Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le quotidien tag

Les rois catholiques britanniques, le macronisme pour les riches, et Sinjar évacuée

17 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Christianisme, #Lectures, #Le quotidien, #Aide aux femmes yezidies, #La gauche

La lecture des pages d'une biographie de Bossuet sur l'éloge funèbre qu'il prononça pour Henriette de France, dernière fille d'Henri IV et veuve du roi Charles I° me fait méditer une fois de plus sur les échecs de la monarchie française à remettre les catholiques au pouvoir à Londres et la portée politique de cette affaire. C'est un thème qui me poursuit depuis la lecture du récit de la mort de délicieuse Marie Stuart par Brantôme et son enjeu géopolitique fut considérable pour la France. J'ajouterais d'ailleurs que, sans cette affaire, la franc-maçonnerie écossaise n'eût point été récupérée par les protestants anglais et donc notre maçonnerie française actuelle ne serait peut-être pas majoritairement athée mais catholique... Avec des "si"...

L'éloge de Bossuet à la basilique Saint-Denis est à rapprocher du récit d'une George Sand défaillant devant le catafalque de Louis XVIII.

Entendu dans une vidéo sur You Tube le propos d'un sympathique prédicateur évangélique Lance Wallnau qui soutient Trump "le nouveau Cyrus" portant un tout autre regard sur Marie Stuart que Brantôme. Lui préférait le protestant Knox qui fut la bête noire de la délicate princesse...

Mais je bavasse, je bavasse, et, en me perdant dans ces considérations historiques, j'omets de vous parler de l'actualité. Il faudrait dire un mot du lamentable échec de France Insoumise à mobiliser contre les ordonnances modifiant le travail et du budget au profit des plus riches que nous concocte Macron. J'en parlais ce matin aux aurores avec une sympathique ouvrière "voltigeuse" qui monte des scènes de spectacle à dix mètres au dessus du sol et m'a pris en covoiturage jusqu'à Paris. Elle me parlait des luttes syndicales dans sa boîte. Rude affaire.

Ce soir, ordre des misères oblige, je pense plutôt aux plus démunis comme les Yézidis, qui sont bien plus misérables que les ouvriers français, eux qui ont tout perdu en quelques semaines alors qu'il y a 5 ans ils avaient encore leurs petits appartements avec télévisions, leurs accès à l'université, et les membres de leurs familles vivants. L'indépendance autoproclamée du Kurdistan irakien a bloqué les possibilité de transferts de fonds vers Irbil via Western Union. Une fois de plus les plus pauvres paient le prix des bras de fer politiques.

Un espoir pour les yézidis tout de même. Les peshmergas kurdes viennent d'évacuer leur ville sainte de Sinjar-Shingal à la demande de l'Irak.C'en est fini de l'odieuse récupération de leur tragédie par Barzani après l'ignoble abandon de 2014, et surtout ils ont l'espoir qu'il n'y aura plus de checkpoints pour les empêcher d'aller reconstruire leurs maisons. L'espoir fait vivre, et quand on a tout perdu tout est bon à prendre.

Lire la suite

Interlude

21 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Ecrire pour qui pour quoi, #Asie

Des tas de gens parlent de la Corée du Nord en ce moment. De ceux qui l'ont visitée et idéalisée. De ceux qui l'ont fuie et la décrivent comme un enfer. L'enfer est-ce là bas ou ici ? En tout cas c'est le pays à la mode, depuis que Trump menace de l'anéantir.

Il y a cinq ans, je ne songeais qu'à écrire un livre à son sujet, comme je l'avais fait sur la Transnistrie. Un musicien m'incitait à m'y rendre pour organiser un spectacle pour la paix là-bas, et une institutrice voulait m'y accompagner. Tous ces gens ont disparu de mon horizon, et je ne suis plus trop demandeur de "fact finding missions" dans des pays lointains quand on sait bien qu'on ne voit dans ce genre de voyage que ce qu'on veut bien nous montrer.

De toute façon, je n'ai pas reçu non plus d'offres dans ce sens. Même si l'association Initiative Citoyenneté Défense a bien voulu me demander un article sur le sujet, et si l'abonnement à mon blog de trois personnes en six jours (alors qu'on stagnait lamentablement en 2015-2016) semble révéler que mon point de vue sur l'actualité peut intéresser quelques lecteurs, je préfère voyager dans le temps pour le moment, en lisant un livre sur la dialectique subtile des néo-platoniciens de la Renaissance, ou encore mon journal sur le début de mes activités comme chargé de mission en septembre 2009 auprès du maire de la commune que j'avais appelée Brosseville (il en reste bien des traces sur ce blog... souvenirs souvenirs...).

Je ne prends aucune initiative car toute initiative aboutit à une impasse narcissique. Je réponds seulement aux sollicitations extérieures. Et j'attends de voir ce qui attend notre aimable pays avec les appels à la mobilisation sociale de la semaine prochaine...

Lire la suite

Louvre-Lens, actualités, Mia Khalifa visée par Daech

28 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Le monde autour de nous

J'ai traîné ce weekend du côté d'Arras, puis du Louvre-Lens, qui est un scandale budgétaire - un grand bloc moche au milieu d'un parc à l'abandon parmi les terrils où il y a deux fois plus d'employés que de visiteurs, bref un éléphant blanc....

Dans la librairie je suis tombé sur Mystères païens de la Renaissance d'Edgar Wind qui a l'air d'être un ouvrage très important sur les spéculations de Marsile Ficin, Pic de la Mirandole et de leurs disciples artistes sur les secrets de l'enseignement ésotériques du "divin Platon" qu'ils conciliaient avec la kabbale hébraïque. Livre paru en Angleterre en 1968, traduit en France seulement 24 ans plus tard... "Wind's book has been heavily criticized (by André Chastel, Carlo Ginzburg, E.H. Gombrich, and others) for frequent misreadings of sources and a "one-sided" fixation on the Neoplatonic perspective" dit la fiche de Wikipedia. En tout cas je suis convaincu que les recherches ésotériques des penseurs de la Renaissance sont à observer de très près.

Epluchons les nouvelles : des sous-traitants des USA tuent des civils en Somalie dans un bombardement, la Syrie accuse Washington de se préparer à l'empêcher de reprendre le contrôle de la région de Deir ez-Zor, et Kim Jong Un préparerait un nouvel essai nucléaire (maintenant qu'il n'a plus d'alliés nulle part, même pas en Chine).

Mes chers lecteurs qui il y a trois ou quatre ans regardaient des sites pornos (je ne doute plus que, sous ma bénéfique influence ils ne le font plus), se souviennent peut-être des prestations remarquables de l'actrice Mia Khalifa, cette jeune libano-américaine chrétienne de 24 ans (un site libanais a livré son identité en 2015 lorsqu'elle avait été classée star n°1 sur PornHub) que les sites présentent parfois à tort comme "palestinienne" juste pour faire monter l'Audimat. Mailonline nous apprend que dans une interview téléphonique à Sport Junkies jeudi la jeune femme qui se présente comme "ancienne actrice X" et maintenant étudiante en histoire se dit menacée de décapitation sur Tweeter. Elle s'est engagée à ne pas faire preuve de faiblesse.

Beaucoup de reproches sont adressés à cette femme, aussi bien d'avoir un symbole national chrétien tatoué sur l'avant-bras que d'avoir tourné des scènes X en hidjab alors que ce n'est pas sa religion. Son évolution a d'ailleurs été condamnée par ses parents.

Depuis lors des tas de gens de l'Inde au Mexique prennent une caméra pour filmer un message de soutien à la star. Evidemment de mon point de vue, ces types feraient mieux de se battre pour qu'on joue du Corneille ou du Racine dans leur ville (ce qui, vu l'ampleur du pouvoir des mafias culturelles dans les pouvoirs locaux est devenu presqu'impossible) que pour la liberté de leur idole à faire la pute sur leur écran. Mais je sais que mon propos sur ce point peinera à se faire entendre.

Pour mémoire il y a sept ans j'avais dit un mot d'un docu de France Culture sur la frénésie sexuelle au Liban.

Lire la suite

Rouch, Blake, Manès, les Trois Glorieuses et la rue du Bac

24 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Divers histoire, #Le quotidien, #Christianisme

Il y avait un documentaire hier soir tard sur Arte à propos de Jean Rouch, cinéaste au Niger. Un homme qui dans les années 50-60 épousait sans difficulté la spiritualité africaine, ce monde où les sirènes tuent des pasteurs, un sujet pour film nigérian actuel. En ce qui me concerne j'ai de plus en plus de présences africaines autour de moi, depuis le prêtre béninois rencontré l'an dernier et revu cette année, jusqu'à cette amie ivoirienne musulmane que le fantôme de son père a conduit jusqu'à sa tombe oubliée sous un baobab que je cite dans un de mes livres.

Il paraît que le peintre Cattiaux vénéré par certains miens amis belges a eu des messages célestes lui indiquant que le renouveau spirituel viendrait d'Afrique. Caton d'Utique eut la même révélation si l'on en croit Lucain, et l'Afrique fut son tombeau.

Tout cela ne me donne pas beaucoup de clés. Je parcours le livre de Boutang sur William Blake sans trop le comprendre. Il m'explique à quel point le poète était swedenborgien. Fort bien, je suis ravi de l'apprendre. Et manichéen avec ça, mais en secret. Je suis trop béotien pour y entendre quoi que ce soit. Boutang prend la peine de recopier les pages de St Augustin sur les turpides des manichéens. Il fait bien : j'y découvre combien la place du sperme n'a rien de gratuit dans toute leur machine à purifier. Je n'irai pas jusqu'à dire que le bukkake japonais est lié à cela, mais au moins je comprends mieux les délires de Carpocrate et des adamites. La semence est aussi nécessaire à leur métaphysique que la Lune et le Soleil. C'est effrayant quand on y songe. Boutang dit que le manichéisme fut la plus forte des hérésies. Je crois qu'Hillaire Belloc le dit aussi. Et donc il ne faut pas sousestimer son influence rampante sur l'histoire des idées jusqu'à nos jours. Encore une fois, je veux bien le croire, même si je n'y entends goutte, comme je n'entends rien aux spéculations sur l'éclipse de Lune américaine de lundi dernier. Et qui m'expliquera pourquoi les quakers de France (qui sont peu nombreux) organisent parfois leur assemblée en la citadelle de Carcassonne et y rendent hommage aux cathares ?

J'ai reçu le livre de David Placer sur Chavez et la sorcellerie ce matin. La façon dont Chavez raconte lui-même (là encore ce sont des pages recopiées d'un autre livre, façon poupées russes) la façon dont il apprit de la bouche de la voyante Cristina Marksman en 1987 qu'il mourrait avant 60 ans est aussi saisissante que le face-à-face de Bernadotte et de sa pythonisse en janvier 1804. Il ne faut jamais vouloir connaître son avenir.

Si un jour vous ne savez pas quoi faire, lisez la chute des Bourbons en 1830 narrée par Chateaubriand dans le dernier tome de ses Mémoires. Saisissant sur la lâcheté des parlementaires. Fut-ce un tournant fondamental dans l'histoire du christianisme ? Les protestants diraient que non, de même les athées et les adeptes d'autres religions. Sauf peut-être les Juifs, puisque par Maïmonide ils acceptent que le christianisme (dans toutes ses formes) comme l'Islam, sont des étapes voulues par Dieu pour l'avènement des temps messianiques. Si tel est le cas, se qui se joua en France pendant les Trois Glorieuses eut une portée cosmique (beaucoup plus que 1848 qui n'a fait que liquider une imposture orléaniste). Pas étonnant alors que la Sainte Vierge soit apparue rue du Bac quelques semaines plus tôt pour signifier son affection à ce Royaume.

Lire la suite

Out of blue comes green

20 Juin 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

C'est pas croyable comme la canicule augmente la mélancolie. On en vient à tout regretter, et notamment les illusions du passé. Ah l'heureux temps où l'on pensait pouvoir être utile à l'humanité ! L'heureuse époque où l'on avait un peu plus de lecteurs, où l'on croyait que les blogs serviraient à quelque chose...

Ils s'en débrouillent comment, les autres, du poids de l'existence ? par exemple le mec qui tenait autrefois le blog "La lettre volée" et qui a laissé tomber ? Et la dame aux chats qui tenait un blog géopolitique qui lui a valu des insultes sur le Net puis qui a disparu dans la nature ? On est tous des cocus d'Internet et de notre époque. Et maintenant on vieillit avec ça...

Les médiums comme celle-ci là haut avec leur "c'est vous qui créez le monde que vous vivez" m'agacent profondément. Philosophie de l'orgueil et de l'égotisme. Quelle horreur ! Qu'elle aille expliquer aux 1 100 yéménites morts du choléra au cours des derniers jours !

Je préfère être la chèvre contre les boeufs métaphysiciens de tout poil.

Et Jean-Frédéric Poisson qui dit à juste titre ici que la victoire du macronisme c'est celle d'une marque, est-ce que c'est lui qui est l'auteur de sa défaite ? Il parle de l'ingratitude des électeurs, et c'est très vrai pour des tas de députés des deux bords. C'est quoi la prochaine étape ? une dictature militaire pleine d'effets marketing comme en Thaïlande ? Pour l'instant ce sera une dictamolle du business et des banques.

Bon allez, pour mes lecteurs hispanistes qui ont besoin de travailler leur castillan, un petit discours de Pablo Iglesias il y a 8 jour.

Lire la suite

Saint-Malo et Chateaubriand, Jersey et Aphrodite

29 Mai 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #XIXe siècle - Auteurs et personnalités, #Le quotidien

J'étais à St Malo vendredi par un temps caniculaire. Moi qui ai souvent dans ces pages vanté la mémoire de Chateaubriand, j'avais oublié combien cette ville lui était associée. Dans le musée historique se trouve d'ailleurs son célèbre portrait de 1807, rescapé des bombes de 1944. Mais ce musée est trop muet. Il faut assister à la fantastique présentation de la Demeure du Corsaire par M. Olivier de la Rivière pour y entendre parler des célèbres dogues de Saint-Malo (célèbres, mais dont, dans mon inculture crasse, j'ignorais tout). Chateaubriand dans les Mémoires d'Outre-tombe rattache ces dogues (des mastiffs) aux chiens de la Gaule antique.

Du coup, hier soir je parcourais les Mémoires pour y découvrir à nouveau combien le grand homme savait tout mieux que moi et en rendait compte en quelques mots élégants et denses (y compris sur la forêt sacrée de Marseille chantée par Lucain qu'il évoque en quelques mots cursifs et que je n'ai découverte qu'il y a trois ans). Bien ancré dans son christianisme, il évoque sans mépris mais avec la distance adéquate les échecs des médiums de son temps (dont le célèbre Saint-Martin dont Viatte vanta la hauteur spirituelle) et la fascination de Napoléon pour les astres qui transparaît dans les propos décousus du Premier consul lors de leur rencontre d'avril 1802, lequel voit dans l'Evangile une allégorie du mouvement des planètes... Chateaubriand aura tout vu, tout pensé, quoique toujours à travers cette trouble mélancolie solitaire dont on peut se demander si elle était vraiment chrétienne. Au gré de cette lecture, j'apprends que de La Harpe en 1800 avait qualifié Napoléon de "nouveau Cyrus", comme le font les évangéliques aujourd'hui à propos de Trump.

Juste apràs St Malo, les premiers mots que je lusse dans le paysage anglo-normand de Jersey avant hier furent "Hotel Pomme d'Or". Je repense à Atalante, au fait qu'Aphrodite lui avait lancé des pommes d'or pour ralentir sa course. A mon retour, j'apprends qu'Aristophane disait d'Hélène de Troie qu'elle avait refusé à Ménélas les "pommes de sa poitrine"... La guerre de Troie aussi avait débuté avec une pomme. La veille (jour de Vénus) à St Malo les poitrines féminines avaient un peu trop attiré mon regard, tandis qu' au même moment (mais je ne le savais pas) une journaliste suisse me demandait par mail si les femmes iraient torse nu demain comme aujourd'hui les hommes (un mail que je n'ai retrouvé dans ma boite hier). J'ignore si ce "concours de circonstances" explique pourquoi je lisais dans une librairie jersiaise que Victor Hugo sur son île d'exil faisait poser sa cuisinière Catherine nue pour des photos (sans doute à cause de ses pommes...). Mais on sent bien que dans cette affaire Aphrodite a outrepassé ses droits.

Lire la suite

Ursidification

20 Mai 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Ecrire pour qui pour quoi

Le contact humain ne va pas de soi quand on est un chercheur indépendant comme moi qui a défendu pendant 20 ans des idées un peu hors normes et fréquenté des milieux qui ne sont pas dans le consensus dominants.

Hier à midi je discutais avec des bureaucrates de haut niveau dans leur domaine, mais d'une ignorance crasse en ce qui concerne le monde où ils vivent. Trop occupés à lire Le Monde le soir, et pas assez à réfléchir, ils m'ont accablé de mille préjugés arrogants dès que j'ai tenté de décrire en deux mots ce que j'avais vu en Transnistrie. Genre "on n'y est jamais allé, mais on va te dire ce qu'il s'y passe, parce que l'idéologie de notre époque nous a donné une science infuse sur ces sujets" ! J'avais connu cela à propos de la Serbie en 99 aussi...

L'après midi je prenais un verre avec un vieil universitaire lunaire qui, malgré une vingtaine d'échanges de mails avec lui depuis un an, et bien qu'il m'ait envoyé un de ses livres il y a six mois, n'avait pas mémorisé mon nom de famille, et n'écoutait visiblement pas les deux ou trois choses que je lui disais sur mon compte (s'il traite tout le réel du monde actuel avec la même inattention que les gens qu'il a en face de lui cela promet). Surtout le type, comme tous les maitres de confs que j'ai connus, traitait le savoir qu'il avait accumulé sur le mode de la manie du collectionneur, sans mesurer, de toute évidence, la richesse et la lourdeur des enjeux humains que les mots qu'il employait dissimule... Terrifiant en vérité. "La trahison des clercs". Vices de la scholastic view. Comment puis-je me motiver pour participer à des colloques dans ces conditions ?

Ce n'est pas forcément mieux avec les lecteurs de ce blog, comme l'abonnée imbue d'elle-même l'hiver dernier qui, elle aussi, tentait de me donner des leçons sur des sujets qu'elle ne connaissait visiblement pas. Une réflexologue me disait lundi dernier : "C'est incroyable comme les gens s'enferment dans leurs certitudes, et se construisent des systèmes dans chercher à retrouver les nuances de la vie réelle". Toutes ces postures à la con font de moi un ours qui s'isole toujours plus dans les montagnes.

Lire la suite

Le goudron et les plumes

22 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Le quotidien

On paye souvent ses dons d'une manière ou d'une autre. Moi, depuis mon enfance, je paye les miens par le fait d'avoir une tête à me faire rouler dans la farine en permanence par les gens que je croise. Une médium algérienne avait dit à une mienne amie ivoirienne en 2015 : "les gens le trahissent tout le temps". C'est peu dire. Ils me prennent pour un abruti, me marchent dessus avec la meilleure conscience du monde comme ce vieux crétin à l'aéroport avant hier qui, lorsque je lui fis remarquer qu'il faisait rouler sa valise sur mon pied, me rétorqua avec une suffisance parfaite : "Votre pied fonctionne très bien". Dans ce beau pays où la malveillance règne qu'est la France, tout cela est monnaie courante pour moi. Plus les gens sont minables, stupides et puants, plus ils pensent pouvoir me traiter avec mépris, se poser en souverains sur ma personne. Et il ne sert à rien que je cherche à les rabrouer : ils resteront toujours convaincus que tout leur est permis à mon égard, depuis cette employée de mon éditeur en 2006 qui s'est autorisée (sans m'en avertir et en me faisant croire au contraire qu'elle l'avait fait) à ne pas envoyer par la poste les 40 exemplaires de l'Atlas alternatif que j'étais allé spécialement mettre sous enveloppe dans son bureau, en rédigeant les adresses pour chacun des contributeurs (ce qui a complètement gâché la dynamique collective autour du livre), jusqu'à mon ancienne secrétaire qui, en novembre, s'engageait à me recontacter pour aider les Yézidis, puis a depuis lors fait la morte, en passant par les abrutis qui se sont répandus en insultes anonymes sur le Net (bon, ça vous allez me dire que c'est normal), mes chefs qui me collent des permanences aux dates qui m'arrangent le moins au mépris des règles qu'ils avaient initialement fixées etc. Et, bien sûr, l'offense à mon égard n'est pas l'apanage des nuls. Pour les deux ouvrages collectifs que j'ai dirigés, j'ai trouvé le moyen de choisir des préfaciers qui jamais n'ont soutenu ces livres bien que leur nom figurât sur la couverture (je me demande qui dans le monde éditorial a débusqué des préfaciers aussi indifférents que les miens), et récemment encore un contributeur d'un de ces  deux livres collectifs, Nils Andersson, omet de le mentionner alors qu'il cite les autres ouvrages auxquels il a participé. Damnatio memoriae, railleries, entourloupes les plus fourbes sont mon lot depuis des décennies, au point qu'à mon âge on finit par ployer sous le souvenir de toutes ces méchancetés gratuites et marques de mépris en tout genre, et à fuir toute compagnie humaine.

Les chrétiens d'autrefois se consolaient de ce genre de malédiction en attendant une récompense dans l'au-delà. Tel n'est pas du tout mon cas. Je suis certain que tout cela est absolument sans remède. C'est pourquoi je répugne désormais à m'engager pour des causes, et à entreprendre quoi que ce soit. Je sais que mon appui n'est d'aucune utilité à personne car il attirera plutôt aux idées ou aux gens que je défendrai un surcroît d'opprobre et de dénigrement. Rester dans la position d'un commentateur désabusé et peu lu est encore la meilleure chose à laquelle je puisse aspirer dans une telle configuration.

Lire la suite

Purimfesten

15 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le quotidien, #Cinéma

Du temps où un type (un médium), à ma table, devina l'année de la mort de mon grand grand père et toutes sortes de détails sur mon enfance "au nom des esprits", c'est-à-dire au printemps 2014, je m'étais livré à des petits jeux de pistes sur ce blog, autour de la "statue de sel" qui avaient conduit certains de mes lecteurs à faire des commentaires spontanés qui avaient eu un impact très étrange sur mes relations avec mon entourage. Peu de temps après, le 30 septembre 2014, j'avais posté un billet sur l'actrice Irène Jacob et la "Double vie de Véronique". Six jours plus tard un fidèle lecteur de ce blog m'avouait qu'il était... le cousin germain d'Irène Jacob...

En ce moment je travaille sur le messianisme juif en lisant entre autres le livre (pas très bon ni très rigoureux, mais instructif pour un Béotien comme moi, car il a des sources intéressantes) d'un certain Youssef Hindi. Et cette semaine... je découvre qu'une jeune dame, cantatrice, qui est donc le double de la Véronique incarnée par Irène Jacob (qui était une histoire de double) s'est abonnée à mon blog (euh, quelle était la probabilité pour qu'une artiste en chant lyrique s'abonne à ce blog bassement politique)... et chante dans un opéra très lié à la thématique de mes lectures. Le nom de famille de la dame est celui d'un saint avec lequel un de mes aïeux espagnols, tertiaire franciscain, avait fait des rituels magiques comme il y en avait hélas trop dans l'Espagne catholique d'autrefois (j'ai découvert cela en septembre dernier)... Et le diminutif de son prénom est celui d'une journaliste qui anime une webTV... sur les médiums...

Et bien sûr, le rationalisme de bon aloi dans la société lettrée me commande de ne voir dans tout cela qu'une série de "coïncidences" amusantes... Mais comme je suis bête et indiscipliné, de mon côté je vais quand même garder mon petit fil conducteur à ce sujet dans un coin de ma tête...

Lire la suite

Mensonges et racisme

19 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Le quotidien

Parutions.com m'a adressé les mémoires de Nils Andersson, je vais en écrire la recension. Nils est un des rares anti-impérialistes dont je garde un bon souvenir. Un homme vraiment honnête qui ne s'est pas laissé emporter par l'hystérie d'Internet et la vanité de se répondre en interviews prétentieuses sur le Net. Il faut dire qu'il avait derrière lui un background un peu plus important que les causeurs des années 2000, ayant dénoncé la torture et aidé le tiersmondisme à une époque où l'on risquait sa peau quand on le faisait. J'ai toujours apprécié son style que je retrouve dans l'élégance des phrases de son livre. Même si, à l'époque de la guerre du Kosovo il avait plus de sympathie pour la cause albanaise que moi, cela ne fut pas une cause de polémique entre nous, pas plus que ses réflexions ultérieures sur une ONU "démocratique" même si elles étaient à des années lumières de ma défense de la souveraineté des Etats (il a d'ailleurs traité ce sujet dans l'Atlas alternatif). Nils Andersson est un homme avec qui l'on peut toujours discuter agréablement, à la différence des groupusculaires staliniens prêts à vous accuser d'être "de l'autre côté de la barricade", vous accuser de traîtrise, d'être un "ennemi de classe" (alors qu'ils ont eux-mêmes leur petite vie bourgeoise avec résidence secondaire) etc au moindre désaccord.

Du temps où Nils Andersson a développé son activisme politique, le conservatisme était étouffant, et le racisme, contre les Arabes et les Noirs, était la norme. Nous ne sommes plus dans le même monde. L'emprise médiatique a fait progresser les mentalités sur divers points (je le vois sur mes parents qui ont l'âge de Nils Andersson), même si elle a par ailleurs plongé nos intelligences dans la barbarie sur bien d'autres points (en nous faisant accepter l'embargo sur l'Irak, les guerres d'ingérence etc). Avez vous vu ce petit journaliste aussi arrogant que stupide qui, sur une chaîne payée par nos impôts, a accusé un député de droite de manquer de respect pour les téléspectateur parce qu'il refusait de se soumettre au flot de ses questions stupides ? Voilà à quel point la médiacratie nous a conduits : aucun respect pour les élus du suffrage universel, pour les représentants du peuple.

Le racisme aujourd'hui a fortement reculé, mais le globalisme idéologique du centre gauche (et du centre-droit par effet de contamination) risque de lui donner un second souffle. Voilà quel flot la montée du populisme de droite va amener sur nos berges. Mais je crains que même la vraie gauche, celle de Mélenchon créditée de 14 % d'intentions de votes à la présidentielle, ne soit pas armée intellectuellement pour faire face aux vrais problèmes. La novlang idéologique paralyse tout de ce côté là.

Pour faire face au racisme, il faut mettre sur la table de façon impartiale tous les éléments factuels, et discuter de tout sans a priori et sans tabou, faire confiance à l'intelligence collective. En ce moment les médias mettent en épingle le cas de telle mairesse d'un bled perdu du Middle West qui a qualifié Mme Obama de "singe à talons hauts". L'idée est de faire croire que l'arrivée au pouvoir de Trump favorise la montée du racisme. La vérité est que ce racisme là existait déjà avant Trump - rappelez vous ce représentant de la Louisiane qui avait dit qu'après la présidence d'Obama il faudrait reprendre le jeu de golf là où le singe a laissé les balles. On nous parle de violences racistes depuis l'élection de Trump, mais on ne nous prouve pas dans quelle proportion elles ont augmenté, on ne nous dit pas que celui-ci les a condamnées, et l'on passe sous silence les violences des partisans de Mme Clinton dont les manifestations ont causé la mort cette semaine du père d'une petite fille de 4 ans, dont l'ambulance a été bloquée à cause des manifestations des démocrates. Comme le disait la juge Jeanine Pirro : "qu'auraient dit les démocrates si nous républicains avions dans la rue brûlé des effigies d'Obama après son élection comme ils le font avec celles de Donald Trump ?"  En favorisant l'hystérie bobo, on risque de provoquer une hystérie de ceux qui se sentent victimes d'un racisme anti-blanc. Il faut présenter objectivement les faits, ne pas avoir peur de répondre aux interrogations des uns et des autres, ne pas craindre la vérité.

Au hasard de mes pérégrinations, je découvre des vérités que de part et d'autres l'on cache. Les souverainistes nous font croire que tous les maux ont débuté avec l'autorisation du regroupement familial par Giscard d'Estaing, alors que celui-ci existant déjà sous de Gaulle et que Giscard avait le projet d'assurer l'expulsion de centaines de milliers de migrants. Disons la vérité là dessus ! La gauche prétend que Daech n'a rien à voir avec le Coran (rappelez vous aussi la chanson idiote sur Al Qaida qui disait "ceux là ont-ils jamais lu le Coran ?"). L'égorgement et la réduction en esclavage des femmes ennemies (comme les femmes yézidies aujourd'hui) figure noir sur blanc dans les sourates. Ayons le courage de la dire ! Cessons de mentir ! Le mensonge est le père du ressentiment et donc de l'hystérie haineuse. Les horreurs de ce monde sont nées de 30 ans de mensonges de la sphère médiatique et de 15 ans de mensonges de faux résistants tout aussi adeptes du star system et des raccourcis intellectuels que les grands "merdias". Sortons de ces spirales ! Retrouvons le goût de la réflexion sereine sans mise en scène !

Cette semaine sur Twitter j'ai été attaqué par un Kurde qui m'accusait d'être potentiellement responsable du prochain massacre de Yazidis quand il aura lieu (rien de moins !). Et cela pourquoi ? Parce que j'ai dit qu'à un chekpoint des Pershmergas kurdes sont prêts à tirer sur des Yazidis qui lorsqu'ils cherchent à ramener leurs biens dans la ville de Sinjar. Mon propos ne repose pourtant pas sur du vent : c'est le témoignage d'une yazidie qui a perdu un sien cousin à ce checkpoint. La vérité blesse. Pourtant je revendique le droit à la fois de saluer la valeur des Peshmergas qui ont libéré la bourgade christiano-yazidie (pour parler vite) de Bachiqua il y a 10 jours et de rappeler le ressentiment des yazidis qui ne peuvent retourner à Sinjar. Même entre ces deux communautés ou sous-ensembles d'une communauté, la vérité est la meilleure arme contre le racisme.

Lire la suite

Hibernatus

15 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Le quotidien, #Grundlegung zur Metaphysik

Tous les gens qui me méprisent ou me détestent (et ils sont nombreux parmi ceux que j'ai croisés depuis 20 ans) peuvent se réjouir. Malgré toutes les grandes écoles que j'ai faites, tous les diplômes obtenus, tous les livres écrits, toutes les révolutions intellectuelles accomplies depuis 5 ans, ma vie n'a pas progressé d'un millimètre. Sur tous les plans, professionnel et autre, j'en suis exactement au même point que lorsque je faisais "mes premiers pas sur Internet" en 1999, pour reprendre l'expression en en-tête de ce blog. Les gens qui s'intéressent à mes écrits se comptent sur les doigts des deux mains, personne ne me propose aucun enseignement, il suffit que j'adhère à un parti politique, même minuscule, pour que tous ses membres (que je connaissais avant d'y adhérer) décident de m'ignorer totalement. Quelque projet que je lance je sais qu'il va tomber dans un vide abyssal. Si je décide d'écrire un livre, même sur un sujet populaire (ce qui en soi m'est difficile car je n'aime que les choses un peu rares comme tel récit de voyage en Mésopotamie eu 17e siècle), je suis sûr de ne pouvoir publier qu'aux éditions du Cygne et n'y avoir que 30 lecteurs (quand on voit comment a échoué le projet censé être fédérateur "Atlas alternatif" il y a 12 ans, "grâce à" la complicité d'esprits malveillants bien placés dans mon entourage propre, on a tout compris). Bref c'est une glaciation complète et sans issue.

Certains esprits religieux parlent de "possession par un esprit de mort". Il paraît que cela s'hérite de génération en génération, que cela ressemble à la malédiction des pharaons dans les tombeaux égyptiens, et que cela se soigne par l'exorcisme. Je ne sais pas si je suis censé croire cela vu que je n'ai pas d'exorciste disponible en ce moment dans mon entourage pour régler le problème sur le plan métaphysique. Je peux juste faire l'inventaire du néant autour de moi, de l'apathie générale qu'il a engendrée dans ma façon de percevoir le présent et l'avenir et dans l'attitude des gens que je rencontre.

Un jour j'ai entendu un prédicateur dire qu'il sentait que tout un pays (en l'occurrence Madagascar) était paralysé à l'état d'embryon. Je suppose que ce genre de constat peut s'appliquer à des tas de contrées, et à des millions de gens. Des gens qui, quoi qu'ils fassent, n'arrivent pas à faire bouger leur position. Beaucoup en concluent qu'il vaut mieux renoncer à tout effort intellectuel, moral ou autre. Aller claquer du fric dans un salon de massage, draguer la première paumée qui passe, se cuiter etc. J'ai eu moi-même ce genre de période de "benign neglect" comme on disait en matière de politique économique jadis. Ce n'est pas si bénin que ça, et ça m'a même mené au bord du gouffre. Ce n'est donc pas la solution.

Quand on est dans l'hibernation, dans les 25 ou 40 ans de paralysie, comme Epiménide le chamane crétois qui dormit 57 ans avant de sauver Athènes de la peste (et encore, quand ça se termine à la manière d'Epiménide c'est plutôt bien), on peut juste se dire que si le choix est entre la glaciation et la catastrophe, la glaciation, à tout prendre, vaut mieux (autrement dit "c'est pas plus mal que si c'était pire"). Hier je lisais un récit abominable sur les souffrances de centaines de femmes yazidies qui vivent dans un camp de réfugiés qui leur est consacré dans le sud de l'Allemagne avec leurs enfants, dans le cauchemar chaque jour et chaque nuit renouvelé du souvenir des sévices endurés l'an dernier sous la férule des tarés de Daech. Un de leurs visiteurs dit qu'on ne dort pas pendant trois nuits quand on a entendu leur témoignage. Je veux bien le croire. Ces personnes ont été au coeur de la pire abomination de notre époque, dans le chaudron de ce que notre époque a fabriqué, depuis deux ans, de pire dans l'ordre de la barbarie (et quand je dis "notre époque", je veux dire aussi la pire partie de nous mêmes car cette barbarie là est sang de notre sang, chair de notre chair à tous). Et le malheur de ce peuple à travers l'histoire, comme celui des Juifs - pire encore, car ce fut un malheur sans livres, sans mémoire, sans témoignage, et sans eschatologie rédemptrice -, comme celui de beaucoup d'autres, a toujours été comme le portrait réaliste, "sur le vif", de ce que la condition humaine sur Terre engendre de pire. Evidemment pour ces gens là, qui ne peuvent plus croire en personne, à qui leurs bras et les mains même sont devenus étrangers, la glaciation serait comme une sorte de luxe hors d'atteinte, comme il le fut pour moi-même quand, en janvier 2014 je me battais aux frontières de la mort.

Cette hibernation je l'ai souvent contemplée au miroir de l'apathie de la société française qui, depuis 25 ans (depuis le début de la "globalisation") vit dans l'immobilité craintive et désabusée elle aussi, dans le même scepticisme un peu aigre, la même compulsion de répétition qu'incarne si bien la figure d'Alain Juppé. Ce n'est pas notre pays qui ferait le grand saut dans le vide d'élire un Donald Trump, et ça n'a d'ailleurs pas que des inconvénients, car cela lui épargne les pleurs hystériques dans les rues et les risques du retour du refoulé raciste et sexiste. J'ai eu souvent le grand tort "d'expliquer" ma paralysie par celle de la société. Grande erreur de la sociologie. Si le vrai couvercle sur la vie des individus était purement social il n'y aurait jamais eu de Jeanne d'Arc, ni de Lénine, ni de Mandela, ni de Chavez, ni de Christophe Colomb (qui lui aussi eut sa vie paralysée pendant 15 ans par le bêtise du système politique espagnol de son époque). Je sais que beaucoup de gens attribuent la paralysie de leur vie à des circonstances extérieures : au milieu où ils ont grandi, à l'état des technologies comme Internet (comme si le temps où les gens traînaient leur vide existentiel dans les bistrots plutôt que sur la toile avait été réellement fécond). Je préfère penser que l'extérieur (de nos vies) est le reflet de l'intérieur et le bas est le reflet du haut. Il faut tout tenir ensemble si l'on veut garder la moindre chance, encore une fois, une dernière fois avant le trépas, dans 10 ans, dans 20 ans, de changer la totalité.

Lire la suite

Gesellschaft

10 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Médecines douces, médecines douces, mêlées de trucs énergétiques bizarres (parce qu'ils sont tous un peu magnétiseurs). Agréables sur le moment. Et puis après... Ben retour des problèmes, parce qu'ils sont structurels. Nuque raide, mal de dos etc. Vous pouvez faire de la réflexologie plantaire, voir des ostéopathes, pratiquer le yoga, vous faire masser. C'est idem.

Alors changer la société ? Euh... alors là, que le changement de société soit possible, je ne pense pas qu'on y croie. On croit déjà à peine qu'on pourra garder le code du travail...

Les Anglais, eux, croient au Brexit selon un récent sondage. Est-ce que détricoter les structures politiques vermoulues nous donnera la force un jour de construire quelque chose de vraiment bien ?

Lire la suite

Nareen Shammo (suite)

12 Mars 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le quotidien, #Aide aux femmes yezidies

Nareen Shammo (suite)

Je vous ai parlé en juin, en août, en novembre du combat courageux de la journaliste kurde yezidi irakienne Nareen Shammo pour sauver les femmes de son peuple esclaves de Daesh et les héberger après leur libération. Vous devez le soutenir car ces femmes à peine libérées des barbares sont rejetées par leurs familles, leur propre peuple (qui lui même a subi le génocide et ne peut pratiquement plus vivre en Irak) et leur survie dépend donc de vous. Aujourd'hui elle me signale que la revue américaine Salt la cite parmi les cent femmes de la Journée de la femme du 8 mars dernier, c'est plus mérité que pour Angela Merkel je crois...

A part cela je me réjouis bien sûr des mobilisations contre le recul social de notre gouvernement, et de la progression de l'idée d'une sortie française de l'Union européenne (quoique je regrette que le débat avance sans idée de rechange pour recréer des coopérations bilatérales ou multilatérales qui empêcheront le retour des tensions entre pays d'Europe en cas d'éclatement de l'UE). Je jette aussi un peu un œil aux citations de mes livres dans la presse (y compris celle des pays étrangers), surtout quand elles sont à contre-emploi, et lis et écris beaucoup dans des domaines que je connaissais peu, sous l'angle d'une résurrection d'une culture de la foi. Mais j'accorde surtout une priorité à ma réforme morale intérieure, depuis mon changement de perspective cognitive et éthique de 2014-2015. Le lien avec la transcendance doit primer sur ses effets dans l'immanence autour de soi, car les seconds résultent du premier, et l'inversion de cet ordre de causalité conduit immanquablement à l'échec et aux destructions.

Lire la suite

Les médias alternatifs, la Syrie, les Kurdes, la Crimée

27 Juillet 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Les médias alternatifs, la Syrie, les Kurdes, la Crimée

Ce blog conserve un nombre assez stable de visiteurs. Du fait que le nouveau dispositif d'Overblog ne fournit plus d'analyse statistique des provenances et a bousillé le lien Google analytics qui me permettait d'en avoir, je n'ai plus aucune idée du profil des gens qui me lisent. Je continue malgré tout à écrire pour eux par fidélité à mon parcours depuis 20 ans, aux livres publiés etc. Je sais bien que Frédéric Delorca n'existe pas dans l'espace du débat public. Il existe encore moins qu'il y a 12 ans du temps où un éditeur était prêt à lui confier la rédaction de l'Atlas alternatif. La diversité de mes centres d'intérêt, l'indépendance de mes prises de position (qui souvent n'hésitent pas à questionner les certitudes des gens qui me sont intellectuellement proches) ont eu raison sans doute de la patience de beaucoup de gens qui aiment à lire les blogs pour y trouver des confirmations de ce qu'ils pensent et de ce qu'ils aiment. Je ne suis cité nulle part, ce qui m'évite d'être mal compris ou critiqué par des gens de mauvaise foi. Et de toute façon, je me console aisément de cet état de fait, en me disant que, même si j'avais ma "petite boutique" avec sa clientèle "fidèle", cela ne servirait pas à grand chose. Supposons que le Monde Diplomatique par exemple ait tenu sa parole de 2012 de publier un de mes articles, à quoi cela m'eût il servi ? J'aurais eu plus de "visibilité" à Paris, on m'aurait peut-être proposé de faire paraître un livre (dans le meilleur des cas), mais j'aurais aussi perdu de ma liberté d'esprit en étant de plus en plus enclin à écrire dans le sens de mon milieu de sociabilité, ce qui aurait borné mes horizons, et je n'aurais pas eu plus de poids pour autant dans le débat public.

Dans Le Monde aujourd'hui, Emmanuel Todd publie un énième article narcissique commençant par "moi le type incomparable qui a le premier annoncé la chute de l'URSS" ou quelque chose dans ce goût là. Voilà à quoi conduit le statut de l'intellectuel "engagé" qui a pignon sur rue. Ca n'a vraiment pas beaucoup de sens.

Quant au grand projet de "médias citoyens" auxquels les gens croyaient il y a 15 ans, et dans lequel j'avais ma place avec mes blogs, tout le monde en est revenu. "Don't hate the medias be the medias" disaient-ils. Oui, mais ceux qui écrivaient cela nous ont gavés de foutaises dans les années 2000-2010 en nous annonçant par exemple tous les jours en 2012 que les kadhafistes reprendraient prochainement le pouvoir en Libye. Ce matin, je lis qu'un colonel du Fatah a été tué au Liban. La source qui a révélé l'information sur place a téléphoné à l'AFP... pas à Michel Collon ! Malgré tous les biais d'approche de nos grands médias menteurs, ceux-ci restent une source incontournable, et les gens qui veulent se faire entendre savent qu'il ne sert à rien de s'adresser à des petites boutiques périphériques.

On continue d'écrire pour se faire plaisir sur de petits blogs à faible lectorat pour se donner l'impression de ne pas être complètement réduit au silence ou au désespoir par le système politico-économique mondial, mais on sait bien (quand je dis "on" je pense à pas mal de journalistes dissidents que je connais, y compris parmi mes amis) que nous avons échoué à inverser les rapports de force dans le champ médiatique, et à faire d'Internet l'arme de cette inversion.

A part cela, le tour d'horizon de l'actualité estivale n'est pas enthousiasmant. Les tentatives de déstabilisation du monde musulman par Daech sont une espèce de spectre qui plane sur les relations internationales, et qui légitiment beaucoup de folies. Par exemple, je lisais il y a peu que les Etats-Unis se vantaient d'avoir infiltré en Syrie par la frontière turque une armé d'islamistes "modérés" équipée par leurs soins pour aller combattre Daech. Ce genre d'initiative n'est pas acceptable. Bien sûr nul ne sait ce que ces mercenaires sont réellement censés faire en Syrie, ni contre qui ils se retourneront. Les opérations militaires contre Daech doivent être menées en collaboration et en concertation avec le gouvernement légal de la Syrie, quoi que l'on pense par ailleurs de ce gouvernement. Il en va de même des frappes d'Erdogan. On voit bien que celui-ci a obtenu un blanc-seing de Washington pour bombarder le PKK kurde en échange de sa participation à l'écrasement de Daech. A la différence de beaucoup d'anti-impérialistes radicaux, je ne veux pas minimiser l'importance de son engagement d'Ankara contre Daech, ni le coût que cela implique pour elle, en termes de représailles terroristes notamment. Mais il est inadmissible que cela se fasse au détriment de la souveraineté syrienne et de la résistance kurde, fort malmenée en l'occurrence alors même qu'elle s'était engagée dans une trêve et que son versant politique s'insérait remarquablement bien dans le nouveau jeu parlementaire turc.

Je vous ai dit il y a peu mon intérêt pour les Kurdes (notamment pour les Yézidi) et je vous en reparlerai prochainement. Mais il ne faut point que cet intérêt se paie de lourdes injustices. Je vois en ce moment le PCF dans les villes de province organiser des manifs de solidarité avec les Kurdes turcs attaqués par Daech. Ce genre de mobilisation est très contestable. Car elle confère aux Kurdes le statut de "victimes à part". On comprend que la Front de Gauche aime la résistance kurde qui est plutôt plus laïque et démocratique que les autres (même si la société kurde, elle, ne l'est pas autant qu'on le croit). Mais on ne peut pas s'émouvoir d'un massacre de Kurdes plus que d'un massacre de Chrétiens ou d'Alaouites. Or je n'ai jamais vu le PCF pondre le moindre communiqué quand des villages de ces communautés en Syrie ont été attaqués par Daech ou Al Qaida au cours des dernières années. Est-ce à dire que les êtres humains de ces groupes n'ont pas droit tout autant que les Kurdes à la paix et à leur intégrité ?

Pour finir un mot sur la Crimée : je trouve très bien qu'un groupe de parlementaires de l'ex-UMP (les Républicains) s'y soient rendus. A mon sens le Front de Gauche aurait dû aussi y envoyer une délégation. Je sais bien que dans genre de visite on vous présente souvent des villages Potemkine, et que le référendum criméen de 2014, survenu sous le contrôle de militaires russes, avec des listes électorales et des moyens de propagande électorale prêtant à caution, s'apparentait plus à un plébiscite qu'à une opération réellement démocratique. Néanmoins on ne peut nier que les Criméens, rattachés injustement à l'Ukraine dans les années 50, se sont toujours majoritairement sentis russes et avaient un intérêt à rejoindre la Fédération de Russie, comme les habitants du Donbass à s'affranchir de la tutelle du gouvernement putschiste pro-occidental russophobe de Kiev. Ce genre d'opération n'est pas plus illégal que les sécessions du Kosovo ou du Sud-Soudan applaudies par nos grands médias, et suit une logique de recomposition de frontières mal dessinées à l'époque soviétique. L'ex-ministre Mme Morano a dit il y a peu que les difficultés de nos éleveurs étaient dues au moins en partie à la rupture des relations commerciales avec la Russie. J'ignore si c'est vrai, mais en tout cas il est urgent de mettre fin à la logique de guerre froide dans laquelle le coup d'Etat ukrainien nous a plongés.

Lire la suite

Macrocosme-microcosme

20 Juin 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Macrocosme-microcosme

C'est bien connu : le microcosme se reflète dans le macrocosme et réciproquement. Ne vous étonnez donc pas si le destin général de l'humanité est dominé par le crime, tandis que votre quotidien est pollué par la mesquinerie et la bêtise. Les deux phénomènes se nourrissent mutuellement. Je l'ai bien constaté cette semaine : des minables me pourrissaient la vie au quotidien, tandis que l'actualité de la planète restait marquée par le cynisme de nos dirigeants, dans la guerre du Yémen par exemple, sur laquelle je reviendrai prochainement. La nullité quotidienne nourrit le crime mondial, et réciproquement. Le crime mondial fournit un cadre existentiel aux gens qui légitime leur petite lâcheté et leur petite malveillance au quotidien, et, en retour, leur médiocrité quotidienne justifie le mépris de l'humain que les grands dirigeants et les grandes mafias infligent aux peuples sur l'ensemble du globe. C'est un cercle.

Exemples des grands crimes ou des tripatouillages peu glorieux mondiaux en ce moment : la condamnation à mort de tous les cadres des Frères musulmans en Egypte, expression d'une haine sanguinaire qui s'abat même jusqu'à la moindre collaboratrice de cabinet comme le note Counterpunch. Egalement la hargne américaine pour discréditer la Fédération internationale de foot du seul fait qu'elle avait accordé aux Russes que le mondial se passe chez eux. Ou encore les roulements de mécaniques américains contre la Chine dans l'affaire des îles Spartleys, les pressions inadmissibles sur la Grèce, le lâche abandon de la Libye (Syrte étant désormais contrôlée par Daesh), les viols d'enfants dans cette magnifique récente création de la "Communauté internationale" qu'est le Sud-Soudan etc.

Petits points de consolation : les belles victoires militaires kurdes contre Daesh, les efforts russes pour contrer un projet de résolution anglais inique sur le 20ème anniversaire de Srebrenica. Des petites choses. Il y a du pain sur la planche pour améliorer notre monde.

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 > >>