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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #philosophie et philosophes tag

Culte du corps 1970-2020 : simple passage du + au -

13 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Les rapports hommes-femmes, #Lectures, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Débats chez les "résistants"

Jean Baudrillard, dans La Société de consommation (1970) me paraît décrire un processus très actuel de nos jours quand il écrit (p. 217 de la version de poche) que la soi-disant émancipation "des femmes, des jeunes, du corps en tant que catégories immédiatement indexées sur une pratique fonctionnelle, se double d'une transcendance mythique, ou plutôt se dédouble en transcendance mythique, en une transcendance mythique" qui, dans le cas des femmes, conduit à "circonscrire dans l'idée de la femme et de son corps tout le péril social de la libération sexuelle, à circonscrire dans l'idée de libération sexuelle". Evidemment on a le même processus 50 ans plus tard à un autre stade avec le "female empowerment", le transgenre etc qui ne sont que des catégories mythiques de "marketisation" d'une révolte artificiellement suscitée (c'est là le travail d'ingénierie sociale justement).

De façon intéressante dans son argumentation, Baudrillard passe ensuite directement au thème du "culte médical, la 'forme' " (ce qui fait penser à l'obsession hygiéniste actuelle, la dictature sanitaire), en disant que "de la relation au corps, qui est moins celle au corps propre qu'au corps fonctionnel et 'personnalisé' se déduit la relation à la santé". Autrement dit il y a une continuité entre ce " 'supplément de corps et de sexualité' dont bénéficie l'individu moyen" cristallisé dans des formes consuméristes et la relation à la santé devenue un élément de prestige pour l'individu, qui ensuite fait entrer le corps dans l' "une demande virtuellement illimitée de services médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques".

On aurait envie d'ajouter : ça c'était sur le versant "positif" du procès de consommation, dans les années 60-70 quand le corps était investi d'un potentiel d'expansion censé remplacer l'expansion de l'âme à laquelle on aspirait jadis à l'époque de Sainte Thérèse d'Avila. Puis, lorsque, sous l'effet du catastrophisme de la nouvelle bien-pensance des années 1990-2000, la libération sexuelle n'est plus conçue comme promesse de bonheur mais vecteur d'oppression d'autrui et de maladie, et le corps n'est plus pris dans une compétition pour la séduction (encore qu'il reste quelques bribes de ça, mais dans une séduction autocentrée, purement narcissique, dans la salle de sport devant son miroir), le "supplément de corps" dans l'ordre social, sous les cieux apocalyptiques devient simplement obsession de la survie du corps, dernier fétiche d'une société qui implose, et qui s'illustre par ces cas pathétiques de gens qui nagent seuls au milieu de la mer avec un masque chirurgical, adhèrent à n'importe quel mensonge médiatique sensationnaliste et sont prêts à exiger l'emprisonnement physique (voire l'exécution) de ceux qui refusent la vaccination. On n'a fait que "tourner le bouton", inverser les polarités, basculer du signe plus au moins, dans un processus de catégorisation et de création de mythe (d'enfermement des gens dans des mythes idolâtres), qui, au fond, reste toujours le même à 50 ans de distance.

C'est pourquoi, par exemple, la chanteuse Ingrid Courrèges qui, semble-t-il, fait un tabac dans les manifestations et sur YouTube en reprenant des airs des années 1980 au service du combat contre la dictature sanitaire, ne fait qu'entretenir les masses résistantes dans une nostalgie du versant soi-disant positif de l'ancien culte de la liberté corporelle, sans voir qu'il s'agit là simplement du revers de la même pièce que le fascisme sanitaire actuel. Cela pourrait bien vouer le mouvement à l'échec (un peu comme, de toute façon, le mouvement des Gilets jaunes ne pouvait aller nulle part tant qu'il restait lié à la "France de Johnny Hallyday" qui est, dans ses symboles, ses pratiques, et les forces spirituelles qui la travaillent, la même que celle de Macron et la même que le monde de George Soros et Bill Gates). Du reste, il n'y aura pas, cette fois-ci, besoin de LBD pour vider les rues. Un simple reconfinement automnal à coup de fake news comme celles qu'on nous livre en ce moment sur la Martinique-Guadeloupe (on leur a envoyé des CRS à la place des bouteilles d'oxygène) devrait suffire...

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Haine de l'humanité, emprisonnement des corps, et un mot de la Chouette du président

8 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Bill Gates, #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #Divers histoire, #Philosophie et philosophes

Les manifestations se multiplient contre le passe sanitaire. Ce n'est pas une garantie du fait que les autorités vont reculer, loin de là (tant qu'elles ont le soutien d'une moitié de la population, voire du tiers, qui sont hypnotisés, elles peuvent continuer d'enfoncer le clou) mais c'est un bon baromètre de la psychologie des gens et de leur capacité à se battre pour leur dignité. On a constaté cela aussi en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne, ou dans un pays très martyrisé par le fascisme "sanitaire" : l'Australie. Heureusement les gens ne sont pas encore complètement vaincus.

Je me faisais ce matin la réflexion que les satanistes qui administrent nos nations pour le compte des grands pouvoirs financiers globalistes et des forces spirituelles qui les gouvernent jouaient sur une corde très facile à actionner : la haine de l'humanité. Tout le thème de l'écologie enseigné à nos enfants depuis l'école primaire à nos enfants s'inscrit dans cette haine, et l'on sait maintenant que ce vaccin soi-disant destiné à "sauver des vies" est en réalité le fruit des recherches de dépopulationnistes comme Bill Gates qui ont inscrit la réduction du nombre d'êtres humains dans le marbre de monuments comme les Georgia Guidestones et dans le conditionnement des séries hollywoodiennes.

Il est très facile de cultiver la haine de l'humanité, parce que n'importe qui parmi les êtres humains peut se rendre compte que l'humanité est quelque chose de mal fichu. On peut aimer certains êtres humains à titre individuel, à la rigueur certains groupes. Mais aimer l'humanité globalement est chose presque impossible. On essaie de l'aimer quand on est religieux parce que c'est l'oeuvre d'un Créateur qui nous commande de l'aimer, ou, quand on est athée, en vertu d'un projet pour la rendre meilleure (c'était un peu ma démarche avant ma conversion). Autrement dit : l'amour pour l'humanité devient un outil d'action, plus qu'un sentiment spontané.

Les religions abrahamiques nous disent que Dieu a placé l'humanité au centre de l'univers et de son projet, en en faisant la seule espèce animale capable, tout en sachant que son existence est possible, et qu'il existe des lois morales, d'ignorer cela délibérément en commettant le mal parfois même de la façon la plus atroce. C'est ce que l'on appelle la liberté. Et parce que l'homme est le seul animal libre, il est la créature la plus précieuse dont la conversion (l'acceptation de Dieu et de ses lois) devient l'enjeu même du sens de l'histoire de tout l'univers.

Personnellement j'adhère à cette idée depuis que j'ai dû admettre l'existence du monde invisible et comprendre comment tout cela "marchait", mais je dois dire que, du point de vue de mon intelligence très limitée, je trouve assez étrange que Dieu ait accordé ce privilège "cosmique" à des animaux si pitoyables. Il suffit de nous regarder. Même d'un point de vue esthétique. Nous appartenons à la famille des primates, qui est sans doute une des moins élégantes du règne des mammifères. Si nous n'avions le vêtement pour dissimuler notre laideur la plupart d'entre nous serions réellement affligeants. Et cela est d'ailleurs dû à une certaine dérive démocratique. Ma compagne me faisait remarquer il y a peu : "Regarde les femmes dans la rue. Pratiquement aucun n'a la moindre classe. Aucune ne fait l'effort de se tenir droit. Elles n'ont aucune allure dans leurs démarches. Les hommes non plus d'ailleurs, la plupart marchent en canard. A cela s'ajoute la négligence vestimentaire. On dirait qu'ils ont tous capitulé devant la médiocrité".

Je dis "démocratique" au sens péjoratif du terme, sans perdre de vue que certaines "démocraties" ou "démocratures" "populaires", qui n'ont pas perdu le sens d'une certaine utopie arrivent à mieux limiter que nous les dégâts esthétiques. Je pense à Cuba où, paraît-il, la tradition de l'apprentissage de la danse classique introduite par les Soviétiques dans l'île a contribué à maintenir chez les femmes un sens du port du buste perdu en Occident, et il paraît aussi que là bas les hommes arrivent à préserver quelque chose de leur apparence...

Bref il est aisé de ne pas aimer l'humanité ne serait-ce que sur le plan physique, d'autant plus que celle-ci renonce à prendre soin d'elle-même (et à se soigner moralement, le physique étant en partie ici le reflet du mental). Et donc il est facile aux nihilistes de jouer sur ce désamour voire sur cette haine, pour pousser les pions de leurs plans destructeurs, car, du coup, beaucoup de gens mêmes s'ils pressentent que leurs dirigeants jouent contre eux, renonceront à résister du seul fait qu'ils conçoivent qu'il y a quelque chose d'au fond légitime dans ce complot pour leur destruction, et, de ce fait, ils préfèreront fuir dans des univers virtuels  dans lesquels justement le Microsoft de Bill Gates et ses sorciers de service (voyez l'affaire du casque Hololens en plein premier confinement) veulent les enfermer...

Je ne développerai pas ici la politique du corps qu'on trouve dans la matrice actuelle et qui avait été déjà entrevue par ce "vieux dégueulasse" de Foucault, comme dit un de mes correspondants (vieux possédé en réalité, ce sont des démons contre des démons). C'est un mélange étrange de poursuite de l'idéal des Grecs païens et des Perses zoroastriens du corps parfait et de mépris pour les corps réels, le premier nourrissant le second. En tout cas on voit bien que le "biopouvoir" va s'acharner là-dessus désormais. Mais on peut espérer que la persécution des corps (les entraves à la liberté d'aller et venir notamment) contribuera à libérer les âmes. Les Juifs racontent qu'en 1812, un de leurs sages, en Russie, le Baal HaTanya (Rabbi Shneur ben Baroukh Zalman de Liadi) avait pris parti pour le Tsar contre Napoléon (alors que beaucoup de Juifs considéraient la France issue de la Révolution comme une Nouvelle Jérusalem) en disant que si les tsars tenaient les corps captifs, au moins ils n'emprisonnaient pas les âmes, comme risquait de le faire l'esprit moderne républicain français (il y a d'ailleurs une histoire rocambolesque sur la manière dont ce sage échappa à Napoléon qui recherchait ses ongles et ses cheveux pour lui jeter des sorts).

On peut espérer que plus on cherchera à emprisonner les corps, plus on donnera les moyens aux âmes de s'élever.

Je termine d'un mot avec le débat intéressant qu'a déclenché la chouette arborée par le locataire de l'Elysée sur TikTok la semaine dernière. On a parlé à juste titre du Bohemian Grove. La chouette de Minerve revient souvent dans les créations à connotation maçonnique comme les vidéos que faisait l'auteur de l'habillage sonore du logo de Canal+ (cf ici) ou les sacs à main de Kate Spade (cf ici), et le fameux " Do you think the last paragraph violates the owl/minerva rule ?" dans les mails fuités d'Hillary Clinton en 2011.

En plus la chouette d'E.Macron a une tête en pyramide inversée comme dans The Boy in the Bubble...

Nous ne sommes pas en de bonnes mains...

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Remarque à propos de l'arc-en-ciel

26 Juin 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #Philosophie et philosophes

Dans ses Méditations sur les 22 arcanes majeurs du Tarot, Valentin Tomberg pour la lame XVII note que le philosophe allemand Leibniz "n'avait pas à faire face aux gouffres ou abîmes qui séparent une croyance d'une autre, un groupe humain d'un autre. Par dessus les abîmes séparant les thèses et leurs antithèses, il jetait l'arc-en-ciel de la continuité, de la tradition graduelle. De même que le rouge se transforme graduellement en orange et l'orange en jaune, qui à son tour, se transforme imperceptiblement en vert, pour devenir bleu, indigo et violet, de même toute thèse se transforme en son antithèse. (...) Le platonisme, l'aristotélisme, la scolastique, le cartésianisme, la mystique et le spinozisme n'étaient, pour Leibniz, que des 'couleurs' de l'arc-en-ciel de la 'Philosophia perennis' et il se mouvait dans son penser sur le cercle 'zodiacal' de la pensée. Son oeuvre était donc celle de la paix, tout comme celle de l'Hermétisme, car la méthode de Leibniz est l'Hermétisme pur et simple. Et c'est cet 'arc-en-ciel de la paix' (le principe de continuité) qui guidait Leibniz dans son activité dévorante". On voit donc que le drapeau de la paix et le drapeau LGBT sont un symbole hermétique. L'arc-en-ciel, comme le damier noir et blanc maçonnique, est une invitation à dépasser la dualité (notamment dans le domaine de la morale), au profit de la fusion dans l'unité luciférienne de Babel ("one world" "new world order").

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Le Covid et le déclin du courant chomskyen

31 Mai 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Débats chez les "résistants", #coronavirus-vaccination-big pharma, #Christianisme

Je regardais tantôt sur YouTube le débat Chouard/Bricmont. Celui-ci défend la dictature, notamment en  partie parce qu'il a été lui-même malade du SRAS-Cov-2, et parce qu'il croit beaucoup (trop) en la validité de la technoscience actuelle et en l'indépendance des structures étatiques à l'égard du capitalisme (de l'OMS à la Chine). Chouard avait selon moi l'avantage, même si Bricmont a raison de combattre certaines dérives des anti-vaccins. La manière qu'a ce dernier de demander le musèlement de la dissidence fait penser au ralliement de Chomsky à Biden sur la question du climat. Cette mouvance est en train de perdre la force critique qui était la sienne au moment de la guerre du Kosovo et de la guerre d'Irak.

Cela montre les limites d'une approche purement ou étroitement rationaliste des problèmes de notre temps. Ce qui ne signifie pas pour autant, bien sûr, qu'il faille verser dans des positionnements purement "inspirés", chamaniques etc.

Définir une position qui équilibre raison et inspiration est difficile. Je travaille un peu, depuis quelques mois, sur le catholicisme libéral français des années 1830-1840 (Lamennais, Lacordaire, Montalembert, Ozanam), pour voir comment ce courant géra sur un mode créatif le problème de l'héritage antéchristique de la Révolution française. Cela ne nous aidera pas forcément à nous positionner à l'égard des aspects antéchristiques de la "gouvernance mondiale" actuelle (qui prolonge à maints égards une certaine trajectoire de 1789), mais il est toujours bon de voir comment les générations antérieures (et celle-là fut très brillante) ont réfléchi à des problèmes qui avaient des points de congruence (sur les questions de la rationalité, du progrès, de l'autoritarisme, de la justice sociale etc) avec les nôtres.

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La chute de Michel Foucault (mon article en anglais paru aux Etats-Unis)

11 Mai 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Grundlegung zur Metaphysik, #Christianisme

Pour l'infirmation de mes lecteurs, je signale la parution dans l'e-magazine chrétien américain Culture Wars (mai 2021) de mon article (en anglais) qui tire toutes les conséquences des révélations récentes de Guy Sorman sur le fait que le philosophe français "post-structuraliste" Michel Foucault en 1969, maître à penser international depuis 50 ans, exploitait la misère économique des enfants tunisiens en leur imposant des rapports sexuels nocturnes dans des cimetières. En voici le début ci-dessous :

 

The Fall of Michel Foucault

Last month, March 2021, during an interview on France TV-France 51 channel, philosopher Michel Foucault’s former friend and “right wing” columnist Guy Sorman (who’s 77 years old now), declared: 

I think it is important to know when an author was or wasn’t a bastard (“salaud”). And when we learn that he was a bastard – just like Celine and Morand – we still can read his works. I’m not asking to burn Celine’s or Paul Morand’s books, but I believe it is important to know when an author was a terrible person. I’m talking about Foucault. What Foucault did with kids in Tunisia (in 1969) – and I saw it and I blame myself for not having denounced it at the time – drives me, not only to reject Foucault’s work, but to look back at it in a different way. It’s not about “cancel culture” like in the US, but we have to look at culture with a double sight. These things were completely despicable – with young children! – not to mention the problem of consent. They [the children] were not white, not even French. This is extremely ugly morally stuff.” Mainstream British Newspaper The Sunday Times2 was even more specific on the subject after interviewing Sorman: “Young children were running after Foucault saying ‘what about me? take me, take me’ he recalled … They were eight, nine, or ten years old. He was throwing money at them and would say ‘let’s meet at 10pm at the usual place.’ He would make love there on the gravestones with young boys. The question of consent wasn’t even raised.”

This news, coming a few days after his very anti-Christian book (mainly aimed at the early Fathers of the Catholic Church) Confessions of the Flesh: The History of Sexuality, Volume 4, published in an English translation, had the effect of a bombshell. Many French speaking mainstream media in France like Yahoo!3, weekly Le Point,4 French TV CNews,5 etc., in the Maghreb like Courrier de l’Atlas6, but also various media in different languages from Middle-Eastern Al-Bawaba7 to Argentinian Pagina128 spread the news.

Although most media outlets commented on the fact that the matter of the consent of those abused children was never raised and on the silence of the journalist who witnessed the facts in Tunisia 52 years ago, none emphasized the Satanic nature of these sexual orgies performed on tombs, something which connects to demonic realms and shows the real deadly face of the so-called “liberation sexuelle” whose most prominent 20th century prophet was Foucault.

As a matter of fact, from the French public perspective, this was just one more nail in Michel Foucault’s coffin. Foucault used to enjoy an unparalleled reputation in French intellectual left wing circles (which means in the vast majority of intellectual milieux) in the 1970s, just after the “revolution” of 1968, as a brilliant advocate of the “liberation des moeurs” (sex liberation) attacking Christianity, but also psychoanalysis and other forms of State or institutional repression of individual desire. But that tide had already begun to ebb at the end of the 1980s. When I was myself a student at the prestigious Institut d’Etudes Politiques de Paris (“Sciences Po”) and the Paris-Sorbonne University (from 1989 to 1991), most scholars commented on Luc Ferry’s book La Pensée 68, published in 1985.9 Professor Ferry, a proponent of neo-Kantian secular humanism and typical member of the elite, who would later become the minister of public education under Jacques Chirac at the time of the Iraqi war, rightly pointed out (with his co-author Alain Renault) that all the intellectual post-1968 trends rooted in structural linguistics like Louis Althusser’s Marxism, Pierre Bourdieu’s sociology, Jacques Derrida’s deconstructivism, Jacques Lacan’s psychoanalysis or Gilles Deleuze’s and Michel Foucault’s versions of Nietzscheanism dangerously undermined the notion of free will and moral responsibility which was an essential part of the thought of figures like Saint Augustin and René Descartes.

During the course of the 1990s, Foucault lost his influence at philosophy departments in French universities, which became more and more interested in analytical philosophy imported from English speaking countries, Foucault being considered less a philosopher and more like a historian of social institutions and their relation to the body. Paradoxically, Foucault’s second wave of success in France in the first decade of the 21st century came more as a boomerang effect from the USA through two kinds of strongholds: gender studies and LGBT lobbying on the one hand and health care sociology on the other.

Even after losing his reputation as a “real philosopher,” Foucault remained a kind of icon in the gay community as a heroic fighter for the rights of minorities. Activist writers like his former companion Daniel Defert (who sold Foucault’s archives to the Franch national library for 3.8 million euros (4.5 million dollars) in 2014 on the 30th anniversary of his death after selling part of his library for 350,000 dollars to Yale university 10 or like Didier Eribon11 who published his biography in 1989 and was a columnist in prestigious liberal media outlets like L’Observateur, Le Monde, Libération, Les Inrockuptibles, tried to preserve the cult of Foucault amongst their bourgeois (“bobo”) readers making him indispensable for the gay cause in general  and in particular for the gender studies that popped up in the 2000s and 2010s, which used Foucault as a deconstructivist tool against the legacy of patriarchy.

This influence of Foucault declined from what it had been in in the 1970s, because no one could seriously believe any more that social reality was the mere product of “discourse,” as the structuralists had claimed. But there were other reasons for the decline of his reputation. Fallout from the Sokal hoax12 after 1996 combined with the development of neurosciences and evolutionary psychology studies in the 2000s challenged the cultural hegemony of all post-structuralist thinkers,13 while the prestige of human science universities declined.

The legacy of Foucault might have survived in the ghettoes of gay rights and gender studies if another stronghold for Foucauldism hadn’t emerged around the same time, namely, the field of biopolitics and biopower that Foucault had developed as the last part of his oeuvre after 1976. As the corporate global power of Big Pharma became more and more visible after the first SARS and H1N1 pandemics, multiple controversies arose concerning the side effects of chemical medication in all fields from psychology to oncology, and exposed the grasp of medical technostructures on the public long before the outbreak of Covid19. SUITE DE L'ARTICLE ICI AVEC LE RESTE DU NUMERO DE MAI POUR 4 DOLLARS

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Le CERN toujours aussi occultiste

14 Mars 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Philosophie et philosophes, #Le monde autour de nous, #Les Stazinis

Continuons de suivre les remises de prix annuelles du prix "Collide International" qui octroient des résidences d'artistes subventionnées par le Centre européen de recherche nucléaire. En 2018, le prix était revenu à une créatrice britannique de jeu de tarot, auteure d'une exposition en hommage à un projet de contact extraterrestre nazi qui aujourd'hui poursuite des expériences de voyages astraux extra-corporels avec la Galerie Serpentine de Londres ; en 2019 à une autre auteure de jeu de tarot, hollandaise cette fois. Le mois dernier, 16 février, on apprenait que le nouveau lauréat (parmi 564 projets soumis) était le projet Black Quantum Futurism (BQF) de Philadelphie (Etats-Unis) de Camae Ayewa et Rasheedah Phillips.

«Le projet, explique le site du CERN, cherche à comprendre comment la physique quantique peut influencer la façon dont les gens pensent, expérimentent et mesurent le temps dans la réalité quotidienne, en explorant les possibilités qu'offre la physique quantique au-delà des limites des notions traditionnelles et linéaires du temps», expliquent les artistes. «Grâce à ce projet, nous nous connecterons avec des scientifiques basés au CERN pour en savoir plus sur leurs recherches sur le temps en physique - en particulier en étudiant les expériences menées sur la symétrie CPT, les recherches des scientifiques du CERN sur les théories quantiques de la gravité et d'autres phénomènes de physique quantique puisqu'il s'agit d'enquêtes sur le temps. »

Par delà ce verbiage, retenons que Camae Ayewa est une musicienne qui pratique ce qu'elle appelle le "rap de sorcière" ("witch rap") incantatoire et écrit de la poésie sur les "ossements fétiches".

Rasheedah Phillips, juriste, militante féministe, investie dans "l'afro-futurisme" à Philadelphie, développe des théories sur les temps subjectifs cycliques par les personnes de couleur aux Etats-Unis, leur utilisation des objets du quotidien pour voyager dans le temps (une thématique très utilisée à Hollywood, notamment dans des films ésotériques qui faisaient référence à Trump), leur projection dans une société apocalyptique.

Vous ne le croiriez pas peut-être, mais cette troisième remise de prix du CERN a elle aussi ... un rapport avec le jeu de tarots ! Sur le site de l'Institut d'art contemporain (ICA) de l'université de Pennsylvanie le 28 septembre 2016 on pouvait lire : "Rejoignez l'ICA pour une soirée de musique et de performance de Black Quantum Futurism ( Rasheedah Phillips + Moor Mother) avec des lectures de Metropolarity, des paysages sonores de Mind Over Matter Music Over Mind, de la musique de l'ensemble de jazz Irreversible Enanglements et des tirages de tarot gratuits avec des prophétesses. Servez vous pour obtenir gratuitement des cartes de tarot de Black Quantum Futurism à emporter et une affiche sérigraphiée à emporter avec un graphique BQF pour un changement d'espace-temps à faire soi-même. BQF installera également un stand Oral Future, avec une enquête sur le temps et la mémoire."

Oui, Black Quantum Futurism a son propre jeu de tarot pour y faire parler des entités occultes ! Les diseuses de bonne aventure vous offraient une lecture sur ses cartes à la soirée organisée par l'université pennsylvanienne en 2018 (ben voyons...)

A bien y réfléchir personne ne devrait s'en étonner quand on sait que cette mouvance veut réhabiliter la soi-disant spiritualité ancestrale noire (vaudou, santeria, c'est à dire la sorcellerie) contre les religions monothéistes abrahamiques (christianisme, judaïque) qui ont une conception linéaire de la temporalité et de l'histoire. Une fois de plus le CERN choisit le domaine antéchristique de l'invocation des esprits ancestraux pour anticiper l'avenir...

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Onfray

4 Mars 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Philosophie et philosophes

Hier soir sur RT chez Taddei ("Interdit d'interdire"), Michel Onfray évoque Christophe Colomb découvrant l'Amérique en 1492 et "massacrant" des "Créoles" aux Antilles, ce qui, dit-il, légitimerait aux yeux des "indigénistes" une violence "en retour" des Noirs. L'idée ne lui vient pas à l'esprit qu'en 1492 il n'y avait pas de "créoles "aux Antilles mais des Amérindiens. On pourrait multiplier les exemples d'approximations et d'inepties grossières de ce publiciste sur tant de sujets. Nos médias et notre époque ont les idoles qu'ils méritent.

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Que garder de Pasolini ?

15 Février 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Avortement, #Les rapports hommes-femmes, #Béarn, #Cinéma, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Philosophie et philosophes, #Grundlegung zur Metaphysik

Mes 20 ans, malgré tout ce qu'ils comportaient de concessions à l'hédonisme, au cynisme et à l'athéisme, ont été marqués par Pasolini, par son inactualité, par sa façon de filmer les paysans, de filmer Dieu. Encore à 42 ans, perdu dans mon aveuglement spirituel, je saluais quand même la position originale de ce cinéaste révolutionnaire sur l'avortement - voyez ici.

Je pourrais encore citer des phrases fortes dans Ecrits corsaires comme "le résultat d'une liberté sexuelle 'offerte' par le pouvoir est une véritable névrose générale. La facilité a créé l'obsession".

Le publiciste catholique américain E. Michael Jones rappelait encore que "Salo ou les 120 jours de sodome" montrait mieux qu'un sermon que la sexualité libre était un instrument du fascisme et qu'elle conduisait au meurtre.

Mais ce message moral n'est pas l'atout majeur de Pasolini selon moi (notamment parce qu'il n'est pas adossé à une orthodoxie spirituelle, mais c'est une autre affaire). Le centre de sa production est plus sociologique : c'est sa critique de la destruction du monde rural italien par la société de consommation (bourgeoise). "L'univers paysan (auquel se rattachent les cultures sous-prolétariennes urbaines et, jusqu'à il y a quelques années, celles des minorités ouvrières, comme dans la Russie de 1917) est un univers transnational qui ne reconnaît tout bonnement pas les nations (...) Les hommes qui peuplaient cet univers... étaient des consommateurs de biens de toute première nécessité. C'est sans doute cela qui rendait leur vie pauvre et précaire extrêmement nécessaire, tandis qu'il est clair que les biens superflus rendent la vie superflue(...) Du point de vue du langage verbal, on assiste à la réduction de toute langue à une langue communicative, avec un énorme appauvrissement de l'expressivité (...) Aucun gosse des bourgades des environs de Rome ne serait capable, par exemple, de comprendre l'argot de mes romans d'il y a dix-quinze ans et, ironie du sort ! il lui faudrait consulter le glossaire comme un bon bourgeois du Nord !" (article du 8 juillet 1974 p. 87).

En ce moment beaucoup d'esprits qui résistent à la dictature sanitaire mondiale demandent qu'on rende aux nations leur indépendance pour que des expérimentations à la suédoise ou à la biélorusse puissent être menées, loin de la corruption de Big Pharma. Même parmi les religieux j'entendais hier le Rav Dynovisz déclarer en tandem avec un sien interlocuteur que le mondialisme du Veau d'Or cherchait à détruire l'humanité en détruisant les 70 nations...

Certes les nations sont peut-être maintenant le dernier outil pragmatique pour échapper à la réduction mondiale en esclavage, mais il faut voir que les nationalismes "défensifs" d'aujourd'hui sont sur le point d'être laminés et annexés par l'Empire de Nemrod uniquement parce qu'ils ont, dans un premier temps, été les niveleurs du monde paysan primitif, les auteurs de son asservissement à travers le processus d'industrialisation et de consommation. Bref : le nationalisme n'a été qu'une étape du chemin de l'enfer qui mène aujourd'hui à la Nouvelle Babylone unificatrice hygiéniste, dématérialisatrice et transhumaniste.

Il y a peu, une lectrice de ce blog d'origine béarnaise me disait tout le bien qu'elle pensait de cet article que j'ai écrit il y a neuf ans à propos des mots gascons que ma mère glisse dans sa conversation en français (un article qui est encore parmi les plus lus de ce blog tous les mois). Mais le langage de ma mère - et dans une certaine mesure aussi celui de mon grand père - ne portait déjà plus, dans la seconde moitié du XXe siècle, son dialecte ancestral dans ses locutions quotidiennes qu'à l'état de vestige fantomatique, peut-être dans un effort désespéré de conserver quelque chose du réel, dans un monde déjà envahi par les émissions de Michel Drücker et la présence obligatoire devant l'écran du JT de 20 heures.

Ce que je garde donc du cinéma de Pasolini c'est surtout cela. Cette ultime tentative de porter à l'écran le réel de la Terre, à travers les regards des paysans, qu'il filme la Colchide de Médée, la Judée de l'Evangile selon Saint Mathieu, ou les Mille et Une nuits au Maroc. Il est si difficile aujourd'hui de percevoir ce qu'était ce monde là. Dans son article de 1974 que je citais plus haut, Pasolini disait en trouver encore des traces dans le Tiers-Monde, mais sur un mode là encore de plus en plus évanescent. Je ne suis même plus sûr qu'on puisse l'y trouver aujourd'hui. Et je ne vois plus ce qu'il peut rester de l'humanité, lorsque la Terre en elle a été aussi systématiquement éliminée, pour n'être réduite qu'au statut de slogan totalitaire, alibi de sa destruction complète.

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"Les droits de l'homme contre le peuple" de Jean-Louis Harouel

29 Décembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures, #Philosophie et philosophes, #Christianisme, #George Soros, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

Je lisais hier "Les droits de l'homme contre le peuple", de Jean-Louis Harouel, professeur émérite de Panthéon Assas (un livre court et profond, publié en 2016, dont je vous conseille la lecture pendant la fêtes car il se lit très vite et très bien). Je suis loin d'être d'accord avec tout ce qui est dit. Notamment je pense que le livre surestime le "péril musulman" (même si, c'est vrai, il ne faut pas sousestimer la gravité de menaces que font peser sur notre civilisation des projets comme ceux des Frères Musulmans, trop creuser le fossé entre immigrés musulmans et autochtones chrétiens est une erreur dangereuse). Mais il nourrit une réflexion très intéressante sur les dangers de l'idéologie des droits de l'homme comme nouvelle forme de stalinisme. Il montre sur le plan philosophique que cette idéologie, comme toutes les doctrines de gauche (y compris le marxisme), s'enracine à la fois dans la Gnose (cette hérésie chrétienne qui divinise l'humanité) et dans le millénarisme (une philosophie de l'histoire qui veut préparer ici bas, notamment par la lutte contre les inégalités, le règne terrestre de mille ans du Christ), deux courants synthétisés par les prophéties de Joachim de Flore. C'est donc largement là du christianisme dévoyé qui ne retient du message messianique que l'amour et pas la justice, et qui, en ouvrant la possibilité d'un paradis terrestre dans l'avenir légitime l'amoralité, puisqu'on peut étouffer son prochain aujourd'hui au nom de ce futur Bien rédempteur qu'on se prépare à faire advenir.

Sur le plan juridique, ajoute Harouel, le droit-de-l'hommisme a connu un glissement en se transformant d'une idéologie de résistance à l'oppression étatique (ce qu'était déjà le christianisme sous l'Ancien régime), en une doctrine de lutte contre les discriminations. En empruntant cette voie, estime l'auteur, les droits de l'homme introduisent l'amour dans le droit, puisqu'il faut accorder toutes sortes de privilèges au ressortissant de la minorité au nom de l'amour qu'on lui doit (là où le christianisme, fidèle en cela au judaïsme de l'Ancien Testament situait seulement l'amour au niveau de la morale individuelle, tout en légitimant le système punitif légal nécessaire à la sauvegarde de la société). Cet amour obligatoire se nourrit en réalité d'une haine de soi-même, affirme Harouel, et, pour cette raison, porte en germe un suicide collectif de l'Occident. Et cette introduction de l'amour dans le droit, qui s'apparente à l'augustinisme de l'époque carolingienne (la volonté de l'Etat d'assumer une fonction spirituelle de rédemption des âmes, ce qui fait des ministres et des hauts fonctionnaires des prêtres) s'illustrerait notamment dans l'arrêt GISTI du Conseil d'Etat du 8 décembre 1978 imposant le regroupement familial des immigrés en France et non à l'étranger.

Un tel amour obligatoire du migrant va avec une indifférenciation totale de tous les êtres humains pris comme une abstraction (sans identité culturelle, sans genre etc), l'identité culturelle n'étant acceptée et valorisée que lorsqu'elle émane du minoritaire, lorsque celui-ci l'invoque à l'appui d'une revendication juridique qui lui permettra d'arracher quelques prébendes.

La thèse du professeur Harouel comporte beaucoup de biais inhérents à la pensée conservatrice qu'on est habitué de trouver dans beaucoup de pays riches. Je l'ai dit plus haut, elle force un peu le trait sur le péril musulman. Et elle exagère le thème de la "vertueuse civilisation européenne sommée de se suicider", en omettant que cette civilisation continue à commettre des crimes épouvantables (les politiques de changements de régimes au Proche Orient, la course insensée aux armements y compris dans l'espace, l'encerclement militaire de l'Eurasie, l'exploitation odieuse des matières premières dans les pays du Sud, le soutien à des régimes qui empêchent toute émancipation des peuples), crimes dont on ne peut rendre coupables les seuls banquiers de Wall Street (aujourd'hui ce sont les bons électeurs conservateurs partisans de Donald Trump qui ne lèvent pas le petit doigt pour permettre au peuple vénézuélien de respirer). De même la thèse est outrancière quand elle ne voit plus dans les droits de l'homme qu'une machine à détruire la culture européenne au profit des minorités comme si elle n'avait pas aussi conservé sa vocation à préserver (dans l'héritage du christianisme) l'individu face au pouvoir de l'arbitraire.

Cependant le livre de JL Hérouel a le mérite de montrer ce qu'une certaine élite cosmopolite (mondialiste), avec des gens  - qu'il se garde bien de nommer car sa visée est plus philosophique que sociologique, mais c'est bien d'eux qu'il s'agit - comme Rockefeller, Rothschild et Soros, mais aussi les 30 % d'idiots utiles (bobos urbains) qui les soutiennent, veulent effectivement faire avec l'idéologie des droits de l'homme (et ils y parviennent largement au terme d'un patient travail de confiscation des médias, et des pouvoirs publics, notamment des instances judiciaires comme la cour européenne des droits de l'homme). C'est effectivement une entreprise de liquidation à grande échelle, profondément mortifère, et cynique, à laquelle se livre ce système au nom d'un idéal d'amour totalement dévoyé (on a déjà évoqué d'ailleurs toutes ces chansons, tous ces films, marqués par la sorcellerie et l'oeil d'Horus qui nous servent l'amour à toutes les sauces et nous imposent maintenant le confinement, le masque, la vaccination, le traçage, le transhumanisme, la haine de soi puissance dix et le "together at home/together as one" le plus totalitaire et destructeur qui soit au nom de cet "amour" antéchristique). Grâce à ce livre on comprend bien les origines spirituelles de la terrible gangrène universelle que nous subissons aujourd'hui.

On comprend aussi, au passage, un point auquel je songe depuis des années : que le christianisme ne peut pas être une doctrine politique, sauf une doctrine de résistance à l'oppression gouvernementale (la résistance à César). Les politiciens qui veulent vous vendre un programme inspiré par Jésus sont donc à fuir. De l'Etat (nécessairement voué à un contrôle partiel par Satan), on peut seulement attendre que, tout en assumant vaille que vaille son devoir de protection et de redistribution à l'égard de tous, il édicte des lois modérées sous le contrôle d'un peuple qui, par la prière et par l'intervention divine, se donne les moyens de le contraindre à se limiter dans son pouvoir de nuisance.

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La souffrance

5 Novembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Lectures, #Philosophie et philosophes

On dit que Malaparte ment beaucoup dans ses écrits, comme Chateaubriand. Je ne sais. Son style parfois me donne un peu le tournis. Il ne m'apaise pas comme le faisaient jadis Stendhal ou Montaigne. Il a en tout cas un mérite étonnant : son art de parler de la souffrance humaine. J'évoquais il y a sept ans (sept ans déjà !) son récit (dans Kaputt) sur le bordel de Soroca en Moldavie, où les Allemands pendant la guerre réduisaient à la prostitution des filles de bonne famille juives avant de leur tirer une balle dans la tête. Un récit incroyablement juste et poignant, tout en sobriété. Récit extraordinaire sur la condition féminine (il se présente comme tel puisqu'il s'ouvre sur les plaintes de Victoria Louise de Hohenzorllern sur la situation des femmes).

Moins terrible, et pourtant tout aussi juste dans le style de la souffrance languissante, absurde, presque "atopos", tant elle déjoue tous les repères de la logique est le portrait dans Le Bal au Kremlin de ces aristocrates tsaristes déchus au marché aux puces de Moscou dans l'URSS de Staline en 1929 (dans laquelle Malaparte situe par erreur le prince Lvov)...

L'auteur pose souvent la question du sens de la souffrance, en mentionnant d'ailleurs beaucoup le Christ même si, comme je l'ai noté ailleurs, Dieu compte hélas assez peu dans le regard qu'il pose sur le monde.

La littérature est une école du regard. Apprendre à voir sa propre souffrance et celle des autres, avec ses différentes couleurs, ses diverses nuances, est une oeuvre utile qui s'accomplit plus justement à travers la plume des grands auteurs.

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Toujours le problème des malentendus

23 Octobre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Christianisme, #Philosophie et philosophes

S'exprimer dans l'espace public est toujours très ingrat, parce que l'on s'expose soit à la déception de ne pas être écouté (ou lu), soit à celle d'être suivi par des gens qui adhèrent à ce que vous dites mais par de mauvaises raisons (je m'en rends compte souvent quand je dialogue avec des lecteurs). Combien de gens, par exemple parmi ceux qui se sont mis à suivre ce blog dans la phase de la mise en place de la dictature sanitaire, sont des personnes au coeur profondément endurci, qui cèdent facilement aux tendances paranoïaques, et portent au pinacle des publicistes "dissidents" aux égos démesurés qui en réalité les intoxiquent et les tirent humainement et spirituellement vers le bas ! Ces gens malades ont spontanément tendance à m'identifier à ces auteurs qu'ils fétichisent, puis s'agacent de ne pas me voir ressembler aux schémas pré-définis dans leurs têtes, et finalement ne tirent à peu près rien d'utile de mes écrits sauf des éléments biaisés qui consolident leurs erreurs.

On ne peut jamais éviter qu'un discours qui voudrait "coller" à la vérité, s'inscrive dans un arrière-plan qui empêche les gens de le comprendre. On n'est jamais le premier à parler, celui dont les mots se projetteraient sur une page vierge qui ne les chargerait d'aucune connotation. Pour ne citer que l'exemple le plus éminent, il est bien évident que les paroles du Christ en leur temps "tombaient" dans des univers mentaux au sein desquels, en Israël, il y avait de nombreuses polémiques et querelles d'interprétation - par exemple chez les Pharisiens entre les partisans de Chamaï et ceux de Hillel -, ce qui, même chez le Messie, finissait par susciter cette interrogation "qui dit-on que je suis ?" (Matth 16:13), "Comment sont reçues mes paroles, comment les situe-t-on ?".

Le philosophe Wittgenstein disait qu'on passe le plus clair de son temps à contrer des théories ou des propos (on pourrait aussi dire des "attitudes", et des "positionnements éthiques") qui seront oubliés dans deux cents ans, de sorte que beaucoup de gens ne verront même pas pourquoi on a fourni tant d'efforts pour apporter toutes ces précisions. Personnellement je ne suis pas enclin à entrer dans des polémiques stériles. Je ne l'étais pas quand je prenais position contre les guerres d'ingérence alors que mes interlocuteurs "naturels" se situaient parmi les spécialistes de la géopolitique ou du débat sur "l'humanitaire". Je ne le suis pas davantage aujourd'hui, alors que mon propos s'est élargi à l'analyse de la dictature de l'oligarchie mondialiste. Passer son temps à se définir par rapport à tel ou tel nourrit des "énergies négatives" (pour employer un vocabulaire commode que je n'aime guère). Je fais toujours le pari que mes lecteurs auront la sagesse de saisir les nuances et les différences par eux-mêmes, mais il ne faut pas oublier qu'il y a toujours à l'oeuvre chez beaucoup d'entre eux comme en tout homme un "yetzer hara", qui viendra les aveugler et les tromper.

Cela ouvre la porte à mille malentendus, et, parfois, donne envie de ne plus s'exprimer du tout dans l'espace public. Mais je continue quand même à penser qu'il faut que je persévère. Même si les informations que je délivre sur ce blog risquent d'être mal comprises pour nourrir des sentiments mauvais et des pensées erronées, renoncer à les diffuser serait donner raison à BFM TV et France Info ou laisser le monopole de la parole à des "dissidents" qui me paraissent potentiellement pires ou en tout cas pas moins dangereux, par leur tournure d'esprit, que les tyrans du Forum de Davos. Le mensonge et la bêtise ne peuvent pas l'emporter.

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Le non-être n'est pas

3 Juin 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

"Le non-être n'est pas" disait Parménide. Depuis votre enfance, la culture audio-visuel vous fait souscrire positivement sous la forme de l'adhésion ou négativement sous la forme du rejet à des personnalités, des énoncés, des principes qui ne correspondent à rien de réel dans votre vie quotidienne, et qui ne devraient avoir aucune présence dans votre existence. Tous ces fantômes, dépourvus de toute réalité, parasitent votre énergie existentielle à longueur de journée et stérilisent vos vies. Or ils sont de l'ordre du non-être et, à ce titre, devraient être bannis de votre horizon. Vous ne devriez admettre dans vos vies que ce qui y est directement déposé, en fuyant toutes ces sources de représentation qui vous poussent à haïr/aimer/soutenir/rechercher des présences purement fantômatiques. Ce n'est qu'à ce prix que vous pourrez reconquérir des marges de liberté intérieure.

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La vie intérieure

4 Mai 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Lectures, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Philosophie et philosophes, #Christianisme

Ma correspondante turque m'envoie cet après-midi un petit essai qu'elle a écrit sur la Saint Barthélémy vue par Alexandre Dumas, en vue d'obtenir je ne sais quel diplôme dans le cadre de ses cours par correspondance. Grâce à elle, il y a peu, j'avais découvert la pensée religieuse de La Bruyère. C'est parfois dans le regard des étrangers qu'on comprend mieux ce que notre pays peut apporter au monde, ce qu'il faut défendre dans son héritage. Il y a tant de façons, insidieuses d'aliéner l'héritage d'une civilisation dans la barbarie d'une culture moins avancée. C'est le cas de la techno-culture mondiale actuelle, qui n'est qu'une forme abâtardie de la culture anglo-saxonne des siècles passés. Il y a mille façons de délaver notre regard dans le creuset de cette sous-civilisation. Même les formes de dévotion évangéliques (qui contaminent beaucoup d'esprits religieux chez nous) participent de cette dévalorisation complète des héritages culturels.

Ce soir, je lisais cette phrase de Bernanos : "Je crois seulement qu'un homme peut très bien garder une âme et ne pas la sentir, n'en être nullement incommodé ; cela se voit, hélas ! tous les jours. L'homme n'a de contact avec son âme que par la vie intérieure, et dans la Civilisation des Machines la vie intérieure prend peu à peu un caractère anormal (...) Elle encourage volontiers tout ce qui agit, tout ce qui bouge, mais elle juge, non sans raison, que ce que nous donnons à la vie intérieure est perdu pour la communauté (...) Imbéciles ! Vous vous fichez éperdument de la vie intérieure, mais c'est tout de même en elle et par elle que sont transmises jusqu'à nous des valeurs indispensables, sans quoi la liberté ne serait qu'un mot" (La France contre les robots p. 116-117).

Je n'apprécie pas tout dans Bernanos que je trouve souvent un peu brouillon, mais il a toujours des intuitions intéressantes (sa sympathie pour la Révolution de 1789 qu'il juge inspirée par l'amour chrétien de la liberté, avant sa confiscation en 1791-94, son refus radical du franquisme et du fascisme etc). Et sur la question de la vie intérieure, je ne peux que lui donner raison.

En lisant ce passage,  je me disais que nous avons bien mérité la dictature que le coronavirus va faire peser collectivement sur nos épaules, comme nous avons mérité, il y a 19 ans, celle que nous a infligée la soi-disant "lutte contre le terrorisme". Nous sommes si fascinés par les machines, à commencer par les ordinateurs. Chaque jour nous leur avons laissé voler notre âme. Qui s'étonnera ensuite que les gouvernements technocratiques, qui vivent par et pour les machines, se permettent maintenant de nous enfermer chez nous, et de nous fliquer avec leurs drones, avec leurs puces, avec leurs chiens ?

Nous avons renoncé à la vie intérieure. Ceux qui croient la sauver par la "méditation", me font bien rire. Oh la belle manière de sauver sa liberté ! Faire le vide ! Laisser le corps prendre le pouvoir dans la respiration ! Et avec le corps, évidemment ses démons, puisque notre nature est déchue !

C'est par l'esprit qu'il faut vivre, et cet esprit on ne le libère pas en donnant au mot méditation le sens asiatique, passif, qui fait le lit de toutes les tyrannies, mais l'ancien mot chrétien, qui implique une libre réflexion. Libre, sans hâte, sans productivisme, qui fait tous les détours qu'il faut par la rêverie, et par la prière humble, mais qui demeure active, qui ne rend pas les armes au pouvoir de César... pas même au César en blouse blanche, ni à l'expert, au maître des machines...

La France des Gilets jaunes peut-elle encore apporter quelque chose à ce sujet ? Bernanos reprochait aux élites françaises, qui étaient à l'avant garde dans les années 1780, d'avoir renoncé à l'être un siècle plus tard, laissant au peuple le "risque" de l'innovation. Idée à creuser. Normalement ce serait aux intellectuels, gavés de loisir et de temps libre, d'avancer des idées, plutôt que, comme le pauvre Etienne Chouard, d'attendre que chacun s'y emploie dans un atelier constituant au sortir d'une dure semaine de labeur. Si seulement nos "penseurs" n'étaient pas tous tombés dans le piège des médias (officiels et alternatifs) et du marketing, celui du narcissisme ! Si seulement ils n'avaient pas renoncé à leur âme, eux aussi ! Tous ont peur de leur âme, tous ont peur de leur vie intérieure. Qui sait ? S'ils se mettaient à l'écoute de ces choses obscures, ils pourraient y retrouver une culture, une histoire... Certes pas ! non ! plus de passé, plus d'histoire, ou alors seulement une histoire-alibi pour instruire des procès. Le procès, l'action, la haine. Il manque à tout cela la contemplation qui seule peut être créative. Encore et toujours Sainte Geneviève dans sa cellule qui sauve Paris des Huns. "Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma soeur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m'aider. Le Seigneur lui répondit: Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée." (Luc 10:40-42)

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L'effet quantique du positionnement individuel

4 Mai 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik, #Philosophie et philosophes, #Christianisme, #Ecrire pour qui pour quoi

Un peu partout en Europe au XXe siècle les mésanges ont appris au même moment à ouvrir les opercules des bouteilles de lait devant les portails des maisons des gens. Sheldrake a attribué cela à l'existence de champs morphiques : des phénomènes d'attraction et de diffusion invisibles, à penser aussi avec la non-séparabilité quantique.

Si ce principe est vrai, alors il n'est pas nécessaire de militer activement ni de cultiver un blog qui aurait des milliers de lecteurs chaque jour. Le seul fait de tenir une position spirituelle juste, exigeante et entièrement désintéressée (et humble...) pourrait suffire à produire des effets subtils sur son époque, même quand personne ne vous connaît. Cela fait, par soi-même, reculer les Ténèbres (c'est d'ailleurs pourquoi les Saints sont si attaqués par les démons).

Ce constat, dressé juste le plan d'immanence, doit être doublé de la dimension spirituelle, transcendante, de l'intervention des êtres immatériels (les anges) dès que vous calez votre comportement sur une voie juste.  "Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance." (Luc 5:7)

 

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Devereux à propos de Chrysippe de Soles

10 Avril 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

"Selon Diogène Laërce, Chrysippe était un personnage plus que singulier - même pour un philosophe. Pour tout dire, il semble avoir été un schizophrène borderline - ce qui n'est d'ailleurs pas incompatible avec une production intellectuelle de hait niveau.

Or,le schizophrène - et même le simple schizoïde - a souvent une acuité exceptionnelle dans le domaine du symbolique." (Georges Devereux, Femme et mythe, Champs, Flammarion, 1982, p. 157)

Je comprends mieux pourquoi en 2011-2013 (avant mon grand virage de 2014) j'étais fan de ce philosophe stoïcien au point d'en mettre la photo sur la couverture d'un de mes livres (que j'ai renié)...

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