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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le quotidien tag

Le goudron et les plumes

22 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Le quotidien

On paye souvent ses dons d'une manière ou d'une autre. Moi, depuis mon enfance, je paye les miens par le fait d'avoir une tête à me faire rouler dans la farine en permanence par les gens que je croise. Une médium algérienne avait dit à une mienne amie ivoirienne en 2015 : "les gens le trahissent tout le temps". C'est peu dire. Ils me prennent pour un abruti, me marchent dessus avec la meilleure conscience du monde comme ce vieux crétin à l'aéroport avant hier qui, lorsque je lui fis remarquer qu'il faisait rouler sa valise sur mon pied, me rétorqua avec une suffisance parfaite : "Votre pied fonctionne très bien". Dans ce beau pays où la malveillance règne qu'est la France, tout cela est monnaie courante pour moi. Plus les gens sont minables, stupides et puants, plus ils pensent pouvoir me traiter avec mépris, se poser en souverains sur ma personne. Et il ne sert à rien que je cherche à les rabrouer : ils resteront toujours convaincus que tout leur est permis à mon égard, depuis cette employée de mon éditeur en 2006 qui s'est autorisée (sans m'en avertir et en me faisant croire au contraire qu'elle l'avait fait) à ne pas envoyer par la poste les 40 exemplaires de l'Atlas alternatif que j'étais allé spécialement mettre sous enveloppe dans son bureau, en rédigeant les adresses pour chacun des contributeurs (ce qui a complètement gâché la dynamique collective autour du livre), jusqu'à mon ancienne secrétaire qui, en novembre, s'engageait à me recontacter pour aider les Yézidis, puis a depuis lors fait la morte, en passant par les abrutis qui se sont répandus en insultes anonymes sur le Net (bon, ça vous allez me dire que c'est normal), mes chefs qui me collent des permanences aux dates qui m'arrangent le moins au mépris des règles qu'ils avaient initialement fixées etc. Et, bien sûr, l'offense à mon égard n'est pas l'apanage des nuls. Pour les deux ouvrages collectifs que j'ai dirigés, j'ai trouvé le moyen de choisir des préfaciers qui jamais n'ont soutenu ces livres bien que leur nom figurât sur la couverture (je me demande qui dans le monde éditorial a débusqué des préfaciers aussi indifférents que les miens), et récemment encore un contributeur d'un de ces  deux livres collectifs, Nils Andersson, omet de le mentionner alors qu'il cite les autres ouvrages auxquels il a participé. Damnatio memoriae, railleries, entourloupes les plus fourbes sont mon lot depuis des décennies, au point qu'à mon âge on finit par ployer sous le souvenir de toutes ces méchancetés gratuites et marques de mépris en tout genre, et à fuir toute compagnie humaine.

Les chrétiens d'autrefois se consolaient de ce genre de malédiction en attendant une récompense dans l'au-delà. Tel n'est pas du tout mon cas. Je suis certain que tout cela est absolument sans remède. C'est pourquoi je répugne désormais à m'engager pour des causes, et à entreprendre quoi que ce soit. Je sais que mon appui n'est d'aucune utilité à personne car il attirera plutôt aux idées ou aux gens que je défendrai un surcroît d'opprobre et de dénigrement. Rester dans la position d'un commentateur désabusé et peu lu est encore la meilleure chose à laquelle je puisse aspirer dans une telle configuration.

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Purimfesten

15 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le quotidien, #Cinéma

Du temps où un type (un médium), à ma table, devina l'année de la mort de mon grand grand père et toutes sortes de détails sur mon enfance "au nom des esprits", c'est-à-dire au printemps 2014, je m'étais livré à des petits jeux de pistes sur ce blog, autour de la "statue de sel" qui avaient conduit certains de mes lecteurs à faire des commentaires spontanés qui avaient eu un impact très étrange sur mes relations avec mon entourage. Peu de temps après, le 30 septembre 2014, j'avais posté un billet sur l'actrice Irène Jacob et la "Double vie de Véronique". Six jours plus tard un fidèle lecteur de ce blog m'avouait qu'il était... le cousin germain d'Irène Jacob...

En ce moment je travaille sur le messianisme juif en lisant entre autres le livre (pas très bon ni très rigoureux, mais instructif pour un Béotien comme moi, car il a des sources intéressantes) d'un certain Youssef Hindi. Et cette semaine... je découvre qu'une jeune dame, cantatrice, qui est donc le double de la Véronique incarnée par Irène Jacob (qui était une histoire de double) s'est abonnée à mon blog (euh, quelle était la probabilité pour qu'une artiste en chant lyrique s'abonne à ce blog bassement politique)... et chante dans un opéra très lié à la thématique de mes lectures. Le nom de famille de la dame est celui d'un saint avec lequel un de mes aïeux espagnols, tertiaire franciscain, avait fait des rituels magiques comme il y en avait hélas trop dans l'Espagne catholique d'autrefois (j'ai découvert cela en septembre dernier)... Et le diminutif de son prénom est celui d'une journaliste qui anime une webTV... sur les médiums...

Et bien sûr, le rationalisme de bon aloi dans la société lettrée me commande de ne voir dans tout cela qu'une série de "coïncidences" amusantes... Mais comme je suis bête et indiscipliné, de mon côté je vais quand même garder mon petit fil conducteur à ce sujet dans un coin de ma tête...

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Mensonges et racisme

19 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Le quotidien

Parutions.com m'a adressé les mémoires de Nils Andersson, je vais en écrire la recension. Nils est un des rares anti-impérialistes dont je garde un bon souvenir. Un homme vraiment honnête qui ne s'est pas laissé emporter par l'hystérie d'Internet et la vanité de se répondre en interviews prétentieuses sur le Net. Il faut dire qu'il avait derrière lui un background un peu plus important que les causeurs des années 2000, ayant dénoncé la torture et aidé le tiersmondisme à une époque où l'on risquait sa peau quand on le faisait. J'ai toujours apprécié son style que je retrouve dans l'élégance des phrases de son livre. Même si, à l'époque de la guerre du Kosovo il avait plus de sympathie pour la cause albanaise que moi, cela ne fut pas une cause de polémique entre nous, pas plus que ses réflexions ultérieures sur une ONU "démocratique" même si elles étaient à des années lumières de ma défense de la souveraineté des Etats (il a d'ailleurs traité ce sujet dans l'Atlas alternatif). Nils Andersson est un homme avec qui l'on peut toujours discuter agréablement, à la différence des groupusculaires staliniens prêts à vous accuser d'être "de l'autre côté de la barricade", vous accuser de traîtrise, d'être un "ennemi de classe" (alors qu'ils ont eux-mêmes leur petite vie bourgeoise avec résidence secondaire) etc au moindre désaccord.

Du temps où Nils Andersson a développé son activisme politique, le conservatisme était étouffant, et le racisme, contre les Arabes et les Noirs, était la norme. Nous ne sommes plus dans le même monde. L'emprise médiatique a fait progresser les mentalités sur divers points (je le vois sur mes parents qui ont l'âge de Nils Andersson), même si elle a par ailleurs plongé nos intelligences dans la barbarie sur bien d'autres points (en nous faisant accepter l'embargo sur l'Irak, les guerres d'ingérence etc). Avez vous vu ce petit journaliste aussi arrogant que stupide qui, sur une chaîne payée par nos impôts, a accusé un député de droite de manquer de respect pour les téléspectateur parce qu'il refusait de se soumettre au flot de ses questions stupides ? Voilà à quel point la médiacratie nous a conduits : aucun respect pour les élus du suffrage universel, pour les représentants du peuple.

Le racisme aujourd'hui a fortement reculé, mais le globalisme idéologique du centre gauche (et du centre-droit par effet de contamination) risque de lui donner un second souffle. Voilà quel flot la montée du populisme de droite va amener sur nos berges. Mais je crains que même la vraie gauche, celle de Mélenchon créditée de 14 % d'intentions de votes à la présidentielle, ne soit pas armée intellectuellement pour faire face aux vrais problèmes. La novlang idéologique paralyse tout de ce côté là.

Pour faire face au racisme, il faut mettre sur la table de façon impartiale tous les éléments factuels, et discuter de tout sans a priori et sans tabou, faire confiance à l'intelligence collective. En ce moment les médias mettent en épingle le cas de telle mairesse d'un bled perdu du Middle West qui a qualifié Mme Obama de "singe à talons hauts". L'idée est de faire croire que l'arrivée au pouvoir de Trump favorise la montée du racisme. La vérité est que ce racisme là existait déjà avant Trump - rappelez vous ce représentant de la Louisiane qui avait dit qu'après la présidence d'Obama il faudrait reprendre le jeu de golf là où le singe a laissé les balles. On nous parle de violences racistes depuis l'élection de Trump, mais on ne nous prouve pas dans quelle proportion elles ont augmenté, on ne nous dit pas que celui-ci les a condamnées, et l'on passe sous silence les violences des partisans de Mme Clinton dont les manifestations ont causé la mort cette semaine du père d'une petite fille de 4 ans, dont l'ambulance a été bloquée à cause des manifestations des démocrates. Comme le disait la juge Jeanine Pirro : "qu'auraient dit les démocrates si nous républicains avions dans la rue brûlé des effigies d'Obama après son élection comme ils le font avec celles de Donald Trump ?"  En favorisant l'hystérie bobo, on risque de provoquer une hystérie de ceux qui se sentent victimes d'un racisme anti-blanc. Il faut présenter objectivement les faits, ne pas avoir peur de répondre aux interrogations des uns et des autres, ne pas craindre la vérité.

Au hasard de mes pérégrinations, je découvre des vérités que de part et d'autres l'on cache. Les souverainistes nous font croire que tous les maux ont débuté avec l'autorisation du regroupement familial par Giscard d'Estaing, alors que celui-ci existant déjà sous de Gaulle et que Giscard avait le projet d'assurer l'expulsion de centaines de milliers de migrants. Disons la vérité là dessus ! La gauche prétend que Daech n'a rien à voir avec le Coran (rappelez vous aussi la chanson idiote sur Al Qaida qui disait "ceux là ont-ils jamais lu le Coran ?"). L'égorgement et la réduction en esclavage des femmes ennemies (comme les femmes yézidies aujourd'hui) figure noir sur blanc dans les sourates. Ayons le courage de la dire ! Cessons de mentir ! Le mensonge est le père du ressentiment et donc de l'hystérie haineuse. Les horreurs de ce monde sont nées de 30 ans de mensonges de la sphère médiatique et de 15 ans de mensonges de faux résistants tout aussi adeptes du star system et des raccourcis intellectuels que les grands "merdias". Sortons de ces spirales ! Retrouvons le goût de la réflexion sereine sans mise en scène !

Cette semaine sur Twitter j'ai été attaqué par un Kurde qui m'accusait d'être potentiellement responsable du prochain massacre de Yazidis quand il aura lieu (rien de moins !). Et cela pourquoi ? Parce que j'ai dit qu'à un chekpoint des Pershmergas kurdes sont prêts à tirer sur des Yazidis qui lorsqu'ils cherchent à ramener leurs biens dans la ville de Sinjar. Mon propos ne repose pourtant pas sur du vent : c'est le témoignage d'une yazidie qui a perdu un sien cousin à ce checkpoint. La vérité blesse. Pourtant je revendique le droit à la fois de saluer la valeur des Peshmergas qui ont libéré la bourgade christiano-yazidie (pour parler vite) de Bachiqua il y a 10 jours et de rappeler le ressentiment des yazidis qui ne peuvent retourner à Sinjar. Même entre ces deux communautés ou sous-ensembles d'une communauté, la vérité est la meilleure arme contre le racisme.

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Hibernatus

15 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Le quotidien, #Grundlegung zur Metaphysik

Tous les gens qui me méprisent ou me détestent (et ils sont nombreux parmi ceux que j'ai croisés depuis 20 ans) peuvent se réjouir. Malgré toutes les grandes écoles que j'ai faites, tous les diplômes obtenus, tous les livres écrits, toutes les révolutions intellectuelles accomplies depuis 5 ans, ma vie n'a pas progressé d'un millimètre. Sur tous les plans, professionnel et autre, j'en suis exactement au même point que lorsque je faisais "mes premiers pas sur Internet" en 1999, pour reprendre l'expression en en-tête de ce blog. Les gens qui s'intéressent à mes écrits se comptent sur les doigts des deux mains, personne ne me propose aucun enseignement, il suffit que j'adhère à un parti politique, même minuscule, pour que tous ses membres (que je connaissais avant d'y adhérer) décident de m'ignorer totalement. Quelque projet que je lance je sais qu'il va tomber dans un vide abyssal. Si je décide d'écrire un livre, même sur un sujet populaire (ce qui en soi m'est difficile car je n'aime que les choses un peu rares comme tel récit de voyage en Mésopotamie eu 17e siècle), je suis sûr de ne pouvoir publier qu'aux éditions du Cygne et n'y avoir que 30 lecteurs (quand on voit comment a échoué le projet censé être fédérateur "Atlas alternatif" il y a 12 ans, "grâce à" la complicité d'esprits malveillants bien placés dans mon entourage propre, on a tout compris). Bref c'est une glaciation complète et sans issue.

Certains esprits religieux parlent de "possession par un esprit de mort". Il paraît que cela s'hérite de génération en génération, que cela ressemble à la malédiction des pharaons dans les tombeaux égyptiens, et que cela se soigne par l'exorcisme. Je ne sais pas si je suis censé croire cela vu que je n'ai pas d'exorciste disponible en ce moment dans mon entourage pour régler le problème sur le plan métaphysique. Je peux juste faire l'inventaire du néant autour de moi, de l'apathie générale qu'il a engendrée dans ma façon de percevoir le présent et l'avenir et dans l'attitude des gens que je rencontre.

Un jour j'ai entendu un prédicateur dire qu'il sentait que tout un pays (en l'occurrence Madagascar) était paralysé à l'état d'embryon. Je suppose que ce genre de constat peut s'appliquer à des tas de contrées, et à des millions de gens. Des gens qui, quoi qu'ils fassent, n'arrivent pas à faire bouger leur position. Beaucoup en concluent qu'il vaut mieux renoncer à tout effort intellectuel, moral ou autre. Aller claquer du fric dans un salon de massage, draguer la première paumée qui passe, se cuiter etc. J'ai eu moi-même ce genre de période de "benign neglect" comme on disait en matière de politique économique jadis. Ce n'est pas si bénin que ça, et ça m'a même mené au bord du gouffre. Ce n'est donc pas la solution.

Quand on est dans l'hibernation, dans les 25 ou 40 ans de paralysie, comme Epiménide le chamane crétois qui dormit 57 ans avant de sauver Athènes de la peste (et encore, quand ça se termine à la manière d'Epiménide c'est plutôt bien), on peut juste se dire que si le choix est entre la glaciation et la catastrophe, la glaciation, à tout prendre, vaut mieux (autrement dit "c'est pas plus mal que si c'était pire"). Hier je lisais un récit abominable sur les souffrances de centaines de femmes yazidies qui vivent dans un camp de réfugiés qui leur est consacré dans le sud de l'Allemagne avec leurs enfants, dans le cauchemar chaque jour et chaque nuit renouvelé du souvenir des sévices endurés l'an dernier sous la férule des tarés de Daech. Un de leurs visiteurs dit qu'on ne dort pas pendant trois nuits quand on a entendu leur témoignage. Je veux bien le croire. Ces personnes ont été au coeur de la pire abomination de notre époque, dans le chaudron de ce que notre époque a fabriqué, depuis deux ans, de pire dans l'ordre de la barbarie (et quand je dis "notre époque", je veux dire aussi la pire partie de nous mêmes car cette barbarie là est sang de notre sang, chair de notre chair à tous). Et le malheur de ce peuple à travers l'histoire, comme celui des Juifs - pire encore, car ce fut un malheur sans livres, sans mémoire, sans témoignage, et sans eschatologie rédemptrice -, comme celui de beaucoup d'autres, a toujours été comme le portrait réaliste, "sur le vif", de ce que la condition humaine sur Terre engendre de pire. Evidemment pour ces gens là, qui ne peuvent plus croire en personne, à qui leurs bras et les mains même sont devenus étrangers, la glaciation serait comme une sorte de luxe hors d'atteinte, comme il le fut pour moi-même quand, en janvier 2014 je me battais aux frontières de la mort.

Cette hibernation je l'ai souvent contemplée au miroir de l'apathie de la société française qui, depuis 25 ans (depuis le début de la "globalisation") vit dans l'immobilité craintive et désabusée elle aussi, dans le même scepticisme un peu aigre, la même compulsion de répétition qu'incarne si bien la figure d'Alain Juppé. Ce n'est pas notre pays qui ferait le grand saut dans le vide d'élire un Donald Trump, et ça n'a d'ailleurs pas que des inconvénients, car cela lui épargne les pleurs hystériques dans les rues et les risques du retour du refoulé raciste et sexiste. J'ai eu souvent le grand tort "d'expliquer" ma paralysie par celle de la société. Grande erreur de la sociologie. Si le vrai couvercle sur la vie des individus était purement social il n'y aurait jamais eu de Jeanne d'Arc, ni de Lénine, ni de Mandela, ni de Chavez, ni de Christophe Colomb (qui lui aussi eut sa vie paralysée pendant 15 ans par le bêtise du système politique espagnol de son époque). Je sais que beaucoup de gens attribuent la paralysie de leur vie à des circonstances extérieures : au milieu où ils ont grandi, à l'état des technologies comme Internet (comme si le temps où les gens traînaient leur vide existentiel dans les bistrots plutôt que sur la toile avait été réellement fécond). Je préfère penser que l'extérieur (de nos vies) est le reflet de l'intérieur et le bas est le reflet du haut. Il faut tout tenir ensemble si l'on veut garder la moindre chance, encore une fois, une dernière fois avant le trépas, dans 10 ans, dans 20 ans, de changer la totalité.

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Gesellschaft

10 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Médecines douces, médecines douces, mêlées de trucs énergétiques bizarres (parce qu'ils sont tous un peu magnétiseurs). Agréables sur le moment. Et puis après... Ben retour des problèmes, parce qu'ils sont structurels. Nuque raide, mal de dos etc. Vous pouvez faire de la réflexologie plantaire, voir des ostéopathes, pratiquer le yoga, vous faire masser. C'est idem.

Alors changer la société ? Euh... alors là, que le changement de société soit possible, je ne pense pas qu'on y croie. On croit déjà à peine qu'on pourra garder le code du travail...

Les Anglais, eux, croient au Brexit selon un récent sondage. Est-ce que détricoter les structures politiques vermoulues nous donnera la force un jour de construire quelque chose de vraiment bien ?

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Nareen Shammo (suite)

12 Mars 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le quotidien, #Aide aux femmes yezidies

Nareen Shammo (suite)

Je vous ai parlé en juin, en août, en novembre du combat courageux de la journaliste kurde yezidi irakienne Nareen Shammo pour sauver les femmes de son peuple esclaves de Daesh et les héberger après leur libération. Vous devez le soutenir car ces femmes à peine libérées des barbares sont rejetées par leurs familles, leur propre peuple (qui lui même a subi le génocide et ne peut pratiquement plus vivre en Irak) et leur survie dépend donc de vous. Aujourd'hui elle me signale que la revue américaine Salt la cite parmi les cent femmes de la Journée de la femme du 8 mars dernier, c'est plus mérité que pour Angela Merkel je crois...

A part cela je me réjouis bien sûr des mobilisations contre le recul social de notre gouvernement, et de la progression de l'idée d'une sortie française de l'Union européenne (quoique je regrette que le débat avance sans idée de rechange pour recréer des coopérations bilatérales ou multilatérales qui empêcheront le retour des tensions entre pays d'Europe en cas d'éclatement de l'UE). Je jette aussi un peu un œil aux citations de mes livres dans la presse (y compris celle des pays étrangers), surtout quand elles sont à contre-emploi, et lis et écris beaucoup dans des domaines que je connaissais peu, sous l'angle d'une résurrection d'une culture de la foi. Mais j'accorde surtout une priorité à ma réforme morale intérieure, depuis mon changement de perspective cognitive et éthique de 2014-2015. Le lien avec la transcendance doit primer sur ses effets dans l'immanence autour de soi, car les seconds résultent du premier, et l'inversion de cet ordre de causalité conduit immanquablement à l'échec et aux destructions.

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Les médias alternatifs, la Syrie, les Kurdes, la Crimée

27 Juillet 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Les médias alternatifs, la Syrie, les Kurdes, la Crimée

Ce blog conserve un nombre assez stable de visiteurs. Du fait que le nouveau dispositif d'Overblog ne fournit plus d'analyse statistique des provenances et a bousillé le lien Google analytics qui me permettait d'en avoir, je n'ai plus aucune idée du profil des gens qui me lisent. Je continue malgré tout à écrire pour eux par fidélité à mon parcours depuis 20 ans, aux livres publiés etc. Je sais bien que Frédéric Delorca n'existe pas dans l'espace du débat public. Il existe encore moins qu'il y a 12 ans du temps où un éditeur était prêt à lui confier la rédaction de l'Atlas alternatif. La diversité de mes centres d'intérêt, l'indépendance de mes prises de position (qui souvent n'hésitent pas à questionner les certitudes des gens qui me sont intellectuellement proches) ont eu raison sans doute de la patience de beaucoup de gens qui aiment à lire les blogs pour y trouver des confirmations de ce qu'ils pensent et de ce qu'ils aiment. Je ne suis cité nulle part, ce qui m'évite d'être mal compris ou critiqué par des gens de mauvaise foi. Et de toute façon, je me console aisément de cet état de fait, en me disant que, même si j'avais ma "petite boutique" avec sa clientèle "fidèle", cela ne servirait pas à grand chose. Supposons que le Monde Diplomatique par exemple ait tenu sa parole de 2012 de publier un de mes articles, à quoi cela m'eût il servi ? J'aurais eu plus de "visibilité" à Paris, on m'aurait peut-être proposé de faire paraître un livre (dans le meilleur des cas), mais j'aurais aussi perdu de ma liberté d'esprit en étant de plus en plus enclin à écrire dans le sens de mon milieu de sociabilité, ce qui aurait borné mes horizons, et je n'aurais pas eu plus de poids pour autant dans le débat public.

Dans Le Monde aujourd'hui, Emmanuel Todd publie un énième article narcissique commençant par "moi le type incomparable qui a le premier annoncé la chute de l'URSS" ou quelque chose dans ce goût là. Voilà à quoi conduit le statut de l'intellectuel "engagé" qui a pignon sur rue. Ca n'a vraiment pas beaucoup de sens.

Quant au grand projet de "médias citoyens" auxquels les gens croyaient il y a 15 ans, et dans lequel j'avais ma place avec mes blogs, tout le monde en est revenu. "Don't hate the medias be the medias" disaient-ils. Oui, mais ceux qui écrivaient cela nous ont gavés de foutaises dans les années 2000-2010 en nous annonçant par exemple tous les jours en 2012 que les kadhafistes reprendraient prochainement le pouvoir en Libye. Ce matin, je lis qu'un colonel du Fatah a été tué au Liban. La source qui a révélé l'information sur place a téléphoné à l'AFP... pas à Michel Collon ! Malgré tous les biais d'approche de nos grands médias menteurs, ceux-ci restent une source incontournable, et les gens qui veulent se faire entendre savent qu'il ne sert à rien de s'adresser à des petites boutiques périphériques.

On continue d'écrire pour se faire plaisir sur de petits blogs à faible lectorat pour se donner l'impression de ne pas être complètement réduit au silence ou au désespoir par le système politico-économique mondial, mais on sait bien (quand je dis "on" je pense à pas mal de journalistes dissidents que je connais, y compris parmi mes amis) que nous avons échoué à inverser les rapports de force dans le champ médiatique, et à faire d'Internet l'arme de cette inversion.

A part cela, le tour d'horizon de l'actualité estivale n'est pas enthousiasmant. Les tentatives de déstabilisation du monde musulman par Daech sont une espèce de spectre qui plane sur les relations internationales, et qui légitiment beaucoup de folies. Par exemple, je lisais il y a peu que les Etats-Unis se vantaient d'avoir infiltré en Syrie par la frontière turque une armé d'islamistes "modérés" équipée par leurs soins pour aller combattre Daech. Ce genre d'initiative n'est pas acceptable. Bien sûr nul ne sait ce que ces mercenaires sont réellement censés faire en Syrie, ni contre qui ils se retourneront. Les opérations militaires contre Daech doivent être menées en collaboration et en concertation avec le gouvernement légal de la Syrie, quoi que l'on pense par ailleurs de ce gouvernement. Il en va de même des frappes d'Erdogan. On voit bien que celui-ci a obtenu un blanc-seing de Washington pour bombarder le PKK kurde en échange de sa participation à l'écrasement de Daech. A la différence de beaucoup d'anti-impérialistes radicaux, je ne veux pas minimiser l'importance de son engagement d'Ankara contre Daech, ni le coût que cela implique pour elle, en termes de représailles terroristes notamment. Mais il est inadmissible que cela se fasse au détriment de la souveraineté syrienne et de la résistance kurde, fort malmenée en l'occurrence alors même qu'elle s'était engagée dans une trêve et que son versant politique s'insérait remarquablement bien dans le nouveau jeu parlementaire turc.

Je vous ai dit il y a peu mon intérêt pour les Kurdes (notamment pour les Yézidi) et je vous en reparlerai prochainement. Mais il ne faut point que cet intérêt se paie de lourdes injustices. Je vois en ce moment le PCF dans les villes de province organiser des manifs de solidarité avec les Kurdes turcs attaqués par Daech. Ce genre de mobilisation est très contestable. Car elle confère aux Kurdes le statut de "victimes à part". On comprend que la Front de Gauche aime la résistance kurde qui est plutôt plus laïque et démocratique que les autres (même si la société kurde, elle, ne l'est pas autant qu'on le croit). Mais on ne peut pas s'émouvoir d'un massacre de Kurdes plus que d'un massacre de Chrétiens ou d'Alaouites. Or je n'ai jamais vu le PCF pondre le moindre communiqué quand des villages de ces communautés en Syrie ont été attaqués par Daech ou Al Qaida au cours des dernières années. Est-ce à dire que les êtres humains de ces groupes n'ont pas droit tout autant que les Kurdes à la paix et à leur intégrité ?

Pour finir un mot sur la Crimée : je trouve très bien qu'un groupe de parlementaires de l'ex-UMP (les Républicains) s'y soient rendus. A mon sens le Front de Gauche aurait dû aussi y envoyer une délégation. Je sais bien que dans genre de visite on vous présente souvent des villages Potemkine, et que le référendum criméen de 2014, survenu sous le contrôle de militaires russes, avec des listes électorales et des moyens de propagande électorale prêtant à caution, s'apparentait plus à un plébiscite qu'à une opération réellement démocratique. Néanmoins on ne peut nier que les Criméens, rattachés injustement à l'Ukraine dans les années 50, se sont toujours majoritairement sentis russes et avaient un intérêt à rejoindre la Fédération de Russie, comme les habitants du Donbass à s'affranchir de la tutelle du gouvernement putschiste pro-occidental russophobe de Kiev. Ce genre d'opération n'est pas plus illégal que les sécessions du Kosovo ou du Sud-Soudan applaudies par nos grands médias, et suit une logique de recomposition de frontières mal dessinées à l'époque soviétique. L'ex-ministre Mme Morano a dit il y a peu que les difficultés de nos éleveurs étaient dues au moins en partie à la rupture des relations commerciales avec la Russie. J'ignore si c'est vrai, mais en tout cas il est urgent de mettre fin à la logique de guerre froide dans laquelle le coup d'Etat ukrainien nous a plongés.

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Macrocosme-microcosme

20 Juin 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Macrocosme-microcosme

C'est bien connu : le microcosme se reflète dans le macrocosme et réciproquement. Ne vous étonnez donc pas si le destin général de l'humanité est dominé par le crime, tandis que votre quotidien est pollué par la mesquinerie et la bêtise. Les deux phénomènes se nourrissent mutuellement. Je l'ai bien constaté cette semaine : des minables me pourrissaient la vie au quotidien, tandis que l'actualité de la planète restait marquée par le cynisme de nos dirigeants, dans la guerre du Yémen par exemple, sur laquelle je reviendrai prochainement. La nullité quotidienne nourrit le crime mondial, et réciproquement. Le crime mondial fournit un cadre existentiel aux gens qui légitime leur petite lâcheté et leur petite malveillance au quotidien, et, en retour, leur médiocrité quotidienne justifie le mépris de l'humain que les grands dirigeants et les grandes mafias infligent aux peuples sur l'ensemble du globe. C'est un cercle.

Exemples des grands crimes ou des tripatouillages peu glorieux mondiaux en ce moment : la condamnation à mort de tous les cadres des Frères musulmans en Egypte, expression d'une haine sanguinaire qui s'abat même jusqu'à la moindre collaboratrice de cabinet comme le note Counterpunch. Egalement la hargne américaine pour discréditer la Fédération internationale de foot du seul fait qu'elle avait accordé aux Russes que le mondial se passe chez eux. Ou encore les roulements de mécaniques américains contre la Chine dans l'affaire des îles Spartleys, les pressions inadmissibles sur la Grèce, le lâche abandon de la Libye (Syrte étant désormais contrôlée par Daesh), les viols d'enfants dans cette magnifique récente création de la "Communauté internationale" qu'est le Sud-Soudan etc.

Petits points de consolation : les belles victoires militaires kurdes contre Daesh, les efforts russes pour contrer un projet de résolution anglais inique sur le 20ème anniversaire de Srebrenica. Des petites choses. Il y a du pain sur la planche pour améliorer notre monde.

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Kultura

14 Avril 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

beesEduardo Galeano et Günter Grass ont cassé leur pipe... Un best seller sur l'histoire secrète du monde nous explique... qu'Hérodote et Plutarque sont des "quasi-contemporains"... Effectivement c'était un secret bien gardé. Jusqu'ici je les croyais séparés par six siècles.

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Journaleux

25 Décembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Des journalistes de la presse officielle française corrompus par le roi du Maroc, Mélenchon qui s'indigne à juste titre de l'accueil fait à Saakachvili au parlement européen, mais qui serait plus crédible pour le faire s'il prenait la peine d'apprendre l'orthographe du nom de cette tête brûlée géorgienne (au fait, face à Zemmour, Méluche a eu raison de défendre l'ouverture culturelle, mais pas l'ouverture des frontières, et surtout pas de soutenir que les Germains ne sont pour rien dans l'effondrement de l'empire romain).

 

Quelques amis corsaires m'encouragent à écrire pour leurs feuilles de choux sur Internet, sur le Proche Orient ou sur l'Ukraine. Je résiste à ces sollicitations, par manque de temps, d'énergie et de conviction. De toute façon la presse alternative sur le Net est morte, j'approuve le papier ici de David Rovics sur ce thème.

 

Books ce mois-ci fait un très bon dossier sur Delphes et ses vapeurs sismiques (son pneuma), tout en intelligence et en nuances, sous la plume de Peter Green, excellent auteur par ailleurs d'un "D'Alexandre le Grand à Actium" dont je vous recommande la lecture.

 

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Une fenêtre

27 Novembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

parisRevu Kady-Diatou il y a peu. Je vous ai parlé d'elle il y a quatre ans. Je suis quand même un peu fidèle aux gens que je rencontre. Toujours aussi drôle, aussi élégante, aguicheuse, pudique, droite. Elle dissimule toujours sous du badinage ses problèmes d'argent, son long combat de Cendrillon grâce auquel, coiffeuse de luxe à Abidjan - elle coiffait la famille du président Bédié et les speakerines de la TV -, elle a pu venir en France, décrocher un CDI d'aide soignante bien que sa mère adoptive l'ait empêchée d'aller à l'école. Boulot, cours du soirs, économies. Combat, encore et toujours. Aujourd'hui elle essaie de faire construire une maison sur le bord de la mer à Abidjan. Parce que, dit-elle, c'était le rêve de son père, construire une maison, mais il est mort quand elle avait 8 ans avant de le réaliser. C'est à elle de le mener à bien. "Petit à petit l'oiseau construit sa maison" dit-elle, en déformant le proverbe français. Grâce à une de ses tantes qui était conseillère du président Houphouet autrefois, elle a pu acheter ce terrain dans une zone non constructible et y faire poser des fondations. Il lui manque 6 000 euros pour réaliser son rêve, mais elle sait qu'elle y parviendra, malgré les intérêts des crédits à rembourser en France et les frais de l'éducation de sa fille.

On ne sait jamais trop qui vous apporte quoi dans la vie. Dans le roman de Murakami dont je vous ai déjà parlé, une adolescente dit au personnage principal qui se bat pour retrouver sa femme quelque chose du genre "je sens que dans ton combat d'une certaine façon tu te bats aussi pour moi". Dans le roman on ne sait pas très bien dans quelle mesure cette phrase est vraie. On peut dire que le personnage principal rend service d'une manière générale à l'humanité en défendant une cause juste - la survie de la femme qu'il aime -, ou que plus précisément il va rendre service aux Japonais en les débarrassant d'un homme politique en pleine ascension, son beau frère, qui séquestre son épouse. Quoi qu'il en soit, on perçoit intuitivement que le bien que les gens font, y compris celui qu'ils font à leur père décédé, se répercute ou se diffuse d'une façon mystérieuse. 

sangriaAlors, dans une conversation avec Kady-Diatou, je perçois peut-être qu'elle se bat un peu pour moi et pour toute l'humanité en essayant de faire construire sa maison. Et pas seulement. J'ai aussi la satisfaction d'une sorte de voyage dans de l'humain qui n'est pas moi. Je passe mon temps à lui faire répéter trois ou quatre fois des bouts de phrases que je ne comprends pas dans sa bouche à cause de son accent. Je me sens sourd à son langage, à sa culture, et pourtant pas trop éloigné de ça malgré tout. Des tas de réflexions qu'elle me sort me surprennent par leur simplicité, leur spontanéité ou leur côté décalé, ou me font rire, et, en même temps, je sais qu'elle les dit pour ne pas dire autre chose, de plus compliqué, ou de franchement triste, qu'il s'agit juste de donner le change, mais on ne donne jamais le change complètement. En le donnant on montre qu'on le donne, et donc on ne le donne pas, on révèle en cachant. Le néon rose et bleu masque mal la grisaille de l'arrière cour, mais l'arrière cour grise est aussi pleinede reflets bleus et roses. C'est le théâtre de la vie. Comme nos conversations de fond de bistrots à Belgrade en 1999 où l'on riait beaucoup et où l'on savait bien tout ce qu'il y avait en réalité derrière les rires. Et l'on grandit comme ça, et l'on s'ancre dans le réel, et l'on s'oblige à garder les fenêtres de son humanité ouvertes, par lesquelles on fait passer de l'air (pour ne pas s'enfermer dans l'écriture, la lecture, l'éducation de la progéniture et la routine familiale comme une partie de moi le voudrait).

Je ne dirais pas que j'ai "accès à l'Afrique" à travers les conversations avec Khady-Diatou, même si ce sont des réalités de ce monde là qui me parviennent à travers elle. Je ne sais pas exactement à quoi j'ai accès au juste, et peu importe. En tout cas je n'accède pas à des clichés. Il y a quelques jours, j'étais à une fête de l'Humanité de province et un jeune groupe français qui joue des morceaux de musique burkinabe et danse sur ces morceaux (ce qui suppose de longs mois d'apprentissage sur place, à Ouagadougou), s'est lancé à la fin du spectacle dans une apologie très kistch et très bobo de l'Afrique sur le thème "ce sont des gens géniaux, et leurs danseurs sont des sportifs de haut niveau" etc. Niveau de profondeur d'un écervelé de 20 ans à qui les parents offrent le privilège d'apprendre le tamtam sur les bords du fleuve Niger plutôt que de préparer Polytechnique dans une obscure chambre parisienne. Moi je ne dirais certainement pas que Kady-Diatou est géniale, que sa façon de concilier divers apports culturels etc est "trop cool", qu'il faut "soutenir son combat", que sais-je encore. Je dis juste qu'elle m'impressionne parfois, m'amuse à l'occasion, m'étonne, et que très vraisemblablement je ne comprends pas le dixième de ce qu'il y aurait à comprendre dans ce que sa personnalité incarne, et dans ce qui se joue dans sa présence (et encore moins à l'arrière plan de tout cela) ; mais que tout ce qui en émane en tout cas sonne juste, et que je souhaite à tous mes lecteurs de croiser des Kady-Diatou dans leurs vies quotidiennes, et de garder les yeux et les oreilles ouverts pour ne pas les rater si l'occasion leur est donnée, un jour, d'en rencontrer sur ler chemin.

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Encore (un peu) là

25 Novembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

DSCN6696Il y a des gens qui se connectent deux fois par jour pour regarder mon blog. Je voudrais leur dire certaines choses, je m'en veux de ne pas pouvoir écrire plus de billets pour eux. Et puis il y a celles et ceux-là, murés dans leur silence que je connais et dont je ne sais pas bien s'ils regardent ce blog ou pas, ceux qui postent "courageusement" sous couvert d'anonymat des commentaires chargés de critiques absurdes, et pour ceux-là je ne veux rien écrire du tout.

 

De toute façon que puis-je écrire qui ne soit déjà dans ce blog ? que je cherche une photo pour la couverture de mon denier livre qui paraîtra en janvier ? que je cherche mon "âme" (oh le vilain grand mot, les gens devraient avoir honte d'oser encore l'employer à la légère !) ? que le cadavre de Delorca bouge encore un peu, au moins pour raconter une dernière fois ses 15 ans de militantisme ?

 

Les nuages recouvrent le ciel d'hiver. Il n'y a plus de lune. Les marionnettes qui s'agitaient dans mes ténèbres de janvier dernier ont disparu. La voie est libre. Mais vide. Un vide qui n'est pas angoissant. Un vide juste un peu fatigué. J'y plante ma tente de fortune.

 

Ah oui, encore un petit détail. Je viens de finir "Chroniques de l'oiseau à ressort" de Murakami. Ca remue bien.

 

 

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Es muss sein

7 Novembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

ste baume-copie-1Une femme que j'ai connue en janvier en Provence m'avait impressionné parce qu'après avoir vécu des manifestations surnaturelles, elle se convertit à un christianisme ardent. Je n'approuve pas spécialement le catholicisme, mais je trouvais que cela témoignait d'un beau sens de l'engagement. Je me disais que moi-même je serais sans doute capable de suivre un chemin semblable au sien ou en tout cas comparable, sur une autre voie d'engagement, politique par exemple, en des circonstances semblables. Mais plus le temps passe, plus j'en doute. Je me rends compte en effet que les événements un peu étranges qui m'arrivent ces derniers temps ne me situent sur aucun chemin d'engagement particulier (à part les engagements politiques que j'ai déjà épousés à l'âge de 28 ans, et dont ce blog porte des témoignages abondants). Ils me plongent juste dans une sorte d'étonnement indécis vaguement teinté de curiosité. C'est peut-être ce qui me rend sympathique le héros du roman de Murakami que j'évoquais il y a peu. Cette profonde *** (je cherche en vain un mot de la langue française qui pourrait vouloir dire "absence d'envie de s'engager" et qui serait construit sur le même modèle que "ataraxie" ou "apathie") me surprend. Je me révèle différent de ce que je croyais.

 

adnJe suis tombé ce matin sur un article qui parle d'un roman sur un chauffeur de taxi tibétain devenu le toyboy d'une PDG chinoise. Je l'ai envoyé à une correspondante admiratrice d'Alexandra David-Néel et russophile avec qui j'échangeais sur l'Ukraine cet été, en lui disant : "Ce n'est plus le même Tibet que dans les années 1920". Elle m'a informé, en réponse, de diatribes de Libération contre un journaliste avec lequel j'avais été en Transnistrie en 2007, et qui ressemble un peu aux attaques de ce journal contre Sapir. Je n'étais pas au courant de cette polémique parce que, pour ma santé mentale, j'évite de trop lire les grands médias parisiens. J'ai tout de suite adressé un mot de soutien au journaliste, et cela m'a fait repenser au vent de guerre froide qui souffle sur notre continent et sur l'Amérique (comme me le faisait remarquer un camarade il y a peu : "Dans le dernier film d'action (raté) avec Denzel Washington, Equalizer, les méchants sont des mafieux russes froids et impitoyables. Et comment s'appelle leur chef sanguinaire ?... Vladimir Pushkin. Eh oui, il fallait oser").

 

ukraine

Tout cela m'a rappelé que, si je parviens à caser le livre collectif que j'ai fait avec trois journalistes sur l'Ukraine chez un éditeur, je vais me retrouver encore en position de passer pour le stalino-poutino-facho-taré de service aux pieds fourchus aux yeux de nos médias manichéens, comme ce fut le cas pendant la guerre du Kosovo. Jeté dans le même sac que les petits pieds-nickelés américains qui viennent de publier un livre nul sur l'Ukraine chez Delga dont je dois rédiger la Lobarecension pour Parutions.com... j'en suis fatigué d'avance... Mais comme disaient les gardes civils républicains pendant la guerre contre le fascisme en 1936 : "Cumple con tu deber"... remplis ton devoir... On n'a pas le choix...

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En vrac

1 Novembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

sncf.jpgEn ce jour de "tous les saints", la liste des sujets que je voudrais aborder, mais que je ne peux pas traiter : le beau renversement de Blaise Compaoré au Burkina (enfin une petite revanche de Sankara !), la recette de la fabrication des missiles livrée par l'Iran et le gouvernement syrien au Hamas palestinien (peut-être un sujet pour le blog de l'Atlas alternatif), ma mention (sous un autre nom) dans le Nouvel Obs "nouvelle formule", le fait que Google fasse encore ressortir dans ses listings la reprise de mes textes par des fachos, le fait qu'une dizaine d'universités françaises et américaines ont désormais mon livre "L'ingérence de l'OTAN en Serbie" dans leurs bibliothèques, le livre "Cochinchine" de Léon Werth (promis j'en fais un billet ce mois-ci), l'oeuvre de Murray Bookchin,un bouquin sur l'Ukraine paru aux éditions Delga dont je dois faire un commentaire (au passage, jetez un oeil au papier de La Riposte sur les coopératives qui fleurissent dans le Donbass). Et puis au fait, pour vous rappeler les mauvaises manières de nos journaux,  n'oubliez pas le papier de Sapir, contre une certaine Lorraine Millot (qu'heureusement l'Histoire oubliera).

 

Bon voilà, je suis un peu expéditif aujourd'hui, mais qu'on me démontre que les blogs ont une importance réelle, et je leur accorderai plus de temps...

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La difficulté des projets collectifs dans nos milieux

16 Octobre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

C'est un problème que j'ai bien connu quand je dirigeais l'Atlas alternatif : quand on est investi dans des projets collectifs contestataires, il faut toujours composer avec des egos un peu fragiles de gens qui ont besoin de se mettre en valeur, de se rassurer en en faisant un peu trop dans l'ostentation etc. Et puis il y a l'éternel problème des gens qui lorgnent vers l'extrême droite ou qui relativisent le clivage-gauche droite, dans le choix même de leur vocabulaire et peuvent faire glisser vos textes vers le rouge-brunisme. On marche sur un fil, et dans ce contexte difficile le moindre petit malaise relationnel peut anéantir la confiance.

 

beesJe retrouve un peu ces problèmes dans le projet de livre sur l'Ukraine que j'avais lancé en août, et, pour cette raison, je vais probablement y mettre un terme cette semaine, car je suis devenu moins persévérant dans la gestion des relations à quarante-quatre ans qu'à trente-quatre, d'autant que j'ai beaucoup d'autres activités sur d'autres terrains. A la différence d'il y a dix ans, les constats d'échec dans les projets collectifs ne m'inspirent pas de rancoeurs. J'y suis presque habitué, pourrait-on dire. Ils me paraissent dans l'ordre des choses, compte tenu des conditions de vie complexes de la petite intelligentsia contestataire.

 

Samedi, un ami journaliste me parlait d'un sien ami et collègue qui l'avait trahi en dévoilant une de ses sources, ruinant ainsi un beau projet de journal alternatif (un de plus). Une question d'ego là aussi, à l'heure où tant de journalistes "alternatifs" se rêvent en nouveaux "Edwy Plenel" (si si, ne riez pas).

 

Je m'étonne juste d'avoir cédé à la tentation cet été de me lancer à nouveau dans un livre collectif alors que je m'étais promis de ne plus le faire. Heureusement je l'avais fait avec beaucoup de mesure et de détachement, juste dans l'esprit d' "aider un peu" (j'ai toujours aimé aider) mais sans trop d'illusion.

 

Ce petit égarement me rappelle qu'il y a un certain nombre de deuils que j'ai amorcés au début de cette année et que je n'ai peut-être pas suffisamment mené à leur terme. Je suis dans un processus de "recentrage" tous azimuts de mon regard... Beaucoup de scories des années précédentes sont à éliminer. Ma disponibilité mal pondérée pour des coups d'essais collectifs fragiles, avec des gens que je connais peu, fait partie, je crois, de ces petits résidus du passé à faire disparaître.

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