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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

"L'idéologie du sympa"

12 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

engrenage.jpgRenaud Camus (dont je ne partage pas le côté réac et passéiste, mais qui n'a pas tort sur tout) nomme le discours dominant actuel (auquel la plupart de nos contemporains peu ou prou communient) "l'idéologie du sympa".

Pour moi l' "idéologie du sympa" c'est par exemple quand BFM TV (ce matin) choisit Arielle Dombasle pour parler du décès d'Eric Rohmer. C'est une mise en abime de la vacuité. Du vide qui parle sur du vide. ll n'est pas certain que Rohmer mérite l'aura dont il fut entouré dans les années 1980-90. En soi il y avait déjà un certain "vide" promu par un certain système médiatique autour de cette "icône de la Nouvelle vague". Mais ce vide pour conserver une certaine cohérence devrait, à l'heure de la mort du réalisateur, conduire à ce qu'on interroge un critique de cinéma pour parler de l'oeuvre de Rohmer. Il se peut que BFM TV n'ait trouvé aucun critique à 8 h du matin disposé à résumer en deux phrases creuses ce qu'il faudrait garder de Rohmer (parce que, peut-être, les critiques de cinéma ont complètement "décroché" de la logique du flux d'infos en continu, et se sont résolus, comme les latinistes versaillais, à n'être plus qu'une "communauté" de 500 personnes sur Facebook - un vieux spécialiste bourdieusien de la science politique m'a dit en 2006 : "les politistes nous ne sommes qu'une communauté de 1 000 personnes en France, et nous nous connaissons tous entre nous"). Ou bien BFM TV a-t-elle a priori trouvé qu'il serait plus "sympa" de faire parler quelqu'un que tous les Français connaissent, qui est donc un peu de leur famille, et que chacun identifie (parmi ceux qui adhèrent encore à l'actualité en continu) comme quelqu'un d'assez cultivé et raffiné, l'épouse de Bernard-Henry Lévy. Et donc la starlette a parlé dix secondes pour dire que Rohmer était formidaaable, juste après un reportage de 20 secondes qui avait précisé que son cinéma était "exigeant" (c'est à dire à ne pas regarder parce qu'on n'y comprendrait que dalle). L'effet "sympa" d'Arielle Dombasle a démultiplié vide, mais tout le monde s'y est retrouvé parce qu'ainsi chacun a eu le sentiment 1) d'avoir été informé du décès d'un cinéaste important 2) de rester au courant de ce qui se passe dans l'actualité culturelle sans culpabiliser de ne rien y comprendre 3) d'avoir toujours dans sa famille et son horizon affectif une Arielle Dombasle "sympa" (même si on la critique parfois, comme on critique une tante excentrique qui ne réussit pas tout ce qu'elle entreprend) qui soutient leur effort de rester informés de ce qu'il se passe dans le domaine de la création. 

En général, je ne parle pas trop ici de mes travaux en sociologie du corps que je publie sous un autre nom, parce qu'ils n'ont pas de rapport direct avec mon engagement politique. Ils me permettent de garder un pied dans la culture du "sympa" sans trop m'y compromettre, mais sans non plus entretenir de ressentiment excessif à son égard (on sait quelles folies paranoïaques finissent par cultiver les adversaires de l'idéologie du "sympa"). D'ailleurs lors de la publication de mon livre dans ce domaine, une psy de renom m'avait dit : "le sujet de votre livre est très SYMPA, on l'attendait depuis des années ! publiez le vite, sinon quelqu'un d'autre écrira là dessus, c'est tellement dans l'air du temps !". J'en étais conscient, quoique je prétendisse (et prétends encore) pouvoir pousser les implications de mon thème au delà des modes de mon époque. Et effectivement depuis quelque temps, bien que mon éditeur soit très peu diffusé (lui et moi sommes des outsiders), il ne se passe pas un mois sans qu'un média quelconque ne sollicite mon avis sur le sujet de mon livre. Encore en ce début de semaine comme j'étais cloué au lit par un mauvais virus et alors que je croyais le temps arrêté, deux chaines du cable me contactaient pour m'interroger sur ce thème, me conduisant à composer encore avec l'état d'esprit des vicaires de l'idéologie du sympa.

L'air du temps "sympa" de notre époque n'est pas une "superstructure" facile à combattre comme une dictature classique. C'est une idéologie enveloppante dont l'utilité fonctionnelle est avérée (pour en rendre compte il faudrait peut-être recourir à la théorie des "memes" qui explique les schèmes de transmission de représentations culturelle). On ne peut pas prétendre s'en extraire aisément sans provoquer des pathologies stériles (paranoïa, passéisme etc). Il convient de savoir à quel degré on y participe, et éventuellement d'en jouer, en portant toujours l'action et la réflexion au delà de cette culture officielle, au delà de l'instantanéité de l'affect dans laquelle elle cherche à tout absorber. Cela demande des investissements à divers niveaux, des hiérarchisations des perspectives. Un véritable art de la guerre.
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Au chapitre culturel de la semaine

5 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

D'une conversation par email l'autre, on se trouve emporté sur des thèmes qui pourraient faire l'objet de livres.
Hier "faut-il s'engager dans l'espoir de réaliser un paradis terrestre pour l'humanité ?". Aujourd'hui : "Notre vision de la sexualité peut-elle s'extraire de l'héritage catholique ?"

Mes interlocuteurs sur ce genre de sujet m'opposent des poncifs académiques vieux de 20 ou 30 ans, comme si leur pensée était figée dans la glace. Dommage que je n'aie pas le temps d'écrire plus longuement.

Petite parenthèse culturelle. Demain sort sur les écrans "Agora".



Les peplums sont souvent risibles mais ce sont des miroirs de notre époque sociologiquement intéressants. Voir comment un monde se raconte à lui même son histoire.

Ici le sujet choisi est l'intolérance des Chrétiens. On est à l'opposé des thèmes du cinéma hollywoodien traditionnel. Il popularise le personnage d'Hypathie d'Alexandrie, qui le mérite sans doute : une philosophe femme lapidée par les chrétiens, ce n'est pas mal. Charles William Mitchell lui a consacré un étrange tableau.

A part ça un ami me dit du bien d'une pièce de théatre "Le Paris de Lutécien". Mais je n'en parlerai pas ne l'ayant pas vue.
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Luttes de classes musicales

29 Décembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

A Soukhoumi, le 12 décembre, après le contrôle de l'élection présidentielle, les observateurs russes au restaurant le soir se sont mis à danser, puis en fin de repas à chanter. Leila qui était avec nous a dit "Les hommes dansent comme chez nous en Algérie".



A la fin les jeunes filles du bar en avaient marre des chants traditionnels et ont contre-attaqué en mettant à fond un remix russe de Heartbreak hotel de CC Catch.



Cette musique me rappelait mes 17 ans... A l'époque CC Catch pour un petit béarnais comme moi, créait une sorte de lien imaginaire avec la jeunesse d'Allemagne et de Scandinavie (je peux le dire aujourd'hui qu'un magazine suédois à grand tirage qui sortira début janvier vient de me citer longuement sur 4 pages). La connaître faisait plus chic que de citer Sandra et Modern Talking qui, tout allemands qu'ils étaient eux aussi, étaient beaucoup plus connus en France. Cela faisait partie de ces fenêtres ouvertes sur le monde, qui promettait tant de choses à notre jeunesse... Vous vous souvenez de "Cause you are young ?"


 
Les fenêtres ouvertes au monde l'étaient par des femmes... On pouvait écouter ça au coeur de vacances solitaires, vivre par procuration un futur, une découverte du monde.

Les Russes, eux, n'ont pas connu ça. A l'époque la pop music leur était interdite. A leur sujet l'Ouest chantait des chansons sur le rideau de fer ("the iron curtain") comme Nikita d'Elton John, ou Brick de Fake.


Du coup, ce sont les jeunes Russes ou les jeunes Abkhazes de 25 ans d'aujourd'hui qui considèrent l'Italo-disco ou la german disco à peine remixée comme la musique de leur génération... D'ailleurs sur la route entre Soukhoumi et Sotchi le 13 au soir dans le bus, la TV diffusait des clips vidéos d'Abba et de Boney M.

 

A Moscou le 14 décembre Jean-Louis qui est un petit bourgeois communiste sans doute élevé dans le jazz (voire, quelle horreur ! dans la musique classique) me montrait un fac-similé du Figaro. "Oui, ils ont beaucoup de fausses versions de produits occidentaux ici, dis-je. Notamment en musique les remix de popmusic".

"- Musique ? Tu veux dire le bruit qu'on entend depuis deux jours autour de nous ?"

Bon allez. Ecoutons un peu de Miko Mission pour nous consoler (le clip a été visiblement composé par un type très jeune avec des images de manga, mais dans un esprit romantique qui allait avec cette musique et notre adolescence).





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With friends like these...

11 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

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Médisances

28 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Par trois fois j'ai tenté sur Facebook d'intégrer le réseau d'amis (900 personnes) de Sahra Wagenknecht sur Facebook mais en vain. Pourquoi ? Le Dissident internationaliste suppose que quelqu'un se sera chargé de lui dire du mal de moi. Mais qui et pourquoi ? J'ai posé la question à l'intéressée (ou plus probablement à son assistant parlementaire qui gère sans doute sa page Facebook. En vain. J'ai fait le tour des sites Internet. Je n'y ai pas trouvé de proos hostiles à mes textes. Peut-être en un sens mon manque de notoriété me protège-t-il. Si l'on médit sur moi, c'est sans doute sous cape. A la différence de ce qui arrive à Bricmont que je vois empêtré dans des polémiques dont bien des sites d'extrême-gauche se font l'écho. Polémiques habituelles, dont il ne se sort pas terriblement bien, je trouve. On touche un peu aux limites du voltairisme. J'en reparlerai à l'occasion.

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Al Jazeera révèle un plan colombien pour assassiner Chavez

11 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

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Missions dans le 7 ème

24 Septembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Me voilà de retour de mes pérégrinations dans les beaux quartiers (des quartiers de plus en plus triste du reste).

La conférence qui durait de 9 h à 16 H fut particulièrement rébarbative. Je soupçonne que le patron de BRN a pu croire un instant que la Politique européenne de sécurité et de défense allait transformer l'Union en un aigle d'acier qui détruirait le monde. Mais il n'en est rien car à l'évidence l'UE reste assez divisée sur le militarisme, beaucoup préférant la protection de l'oncle Sam. Le ministre Hervé Morin ayant dit que l'Europe peut être "à la fois Vénus et Mars", j'ai voulu intituler mon papier "Aux armes Vénus européenne", on verra si ça passe.

Le ministre de la défense au début de la conférence était à tu et à toi avec tout le monde. On avait l'impression d'une réunion de famille. Les filles avaient des airs de bourgeoises coincées, les hommes bien élevés se lavaient longuement les mains aux toilettes. Tous sentaient le déodorant à 10 mètres. Un d'eux a remarqué qu'une des intervenantes du ministère (qui a un physique d'Inde du Sud) était "très bronzée mais avec un nom bien français", une remarque berlusconienne. C'est à ce genre de chose qu'on sait qu'on est au milieu des centristes chrétiens. Quel délice...

De l'école militaire je pourrais garder plutôt l'image des gradés qui faisaient tous deux têtes de plus que moi, qui se sont levés comme un seul homme quand le ministre et arrivé et qui se sont tous barrés quand il est parti, laissant le reste de la salle à ses ratiocinations - ça s'est carré. Mais non, j'ai préféré encore la toute première vision : celle de cette sous-off féminine (ou peut-être était un capo, je n'ai pas bien regardé) en treillis et béret qui faisait courir en rond autour d'elle un beau cheval au bout d'une corde. Je n'aurais pas pensé que quelqu'un quelque part avait ce genre de chose à faire à 9 h du matin chaque jour à Paris quand je prends mon petit dej'.

Puis j'ai filé à 18 h à l'Institut de la démocratie et de la coopération, dirigé par le très thatchérien M. Laughland et pourtant financé par M. Poutine... Deux vieilles dames égocentriques qui s'étaient distinguées il y a dix ans dans l'action contre le bombardement de la Serbie (de rares anti-OTAN de gauche à cette époque-là) trônaient au milieu de la salle. Il y avait aussi un vieux monsieur de l'Appel franco-arabe. S'il n'y avait pas eu deux ou trois jolies filles russes sur les bas-côtés, je crois que j'aurais vraiment déprimé. Comme je le disais hier, on parlait de Vassily Kononov. L'avocat russe s'est attaché à démontrer que le gouvernement letton veut criminaliser la résistance russe et blanchir les bourreaux nazis, en violation des attendus de Nüremberg. Il semble qu'un des noeuds factuels de cette affaire tienne dans le fait de savoir si les 9 personnes qu'a tuées M. Kononov étaient des miliciens pro-nazis comme le soutient l'avocat : il dit avoir les preuves, mais évidemment nous autres du public n'avons rien pu vérifier. J'ai repensé à la phrase d'Houria Bouteldja à propos du Hezbollah : "Il n'y a pas de résistance propre". Un des amis républicains espagnols de mon grand père, dans la résistance communiste dans le sud-ouest de la France en 44 a fait torturer à mort par erreur un pilote anglais qu'il croyait allemand. Suite à une enquête de la famille de la victime, il a dû retourner en Espagne où il fut tué par les franquistes. N'importe quel petit malin révisionniste poudré et cravaté aujourd'hui pourrait faire un procès posthume  pour crime contre l'humanité à ce brave résistant espagnol pas doué pour les langues étrangères. En Russie les autorités ont peur que les Lettons nous fassent avaler la thèse du "nazisme moindre mal face au communisme" et de "Staline fauteur de guerre". Elles ont bien raison de s'inquiéter. Cela me rappelle les débats autour de l'historien allemand Nolte qui, il y a trente ans, voulait à tout prix voir dans la montée de l'hitlérisme une légitime défense face au péril rouge. Un serpent de mer de la propagande.

Au fait, ça n'a rien à voir mais j'y pense maintenant : vous ai-je dit qu'Hugo Chavez dans les anées 1990 était blairiste ? C'est Collon qui le rapporte dans son dernier livre. On n'imagine plus aujourd'hui l'attrait que le "caniche de Bush", Antony Blair a pu exercer sur diverses personnalités en un temps. En 2000 (malgré son attitude criminelle dans les Balkans et en Irak qu'il bombardait déjà, but nobody cared) il était même chic de citer son conseiller Antony Giddens dans les facs de sociologie. Je ne crois plus que ce soit le cas. Heureusement.
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Un décryptage qui m'avait échappé (il y a quelques mois)

13 Septembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Il y a ceux qui décryptent les médias juste pour se sentir plus intelligents qu'eux, dans une logique narcissique, et ceux qui le font avec un esprit de compassion pour les victimes du mensonge et une révolte, dans l'intention ferme de changer l'ordre des choses. Ceux là feront sans doute un bon usage de la vidéo ci dessous - vidéo qui date d'il y a quelques mois, mais les biais de l'approche médiatique dénoncés ici sont omniprésents, et sur tous les sujets.

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Des femmes utiles à notre époque

2 Septembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Moi qui ne suis qu'un des bloggueurs les moins lus de la planète anti-impérialiste je serais fort mal placé pour prétendre aider à la notoriété des travaux de quiconque. Je me permets quand même de vous faire part de mes coups de coeur : les blogs sont faits pour cela !

Donc mon enthousiasme du jour va vers Hassina Méchaï. Retenez ce nom, chers rares lecteurs de ce blog ! Oui, lecteurs, Hassina Méchaï peut tout faire : attaquer Laurence Ferrari sur le site de l'Acrimed en citant Ce que Parler veut dire de Pierre Bourdieu (l'ancienne version de son bouquin, s'il vous plaît, celle de 1982, pas le "remix" Langage et pouvoir symbolique qu'on trouve en livre de poche), "filer des analogies subliminales jusqu'au noeud gordien" dans une défense flamboyante de l'Iran reprise par divers sites (mon seul désaccord avec son article, tient à ce qu'elle parle de la Rome impériale pour Caton, glorieux sénateur de la Rome républicaine, mais cette République devenait déjà un peu impériale), dénigrer les Etats-Unis sur le site des Indigènes de la République et Oulala.net, devenir l'invitée d'honneur de Michel Collon en mordant Luc Ferry. Mesdames et messieurs, je vous le dis : cette jeune doctorante ira loin. Tremblez Frédéric Ancel, Alexandre Adler et autre chouchous des plateaux de télévision. Vous avez devant vous le genre de jeune intellectuelle qui demain posera une lourde pierre tombale sur vos très funestes théories.

Pourtant ce matin, je n'étais pas parti pour citer cette publiciste (dont à ma grande honte j'ignorais même le nom). Je voulais vous dire un mot de ma correspondante italienne qui découvre une université très à gauche du Nord-Est des Etats-Unis, et me dit que sur la Côte Est, les directeurs de thèse font la bise aux doctorants pour faire plus "européens".

Je voulais aussi vous parler de mon amie Sophie qui est éducatrice spécialisée et qui encadre des adultes mentalement très attardés.

Elle m'écrit aujourd'hui : "Tu as raison lorsque tu dis que nous touchons à la complexité de l'humain. Nous sommes au carrefour de la déficience et de la pychiatrie. Nous flirtons avec la pulsion à l'état pur, avec les comportements archaïques les plus forts. La dépendance totale ou partielle, les troubles du comportement, l'automutilation, les cris, la violence, l'angoisse dans ce qu'elle a de plus fort, font partie de mon quotidien. Il faut être prêt à donner beaucoup tout en sachant que l'on recevra peu, ou pas du tout, en retour.

L'accompagnement des familles qui sont touchées par ce handicap est essentiel. Il nous faut les soutenir, les rassurer, les aider à accepter l'inacceptable: à savoir que leur fils, fille, certes est adulte, mais n'atteindra jamais plus que l'autonomie d'un enfants de 3 ans (pour les plus chanceux!). La moyenne d'âge mental de la population que j'accompagne, ne dépasse généralement pas les 6 mois, 1 an. Souviens toi de ton fils à cet âge là et transpose le tout sur des adultes et tu auras une image assez proche des personnes que je prens en charge.


Ce métier n'en demeure pas moins formidable. C'est un remède absolu contre la grosse tête. En effet, ce qui peut convenir un jour, en terme de prise en charge, peut ne pas convenir le jour suivant. Il faut donc se réinventer sans cesse, se réinterroger, trouver ce qui aidera le patient à aller mieux. Parfois, plus rien ne marche...et cela nous rappelle que l'on ne peut "sauver" tout le monde...que la toute puissance n'existe pas dans notre domaine. C'est à ce moment là que l'on sait si on est fait pour ce métier... ou pas."

Sophie a toujours été une littéraire. Elle devrait écrire sur sa profession.

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Territorialité

28 Juillet 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Encore de bonnes remarques de Mélenchon sur la SNCF leurs hotline stupides, leurs services de rensignements injoignables, toute cette "déterritorialisation" du service public (bientôt il faudra appeler une plateforme off-shore basée dans l'océan indien pour connaître les horaires du Nîmes-Alès, peut-être est-ce d'ailleurs déjà le cas d'ailleurs). Cela fait penser à Michéa. On ne veut plus de structures territoriales, tout doit être déraciné, "déterritorialisé", les gens, les services publics qui les font vivre ensemble. Je parlais hier avec un garçon qui travaille à la modernisation des chambres de commerce. Idem, ça ennuie tout le monde maintenant qu'il y ait pratiquement une chambre par arrondissement "c'est irrationnel, ça fait doublon, c'est de l'argent gaspillé". Idem le sous-préfecture, les tribunaux d'instance, les hôpitaux tout ce maillage étatique et paraétatique, on n'en veut plus.

Evidemment quand 80 % de la population habite une grande ville et peut se retrouver à Rio de Janeiro en moins de 10 heures, ou passer une commande de presse-purée à Tokyo en un clic, pourquoi entretenir des employés de la chambre de commerce ou une sous-préfecture à 30 kilomètres dans la cambrousse ?

Evidemment... Sauf que le déni du territoire devient le déni de l'humain. C'est un eu comme ces gens qui se présentent en rang d'oignon sur Facebook, dans des listes de visages, parfois des listes de croupes, hors de l'espace, hors du temps, sans contexte. Ils sont parfois des dizaines à porter le même nom, à tenter vainement de se distinguer les uns des autres par leurs goûts culinaires ou musicaux. On dirait un alignement de tombes dans un cimetière.

On ne peut pas y couper, le vivre ensemble passe par des espaces, même quand les distances sont réduites. Refaire l'apprentissage des chemins à parcourir pour se voir, des répartitions de sol, entre individus, entre groupes. On ne peut pas tout virtualiser.
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Honduras

30 Juin 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Visiblement il est aussi difficile de faire un coup d'Etat en 2009 en Amérique latine qu'en 1991 en URSS : le renversement du président Zelaya au Honduras suscite une grande mobilisation populaire et l'armée ne semble rien contrôler. Voilà qui, comme le coup d'Etat avorté contre Chavez, pourrait renforcer le président déchu. Il faut s'en réjouir.

Il me faut l'indiquer ici parce que tous ceux qui ici en France se sont mobilisés - sous l'influence de grands médias - contre une "fraude" aux élections iraniennes (fraude dont l'ampleur n'est pas si évidente que cela et sur ce point j'en reste à l'avis de Robert Fisk) n'ont pas l'air trop genés de voir les vieux démons antidémocratiques continuer de travailler l'Amérique latine.  Vérité en deça de l'Atlantique, mensonge au delà, les médias et l'opinion publique européenne vivent éternellement dans la guerre froide.

Notez que dans notre sphère d'influence, au Niger, il s'est produit, au moment même où le président du Honduras était renversé pour avoir organisé un référendum en vue de pouvoir renouveler son mandat, exactement l'inverse : dans ce pays c'est le président de la République qui provoque un coup d'Etat en prononçant mardi la dissolution du parlement, vingt-quatre heures après avoir été désavoué par la Cour constitutionnelle sur la tenue d'un référendum institutionnel qui permettrait au chef de l'Etat de tenter de briguer un troisième mandat.

Le coup d'Etat nigérien est-il un événement grave pour le peuple de ce pays ? Difficile à savoir. Celui du Honduras en tout cas l'était, car il s'incrivait à contre-courant d'un grand mouvement d'émancipation populaire qui touche l'Amérique latine depuis 20 ans, et dans un Etat qui souffre beaucoup du pouvoir de l'oligarchie de droite. C'était une mauvaise nouvelle pour tous les pauvres du continent et il est heureux que cette action militaire commence à avoir du plomb dans l'aile.

 
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Paris ad nauseam

25 Juin 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

L'ambiance parisienne est réellement infecte. Elle l'était il y a 20 ans, elle le demeure. Toute cette insoutenable légèreté : parce que M. X connaît M. Y ou déjeune avec Mme Z, M. X n'est plus lui-même, M. X est pris dans le jeu, ne vous écoute pas, n'écoute personne, n'écoute qu'à moitié. Le jeu, il n'y a plus que cela qui compte : le jeu entre quelques personnes, ce que Machin pense de Bidule, comment on se positionne. Comme la cour de Louis XIV disséquée par Norbert Elias, la notion de champ de Bourdieu. A Paris il n'y a que cela, et c'est très conscient. Même chez les militants. J'ai décrit ce phénomène à propos du salon de l'Ecrivain engagé. Je le découvre partout. Et cela m'exaspère, cette satisfaction de soi-même, ce sentiment d'être arrivé à quelque chose parce qu'on est dans un jeu avec X et Y, la surdité à l'égard du réel qui en découle. On croit pouvoir juger de tout, on croit avoir assez lu même si l'on a pas le temps de lire. Ce n'est pas telle ou telle personne en particulier que je vise ici, c'est un trait constant que je trouve chez tout le monde à Paris. C'est Paris, en tant que telle, pourrait-on dire, cette chienne de ville. Les gens y sont plus sympa qu'il y a 20 ans, mais en profondeur c'est la même ronde des vanités qui les entraîne.

Pourtant ceux qui travaillent ou militent dans cette ville, en raison de la proximité particulière qu'ils ont à l'égard des médias et de tous les pouvoirs nationaux concentrés en quelques quartiers, devraient être pétri d'un esprit de sérieux, et même de modestie, presque monacale. Tous devraient trembler à l'idée qu'ils sont peut-être en position d'influer par leurs faits et gestes sur le destin de 60 millions de leurs compatriotes, et peut-être au delà, sur l'Europe et le monde. Mais non, c'est tout le contraire. C'est une indifférence complète à l'égard de la lourdeur des enjeux qui l'emporte, une absence totale de sens de l'analyse, et même, bien plus, d'esprit philosophique, c'est à dire de goût pour l'interrogation, le taumazein. Tout va de soi pour qui milite à Paris. Les certitudes sont de mises. Et même lorsque chacun s'inscrit en faut contre la superficialité des médias, ce n'est que pour y substituer la vacuité de ses dogmes propres. Des dogmes qu'on n'interroge guère, puisque seul le jeu compte... seul compte le fait de savoir qui j'ai vu avant-hier, qui je verrai demain, où j'irai parlé, où l'on m'a entendu...

On voudrait pouvoir ignorer Paris, et pourtant on ne le peut pas : ce n'est pas en Franche-Comté, ce n'est pas en Charente que l'on peut monter des partis politiques qui pèseront sur la politique étrangère de la France. Il faut donc faire avec Paris tout en sachant que tout ce que l'on y dit, tout ce que l'on y fait, tombera dans le biais de la frivolité intrinsèque de cette ville. Misère de la concentration des pouvoirs, misère de la délégation, du système représentatif. Dans ces moments on se sent anarchiste. On eût voulu que l'Europe ne fût qu'une fédération de petites communautés qui ne délégât jamais le pouvoir à des représentants, des partis politiques constitués dans les grandes villes. Le ver est dans le fruit dès que l'action politique est déléguée.

 

 

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Robert Fisk à propos de l'Iran

21 Juin 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Je veux juste signaler ici l'article de Robert Fisk sur http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/robert-fiskrsquos-world-in-tehran-fantasy-and-reality-make-uneasy-bedfellows-1710762.html qui me paraît assez équilibré sur l'Iran. Fisk n'aime ni la République islamique ni Ahmadinejad, mais reconnaît que les quartiers pauvres ont voté pour lui. D'après lui Ahmadinejad a sans doute recueilli 51 ou 52 % mais la bureaucratie de la République islamique aurait cru, maladroitement, rendre sa victoire moins contestable en rajoutant une louche de fraudes pour dépasser les 60 %, sciant ainsi la branche sur laquelle elle était assise. Une ironie de l'histoire en somme.
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Bloc note (suite)

5 Juin 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Un peu minable la réplique de Bayrou à Cohn-Bendit hier à propos de son passé pédophile. Les paroles d'un homme qui s'énerve parce qu'il baisse dans les sondages face à un challenger qui a les mêmes idées (centristes et pro-européennes) que lui. Mais Cohn-Bendit est nul aussi. Un type d'extrême droite sur Facebook a écrit à un type très valorisé par l'extrême gauche en ce moment (j'ai été fort surpris que le second attire dans son réseau  un gars de ce genre, c'était en soi instructif, évidemment je ne donnerai les noms ou pseudos ni de l'un ni de l'autre) en lui rappelant une intervention de Serge de Beketch (la clique réac de Radio courtoisie) qui montait en épingle une pétition de 1977 signée par Althusser, Kouchner, Sartre, Beauvoir, Mazneff, Sollers et Derrida en faveur d'un pédophile. En ce temps là les théories de Reich voulaient abolir les frontières entre enfance et âge adulte. Ce contexte historique n'est même plus rappelé aujourd'hui. C'est un tort.

Mélenchon a dit ce qu'il fallait dire, sur Canal+ à propos de la façon dont la journaliste Chabaud avait organisé le débat d'hier. Une imposture semblable à celles qui pourrirent la campagne du référendum sur le TCE naguère. Quoi qu'il en soit la Grande Bretagne devrait donner bientôt du fil à retordre aux européistes fanatiques, avec la victoire annoncée du Parti pour l'indépendance du Royaume Uni, la déroute prochaine de Gordon Brown, le retrait du Parti conservateur du Parti populaire européen, leur refus de soutenir le Traité de Lisbonne, et leur soutien prévisible aux Irlandais forcés de revoter par Bruxelles. Cela pourrait gonfler les voiles des anti-UE en France (notamment celles du MPEP à gauche). Croisons les doigts.

Passons à des sujets plus gais. Un ami hier m'a parlé  d'un conseiller municipal de sa ville qui incarne le pire de l'arrivisme qui caractérise certains jeunes loups du Parti communiste en ce moment (une caractéristique heureusement minoritaire dans ce parti qui compte beaucoup de gens honnêtes et désintéressés, mais l'existence de cette minorité ne doit pas être négligée), des cours de Robert Bonnaud, l'ex porteur devalises du FLN, qu'il suivait jadis à Jussieu, et d'un ancien militant de la cause sandiniste qui vit en France et que je me suis promis d'interviewer (s'il l'accepte), avec une caméra vidéo un jour.

J'ai été contacté par un militant du POI qui dit être d'accord avec mes analyses sur l'Union européenne et qui se plaint de la marginalisation médiatique de son parti qui compterait autant de militants que le NPA. Un ami me dit que le POI est marqué par le lambertisme, et que tout le monde à gauche se méfie d'eux à cause de cela. Je n'ai aucune opinion sur ce mouvement dont je connais seulement les déclarations publiques (des déclarations souvent justes du reste, sur l'Europe notamment). 

Un ami m'a envoyé un étrange sondage (la source est UAM93, je ne sais pas ce que c'est) :

LAS - Liste Dieudonné M'bala M'bala - (Liste Antisioniste)
242 46.6%
PCF - Liste Patrick LE HYARIC (Front de gauche)
99 19.1%
NPA - Liste Omar SLAOUTI (Pas question de payer leur crise)
43 8.3%
UMP - Liste Michel BARNIER - (Quand l'Europe veut, l'Europe peut)
28 5.4%
VERTS - Liste Daniel COHN-BENDIT (Europe écologie)
23 4.4%
Abstention
20 3.9%
PS - Liste Harlem DESIR (Changer l'Europe maintenant)
19 3.7%
Vote BLANC
19 3.7%
MODEM - Liste Marielle DE SARNEZ - (Nous l'Europe)
16 3.1%
FN - Liste Jean-Michel DUBOIS - (Front National)
5 1%
Autres listes ...
4 0.8%
DLR - Liste Jean-Pierre ENJALBERT - (Debout La République)
1 0.2%

500 personnes c'est un peu limite pour un sondage "représentatif" et les musulmans "pratiquants" je ne sais pas ce que c'est (je crois me souvenir en tout cas que les sociologues disent que la pratique religieuse est très minoritaire chez les gens de culture musulmane en France).
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Tiananmen, Le Mirail, Saragosse

3 Juin 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

A relever dans notre bloc note l'article de l'historien communiste italien Domenico Losurdo sur Tiananmen qui critique la version officielle occidentale des événements il y a 20 ans. Je précise que je n'ai pas d'opinion précise sur Losurdo dont j'ai appris récemment qu'il avait aussi écrit un livre qui "revisite" l'histoire du stalinisme. Son article a en tout cas aussi le mérite de rappeler le bombardement du Panama par les Etats-Unis en 1989 et les victimes civiles qu'il provoqua.

Dans l'actualité on relève aussi le déblocage manu militari de l'université du Mirail à Toulouse qui s'était obstinée dans la rebellion. En Espagne, à l'université de Saragosse, 87,77 % des étudiants refusent que leur université intègre l'espace européen de l'enseignement supérieur (processus de Bologne). Saragosse rejoint ainsi Barcelone, Gérone, Lérida et la Complutense de Madrid où ce genre de consultation a aussi été organisée.

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