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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #les rapports hommes-femmes tag

"Même Le Pen" de Jean-Luc Le Ténia

6 Octobre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

En "feuilletant" ce qui s'était fait sur Irène Jacob sur You Tube, j'ai découvert Jean-Luc Le Ténia, dont je n'avais jamais entendu parler auparavant (honte à moi). Wikipédia m'apprend que Didier Wampas l'a proclamé « meilleur chanteur français du monde », ce qui n'est pas étonnant car il y a une parenté de style, et qu'il s'est suicidé en 2011, ce qui n'est pas surprenant non plus.

 

C'est une heureuse découverte car j'aime bien sa façon de composer des chansons courtes, "minimalistes" comme disent ses commentateurs, et sa révolte entre en écho avec la mienne... (une révolte, notez le, qui, chez ce chanteur, va de la pornographie - voyez sa chanson Sciences Po, une façon jouissive de "niquer" les élites - à l'hommage relativement élégant, ou du moins retenu, à la délicatesse - voir la chanson "Irène Jacob").

 

J'aime par dessus tout sa chanson "Même Le Pen" à laquelle, je crois, 80 % des hommes hétéros peuvent adhérer, même ceux qui vivent en couple, même ceux qui sont amoureux. D'une part parce qu'elle est assez représentative du répertoire du chanteur dont elle reflète certains thèmes traités dans d'autres chansons, et, d'autre part, parce qu'elle pousse ces thèmes plus loin me semble-t-il : c'est la meilleure chanson, voire le meilleur texte que je connaisse sur la condition du citoyen mâle dans la société contemporaine. nietzsche

 

Je ne cèderai pas à la facilité féministe d'y voir une image de la masculinité déchue, car je pense que même le mâle dominant du Ier siècle avant Jésus-Christ ou de l'époque de Châteaubriand en son for intérieur aurait pu souscrire dans une certaine mesure aux paroles de cette chanson. "Même le Pen" est la chanson du citoyen mâle, parce qu'elle exprime un trait fondamental de la virilité, qui est le manque de femme (ou de Femme). Pour autant de présence féminine dont il soit entouré, le mâle est par essence en manque d'un quelque chose de féminin qu'il ne peut pas s'empêcher d'appeler "une femme" (et qui probablement en fait n'est pas du tout une femme, mais bon...). Rappelez vous Nietzsche dans "Crépuscule des idoles" (pardon de toujours citer cet auteur) : "Pour comprendre l'histoire de la philosophie, cherchez la femme, vous ne chercherez jamais en vain".

 

La force de Jean-Luc Ténia dans cette chanson, c'est d'exprimer la déréliction masculine non seulement sur le thème du "je cherche la femme", mais dans un jeu de miroirs kaléidoscopiques qui met l'humain mâle aux prises avec une galerie de fantômes épouvantables : ses congénères (en ce sens la chanson est politique, et pousse l'ontologie de la virilité sur le terrain de la citoyenneté). Il passe en revue les pires, les plus absurdes, les plus improbables, de Le Pen à Bokassa, de Bernard-Henri Lévy à Johnny Hallyday. Comme tous les inventaires à la Prévert (ou à la Montaigne) l'énumération crée un effet d'exposition de la diversité humaine qui donne le vertige, et dans ce musée des horreurs ou du non-sens, celle-ci ne ferait qu'accroître le côté angoissant du "je cherche la femme", si l'angoisse ne se tournait en dérision et en rire. C'est à tort, bien sûr, que l'énumération fait croire que toutes ces personnes ont une femme (et à la fin on le voit bien quand Edith Cresson ou une carpette trouvent leur place dans cette foire aux vanités). En fait, elle ne sert à montrer que la solitude du citoyen (citoyen de la France et du monde) dans sa frustration sexuelle et ontologique, dans son impuissance politique autant qu'existentielle (car c'est la capacité de respirer qui est en jeu) à vivre dans un monde qu'il voudrait à son image et qui ne l'est pas. Cette citoyenneté solitaire, minable, tout juste bonne à traîner dans les bistrots est l'envers de la citoyenneté aristocratique, courageuse et stoïque d'un Caton d'Utique, tout en en étant aussi la condition nécessaire (César ne traitait-il pas Caton d'Utique d'ivrogne ?). "Ils ont tous une femme sauf moi" et "tous les guignols ou tous les monstres ont une femme" mais pas moi, n'est certes pas la preuve que je ne suis pas un guignol ou un monstre. C'est juste le signe que je me sens plus écrasé qu'eux, qu'il faudrait que je me mette en branle (pas en branlette), en mouvement - comme dans sa chanson "Quitter le Mans" où il voit bien qu'il faut qu'il change de ville, même s'il ne sait pas pourquoi, et même si ça ne sert sans doute à rien (je repense à la chanson des Innocents "Un homme extraordinaire" - "Sans connaître les raisons qui ont poussé cet homme à vivre dans une autre ville..."). Même les pires des pires ont une femme, et pas moi. Je suis donc le pire, je dois bouger, et cependant je sais que si les pires ont une femme, c'est que les femmes méritent le pire, ou alors qu'il est faux qu'ils aient "plus" une femme que moi... tout cela n'est qu'illusion... sauf la nécessité de rechercher, d'agir, d'avancer, parce qu'il y a du manque, du manque-à-être, la blessure originelle... Il y a tout cela dans cette chanson qui, à mes yeux, relève du pur génie.

 

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Pierre-Henri Gouyon sur l'inné et l'acquis

12 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Vous savez que je suis un lecteur attentif de la psychologie évolutionniste et un adversaire du constructivisme intégral. Voici une conférence qui permet de préciser un peu les concepts de la génétique.

 

 

 
Pour le plaisir un petit topo de Gouyon aussi sur les OGM :
 
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Encore les soldates chinoises !

7 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Trois de mes lecteurs hier provenaient du forum ici sur lequel quelqu'un a posté mon article de février 2012 sur la milice chinoise (ici). Cela m'a donné envie de revoir cette vidéo du défilé militaire de 2009.

 

Les femmes sous nos latitudes sont si décevantes à titre individuel à tous égards (bon d'accord, les hommes le sont aussi, mais ce n'est pas le sujet de ce billet), que le regard masculin français va trouver une satisfaction compensatoire à les contempler par "blocs de bataillon" sous des cieux orientaux... Il en admire l'ordre, la puissance, en même temps que le côté décalé (il fallait être chinois pour oser concevoir ces uniformes roses fushia !).

 

Même si le Parti communiste chinois n'avait à son actif que l'organisation de ces défilés et l'entretien de ces formations militaires pour le plaisir de nos regards, cette réalisation à elle seule excuserait toutes ses éventuelles erreurs à la tête du pays le plus peuplé du monde. Dis kai tris to kallon ! (Que ce qui est beau revienne deux ou trois fois !)

 

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Oblativité

20 Juillet 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

saint jeromeIl y a toujours un jour où une femme vous dit : "J'aime que tu me racontes tes projets, tes écrits, que tu partages ça avec moi, c'est une marque de confiance extraordinaire. Continue de m'en parler". Et un jour où cette même femme vous dit : "Tu n'es qu'un égoïste, depuis qu'on se connaît tu ne sais me parler que de tes projets, et moi je n'existe pas dans tout ça".

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Projet de loi communiste sur les questions sexuelles (1933)

11 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

DSCN5111.JPGA Marseille ce weekend je suis tombé (entre autres choses surprenantes - notamment des révélations sur la plante abortive Artemisia et la reine Artemisia II de Carie - ) au musée de l'histoire de ville, sur la revue "Le problème sexuel" de novembre 1933, qui invitait en couverture à lire en page 38 "notre enquête à propos du projet de loi communiste sur les questions sexuelles et l'avortement".

 

Décidément beaucoup de renvois à la question de l'avortement au cours de ce voyage dans la cité d'Artémis (devenue la "Bonne mère" avec la christianisation).

 

J'ai bien sûr pensé à Alexandra Kollontai, déjà mentionnée sur ce blog, à Clara Zetkin, Danièle Casanova etc. Les grandes heures du féminisme communiste international. Mais je n'avais jamais entendu parler de ce projet de loi. J'apprends ce soir en parcourant le web que la revue  "Le problème sexuel" est parue en 6 numéros de 1933 à 1935, à l'initiative de Berty Albrecht. Denise Albert, que j'avais interviewée à Sevran il y a quelques années et à qui j'avais consacré un petit livre aujourd'hui épuisé, a été la première à me parler de Berty Albrecht.

 

Souvenirs, souvenirs...

 

Allez, une petite vidéo de Marseille, une jolie cérémonie, l'évêque faisait très gouverneur romain...

 

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Le critère d'Adjani

11 Juin 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

paris-match-adj.jpgDans Paris-Match du 28 mai que je lisais ce matin chez mon coiffeur, Isabelle Adjani reconnaît qu'elle a raté sa vie sentimentale dans les grandes largeurs, et dit en soupirant qu'elle envie les femmes qui parlent de leur "ex" (au singulier) en souriant.

 

Si avoir réussi sa vie sentimentale, c'est pouvoir parler d'un "ex" ou d'une "ex" en souriant, alors je suppose que j'ai réussi la mienne, puisqu'il y en a une, au moins une, une qui me vient à l'esprit très spontanément, qui vit à 1 807,7 kilomètres de Paris en voiture  vers l'Est si j'en crois ladistance.fr à qui je pense avec un sourire et qui pense à moi de la même manière. "In spite of everything, i have fond memories of you :) " m'avait-elle écrit en décembre dernier, m'apprenant par la même occasion l'expression "fond memories". J'avais recopié dans le livre "Eloge" son mail d'il y a 15 ans, dans lequel elle proclamait qu'un jour quand elle serait vieille elle regarderait son passé et trouverait dans ses souvenirs la lumière réconfortante de notre passion de l'époque. Il est probable que cette prophétie se réalisera. Car elle et moi "in spite of everything", malgré les colères, les agacements, les tortures, n'avons jamais gâché l'absolue pureté de ce qui nous unissait à l'époque. Même mon livre condamnant "urbi et orbi" cette histoire, n'en a pas altéré la beauté. kmgd.jpg

 

Mais je doute que le critère d'Adjani soit tout à fait pertinent...

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"Journal de l'Amour" d'Anaïs Nin

10 Avril 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

De très belles choses dans le "Journal de l'amour" d'Anaïs Nin. Son rapport à la passion, au corps, mais aussi son refus de la politique, de la pulsion destructrice des hommes, en pleine guerre d'Espagne notamment. Un regard de femme, en défense de la vie, de la création. Beaucoup d'échos en moi à des thématiques sur la féminité auxquelles je réfléchis depuis six ou sept ans.

 

"Un homme qui ne trompe pas sa femme n'est pas un homme" disait Hélène, la femme de Morand (journal du 28 mai 1969). 

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Passion(s) et socialisme(s)

30 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

J'aime à écrire sur les femmes trentenaires (par là j'entends les 30 à 35 ans) de notre temps car elles participent pleinement d'un mouvement d'émancipation de notre espèce et de démocratisation de l'amour dont l'origine se situe au XIXème siècle et dont nous ignorons encore tout le potentiel.

  women save

Voilà ce que me racontait récemment une trentenaire à propos d'une amie de son âge, bourguignonne, que nous appellerons Isabelle. Isabelle a vécu un mariage normal, dont elle a eu trois enfants, puis elle a quitté son mari pour son amant. Jusque là rien d'exceptionnel. Sauf qu'après être allée s'installer avec ce denier dansle Sud de la France, elle a découvert que cela se passait mal. Ils se sont séparés (seconde séparation), puis elle est retournée en Bourgogne, et là, elle est tombée amoureuse d'un vieil ami qu'elle connaissait depuis longtemps. C'est une véritable passion et de leur nouvel amour a surgi un embryon dans le ventre d'Isabelle...

 

Sauf qu'Isabelle sera bientôt opérée pour je ne sais quel problème de santé, et elle doit donc subir un avortement thérapeutique. Elle compte désormais les jours qu'il reste à vivre in utero à ce potentiel enfant de l'amour dont tout le capital génétique est là et vit encore mais auquel elle doit renoncer...

 

On peut imaginer quels ont été les sentiments de cette femme encore jeune, les enthousiasmes et les douleurs qu'elle a pu traverser au fil de ses rencontres et de ses ruptures. Les soirées etles nuits qu'elle a passées à rêvasser et réfléchir (peut-êtreplus nombreuses encore que celles à faire l'amour).

 

Tous ces épisodes depuis quinze ans lui ont sans doute donné un sentiment d'intensité (valeur cardinale en Occident, rappelez vous à l'opposé la thèse du philosophe François Jullien selon laquelle la Chine refuse l'intensité), une permanente projection de soi-même dans une philosophie vécue de l'existence, la confrontation à des questions éthiques etc. Tout cela donne au sujet l'impression d'exister à une échelle plus vaste que la simple exécution des tâches domestiques ou professionnelles par exemple, ou que l'écriture de poêmes.

 

J'insiste sur le fait que les femmes ont accédé aujourd'hui à la possibilité de vivre cela, car, si elles n'avaient pas fait le choix de tenter cette aventure existentielle, symétriquement et réciproquement les hommes ne le pourraient pas non plus. Ils ne vivraient aucune passion d'égal à égal et pourraient juste se vanter d'avoir collectionné quelques "conquêtes" moins libres qu'eux et instrumentalisées par eux, comme les les Romains jadis par exemple (voir Paul Veyne sur l'élégie érotique romaine). Le nouvel horizon passionnel des femmes a ouvert symétriquement celui des hommes, et leur donne aussi la possibilité d'une projection d'eux-mêmes dans un investissement de leur sens de la vie sous le signe de sentiments forts et risqués, par lesquels les amants se disent "je t'ai choisi malgré tous les doutes et douleurs du passé et de l'avenir, malgré tous les sacrifices, et A CAUSE des sacrifices". Cette option est d'ailleurs revêtue d'une dimension un peu "rebelle" à l'égard de l'ordre social (qui encourage plutôt les parents à rester ensemble auprès de leurs enfants, à ne pas remettre en cause en permanence leur travail, leur statut etc), quoiqu'une certaine dimension du consumérisme favorise aussi la rébellion. D'une manière générale l'ordre consumériste, dans la mesure où il privilégie l'immédiateté, l'amnésie de chacun sur ce qu'il fut et l'indifférence à ce qu'il sera, la superficialité des inclinations est plutôt hostile à la passion qu'il instrumentalise sans la prescrire aux masses. En ce sens le choix de vie passionnel peut être vu politqiuemet comme une option de résistance potentiellement révolutionnaireet socialiste au sens où je l'entends.

 

Une autre option s'oppose, dans les milieux féministes de gauche (par exemple dans la radicalité libérale de Marcela Iacub), à la passion, c'est le panérotisme anti-sentimental, éventuellement vénal, option qui à ce jour me paraît encore plus difficilement viable comme résistance au capitalisme que l'option passionnelle, parce qu'elle se dissout dans une logique de la rencontre éphémère et de la marchandisation de soi et des autres absolument incompatible avec une construction politique. Elle ne serait possible que dans un environnement néo-stoïcien déjà évoqué dans mes livres mais difficile à mettre en oeuvre.     

 

 

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Mujer del futuro

20 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Quelle étrange situation vraiment. A la fois je n'ai aucun statut intellectuel qui puisse me donner vraiment envie d'écrire des livres, et en même temps, il y a toujours des sollicitations ou des encouragements discrets de telle ou telle personne. Ce matin, un correspondant à qui j'ai expliqué les raisons historiques et biologiques pour croire et ne pas croire en la vocation polygame de notre espèce me répond "merci Frédéric ! faudrait que je lise un de ses jours tes livres". Je n'ai jamais écrit sur la monogamie, mais ce mail voudrait presque dire que je le devrais.

 

Il ne faudrait pas que je creuse trop loin pour pouvoir aller mener une enquête sur place sur la situation politique au Sri Lanka, avec de bons contacts locaux, et en faire un livre, et je pourrais même jouer sur un contact chez Grasset pour faire avancer mon projet de livre de philo, sans oublier la perspective qui m'est offerte de rencontrer Chevènement si j'arrive à chroniquer son livre sur Parutions.com ou de me faire bien voir par Babette Babich si je commente le sien... Bref, j'ai toujours une chance d'intéresser une ou deux personnes de valeur si je trouve le courage d'écrire. Mais ce courage me fait un peu défaut, je le confesse. Je me perds plutôt en échanges insouciants avec des "amis choisis" comme dirait Brassens, et ce n'est pas plus mal...

 

J'ai notamment des discussions intéressantes en ce moment avec une écrivaine provençale trentenaire qui pratique la pole dance... Mes interventions dans les grands médias sur mes travaux d'anthropologie m'ont permis de rencontrer une ou deux personnes de ce niveau, et j'en remercie le hasard. Le néo-stoïcisme que je prône sera résolument féministe. Chacun sent bien que les femmes sont en train de rompre le conditionnement de notre espèce à l'oeuvre depuis 200 000 ans (et sur 2 millions d'années si nous remontons à l'homo erectus). Même s'il ne s'agit que d'une forme adaptative secondaire (voyez notamment Cézilly sur ces question), dont on pressentait déjà depuis longtemps qu'elle devait sans doute plus à l'organisation sociale qu'aux gènes, il faut l'encourager, car cela modifiera beaucoup la sensibilité (et donc l'ouverture au monde) des deux sexes, si nous savons tourner cela vers une transformation profonde de la société.

 

Cela m'a fait penser à cette vieille chanson (ci-dessous) qui évoque à mes yeux très bien, parmi mille autres, l'oblativité corporelle et morale féminine (pour reprendre le vocabulaire lacanien, moi qui le suis si peu).

 

 

 


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"Quand les femmes vont tout va"

13 Août 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

poupéesQuestion d'un correspondant sur FB
 
- La féministe du Front de Gauche Fatima-Ezzahra Benomar a écrit "Justement, on démontre dans l'article qu'en améliorant les retraites et les carrières des femmes, en améliore la condition sociale des femmes ET des hommes."
 
 
Je n'ai pas d'avis là-dessus; mais est-ce crédible?
 
Ma réponse :
 
- J'ai tendance à penser que "toutes choses égales par ailleurs" comme on dit en économie -ceteris paribus sic stantibus- (mais ces choses sont elles égales ?) les progrès matériels des femmes bénéficient aux hommes à cause de la fonction maternelle : si une femme est moins battue, moins affamée, moin malade, ses enfants garçons (les hommes de la génération suivante) et filles se portent mieux.On peut aussi supposer que les progrès matériels (et éducatifs) des femmes soulagent les conjoints de certaines de leurs responsabilités (économiques notamment). Mais il y a un revers à ça : c'est quand la réussite matérielle de la femme crée un effet de rancœur ou de démission chez les hommes, ce qui est le cas en France aujourd'hui (démission de la fonction paternelle, sousinvestissement dans la réussite scolaire,les jeunes hommes sentant que le système scolaire et les institutions ne sont "plus faits pour eux" etc). En plus il y a le problème de la concurrence entre hommes et femmes sur certains postes (les postes de cadres notamment), qui font que dans certains domaines les progrès des femmes nuisent aux hommes.
 
 
 
  
 
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Eros et pouvoir en Egypte

8 Août 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Ghada SherifIl y a eu quelques anecdotes sur les "esclaves sexuelles" du colonel Kadhafi. Aujourd'hui Asia Times trouve au nouvel homme fort d'Egypte le général Al-Sisi des côtés un peu kadhafistes. S'il ne s'est pas encore procuré d'esclaves sexuelles, note Asia Times, des femmes de haute prestance se proposent déjà. Première de la liste, dans les colonnes du journal indépendant Al-Masry Al-Youm, l'écrivaine Gadha Sherif (voir sa photo ici à gauche), professeur à l'institut national du cancer du Caire (ça ne s'invente pas), qui écrit, après avoir remarqué qu'il était "la réincarnation de Nasser" : "He doesn't need to order or command us, all he needs to do is give us a wink with one eye, or even just flutter his eyelashes...This is a man adored by Egyptians. And if he wants to take four wives, we're at his service."

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L’Amant de Lady Chatterley vu par Emmanuel Berl

31 Juillet 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

« Pour rendre le dénouement possible, et aussi parce qu’il faut que le lyrisme de Lawrence s’exprime, il invente un concours de circonstances évidemment exceptionnel, et par rapport à son idéologie-arbitraire. Malraux le note fort bien dans la préface qu’il a écrite »

 

« L’érotisme ne peut être que le développement d’une solitude, s’il ne mène pas à la formation d’un couple. Constance serait fatalement ramenée à la frivolité que Lawrence dénonce, si son amour pour Mellors ne parvenait pas à la faire vivre avec Mellors, à dédier à Mellors, sa vie (…) L’amour est justement le seul moyen d’intégrer l’érotisme à la vie, de lui obéir sans refoulement ni mensonges, puisque, sans amour, l’érotisme ne sera qu’une halte, dans la vie, rêve d’abord, et, en fin de compte, intoxication »

 

« La séparation de l’érotisme et de la vie résulte sans doute de la manière dont la société sépare le plaisir des sens et le mariage » (Emmanuel Berl, Revue Europe 15 février 1932 p. 273-274)

 

Je mâchouille ces réflexions depuis hier. Des réflexions qui n’ont rien à voir avec l’époque actuelle (où l’érotisme n'est plus qu'une annexe d'une science générale du bien-être complètement déshumanisante). Je repends en quelque sorte la réflexion sur l'amour et le socialisme, au point où les ancêtres d'avant 68 l'ont laissée.

 

La réflexion de Berl comporte trois volets ou trois mouvements (si l'on y voit une progression, ce qui reste à démontrer). Le première, stoïcien en un sens, c'est que le désir ne peut pas être laissé libre, mais orienté vers un devoir universel. Le deuxième est que ce devoir universel dans la société d'aujourd'hui ne peut que s'incarner dans le couple (écho furtif à l' "Histoire d'un roman" de Gorki dans la même revue p. 157 "s'il n'est pas possible d'aimer en même temps une foule d'hommes différents, il est peut-être très intéressant de se donner à beaucoup d'hommes incarnés en un seul", et retour au stoïcisme impérial de Sénèque et Epictète). Troisième mouvement : si la société devient socialiste, vie et érotisme se réconcilieront en dehors du couple (retour au premier stoïcisme).

 

Notez comme cette problématique est habitée par la thématique du don (pensez à Marcel Mauss), problématique anéantie par la pensée 68 (Jacques Lacan "Aimer, c'est  donner à l’autre ce que l’on n’a pas", ce que le capitalisme contemporain remplace par « Aimer c’est prendre »).

 

Avant hier soir Zizek était l'invité de Laure Adler (beurk) sur France Culture. Les jeunes chomskyens (qui cherchent désespérément chez tonton Noam des raisons ou des moyens d'aimer - cf ci dessous) ont dû avoir des boutons.

 

 

 

ps : faudrait que j'écrive un traité d'érotisme. J'y dirai en quoi pour les rapports avec une nana dont on est follement amoureux, je désapprouve la levrette, et pourquoi je ne cautionne la fellation qu'à des conditions très précises. Tous les grands philosophes ont été des réformateurs sexuels, donc des prescripteurs dans l'âme. 

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Le spécialiste des massages chinois à Paris

25 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #Grundlegung zur Metaphysik

Actualisation 2019 : Le massage dans le taoïsme chinois est identifié comme un moyen d'entrer en contact avec des démons par l'ouverture du troisième oeil. Il avait une fonction assimilable à la sorcellerie en Mésopotamie. De nos jours la plupart des masseuses européennes travaillent en partenariat avec des médiums spirites ou ont elles-mêmes des dons de médiumnité. Il en va de même des masseuses chinoises. Evitez donc ces pratiques qui vous mettent à votre insu en contact avec des forces obscures, et, en outre, encouragent en vous un démon de masturbation qui, sur le long terme, rend votre personnalité plus instable et crée une grave dépendance.

 

Revu aujourd'hui le spécialiste des massages chinois, toujours en verve. Il pestait : "Impossible de vraiment connaître une masseuse. Elles changent trop vite, on ne peut pas tisser des liens de confiance" (il voudrait écrire un bouquin sur ces filles, mais il est condamné à les considérer comme interchangeables...) "Pourtant certaines ont l'air assez ouvertes d'esprit. Il y a quelques jour je me suis fait masser par une fille assez moche qui n'arrêtait pas de rigoler. Avant hier elle était plus jolie et semblait plus austère, mais elle a commencé à rigoler quand j'ai rebandé après la finition. Elle a dit 'vous très fort', et la fin du massage fut très amicale. Elle m'a raconté qu'elle était de père mongol et de mère chinoise, en France depuis quatre ans, qu'elle rêvait de retourner au pays tout ça."

"Amicale ? ai-je demandé... Tu exagères, elles font quand même ce job contre leur gré". "Je ne sais pas, répondit le spécialiste. Peut-être, comme les travailleuses du sexe, jugent-elles que c'est un job comme un autre. J'observe que quand on les traite avec douceur, respect et bonhommie, elles finissent ont des gestes moins mécaniques. Certaines jouent avec le sexe du client. La mongole, elle, inventait des gestes pas canoniques du tout comme plier mon genou et pousser ma fesse avec le pied et elle en riait. Au fond beaucoup d'entre elles n'attendent sans doute que ça : que le client leur donne l'envie de s'investir sur un mode moins stéréotypé, en personnalisant l'échange. Ca rend leur tâche plus facile, comme il est plus facile pour un plombier de se rendre chez un client souriant. Ca leur permet d'être créatives, et donc de vivre mieux le travail. C'est humain".

Voilà qui rappelle les propos de Morgane Merteuil...Et rappelons aussi que Ruwen Ogien place sur un même plan kynés et prostituées (cf http://www.franceculture.fr/emission-le-tete-a-tete-ruwen-ogien-2013-04-28) .

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Les gardiennes du sexuellement correct

20 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Sur le mur d'un correspondant sur Facebook, j'ai trouvé le point de vue de l'ex-star du X Ovidie à propos des Femen. Un point de vue assez modéré et plein de bon sens.

 

Ovidie, 33 ans, est une illustration de la question de la reconversion des stars du porno dont parle Trachman dans son livre (et dont elle même parle dans le documentaire "Rhabillage"). Quand on parcourt l'accroche de ses billets sur metrofrance, on se rend compte que, comme c'était le cas auparavant avant Brigitte Lahaye, ils véhiculent pour la plupart un discours assez normatif sur ce que les filles doivent faire et ne pas faire. Elle cherche toujours à délimiter le bon goût. C'est sans doute un condition de légitimité du "féminisme pro-sexe" dont elle est une des fondatrices en France (je pense qu'à cette mouvance on peut rattacher Marcela Iacub et Morgane Merteuil). Bizarre quand même que, dans ce domaine pour affirmer une valeur il faille critiquer les égarements des autres. C'est peut-être un symptome de l'hypernormalisation des positions libertaires dans nos sociétés.

 

 

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Fin de semaine

11 Janvier 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Toujours convaincu que les blogs ne servent à rien, je termine juste la semaine en vous fournissant le "Top 3" des articles les plus lus sur ce blog depuis un mois

1. Article Femmes noires, regards de Blancs  

2. Article A serbian film - la Serbie snuff et hardcore  

3. Article Dictionnaire français-béarnais (d'un parler populaire mélangé) 

Les habitués de ce blog seront peut-être surpris. Je pense qu'il s'agit plutôt d'articles consultés par des visiteurs de passage.

A part ça, j'ai rencontré les Femen cette semaine. Assez inconsistantes à tout point de vue. Je ne crois pas du tout qu'elles soient payées par la Fondation Soros. Les locaux qu'elles occupent sont vides. Aucune trace de richesses. De toute façon, leur noyau dur c'est 5 personnes, et 5 autres activistes occasionnelles (rarement les mêmes) qui les rejoignent ponctuellement. Plus de cameramen à leurs entraînement que de militantes. Bref : du vent, qui ne tient que par la soif des journalistes de faire des images. 

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