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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

Global CST épinglée pour avoir armé les factions du Sud-Soudan

18 Décembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme, #Abkhazie

Après avoir développé son influence en Amérique latine (Pérou-Colombie) et en Afrique (Guinée, Togo) au début des années 2010, le vendeur de mercenaires israélien, ancien général, Israel Ziv fait maintenant l'objet de sanctions du département du Trésor américain (confiscation d'avoirs et interdiction de transaction) pour avoir vendu illégalement des armes au Sud Soudan, tant au gouvernement qu'à l'opposition, pendant la guerre civile de 2013-2017 (qui a fait 400 000 morts) pour un montant de 150 millions de dollars sous couvert de faire de l'agribusiness.

Mawien Makol, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a qualifié ces nouvelles sanctions d'"injustifiées", ajoutant qu'elles avaient en réalité pour but de faire échouer le récent accord de paix signé au Soudan du Sud. Ziv clame son innocence. Mais ce n'est pas la première fois que ses activités troubles sont épinglées. Ainsi l'activiste israélien Eitay Mack  avait déjà dénoncé en 2017 les ventes d'armes d'Israel Ziv via sa société Global CST à la Birmanie où elles ont servi à persécuter les Rohingyas, les Shans et les Kachins. D'une manière générale si vous faites une recherche en tapant "Eitay Mack" sur Google vous aurez une vision générale de l'aide militaire israélienne à différents dictateurs du Tiers-monde.

Global CST avait aussi préalablement encadré les Géorgiens durant l'attaque contre l'Ossétie du Sud en 2008, puis aidé trois ans plus tard l'Abkhazie sécessionniste selon un article d'Haaretz du 5 mai 2011 et selon l'agence abkhaze Apsnipress, qui affirmait que sept membres de cette société, dont Israel Ziv et le major général Meir Klifi l'ancien secrétaire militaire de Netanyahou ont rencontré le premier ministre Sergueï Chamba à Soukhoumi en avril 2011. Ce n'était pas la première fois que cette société était accusée de double jeu, puisqu'en 2008 un interprète de cette société qui travaillait avec le gouvernement colombien, Shai Killman, avait vendu des secrets militaires à la guérilla des FARC.

La firme du général de réserve Israel Ziv n'est pas coupée de l'appareil militaire israélien. Outre Meir Klifi, elle compte aussi parmi ses dirigeants Ephraim Sneh , ancien vice-ministre travailliste de la défense. Il est étrange que, compte tenu de ses liens avec Netanyahou, l'administration Trump ait pris des mesures aussi radicales contre elle aujourd'hui.

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La paix par le glaive

12 Décembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Je me disais il y a quelques jours : si je dirigeais des services de barbouzes, pour dynamiter le mouvement social des gilets jaunes j'organiserais une petite opération sanglante, un attentat. Quoi ? vous croyez que ça ne se fait pas ? Regardez un peu sur Internet toutes les zones d'ombre qui entourent le 11 septembre 2001, le Bataclan, Manchester, Las Vegas. Toutes les opérations montées de toute pièce de la fausse attaque de la baie du Tonkin à Racak. Recherchez tout cela sur Google. Alors une fusillade de plus une de moins. Cette fois ci à Strasbourg un "fichier S" qui venait juste de faire l'objet d'une perquisition... Et voilà, les bonnes âmes demandent une "trêve des manifestations". Ben voyons... Il y a des petits malins (toujours les mêmes) qui sauraient bien faire bouillir un peu plus la cocotte minute façon Italie des années 70, stratégie de la tension, opération Gladio, histoire que les gens en viennent à supplier nos élus d'instaurer un état d'urgence en bonne et due forme. Les Macroniens ou ceux qui les manipulent auraient tort de se gêner. Le parti de notre président est encore crédité de 20 % d'intentions de votes aux européennes.  On est loin des 5 % totalisés reçus par beaucoup de présidents sortants au service de banquiers internationaux quand ils ont tenté de se faire réélire. Avec 20 % d'intentions de votes et beaucoup d'idiots dans les grandes villes pour vous soutenir on peut se permettre encore beaucoup de manipulations pour intimider l'adversaire, le diviser. La base électorale est suffisante. De toute façon en face qu'a-t-on ? La "France de Johnny", dit-on, celle qui bouffe chaque jour une news (sur YouTube, MSN, etc) sur un chanteur décédé il y a plus d'un an - un type qui se vantait d'avoir vendu son âme au diable. Macron fait des cornutos avec Trump, les gilets jaunes consomment des produits occultistes. Pas sûr qu'on avance bien loin dans cette dialectique...

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Les chemtrails du projet Cloverleaf

1 Juin 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Débats chez les "résistants", #Les Stazinis, #Divers histoire, #Barack Obama

Il y a beaucoup de sujets qu'on fuit parce qu'ils ont des relents complotistes, et parce qu'ils nécessitent une compétence scientifique pointu. On finit par s'en remettre aux experts officiels, d'autant que les petits chiens de garde blablateurs sont toujours très doués pour nous injurier et nous menacer dès qu'on s'aventure sur ces terrains. Et puis ces sujets sont souvent discrédités par ceux-là même qui prétendent les amener dans le débats publics et qui, par manque de compétence, les caricaturent. Bref, autant de bonnes raisons pour se taire à ce sujet. Mais il en est une pour quand même essayer de parler : c'est que tout honnête homme doit chercher à savoir dans quel monde il vit, et, s'il a un peu de temps libre et d'intelligence, il ne doit pas passer à côté de ce qui est potentiellement structurant du monde où il vit (or, pour savoir si c'est structurant où anecdotique, il faut d'abord se renseigner et réfléchir).

Parmi ces sujets, les chemtrails, ces traces blanches que laissent les avions dans le ciel. On pourrait juste se dire "c'est débile de penser que nos gouvernants veulent nous intoxiquer avec ça. Ca n'a pas de sens, et d'ailleurs pourquoi les Russes comme les Chinois seraient aussi d'accord eux qui n'ont pas les mêmes intérêts économiques et politiques - du moins pas toujours - que les Américains". Néanmoins le débat persiste depuis longtemps. Alors regardons une seconde et voyons si, au moins en apparence (car, soyons réalistes, on ne pourra pas aller plus loin que les apparences) il est plus sérieux que les théories sur les petits hommes verts, la terre creuse, la terre plate, le fait que le Moyen Age n'aurait jamais existé etc.

On nous dit qu'il existe un projet Cloverleaf (feuille de trèfle) pour répandre des aérosols sur la Terre afin de réduire le réchauffement climatique.

Par exemple Scott Stevens ex monsieur météo de  News Channel 6 à Pocatello explique qu'il est tout à fait logique que les jets produisent des traînées de condensation et qu'il serait inhabituel qu'ils ne le fassent pas. Mais le problème c'est leur persistance. Huit jours sur dix les conditions sont favorables pour que, lorsqu'un avion vole, les traînées persistent, alors que la moyenne devrait être 3,5 ou 4,5.  C'est pourquoi la forme des nuages change. Ils n'ont plus des formes de tortues ou de chameaux, ils sont plutôt strillés.

Un chercheur de la NASA (mais la NASA est-elle fiable ?) Patrick Minnus dément :les trainées de condensation ne représenteraient que 3 % de la couverture nuageuse. Les traînées de condensation se forment dans l'air au-dessous de -39 degrés Celsius quand l'air est sursaturé de glace. En raison de la structure physique de la glace, le niveau d'humidité doit en fait être plus élevé, soit environ 150% d'humidité, que pour que l'air soit sursaturé en eau. "L'échappement (moteur à réaction) injecte beaucoup d'eau dans l'air", a déclaré Minnus."Les gouttelettes d'eau gèlent immédiatement et vous vous retrouvez avec une traînée de condensation." Ca augmente avec le trafic aérien, voilà, c'est tout, circulez y a rien à voir.Sauf que l'idée de balancer des chemtrails pour lutter contre le réchauffement climatique est ancienne. L'académie nationale des sciences américaines l'avait évoquée dans un rapport de 1992 " "La stimulation de nuage par l'approvisionnement des noyaux de condensation de nuage semble être, indique-t-il, une option faisable et peu coûteuse capable d'être utilisée pour atténuer n'importe quelle quantité d'équivalent de CO2 par an. "

On dit aussi qu'Edward Teller (le père de la bombe H) a fourni la solution théorique au bouclier d'ozone dégradé - un programme global de modification atmosphérique à grande échelle. Il a proposé d'utiliser des avions et des fusées pour faire flotter des paillettes métalliques réfléchissantes dans la haute atmosphère afin de refléter les rayonnements ultraviolets, infrarouges et cosmiques nocifs dans l'espace. Cela permettrait de colmater temporairement le bouclier d'ozone, ce qui nous donnerait le temps de remplacer l'ozone par d'autres méthodes. Dans la même logique des avions ultradiscrets balanceraient des chemtrails.

L'hypothèse d'une utilisation de Cloverleaf pour modifier le climat n'est qu'une option faible dans les théories avancées sur les chemtrails.

Selon une thèse plus audacieuse ce projet orchestré par la CIA viserait à créer des armes à faisceau plasma à particules chargées. Une arme à plasma utilise de la matière constituée de particules chargées, d’ions et d’électrons ce qui lui permet de constituer un faisceau capable de détruire des satellites. La transformation de notre atmosphère planétaire en un plasma électriquement conducteur hautement chargé, utile pour les projets militaires. L'air que nous respirons est chargé de fibres synthétiques et de métaux toxiques, y compris les sels de baryum. Ces matériaux agissent comme des électrolytes pour améliorer la conductivité des radars militaires et des ondes radio.

Sauf que le baryum est toxique comme l'arsenic. Il est affaiblit les muscles et provoque l'Alzheimer. Le thorium présent aussi dans ces matériaux est cancérigène.

Le représentant démocrate Dennis Kucinich en 2001 avait tenté en vain  de faire interdire ces armes dans l'espace et comportait aussi un article sur les chemtrails.

L'aspect militaire et l'aspect lutte contre le réchauffement climatique sont interconnectés. Le père de la bombe H Teller était directeur émérite de Lawrence Livermore National Laboratory, où des plans d'armes nucléaires, biologiques et à énergie dirigée sont fabriqués. Peu de temps après la présentation en 1997 de son projet pour remplacer la couche d'ozone,  CBS News a admis que les scientifiques «envisageaient des solutions radicales pour le réchauffement climatique, y compris la manipulation massive de l'atmosphère». CBS a confirmé que le projet de charger l'air avec de minuscules particules «détournerait suffisamment de lumière pour déclencher un refroidissement global. " On sait par ailleurs que le Programme de recherche aurorale active à haute fréquence (HAARP) de l'Armée de terre en Alaska dans le cadre de l'Initiative de défense stratégique est un puissant outil de modification du climat et qu'il peut causer divers séismes.

Pour certains, les militaires prendraient le risque de tuer des civils parce que les sociétés secrètes ont prévu de réduire la population mondiale à 500 millions de personnes. C'est le "premier commandement" d'un étrange monument érigé en 1980 en Georgie (Georgia Guidestones). On connaît un peu le fonctionnement de certaines sociétés secrètes dans l'establishment militaire américain par des témoignages comme celui de Kay Griggs en 1998 (cette dame caricature l'existentialisme et confond Trotsky et Tolstoï mais elle avait l'air honnête, ce qui lui a d'ailleurs valu beaucoup d'ennuis). Allez savoir... La CIA n'en serait pas à sa première opération criminelle contre les civils de son propre pays en tout cas. Pensez au centre de recherche bactériologique de Plum Island où elle embaucha le SS exfiltré (opération paperclip) Erich Traub, centre qui provoqua probablement 1975 à Lyme au Connecticut une maladie inconnue (lyme disease) - le Dr Hermann von Buchholtz disparut mystérieusement pour avoir suspecté Plum Island.

Ce qui me gêne dans toutes ces histoires c'est que, si j'admets que l'augmentation du nombre des cas d'Alzheimer en 10 ans de plus de 50 % ne peu pas s'expliquer par le vieillissement de la population ni par les progrès de la connaissance médicale, je peine à l'imputer à des chemtrails. Si les militaires américains (ou français, ou chinois) balançaient du baryum ou du thorium dans l'atmosphère pour préparer leurs armes à plasma, tout un chacun pourrait le mesurer dans son jardin avec les instruments de mesure adéquats, non ? Juste une remarque naïve à ce stade où je n'ai pas d'opinion très élaborée sur le sujet.

(NB : en tout cas je conseille aux chercheurs sur le sujet de se reporter plutôt à des travaux américains qu'à des gens comme feu Claire Severac qui a l'air d'avoir beaucoup de fans sur le Net français mais qui était la reine de l'imprécision là dessus - voir cette video où on a droit à des "à Corpus Christi et je ne sais plus dans quel autre endroit' où min 5'12 ou à la minute 6'48 "Brzezinski éminence grise de tous les présidents des Etats-Unis", alors que quiconque connaît un peu la politique américaine et les relations internationales sait qu'il était  uniquement attaché aux cercles démocrates et fut donc conseiller de Carter, Clinton, Obama, et pas des autres, pour discréditer un propos ce genre d'erreur est fatal...)

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Jérusalem, Népal, Honduras, Ukraine et relations afro-coréennes

10 Décembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Revue de presse, #Proche-Orient, #Donald Trump

J'espère que l'on pardonnera au commentateur indépendant que j'essaie d'être de ne pas verser dans la fièvre anti-Trump qu'a suscitée la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat hébreu au cours des derniers jours. On peut, comme le fait l'Europe, vouloir attendre l'issue du processus de paix pour reconnaître cette ville comme capitale à la fois des Etats palestinien et israélien, mais le fait que les USA prennent une initiative unilatérale dès maintenant en faveir d'Israël qui n'a pas forcément vocation d'être très suivie à court terme (à part peut-être par la République tchèque) lèse-t-elle de quelque manière que ce soit les Palestiniens ? Il semble qu'on leur ait laissé entendre que cela pourrait entraîner la démolition de la mosquée d'Al-Aqsa. Voilà une menace bien démagogique destinée à agiter gratuitement les foules, mais jusqu'ici la gestion des lieux saints des trois grandes religions monothéistes par l'armée israélienne n'a pas compromis de façon rédhibitoire la liberté des cultes, et l'installation d'une ambassade états-unienne à Jérusalem n'est pas de nature à remettre en cause le statut d'extraterritorialité du mont du temple dont le sommet reste sous autorité jordanienne.

A part ça, petite revue de presse : il n'est pas sûr que cela serve à grand chose vu la faible souveraineté économique de ce pays mais signalons tout de même que le parti communiste népalais a gagné 28 sièges aux élections législatives du 9 décembre. Avec les 12 pour les maoïstes cela fait une majorité confortable sur les 49 sièges au total. C'est un cas de figure intéressant de persistance communiste qui n'a d'équivalent que dans des points assez rares du globe.

Dans la presse internationale non-alignée sur Wall Street, on commence à reconnaître que les troubles au Honduras (où la gauche demande désespérément le recompte des voix de l'élection présidentielle), sont la bombe à retardement généreusement léguée par Hillary Clinton à ce pays, puisque c'est elle qui avait favorisé un putsch contre le président Zelaya à Tegucigalpa en 2009.

Autre cadeau empoisonné celui des démocrates américains au peuple ukrainien : le président Porochenko et son allié le procureur général Lousenko sont en guerre ouverte contre le bureau national anti-corruption (soutenu par Washington) - pas question de ramener le pays à la probité. Le peuple paie cher : le pays a remboursé au FMI 270 millions de dollars de plus qu'il n'en a reçu et la croissance reste plafonnée à 2 %. Mais tant que le magnat du chocolat tiendra un discours anti-russe, les USA lui fourniront des armes. Donc tout va bien. On se consolera en voyant l'aventure Sakachvili finir dans un fourgon de police. C'est déjà ça.

Sur la Corée du Nord un article bizarre de l'AFP hier expliquait " les statues ou palais staliniens dessinés par les architectes nord-coréens écrasent l'horizon à Windhoek, Dakar, Maputo et Kinshasa. "  L'agence en charge de la Propaganda Staffel de notre pays sur les cinq continents explique qu'un rapport onusien publié en septembre pointe du doigt onze pays africains soupçonnés de poursuivre un partenariat militaire avec le régime de Kim Jong-Un, avec à a clé des livraisons d'armes légères à l'Erythrée et à la République démocratique du Congo (RDC), des missiles sol-air au Mozambique, des modernisations de missiles et radars en Tanzanie, l'entrainement de soldats en Angola et en Ouganda, tandis que deux sociétés nord-coréennes, Mansudae Overseas Project et Komid, ont construit le siège des services de renseignements et une usine de fabrication de munitions en Namibie. Le papier pointe avec dégoût cette collusion entre Pyongyang et les régimes d'inspiration marxiste qui ont gardé une petite fibre anti-impérialiste sur le continent noir. L'internationalisme prolétarien, nos médias n'ont jamais apprécié cela...

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Crise des missiles nord-coréens: sortir de « l’hystérie »

12 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Actualité de mes publications, #Le monde autour de nous

Ci-dessous mon article qui paraîtra dans le prochain numéro papier (octobre 2017) L'Arme et la Paix, revue de l'association Initiative Citoyenneté Défense (ICD), et qui est déjà en ligne ici sur le site de l'association. (Pour mémoire voir aussi mes autres interviews et articles pour leur revue depuis 2011 ici).

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                                   Crise des missiles nord-coréens: sortir de « l’hystérie »

 

Voilà plusieurs décennies que la République populaire démocratique de Corée est identifiée comme un élément perturbateur dans les relations internationales. Perçue en Occident comme une survivance absurde de la guerre froide, tandis que les deux Allemagnes et les deux Yémens ont eu la « bonne idée » de s’unifier au début des années 1990 (et avant eux les deux Vietnams), elle n’était pas spécialement appréciée non plus des Russes et des Chinois en raison du principe d’autharcie économique et politique qui la gouverne depuis sa création, encore qu’elle présente aux yeux de ces deux pays un sérieux avantage : celui d’empêcher les troupes américaines de venir stationner au voisinage de leur frontière orientale.

 

Il est vrai que le régime de ce pays ne peut guère inspirer de sympathie. Si on peut lui reconnaître le mérite d’avoir offert à sa population les avantages de l’éducation et des services sociaux pour tous, et d’avoir fait émerger une intelligentsia capable d’envoyer des satellites dans l’espace (une prouesse pour un pays si isolé), il a poussé l’embrigadement des masses, l’endoctrinement et l’uniformisation au-delà de ce qu’avaient fait auparavant tous les autres régimes communistes. Depuis les années 80, du reste, le culte de la personnalité du leader Kim Il-Sung, poursuivi même à titre posthume, ainsi que de sa doctrine, le « juche », a éclipsé la référence marxiste, faisant baigner le pays dans une étrange ambiance sectaire. Les violations des droits de l’homme (liberté d’opinion, liberté religieuse etc) y sont massifs, et le bien-être économique laisse à désirer, même si la capitale Pyongyang, qui est la vitrine du système, affiche des progrès sensibles depuis quinze ans.

 

Pour autant c’est moins la misère morale ou économique du peuple nord-coréen qui inquiète les grandes puissances (après tout celle-ci a hélas bien des équivalents dans le monde) que l’engagement militaire non-aligné de ce pays, qui, comme Cuba, la Syrie ou l’Irak de l’époque baasiste, a très tôt compris la nécessité de développer un système de défense puissant si elle ne veut pas être rapidement vassalisée et convertie de force au capitalisme par les puissances occidentales.

 

Les Etats-Unis depuis un demi-siècle au moins considèrent avec méfiance la capacité de la Corée du Nord à exporter des armes à destination de pays ou de groupes de combattants qui ne sont pas franchement soumis à l’hégémonisme de la bannière étoilée (on a vu la Corée du Nord collaborer militairement avec le Pakistan, l’Ouganda, mais aussi la Syrie et l’Iran). Les stocks d’armes chimiques et bactériologiques de Pyongyang inquiètent aussi.

 

Mais les craintes les plus fortes proviennent du programme nucléaire nord coréen qui, bien qu’il ne soit pas le seul dans ce cas (l’Inde, le Pakistan, Israël et l’Iran sont dans la même situation « dissidente ») viole le traité de non-prolifération de 1968 (dont Pyongyang a eu l’honnêteté de se retirer).

 

Contrairement à ce que laisse croire une certaine propagande médiatique en Occident, ce programme nucléaire n’est pas par essence offensif. Il a été lancé en 1992 quand George  Bush Sr a laissé sans réponse la demande des autorités nord-coréennes d’un engagement des Etats-Unis à ne  pas remettre en cause l’existence même de la République démocratique populaire de Corée. Et, après une phase de relative ouverture et de négociations sous les mandats de Bill Clinton, Kim Jong-il a été encouragé à le reprendre par le bellicisme échevelé des puissances occidentales au cours des deux dernières décennies. Les Nord-coréens eux-mêmes n’ont cessé de répéter que le spectacle affligeant de la puissance américaine se ruant à l’assaut de l’Irak de Saddam Hussein et de la Libye de Kadhafi, qui avaient loyalement renoncé à leurs armes de destruction massive, pour liquider physiquement leurs dirigeants et y faire régner le chaos, a servi de démonstration du fait qu’aucun régime ne peut plus suivre une politique de non alignement s’il ne se dote d’une force de dissuasion nucléaire crédible. C’est aussi le raisonnement que suivent les mollahs en Iran.

 

Il semble que ce discours d’auto-défense suscite une réelle adhésion parmi le peuple Nord-Coréen, par delà la terreur que la dictature fait régner ou la stérilisation de l’esprit critique, parce que la Corée du Nord – comme les Occidentaux tendent à l’oublier, mais le criminel oublie facilement son crime –  a été littéralement martyrisée par l’armée états-unienne et ses alliés au début des années 1950, qui y ont commis les pires crimes de guerre contre les civils, faisant périr un cinquième de sa population, tandis que le général Mc Arthur menaçait (déjà) d’y faire exploser la bombe atomique. Au massacre que Picasso a immortalisé dans un de ses tableaux s’est ajoutée l’humiliation des missiles nucléaires de Washington stationnés en Corée du Sud et pointés sur Pyongyang jusqu’à la présidence de Jimmy Carter. Les peuples que nous oppressons ont la mémoire longue.

 

Incontestablement  le potentiel nucléaire nord-coréen a connu un accroissement spectaculaire au cours des trois dernières années, depuis que Pyongyang s’est procuré par la contrebande des moteurs d’anciens missiles intercontinentaux soviétiques qui permettent aux Coréens d’atteindre l’île américaine de Guam. L’ironie de l’Histoire veut que le nouveau régime ukrainien anti-russe issu du coup d’Etat de Euromaidan ait contribué à ce saut qualitatif de l’armement nord-coréen… De l’inconvénient de laisser les régimes mafieux prospérer…

 

Pour autant les tensions que provoquent les essais nord-coréens reposent principalement sur de la rhétorique. Il semble en effet que dans cette affaire tout le monde soit prisonnier d’une logique de surenchère verbale. Le régime du jeune Kim Jong-un a besoin de donner l’impression qu’il peut menacer les Etats-Unis, pour flatter l’orgueil national de son peuple. Le président américain Donald Trump, à son niveau aussi, est obligé de vociférer allant jusqu’à menacer comme il l’a fait le 8 août, de déclencher « le feu et la furie comme le monde ne l’a jamais connu » Sa campagne électorale avait été un tissu de contradictions qui, au nom du pragmatisme, proposait tout à la fois la réduction de la présence militaire américaine outre-mer, l’alliance ponctuelle avec les Russes contre le djihadisme, et la fermeté contre l’Iran, Cuba et la Corée du Nord. Sous la pression du lobby militaro-industriel de plus en plus présent dans la garde rapprochée de Donald Trump, et des accusations de collusion avec la Russie que lui adressent la clique des démocrates clintoniens (les grands médias, Soros…) très mollement combattue par l’Establishment républicain, Trump doit montrer sa capacité à ne pas laisser les tests nucléaires nord-coréens sans réponse.

 

Or la réalité des menaces est largement surévaluée. Contrairement à ce que laisse penser une certaine propagande chauvine et paranoïaque aux Etats-Unis, s’il semble que les missiles nord-coréens puissent atteindre l’Alaska voire, plus hypothétiquement, être montés sur des sous-marins comme le font les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (ce qui serait le seul moyen de les rendre opérationnels pour une première frappe sans destruction immédiate du pays), la preuve de la capacité de la Corée du Nord de miniaturiser des ogives nucléaires pour les monter sur les missiles n’est toujours pas apportée. Autrement dit, on en reste à une menace très virtuelle.

 

Les Etats-Unis ont été les premiers dans les années 1990, à abandonner l’engagement à ne pas employer en premier l’arme nucléaire contre un autre pays (la doctrine du « no first use »), ce qui rend quelque peu risible l’accusation de « folie » qu’ils adressent à Kim Jong-un quand il tient le même discours qu’eux. La vérité factuelle est cependant que la Chine n’accepterait jamais qu’un conflit nucléaire éclate à sa frontière, et cela aussi bien Kim Jong-un que Trump le savent, ce qui rend encore plus théâtrale l’inflation verbale de l’été, que Vladimir Poutine a qualifié à juste titre d’hystérique. A cet égard, on peut regretter que le président français Emmanuel Macron ait ajouté un grain de sel stupide à la surenchère en laissant entendre que l’Europe était menacée… Jusqu’à nouvel ordre la France métropolitaine est , comme l’ont fait remarquer les Nord-Coréens, assez éloignée de l’Alaska, et elle a à son actif (si l’on peut dire) une présence nucléaire dans le Pacifique que Pyongyang est encore loin d’avoir égalée dans l’Atlantique Nord ! Le président français se ridiculise sur ce dossier comme il l’a fait juste avant sur celui de la renégociation de la directive européenne sur les travailleurs détachés, alors pourtant que la Chine semblait compter sur Paris pour apaiser un peu les tensions.

 

Par delà les excès langagiers, la crise de l’été a entraîné deux effets importants dans les rapports de forces. Le premier est le lâchage complet de Pyongyang par Pékin puisque la Chine a accepté de voter avec les Etats-Unis des sanctions au Conseil de sécurité (on peut se demander quel avantage elle escompte en échange de ce revirement). La seconde est le contenu même de ces sanctions qui va frapper à un degré difficile à évaluer le peuple nord-coréen. Déjà au printemps dernier Washington avait imposé à l’ONU le gel des exportations nord-coréennes de minerais, pourtant vitales pour les réserves en devises de ce pays, puis début août l’ONU avait systématisé ces mesures et interdit l’exportation des produits de la pêche nord coréenne. Le texte voté à l’unanimité par le conseil de sécurité le 12 septembre dernier interdit notamment les exportations de textile de la Corée du Nord, réduit les approvisionnements en pétrole et prévoit un embargo sur les livraisons de gaz. On voit mal comment en mettant les travailleurs nord-coréens de l’industrie textile sur la paille, ou en forçant les habitants et les usines à recourir au charbon (ou à geler cet hiver), l’ONU peut espérer convaincre Kim Jong-un de renoncer à ses ogives nucléaires. Elle risque plutôt de renforcer le nationalisme d’un peuple placé au ban des nations. Il est vrai que l’étranglement des populations par l’embargo est une vieille recette anglo-saxonne qui avait tué des centaines de milliers d’enfants en Irak dans les années 1990 (« Et cela en valait la peine » comme disait Madeleine Albright). En l’espèce la Corée du Nord (en tout cas sa nomenklatura) semble avoir de nombreux moyens pour contourner les sanctions : les dignitaires ont leurs propres voies d’approvisionnement en essence, les navires nord-coréens sont sous pavillons de complaisance et ne peuvent être inspectés, tandis que le textile nord-coréen est souvent exporté sous des marques chinoises. Le ralliement des Russes et des Chinois aux méthodes étatsuniennes laisse donc très perplexe.

 

Sans doute des sanctions valent-elles mieux pour la paix mondiale qu’une attaque militaire sur Pyongyang qui aurait conduit à un conflit explosif pour l’ensemble de la planète entre la Chine et les Etats-Unis. Mais le réalisme recommanderait plutôt que chacun puisse prendre acte du fait que le programme nucléaire nord-coréen défensif, comme celui de l’Inde, du Pakistan  et d’Israël, constitue désormais une exception irrémédiable au principe de non-prolifération, et que, pour l’avenir, afin que l’exemple nord-coréen ne fasse plus d’émule, les membres permanents du Conseil de sécurité s’engagent par traité à ne plus provoquer de « regime change » dans le monde, à ne plus engager eux-mêmes de frappes préventives, nucléaires ou conventionnelles et à faire respecter la pluralité multipolaire. Autrement dit un revirement à 180 degrés par rapport à la politique occidentale des 50 dernières années… On peut toujours le recommander, même si nos dirigeants sont loin d’en prendre le chemin…

 

                                                                       Frédéric Delorca

                        Auteur de « Au cœur du mouvement anti-guerre », Eds du Cygne, 2015.

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Mémoire yézide, et épuration anti-Daech

7 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient, #Le monde autour de nous

Un Indien, Amish Srivastava (opposant à cette Inde de Modi où on lynche les gens qui mangent de la vache), qui bosse pour Voice of America (VOA) vient de sortir un petit film de 11 minutes sur la vie de la yézide Nadia Murad, aujourd'hui "ambassadrice de bonne volonté" de l'ONU. Le film "The last dance" (la dernière danse) est construit à partir des 60 dessins peints en quatre semaines par un kurde syrien Lukman Ahmad, lui aussi employé à VOA.

Ce court-métrage souligne à juste titre que des milliers  de femmes yazidi (environ 3 000) sont encore esclaves sexuelles. Après la chute de Mossoul, et tandis que l'armée régulière syrienne est sur le point de libérer les derniers quartiers de Raqqa tenus pas les islamistes, beaucoup d'entre elles ont été exfiltrées vers d'autres villes du monde musulman et peut-être d'autres pays où elles sont toujours captives.

Nadia Murad a rencontré le ministre des affaires étrangères français JY Le Drian il y a 6 jours pour discuter avec lui de la situation de la communauté yézide à Sinjar et étudier les modalités pour poursuivre en justice les trafiquants d'esclaves yézides ou leurs tortionnaires.

Début août le ministre des affaires étrangères irakien a demandé à l'ONU une aide pour la poursuite des criminels de Daech. Le Royaume Uni a présenté un projet de résolution indiquant que seuls les criminels de Daech seraient poursuivis pour crimes de guerre (et non les armées et milices kurdes ou arabes pro-gouvernementales... ce qui pose quand même quelques problèmes...).

Une cour spéciale a été instaurée à Qaraqosh  près de Mossoul. Human Rights Watch  a été informée en juillet par un juge que 2 000 suspects d'appartenance à Daech sont en passe d'y être jugés pour les divers sévices infligés à toutes les populations de la plaine de Ninive, toutes communautés confondues. Selon un reporter de la BBC la cour examine 50 cas par jour ! En d'autres termes, c'est une justice expéditive. Il a assisté au procès d'un Irakien qui disait avoir juste été cuisinier des militants de Daech. Ce genre d'individu peut se prévaloir de la loi d'amnistie au bénéfice des gens recrutés malgré eux par Daech votée par le parlement irakien en août 2016, mais Human Rights Watch certifie qu'elle a entendu un juge de la région de Ninive (peut-être de cette cour de Qaraqosh) dire qu'il ne voulait pas entendre parler de cette loi, même pour les cuisiniers. Il existe aussi une cour kurde dirigée par le PYD qui gère 700 dossiers au nord de la Syrie. Open Society, l'ONG de Soros, recommande aux Etats syien et irakien d'adopter des lois sur les crimes contre l'humanité pour ne pas encombrer leurs faibles moyens des cas subalternes à l'égard desquels les juges risquent d'être très injustes. Leur reporter Nadem Houry racontait le 25 août qu'à Raqqa ceux qui s'en sortent le mieux parmi les ex-membres d'EI/Daech ne sont pas ceux qui ont les mains propres mais ceux qui ont des appuis dans les clans puissants (souvent kurdes) qui contrôlent les Forces démocratiques syriennes (un peu comme les combattants d'Al-Nosra recyclés dans les FDS).

La cour pénale internationale ne peut prendre en charge l'épuration car son mandat ne pourrait se limiter aux seuls crimes de l'Etat islamique.

L'activisme international des Yézides pour la répression des crimes de guerre se focalise autour du centre culturel Yazda à Houston (Texas). Hier le centre recevait Knox Thames conseiller spécial du département d'Etat pour le Proche-orient et l'Asie centrale et méridionale pour les minorités religieuses (il venait d'inaugurer le centre de Yazda à Lincoln au Nebraska), la conseillère de Trump Pam Proyer et d'autres membres du Département d'Etat. Yazda (qui a un centre d'aide aux Yézides sur place, en Irak, à Dohuk, et d'autres antennes sur place) est présidée par Haider Elias, un diplômé de la fac de psychologie de Huston natif de Sinjar. Dans 8 jours il animera quatre jours de conversation du Jewish Journal (Journal Juif) à Los Angeles en partenariat avec la "Beyond Genocide Campaign" (Campagne au delà du génocide) une association de rabbins progressistes californiens coordonnée par la rabbin Pam Frydman, diplômée de la fac de psychologie de Tel-Aviv.

Sociologiquement cela dessine une galaxie de soutiens économiques aux yézides d'orientation assez "centre gauche" avec des Indiens anti-Modi basés aux USA, des rabbins californiens et des Israéliens de centre-gauche (les travaillistes de Zionist Camp dont une député préside un groupe d'amitié israélo-kurde organisait en juillet dernier une commémoration du génocide des yézides irakiens à la Knesset).

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Les nouvelles sanctions contre Pyongyang, la transition cubaine, le massacre des Rohingya

5 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Asie

Je ne cesse de dénoncer la manie anglo-saxonne des embargos. Il faut le faire à nouveau après l'annonce par Trump de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, alors que toutes les exportations de minerais de ce pays sont bloquée depuis plusieurs mois. Poutine s'est opposé à ce projet qui pourrait avoir des conséquences humanitaires graves. Il a raison.

Même s'il y a eu une croissance économique en Corée du Nord grâce à l'économie parallèle, le peuple y est pauvre. On parle de Pyongyang, mais il semble que seule une nomenklatura de privilégiés habite cette ville et l'on ne sait rien des campagnes. Les sanctions économiques les frapperaient durement sans avoir aucun impact sur le programme nucléaire gouvernemental. Il faut arrêter cette politique de matamore.

A part cela on nous parle de la transition politique à Cuba. Au terme d'une série d'élections locales et nationales, le premier vice président du Conseil d'Etat Miguel Diaz Canel, un ingénieur qui a dix ans de plus que moi devrait succéder à la tête de l'Etat à Raul Castro qui continuera de contrôler le parti. Pas de changement brutal à prévoir, une vidéo de Diaz Canel est sorti sur les réseaux sociaux où il demande plus de répression des médias indépendants. Je ne sais pas si "Cuba hurts" (Cuba fait mal) comme disait Eduardo Galeano, mais en tout cas elle ne s'alignera pas sur les intérêts du Pentagone et de WallStreet de si tôt.

Dans la série "je me répète", il me faut à nouveau parler des Rohingya, comme je l'avais fait en 2013 sur le blog de l'Atlas alternatif et sur ce blog.Russia Today hier avait des mots très ironiques contre Aung San Su Kyi, prix Nobel de la paix birmane aujourd'hui au pouvoir. ll y a de quoi, car les massacres que subissent ces musulmans de Birmanie depuis dix jours sont terrible.

On devrait faire une liste des crimes dont les prix Nobel de la paix se sont rendus coupables directement ou par leur complicité active et passive : Kissinger responsable du coup d'Etat chilien et des milliers de morts qu'il a engendrés, Lech Welesa qui, sur le tard, soutint la guerre de Bush en Irak (avec son cortège de destructions qui continuent encore), Barack Obama avec sa guerre des drones, celle de Syrie et celle d'Ukraine. Aujourd'hui Aung San Su Kyi et le massacre des Rohingya. Tout cela devrait justifier la mise à la retraite d'office de l'ensemble de l'académie Nobel.

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Vénézuéla, Yézides, Assemblée, Cristina

28 Juin 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Le monde autour de nous

Dans la série "Les médias vous manipulent" les Vénézuéliens font remarquer ceci : on vous parle de la crise économique chez eux à longueur d'année. Mais chez leur voisin colombien 1 000 enfants meurent de faim par an, alors qu'aucun ne meurt au Venezuela. Lequel des deux pays mériterait-il le plus de ce fait que les caméras de nos chers journalistes soient braquées sur lui ?

Mardi 27 juin à Caracas un hélicoptère de la police vénézuélienne a lancé des grenades sur le siège du tribunal suprême de justice et mitraillé le ministère de l’intérieur, à part ça l'opposition est très pacifique, Mais oui mais oui. (On avait parlé d'un  meurtre de juge il y a peu, il y aurait aussi beaucoup à dire sur les attaques de journalistes). Les forces spéciales de la Force Armée nationale bolivarienne ont été déployées pour arrêter ce groupe factieux.

 

Il y a une sorte d'acharnement invraisemblable dans la cruauté en ce moment au Proche-Orient. Les 25-26 juin, les troupes de Daech à Mossoul ciblaient la base médicale de la Yazidi American Women Organization d'Adlay Kejjan dont on a déjà parlé sur ce blog.

Bon à part ça, on constate un fort lobbying du journal Le Monde en ce moment pour la PMA. Méluche, lui, préfère s'en prendre aux couleurs mariales du drapeau européen à l'Assemblée, nourrissant une dialectique théâtrale avec l'ex-écolo arriviste de Rugy qui fait office de président (mais bon, on a déjà eu Bartolone, donc on est habitué à voir le perchoir choir et déchoir).

Pour finir pour travailler votre espagnol une interview de Cristina sur l'élection de Macron en France, la social-démocratie, la situation de l'Argentine.

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Le malaise du Biafra et la guerre de religion au Nigéria

29 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

L'apôtre John Suleiman appelle les chrétiens à l'auto-défense armée face à Boko Haram. Les services de sécurité fédéraux l'ont convoqué hier. Un leader spirituel musulman, le sultan de Sokoto avait demandé son arrestation. D'autres prédicateurs chrétiens avaient pourtant eux-aussi tenu le même genre de discours que John Suleiman. Il est vrai que ce Suleiman va peut-être un peu plus loin que les autres. En 2016, quand des villageois chrétiens de l'Etat de Kaduna ont été massacrés par les éleveurs peuls musulmans (fulani), John Suleiman avait prophétisé que le gouverneur Nasir El-Rufai mourrait sous quatre jours.

Le journal biafrais Biafra Telegraph s'indigne de l'impunité des fondamentalistes musulmans au Nigeria, et du refus du premier ministre britannique de s'engager pour les chrétiens persécutés dans ce pays, tandis que les militants du mouvement indépendantiste Peuple indigène du Boafra (IPOB) dont 20 membres furent tués le 20 janvier lors de leur manifestation pro-Trump sont inculpés de complot contre l'Etat devant une cour de Port Harcourt (le grand port pétrolier du Sud-Est); Leur procès a été ajourné jusqu'à demain. Ils sont 38.

Le leader de l'IPOB et directeur de Radio Biafra Mazi Nnamdi Kanu reste emprisonné et encourt la prison à perpétuité. Des médias britanniques ont affirmé que les journalistes étrangers ont été interdit d'accès à son procès qui a eu lieu début janvier devant la cour fédérale d'Abuja. Le Gatestone institute (un think mainstream) avait tenté d'attirer l'attention l'an dernier sur le Biafra, et vanté l'action d'Amnesty International qui serait, selon cet instut, la seule ONG à s'intéresser à la répression anti-biafraise (notamment à l'assassinat de manifestants d l'IPOB en mai 2016 et les arrestations et tortures éxtrajudiciaires).

Conscient de la montée des revendications biafraises, l'ex-président nigérian Obasanjo a reconnu que les Igbos (l'ethnie du Biafra) devraient pouvoir accéder à la présidence du pays en 2019, mais en même temps a soutenu pour cette date la candidature de leur principal ennemi, l'actuel président Muhammadu Buhari. Celui-ci, sympathisant de la charia, n'a cessé depuis deux ans de discriminer les Igbos dans les nominations à la tête de l'Etat comme dans les investissements publics. Une discrimination qui ne fait que favoriser l'indépendantisme.

L'instabilité générale du pays plaide aussi dans ce sens. Certaines régions du Nigéria sont au bord du chaos en ce moment sous l'empire de l'extrémisme des fondamentalistes musulmans. A Kano, au nord du pays, une femme kamikaze qui  portait un bébé sur son dos s'est fait exploser le 13 janvier. Dans cette ville les meurtriers de la commerçante chrétienne igbo (originaire donc du Biafra) Bridget Agbahime, 72 ans (à qui des jeunes musulmans avaient coupé la tête à cette femme de pasteur parce qu'elle avait demandé à un d'entre eux de faire ses ablutions loin de son commerce) ont été libérés...

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Justice ou injustice : des Kurdes au Botswana...

29 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #La gauche, #Peuples d'Europe et UE

Justice divine, justice terrestre... Moi qui travaille beaucoup sur l'histoire des religions en ce moment, je ne peux manquer de m'interroger sur l'articulation entre les deux. Prenez les Kurdes : du point de vue terrestre leurs cause paraît juste, et d'autant plus depuis qu'ils remportent de belles victoires militaires contre Daech. Pourtant bien des éléments les condamne au regard des textes sacrés. Leurs sites sur Internet à la gloire de Marx ont des liens avec des sites pornos (si si, j'ai vu ça il y a huit jours !). L'activiste Nurcan Baysal (dont on a déjà parlé ici) écrivait la semaine dernière sur le site T24 un billet contre l'atteinte au patrimoine historique de la capitale du Kurdistan turc Dyarbekir / Amed que représenterait le projet d'Erdogan de réaménager la ville à la mode ottomane. L'article défend les statues assyriennes de lions à tête humaine, tout comme beaucoup de sites kurdes irakiens prônent le retour au zoroastrisme. Voilà qui place Erdogan dans le sillage abrahamique et les Kurdes dans le camp de l'idolâtrie... Tout comme la promesse de Mélenchon d'inscrire le droit à l'avortement dans la constitution ne doit pas le placer très haut dans l'échelle de la justice divine, c'est le moins qu'on puisse dire, même si sa défense des pauvres le situe haut dans la justice terrestre... Cela me rappelle les mots de Claudel qui reconnaissait dans son journal que les bolchéviques malgré leurs horreurs anti-chrétiennes avaient au moins rêglé son compte au démon de l'argent comme le catholicisme n'avait jamais pu le faire...

Notez que, du point de vue de la seule justice terrestre elle-même, on peine aussi à faire la part du bon et du mauvais. Prenez la cause sahraouie. Le Maroc qui a quitté l'Union africaine (ou son ancêtre) en 1984 à cause de cette question postule à une réintégration malgré l'hostilité de l'Algérie et de l'Afrique du Sud. Est-ce une cause juste ? Presque tous les Marocains pensent de bonne foi que les Sahraouis ne sont pas un peuple, comme les Israéliens considèrent que les Palestiniens n'en sont pas un. Qu'est-ce qu'un peuple ? Les Californiens allergiques à Trump prétendent de plus en plus en être un et l'on parle de sécession à San Francisco. Le patron de Facebook qui a exproprié des indigènes d'Hawaï avait l'air de ne pas considérés les pactes ancestraux qui régissaient leurs terres comme émanant d'un "peuple" sujet de droit...

Question complexe que celle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Bertrand Russell dans un livre d'histoire des idées, rappelait que Wilson n'avait pas été jusqu'à le reconnaître aux habitants d'un quartier qui prétendaient faire sécession de leur pays pour ne plus y payer d'impôts... Cette semaine le Petit Quotidien, journal pour les enfants, bourre le crâne de nos chères petites têtes blondes en faisant sa "une" sur une info de la plus haute importance "un cerf mange du maïs dans une forêt au Kosovo". Le seul but de l'info apparemment est d'apprendre aux enfants où se trouve le Kosovo et leur faire croire que c'est bien un Etat. Promis si vous m'élisez président un jour j'obligerai le Petit Quotidien à faire se "Une" sur les belettes de Transnistrie...

En parlant de Transnistrie, avez-vous vu que le nouveau président socialiste moldave dont on a déjà parlé dans ces pages, en visite à Moscou cette semaine, laisse entendre qu'il pourrait dénoncer le traité d'association avec l'Union européenne en 2018 après les élections législatives ? La Moldavie regarde vers l'Est, Trump dénonce le traité trans-pacifique et soutient le Brexit, le Kenya s'apprête à emboiter le pas de la Gambie, du Burundi et de l'Afrique du Sud dans le retrait de la cour pénale internationale (CPI). Les institutions transnationales pro-occidentales ont du plomb dans l'aile. Même si Soros arrivait à renverser Trump ou Poutine il n'est pas sûr que cela suffirait à inverser la tendance.

Bien sûr ce n'est pas parce que l'on dynamite ces bureaucraties ou ces clubs inféodés à l'oligarchie que le monde ira mieux. La manie des murs des populistes au pouvoir à Washington et à Budapest n'annonce pas forcément des lendemains meilleurs pour l'humanité, bien au contraire. Mais on ne sait plus à quelle info se fier pour l'évaluation des bienfaits des politiques publiques. Un institut privé cette semaine publie un palmarès de la corruption et prétend que les régimes populistes nationalistes sont plus atteints par ce fléau que les pays sous contrôle des organismes internationaux. Elle explique qu'en Afrique le pays le plus vertueux est le Botswana... Comme par hasard c'est "l'élève" le plus pro-occidental du continent avec le Sénégal (notamment sur la question de la coopération internationale). Pour savoir si le Botswana est vraiment très intègre et si les régimes "populistes" ne le sont pas, il faudrait peut-être savoir si Soros (ou un de ses semblables) a financé ce palmarès. Mais même si le palmarès est acheté (donc corrompu) est-il faux pour autant ? De même un régime réputé corrompu comme celui de la Biélorussie (dont les syndicats étaient en visite à Cuba cette semaine) est-il nécessairement injuste alors qu'il maintient, par exemple, des niveaux de loyer très bas pour les pauvres ?

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Encore un mot sur la victoire de Trump

10 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Revue de presse, #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik, #Donald Trump

En France, les grands "merdias" s'appesantissent sur l'amertume que provoque chez eux la victoire de M. Trump. Mais c'est oublier l'espoir que celle-ci provoque à travers le monde parmi les gens qui ont tant souffert des compromissions de Mme Clinton avec le Qatar.

La presse russe par exemple cite un député au parlement syrien et président de la chambre de commerce d'Alep Fares Shehabi qui explique que les habitants de sa ville sont tous heureux de l'élection de Trump car pour eux Mme Clinton (avec son projet de zone d'exclusion aérienne) c'était le soutient américain Al Nosra...

Sur Twitter la directrice de l'Organisation des femmes américaines yézidies écrit sur Twitter "Ma tante chante des prières pour Trump depuis 2 heures dans l'espoir qu'il nous débarrasse de Daech et que les yazidis puissent vivre en paix à nouveau".

Encore un mot sur la victoire de Trump

En Serbie bien sûr on se réjouit, parce que Trump pendant la campagne avait dit que les bombardements de 1999 avaient été une erreur, et parce que sa femme slovène a des amis serbes. Le système clinton (Bill-Hillary) dans les Balkans reste synonyme d'ingérence barbare et de soutien aux mafieux, ce que Nuland l'adjointe de Clinton a renouvelé en Ukraine en 2014.

Diana Johnstone dans Counterpunch intitule son article "Ding Dong la Sorcière est morte", qualifiant Trump de "magicien d'Oz".

Encore un mot sur la victoire de Trump

La manière dont Clinton en fin de campagne s'affichait avec Beyoncé et Jay Z, après avoir eu le soutien de Lady Gaga et Madonna lui donnerait raison...

Et qu'on ne vienne pas nous dire que Trump a eu moins de voix que Clinton. C'était arrivé aussi à GW Bush en 2000. Et surtout, n'oublions pas que les libertariens plus à droite que lui lui ont piqué des voix tout en étant d'accord avec une partie de son programme. Et sans les campagnes de diffamation menées par tous les grands médias (il n'avait que Fox News avec lui) Trump aurait fait beaucoup mieux. Donc sa victoire n'est pas volée.

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La belle victoire de M. Trump

9 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous, #Donald Trump

Bien que je ne partage pas un certain nombre de ses idées (sur la légalisation du port d'armes, sur l'assurance médicale etc), je salue la victoire électorale claire, nette et précise de M. Trump (dont j'ai déjà dit du bien ici et ici notamment), laquelle va apporter un ballon d'oxygène à la démocratie américaine et constitue un meilleur gage de pacification des relations internationales que les projets de la diabolique Mme Clinton. J'espère que cette dernière fera l'objet des poursuites pénales annoncées par son adversaire républicain pendant la campagne du fait des nombreuses forfaitures dont elle s'est rendue coupable. Sa défaite, comme celle des adversaires du Brexit il y a quelques mois, est celle du système médiatique et financier international tout entier qui musèle les peuples depuis trop longtemps, mais je doute que ce système délirant, drogué au mensonge et à l'imposture, se remette en cause... Il est à craindre au contraire qu'il mette beaucoup de bâtons dans les roues de M. Trump, lequel va sans doute peiner à former une équipe performante après avoir été lâché par une bonne part de l'Establishment républicain. Pourvu que les néo-conservateurs n'en profitent pas pour lui remettre le grappin dessus !

Formons des voeux néanmoins pour que la défaite de Mme Clinton augure d'un rapprochement américano-russe, d'une diminution des tensions au Proche-Orient et autour de la Chine, peut-être aussi de la fin du traité de libre-échange transatlantique et du réveil des peuples d'Europe, à l'exemple des peuples américain et britannique, contre la pensée unique dominante.

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Des nouvelles de la guerre froide...

26 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Revue de presse, #Le monde autour de nous, #Peuples d'Europe et UE, #Barack Obama

Paul Craig Roberts (dont j'ai parlé parfois sur ce blog et dans mon livre sur mon engagement) existe encore et attire l'attention des internautes ici sur le fait que la Russie considère désormais l'OTAN comme une menace depuis qu'Obama s'obstine à installer un dispositif anti-missile (en fait lanceur de missiles) à sa frontière. Il s'inquiète du risque de guerre. Pepe Escobar (un autre vétéran des débats géopolitiques des années 2000) est plus rassurant : en cas de guerre nucléaire les Russes sont protégés, Washington le sait, et en Syrie H. Clinton ne pourra pas imposer sa no-fly zone où la Russie a déjà la sienne. L'Espagne menace de ne pas laisser les navires de guerre russes en partance pour la Syrie faire une halte à Ceuta, mais au fond, tout cela ne serait que du bluff... sauf si H. Clinton tente le "regime change " à Moscou, comme l'en accuse Diana Johnstone dans "Counterpunch".

En Bosnie les Serbes font marche arrière après leur référendum pour le 9 janvier fête nationale. Le chef du FSB russe (les services secrets) Nikolai Patrushev en visite à Belgrade offre une collaboration au ministère de l'intérieur serbe. Chacun avance ses pièces. C'est le jeu d'échecs mondial.

Si vous n'avez pas connu les charmes de la guerre froide du XXe siècle, vous allez les découvrir maintenant...

Situation confuse au Vénézuela après que la cour constitutionnelle ait invalidé la première collecte de signatures pour l'éviction de Maduro. Le Parlement de droite lance un procès en trahison contre le président mais l'armée ne suit pas, les menaces de violences dans la rue sont dans les deux camps, le pape offre ses bons offices. Malgré l'inflation, une grande partie du peuple reste mobilisée derrière le chavisme. Une résistance qui compte.

Allez, pour finir la palme de l'ignominie imbécile revient cette semaine à Boris Johnson, ministre des affaires étrangères britannique, pour sa sortie dans The Independent que les yéménites et tous les défenseurs de l'éthique apprécieront à sa juste mesure : "Si nous ne vendons pas d'armes à l'Arabie Saoudite, quelqu'un d'autre le fera à notre place".

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Les questions sociétales menacent le processus de paix en Colombie

12 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #La gauche, #Le monde autour de nous

Les questions sociétales menacent le processus de paix en Colombie

Voici un point qui devrait faire réfléchir la gauche sur sa trop grande polarisation sur les questions sociétales, non seulement au détriment des questions de classes, mais aussi au détriment de la paix.

Je lisais ce matin dans le journal espagnol "El Pais" intitulé "Le vote évangélique clé de la victoire du «non» lors du référendum en Colombie" qui expliquait que si le 2 Octobre dernier, le référendum n'a pas validé les accords de paix négociés pendant quatre ans avec les FARC à La Havane, ce n'est pas seulement à cause de l' ouragan Matthew qui a empêché de nombreux électeurs sont allés voter (ouragan dans lequel les croyants verront la main de Dieu), mais surtout parce que le président Juan Manuel Santos n'a pas réussi à convaincre les 10 millions de chrétiens évangéliques du pays (selon la estimations du ministère de l' Intérieur), que l'accord ne mettait pas « en danger la famille traditionnelle". Un peu plus de 12 millions de Colombiens se sont rendus aux urnes, plus de six étaient ont voté l'accord. «Je n'ai pas de chiffres officiels, mais si quatre millions de chrétiens évangéliques sont allés voter, peut-être la moitié d'entre eux ont rejeté les accords», déclare à El Pais Edgar Brown, président de la Confédération évangélique de Colombie. "99% de nos fidèles ont dit« non », surenchérit même Hector Pardo, membre du Conseil évangélique de Colombie et représentant de la Confédération de la liberté Interfaith (Confilerec). Deux jours après le référendum, ces deux pasteurs étaient à la table du président Santos.

La cause de cette dissidence : beaucoup de chrétiens en Colombie n'aiment pas la politique du gouvernement en matière sociétale tels que le mariage homosexuel, l'adoption pour les couples de même sexe, la loi de l'avortement et des initiatives d'éducation inclusive. Ils considèrent également que les accords avec la guérilla favorisent la communauté LGBTI (lesbiennes, gays, bi, trans, intersexués).

La puissance de ces croyants a été sous-estimée dans les enquêtes d'opinions qui prévoyaient la victoire du «oui» ajoute l'article. Or déjà en août dernier des milliers de croyants sont descendus dans les rues de plusieurs villes en Colombie contre"l'endoctrinement hégémonique sur l'identité de genre" exercée selon eux par le ministère de l'éducation nationale. L'Eglise catholique aurait même rejoint le pasteur.

L’accord a été rédigé avec les FARC en "langage inclusif"; selon la novlang actuelle : il parle « des guérilleros et des guérilleras », « des paysans et des paysannes », de « tous et toutes ». Il prévoit des mesures spécifiques pour les femmes et évoque les droits de la communauté LGBTI . Le 24 juillet, la communauté internationale avait célébré « le premier accord de paix au monde qui prend en compte la perspective de genre ». Il n'y a donc pas qu'en France que le Najat Vallaud-Belkacemisme pose problème... On sait que les thématiques sociétales prennent aussi une part croissante dans la rhétorique de la gauche kurde. Au lieu de s'en tenir au vocabulaire classique de la lutte contre les discriminations (sexisme, racisme etc), les organisations de gauche adoptent un vocabulaire qui évoque de plus en plus les excès de la théorie du genre de Judith Butler, et braquent les populations en plaçant de plus en plus souvent au coeur de leur identité la défense des minorités sexuelles au point de les faire parfois passer avant l'égalité économique et même avant la paix. Une forme d'intellectualisme, de scholastic view, qui contribue aussi, ensuite, à la montée des populismes de droite (et en Colombie le principal bénéficiaire en sera Uribe, comme Erdogan l'est au Kurdistan où les votes en sa faveur ont augmenté au cours des dernières années). On ne s'écriera pas "well done old mole !"

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Espagne, Arabie Saoudite, Alep, Congo-RDC, Caracas, Cuba

29 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Espagne, #Revue de presse, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

Le parti socialiste espagnol éclate sur la question du "non à Rajoy" qui est aussi celui de l'unité de l'Espagne, car le blocage voulu par le secrétaire général Sanchez de l'accès au pouvoir du PP pour ménager une alliance possible avec Podemos implique une adhésion à l'Espagne fédérale, Podemos étant complètement allié aux indépendantistes catalans. Pour une fois je suis plutôt d'accord avec l'aile droite des socialistes : la voie de l'alliance avec Podemos signerait la disparition de l'Espagne.

Concernant les autres nouvelles internationales et nationales, je note que Mme Clinton a ressorti son savoir-faire de politicienne dans son débat avec Trump, mais comme l'a noté Nigel Farage cette semaine cela ne préjuge pas de l'impact du débat sur l'opinion publique. Je note que le Congrès américain a rejeté à une très large majorité un veto du président Barack Obama sur une loi autorisant les proches de victimes du 11-Septembre à poursuivre en justice l’Arabie saoudite et que cela a agacé les autorités du Bahrein, si j'en crois Al Manar. Voilà qui peut aussi faire plaisir au pauvre peuple yéménite (d'ailleurs John Kirby a regretté "l'imprécision" des bombardements saoudiens au Yémen, ce qui est peut-être un début de condamnation de l'horrible guerre menée par Riyad dans ce pays). L'Arabie saoudite a menacé la présence militaire sur son sol de représailles. Dans l'ordre du fait divers révélateur les lecteurs de ce blog auront peut-être vu qu'un artisan venu effectuer des travaux au domicile d'une princesse saoudienne aurait été frappé, ligoté et mis en joue durant quatre heures.

Je remercie Proche&Moyen-orient.ch d'avoir bien voulu publier un mien billet sur les tensions entre les yezidis et le gouvernement régional kurde d'Irak. En ce qui concerne la bataille d'Alep où les Russes et l'armée légale abusent des armes incendiaires chargées de compositions aluminothermiques – plus efficaces encore que le phosphore quand il s’agit d’allumer des foyers – sur des quartiers résidentiels, on ne comprend pas bien pourquoi les civils n'ont pas fui comme à Mossoul ou Fallouja. Même si la liquidation du foyer islamiste de l'Est d'Alep est nécessaire au retour de la paix en Syrie, nous devons avoir une pensée morale pour les civils qui paient un prix élevé en ce moment. L'armée russe aura-t-elle un jour la culture de la proportion dans la répression ?

Ayrault à Sciences Po agite le spectre de la guerre civile en RD du Congo (qui a déjà beaucoup donné sur ce volet : des millions de morts en dix ans). François Hollande avait accusé l'État congolais de s'être rendu coupable "d'exactions" contre son peuple les 19 et 20 septembre à Kinshasa. Le porte parole de Kabila Lambert Mende, réplique : "le Congo n'est pas un département d'outre mer".

La démocratie reste impossible en Afrique à quelques exceptions près comme le Bénin. Au Gabon les élections sont volées. En Somalie elles sont indéfiniment reportées.

En Amérique du Sud, on peut espérer que l'accord de l'OPEP va redonner un peu d'oxygène au régime chaviste qui a reporté le référendum révocatoire. L'Argentine, le Brésil, le Paraguay, le Mexique, le Chili et le Pérou sont vent debout contre Caracas, notamment pour l'expulser du Mercosur. Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski a dit samedi qu'il a l'intention de former un « groupe de soutien » dans la région pour favoriser une « transition dans l'ordre » pour le changement de gouvernement au Venezuela. Maduro invite Kerry à Caracas.

L'ingérence à Cuba ne faiblit pas non plus. Les étudiants de la Fédération estudiantine universitaire se mobilisent contre la campagne de bourses de l'organisation "non gouvernementale" Learning World liée à l'agence fédérale américaine USAID qui court-circuitent les rectorats universitaires et dont le contenu viole les principes éthiques nationaux cubains.

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