup de charité pour faire ça. L'équivalent pour moi serait d'aller photographier la colonisation (et l'humiliation interminable) de la Serbie par l'Union européenne douze ans après les maj1.jpgbombardements. Dieu (qui n'existe pas) m'en garde !

 

P1010968.JPGTimbaud est sur la voie de la sainteté. Il le sait sans doute. Comme tous les saints il se passe des mots là où moi j'en abuse. Il en a mis peu dans son blog. Comme toutes les oeuvres de saints, son travail n'exprime qu'une chose : le mystère un peu mélancolique de la présence, d'une présence sur le point de disparaître. Celle-là seule que la photo peut saisir. Celle-là que les films ou les reportages de journalistes ne voient pas (et qu'il faut avoir une âme de photographe pour saisir avant même d'avoir dégainé l'objectif). C'est de la photographie heideggérienne. Très hautement heideggérienne. Il offre ça au Proche-Orient arabe pour racheter ses oublis de jeunesse et ceux de notre monde riche.

 

Lui au moins parvient à racheter quelque chose...

Lire la suite

Bobos, souchiens, indigènes

28 Mars 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Ca monte aux extrêmes en ce moment. La gauche bobo par la voix d'une chroniqueuse soi-disant  humoriste sur France Inter qui traite les électeurs du FN de "gros connards". Les inquiets du site "fdesouche" qui la couvrent d'insultes (encouragés par Guy Carlier qui la traite de "petite conne") et la renvoient à ses origines maghrébines en des termes peu châtiés (moi, pendant plusieurs mois, j'ai vu son nom sur Internet sans même penser qu'il avait une consonnance arabe, faut croire que je ne suis pas bien conditionné). Je n'aime pas le tour que tout cela prend. Je n'aime pas les apéros saucissons et je n'aime pas non plus l'autre cyber-exalté pro-Indigènes de la république qui, sur son site, bien à l'abri de son pseudo, balance le mot cochon à la figure du premier "souchien" qui passe comme s'il y avait à rougir d'aimer cette viande... Bref, bref : le "malaise dans la civilisation" continue. Vous avez aimé l'épisode 1 à Dreux, l'épisode 2 à Carpentras. Vous aimerez l'épisode 2012 avec Marine. Montée des tensions entre "souchiens" et "diversité" garantie... Diviser pour régner... Parfum de Sarajevo. Commence à m'agacer leur logique de choc des civilisations... Il est grand temps de reprendre la thématique de la refondation de l'indépendance française sur des bases non-ethniques et multiconfessionnelles (athées compris). On essaie ?

Lire la suite

Ignoble et stupide

22 Mars 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous

Comme toutes les ingérences occidentales depuis 15 ans, celle qui se déroule aujourd'hui en Libye est à la fois ignoble et stupide.

 

Ignoble parce que toute ingérence dans une guerre civile du Tiers-Monde l'est. Elle consiste à choisir un camp contre l'autre, c'est à dire à dire à une partie du peuple : rendez vos armes au profit de l'autre partie. Quelle qualité M. Sarkozy ou M. Obama ont-ils pour dire aux Libyens quel camp est le bon pour eux et pour l'avenir de leur pays ? Il y a derrière ce choix un infini mépris pour les nations du Sud et leur droit à disposer d'elles-mêmes. Le principe même de l'ingérence est ignoble.

 

Ensuite l'infâmie se décline sur tous les aspects de cette ingérence. Tout d'abord parce qu'elle s'appuie toujours sur des informations partielles, partiales et mensongères, généralement véhiculées par des "intellectuels" largement discrédités comme celui qui a conseillé M. Sarkozy dans l'affaire libyenne. C'est presque toujours le cas depuis 15 ans : on ne veut pas entendre le point de vue du camp auquel on s'oppose, on l'ignore, on le diffame, tous les grands médias ne vont que dans un sens, et les immondes petits lecteurs de la presse qui se targuent de tout savoir se ruent ensuite sur les forums Internet pour insulter le premier esprit critique qui essaiera de faire entendre un son de cloche différent : on le traitera de facho, de réac, de sanguinaire, d'ennemi du genre humain, et l'on dressera un cordon sanitaire de silence autour de son point de vue.

 

Après la manipulation de l'opinion (et de sa propre opinion car je suis sûr que les dirigeants eux-mêmes s'intoxiquent avec leur propre vision sommaire et partiale de  la réalité), l'ignominie se poursuit à l'encontre des rares puissances susceptibles de s'opposer au point de vue occidental (pays arabes ou africains, latino-américains, Russie, Chine). La manière dont l'administration Obama a "convaincu" Russes et Chinois du fait qu'il ne s'agirait en Libye que d'empêcher les avions de Kadhafi de bombarder les civils est un modèle dans le genre de la séduction et de la tromperie. Quand elle a vu les Occidentaux bombarder méthodiquement les colonnes de ravitaillement militaire et les infrastructures de commandement et de soutien, la Ligue arabe a pris conscience "mais un peu tard" comme dit la fable du fait qu'on l'avait bernée. Moscou et Pékin ont regretté. regrets un peu pharisiens à vrai dire, car la neutralisation des autres puissances ne repose pas que sur la séduction, mais aussi sur le donnant-donnant diplomatique : tu me laisses les mains libres en Libye et je ne t'embêterai pas trop dans le Caucase ou au Tibet. Ce n'est jamais vraiment dit comme ça sans doute, mais c'est à l'arrière plan plus ou moins inconscient de toutes les discussions. Dans un monde où l'OTAN accapare 60 % des dépenses militaires et la quasi-totalité du prestige culturel depuis trois siècle (ça s'appelle une structure de domination symbolique), il est illusoire de penser (comme l'ont fait certains chantres du monde "multipolaire") que Moscou ou Pékin pourraient en quelques années construire un discours alternatif et opposer leur propre vision aux Nations-Unies et ailleurs. Pour camoufler les mensonges adressés aux puissances dont on a évité le véto, il faudra d'autres mensonges, dire que ce sont elles qui ont mal lu la résolution qu'on leur a fait voter, qu'elles sont d'humeur chagrine, qu'elles n'aiment pas vraiment nos magnifiques "droits de l'homme".

 

Puis vient l'infâmie dans l'exécution même de l'ingérence, toujours à huis clos et loin des journalistes - sauf quelques exceptions comme ces journalistes de libération dimanche qui ont assisté "au jeu de massacre" comme ils disent de jeunes soldats libyens pris comme cible d'avions de combat. Ces fameuses "frappes ciblées" sont la manière la plus infâme, la plus abjecte de faire la guerre. C'est la mort qui vient "d'en haut" et contre laquelle on ne peut pas riposter. Le modus operandi va avec le deux poids deux mesures, la manière dont on prétend être le "deus ex machina" qui depuis le ciel fera tomber son châtiment et sa foudre. Les armées du Tiers-monde irakienne ou libyenne sont massacrées sur place par des pilotes occidentaux tranquillement installés dans leurs avions - sauf si elles ont une expérience de l'enfouissement sous terre comme l'armée yougoslave en 1999. Les DCA sont rarement très performantes.

 

L'infâmie va hélas de pair avec la bêtise. La décision d'attaquer un régime ou un pays diabolisés par les médias est souvent prise dans l'urgence, sous le feu des caméras (en France cette fois ci la reconnaissance des insurgés de Benghazi ne fut même pas concertée avec le ministre des affaires étrangères). Certes ce n'est jamais complètement absurde. On peut toujours trouver un intérêt géopolitique cynique à l'agression (pour faire main basse sur le pétrole, trouver un nouvel espace pour la construction d'une base militaire), et il y a toujours des stratèges pour ressortir un plan raisonnable qui donnera finalement un sens concret à notre action. Mais à la base le réflexe d'ingérence, d'imposition de nos valeurs, et sa mise en scène devant devant les caméras est largement irrationnel et purement égocentrique - un égocentrisme collectif, à l'échelle de l'Occident. On se rend vite compte qu'il expose à plus de problèmes qu'il ne fournit de solutions. Le massacre de soldats libyens assurément ne doit pas garantir une très grande popularité aux Occidentaux en ce moment, ni à Tripoli, ni dans aucun des pays qui ressent déjà douloureusement les entraves occidentales à sa liberté d'agir (c'est à dire la majorité des pays de la planète). Même si l'on n'éprouve guère d'enthousiasme pour le colonel Kadhafi on ne peut en ressentir pour le jeu de massacre céleste des Occidentaux. D'autant qu'on finit par se rendre compte que le comité insurrectionnel de Benghazi, composé d'anciens cadres du régime de Kadhafi, d'islamistes, de jeunes fraîchement entrés en politique, et d'autres groupes dont on ne sait rien n'est pas nécessairement  plus "démocrate" ni meilleur pour le peuple libyen que le régime que nous combattons. Avec un peu de malchance même il pourrait être aussi peu recommandable que l'UCK kosovare ou le régime de M. Karzaï en Afghanistan (sans parler même du gouvernement irakien actuel).

 

Certes ce n'est pas si grave parce que les bonnes âmes sympathisantes de la "révolution libyenne" sont prêtes encore pendant de longs mois en Occident à continuer de bâillonner les tenants d'une analyse lucide. Mais cela pose quand même un problème au regard du "terrain". On commence à parler d'enlisement. Avez-vous noté que dans ces moments-là tout le monde commence à regarder sa  montre ? Fin mars 1999 M. Védrine a tout de suite déclaré que le bombardement de la République fédérale de Yougoslavie était une "affaire de jours pas de semaines". Aujourd'hui M. Obama attaqué par les Républicains commence à prévenir que les Etats-Unis passeront bientôt le commandement des opérations à quelqu'un d'autre. Dans ces cas là, on n'a plus qu'un espoir : il faut que le régime d'en face cède rapidement . Soit qu'il négocie sa capitulation comme S. Milosevic le fit en Yougoslavie à partir de mai 1999, soit que la corruption de l'armée assure sa reddition sans condition comme l'obtinrent les Etats-Unis à la veille du siège de Bagdad en 2003 en achetant les principaux généraux de l'entourage de Saddam Hussein. C'est ce que dit aujourd'hui M. Juppé quand il "espère" un effondrement du régime Kadhafi. La lâcheté (ou la naïveté) de notre ennemi prêt à discuter avec nous, ou son immoralité (sa corruptibilité financière, sa vénalité) deviennent notre seule chance pour éviter que l'aventure interventionniste tourne au bain de sang le plus absurde, dont un mal peut sortir bien pire que le remède que l'on souhaitait administrer. Nous en sommes donc à cette étape.

 

La véritable intelligence, qui nous aurait par ailleurs empêchés de verser dans l'infâmie, aurait été de ne pas céder du tout à l'instinct de croisade et aux appels des esprits primaires qui en ont fait leur ligne de conduite. Peut-être y penserons-nous dans le cadre des prochains conflits. En Occident l'intelligence et la dignité sont toujours renvoyés à la guerre suivante...

 

FD

 

ps : dorénavant je me considère étranger à ma région natale, en voici la raison.

Lire la suite

L'actualité de la semaine

14 Mars 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Comme la Libye est au bord de l'éclatement (et ce n'est sans doute pas le dernier pays africain dans ce cas), les petits insectes narcissiques de la lutte "anti-impérialiste" sortent de leur trou pour afficher leurs papiers faciles contre l'ingérence occidentale (et notamment contre ce projet de créer une zone d'exclusion aérienne si fou que même le général Westley Clark, champion de l'ingérence clintonienne, s'y oppose). Je reste pour ma part sur ma réserve. J'ai posté deux petits articles sur le blog de l'Atlas alternatif au début de l'insurrection libyenne il y a 10 jours, c'est largement suffisant, car ensuite on s'expose à ressasser des évidences. Laissons donc chacun se mirer dans ses articles sur tel ou tel blog.

 

barack.jpg

Du coup, du fin fond de ma semi-retraite politique (semi-retraite car je mène par ailleurs une activité de terrain tout aussi ludique que les blogs mais autrement moins narcissique et plus concrète dans une ville de banlieue), je ne trouve plus de sujet captivant à me mettre sous la dent. Comme tout le monde, je plains le pauvre peuple japonais qui se présentait encore il y a peu comme le champion de la maîtrise d'une nature difficile. Les investisseurs vont-ils déserter l'archipel désormais ? En tout cas à travers le séisme du weekend dernier, l'humanité a pu une fois de plus - comme elle aime à le faire depuis trente ans - contempler en boucle (via ses grands médias) son infinie fragilité sur une écorce terrestre instable. Cela l'encouragera-t-elle à approfondir la recherche pour la conquête de l'espace au delà de notre atmosphère ? Aujourd'hui on pense davantage à interrompre le fonctionnement de nos centrales nucléaires, ce qui n'est pas précisément la meilleure solution pour aller de l'avant.

 strausskahn.jpg

J'ai lu le papier de l'UPR sur le sondage qui donne Marine Le Pen gagnante du premier tour de l'élection présidentielle de 2012. En attribuer la paternité à l'establishment étatsunien me paraît un peu tiré par les cheveux (d'ailleurs l'article a été écrit un peu trop vite, cela se repère à plusieurs détails). Mais il est évident que notre oligarchie (comme le dit Méluche), qui est, pourrait-on dire, "spontanément"  euro-atlantiste sans avoir besoin de prendre ses ordres à Washington, veut un 21 avril à l'envers avec Strauss-Kahn à la place de Chirac. Pas besoin d'être complotiste pour le deviner. On attend toujours notre "révolution tunisienne" pour déjouer ce scénario...

 

En parlant de Méluche, avez vous vu comme les Guignols dimanche dernier (dans leur récapitulatif hebdomadaire) le vieillissaient en l'appelant "Mémé-lenchon" ? C'est étrange parce qu'en le filmant jeudi soir avec mon caméscope j'avais aussi songé qu'il faisait de plus en plus "troisième république". C'est bien la première fois que mes pensées rejoignent celles des bobos de Canal+. Mais je crains que cela condamne le Front de gauche à plafonner à 6 %. D'ailleurs j'ai lu hier que le MPEP (un mouvement pour lequel j'ai de l'estime, comme pour DLR, tout en regrettant l'impuissance programmée de l'un comme de l'autre) est si dégoûté par l'absence de dynamique dans ce Front (notamment l'absence d'accord clair entre ses composantes et d'ouverture aux nouvelles composantes potentielles) qu'il n'appelle même pas à voter pour ses candidats au niveau national !

 

Quant à moi, il y a 15 jours, j'ai donné ma démission d'un groupe anti-impérialiste communiste car je ne me sentais pas suffisamment marxiste pour supporter leur optimisme méthodologique (et les aveuglements subséquents dans leurs grilles d'analyse), et jeudi soir je vois une personnalité résistante (authentiquement résistante au système politique actuel, et pas seulement sur un écran d'ordinateur) dans un restaurant chic des beaux quartiers... J'espère que j'y trouverai matière à réfléchir... et peut-être même à espérer un peu !

 

FD

 

ps : Ah zut ! j'ai oublié de parler de BHL qui, depuis qu'il est notre nouveau ministre des affaires étrangères de retour de Libye parle de pipe et de turlute autant de mots malseyants dans la bouche d'un soi-disant philosophe, et que les médias édulcorent dans la forme scientifique de "fellation"- une forme popularisée par le lapsus d'une ancienne ministre. Il y a des tendances lourdes dans la culture dominante : l'influence du X sur l'imaginaire, l'incapacité à aligner trois mots d'anglais correct (BHL a dit "make a blow-job" au lieu de "give") ou de le parler sans zezeyer comme Strauss-Kahn dimanche à télé.

Lire la suite

Les beaux quartiers

28 Janvier 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

beneto16.jpgJe fais la queue dans une mairie des beaux quartiers (hier soir) pour renouveler une carte d'identité. 20 personnes devant moi, dont une dame et ses deux filles, assises sur un banc, et son petit garçon qui joue plus loin. La dame ressemble à Anne Hidalgo, blouson de cuir, toute de noir vêtue, pas spécialement typée socialement. Soudain un monsieur s'approche du petit garçon. On voit bien que c'est son père car il l'appelle par son prénom. Il le prend dans ses bras. La dame s'exclame soudain : "oh non !", puis elle réalise que c'est son mari et lui dit "oh la la, j'ai cru que c'était quelqu'un qui enlevait Florent". La hantise de l'enlèvement d'enfants et de la pédophilie, une caractéristique des classes moyennes ou supérieures françaises en ce moment. Puis la dame regarde une affiche de l'association "sol en si" (solidarité enfance sida). Elle lit les mots "respect - partage - écoute - solidarité - tolérance" et demande à ses filles de les définir. "Solidarité c'est quand on aide les autres, tolérance c'est quand on respecte les différences" disent sagement les petites filles. Ensuite la maman invite chacune à faire son examen de conscience : "toi, partage, oui, sans problème, hein, écoute pas trop"... la petite fille ainée continue "solidarité, oui, tolérance oui". La cadette fait de même. On a le sentiment qu'elles vérifient qu'elles sont au point, comme un contrôle technique d'automobiles. Elles peuvent toutes dire "oui" à au moins trois mots sur cinq. Ouf. La petite famille est moralement très correcte. Ils pourront dormir sur leurs deux oreilles.

Lire la suite

Mon avis sur Wikileaks en deux mots

2 Décembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je n'ai pas trop le temps d'écrire sur ce sujet.

 

Alors en juste deux mots :nato.jpg

 

1) Wikileaks est un résultat intéressant de l'apport des nouvelles technologies au fonctionnement de nos systèmes politiques. C'est banal de le dire, mais avant de s'embarquer dans des histoires de complots et autres délires, il faut déjà poser ça.

 

2) Je ne sais pas si le fondateur de ce dispositif, Julian Assange est un anarchiste sincère ou un agent d'un service secret. J'ai tendance à penser que c'est un anarchiste sincère, et ses amis aussi. Mais le sujet n'est pas d'une importance folle, car...

 

...3) Que les organisateurs de Wikileaks soient sincères ou pas, ils seront facilement manipulables. Et la dessus je comprends tout à fait les inquiétudes émises au Vénézuela, en Russie, en Chine, spécialement quand après les fuites sur la guerre d'Irak les amis d'Assange ont annoncé de prochaines fuites sur la Russie. Honnêtes ou pas, les fondateurs de Wikileaks sont à la merci des infos qu'on leur livrera (des infos aisément manipulables), et donc des informateurs. Une des premières manipulations a d'ailleurs tenu au fait que, tout en livrant des infos importantes sur l'Irak, Wikileaks soulignait le rôle de l'Iran et publiait un chiffre de victimes civiles très en deçà des chiffres du Lancet. Autrement dit : leurs informateurs à travers ça faisaient déjà passer "une certaine vision" de la guerre d'Irak, vision qu'on tend à survaloriser parce qu'elle contient des scoops, mais attention à ne pas avaler par la même occasion les "faux scoops".

 

4) Les dernières "fuites" qui sont des messages diplomatiques, sont un signe que Wikileaks peut affaiblir sérieusement une puissance publique quelle qu'elle soit vu l'effet d'échelle (à la différence des fuites ponctuelles du Canard enchaîné il y a quelques années).

 

5) Nos médias idiots comme d'habitude s'attachent à l'anecdotique (le mauvais caractère de Sarkozy par exemple) plutôt qu'à ce qui pourrait vraiment faire réfléchir.

 

6) Je n'ai pas pu me livrer à une étude systématique des "fuites" publiées (qui ont l'air d'être cette fois plus exploitables que celles sur l'Irak. Elles ont l'air d'être assez sévères avec les pays un peu dissidents (par exemple en Europe l'Espagne bien plus maltraitée que la France, mais bon ce n'est pas en soi une surprise). Et ce n'est sûrement pas un hasard si elles révèlent la volonté de l'Arabie saoudite de voir l'Iran bombarder il y a quelques années au moment même où ce pays se rapproche de Téhéran.

 

7) Ces premiers éléments me font penser que des diplomates néocons sont peut-être derrière certaines infos livrées. Cette hypothèse ne va cependant pas aussi loin que l'article délirant que j'ai lu hier sur le fait qu'Israël serait derrière tout ça et pointerait  ses missiles sur Washington...

 

8) Le télégramme diplomatique (TD) qu'un de nos lecteurs, Gilles, a trouvé sur Wikileaks concernant la comparaison Sarkozy Royal est intéressant. Mais dans l'ensemble jusqu'ici mes propres coups d'oeil sur des TD même classés "secrets" ne m'ont rien révélé de transcendant. Cela dit, ayant bossé un peu dans des milieux diplomatiques, je sais que l'on y trouve rarement des trucs révolutionnaires, et la plupart des TD vont directement à la poubelle après lecture par un jeune chef de bureau. Les vrais "scoops" sont généralement davantage au niveau des services secrets ou des services de la présidence.

 

9) L'existence de Wikileaks va peut-être faire tomber en désuétude l'art du TD dans les chancelleries occidentales.

Lire la suite

Economies de bouts de chandelles

22 Novembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Comme le soulignait Edgar de la Lettre volée il y a peu, faire plaisir au grand frère étatsunien en réintégrant les structures de l'OTAN, cela coûte à la France 80 millions d'euros par an (bon je ne parle même pas du financement de nos banques ou de la Grèce après les spéculations des prêteurs, parce que ça c'est financé par l'emprunt, et le service de cet endettement n'est pas bien connu). 80 millions donc...

P1010692-copie-1.jpg

 

Pour compenser, il faut serrer la ceinture de l'Etat (surtout vu l'accélération des spéculations contre l'euro). Donc on refile le plus possible les dépenses de fonctionnement aux collectivités locales (plus de 600 millions d'euros à la Seine Saint Denis en 6 ans sans compensation, et la Seine-Saint-Denis ce n'est qu'un quarantième de notre beau pays).

 

Et puis l'an prochain aussi on diminue de 100 millions d'euros les dépenses d'entretien des routes. Comme on ne peut pas tout faire peser sur les départements ou les régions, ça va finir par "se voir" dans la qualité des services rendus à la population. Ainsi par exemple dans douze départements de l'Est de la France, on ne déneigera plus les voies de gauche des autoroutes et des nationales. Les saleuses n’officieront sur la voie de gauche que… huit heures après la fin de la tombée de la neige. Comme la fourberie (rebaptisée "politique de com' ") est la règle, on fait croire aux gens que c'est pour déblayer plus vite les voies de droite... of course.

 

"Plus d'un Français sur trois néglige son bien-être au profit du travail" disent les sondages. On en aura quelques uns de plus dans les départements de l'Est quand la neige viendra.

 

Lire la suite

Ecoutons ce débat entre Attali et Mélenchon

14 Novembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Lire la suite

Le système a encore des ressources

8 Novembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

J'assistais ce soir à une réunion organisée par le président du conseil général de la Seine Saint-Denis devant un parterre d'élus et de responsables de collèges pour leur expliquer sa méga-idée de financer des dizaines de constructions de collèges par des partenariats public-privé (PPP), et je me disais en l'écoutant que le système politique a des ressources énormes. Le type a trouvé la clé pour clouer le bec aux communistes, les ringardiser, les empêcher de reprendre aux prochaines cantonales ce département crucial pour leur survie qu'ils ont perdu en 2008, avec ce projet tape-à-l'oeil qui en fait le sauveur des collèges au risque de plomber encore plus les finances bien précaires du département. Et il le fait avec des arguments bétons pour qu'on évite de l'accuser de manoeuvre politicienne, des phrases du genre "c'est une compétence obligatoire il fallait bien que je m'acquitte de nos obligations", "la démographie m'obligeait à lancer un truc, les finances ne me permettaient pas d'éviter de recourir à l'emprunt classique", "les taux d'intérêts étaient bas, c'était le moment de se lancer, ça n'a rien à voir avec les élections". Derrière, le PC rame pour se faire entendre, ses élus bafouillent, oublient de dire que les centaines de millions d'euros il fallait les demander à l'Etat qui spolie le département et pas au privé (ça devait pourtant être leur argument massue, mais l'ambiance du show Barto leur a fait oublier de le dire). goya.jpg

 

Des politiciens comme Barto sont des pros de la guerre de position, qui paient grassement des collaborateurs de cabinets pour concocter des stratégies balaises. Les collaborateurs du groupe PCF eux étaient amers ce soir : "tu as entendu la chronique sur France Inter hier ? ils veulent faire croire que la majorité communiste d'avant n'avait rien fait pour les collèges alors que c'est tout le contraire". Bin oui, on ne va quand même pas demander aux médias de vérifier les infos non ?

 

"Vous ne voulez pas financer nos collèges ? C'est du mépris pour nos enfants ! Vous ne voulez pas de PPP ? C'est parce que vous êtes des utopistes !" L'étau se resserre. Le néolibéralisme joue en faveur du PS qui peut toujours passer pour le moindre mal entre le dangereux Sarko et les doux rêveurs archaïques du PC. CQFD. Barto est le maître de cérémonie. Il organise la com, le timing, les gens doivent se positionner par rapport à ses initiatives à lui, c'est lui qui choisit le terrain de l'affrontement, les armes, tout quoi.

 

Une grande leçon. Des Bartos, des Mitterrands, des Sarkos, on nous en sortira toujours. De ces types dont l'art politique force le respect. Des gars qui surfent sur les vagues pour arriver au port avant tous les autres.

 

C'est ce genre de gars qu'on risque de voir bientôt ressurgir en Amérique latine quand Chavez et Morales se seront épuisés à changer les choses de fond en comble. Emir Sader l'annonce déjà dans le livre collectif dont j'ai fait récemment le commentaire pour Parutions.com. La gauche de la gauche, elle, a toujours une stratégie de retard, elle n'anticipe pas le coup de l'adversaire, et se donne encore moins les moyens de donner plusieurs coups d'avance, d'imposer aux autres de réagir à ses intiatitives. En panne d'inspiration après le référendum constitutionnel de 2005 qu'elle avait gagné, elle est à nouveau à sec après la promulgation de la loi sur les retraites. Mélenchon s'enferme dans un rôle à la Georges Marchais, qui ne le sortira pas de l'ornière. Quelle proposition d'action pour les mois à venir ? Evidemment ils n'en ont pas. Les Clausewitz ne sont pas dans leur camp.

 

Un communiste convaincu écrit sur son blog hier que le PC grec a fait 12 % à des élections locales partielles. Ca le transporte de bonheur. 12 % dans un pays appauvri et humilié, tu parles d'un triomphe ! Les banquiers du FMI peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

Lire la suite

A serbian film - la Serbie snuff et hardcore

5 Novembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Mauvaise nouvelle pour ceux qui s'attachent à défendre une image "rénovée" de la Serbie. Un mois après le hooliganisme serbe à Gênes, voici qu'on parle d'un film belgradois "A serbian film" de Srdjan Spasojevic... et pas en bien...

 

"A Serbian film pourrait décrocher le label de film le plus déviant/dérangeant/barré/sadique jamais fait que ça n’étonnerait personne. Effectivement, c’est un cocktail Molotov d’images scandaleuses et choquantes où s’enchainent viols, tortures, sadisme, émasculation, sauvagerie, acte de pédophilie, abus de nouveaux nés, on en passe et des meilleures" écrit à son propos Christophe Chenallet sur filmdeculte.com.

 

Le film est si horrible qu'il vient d'être interdit de diffusion à la Semaine du Cinéma Fantastique et d'horreur de Saint Sebastien - à la demande, il est vrai, de la confédération des parents d'élèves catholiques (CONCAPA) espagnole. Avant cela le 29 août 2010, il avait aussi été quand même exclu du festival Film Four Fright Fest de Londres à cause d'une l'interdiction du comité de censure britannique, par contre il a passé la barre des interdictions dans d'autres festivals y compris aux USA (à Austin).

 

La Serbie a tellement bonne réputation que, selon Chenallet, certains ont dit que l'Etat serbe avait financé le tournage (parce que bien sûr toute la Serbie est forcément gore) - la rumeur est aussi mentionnée ici. Ca me rappelle Baril de Poudre de Paskaljevic qui passait sur les écrans quand l'OTAN bombardait Belgrade. Le scénariste du film explique la rumeur par le fait que Life and Death Of A Porn Gang, de Mladen Djordjevic a lui été subventionné par l'Etat et c'est aussi un film d'horreur porno ("Indie horror" disent-ils). Allez je vous mets la bande annonce de celui-là aussi juste en dessous.

 

Pour trouver sa place dans le monde globalisé, la Serbie devrait créer un méga-parc d'attraction sado-porno-trash, vu que c'est quand même comme ça que le monde s'obstine à la voir. Bon allez, une confession pour finir : en juillet 2000 quand l'aéroport de Belgrade a rouvert après un an au moins d'embargo (Milosevic était encore au pouvoir), je n'ai pas pu m'empêcher d'y acheter une revue X serbe... pour voir si elles y étaient pires qu'ailleurs.

 

 

 

Lire la suite

Un jour à Buenos Aires

2 Novembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Lire la suite
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>