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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #les rapports hommes-femmes tag

Boys and girls

12 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

women-save.jpgLa revue Books que je lisais cette semaine consacre, entre autres choses intéressantes, deux pages aux mémoires de Casanova. Celui-ci est resté dans l'histoire de notre espèce non pas comme un grand consommateur de sexe, mais comme une sorte de héros de la séduction parce qu'il s'est montré tout au long de sa vie d'une immense générosité et bienveillance non seulement à l'égard de ses conquêtes (dont on évalue le nombre à 150 environ, ce qui n'est pas énorme) mais aussi à l'égard du jeu amoureux lui-même et des inévitables revers de fortune qu'il implique.

 

Vous savez qu'à la fin de la métaphysique (et à la fin du christianisme) - disons avec les Lumières - certains ont cherché le sens de la vie humaine dans l'action politique, perçue comme le seul horizon d'exercice légitime de la rationalité (voyez Lefort là-dessus)... quitte à ce que tout cela se termine dans un goulag... D'autres sont revenus plutôt à ce constat de base : que l'humanité comme toutes les espèces de mammifères est divisée entre hommes et femmes, et que, à la différence de beaucoup d'espèces, elle est susceptible d'éprouver du désir à toute période de l'année et de la vie adulte, de sorte que le jeu infini des possibilités d'action qu'ouvrait cet état de fait pouvait occuper utilement une bonne partie de notre état d'esprit nocturne et diurne pourvu qu'on sut l'encadrer de certaines règles et lui donner un certain style... Autrement dit retournons dans la cour de récré de notre enfance et, au lieu de jouer au foot ou aux billes avec les garçons de notre âge, allons voir du côté des filles... (Pas de régression freudienne là, pensez putôt au Dionysos enfant de Nietzsche).

 

L'époque actuelle ne se prête pas beaucoup à la mise en oeuvre de la philosophie de Casanova. Parce qu'il y a les violents (façon DSK si l'on en croit la mère de Banon et certaines accusations judiciaires récentes) ; parce qu'il y a la political correctness et ses cohortes d'inquisiteurs (voyez cependant la décision récente du Conseil constitutionnel assez opportune à mon sens de censurer la loi sur le harcèlement sexuel) ; parce qu'il y a un certain climat de malveillance, de jalousie, de rivalité, de mépris entre les gens qui laisse peu de place à l'idéal de générosité que la séduction implique. Le capitalisme préfère vendre de l'Eros en conserve dans ses publicités, son packaging, sur ses écrans d'ordinateur, faire du teasing, du fétichisme de la marchandise en de la marchandisation mortifère du fétiche.

 

Et cependant il se trouve encore des gens pour y croire. Voyez donc le site ci-joint dont un auteur m'a parlé il y a peu. Il offre quelques bonnes surprises dont l'éclectisme méthodologique (l'ouverture à la sociologie, à l'histoire, à la psychologie évolutionnaire), la manière dont il mêle théorie et pratique (avec son espace de rencontre), ainsi que son côté militant. Militer pour l'adultère comme il le fait est un choix difficile dans une société dont le fonctionnement et les institutions ne sont pas a priori définies pour favoriser son développement (même si, comme il le signale dans ses pages, la France est le pays le moins mal loti en la matière). Mais peut-être les conditions historiques du moment, vu le niveau d'éducation que nous avons atteint et le degré d'émancipation des femmes (même si beaucoup reste à faire), s'y prêtent-elles et le jeu en vaut peut-être la chandelle. Un des enjeux bien sûr est de venir à bout de l'instinct de jalousie et de possession, probablement hérité de notre rapport génétique à la procréation mais aussi des formations culturelles issues des sociétés agraires, ou en tout cas d'apprendre à composer intelligemment avec lui comme notre espèce a appris à composer avec l'instinct de meurtre. Les militants de ce site (dont j'ignore le profil sociologique et psychologique) tiennent en tout cas entre leurs mains un projet sociétal qui est peut-être un prélude au communisme sexuel rêvé par certains philosophes antiques. En tout cas un moyen de réintroduire du jeu casanovesque dans notre société si peu encline ces derniers temps à le valoriser.

 

 

 

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Une candidate du libre amour en Espagne

30 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Soledad S** (j'anonymise pour les moteurs de recherche) aurait pu être Balance comme moi. Manque de chance elle est vierge... Elle est née le 18 septembre 1972 (deux ans après moi), sous la dictature de Francisco Franco. Elle habite Ciudadela (Citadèle), une ville de 30 000 habitants, capitale, de l'Ile de Minorque, aux Baléares. Elle y dirige un Parti, qui n'a obtenu que 80 voix dans cette ville plutôt de droite (bien que l'île soit restée républicaine jusqu'en 39) aux élections municipales de 2011. P1000173

 

republica-espanolaEn 2011 justement, Mme S** avait publié une affiche électorale montrant ses deux seins nus volumineux (qui ne l'empêchent pas de faire du tir à l'arc) empoignés par deux mains viriles avec le slogan "deux grands arguments". Cela l'avait faite connaître de toute l'Espagne. Elle participe à des concours de poésie et récits érotiques du magasin de sextoys de sa ville tenu par une copine à elle. Elle aime "Le Dernier Samouraï" avec Tom Cruise et "Not afraid" d'Eminem. Elle défend les minorités mais écrit en castillan pas en catalan dont elle n'a pas l'air d'aimer le nationalisme. Elle a  des tas d'idées sur l'aménagement du territoire, le vivre-ensemble, la protection des animaux. Elle ne veut pas d'enfants parce qu'elle a peur d'être une mauvaise mère. Ses "fils" sont son chien et son chat...

 

Mme S** est très à gauche. Récemment, sur Facebook, elle soutenait le projet de grève générale et dénonçait le silence des médias sur les conflits sociaux qui ont émaillé le mandat de Zapatero. Elle avait été choquée de voir que le "Front de gauche" espagnol, Izquierda Unida, ne l'a pas plus soutenue que cela dans la publication de son affiche et même a tenu selon elle une position puritaine "droitière".

 

Mme S** tient un discours très pacifiste, pour l'intégration universelle des êtres humains dans un même amour unificateur. Sa page Facebook met en exergue des citations du Mahatma Gandhi et de Bertrand Russell. Comme beaucoup de femmes pacifistes elle estime que la femme peut sauver le monde, qu'elle est sacrée, qu'elle porte en elle quelque chose de divin. Elle s'intéresse à la théorie marxiste du matriarcat de feu la commmuniste américaine Evelyn Reed. Comme beaucoup de pacifistes aussi, elle est restée très catholique, mais catholique "critique", hostile au pape, désespérée de voir des chrétiens embrigader des mineurs dans des milices armées en Ouganda. Elle parle peu des pays étrangers n'ayant peut-être pas beaucoup voyagé, sauf quand il s'agit d'évoquer la faim dans le monde.

 

Voilà. Ce personnage n'est peut-être pas très important et n'a sans doute guère d'avenir dans le paysage politique espagnol. Elle est cependant représentative de certains courants qui circulent un peu partout. Ce mélange catho-marxiste-écolo-païen-jouisseur-moralisateur (défenseur d'une morale du vivre ensemble et de la résistance face aux technostructures qui le compromettent), cette religiosité plus affective que dogmatique qui se mêle à l'activisme politique au risque de le rendre un peu brumeux, on le rencontre chez beaucoup de femmes qui cependant n'osent pas toutes s'engager dans des partis politiques ou se présenter à des élections pour promouvoir leur "espérance". Je suis un sceptique devant le choix manifesté là de créer son propre parti, qui ne fait que 80 voix. Tentation puriste si répandue en Europe : on ne s'agrège pas à ce qui existe - on préfère créer son propre truc en se disant que les autres auront reçu "la lumière" et vous rejoindront spontanément. Symptôme d'une forme de narcissisme politique peut-être, de fermeture au monde, de refus du sens du concret. Il y a des tas de petits groupes en France comme ça aussi, qui poussent l'autisme jusqu'à ne même pas répondre aux mails lorsque des tiers s'adressent à eux pour en savoir plus sur leur compte. Aujourd'hui Facebook permet de croiser la connaissance des choix idéologiques des personnalités publiques comme cette femme, avec leurs goûts privés. On mesure ainsi leur degré d'adhésion aux modes, le type de culture qui les habite.

 

On peut se demander ce que révèle le choix de passer des soirées dans des concours de nouvelles érotiques plutôt qu'à élever des enfants. Choix de rester tourné vers sa propre enfance (qu'elle manifeste de temps en temps en évoquant des anecdotes de ses 7 ou 8 ans sur Facebook ) ? Manque de confiance en soi ? Lien avec sa profession (qui n'est pas conue) ? Cumul de malchances ? D'autres hypothèses peut-être. Je n'ai pas d'avis arrêté sur la procréation. Beaucoup de femmes disent avoir une "horloge biologique" (horloge dont l'heure butoir est presque atteinte pour cette dame) et disent ne pas se sentir "complètement femmes" si elles ne procréent pas. Mais c'est en France, pas en Espagne où le taux de fécondité est bien moindre. On ne sait jamais qui est dans un conditionnement négatif - la femme qui s'autopersuade qu'il lui faut une enfant, ou celle qui est convaincue qu'il vaut bien mieux qu'elle n'en ait pas. Le schéma social dominant en France pousse vers le premier modèle, celui d'Espagne encourage le second. A Rome on ne pouvait intégrer le Sénat si l'on n'était pas père de famille. En France aujourd'hui beaucoup de femmes élues mettent en avant le fait qu'elles ont des enfants pour montrer leur capacité à prendre en charge la vie d'autrui et donc celle de la cité, de s'ouvrir à une altérité concrète pas seulement intellectuelle. Le thème de l'articulation difficile entre liberté de disposer de son corps et contraintes de la procréation ne date pas d'hier.

 

En tout cas voilà, on là sous les yeux l'illustration d'une option politique de gauche de notre temps, et quelques éléments sur la manière dont elle s'incarne dans un individu donné. C'est un cas-type transposable mutatis mutandis à beaucoup d'autres femmes qui essaient de penser "un autre monde possible" de nos jours, même s'il présente aussi d'aussi des éléments d'idiosyncrasie non généralisables.

 

Je suis frappé de voir que ni en Espagne ni dans d'autres pays européens le genre d'aspiration qu'il exprime (pour une meilleure disposition de son corps, pour une meilleure intégration sociale par ce biais), n'a pas de "répondant" dans les grands partis politiques classiques. Il n'y a pas véritablement de programme dans le paysage mainstream pour répondre à cette aspiration. Or on ne peut pas assurer que l'aspiration en elle-même soit totalement infondée, ou si elle l'est, il faut dire pourquoi et expliquer comment on peut en détourner ceux qui la portent. La réponse que la classe politique espagnole lui a apportée (et qu'apporterait aussi la classe politique française) - "ne montre pas tes seins sur une affiche, ce n'est pas bien !" - est un peu courte.

 

 

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Jean Zin, Michel Clouscard, la critique du post-féminisme

29 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Je n'ai toujours pas lu Clouscard, dont je ne suis pas sûr - d'après les synthèses que je trouve ici ou là - qu'il apporte grand chose de vraiment essentiel à la critique du capitalisme "séducteur". Je n'aime pas beaucoup non plus la critique qu'en fait Jean Zin lui reprochant de manquer de sens "dialectique" (tout ce verbiage marxiste appartient à la scholastic view, il faut aborder l'homme à partir de ses déterminations animales, et pas d'un sens de l'Histoire assise sur une "dialectique" magique et métaphysique).

 

Je trouve cependant ce passage très lucide : "Il est assez effrayant de constater comme la moindre déviation de la pensée semble pouvoir faire basculer à droite les plus révolutionnaires, passant du communisme au communautarisme ou de la contestation de l'ordre établi à un prétendu ordre naturel sinon religieux. Il y a une indéniable proximité des extrêmes par l'imaginaire de l'insurrection et du sacrifice, du volontarisme et de l'unité supposée du peuple, par la fascination du coup de force et l'héroïsation de l'existence. S'il est un peu rapide d'identifier le sexo-gauchisme au (néo)fascisme, on ne peut nier des passerelles mais, paradoxalement le néo-fascisme répressif serait plutôt, dans les faits, du côté de ceux qui dénoncent la libération sexuelle..."

 

Très juste aussi cette phrase : "alors que la nécessité va se faire de plus en plus sentir de remettre au premier plan les questions de survie et de production, il ne faudrait pas que ce soit au détriment d'une liberté qui nous est vitale mais en retrouvant une solidarité sociale tout aussi vitale".

 

Tirer le signal d'alarme contre le retour de l'ordre moral à l'extrême gauche est utile, mais il vaut mieux le faire à partir d'une praxis (pour parler comme Marx) - qui parmi ces auteurs de billets sur le Net a monté une association pour changer concrètement le vécu sexuel des gens ? qui propose des réformes politiques effectives ? - plutôt qu'en se complaisant dans l'invocation incantatoire de la "dialectique" .

 

P1000651-copie-1.jpg

Je lis ce matin une critique amusante du "salopisme". L'article n'est pas vraiment d'un très haut niveau (cf des problèmes de style comme la faute grammaticale sur "se tourne vers l’Etat pour lui exiger ces nouveaux numerus clausus", ou son sousentendu grossier selon lequel Dumézil aurait défilé "en uniforme sous des symboles aryens" sic, ce genre de détail en dit long sur la qualité de pensée de l'auteur), et cède à beaucoup de facilités. C'est un texte à maints égards nihiliste, qui ne propose en soi aucune voie réelle d'émancipation (critiquant aussi bien le dating, que le couple bourgeois etc), mais qui présente néanmoins l'intérêt de rattacher le salopisme "postféministe" à la précarité des femmes de formation littéraire vouées à une certaine insignifiance professionnelle, laquelle les attache à des fixations fétichistes victimaires complètement destructrices pour ce fameux "lien social" que j'évoquais dans mon précédent post.

 

Il est clair que le postféminisme façon "FEMEN" ukrainiennes avec leur "nudité hostile" comme dit l'auteur de ce billet promet plus d'anomie que de construction réellement utile à la société humaine. Mais, pour le coup, je rejoindrais bien Zin là-dessus, au mot "dialectique" près. Avec un peu plus de "sens dialectique", on peut penser que beaucoup de femmes à travers le postféminisme apprennent quelque chose de nouveau, de leur rapport à soi et à autrui (notamment à l'autre sexe), qui peut être "dialectiquement" utile à quelque chose, sauf si c'est "peu dialectiquement" rejeté en bloc par la génération qui suit... (c'est la limite de la dialectique - à quoi fut "dialectiquement" utile par exemple l'expérience communiste médiéval du Bahrein disparue de tous les livres d'histoires, et d'autres expériences encore plus confidentielles ?).

 

Ce qui est frappant en tout cas c'est que tous les adversaires du capitalisme peinent à définir ce que serait une sexualité libre souhaitable ou à peu près satisfaisante. Le concept manque singulièrement de contenu. Peut-être par manque de réflexion profonde sur la nature humaine, au sens darwinien du terme.

 

 


 

  ps : dans la série "postféminisme capitaliste", je trouve cette annonce sur FB (bien sûr c'est provençal...)

 

Mettez vos maris, conjoints, fiancés, amants au placard le temps d’une soirée entre filles. Moi Prénom vendeuse à domicile chez Miss Toysy, je viens vous faire le show et vous présenter mes sextoys « spécial girl », mes cosmétiques glissants et ma lingerie sexy à faire grimper un escargot sur le toit de l’immeuble !!
Promis vous ne serez pas déçu... ambiance, convivialité et choix assuré. Les prix quant à eux sont plus que raisonnables !
Les sexshop c’est beurk et ca pue, les sites internet c’est froid et c’est l’arnaque... par contre une réunion à domicile avec Miss Toysy c’est marrant, on s’amuse et on découvre plein de sextoys, de cosmétiques qui glissent et de la super lingerie très sexy (vous ne serez pas déçu).
J’organise des réunions à domicile . Je viens accompagnée de ma valise du bonheur (huiles de massage gourmandes, accessoires coquins, lingerie, sextoys …).
Autour d’un verre à l’heure de l’apéro ou d’un café je fais ma démonstration. On peut goûter, sentir, toucher …
Contactez-moi. A bientôt chez vous... !
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Femmes, révolutionnaires et aristocrates : Heilwige Bloemardinne

8 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

bruegelNe soyons pas chiches en cette Journée de la Femme, dans l'évocation de ces femmes étonnantes qui furent à la fois aristocrates (ou grandes bourgeoises) et révolutionnaires, et qui, du fait du cumul de ces qualités antogonistes se ménagèrent une sorte d'immunité qui leur permit de mourir de leur belle mort. Nous avons cité Alexandra Kollontaï un peu plus bas. En voici une autre que l'historien Raoul Vaneigem dans un livre de 1986 sort heureusement de l'oubli : Heilwige Bloemardinne (ou Bloemart).

 

Bruxelloise, née vers 1265, morte 70 ans plus tard, elle est comme beaucoup d'hérétique surtout connue par un de ses détracteurs, Henri Pomerius. Selon lui cette dame, sans doute fille d'un échevin, siégeait sur un fauteuil d'argent qui fut offert à la duchesse de Brabant à sa mort. Les gens la croyaient entourée de séraphins quand elle allait communier et après son trépas "les estropiés touchèrent son corps défunt en pensant ainsi recouvrer la santé".

 

Pourtant Bloemardinne, comme beaucoup d'hérétiques, réhabilitait les bas plaisirs. Elle soutenait qu'en faisant preuve d'une absence totale de volonté (d'agir, d'aimer, de prier, de connaître etc), dans une sorte de pure passivité, et d'oisiveté radicale, on accédait à l'innocence et à l'union complète à Dieu qui fait qu'ensuite il n'y a plus de faute, même à s'abandonner à ses plus vils instincts.

 

Vaneigem raconte que l'Inquisition n'osa pas intervenir en 1529 contre les Alumbrados de Séville parce que des membres de grandes famille en faisaient partie. 300 ans plus tôt cette béguine dissidente radicale qui rejette l'Eglise, les prêtres et les jours saints, aurait elle aussi échappé à l'Inquisition grâce à son rang social et à ses soutiens chez les riches bruxellois.

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Une histoire bizarre au Zimbabwe

8 Mars 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

chreiben.jpgUne histoire d'inceste qui se passe au Zimbabwe (je la trouve dans Zimbabwemetro du 13 février dernier). Le commentaire du chef local Nathan Muputirwa qui parle de "mauvais présage" est plutôt amusant. Etrange aussi qu'il dise qu'il ne peut pas tuer ces responsables de sacrilège comme il l'eût fait autrefois. L'Afrique bouge, et par moments, fait n'importe quoi.

 

"MASVINGO — A Masvingo woman and her son have fallen in love with one another. And now they want to marry since the mom, Betty Mbereko from Mwenezi in Masvingo, is six months pregnant and expecting her son’s child.

Mbereko (40), who was widowed 12 years ago, has been cohabiting with her first child, Farai Mbereko (23).

She confirms that she is six months pregnant and that she has decided it is better to “marry” her son because she does not want to marry her late husband’s young brothers, whom she says are coveting her.

Betty stunned a village court last week when she said the affair with her son had begun three years earlier.

She said after spending a lot of money sending Farai to school following the death of her husband, she felt she had a right to his money and no other woman was entitled to it.

“Look, I strove alone to send my son to school and no one helped me. Now you see that my son is working and you accuse me of doing something wrong. “Let me enjoy the products of my sweat,” she told the village court.

Farai said he was more than prepared to marry his mother and would pay off the ilobola balance his father had left unpaid to his grandparents.

“I know my father died before he finished paying the bride price and I am prepared to pay it off,” he said.

“It is better to publicise what is happening because people should know that I am the one who made my mother pregnant. Otherwise they will accuse her of promiscuity.”

But local headman Nathan Muputirwa says: “We cannot allow this to happen in our village, mashura chaiwo aya, (This is a bad omen indeed). In the past they would have to be killed but today we cannot do it because we are afraid of the police.” He warned them to break off their marriage or leave his village.

They chose the latter and have left the village for an unknown destination."

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Les salons de massage chinois et le fascisme ordinaire

12 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

P1000173

Actualisation 2019 : Le massage dans le taoïsme chinois est identifié comme un moyen d'entrer en contact avec des démons par l'ouverture du troisième oeil. Il avait une fonction assimilable à la sorcellerie en Mésopotamie. De nos jours la plupart des masseuses européennes travaillent en partenariat avec des médiums spirites ou ont elles-mêmes des dons de médiumnité. Il en va de même des masseuses chinoises. Evitez donc ces pratiques qui vous mettent à votre insu en contact avec des forces obscures, et, en outre, encouragent en vous un démon de masturbation qui, sur le long terme, rend votre personnalité plus instable et crée une grave dépendance.

Qu'on me pardonne l'usage approximatif dans ce titre qui se veut être un clin d'oeil aux Sixties à l'heure où l'on ressort une interview de Pasolini, qui juge la société de consommation capitaliste pire que le fascisme italien.

 

Je voudrais dire un mot de l'article du journal 20minutes d'avant-hier et des réactions qu'il suscite. Je crois qu'il est utile de rappeler que les salons de massage des beaux quartier que l'on a déjà évoqués sur ce blog ne gènent absolument personne (ils sont plus discrets que le prostituées, et d'ailleurs la prostitution est légale en France), et remplissent une fonction d'initiation à des expériences sensuelles nouvelles (notamment un dépassement de la frontière sexualité génitale/reste du corps que contribue à instaurer le hardcore audiovisuel).

 

On aurait envie de commenter les réactions stupides que suscite cet article :

 

- Le petit con qui n'a jamais osé pousser une porte de salon de massage et qui déploie une argumentation raciste très semblable à l'argumentaire de Dupont-Aignan sur l'argent chinois par définition "sale".

 

"hcristian34

Il faut que les policiers fassent des investigations, quitte à donner de leur personne pour aller chercher des preuves, et fermer les salon qui font autre chose que des massages. Il en est de même pour les agents du fisc.
Ces salons de massages ont deux vertus pour ceux quilles tiennent, passer outre toute la législation sur la prostitution et travailler tranquillement sous couvert d'une activité légale, et blanchir de l'argent sale."

 

- Le même genre d'abruti, version juriste, qui s'imagine en plus qu'il se passe des trucs abominables derrière ces portes (alors qu'il semble que dans 80 % des cas ce ne sont que des "finitions manuelles"), mais apparemment la sexualité cachée nourrit toujours des terreurs.

 

"JDif

 

La loi française entretient l'ambiguïté et l'hypocrisie. Puisque la prostitution n'est pas interdite en France et que c'est seulement le racolage et l'argent gagné sur la prostitution des autres, c'est-à-dire le proxénétisme, qui sont sanctionnés, qu'est-ce qui interdit à une fille qui travaille dans un salon de massage de se prostituer pour son propre compte, ce qui ne constituerait pas un délit, et comment savoir si le tenancier des lieux n'en tire aucun profit, ce qui en serait un? Comment oser affirmer qu'un massage nu et avec les seins est dépourvu de toute connotation sexuelle?"

 

- La petite idiote frustrée d'être exclue de ce domaine de plaisir masculin (les "regards hostiles"), et qui préfèrerait qu'il y ait plus de magasins de fringues à Paris (comme s'il n'y en avait pas déjà assez), parce qu'il vaut mieux pour elle être esclave du système marchand (ce sont les soldes en ce moment !) plutôt que d'ouvrir ses horizons sensoriels (à moins qu'il ne s'agisse de réserver le sensoriel aux femmes : manucure, salons de beauté).

 

 

"MookieOne

 

Pfffff....
Jhabite justement du coté de cette rue, pareil pour les rues voisines....en 2 ans j'ai compté 5 ouvertures. Les devantures sont bizarres et le regard hostile quand on est une fille...
C'est d'autant plus chiant quand ce salon à remplacé un petit commerce..."

 

Ce genre d'expression de la bêtise totalitaire moderne, la bêtise lettrée qui s'étale dans les forums avec des arguments nobles et sans faute d'orthographe, me fait autant gerber en ce moment que les attaques du microcosme médiatique parisien contre la ministre plébéienne Nadine Morano. Dans tous les cas c'est toujours l'arrogance liberticide de cette petite bourgeoisie hypocrite, bardée de faux idéaux, de principes vermoulus, prête à lancer ses fatwa à tout vent, à voter Mussolini quand on la conditionne pour rêver à l'empire romain, à flinguer tout le monde et tous les plaisirs aujourd'hui au nom de la protction de la nature ou des droits de l'homme et des droits des victimes (victimes souvent imaginaires d'ailleurs, ici les "pauvres prostituées" alors que beaucoup de Chinoises travailent à leur compte), pour le droit à garder son magasin de fringues franchisé (et là , il n'y a pas d'exploitation ? et les Chinoises qui bossent 15 h par jour pour des salaires de misères à fabriquer vos robes sans voir leurs enfants, elles ne souffrent pas plus que les salariées de la finition manuelle ?) et surtout le droit sacré pour ces idiots de se glisser dans la peau du justicier. Leur vie est si vide, si plate. Il faut qu'ils s'en prennent à l'autre en nous mêmes, le truc mystérieux venu d'ailleurs, là, de l'autre côté de la rue, le truc qu'on ne voit pas et qui fait donc forcément des choses très sales avec de l'argent sale.

 

Quelle tristesse....

 

 

 

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"Non ou la vaine gloire de commander"

6 Juin 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Un passage que j'ai trouvé drôle (et profond) dans "La Pornographie" de Gombrowicz, surtout quand on voit comment il intervient dans le récit romanesque et à propos de quoi (p. 77) :

 

"La facilité avec laquelle les femmes disent "non". Ce don du refus qu'elles possèdent au suprème degré. Ce "non" qu'elles ont toujours en réserve - et une fois qu'elles le trouvent en elles, elles sont impitoyables".

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Le biologiste Jean-Didier Vincent victime d'un fascisme féministe

1 Juin 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

L'émission Ce soir ou jamais hier soir était hélas révélatrice de l'impossibilité du débat contemporain sur les rapports hommes-femmes en dehors d'une political correctness que Steven Pinker comparait au stalinisme et qu'on peut aussi trouver fasciste dans son style imprécatoire, accusatoire et agressif... Voilà qui, selon moi, augure d'un véritable apartheid confucéen entre les genres en France... Triste époque.

 

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Le sexe est en trop

16 Mai 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

C'est pas Dsk qui me contredira ce soir, depuis sa cellule newyorkaise : le sexe est en trop. Il oblige à s'intéresser charnellement à des tas de créatures moralement et intellectuellement dépourvues de tout intérêt qu'on regrette après coup d'avoir connues "bibliquement" car elles vous ont tiré vers le bas, et révélé toute la nullité humaine - quand elles ne vont pas jusqu'à vous créer de très sérieux problèmes avec leur sale mentalité.

 

kim-jong-il

Le pire bien sûr c'est quand, comme dans le cas de DSK, le sexe devient incontrôlé, se muant en fringale de consommation, détruisant tout chez ses victimes (on ne pense pas assez à la pauvre femme de ménage de l'hôtel de New York en ce moment qui, si elle dit vrai, mérite bien plus de compassion que le leader social-libéral déchu).

 

Dans le Diplo ce mois-ci un article affirmait que la moitié des hommes apaisent leurs tensions nerveuses en regardant du X. Un chiffre énorme, mais pas si surprenant que cela à la réflexion. Dans le X le moment inévitable où le partenaire ou la partenaire vous dévoilera ses côtés agaçants, déprimants, grotesques, cet instant qui vous fera regretter d'être né humain n'arrivera jamais. Point de problème de confrontation avec l'altérité. Tout est lisse et fictif. Le X c'est du sexe domestiqué, enfin !

 

Je ne sais plus qui disait que les jeunes de nos jours avaient "la flemme" de séduire. Et comme je les comprends ! D'autant que chaque être humain ayant été soigneusement réduit par la société libérale actuelle au rang de mouton à tondre, prié de ne croire en rien et donc de ne rien vouloir créer, les chances pour qu'autrui dans la relation sexuelle ne vous renvoie plus en miroir que le néant social auquel tout le monde communie deviennent proches de 99%. Eviter la rencontre sexuelle revient ainsi à éluder une source de déprime supplémentaire (n'en jetez plus la cour est pleine !). Probable donc qu'à l'avenir l'enjeu majeur devienne tout simplement d'éradiquer la sexualité en nous, soit par des procédés chimiques, soit en la virtualisant complètement.

 

Je ne sais pas pourquoi, mais toutes ces considérations me font penser à ce qu'on dit en ce moment du livre de Peter Handke "La Nuit morave" que j'espère pouvoir lire prochainement, pour en dire un mot sur ce blog déserté...

 

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La journée de la femme sera chinoise ou ne sera pas

8 Mars 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Après tout elles sont les plus nombreuses...

 

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La sexualité en RDA

10 Janvier 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Lu ceci dans l'Imparfaite :

rda.png-------------------------------------

Plus tôt, plus sou­vent et mieux!» Voilà com­ment les his­to­riens décrivent le sexe en République Démoc­ra­tique Alle­mande. Ovni poli­tique, le régime com­mu­niste 
a entretenu, à par­tir du milieu des années 1960 et jusqu’à son implo­sion en 1989, une autre sin­gu­lar­ité, plus dis­crète: une sex­u­al­ité sans pareille. Un amour libre, égal­i­taire, imag­i­natif et –chiffres à l’appui ‒ plus orgas­mique que dans les sociétés voisines. La RDA fut à ce titre une excep­tion, entre une RFA «prute» à l’Ouest et le reste d’un bloc com­mu­niste tombé dans le machisme sovié­tique. Le régime social­iste est-allemand a couvé une romance sex­uelle aujourd’hui motif d’ostalgie. Pourquoi? La fab­rique étatisée d’une sex­u­al­ité dis­crète­ment révo­lu­tion­naire a nourri un amour para­doxale­ment libéré, inspiré d’une sex­olo­gie offi­cielle cen­trée sur l’orgasme féminin. Mal­gré ses con­tra­dic­tions –petites-bourgeoises et lib­er­ti­cides– ce lab­o­ra­toire his­torique a eu le temps de faire ses preuves au monde…
et au lit.

 

Mythe d’une baise morose à l’Est


Durant la Guerre froide, en Alle­magne, l’ironie de l’histoire mit lib­erté et plaisir sex­uels du côté du rideau de fer pour­tant censé être le plus froid: l’Est. «Quand 
la pre­mière étude com­par­a­tive entre Alle­magne de l’Est et de l’Ouest sur l’expérience sex­uelle des étudi­antes fut con­duite en 1988, les résul­tats mon­trèrent –au grand éton­nement des experts de l’Ouest– que les filles de l’Est appré­ci­aient bien plus 
le sexe que leurs voisines ouest-allemandes» ; et Dag­mar Her­zog de pré­ciser, dans Social­ist Mod­ern: «et avaient des orgasmes plus sou­vent»! suite de l'article dans l'Imparfaite"

 

 

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Réformer les moeurs

30 Décembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Pour moi, l'équation est très simple : un bon citoyen doit être un bon philosophe, et un bon philosophe doit être un réformateur des moeurs.

 

Citoyenneté et philosophie, tout le monde comprend ces premiers termes de l'équation depuis la Troisième république : on ne peut s'engager sans une réflexion sur le bien commun, la condition des individus et des groupes, la vie, la mort,le savoir adéquat etc. On ne peut pas, comme certains le croient, se contenter de critiquer le système, les institutions, dénoncer les mensonges, sans expliciter les valeurs que l'on défend et l'ordre social que l'on souhaiterait voir substituer à l'ordre actuel. Or toute cette explicitation requiert nécessairement un travail d'élucidation proprement philosophique sur le sens des choses.

 

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Les autres termes sont moins évidents car le libéralisme nous apprend à ne pas vouloir orienter les moeurs de l'humanité, à plutôt "laisser-faire", et laisser chacun à ses pires penchants, même les plus destructeurs, quitte à mobiliser une armée de thérapeutes en aval, armée de thérapeutes dont le présupposé premier et qu'il faut "adapter" l'individu au fonctionnement de la société. Un "laisser-faire" très hypocrite qui en vérité laisse la place à des conditionnement de masse très dangereux par le consumérisme ambiant.

 

J'entendais cet après-midi sur une chaîne publique des débatteurs disserter sur la tristesse des Français, le fait que les gens ne rient pas assez, qu'il leur faut des massages pour se porter mieux etc. Il point sous ces discussions des nostalgies pour le temps de nos grands parents où l'on vivait davantage en plein air, où l'on savait moins de chose, où l'on était moins perfectionniste, où l'on culpabilisait moins, et où on rigolait d'un rien après avoir bu un bon verre de rouge qui tache.

 

Ces discussions petites bourgeoises passéistes et frileuses ne font qu'entretenir le pessimisme des gens et leur morosité.

 

Le tropisme petit-bourgeois et conformiste est extrêmement fort quel que soit le sujet qu'on aborde. Prenez les religions par exemple. On veut qu'elles se renient. On veut les "adapter" au système social actuel, tout comme les individus : il faut absolument que le pape reconnaisse la nécessité du préservatif (quelle rigolade...), la légitimité du mariage gay, et la nocivité pour la santé de l'abstinence (une nocivité pourtant complètement non démontrée et qui n'existe souvent qu'à cause de la condamnation sociale dont l'abstinence fait l'objet). Le codicile est qu'il faut aligner le christianisme sur le système petit bourgeois consumériste. Il n'y aura pas de grand éditeur pour ouvrir son catalogue, ni de chaîne de TV pour ouvrir ses ondes à un auteur qui prônerait au contraire un christianisme plus radicalement chaste comme celui des encratites par exemple, ou à l'opposé un christianisme collectiviste qui prônerait un communisme sexuel adamite, voire un christianisme qui prônerait la fabrication de robots anthropomorphes et accepterait l'accouplement avec ceux-ci. Or ouvrir les ondes et les bibliothèques à ces tendances-là serait du plus grand intérêt pour la réflexion sur ce que peut être l'humain et sur ce qu'une religion peut prôner tout en étant fidèle à ses principes initiaux (or mon intuition est que les corpus religieux du fait de leurs contradictions internes sont beaucoup plus souples qu'il n'y paraît et ouverts aux interprétations les plus audacieuses).

 

Voyez l'Islam aussi. On veut depuis plusieurs décennies pousser cette religion à abandonner la polygamie, qui, dans sa version traditionnelle, semble avoir consititué effectivement un carcan pour tout le monde (hommes, femmes, enfants) si j'en crois certains témoignages africains notamment. Pourquoi ne donnerait-on pas la parole à des auteurs favorables au contraire au maintien de la polygamie et à son évolution ? Au nom de la souveraineté de la femme, dit-on, de sa liberté, de ses droits. Mais d'où sort-on que la polygamie est nécessairement contraignante pour les femmes ? Les concubines du "musulman polygame de Nantes" (lesquelles étaient, je crois, au moins pour partie des chrétiennes ou athées converties) qui a défrayé la chronique cette année n'avait pas l'air de l'entendre de cette oreille. Pourquoi ne pas imaginer une polygamie "libre" éventuellement tolérante aussi à l'égard de l'adultère féminine ?

 

Le débat dans les sphères religieuses artificiellement structuré autour d'une cassure entre soi-disant "conservateurs" (traditionalistes) et "modernistes" (c'est-à-dire petits bourgeois soumis au consumérisme ambiant) est triste et pusillanime. Il l'est aussi hors du champ religieux, dans la sphère laïque où pourtant aucun principe théologique ne retient la pensée.

 

Quand on pose la question de la tristesse des Français, de leurs inquiétudes, personne dans les grands médias ne soulève en arrière-plan l'interrogation sur une réforme radicale des rapports intersubjectifs, des structures familiales, du cadre professionnel etc.

 

C'est sur ce terrain là que je voudrais placer mon prochain livre, et peut-être une bonne partie des billets de mon blog l'an prochain si ce blog existe encore...

Actualisation 2019 : Je désavoue complètement le contenu de cet article.

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La cause des mâles

1 Décembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

La gauche est née au 18ème siècle en Europe autour des idées d'égalité, de liberté, qui ne peuvent qu'être des idées universelles et non communautaristes. Au contraire le communautarisme était, à l'époque, cultivé par les réactionnaires (les nobles bretons et béarnais qui refusèrent de iéger aux Etat généraux français par exemple en 1789).

 

Toutefois cet universalisme pour ne point cautionner la loi du plus fort et défendre l'égalité concrète doit se tenir à l'écoute de certaines identités opprimées. Autrement dit, je ne veux pas qu'au nom d'un universalisme abstrait on laisse l'Albanais privé de la reconnaissance de sa langue (dans la première Yougoslavie de 1918), ni le Serbe ou l'Abkhaze privé de son droit à faire connaître sa version de l'histoire (en Europe en 1999 et jusqu'à aujourd'hui), comme je ne veux pas qu'au nom d'une laïcité abstraite le musulman soit stigmatisé comme étranger (dans la France des années 2000). Et je ne veux pas non plus que le communautarisme - régionaliste, religieux ou autre - devienne l'auxiliaire d'un Empire gobal - comme Esquerra republicana de Catalunya qui demande à Madrid de reconnaître le Kosovo (voir l'intéressant article d'El Mundo sur la méfiance des Etatuniens à l'égard de l'Espagne de Zapatero telle que la révèle Wikileaks).

 

Aujourd'hui l' "identité" masculine (on devrait plutôt dire les  "particularités" masculines pour autant qu'elles constituent des éléments identitaires dans les interactions quotidiennes) fait-elle partie de ces "traits communautaires" (pour aller vite on considèrera que les traits masculins comme les pratiques linguistiques peuvent fonder des sentiments communautaires) opprimés dans la culture contemporaine ?

 

La question mérite un article de sociologie approfondi. Faute de temps, je me contenterai d'un billet. Elle fait partie des thèmes qui, à gauche, comme la question nationale, ou la question de la démocratie, sont traités sur le mode de la honte, du refoulement, du déni de réflexion - ce qui explique que sur la question des genres on aime mettre au premier rang des écervelés à la Clémentine Autain qui réciteront le catéchisme politiquement correct à la mode. A ce jour ceux qui ont posé la question (généralement pour la caricaturer) se retrouvent à droite ou à l'extrême droite (pensons à Zemmour par exemple).

 

Quelques constats. 1) La société reste assez largement patriarcale (ne serait-ce que dans la sédimentation des héritages culturels du passé), et le système capitaliste maintient une supériorité matérielle des hommes (salaires plus élevés, meilleur accès aux fonctions de directions), laquelle, couplée à la supériorité physique (stature corporelle qui reste en moyenne plus élevée), est une source de violence (voir les violences conjugales, la thématique du viol récemment remise sur le devant de la scène etc) 2) Les femmes ont accompli en Europe des progrès symboliques décisifs : émancipation de leur culture et de leur condition professionnelle, travail très important de culpabilisation du mâle pour les siècles de domination qu'il a imposée (une culpabilisation à celle que l'on adresse à juste totre au colonialisme par exemple).

 

Le résultat de ce double mouvement est que, si les mâles gardent une position dominante dans l'accès à la domination économique, ils traversent une crise culturelle profonde qui se traduit notamment par une incapacité croissante à prendre une place dans l'éducation des enfants.

 

Lisons deux secondes cette présentation (stupide mais quand même révélatrice de quelque chose) du magazine Elle :

"Que n'a-t-on dit sur les pères ? Démissionnaires, perdus, trop papas poules. Stop aux clichés. Les nouveaux papas réinventent chaque jour leur rôle"

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Il est chic (et aussi chic que vain) de contrer les clichés avec d'autres clichés. Mais tout de même, les deux premiers mots choisis pour désigner la façon dont les pères sont couramment perçus "Démissionnaires, perdus" disent quelque chose de vrai et de profond. Le phénomène des pères démissionnaires, la disparition des pères dans l'éducation des enfants, existe, il est massif, et il dit quelque chose de la crise de l'identité masculine. Ce n'est pas qu'avant les pères aient été plus attentif à l'éducation de leurs rejetons, mais la société indexait plus spontanément les valeurs de l'éducation à l'imaginaire masculin : même un enfant instruit par une femme apprenait à travers cette femme à respecter les valeurs et l'imaginaire de son père, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.

 

Ma position a toujours été que les groupes qui ont été en tort historiquement et qui ont exercé une domination injuste doivent être condamnés pour cette domination sans que cela entraîne automatiquement la disqualification "par essence" de ce qu'ils sont. Par exemple la France peut être condamnée pour ses crimes coloniaux sans que cela disqualifie la grandeur de ce qu'elle a apporté au monde tout au long de son histoire. Et les crimes du nazisme ne doivent pas vouer à l'opprobre l'ensemble de la culture allemande.

 

Il en va de même pour les traits masculins qui, n'en déplaise aux constructivistes radicaux, ne sont pas seulement des constructions culturelles - la testostérone est bien une hormone prédominante chez les hommes et qui entraîne des caractéristiques de comportement partout et à toutes les époques.

 

La culture masculine est une culture qui a sa noblesse propre, et dont les caractéristiques doivent être valorisées.

 

J'entends bien que sous des cieux démocratiques, alors que les machines prennent en charge les travaux pénibles, et qu'un niveau d'intellectualisation supérieur est impliqué par la complexification des pratiques sociales, tout un pan de la culture masculine est aujourd'hui disqualifié : celui qui est lié à la brutalité, à l'agressivité physique, musculaire, une certaine grossièreté virile pour parler vite. 

 

 Mais il est d'autres traits dominants du caractère masculin qui me paraissent précieux et dont il faut défendre la place dans la société contemporaine : c'est notamment le cas de cette propension que nous, les hommes, avons, à explorer des territoires nouveaux, à conquérir des espaces vierges. La psychologie évolutionniste l'impute au partage des rôles dans la préhistoire entre un homme chasseur et une femme  plus préoccupée par le soin de la progéniture. J'ignore si c'est vrai. D'autres parlent de "néoténie psychique" qui fait que l'homme reste plus enfant et plus aventurier (un thème aussi controversé, un prof au Collège de France l'a contesté récemment, mais son livre très "politiquement correct" ne me convainc pas). Je pense pour ma part que cet esprit de découverte que nous avons existe, il est plus ancré chez nous que chez les femmes, et nous le maîtrisons bien mieux, avec plus de style, plus de constance que les femmes. C'est ce qui fait que nous sommes plus portés vers la philosophie et vers la création de très haut niveau (en matière musicale, en peinture etc). Il nous confère une haute capacité d'abstraction, que nous payons ensuite, certes, d'une certaine inaptitude à prendre soin de détails du quotidien, mais c'est une inaptitude que nous devons assumer fièrement : il n'y a aucune raison pour qu'on nous culpabilise pour ce trait essentiel de notre être. Je crois que cet esprit de conquête qui se sublime si bien sur le terrain des idées et de l'abstraction, est lié à nos caractéristiques sexuelles. Le mâle a une sexualité tournée vers l'extérieur, qui le voue à pénétrer des espaces, tandis que la femelle, qui accueille en son intériorité, est nécessairement plus attentive à la défense et à l'organisation de celle-ci (même si on trouvera toujours des contre-exemples individuels de femmes plus masculines, plus conquérantes, et de mâles féminisé très attentifs à leur petit espace quotidien, ce qui est bien sûr tout aussi légitime, mais minoritaire...).

 

Je ne vois pas l'intérêt que l'on trouve à nier ces caractéristiques, ces différences. Je crois qu'il faut au contraire les valoriser, leur accorder toute leur place dans la culture contemporaine.

 

J'entends bien que les femmes sont assez peu prêtes à accepter les hommes tels qu'ils sont, et à valoriser leurs particularités. Après avoir fait admettre leurs propres traits culturels, elles s'enferment dans un dogmatisme étonnant que reflète toute une littérature féminine contemporaine hostile aux hommes soit disant irresponsables, volages, tête en l'air, peu précautionneux, incapables d'assumer leurs engagements etc.

 

Je ne sais si ce dogmatisme féminin "mysandre" (comme on dit dans le beau langage) durera encore longtemps. Si tel est le cas, il pourrait vouer les deux sexes à une logique d'apartheid, ce qui est déjà largement le cas aujourd'hui et l'a été souvent dans l'histoire du monde : le confucianisme faisait de la séparation des sexes une règle absolue, Montaigne en a fait l'éloge, et de fait l'organisation sociale traditionnelle créait beaucoup moins d'interactions entre hommes et femmes que la société actuelle. L'important est en tout cas d'accepter les choses sans tabou, de ne pas se laisser impressionner par un terrorisme intellectuel, terrorisme du ressentiment, qui tente de vous culpabiliser dès que vous essayez d'être fier de ce que vous êtes. La fierté masculine est aussi légitime que la fierté féminine. Il faut construire et reconstruire sans relâche de l'imaginaire viril autour de cette fierté et lui laisser occuper une place dans ce qui est transmis aux enfants. Rien ne serait plus bancal et médiocre qu'un monde qui ne reconnaisse plus que la légitimité exclusive des valeurs féminines.

 

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Quand le porno n'était pas encore du gonzo

30 Novembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Pardon aux yeux sensibles qui ne souhaiteraient pas s'abîmer sur d'aussi viles considérations, mais je dois dire un mot de ce thème qui préoccupe beaucoup de jeunes gens : le porno a-t-il régressé ou progressé sur un plan qualitatif dans le monde occidental ?

 

Je regardais récemment des films de Vintage des années 1970-80. C'était le temps où le porno racontait des histoires, même des histoires kitsch, stéréotypées, c'était sans importance. La libération sexuelle était encore entourée d'une petite dose d'aura mystique. Une petite musique accompagnait obligatoirement toute scène d'accouplement. Les dames avaient un pubis normalement velus, les poitrines n'étaient pas siliconées, les ventres pas tatoués, il n'y avait pas de piercing inopportun, les hommes ne s'épilaient pas. Ils bandaient déjà avant le début de la fellation, ce qui traduisait malgré tout un certain enthousiasme perdu chez les acteurs du X, ou du moins une moindre surexploitation...

 

C'était aussi le temps où il y avait encore des lieux pour la pornographie : ces improbables cabines de sex shops à pièce de la rue saint denis qui puaient l'eau de javel (c'est étrange d'ailleurs qu'elles existent encore, tels des vestiges du vieux Pairs), les boutiques de locations de vidéos. Le X procédait d'une certaine extériorité spatiale, il fallait au moins se lever et atteindre son magnétoscope pour visionner une nouvelle cassette. Tout n'était pas donné sur votre écran d'ordinateur entre deux discours d'Asselineau et au milieu de l'élaboration d'un tableau Excel.Le X avait un statut "territorialisé" dans une existence organisée en sphères séparées.

 

Bon, je ne nie pas que des progrès importants ont été accomplis dans la technique de la prise d'images et l'art de mettre en scène les corps comme le montreront les deux clips suivants (exercice de collégiens, rédaction pour la semaine prochaine : comparez ces deux vidéos à 30 ans d'intervalle). Mais bon justement, à force de maîtriser la technique, on fait toujours la même chose, on ne différencie plus beaucoup du X italien du X étatsunien, on ne risque plus d'être surpris par une parodie de peplum antique ou une scène dans un monastère (le contexte culturel ou même émotionnel est devenu à ce point superflu). Seule la fascination pour l'éclat des corps compte selon une chorégraphie parfaitement stéréotypée. Un peu triste quand même.

 

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Amours russes

9 Novembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Je lis ce matin par hasard dans Ria Novosti :

 

"Un ... de mes vieux amis, un journaliste télé de 33 ans, m'a récemment parlé d'une collègue qu'il aimait bien. Il lui a demandé de sortir avec lui à l'ancienne, un mercredi pour le vendredi. Et il le lui a demandé en personne, pas par Facebook ou par sms. Il avait déjà pensé à son restaurant favori auquel il voulait l'emmener. " Pourquoi ne va-t-on pas simplement chez toi ou chez moi pour coucher ensemble ?", répondit la fille. Horrifié, mon ami a abandonné l'idée complètement. " Dans ces conditions, cela n'avait aucun attrait pour moi ", dit-il. " Je voulais d'abord la connaître".

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Je ne sais pas exactement ce qui a motivé la conduite de cette fille – s'il s'agissait d'un appétit sexuel vorace ou du fait que, tout simplement, elle n'était pas intéressée par mon ami sauf bizarrement pour coucher immédiatement avec lui.

 

Quoi qu'il en soit, je pense qu'au fond d'elle-même, cette fille tout comme les autres consommateurs de relations rapides, recherchent l'amour et rêvent de trouver LA bonne personne. En réalité, aujourd'hui, nous recherchons l'amour plus que jamais dans l'histoire de l'humanité quand l'amour n'était pas un ingrédient du mariage et que les gens avaient de faibles attentes et un choix drastiquement réduit.

 

Peut être aussi est-il vrai que ma génération est un peu perdue sans entremetteuses de confiance autour de nous à l'exception des réseaux sociaux et de leur myriades de gens (seulement virtuellement) disponibles."

 

Dans ce pays où la natalité est en berne, on se torture beaucoup l'esprit sur le thème "est-ce qu'il y a de l'amour chez nous ?", ou "est-ce qu'on a la bonne façon de s'aimer ?". A preuve encore ce sondage de février 2009, et les multiples articles sur la disparition ou la réapparition de l'amour entre le Dniestr et Sakhaline. Signe aussi du fait qu'ils se demandent encore quelle est la "bonne attitude" à adopter devant le monde de la consommation et du libéralisme qu'ils connaissent depuis moins longtemps que nous. Ils veulent des cours là-dessus, du coaching, ils ont peur d'avoir faux. Ils se demandent comment font les Français, et les autres occidentaux. Le symptome d'une faiblesse intrinsèque. Les Etatsuniens, eux, ne se posent pas ce genre de question. Ils font du consumérisme décomplexé (du moins sur les campus des facs, pour le prolo du Mississipi ou pour le quadra en famille ça doit être plus compliqué, mais eux non plus ne se demandent pas comment font les Russes et les Français).

 

Un géographe qui voudrait se faire nom devrait publier un Atlas de l'amour dans le monde, si ça n'a déjà été fait.

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