Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #lectures tag

Culte du corps 1970-2020 : simple passage du + au -

13 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Les rapports hommes-femmes, #Lectures, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Débats chez les "résistants"

Jean Baudrillard, dans La Société de consommation (1970) me paraît décrire un processus très actuel de nos jours quand il écrit (p. 217 de la version de poche) que la soi-disant émancipation "des femmes, des jeunes, du corps en tant que catégories immédiatement indexées sur une pratique fonctionnelle, se double d'une transcendance mythique, ou plutôt se dédouble en transcendance mythique, en une transcendance mythique" qui, dans le cas des femmes, conduit à "circonscrire dans l'idée de la femme et de son corps tout le péril social de la libération sexuelle, à circonscrire dans l'idée de libération sexuelle". Evidemment on a le même processus 50 ans plus tard à un autre stade avec le "female empowerment", le transgenre etc qui ne sont que des catégories mythiques de "marketisation" d'une révolte artificiellement suscitée (c'est là le travail d'ingénierie sociale justement).

De façon intéressante dans son argumentation, Baudrillard passe ensuite directement au thème du "culte médical, la 'forme' " (ce qui fait penser à l'obsession hygiéniste actuelle, la dictature sanitaire), en disant que "de la relation au corps, qui est moins celle au corps propre qu'au corps fonctionnel et 'personnalisé' se déduit la relation à la santé". Autrement dit il y a une continuité entre ce " 'supplément de corps et de sexualité' dont bénéficie l'individu moyen" cristallisé dans des formes consuméristes et la relation à la santé devenue un élément de prestige pour l'individu, qui ensuite fait entrer le corps dans l' "une demande virtuellement illimitée de services médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques".

On aurait envie d'ajouter : ça c'était sur le versant "positif" du procès de consommation, dans les années 60-70 quand le corps était investi d'un potentiel d'expansion censé remplacer l'expansion de l'âme à laquelle on aspirait jadis à l'époque de Sainte Thérèse d'Avila. Puis, lorsque, sous l'effet du catastrophisme de la nouvelle bien-pensance des années 1990-2000, la libération sexuelle n'est plus conçue comme promesse de bonheur mais vecteur d'oppression d'autrui et de maladie, et le corps n'est plus pris dans une compétition pour la séduction (encore qu'il reste quelques bribes de ça, mais dans une séduction autocentrée, purement narcissique, dans la salle de sport devant son miroir), le "supplément de corps" dans l'ordre social, sous les cieux apocalyptiques devient simplement obsession de la survie du corps, dernier fétiche d'une société qui implose, et qui s'illustre par ces cas pathétiques de gens qui nagent seuls au milieu de la mer avec un masque chirurgical, adhèrent à n'importe quel mensonge médiatique sensationnaliste et sont prêts à exiger l'emprisonnement physique (voire l'exécution) de ceux qui refusent la vaccination. On n'a fait que "tourner le bouton", inverser les polarités, basculer du signe plus au moins, dans un processus de catégorisation et de création de mythe (d'enfermement des gens dans des mythes idolâtres), qui, au fond, reste toujours le même à 50 ans de distance.

C'est pourquoi, par exemple, la chanteuse Ingrid Courrèges qui, semble-t-il, fait un tabac dans les manifestations et sur YouTube en reprenant des airs des années 1980 au service du combat contre la dictature sanitaire, ne fait qu'entretenir les masses résistantes dans une nostalgie du versant soi-disant positif de l'ancien culte de la liberté corporelle, sans voir qu'il s'agit là simplement du revers de la même pièce que le fascisme sanitaire actuel. Cela pourrait bien vouer le mouvement à l'échec (un peu comme, de toute façon, le mouvement des Gilets jaunes ne pouvait aller nulle part tant qu'il restait lié à la "France de Johnny Hallyday" qui est, dans ses symboles, ses pratiques, et les forces spirituelles qui la travaillent, la même que celle de Macron et la même que le monde de George Soros et Bill Gates). Du reste, il n'y aura pas, cette fois-ci, besoin de LBD pour vider les rues. Un simple reconfinement automnal à coup de fake news comme celles qu'on nous livre en ce moment sur la Martinique-Guadeloupe (on leur a envoyé des CRS à la place des bouteilles d'oxygène) devrait suffire...

Lire la suite

Expériences sociales incommunicables

12 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Cinéma, #La gauche, #Lectures

Vous savez que j'ai eu des échanges jadis avec le sociologue Pierre Bourdieu. J'ai revu encore l'an dernier un de ses amis d'enfance qui me reparlait de lui. Tout à l'heure je m'amusais à relire un morceau de son "Esquisse pour une auto-analyse" où ça parle du Béarn, de l'Algérie, de Paris. Dans le premier paragraphe je lis cette phrase "en raison de l'amplitude de mon parcours dans l'espace social et de l'incompatibilité pratique des mondes sociaux qu'il relie sans les réconcilier, je ne puis pas gager - étant loin d'être sûr d'y parvenir moi-même avec les instruments de la sociologie - que le lecteur saura porter sur les expériences que je serai amené à évoquer le regard qui convient, selon moi".

Le propos est fort : il parle de mondes sociaux "incompatibles". Entre le village béarnais et le collège de France, il n'y a pas de compatibilité. Du temps où je faisais les allers-retours entre Sciences Po Paris et la maison de mes parents ouvriers en Béarn, je ressentais les choses comme lui.

Tout à l'heure quand j'entendais dans cette vidéo un amateur d'armes à feu régler ses comptes avec Mediapart qui l'attaquait, j'avais aussi le même sentiment : des mondes incompatibles, qui ne peuvent pas communiquer, même dans la polémique. Chacun a ses mots clés, ses mots valises, pour tenter d'exprimer quelque chose. Mais au fond il n'y a rien à communiquer. Tout est faux.

Quand Ruffin parle du peuple, quand Soral en parle, quand Zemmour en parle, cela sonne faux. Tout comme cela sonnerait faux si j'en parlais moi qui suis maintenant un bourgeois. Mes cousins chasseurs n'auraient rien à dire à une youtubeuse pseudo-intello façon Tatiana Ventôse, et celle-ci peut toujours faire semblant de s'intéresser au petit peuple, à ceux d'en bas, elle ne le fait que dans un combat contre les petits bourgeois de sa trempe, en usurpant la prétention de parler en son nom. Ils feraient mieux de dire, comme Pasolini dans cette interview en français de 1966 : "Je hais la petite bourgeoisie et je me hais comme petit bourgeois" et se mettre à filmer plutôt que de parler. Le petit bourgeois trahit les classes populaires dès qu'il veut parler à leur place. Et pour cette raison Bourdieu les a trahies aussi en finissant par défendre la political correctness de plus bas étage, que maintenant Soros finance à coup de milliards.

Mais voilà, dans les années 60-70 au moins, on devait faire semblant de s'intéresser aux classes populaires. On ne se sentait pas autorisé à les gaver de malbouffe, de vaccins, et de musique de merde en le traitant de "sans-dents" et en lui tirant dessus au LBD s'il venait occuper les places des centres-villes. On ne se sentait pas encore en mesure de lui dire ouvertement qu'il polluait trop la planète et qu'il était temps de le stériliser. On avait la petite touche paternaliste, toujours humiliante, toujours détestable, mais qui au moins permet encore de laisser entrevoir quelque chose de l'indécente vérité de ce monde. Tenez, prenez les conférences d'Henri Guillemin, ce fils de petit fonctionnaire comme Bourdieu devenu chrétien social. Installé à titre posthume sur You Tube devant son joli mobilier d'intellectuel, il se sent obligé de rappeler, en 1970, que la canaille girondine de 1792 n'était qu'une bande de vautours assoiffés d'argent tandis que l'on doit reconnaître à Robespierre (comme aux frères Gracques à l'époque romaine) le mérite d'avoir au moins un peu quand même essayé de porter atteinte au dogme de la "propriété sacrée", pour limiter les injustices. Mes profs de Sciences Po quand ils parlaient de la Révolution n'avaient pas cette délicatesse. Dans les années 60, on ne pouvait pas penser l'humanité et la morale sans songer aux classes humiliées. Il en allait de même dans les années 1840. Je repense au père Lacordaire quand il soulignait la phrase de Jésus selon laquelle la preuve que le Messie était là c'est que "les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres." (Matt 11:5). " Etre auprès des pauvres compte plus que de faire des miracles", estimait-il, et il ajoutait : "un jour peut-être l’Antéchrist ressuscitera des morts ; mais ce qu’à coup sûr il ne fera pas, c’est que les pauvres soient évangélisés". C'était du paternalisme chrétien, mais un paternalisme qui, au moment des barricades de 1830 et 1848, ne pouvait pas faire l'économie de la question sociale comme on la fait cyniquement aujourd'hui.

Aujourd'hui il n'est plus question de s'intéresser aux classes opprimées. Ni aux affamés qui se cachent pour se rendre à la banque alimentaire, ni à ceux qui sortent leurs fusils pour essayer de défendre ce qu'il reste de la "douce France cher pays de leur enfance" ou de leur "doux villages". Tout le monde est devenu du bétail, étiqueté, de la marchandise pour l'élevage des "grands initiés", de l' "élite mondiale"...

Je repense encore à Bourdieu quand il écrivait dans Science de la science et Réflexivité que la sociologie anglo-saxonne avait toujours été une forme d'ingénierie sociale. En lisant cela à l'époque (il y a 20 ans), je en pensais pas que cette ingénierie, cet art de gérer le troupeau et de le faire taire (et même d'en éliminer les mauvais éléments) deviendrait un pratique aussi ouvertement assumée par les classes dirigeantes.

J'ai fini pour ma part par estimer comme Wittgenstein que ce qu'on ne pouvait dire il fallait le taire. Et que, puisque cette disparité entre les divers types de classes dominées et la petite, moyenne et grande bourgeoisie était si marquée, et si ineffable, il était vain d'écrire pour en témoigner (et encore plus vain de tenter d'expliquer comment ses diverses strates peuvent s'agencer dans un individu statistiquement improbable qui a connu une ascension sociale elles peuvent s'agencer). Ne parlons pas de ça puisqu'il n'y a pas de mots pour le dire, puisque les mots sont nécessairement pédants, petits bourgeois. L'honnêteté est de se taire sur ce sujet, de parler d'autre chose... Je n'en dis donc rien dans ce blog. Mais je rappelle tout de même ceci : ceux qui prétendent en parler, dans leurs écrits, à la TV, en parlent nécessairement d'une manière fausse. Ce sont des imposteurs.

Lire la suite

Big Pharma, la puce, les enlèvements d'enfants, les dangers d'une radicalité excessive

25 Avril 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Grundlegung zur Metaphysik, #Vatican, #Bill Gates, #Les régimes populistes, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Lectures

Après les désabonnements massifs et la chute du taux de fréquentation de ce blog, je me trouve en un sens plus libre maintenant pour écrire ce que je veux... Du coup, je laisse un peu tomber les recherches compliquées autour des signes produits par les disciples de l'oeil d'Horus. Les lecteurs de ce blog ont déjà ici des centaines de pages produites à ce sujet. Vous avez beaucoup d'éléments sur cette matrice culturelle nocive néfaste qu'on nous impose plus ou moins "sublibinalement" depuis un demi-siècle, beaucoup plus que vous n'en pouvez retenir. Je vous laisse continuer à parcourir la rubrique "Grundlegung Zur Metaphysik" pour vous en persuader. Inutile d'écrire encore un billet là dessus.

A ce sujet un lecteur m'a contacté cette semaine pour me signaler un nouveau système d'interprétation des signes qu'expriment les productions cinématographiques. Je suis toujours ouvert aux découvertes des uns et des autres sur ce genre de sujet, et j'essaie de les aider à les faire connaître lorsque je le puis, mais mes moyens pour ce faire sont des plus limités.

Pour l'heure disais-je, je laisse un peu tomber les vidéos d'EnterTheStars et de quelques autres, et demeure dans une prudente expectative. On voit bien que le Big Pharma et ses inspirateurs satanistes poursuit ses expérimentations à travers le monde avec leur invention covidesque. On en est au stade où les "variants" ont des effets de plus en plus funestes (voyez par exemple la vidéo éloquente de la brujita Tatiana Ventose sur les effets du "covid long") et j'observe que dans les trains les gens deviennent tous de plus en plus scrupuleux avec le port du masque, et de plus en plus prompt à attaquer leur prochain s'il le laisse sous le nez : "remettez votre masque s'il vous plait". La voix totalitaire qui nous ressort sa liste de 10 000 consignes à bord des wagons "étiquetez vos bagages, ne laissez pas traîner d'affaire" etc pourrait aussi bien remplacer le slogan "en train tous responsables" par "en train tous fascistes". Les autorités admettent que le vaccin ne protège pas complètement  des variants, et cependant les trois quarts des gens aux Etats-Unis comme en France vont accepter ce vaccin faute de mieux, et sans doute accepteront de le subir tous les ans, comme Soros l'avait prédit dès 2020.

On voit bien que cela expérimente à tout va. Dans tel pays on reconfine, dans tel autre on déconfine. Aux Etats-Unis des sociétés offrent des donuts gratuit pendant un an, des pintes de bière, le gouvernement offre un crédit d'impot à ceux qui acceptent leur vaccin. Ils savent qu'ainsi quand ils auront atteint les 90 % d'acceptation ils pourront imposer le passeport sanitaire, puis la puce - avez vous vu qu'un laboratoire de recherche militaire américain, a développé une puce qui peut tester en continu le sang des gens pour le nouveau coronavirus, l'invention est en phase de test et pourrait être administrée aux marins de l'US Navy... avant que ce ne soit le tour des civils...

Tout cela avec le soutien du pape toujours positionné pour devenir le grand sorcier de la future religion unifiée antéchristique. Voyez la dernière sortie de l'archevêque Mgr Vigano là dessus : "Du 6 au 8 mai 2021, aura lieu la cinquième Conférence internationale du Vatican, intitulée Explorer l'esprit, le corps et l'âme. Unissez-vous pour prévenir et unissez-vous pour guérir. Une initiative mondiale de soins de santé: comment l'innovation et les nouveaux systèmes de prestation améliorent la santé humaine . L'événement est organisé par le Conseil Pontifical pour la Culture, la Fondation Cura, la Fondation Science et Foi et Stem for Life." Vigano vous présente les futurs participants de cette réunion : "Chelsea Clinton, adepte de l'Église de Satan et fervente défenseur de l'avortement; le gourou du Nouvel Âge Deepak Chopra; Dame Jane Goodall, environnementaliste et experte en chimpanzés; les PDG de Pfizer et Moderna; des représentants de Big Tech; et toute une série d'avorteurs, de malthusiens et de mondialistes connus du grand public. La conférence a recruté cinq journalistes éminents comme modérateurs, qui proviennent exclusivement de médias de gauche tels que CNN, MSNBC, CBS et Forbes." "Cette conférence, ajoute Vigano, - avec le Conseil pour le capitalisme inclusif de Lynn Forester de Rothschild, le Pacte mondial sur l'éducation et le Panthéon interreligieux qui se tiendra en juin à Astana, au Kazakhstan - est la énième confirmation scandaleuse d'un départ inquiétant de l'actuel Hiérarchie, et en particulier ses plus hauts membres romains, issus de l'orthodoxie catholique. Le Saint-Siège a délibérément renoncé à la mission surnaturelle de l'Église, se faisant le serviteur du Nouvel Ordre Mondial et du globalisme maçonnique dans un contre-magistère antéchristique. "

Evidemment, le sinistre Dr Fauci sera de la fête. A son sujet du reste la féministe Naomi Wolf ancienne conseillère de Clinton nous apprend qu'il a reçu 1 million de dollars d'Israel au titre du Dan David Prize en février 2021, ce qui en fait le bureaucrate le plus subventionné par Tel-Aviv. Or, ce petit pays proche-oriental est à la pointe de la vaccination, du passeport sanitaire, de la vidéosurveilllance, de l'intelligence et des viandes synthétiques, bref de out l'agenda luciférien mondialiste... donc vous savez de quoi l'amitié "israélo-faucienne" est le nom, comme dirait le vieux philosophe maoïste (qui n'a rien d'intéressant à dire sur le Covid, pas plus que les autres auteurs de gauche, lisez le site Le Grand Soir pour vous en convaincre)

Je conseille toujours à mes lecteurs de rester prudents. Vos gouvernants continuent de jouer au yo-yo avec vos passions. On va ouvrir les restaurants "au compte goutte" en mai, puis on refermera au premier variant. Le but est de casser votre psychologie. Gardez du recul, faites confiance à la providence... Et, pour le reste... aérez vous l'esprit autant que vous le pouvez, dans votre jardin, dans les livres, avec des amis...

Ne cédez pas trop aux sirènes extrémistes qui ne vous mènent pas très loin. Je pense à ces dames qui maintenant font des grèves de la faim pour récupérer leurs enfants, qui ont nourri les débats ces derniers temps. Il y a probablement des réseaux francs-maçons à l'oeuvre dans l'aide sociale à l'enfance (ASE), dans la justice etc, et qu'à la marge cela puisse nourrir des cercles satanistes (tout est possible de ce côté là). Est-ce à dire que toutes ces institutions sont gangrénées ? je ne le crois pas. Il est possible que l'ASE joue contre la famille, comme le fait l'école, en détournant les enfants de leurs mères, alors que dans les années 1980 les protocoles versaient dans l'excès inverse : maintenir à tout prix le lien maternel, alors que ces mères sont souvent émotionnellement instables, ce qui peut avoir un effet destructeur. Il y eut de l'excès dans un sens dans les années 1980, peut-être un excès dans l'autre aujourd'hui, mais je ne crois pas bon d'encourager les enlèvements comme dans l'affaire Lola Montemaggi. Et quand je vois que, sur ce coup là, l'opération qui a conduit l'intéressée à se faire arrêter avec sa fille en Suisse est revendiquée par l'homme qui l'an dernier a appelé au coup d'Etat, je me dis que tout cela sent le roussi, et j'encourage tout un chacun à garder ses distances à l'égard de ces mobilisations intempestives.

D'une manière générale méfiez-vous de l'excès de radicalité qui veut vous conduire à vivre dans les bois, vous désocialiser, et devenir la proie facile des sectes et des hôpitaux psychiatriques. Sachez garder la bonne mesure dans la dissidence. Conseil d'ami.

Restez aussi, cela va sans dire, à l'écart de l'hystérie anti-russo-chinoise que Biden-Soros et leur clique continuent d'entretenir (avec le stagiaire locataire de l'Elysée dans le rôle de leur employé modèle, au micro de CBS News).

Essayant toujours de tirer le plus honnêtement possible les conséquences de ce qui m'a été révélé par des voies surnaturelles, tout en faisant fonctionner avec humilité ma raison en essayant de ne pas trop m'égarer (cet équilibre entre miracles et obscur travail insipide, modeste et laborieux semble être au fondement du christianisme), je voyage en ce moment dans les années 1830, au coeur des débats français sur le christianisme libéral (qui n'avait rien à voir avec la social-démocratie du XXe siècle, et était défendu par de jeunes esprits brillants et ardents). Une page très importante de l'histoire spirituelle de notre pays, que je vous encourage aussi à parcourir sur Gallica si vous vous ennuyez.

Ne soyez pas égoïstes - faites circuler l'information : si un billet de ce blog vous intéresse, partagez le par mail ou sur les réseaux sociaux.

Lire la suite

"Les droits de l'homme contre le peuple" de Jean-Louis Harouel

29 Décembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures, #Philosophie et philosophes, #Christianisme, #George Soros, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

Je lisais hier "Les droits de l'homme contre le peuple", de Jean-Louis Harouel, professeur émérite de Panthéon Assas (un livre court et profond, publié en 2016, dont je vous conseille la lecture pendant la fêtes car il se lit très vite et très bien). Je suis loin d'être d'accord avec tout ce qui est dit. Notamment je pense que le livre surestime le "péril musulman" (même si, c'est vrai, il ne faut pas sousestimer la gravité de menaces que font peser sur notre civilisation des projets comme ceux des Frères Musulmans, trop creuser le fossé entre immigrés musulmans et autochtones chrétiens est une erreur dangereuse). Mais il nourrit une réflexion très intéressante sur les dangers de l'idéologie des droits de l'homme comme nouvelle forme de stalinisme. Il montre sur le plan philosophique que cette idéologie, comme toutes les doctrines de gauche (y compris le marxisme), s'enracine à la fois dans la Gnose (cette hérésie chrétienne qui divinise l'humanité) et dans le millénarisme (une philosophie de l'histoire qui veut préparer ici bas, notamment par la lutte contre les inégalités, le règne terrestre de mille ans du Christ), deux courants synthétisés par les prophéties de Joachim de Flore. C'est donc largement là du christianisme dévoyé qui ne retient du message messianique que l'amour et pas la justice, et qui, en ouvrant la possibilité d'un paradis terrestre dans l'avenir légitime l'amoralité, puisqu'on peut étouffer son prochain aujourd'hui au nom de ce futur Bien rédempteur qu'on se prépare à faire advenir.

Sur le plan juridique, ajoute Harouel, le droit-de-l'hommisme a connu un glissement en se transformant d'une idéologie de résistance à l'oppression étatique (ce qu'était déjà le christianisme sous l'Ancien régime), en une doctrine de lutte contre les discriminations. En empruntant cette voie, estime l'auteur, les droits de l'homme introduisent l'amour dans le droit, puisqu'il faut accorder toutes sortes de privilèges au ressortissant de la minorité au nom de l'amour qu'on lui doit (là où le christianisme, fidèle en cela au judaïsme de l'Ancien Testament situait seulement l'amour au niveau de la morale individuelle, tout en légitimant le système punitif légal nécessaire à la sauvegarde de la société). Cet amour obligatoire se nourrit en réalité d'une haine de soi-même, affirme Harouel, et, pour cette raison, porte en germe un suicide collectif de l'Occident. Et cette introduction de l'amour dans le droit, qui s'apparente à l'augustinisme de l'époque carolingienne (la volonté de l'Etat d'assumer une fonction spirituelle de rédemption des âmes, ce qui fait des ministres et des hauts fonctionnaires des prêtres) s'illustrerait notamment dans l'arrêt GISTI du Conseil d'Etat du 8 décembre 1978 imposant le regroupement familial des immigrés en France et non à l'étranger.

Un tel amour obligatoire du migrant va avec une indifférenciation totale de tous les êtres humains pris comme une abstraction (sans identité culturelle, sans genre etc), l'identité culturelle n'étant acceptée et valorisée que lorsqu'elle émane du minoritaire, lorsque celui-ci l'invoque à l'appui d'une revendication juridique qui lui permettra d'arracher quelques prébendes.

La thèse du professeur Harouel comporte beaucoup de biais inhérents à la pensée conservatrice qu'on est habitué de trouver dans beaucoup de pays riches. Je l'ai dit plus haut, elle force un peu le trait sur le péril musulman. Et elle exagère le thème de la "vertueuse civilisation européenne sommée de se suicider", en omettant que cette civilisation continue à commettre des crimes épouvantables (les politiques de changements de régimes au Proche Orient, la course insensée aux armements y compris dans l'espace, l'encerclement militaire de l'Eurasie, l'exploitation odieuse des matières premières dans les pays du Sud, le soutien à des régimes qui empêchent toute émancipation des peuples), crimes dont on ne peut rendre coupables les seuls banquiers de Wall Street (aujourd'hui ce sont les bons électeurs conservateurs partisans de Donald Trump qui ne lèvent pas le petit doigt pour permettre au peuple vénézuélien de respirer). De même la thèse est outrancière quand elle ne voit plus dans les droits de l'homme qu'une machine à détruire la culture européenne au profit des minorités comme si elle n'avait pas aussi conservé sa vocation à préserver (dans l'héritage du christianisme) l'individu face au pouvoir de l'arbitraire.

Cependant le livre de JL Hérouel a le mérite de montrer ce qu'une certaine élite cosmopolite (mondialiste), avec des gens  - qu'il se garde bien de nommer car sa visée est plus philosophique que sociologique, mais c'est bien d'eux qu'il s'agit - comme Rockefeller, Rothschild et Soros, mais aussi les 30 % d'idiots utiles (bobos urbains) qui les soutiennent, veulent effectivement faire avec l'idéologie des droits de l'homme (et ils y parviennent largement au terme d'un patient travail de confiscation des médias, et des pouvoirs publics, notamment des instances judiciaires comme la cour européenne des droits de l'homme). C'est effectivement une entreprise de liquidation à grande échelle, profondément mortifère, et cynique, à laquelle se livre ce système au nom d'un idéal d'amour totalement dévoyé (on a déjà évoqué d'ailleurs toutes ces chansons, tous ces films, marqués par la sorcellerie et l'oeil d'Horus qui nous servent l'amour à toutes les sauces et nous imposent maintenant le confinement, le masque, la vaccination, le traçage, le transhumanisme, la haine de soi puissance dix et le "together at home/together as one" le plus totalitaire et destructeur qui soit au nom de cet "amour" antéchristique). Grâce à ce livre on comprend bien les origines spirituelles de la terrible gangrène universelle que nous subissons aujourd'hui.

On comprend aussi, au passage, un point auquel je songe depuis des années : que le christianisme ne peut pas être une doctrine politique, sauf une doctrine de résistance à l'oppression gouvernementale (la résistance à César). Les politiciens qui veulent vous vendre un programme inspiré par Jésus sont donc à fuir. De l'Etat (nécessairement voué à un contrôle partiel par Satan), on peut seulement attendre que, tout en assumant vaille que vaille son devoir de protection et de redistribution à l'égard de tous, il édicte des lois modérées sous le contrôle d'un peuple qui, par la prière et par l'intervention divine, se donne les moyens de le contraindre à se limiter dans son pouvoir de nuisance.

Lire la suite

La souffrance

5 Novembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Lectures, #Philosophie et philosophes

On dit que Malaparte ment beaucoup dans ses écrits, comme Chateaubriand. Je ne sais. Son style parfois me donne un peu le tournis. Il ne m'apaise pas comme le faisaient jadis Stendhal ou Montaigne. Il a en tout cas un mérite étonnant : son art de parler de la souffrance humaine. J'évoquais il y a sept ans (sept ans déjà !) son récit (dans Kaputt) sur le bordel de Soroca en Moldavie, où les Allemands pendant la guerre réduisaient à la prostitution des filles de bonne famille juives avant de leur tirer une balle dans la tête. Un récit incroyablement juste et poignant, tout en sobriété. Récit extraordinaire sur la condition féminine (il se présente comme tel puisqu'il s'ouvre sur les plaintes de Victoria Louise de Hohenzorllern sur la situation des femmes).

Moins terrible, et pourtant tout aussi juste dans le style de la souffrance languissante, absurde, presque "atopos", tant elle déjoue tous les repères de la logique est le portrait dans Le Bal au Kremlin de ces aristocrates tsaristes déchus au marché aux puces de Moscou dans l'URSS de Staline en 1929 (dans laquelle Malaparte situe par erreur le prince Lvov)...

L'auteur pose souvent la question du sens de la souffrance, en mentionnant d'ailleurs beaucoup le Christ même si, comme je l'ai noté ailleurs, Dieu compte hélas assez peu dans le regard qu'il pose sur le monde.

La littérature est une école du regard. Apprendre à voir sa propre souffrance et celle des autres, avec ses différentes couleurs, ses diverses nuances, est une oeuvre utile qui s'accomplit plus justement à travers la plume des grands auteurs.

Lire la suite

Malaparte

25 Octobre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Peuples d'Europe et UE, #Bill Gates, #Billets divers de Delorca

J'ai reçu plusieurs livres de Malaparte. Ils vont me consoler de la nullité de ce monde. Malaparte a connu tous les totalitarismes du siècle dernier. Il a cru qu'ils le tueraient mais ces totalitarismes se sont effondrés (non sans avoir, il est vrai, bien abîmé la civilisation, et d'une manière irrémédiable). Au moins la littérature européenne a gardé la trace de la grandeur, et celle de la beauté : du temps où les rivières avaient des couleurs, où les gestes avaient du charme. Bill Gates et les Rockefeller peuvent nous masquer, nous pucer, nous programmer, nous étouffer, enlever les sourires des visages, et toute poésie naturelle pour nous soumettre à leur implacable police, ils ne peuvent pas éradiquer ce dont la littérature témoigne. Et c'est cela qui triomphera.

(Je signale cela tout en m'empressant de préciser qu'il y a beaucoup d'aspects de Malaparte que je désapprouve : tels que son goût pour la France de Louis XV, et d'autres erreurs liées, comme chez Paul Morand, à son athéisme, à son subjectivisme et à son habitus mondain de diplomate).

Lire la suite

Notre Dame de Fatima

13 Mai 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Christianisme, #Lectures, #Le quotidien, #Grundlegung zur Metaphysik, #Vatican

Il faisait bien froid aujourd'hui. Ce matin, Amazon m'a livré "La chute du Soleil ou la septième trompette de l'Apocalypse" de Charly Buttafuoco, ouvrage que j'avais commandé le 26 avril. Comme son nom l'indique il est largement consacré au prophéties de Notre Dame de Fatima et au phénomène solaire qui s'est produit là bas en 1917 (phénomène que les protestants jugent démoniaque* et les ufologues lié aux extraterrestres).

Comme j'avais le plexus solaire terriblement froissé depuis le début de la journée, je n'ai pratiquement rien fait. J'ai été incité intérieurement à me demander dans l'après-midi "ne sommes nous pas aujourd'hui le jour de Notre Dame de Fatima ?". J'ai regardé sur le moteur de recherche Google qui est une structure fasciste et diabolique qui en savait bien sûr me parler que des saints de glace (la Saint Gervais) et la froidure ambiante. Mais en creusant un peu, j'ai eu la confirmation qu'en effet nous sommes aujourd'hui le jour de Notre Dame de Fatima.

D'ailleurs quand j'étais à Medjugorje il y a 4 ans, les pèlerins là-bas avaient fait la remarque, oui, le 13 mai est bien la fête de la première apparition au Portugal.

Donc Dieu a au minimum laissé (au maximum il l'a ordonné) une entité spirituelle (ange ou démon, je ne me prononce pas) déposer chez moi un livre sur Notre Dame de Fatima le jour de la fête qui lui est consacrée, tout en permettant au passage que mon plexus solaire soit torturé toute la journée.

Quel est le message derrière tout cela ? Peut-être recevrai-je des éléments de compréhension un jour... ou pas... On verra bien... Nul ne sert de prétendre comprendre ou savoir tout de suite - c'est le meilleur moyen de tomber dans des pièges. Je continue humblement à cheminer dans la fidélité à ce que j'ai appris jusqu'ici.

(*) "Lady Fatima, Catholic idol, protects pedos" écrit un protestant sur Twitter aujourd'hui. " "A year later (after he was shot at on may 13th 1981), pope John Paul II traveled to Portugal and put the bullet in the crown of Fatima statue. I imagine that was a slap at God" ajoute une autre twitteuse.

Lire la suite

La vie intérieure

4 Mai 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Lectures, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Philosophie et philosophes, #Christianisme

Ma correspondante turque m'envoie cet après-midi un petit essai qu'elle a écrit sur la Saint Barthélémy vue par Alexandre Dumas, en vue d'obtenir je ne sais quel diplôme dans le cadre de ses cours par correspondance. Grâce à elle, il y a peu, j'avais découvert la pensée religieuse de La Bruyère. C'est parfois dans le regard des étrangers qu'on comprend mieux ce que notre pays peut apporter au monde, ce qu'il faut défendre dans son héritage. Il y a tant de façons, insidieuses d'aliéner l'héritage d'une civilisation dans la barbarie d'une culture moins avancée. C'est le cas de la techno-culture mondiale actuelle, qui n'est qu'une forme abâtardie de la culture anglo-saxonne des siècles passés. Il y a mille façons de délaver notre regard dans le creuset de cette sous-civilisation. Même les formes de dévotion évangéliques (qui contaminent beaucoup d'esprits religieux chez nous) participent de cette dévalorisation complète des héritages culturels.

Ce soir, je lisais cette phrase de Bernanos : "Je crois seulement qu'un homme peut très bien garder une âme et ne pas la sentir, n'en être nullement incommodé ; cela se voit, hélas ! tous les jours. L'homme n'a de contact avec son âme que par la vie intérieure, et dans la Civilisation des Machines la vie intérieure prend peu à peu un caractère anormal (...) Elle encourage volontiers tout ce qui agit, tout ce qui bouge, mais elle juge, non sans raison, que ce que nous donnons à la vie intérieure est perdu pour la communauté (...) Imbéciles ! Vous vous fichez éperdument de la vie intérieure, mais c'est tout de même en elle et par elle que sont transmises jusqu'à nous des valeurs indispensables, sans quoi la liberté ne serait qu'un mot" (La France contre les robots p. 116-117).

Je n'apprécie pas tout dans Bernanos que je trouve souvent un peu brouillon, mais il a toujours des intuitions intéressantes (sa sympathie pour la Révolution de 1789 qu'il juge inspirée par l'amour chrétien de la liberté, avant sa confiscation en 1791-94, son refus radical du franquisme et du fascisme etc). Et sur la question de la vie intérieure, je ne peux que lui donner raison.

En lisant ce passage,  je me disais que nous avons bien mérité la dictature que le coronavirus va faire peser collectivement sur nos épaules, comme nous avons mérité, il y a 19 ans, celle que nous a infligée la soi-disant "lutte contre le terrorisme". Nous sommes si fascinés par les machines, à commencer par les ordinateurs. Chaque jour nous leur avons laissé voler notre âme. Qui s'étonnera ensuite que les gouvernements technocratiques, qui vivent par et pour les machines, se permettent maintenant de nous enfermer chez nous, et de nous fliquer avec leurs drones, avec leurs puces, avec leurs chiens ?

Nous avons renoncé à la vie intérieure. Ceux qui croient la sauver par la "méditation", me font bien rire. Oh la belle manière de sauver sa liberté ! Faire le vide ! Laisser le corps prendre le pouvoir dans la respiration ! Et avec le corps, évidemment ses démons, puisque notre nature est déchue !

C'est par l'esprit qu'il faut vivre, et cet esprit on ne le libère pas en donnant au mot méditation le sens asiatique, passif, qui fait le lit de toutes les tyrannies, mais l'ancien mot chrétien, qui implique une libre réflexion. Libre, sans hâte, sans productivisme, qui fait tous les détours qu'il faut par la rêverie, et par la prière humble, mais qui demeure active, qui ne rend pas les armes au pouvoir de César... pas même au César en blouse blanche, ni à l'expert, au maître des machines...

La France des Gilets jaunes peut-elle encore apporter quelque chose à ce sujet ? Bernanos reprochait aux élites françaises, qui étaient à l'avant garde dans les années 1780, d'avoir renoncé à l'être un siècle plus tard, laissant au peuple le "risque" de l'innovation. Idée à creuser. Normalement ce serait aux intellectuels, gavés de loisir et de temps libre, d'avancer des idées, plutôt que, comme le pauvre Etienne Chouard, d'attendre que chacun s'y emploie dans un atelier constituant au sortir d'une dure semaine de labeur. Si seulement nos "penseurs" n'étaient pas tous tombés dans le piège des médias (officiels et alternatifs) et du marketing, celui du narcissisme ! Si seulement ils n'avaient pas renoncé à leur âme, eux aussi ! Tous ont peur de leur âme, tous ont peur de leur vie intérieure. Qui sait ? S'ils se mettaient à l'écoute de ces choses obscures, ils pourraient y retrouver une culture, une histoire... Certes pas ! non ! plus de passé, plus d'histoire, ou alors seulement une histoire-alibi pour instruire des procès. Le procès, l'action, la haine. Il manque à tout cela la contemplation qui seule peut être créative. Encore et toujours Sainte Geneviève dans sa cellule qui sauve Paris des Huns. "Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma soeur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m'aider. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée." (Luc 10:40-42)

Lire la suite

Tristes vallées

6 Avril 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Béarn, #Lectures

Les Pyrénées manquèrent à Bernadette Soubirous dans son exil à Nevers, comme elles m'ont manqué aussi, toujours, depuis trente ans, sur les bords de la Seine. Il n'y a pas de remède à ce mal là.

En plus ce sont moins les Pyrénées d'aujourd'hui, cartes postales pour bobos en manque de Cop21, que celles, plus vraies, plus nuancées, de mon enfance.

George Sand, si enthousiaste pour ces montagnes, comme le furent tous les romantiques, notait quand même à propos d'une femme gasconne au lavoir de Cauterets (une femme qui aurait pu être de mes aïeules) : "Elle se faisait à peu près entendre en français et se trouvait bien malheureuse d'habiter ce beau pays où je voudrais passer ma vie, mais dont elle ne voit que les horreurs et les rigueurs. Tous ces montagnards parlent de l'hiver avec épouvante. Leur été est si court qu'ils n'ont pas le temps de le prendre en amitié" (Histoire de ma vie, p. 547)

Je ne retrouve plus cette phrase de Céline qui dit que le malheur trouve toujours un moyen de vous rattraper... même dans les plus beaux paysages... 

Lire la suite

Le Licencié Vidriera (l'homme de cristal)

27 Février 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Lectures

Je lisais tantôt une nouvelle de Cervantes, Le Licencié Vidriera (1613), histoire d'un diplômé de Salamanque qui, à cause d'un filtre d'amour que lui donne une intrigante (en lui faisant manger du coing) devient fou (et très sage en même temps) et se prend pour un homme de verre. J'ai cru qu'il y avait là une allusion à l'alchimie (notamment parce qu'il y est question du "vif argent" à un moment), mais ce n'est pas certain. Je découvre à la lecture d'un blog castillan qu' "au Moyen-Age, il était courant que les gens  se sentent de verre et craignent de se briser aussi facilement qu'un vitrail au contact d'une pierre; si commun qu'il en existe de nombreux témoignages dans des livres européens écrits au cours des siècles suivants. Le cas le plus célèbre - étant un monarque - le roi français Charles VI , qui s'enveloppait dans des draps pour que ses fesses ne se cassent pas." Etrange...

Lire la suite

Il manque un arrière-plan

13 Février 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Philosophie et philosophes, #Lectures, #Grundlegung zur Metaphysik, #La gauche, #La droite, #Christianisme

Je regardais hier quelques vidéos, qui bien sûr me laissaient sur ma faim car toujours il manque une dimension spirituelle. La jeune blogueuse Tatiana Ventôse, toujours dans son rôle d'institutrice, se plaint d'avoir été incomprise dans une de ses vidéos où elle défendait le droit de critiquer les religions, et attaquée de ce fait. Evidemment ceux qui l'attaquent sont des idiots, mais elle devrait se détacher de ses dogmes rationalistes pour s'interroger sur son rôle social, et sur les forces négatives qu'elle sert tout en croyant être du côté des Lumières. Cela rendrait son positionnement dans la monde bien plus productif. J'écoutais aussi Rancière interviewé par Taddei qui fut une des influences de mon Programme pour une gauche française décomplexée il y a 13 ans. Il eut le courage de défendre le tirage au sort. Mais pour le reste c'est le produit de nos universités : aucune originalité dans l'analyse historique. Et puis Valérie Burgault sur TV Liberté : bonne analyse de la construction du système bancaire intégré au niveau mondial, mais quid de la réflexion sur les prophéties apocalyptiques sur le gouvernement mondial et les forces fétichistes qui le cimenteront ? quid de l'analyse du rapport de ce système aux sociétés secrètes ? L'occultisme de George Soros, de Warren Buffet, des Rothschild et des Rockefeller ça ne serait que du folklore ? Au contraire il est central dans ce processus.

Tant que la place de la spiritualité restera taboue dans le débat politique français et européen, celui-ci demeurera à la simple surface des choses. Ca ne restera que du verbiage.

Lire la suite

Les couleurs de l'été 2019

22 Août 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Ecrire pour qui pour quoi, #Lectures, #Christianisme, #Grundlegung zur Metaphysik

Il semble que le public (assez restreint) de ce blog se divise en deux catégories : ceux qui, ayant connu mon travail sur l'Atlas alternatif, la Transnistrie, l'Abkhazie etc s'intéressent aux méfaits de l'impérialisme occidental contemporain. Et ceux qui essaient de comprendre l'action des sociétés secrètes sur la culture de masse et les politiques de nos dirigeants. Une certaines rationalité devrait me persuader d'écrire des articles fouillés pour les uns et pour les autres, mais cela reviendrait à placer mon travail sous le signe d'un certain utilitarisme borné, ce qui encouragerait aussi les lecteurs à adopter cette tournure de pensée très à la mode à notre époque. C'est pourquoi je préfère de temps en temps écrire un petit billet plus littéraire, complètement désintéressé. C'est ma façon d'encourager tout un chacun à chérir la littérature et la philosophie qui étaient beaucoup plus valorisées dans ma jeunesse qu'aujourd'hui. Après tout, lorsqu'on tape "Frédéric Delorca" sur Google, ne voit-on pas apparaître en premier lieu (en haut à droite) mon roman "La Révolution des montagnes" ?

Certes je n'ignore pas les dangers de cette "posture" littéraire faite de futilité et de beaucoup de narcissisme qui a pollué beaucoup de générations, notamment aux XVIIIe et au XIXe siècle (au passage ayons une pensée pour Jacqueline-Aimée Brohon qui aurait pu avoir la gloire dans nos manuels scolaires d'être une des plus grandes femmes romancières de son époque mais préféra se cloîtrer à Gisors (pour avoir hélas des visions hérétiques, nul n'est parfait, mais le geste de fuir la gloire littéraire est honorable - l'équivalent aujourd'hui serait que Mme Lagarde quittât la Banque centrale européenne pour entrer dans un ashram hindouiste). Mais après tout n'ai-je point ici de temps à autres évoqué des sujets aussi divers et personnels que ma jeunesse studieuse à Paris, mes lectures de l'été 2011, la chanson "Vous" de Cassie etc ? Cela fait partie de ma façon d'être.

Faisons donc une pose ici pour regarder un peu les couleurs de l'été 2019 qui s'achève... Chaque été a les siennes déterminées souvent par de micro-événements imprévisibles. Votre progéniture vous invite-t-elle à regarder un vieux "Fantomas" à la TV ? et voici que pour plusieurs jours votre imaginaire se colore d'impressions des années 60 - avant votre naissance - et vous décale ainsi davantage encore de votre époque, pour le simple plaisir d'un tourisme intellectuel rafraîchissant comme une promenade champêtre au crépuscule. Cet été il y eut beaucoup de ces micro-événements qui ont nourri mon esprit d'impressions et d'idées dont j'ignore encore l'impact qu'elles auront dans mes recherches des mois à venir. 

Par exemple un mien cousin béarnais m'a mis sur la piste des extra-terrestres comme l'avait tenté un an plus tôt un lecteur trotskiste de ce blog. Comme j'ai négligé, à tort, dans ma phase rationaliste étriquée beaucoup de sujets notamment liés à l'occultisme, je me penche donc maintenant sur les écrits de chrétiens fondamentalistes américains comme Thomas Horn qui prennent très au sérieux les enlèvements de personnes et les mutilations de bétail par les aliens et y voient un programme de mélange entre démons et humains comme au temps de Nimrod ainsi que l'avait annoncé le Christ dans l'Evangile. Il semble qu'un groupe chrétien d'agents du Pentagone, de la NASA et des services secrets souscrivent aussi à l'existence d'un tel programme promu par des sociétés maçonniques ou para-maçonniques et tentent de s'y opposer. On appelle cela le groupe "Collin Elite". Vérité, fantasme ? Pour l'instant je me borne à prendre en note tout ce que je lis à ce sujet, sans avoir d'avis arrêté sur rie,.

Chaque été a ses couleurs, disais-je. Il y eut celui où Israël se cassait les dents sur le Hezbollah libanais en 2006, celui où Saakachvili déclenchait une guerre contre Poutine en 2008, il y eut celui où je devais m'occuper de la guerre du Donbass, celui où je pestais contre Manuel Valls. Celui-ci aura été celui où j'aurai dû suivre l'affaire Epstein et m'informer un peu sur les conséquences de la colonisation de la Lune par les arthropodes, entre deux petites balades en Béarn et du côté de Moulins dans l'Allier... A Provins aussi ... étonnantes les galeries de cette ville où on vous fait visiter des temples maçonniques en vous faisant croire que ceux-ci étaient "persécutés" à la fin du XVIIIe siècle (qui va avaler pareil mensonge ?) et où les boutiques embaument la rosa gallica...

Un fidèle lecteur pestait le weekend dernier contre l'acte 40 des Gilets jaunes consacré à la "solidarité avec Hong Kong" dans la pire veine impérialiste... Le pouvoir a toujours de ces "trucs" pour dévier les combats légitimes de leurs objectifs... Et pendant ce temps les Rothschild (ou le pape, ou la reine d'Angleterre, on ne sait plus qui tire les ficelles de quoi) vous imposent Greta Thunberg, la libre circulation de capitaux et des hommes, la 5G, la vaccination obligatoire, la libre consommation de cannabis transgénique fabriqué par Monsanto (le Pepe Mujica), le "transgender agenda", la dématérialisation de tout qui ne laissera de traces de rien au prochain krach informatique planétaire, les ennuis bureaucratiques du quotidien qui ne s'allègent jamais et les tubes lucifériens de Katy Perry pour continuer à bien formater les coeurs. Bienvenu dans le meilleur des mondes.

Allez, l'été se termine... Après cet ultime regard rétrospectif, tournons la page et occupons nous de la rentrée !

Lire la suite

Ma recension du dernier livre de Philippe de Villiers

8 Avril 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Les régimes populistes, #Le monde autour de nous, #La droite, #Débats chez les "résistants", #Divers histoire, #Lectures

Comme son alter ego de gauche Jean-Pierre Chevènement, Philippe de Villiers, ancien secrétaire d’Etat, souverainiste de droite, emploie sa retraite à un travail d’historien. Après Clovis et Jeanne d’Arc, le fondateur du parc de loisirs du Puy-du-Fou s’attaque à un sujet qui touche de bien plus près à notre actualité : la statue du commandeur de l’Union européenne que constitue le tandem Robert Schuman Jean Monnet.

Avec un talent de conteur qui ne laisse jamais de surprendre, l’auteur s’emploie très minutieusement à casser le mythe fondateur, en commençant d’abord par expliquer qui a construit le mythe et comment… Etudiant de Sciences Po dans les années 1970, il a côtoyé de près à la Fondation nationale des sciences politiques Jean-Baptiste Duroselle qui dirigea l’équipe de chercheurs chargée de rédiger les Mémoires de Jean Monnet. Il peut aujourd’hui confronter ses souvenirs du provincial naïf dans le chaudron de l’européisme parisien, à l’arrière plan de ce théâtre, en démontant le mécanisme qui conduisit la Fondation Ford, bras armé du Département d’Etat américain, à commanditer et financer cette œuvre de propagande jusqu’au coup de pinceau final que lui donna le romancier américanophile François Fontaine.

Mais ce n’est là que le point de départ d’une enquête passionnante. La suite de ma recension est ici

Lire la suite

Simone de Beauvoir et Anaïs Nin

21 Janvier 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Lectures, #Les rapports hommes-femmes, #Grundlegung zur Metaphysik

Dans "Tout compte fait" (un livre dont l'ami des mystères d'Hécate, Paul Morand, disait du bien) au chapitre III Simone de Beauvoir écrit à propos du Journal d'Anaïs Nin : "Je suis gênée par son esthétisme, son narcissisme, l'étroitesse du monde qu'elle se crée artificiellement, l'usage immodéré qu'elle fait des mythes, par son engouement pour l'astrologie". Faut-il y voir une allusion à sa participation au film sataniste "Inauguration of the Pleasure Dome" du mage Kenneth Angerer ? Beauvoir parle aussi de l'amour de Nin pour "un minable charlatan que j'ai bien connu". Un médium parisien ?

Lire la suite

L'affaire Khashoggi, le livre de McGowan sur les hippies, la "main gauche" de la CIA, l'aveuglement de la gauche française

25 Octobre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Lectures, #Le monde autour de nous, #Les régimes populistes, #La droite, #La gauche

Il y a des choses mystérieuses dans le traitement de l'actualité. Par exemple celle-ci : quand un gouvernement exécute régulièrement ses opposants, méprise les femmes, réduit en esclavage ses bonnes philippines, pratique toutes sortes de turpitudes odieuses, finance les barbares l'Etat islamique et plonge dans la famine le peuple yéménite, ça ne fait réagir personne. Et puis, du jour au lendemain, parce qu'il coupe en morceaux un de ses journalistes dans son consulat à Istanbul, et alors même que celui qui nous fournit les informations à ce sujet est le fameux Erdogan qu'en principe personne n'apprécie dans la caste médiatique, tout le système de propagande s'enflamme et demande des sanctions... Quelle mouche les a piqués ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi sur cette affaire ? On ne peut s'empêcher de penser qu'il y a derrière cela quelque chose. Mais quoi ? Une alliance entre certains princes saoudiens et les puissants de ce monde pour se débarrasser d'un Ben Salmane devenu trop ambitieux et incontrôlable ? un rapport avec la tuerie de Las Vegas en octobre 2017 où les Saoudiens avaient quelques "biens" à l'hôtel Mandalay Bay...

En tout cas c'est un délice, une fois de plus, de voir "Monsieur 66,06 % euh pardon 66,1 %" alias Macron-le-petit, s'accrocher à l'idée que, non, décidément on ne suspendra pas les ventes d'armes à Riyad. Il faut continuer à écraser le Yémen coûte que coûte, et aider nos entreprises du CAC40.

En ce moment je lis "Weird scenes inside the Canyon" de David McGowan (éditions Headpress 2014) une enquête bigrement rigoureuse et décoiffante sur la "Silicon Valley" du mouvement hippie dans les années 1960 où se trouvaient réunis dans un périmètre de 4 km2 les principaux artistes de la scène pop des 60s américaine. McGowan pose toutes les questions dérangeantes. Non seulement pourquoi Jim Morrisson et ses pairs de l'époque étaient dans une si large proportion des fils d'officiers supérieurs de la marine et du monde du renseignement américain (le père de Morrisson est l'amiral qui a monté de toute pièce "l'incident de la baie du Tonkin" pour provoquer le bombardement massif du Nord Vietnam) ? Pourquoi eux qui se disaient anti-guerre n'ont-ils jamais critiqué publiquement les fonctions de leurs ascendants ? Pourquoi ces petits privilégiés qui étaient largement liés entre eux (avaient grandi dans les mêmes casernes etc) se sont-ils retrouvés précisément à cet endroit, à quelques encablures d'une base secrète américaine dont certains avaient les badges d'accès ? Pourquoi tous les décès suspects (certains avec des aspects de meurtres rituels) dans ce milieu là, où l'occultisme crowleysien était à la mode, et pourquoi l'absence d'enquêtes sérieuses de la police sur leur compte ? On est loin du "ex fan des sixties" apologétique de Birkin et Gainsbourg (il faudrait d'ailleurs s'interroger sur le rôle de propagandiste en France de ce compositeur qui aura propulsé dans le business hollywoodien et ses arcanes ésotériques des gens comme Vanessa Paradis ou sa propre fille Charlotte).

Comme le disent les commentateurs, ça paraît "complotiste", mais la méthode d'investigation de McGowan est on ne peut plus conventionnelle, archi-précise sur les faits, affrontant à chaque étape toutes les objections possibles. On en ressort avec l'idée que décidément, oui, il y a de fortes chances que le mouvement beatnik soit au moins en partie une opération de la CIA pour affaiblir le mouvement anti-guerre du Vietnam, qui, comme le souligne McGowan, à l'origine reposait sur des gens sérieux (des profs de fac, des étudiants travailleurs et pas du tout portés sur le LSD). Opération visant aussi à abrutir les gens avec des idéaux égocentriques creux - sexe, drogue et musique -. Je ne sais pas ce que valent les thèses comparables qui existent sur les Beatles ou d'autres phénomènes culturels de la même époque (il faut toujours se méfier des extrapolations), mais l'enquête de McGowan sur Laurel Canyon mérite qu'on s'y arrête.

Ce livre pose aussi une question intéressante en philosophie politique. Le sociologue Bourdieu nous avait appris à distinguer la "main gauche et la main droite" de l'Etat (en gros les services sociaux et les services répressifs). Quand on se penche sur l'histoire du complexe militaro-industriel américain (qui est en train de devenir l'histoire de notre gouvernement mondial en gestation), on se rend compte que main gauche et main droite se mélangent beaucoup. On sait que dans les années 1940, si l'URSS a pu bénéficier très vite de la technologie nucléaire c'est parce que savants communistes et officiers conservateurs américains travaillaient main dans la main à Los Alamos, si bien que les premiers ont pu exfiltrer des documents vers le KGB. Dans les années 50-60, c'est encore plus complexe. La CIA travaille avec d'anciens nazis, mais a aussi ses hommes à l'extrême gauche. Il y a sur le Net des témoignages de transfuges qui expliquent qu'ils manifestaient contre la guerre du Vietnam tout en travaillant pour la CIA. Souvenez vous aussi du témoignage de Kay Griggs sur les sociétés secrètes dans l'US Navy et les unités d' "opérations spéciales". Pour l'Etat profond américain tout est bon à prendre quand il s'agit de préserver les intérêts de la caste dirigeante. Et on voit bien qu'en misant sur l'industrie du divertissement, la musique, la liberté sexuelle - et depuis le plus jeune âge, voyez l'utilisation de Walt Disney ou de Playboy - c'est toute une stratégie de conditionnement polysémique et pluridimensionnelle qui est à l'oeuvre utilisant le bâton répressif (de droite) et la carotte hédoniste (de gauche). Et c'est encore le cas aujourd'hui  : Soros et Kissinger (la gauche et la droite), le chanteur Marilyn Manson et le sénateur John McCain récemment décédé, malgré des différences de style, travaillent à la même cohérence oppressive. Et ce n'est pas qu'une complicité "dialectique" à un niveau très abstrait de réflexion : ça passe par une coopération pratique comme on la voyait déjà se dessiner dans le Laurel Canyon au cours des années 60. On n'est pas une simple reconversion hédoniste du capitalisme sous la houlette des publicitaires que repérait jadis Michel Glouscard. Il s'agit ici de programmes d'Etat, avec, derrière cela, des grandes familles qui se concertent pour les mener à bien.

La découverte de toutes ces choses sous la houlette de chercheurs indépendants, alors qu'Internet peine à en censurer la publication, explique en partie la méfiance croissante des gens à l'égard des artifices du clivage droite-gauche et la montée du populisme. Et évidemment, plus la gauche institutionnelle - du NPA au PS - fait l'autruche en refusant de traiter ces sujets là plus elle se disqualifie intellectuellement et moralement dans sa prétention à donner aux gens des clés d'émancipation. On ne peut pas prétendre aider les gens en ne voyant pas l'éléphant rose au milieu du couloir. On ne peut pas dire seulement "défendons les services publics" ou "donnons plus d'éducation populaire gratuite en renforçant nos écoles", si nos services publics, nos écoles, ne sont que les vecteurs d'un savoir pré-mâché dans des cercles restreints, destiné en réalité à conditionner les masses à l'hypnose consumériste (et même à un contrôle mental qui robotise l'individu). Apprendre aux enfants dans les écoles la musique classique pour qu'ils obtiennent un sens de l'harmonie, de la discipline intérieure et du perfectionnement, oui. Leur faire écouter les Beatles ou les Doors, des styles musicaux poussés par un système politique occidental qui cherche délibérément à les abrutir depuis 60 ans, c'est placer encore et toujours l'Etat français au services des banquiers. C'est "donner le dernier rire à Soros", comme disait le premier ministre hongrois... ou à Bill Gates, ou à la reine d'Angleterre, en tout cas, c'est nous ôter tout pouvoir réel sur nos vies.

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 > >>